Abonnez-vous à la chaîne ! https://bit.ly/47Vhx2q Violon de Luthier : Fabrication de l’arbre à l'instrument ! - C'est pas sorcier [Intégrale]
De l'épicéa qui s'est épanoui dans les montagnes du Jura ou des Dolomites pour le corps de l'instrument... Du bois de pernambuc qui a vu le jour au Brésil pour l'archet... Des crins d’étalons sauvages de Chine ou d'Asie... Pour fabriquer un bon violon, il convient de se montrer particulièrement exigeant ! De la forêt à l'atelier du luthier, Fred et Jamy nous racontent comment les violons les plus fameux sont fabriqués. Mission : Fred est parti explorer les forêts du Jura où sont choisis les arbres qui deviendront violons. Il a suivi le délicat travail d'un négociant en bois de lutherie venu y choisir les épicéas qui livreront les notes et les vibrations les meilleures. Nous le retrouvons ensuite en compagnie de l'un des meilleurs luthiers de France pour découvrir comment un violon de renom est dessiné puis fabriqué par le luthier.
« C’est pas sorcier », le magazine de la science et de la découverte présenté par Fred, Jamy et Sabine. A bord de leur camion laboratoire, les trois présentateurs nous emmènent vers des sites insolites et spectaculaires pour nous expliquer le monde qui nous entoure.
Hé, Jamy, qu'est-ce que c'est que ce bruit ? T'es en train de fier quelque chose ?
Non, c'est Marcel, il a retrouvé le violon de son grand-père, il est en mauvais état.
Oh, arrête tout, c'est une catastrophe !
Bon, et je crois que j'ai une solution. Rejoins-moi, je suis au pont de Sey à côté d'Angers.
Ok, on arrive !
Allez, Marcel, sur les bords de la Loire !
Ouais !
C'est dans ses cordes, ça.
Et tiens, Fred !
Vas-y, passe-moi le verrou de Marcel et l'archer.
Merci !
C'est vrai qu'il est bien abîmé, hein.
Mais t'inquiète pas, je connais un bon luthier sur les bords de Loire.
Le luthier, c'est l'artisan qui fabrique et qui répare les violons, les violoncelles.
Suivez-moi, il y a du monde.
Jamy, je te présente toute la famille des instruments à cordes frottées.
Oui, je sais, il est un peu malade, mon violon.
Et le vôtre, il se porte bien ?
Très, très bien.
Joli timbre.
Et le vôtre, c'est un violon aussi, il me paraît un peu gros.
Mais non, c'est pas un violon, c'est son grand frère, un peu plus grave.
C'est un alto.
Vous avez remarqué, plus l'instrument est volumineux, plus il permet de produire des sons graves.
Écoutez un peu le violoncelle.
Et je ne vous parle pas de la contrebasse, l'aîné de la famille, du moins en taille.
Magnifique Jamy, tu te rends compte ?
Tout ça grâce à l'archet qui permet de faire vibrer les cordes.
Quand une corde se met à vibrer, elle transmet son agitation à l'air tout autour d'elle.
Concrètement, les molécules contenues dans l'air se compriment les unes contre les autres
et se détendent au rythme de la corde.
Cette agitation se transmet de proche en proche jusqu'à nos tympans qui se mettent à vibrer.
Et on entend un son.
Je ne voudrais pas casser l'ambiance Jamy, mais ça ne marche pas vraiment ton truc.
J'espère que tu as plusieurs cordes à ton arc.
Facile entre nous, ce n'est pas une flèche.
Ici, la surface de la corde en contact avec l'air est toute petite.
En tout cas, pas suffisante pour faire vibrer un assez grand volume d'air qui fasse vibrer nos tympans.
Voilà pourquoi on a du mal à entendre.
Mais si je pose l'arc sur une planche, la vibration passe de la corde à la planche
et cette planche fait vibrer un assez grand volume d'air pour faire vibrer nos tympans.
On entend mieux.
Et si maintenant je pose l'arc sur un caisson dans lequel on a creusé une ouïe,
la vibration passe de la corde à la planche, puis au volume d'air dans le caisson
et elle peut s'échapper par l'ouïe.
