Cet été, le Journal de la Défense a fait pénétrer ses caméras au coeur du bataillon de marins-pompiers de Marseille. Pendant plusieurs semaines, nous avons suivi le quotidien de ces militaires aussi bien lors de leurs interventions en mer, que contre les feux de forêt ou en ville, à l'occasions des multiples missions de secours à la personne qui rythment leurs journées. Plus qu'une immersion au plus proche de leurs actions, les marins-pompiers de la caserne de Pointe Rouge nous font partager leurs expériences au cours d'entretiens intimes. Ils nous expliquent en quoi consiste leur métier et nous montrent le dévouement sans faille dont ils font preuve à l'égard des habitants de la cité phocéenne.
Immersion au sein des forces armées. Au travers d'images réalisées au plus près des entraînements comme en opérations, Le Journal de la Défense pose chaque mois un autre regard sur l'actualité des armées pour mieux appréhender et comprendre l'univers de la Défense.
14 juillet, c'est parti.
Il m'a dit, moi je vous promets, nous on vous caillassera pas.
On va vous faire travailler, on va rallumer plein de feux,
mais on vous caillassera pas.
Et après il m'a dit, on peut faire la photo ensemble,
avec les mecs du quartier.
Comme ça après, vous nous mettez sur le calendrier.
Transmettez pour le 10.0.
La police est déjà sur place.
Bonsoir encore un moment, repos pour les couleurs.
Bonjour à tous, journée du 14 juillet.
Bonne fête nationale, vous répondrez présent à votre fonction,
votre nom sur un RCG connecteur.
Avec plus de 2500 marins du feu,
le bataillon des marins-pompiers de Marseille
est l'unité de la marine nationale
dont l'effectif est le plus important.
Considérés comme l'une des unités les plus performantes d'Europe,
ils doivent cette réputation
à l'engagement sans faille de ces marins-pompiers,
qui se dévouent corps et âme aux habitants de Marseille.
Un marin-pompier de Marseille,
c'est quelqu'un qui a d'abord fait le choix du don.
Le don à son pays, à la nation,
le don à ses concitoyens.
C'est quelqu'un qui est passionné.
Attention pour les couleurs.
Envoyez.
En cet été 2024,
les marins-pompiers de Marseille
feront face comme chaque année
à des missions des plus périlleuses.
Mais ils seront aussi aux premières loges
pour aider à sécuriser les Jeux Olympiques.
Pendant plus de 15 jours,
nous serons au cœur d'une de leurs casernes emblématiques,
celle de la Pointe Rouge,
qui allie les interventions maritimes,
l'aide à la personne et la menace du feu,
qui en cette saison reste permanente.
Quartier-maître de seconde classe,
au nom du ministre des Armées,
vous êtes promu au grade de quartier-maître de première classe.
J'ai toujours voulu être militaire,
être officier dans une armée.
Et j'ai choisi la Marine nationale
parce qu'à travers ma filière,
j'ai l'opportunité de vraiment avoir des affectations
qui sont diverses.
Alors aujourd'hui,
au bataillon des marins-pompiers à Marseille,
je peux être affecté sur un bâtiment de surface,
un bateau,
sur d'autres unités.
C'est une diversité
et puis c'est aussi un engagement.
C'est tous ces points-là
qui m'ont fait me tourner vers cette voie professionnelle.
La planche, c'est une manière
de faire preuve de cohésion,
d'être tous ensemble.
Il faut monter la planche
avant de commencer la garde.
Si on ne monte pas la planche,
on dit qu'on ne monte pas sur les camions.
Et il faut que tout le monde passe sur la planche.
Si moi, en tant qu'officier,
je fais la planche,
le reste du personnel fera la planche.
Donc l'exemplarité,
elle entraîne aussi une certaine crédibilité.
17 casernes vaillent sur la deuxième ville de France.
Mais également sur sa façade maritime.
Doté de sept sections opérationnelles spécialisées,
le bataillon des marins-pompiers de Marseille
répond à toutes les urgences
avec un objectif permanent.
Intervenir en moins de dix minutes
entre l'appel et l'arrivée sur les lieux.
En fait, il y avait deux parachutistes
qui descendaient
et il y a un premier qui était en torche.
Il est tombé dans l'eau.
Le pompier a une passion.
Je suis déjà rentré
sapeur-pompier volontaire à 18 ans
dans mon département d'origine.
Je suis un breton exilé.
Je suis rentré à 18 ans.
