@AudreysDiary1 souffre d’hirsutisme, une maladie caractérisée par une pilosité excessive, liée à son syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce syndrome, causé par un déséquilibre hormonal, se manifeste notamment par des niveaux élevés d’androgènes.
Les poils en excès qu’elle développe ont longtemps été une source de gêne, de stress et d’une perte de confiance en elle. Grâce à l’écoute et au soutien de ses proches, Audrey a pris conscience de l’importance d’accepter son corps. Elle met désormais en priorité sa santé mentale et l’acceptation de soi. 🫶 #santé#témoignage#doctissimo
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C'est le quotidien, c'est le rasage, c'est la souffrance, c'est douloureux.
Ça me bloque dans ma vie, ça m'enferme, ça me lise.
Bonjour, je m'appelle Audrey et je suis atteinte d'hierzutisme.
Alors, c'est aux alentours de mes 24 ans, quand j'ai été diagnostiquée de mon SOPK,
donc c'est le syndrome des ovaires polycystiques.
J'ai commencé à avoir une pilosité légère.
Et il y a un peu plus de quatre ans, la pilosité a complètement implosé.
Donc l'hierzutisme, c'est une pilosité excessive et c'est principalement sur des zones dites
masculines.
Donc moi, j'en ai principalement sur le visage, dans le cou, sur les côtés, le ventre, les
bras, le haut du dos et les zones où j'en avais avant, ça s'est multiplié, densifié.
Moi, je me suis rendu compte qu'il y a quelque chose qui n'allait pas.
J'ai eu des aménorées, c'est des absences de règles très très longues, j'avais des
douleurs pélviennes.
J'ai pris beaucoup de poids, donc j'ai été voir un gynécologue qui n'a pas su détecter
au début ce que c'était.
J'ai été voir une deuxième gynécologue qui, elle, a posé directement un diagnostic,
le SOPK.
Et plus le temps avançait, plus j'avais des symptômes.
La pilosité est apparue après et au début, c'était léger, c'était facile à gérer.
Mais j'ai dû faire une écho pélvienne et un bilan hormonal sanguin pour détecter
le syndrome.
Au début, ça ne l'a pas affecté du tout.
C'est depuis un peu plus de 4 ans que ça l'a vraiment affecté, là où la pilosité
a complètement implosé.
C'est le quotidien, c'est le rasage, c'est la souffrance, c'est douloureux.
Ça me bloque dans ma vie, ça m'enferme, ça me lise.
Le visage, c'est du quotidien.
J'essaie quand même d'avoir quelques jours où je ne me rase pas pour laisser reposer
un peu ma peau.
Et sinon, le corps, tout dépend de la saison, tout dépend de ce que je veux porter parce
que oui, quand je me lève, je ne peux pas dire « Tiens, ce petit haut, j'ai envie
de le mettre, je vais le porter tout de suite ». Non, il faut que je réfléchisse avant
les zones qu'on va avoir pour les raser avant et il faut que je le fasse rapidement
parce que les poils poussent très, très, très vite chez moi.
Moins de 24 heures, donc même la veille pour le lendemain, ce n'est pas possible.
C'est le truc qui a le plus impacté ma confiance en moi parce que la prise de poids,
c'est quelque chose, mais la pilosité, c'est encore pire.
Je pense que j'ai eu des moqueries derrière mon dos dans la vraie vie.
Sur les réseaux, c'est autre chose.
Alors oui, j'en ai à la pelle.
Souvent, on me dit que je devrais changer de sexe directement pour devenir un homme.
Des mots en rapport avec les singes, Chewbacca, ça revient souvent aussi.
Plein de choses en rapport avec la pilosité, des smileys qui vomissent, t'es répugnante.
Même limite, je ne devrais même pas être sur terre.
Je ne vais pas dire que ça ne me fait jamais mal d'en recevoir ça.
Quand c'est plein d'un coup, forcément, ça a un impact, même s'il est faible.