On entend encore beaucoup mieux.
Je suis un peu inquiet Jamy.
Fred, ton violon, il est vraiment en très mauvais état.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Je crois qu'il faut en faire un autre, mais il me faut du bois du Jura.
Donc je vais dans le Jura et je reviens te voir.
Voilà.
Pas de problème.
A tout à l'heure.
Bon allez Jamy, Marcel, on se retrouve dans le Jura.
Allez Marcel, dans le Jura.
Et plus vite que les violons.
Nous, on va à la Cité de la Musique à Paris.
On y trouve des instruments à cordes extrêmement rares du monde entier,
comme celui-ci, l'oud arabe, à l'origine de nombreux instruments à cordes européens.
Mais c'est la vielle à archer, ou rebec, apparue au Moyen-Âge,
qui est considérée comme l'ancêtre du violon.
Au XVIe siècle, elle va changer un peu de forme.
Au début du XVIe siècle, apparaît cet instrument, une viole à bras, un violino,
qui est indiqué sous ce terme-là en 1538,
qui, presque exactement, est l'instrument qu'on connaît aujourd'hui.
Parti de l'Italie, le violon gagne toute l'Europe,
puis s'impose dans les orchestres symphoniques,
où les cordes sont les instruments les plus nombreux.
Simultanément, le violon a conquis les musiques populaires,
comme la musique djihad.
Il est même entré au répertoire des comiques.
Regarde, Jamy, je suis arrivé. Je suis dans une forêt de violons.
Voyons, voyons.
Pas terrible, hein ? Ils sont creux.
Et celui-ci ?
Oh, mais il sonne mieux.
C'est pas une forêt de violons, ça. C'est une forêt de haut bois.
Ah ça, t'as raison, ils sont hauts.
Une quarantaine de mètres, ce sont des épicéas, des cousins des sapins.
L'épicéa, c'est le bois utilisé par les luthiers pour fabriquer la table d'harmonie du violon,
c'est-à-dire le dessus de l'instrument.
Le côté, le fond et le manche sont en érable.
Quant à la partie noire, ce que l'on appelle la touche sur laquelle on pose les doigts pour faire les notes,
elle, elle est en ébène, un bois qui vient d'Afrique.
Mais savoir choisir un bon arbre, c'est un métier, je vais vous présenter Bernard,
qui est négociant en bois de lutherie.
Bonjour Bernard.
Bonjour Fred.
Alors explique-moi comment tu fais pour choisir un bon épicéa.
Eh bien, on va déjà choisir un bel arbre, beau diamètre.
Ici, un diamètre 80, qui a environ 150 ans d'âge.
D'accord, alors je suppose que le tronc doit être bien droit.
Bien droit, bien planté, bien cylindrique et à l'abri de trop de vent ou de trop d'exposition.
D'accord, tu vois Jamy, c'est tout un art.
Et comment ? Les arts de la table d'harmonie, c'est bien connu.
En fait, dans la table d'harmonie, les vibrations se propagent le long des fibres du bois.
Pour être tout à fait juste, les fibres du bois forment la paroi de petits conduits dans lesquels circule la sève.
Les vibrations, qui à terme engendrent le son, se propagent le long de ces parois.
Alors chaque année, un arbre fabrique de nouvelles fibres.
La pousse d'une année est d'ailleurs parfaitement visible sur la coupe d'un arbre.
Elle correspond à ce qu'on appelle un cerne.
Chaque cerne étant constitué d'un anneau plus large et plus caire, correspondant à la pousse de printemps,
et d'un anneau plus étroit et plus foncé, correspondant à la pousse d'été.
Un bon violon doit être construit dans un bois dont les cernes sont parfaitement droites et rectilignes,
de sorte que la vibration se propage harmonieusement.
S'il y a un nœud dans l'arbre, ce qui est très difficile à détecter,
la vibration va rencontrer un obstacle, comme ici.
Si l'arbre est tout tordu, les cernes ne sont pas homogènes, ils sont plus étroits au niveau de la courbure.