Ça fait plus de 21 ans maintenant
que j'exerce, on va dire,
le métier de pompier,
sauveteur côtier et plongeur
avec différentes technicités.
Surface non libre,
génie sous-marin
et depuis peu,
la désincarcération sous-marine.
Là, du coup, j'ai eu le patron aux dettes.
Ils ont trouvé le parachute.
Personne au bout pour l'instant.
Moi, il me fallait un point d'eau.
Je ne peux pas quitter l'océan
sans avoir un point d'eau.
Donc à la Méditerranée,
je pouvais être marin-pompier
à Brest, à Cherbourg, à Toulon.
Mais ce n'est pas le même métier.
Là, on est plus sur un métier
au cœur de la ville
où on intervient vraiment
aussi bien dans le domaine maritime
que sur terre.
Et il y a une diversité d'interventions
sur Marseille
qui, pour moi,
est quasiment inégalée.
Le centre d'incendie
et de secours Pointe-aux-Rouges
est rattaché au groupement opérationnel sud,
situé dans le 8e arrondissement de Marseille,
près de ses mythiques calanques.
Sur les 84 marins
que compte la caserne,
35 sont formés
aux techniques de sauvetage aquatique.
Parmi eux,
30 ont également
la qualification plongeurs.
Ils sont une véritable force
pour le commandement.
À Pointe-aux-Rouges,
on a des patrons vedettes,
on a des plongeurs,
on a un secteur nautique,
un secteur urbain.
On doit être très polyvalent.
On peut être engagé
à la fois sur du feu de forêt,
sur des feux urbains.
Intervention,
c'est le premier départ.
Le bataillon des marins pompiers de Marseille
protège les 873 000 habitants de la ville.
Il effectue environ 350 interventions par jour.
C'est plus de 120 000 missions,
rien que pour l'année 2023.
Je suis rentré au sein du bataillon,
j'avais 19 ans.
Donc, à 19 ans,
je pense pas qu'on ait armé entièrement.
J'ai tout quitté.
J'ai quitté ma région natale,
du sud-ouest,
pour arriver à Marseille,
dans une ville inconnue.
Affirmatif.
On a 725 en face,
729, c'est juste là.
Tu vas là-bas, tu fais demi-tour.
Ce côté marins-pompiers, pourquoi ?
Parce qu'on est marins avant d'être pompiers.
Parce qu'on dépend de l'unité de la marée nationale.
On retrouve cette rigueur de l'armée
qui me correspond totalement.
Et dans cette unité du bataillon,
j'ai pu retrouver ces deux choses-là.
Et je pense que
c'est un des meilleurs choix que j'ai pu faire.
On va faire un bilan complet,
on va faire un check-up
avec toutes vos constantes.
On va prendre l'attention,
le coût, tout ce qui va bien.
Assieds-vous.
Madame.
Les gars, vous pouvez rester à côté.
Assieds-vous.
Madame.
Faites un bilan euro complet, les gars.
Madame.
Gardez les mains devant vous
et fermez les yeux, s'il vous plaît.
En poux, on est à 90.
En poux, combien ?
En poux, on est à 129.
Arterl a une pointe rouge pour la mission 937.
Après examen du médecin de l'air Louvain,
je transporte médicalisé sur le service SAUV.
Féminin de 76 ans,
présentant des troubles neurologiques.
Je suis quelqu'un d'avenant
et d'assez protecteur avec les gens.
Plutôt disponible.
Puis j'aime consacrer mon temps aux autres.
C'est un métier de vocation,
de fierté et avant tout de passion.
En cette année 2024,
la ville de Marseille se prépare aux festivités du 14 juillet.
Comme chaque année,
lors de la fête nationale,
les marins pompiers s'attendent à une journée mouvementée.
En 2023,
selon un bilan communiqué par le ministère de l'Intérieur,
96 personnes ont été interpellées
et 255 véhicules ont été incendiés.
Ok, arme à feu.
C'est jamais anodin de partir sur une victime par arme à feu.
La première chose quand on réceptionne l'ordre de mission,
c'est d'essayer d'identifier le lieu, l'adresse.
Est-ce que c'est dans une zone sensible ?
Et surtout d'être vigilant sur la sécurité de ses personnels.
Vigilance à l'arrivée sur les lieux.
Il y a une deuxième intervention pour un feu,
a priori dans le coin,
donc faites attention que ce ne soit pas une guête à pain.
On arrive déjà sur intervention
sans les gyrophares et sans les detons
pour éviter d'attiser les regards
et d'arriver en toute discrétion.
On va se mettre en amont de l'intervention,
en sécurité.