Mais j'ai les oppôles pour supporter ça, sinon je ne serais pas du tout sur les réseaux.
Moi, j'ai testé l'endrocure seulement.
Je n'aime pas parler de ce médicament parce qu'il est très mauvais pour la santé.
Donc, je n'aime pas du tout évoquer ce médicament.
J'aurais trop peur qu'il y ait des personnes qui le prennent.
Et comme ça provoque des tumeurs au cerveau, je n'ai pas du tout envie d'en parler.
Je l'ai arrêté d'ailleurs.
Je n'ai pas eu de tumeur, Dieu merci, mais j'ai eu plein de témoignages de femmes.
Donc, c'est la seule chose que j'ai testée.
Je n'ai pas testé d'épilation semi-définie, j'ai encore rien testé de tout ça.
Moi, ce que j'essaye vraiment, c'est de baisser mes taux d'androgène
pour pouvoir après, par la suite, essayer de le faire, des choses comme ça.
Donc là, c'est l'aspirant d'olactone que je suis en train de tester.
Après, c'est des cachemisères quand même.
Parce que dès l'instant qu'on l'arrête, en général, ça recommence.
Donc, ce ne sont pas des traitements qu'on prend à la légère.
On peut prendre la pilule aussi.
Mais encore une fois, je trouve que c'est un pansement.
C'est juste un pansement.
Je pense qu'il faut quand même trouver des solutions
plus radicales sur le long terme.
Je pense que les épilations au laser ou à l'électrolyse,
c'est plus intéressant que de prendre des médicaments.
Par contre, c'est mon propre regard qui a un impact sur moi,
pas celui des autres.
Ce que je dirais à une femme qui vient d'apprendre qu'elle souffre d'hierzutisme,
je dirais que ça dépend du degré.
Parce qu'il y a une pilosité qui est facile à camoufler et à enlever.
Des fois, c'est vraiment que sur le visage, des petites zones,
comme j'avais au début.
Par contre, une pilosité à mon stade qui est quand même sévère, excessive,
je lui dirais de voir un psychologue, avoir une aide en dehors
et aussi avoir un bon entourage.
Avoir des gens sur qui compter, qui sont là pour vous,
pour vous remonter le moral aussi.
Ça, c'est hyper important.
L'entourage, c'est important.
Que ce soit médical, familial, amical, c'est hyper important.
Il ne faut pas non plus se sous-estimer et croire qu'on n'est pas une femme
parce qu'on a des poils.
Bon, il existe des solutions.
Des fois, ça ne fonctionne pas, mais je me dis de toute façon,
on ne va pas arrêter de vivre parce qu'on a des poils.
Même si je dois les garder toute ma vie, par exemple mes poils,
je le ferai avec un moment s'il n'y a rien qui fonctionne.
Puis la vie ne s'arrête pas.
La leçon la plus importante que j'ai tirée de mon expérience avec l'herditisme,
pour ma part, ça a été les réseaux sociaux.
Ça m'a beaucoup aidée, même pour mon image, pour m'accepter un peu plus.
Et ça m'a aussi permis d'aider beaucoup d'autres femmes.
J'ai aidé des femmes à se faire diagnostiquer, donc c'est pas rien.
Et je suis fière de moi pour ça.
Franchement, c'est la chose la plus positive,
c'est d'avoir pu aider les autres femmes.
Pour moi, c'est vraiment ce qui a ressorti de meilleurs, de tout ça.
J'ai commencé avec YouTube et je me suis mise aussi sur TikTok.
Mais du coup, grâce à ces réseaux-là, même Instagram,
j'ai pu apporter beaucoup de soutien, beaucoup d'aide.
Et il y a beaucoup de femmes tous les jours qui m'envoient des messages
par rapport au SOPK, par rapport à l'herditisme.
Pour moi, c'est important d'en parler parce que je me dis,
plus on va en voir et mieux ce sera.
Peut-être que ce sera plus accepté, normalisé.
Donc pour moi, c'est hyper important d'en parler.