La vibration ne se propagera pas de la même façon ici que là, sans compter qu'en séchant, ce bois va se déformer.
En fait, Jamy, l'idéal, c'est d'exploiter des épicéas qui ont une croissance régulière, mais aussi une croissance lente.
Alors ici, dans le Jura, pour trouver ce genre d'arbre, il faut monter au moins à 900 mètres d'altitude.
Et oui, car à cette altitude, la période végétative annuelle, c'est-à-dire la période de croissance, est très courte.
Elle ne dure que 3 mois. C'est pour ça que ces arbres-là sont très recherchés, pour fabriquer des violons.
Doucement Marcel !
Alors comme Fred l'a dit, en altitude, la période végétative est beaucoup plus courte qu'en plaine.
L'arbre fabrique donc moins de bois. Et ça se voit.
Les cernes d'un épicéa d'altitude sont beaucoup moins larges que ceux d'un épicéa de plaine.
En fait, les fibres sont beaucoup plus serrées.
Comme les vibrations se propagent le long de ces fibres, et bien elles se propageront beaucoup mieux dans un bois d'altitude que dans un bois de plaine.
On ne va pas en faire une montagne.
Bon, si dans un violon il y a 3 types de bois, dans cette contrebasse, il y en a 5.
Et avec ça, Bernard Abeille crée toutes sortes de sons. Vous reconnaissez ?
C'est l'éléphant.
Et ça, c'est la mer.
Avec le chant des baleines.
Suivi par des orques.
C'est incroyable ce que l'on fait avec de l'épicéa.
Alors une fois que les arbres ont été abattus en octobre ou en novembre, avant les premières neiges,
et bien ils sont transportés jusqu'à la Syrie où va commencer un long travail de découpe et de séchage.
Voilà, nous y sommes dans la Syrie, ça s'entend.
Alors les troncs d'épicéa, enfin les morceaux de troncs qui ont été sélectionnés ont d'abord été débités en quartier.
Et c'est pas fini car ces quartiers sont à présent découpés en plaques beaucoup plus fines.
C'est ce que Bernard est en train de faire.
Vous avez vu comme il est beau et homogène ce bois.
Alors maintenant pour fabriquer la table d'harmonie du violon, et bien le luthier va utiliser deux plaques comme celle-ci.
Mais attention, pas n'importe lesquelles, hein Bernard ?
Il va utiliser les deux plaques jumelles.
Celle qu'on a sciée l'une à côté de l'autre, comme on ouvre.
Et dans chacune de ces plaques, il va faire la demi-forme de son violon.
D'accord. Et alors pourquoi on utilise ces plaques symétriques ?
On aura une symétrie du dessin et on aura aussi une symétrie de la mécanique.
Le même comportement sur la partie droite et sur la partie gauche.
Donc à la fois une question d'esthétique et de solidité.
D'ailleurs, Jamy, tu sais que d'un sens là, c'est ce que l'on appelle le fil.
Et d'un sens là, c'est ce que l'on appelle la maille.
Comme au tricot !
C'est ça. Je vais vous aiguiller.
En fait, la table d'harmonie n'a pas la vie facile.
Alors là, tu joues sur la corde sensible.
Mais c'est vrai. La table d'harmonie subit des pressions.
Quoi ? On veut la faire chanter ?
Mais non ! La pression des cordes qui s'exercent dans le sens de la longueur et dans le sens de la largeur.
Alors dans le sens de la longueur, c'est le fil du bois qui permet à la table d'harmonie de résister.
Dans le sens de la largeur, c'est ce qu'on appelle la maille.
La maille, ce sont des fibres qui partent du cœur de l'arbre et qui vont vers l'extérieur.
Si le tronc dans lequel on fabrique un violon est découpé en planches transversales,
et bien seule la planche centrale contiendra des mailles.
Toutes les autres, même celles qui se trouvent juste derrière, n'en auront que de tout petits morceaux.
Et toutes les tables d'harmonie façonnées dans de telles planches seront fragilisées.
C'est la raison pour laquelle le bois dans lequel on fabrique les violons est débité en quartiers.