Sans ça, s'il y a encore des coups de feu qui se font,
on ne peut pas intervenir.
On ne va pas se mettre en danger.
On n'est pas équipé comme un policier avec un gilet pare-balles.
Nous, on est là pour secourir,
on n'est pas là pour prendre des balles.
Il y a des interventions marquantes,
que ce soit aussi bien terrestres que maritimes.
Ce qui est très important pour nous,
c'est de débriefer après chaque intervention.
Ça permet de souffler
et de s'enlever cette charge mentale
et de réussir à se détacher de quelques images
qui sont parfois un peu agressives,
un peu violentes,
qu'on retrouve sur l'intervention.
Après chaque intervention majeure,
je rassemble mon personnel,
on discute,
parfois autour d'un verre,
un perrier, n'importe quoi,
autour d'un verre d'eau,
à la coopérative,
on discute et on souffle.
Et ça, c'est un débrief,
qui est pour moi quasiment passif.
Et surtout, je ne veux pas que mon personnel
ramène cette charge à la maison.
C'est une caserne de sportifs.
On a la chance, en plus,
d'avoir une piscine municipale à côté
où on arrive à se dégager
une heure de notre temps tous les jours.
On maintient en plus
un certain niveau aquatique.
Les moments forts en équipe, en caserne,
sont indispensables
pour connaître ses personnels,
pour ensuite arriver à identifier
leurs points forts, leurs points faibles,
arriver à identifier
quelqu'un qui est un petit peu plus en retrait.
J'aime cet état d'esprit
que nous avons à la Pointe-Rouge,
cet état d'esprit de rigolade
et de fraternité,
tout en gardant cette rigueur
et ce professionnalisme en intervention.
On se crée une petite famille.
On est sur zone dans 35 minutes.
J'ai eu la chance d'être
Major Sauveteur sur les plages.
J'ai découvert un petit peu
tout ce qui était secours à personne.
Et j'ai dit pourquoi pas
de rentrer au bataillon
des marins frontiers de Marseille.
Allez, dès qu'on peut, on largue, messieurs.
Quand je rentre,
je retrouve facilement
ce côté secours à personne
puisque ça fait partie
de notre cœur de formation.
Et je découvre aussi
la partie incendie
que je ne connaissais absolument pas.
Et là, une passion s'est créée
et un déclic
et je suis au bon endroit.
Bonsoir à tous.
Prenez l'appareillage de la SN152
en direction de la calampe de Sujiton
pour un blessé,
un time to go de 35 minutes environ.
La particularité
du centre de secours de Pointe-Rouge,
c'est sa spécialité aquatique
et l'armement de la vedette Bonheur-Mer
de la SNSM.
La Société nationale de sauvetage en mer
qui met à disposition
des marins pompiers de Marseille
cette vedette tout temps.
C'est une spécificité unique en France
et elle est armée exclusivement
par des marins pompiers.
L'expérience sur la vedette,
c'est comme l'expérience sur le fond, en fait.
Le but, c'est de la transmission des connaissances
et il y a beaucoup de transmissions
qui sont en interne.
Donc l'objectif,
c'est de transmettre cette passion
et ces connaissances
aux personnes et au personnel
qu'on a à bord de la vedette.
Donc en fonction de leur niveau d'emploi,
on fait de la formation,
on essaie de le transmettre.
On a des officiers mariniers
qui sont vraiment de terrain,
qui sont très expérimentés,
qui justifient 15-20 ans d'expérience.
C'est aussi sur eux qu'on s'appuie
dans le commandement
pour décider,
pour trouver ensemble
la meilleure idée de manœuvre
pour aller dans le sens de l'intervention.
Ils nous apportent une expérience en mer
qui est incroyable.
C'est des gens qui sont
riches de savoir.
Il y a toujours quelque chose
à apprendre d'eux
par leur expérience
et leur ancienneté au sein du bataillon,
mais surtout en mer
avec la vedette bonne mer.
Je pense qu'on a à apprendre
de tout le monde,
du plus jeune qui vient d'arriver
au plus ancien
qui a 25 ans, 30 ans de bataillon.
Que ce soit sur VSAV,
sur fourgon ou en mer,
où on se dit,
on a frôlé la catastrophe,
pas pour nous,
mais les gens ont frôlé la catastrophe.
Des fois,
ils ne s'en rendent même pas compte.
On essaie de faire de notre mieux
pour éviter les drames.
Dans l'histoire des marins-pompiers,
il y a eu des gens
qui sont morts en service commandé,
qui sont morts au feu.