Le luthier assemble ensuite deux quartiers et de cette manière, toute la table d'harmonie profite des mailles.
Une fois les plaques débitées, Bernard les met à sécher.
Dès les premiers mois, le bois perd presque toute son humidité.
Puis, avec les années, une partie de la cellulose cristallise et le bois devient plus rigide.
Découpées à la taille des instruments, les plaques mûrissent en attendant qu'un luthier les choisisse.
C'est bon Jamy, on a tout ce qu'il faut pour faire un nouveau violon pour Marcel.
Patrick, tiens. Bonjour Fred.
Dis-moi ce que t'en penses.
Ecoute, ça a l'air beau ça.
Ça sonne. Tu viens me rejoindre ? J'arrive.
Bonjour Antoine. Bonjour Fred.
Bon alors, commençons par le commencement.
Pendant longtemps, Patrick, je crois que les luthiers se sont contentés de copier des modèles de violons existants.
Mais toi, tu fais un tracé. Un tracé pour chaque violon.
Pour chaque modèle de violon. Pour chaque projet.
C'est-à-dire que si on fait un violon avec des proportions différentes, plus étroits ou plus larges, on va avoir des sonorités différentes.
Et les anciens, eux, ils ont conçu ces instruments-là avec des outils géométriques.
Et quelqu'un a retrouvé récemment comment ils ont été tracés.
Alors là, t'es en train de reporter ton tracé sur cette plaque de bois.
Exactement. Et cette plaque de bois deviendra le moule.
C'est ça, ce qu'on voit là, qui va être découpé, sur lequel on va former les éclisses.
Les éclisses, ce sont les côtés du violon. C'est justement ce qu'Antoine est en train de faire.
En fait, il colle de fines lames d'érable sur le gabarit ennoyé.
C'est la couronne d'éclisses.
Quand elle aura séché, il retirera le gabarit.
À partir de cette forme, il trace les contours de l'instrument sur les plaques.
Les échancrures sur les côtés, c'est pour que l'archet ait la place de passer.
Une fois les plaques découpées, la voûte est ébauchée à la gouge.
La finition se fait à la noisette, ce rabot minuscule.
Vous avez vu la précision du geste pour sculpter la voûte ?
Alors justement, vous allez comprendre, la forme de la voûte est très importante
car elle détermine en grande partie la sonorité de l'instrument.
Regardez bien ces deux modèles de plaques qui sont en fait des moulages de violon du XVIIIe siècle.
Si on mesure leur voûte, on peut constater qu'elles ne sont pas bombées de la même façon
et les sonorités sont donc différentes.
Mais ce n'est pas tout.
Si la table d'harmonie du violon et le fond, d'ailleurs, sont goûtées, contrairement à la guitare,
c'est pour une autre raison.
Mais je te laisse deviner, Jamy.
Tu vois pas une petite différence ?
Si si, mais je vais tout remettre à plat.
La caisse du violon pèse 200 grammes.
Une fois tendue, les cordes exercent quant à elles sur le chevalet une force de 9 kg.
Si la table d'harmonie était plate comme une planche à repasser,
elle ne résisterait pas très longtemps à cette force.
Au contraire, sur un vrai violon, la table d'harmonie est voûtée comme un pont.
Grâce à cette architecture, la force qui s'exerce au sommet de la voûte
ne descend pas à la verticale.
Au contraire, elle est canalisée sur les côtés.
Là, elle rencontre deux autres forces au niveau du manche et au niveau du bouton.
Des forces opposées qui agissent comme les butées d'un pont.
Au final, les forces s'annulent et la table d'harmonie ne s'écrase pas.
Maintenant, pour éviter qu'une fente se propage dans l'instrument en cas de choc,
Patrick insère des joncs de peuplier et de poirier autour de la table.
Puis, on creuse l'intérieur de la voûte, un travail délicat au millimètre près.
Ce qui est crayonné étant trop, il faut l'enlever à la noisette.
Regardez, la table d'harmonie est presque terminée.
Et si on la mesure, elle fait entre 2,5 mm et 3 mm d'épaisseur.
En fait, c'est une véritable membrane qui est très souple.
Alors, dis-moi Patrick, à quel moment sais-tu que le travail est terminé ?
Tout au long de mon travail des épaisseurs, je prends la plaque, je la tords.
Je sens sa flexibilité, sa résistance, son ressort.
Je la sous-pèse, elle est encore lourde.
On va l'écouter.
Ce que j'entends, les notes que j'entends sont aiguës.
Ça me confirme qu'il y a trop de bois, donc je vais en enlever.
Tu continues d'affiner.
Et puis, il va également falloir terminer le travail des ouïes.
Patrick affine les ouïes au canif.
Quelle précision !
Ensuite, il colle la barre d'harmonie qui sert, entre autres, à consolider la table.
Maintenant, on assemble la couronne d'église, la table et le fond avec de la colle de peau de lapin,
car on peut facilement l'enlever avec de l'alcool pour réparer le violon.
Il ne reste plus qu'à enclaver le manche et poser les cordes.
Pour fabriquer un violon, il faut compter environ deux mois, avec la pose du vernis.
Bonne nouvelle, Jamy.
Regarde, le violon de Marcel est presque prêt.
D'ailleurs, si on lui mettait des cordes et le chevalet, c'est ça, le chevalet,
eh bien, on pourrait en jouer à ceci près quand même qu'il manque un peu d'âme.
C'est ça, l'âme.
Ce petit bâton d'épicéa que l'on va placer à l'intérieur du violon.
Et là, c'est un travail du chirurgien.
Alors, je te laisse opérer, Patrick.
Vas-y.
On va la coincer tout près du chevalet, à l'intérieur du violon.
Voilà, il faut la passer par les ouïes, avec des outils extrêmement fins.
Voilà.
Ah ben oui, je la vois.
Alors, où est-ce que tu la places exactement ?
Elle est placée près du pied de chevalet, du côté des cordes aigus.
Elle est ajustée à la table et au fond.
On lui donne une bonne tension.
Comment il s'appelle ton outil ?
C'est la pointe aux âmes.
La pointe aux âmes, c'est joli, ça.
Et alors, Jamy, tu sais à quoi elle sert, cette âme ?
Elle sert à transmettre les vibrations de la table d'harmonie au fond du violon.
C'est génial, non ?
Effectivement, c'est incroyable tout ce qui peut se passer sous une table.
Reprenons étape par étape.
La corde vibre.
Elle fait vibrer le chevalet, qui transmet la vibration à la table d'harmonie.
Puis, la vibration se propage au fond du violon via les éclisses et l'âme.
En fait, ça ne se voit pas.
Mais le violon est conçu pour que toutes ses pièces vibrent.
Même au ralenti, ça ne se voit pas ?
Même au ralenti.
Oh, dommage !
Allez, regardez ce que j'ai trouvé.
Sur ces images en trois dimensions,
on a décomposé et exagéré le travail de toutes les pièces.
Tout vibre, même la touche et le cordier.
À l'intérieur du violon, l'air vibre également.
C'est quand même le but du jeu.
Puis, la vibration s'échappe par les ouïes,
sans lesquelles le violon manquerait un petit peu de voix.
Au début du XVIIIe siècle, à Crémone, au nord de l'Italie,
Antonio Stradivari modernise le violon
en aplanissant les voûtes,
ce qui donne encore plus d'éclats au son.
Ce très grand luthier fabrique près de 1000 violons.
Depuis lors, les Stradivarius font référence.
Ils sont même copiés.
Les grands interprètes s'arrachent les originaux,
qui se vendent jusqu'à 2 millions d'euros.
Pourtant, dans des tests en aveugle,
les experts ne reconnaissent pas toujours
un Stradivarius d'un violon moderne.
Pour expliquer le son exceptionnel de ces instruments,
on a évoqué l'âge du bois ou son traitement.
On connaît les ingrédients du vernis utilisés à l'époque,
mais la recette, elle, est perdue.
Aujourd'hui, les scientifiques ne parviennent toujours pas
à déterminer ce qui fait la qualité des Stradivarius,
hormis l'extrême talent de leurs créateurs.
Tu entends, Jamy ?
Le violon de Marcel résonne pour la première fois.
On est en train de l'accorder.
Alors, sur un violon, il y a 4 cordes.
Sol, Ré, La, Mi.
Ouah, pas mal ! J'aimerais trop écouter un petit morceau.
Marie-Pierre, pour le violon pour Marcel,
est-ce que tu peux le jouer et me dire ce que t'en penses ?
Bien sûr !
C'est très très beau, mais je trouve que ça siffle un petit peu dans les pianos.
Je crois qu'on va régler l'âme.
Tu peux me refaire entendre cela un peu ?
J'ai pas tout compris, Jamy.
Je croyais que l'âme servait uniquement à transmettre les vibrations
vers le fond du violon.
Non ?
Eh bien non !
Comme l'a précisé Fred tout à l'heure,
l'âme ne se trouve pas exactement à l'aplomb du chevalier.
Elle est légèrement décalée et se trouve en fait juste sous le Mi,
la corde la plus aiguë.
Elle a donc tendance à canaliser en priorité les sons aigus
et à les concentrer sur de petites surfaces.
Ainsi, quand le violoniste joue un Mi...
Oh non, Jamy, laisse tomber !
Non, non, non !
Eh bien, ce sont essentiellement de petites surfaces
qui entrent en vibrations,
comme celles que l'on a modélisées sur cet écran.
Et c'est tout à fait logique.
En effet, un violon fonctionne un peu comme une enceinte.
Les sons aigus sont produits par la petite membrane,
la fréquence de ces sons,
c'est-à-dire le nombre de vibrations par seconde étant très élevé.
Seule une petite surface peut vibrer à cette fréquence.
Eh bien, avec le violon, c'est exactement la même chose.
D'accord, Jamy.
Mais pour les graves, comment ça se passe ?
Eh bien, sur une enceinte,
les sons graves sont produits par la membrane la plus large.
Le violon, lui, est équipé d'une barre d'harmonie
fixée sous la table d'harmonie sur toute sa longueur.
Quand le musicien joue un Sol...
Eh bien, grâce à cette barre d'harmonie,
la vibration est transmise sur une surface beaucoup plus grande
comme celle qui a été modélisée sur l'écran.
Une fois le violon fini, le travail du luthier continue.
Étienne Wattelot a collaboré avec les plus grands interprètes
et chacun a ses exigences.
Il m'a dit, j'aimerais mieux une sonorité plus claire,
une sonorité pontin,
alors on va amincir le chevalet
pour donner un peu plus de clarté à la sonorité.
Il y a tout un travail, une fois que le violon est terminé,
il y a tout un travail qui se fait
entre le musicien et celui qui a fait l'instrument.
L'instrument doit s'adapter à la personnalité du violoniste
et lui permettre d'exprimer toute la richesse de son talent.
Jamy ! Jamy !
Évidemment, il ne faut pas oublier de parler de l'archet.
D'ailleurs, on dit que les meilleurs archets sont fabriqués en France.
Alors, la baguette, elle, elle est en bois de Pernambuque.
C'est un bois qui vient du Brésil.
Il est à la fois solide et souple.
Et on dit qu'il doit avoir du ressort.
Quant à la mèche, elle est en grain de cheval.
Mais pour accrocher les cordes et produire des sons,
il faut l'enduire de colophane.
La colophane, c'est en fait une résine de pin.
Maintenant, petite démonstration de ce que l'on peut faire avec un archet.
À toi de jouer, Marie-Pierre.
Alors, l'archet peut aller très lentement sur les cordes
pour être très chantant,
ou alors être très soutenant.
Ou alors très lisé sur les 4 cordes.
Mais pour sortir un beau son, il faut des années d'apprentissage.
Regarde, Jamy, le nouveau violon de Marcel est prêt.
Avec un instrument comme celui-ci, il en a au moins pour 400 ans.
Et qu'est-ce que c'est que ce bruit ?
C'est Marcel ! Il vient de se mettre à la batterie !
Ah bah c'était bien la peine !
Et puis avec le raffut que vous faites, vous savez où vous allez finir ?
Ah oui, au violon.