Le risque zéro,
de toute façon,
n'existe pas.
Il faut avoir à l'esprit
que toutes nos missions
contiennent des risques
face auxquels il faut faire face.
On prend la garde le matin,
on ne sait jamais
pourquoi on va partir.
Quand on part pour un général-ville,
on sait qu'il y a feu,
adrénaline,
feu, danger,
adrénaline.
Donc oui,
chaque pompier,
forcément,
on recherche de l'adrénaline.
Et on a besoin de cette adrénaline
pour...
Déjà, il faut savoir la gérer,
mais on en a besoin
pour donner le meilleur
de nous-mêmes.
Je pense qu'à partir du moment
où on n'a plus peur,
c'est là où on se met en danger.
Par contre,
Il ne faut pas montrer
que l'on a peur.
Il faut vraiment réussir
à se recentrer
sur l'intervention
et garder un peu ses émotions
parce que sinon,
c'est communicatif.
Et malheureusement,
ça peut engendrer après
des actions
que l'on ne souhaite peut-être pas
après sur le terrain.
Effectivement, oui,
on peut parler d'adrénaline,
mais il faut toujours
s'engager sur le terrain
en sécurité
pour éviter la blessure,
pour éviter vraiment
de se faire surprendre.
Il faut prendre
toutes les précautions
nécessaires en intervention,
quelle que soit l'intervention.
Il y a pas mal de badauds.
C'est des gens qui étaient chez eux.
Il n'y a pas l'air
d'avoir des victimes.
S'il y a des victimes,
ça sera désaccommodé
par les fumées.
Ils sont un peu de partout.
Je veux que tu me rassembles
les badauds,
que tu les mettes ici,
au niveau du boulevard du VSU.
Un PRV, d'accord ?
Au niveau du boulevard du VSU.
Je vais amener le VSAV
à ce niveau-là, ok ?
C'est bon ?
C'est un feu d'un scooter
qui est parqué au souterrain.
Il y a beaucoup de fumée.
Il y a beaucoup de fumée
dans les communs.
Il faut communiquer à la voix.
Dès qu'on parle d'intervention,
on briefe.
On briefe,
on ne tremble pas dans la voix.
On discute.
On prévient potentiellement
des dangers.
On fait ce qu'on appelle
un SMES.
La situation,
la mission,
l'exécution et la sécurité.
Et la sécurité,
c'est primordial.
Et là, en fait,
en mettant en avant
la sécurité,
on pose,
on pose le jeu.
On pose le jeu
et on intervient
après en toute sérénité.
Et pour l'instant,
maîtrisé par une LDMR aérique,
beaucoup de fumée,
beaucoup de fumée
dans l'ensemble
des communs du bâtiment.
Le rôle du chef de groupe,
c'est de prendre
le commandement
des opérations.
Mais prendre le commandement
des opérations,
c'est être un petit peu
ce chef d'orchestre.
On se recheck
les autres entrées tranquillou
et puis voilà,
on lève le doute.
On regarde.
Les gars,
buvez un coup
et délestez-vous.
Donc,
il va falloir
prendre en compte
la situation,
les premières activités
et organiser
la gestion
de l'intervention.
Donc,
par exemple,
l'ambulance,
lui donner la mission
d'identifier un point
de rassemblement
des victimes.
L'échelle,
le moyen élévateur
aérien qui est là,
ça va être
de lui donner la mission
de faire des reconnaissances,
par exemple,
en façade,
si c'est possible.
C'est qu'on a
un masculin de ?
51 ans.
51 ans
qui était
au rez-de-chaussée.
Ces interventions-là,
en général,
elles sont marquantes
à la fois
dans la complexité
et la technicité
qu'elles imposent
dans la gestion
opérationnelle,
mais elles sont marquantes
aussi
quand on se rend compte
que finalement,
les gens perdent
tout ce qu'ils ont.
Perdent tout ce qu'ils ont
sur un feu, quoi.
Prêt pour l'ensemble
à mon commandement,
garde à vous.
Bien évidemment,
ici,
en caserne,
à Pointe-Rouge,
le rôle de l'officier,
moi,
ce que j'attends
d'un officier,
c'est vraiment
qu'il prenne
la mesure
entière et globale
de sa responsabilité
vis-à-vis
de ses personnels,
vis-à-vis
des matériels
qu'on lui confie.
Tout ça
dans l'objectif
de remplir la mission.
L'officier en CIS,
le chef de centre,
c'est ce que je lui dis.
Ta responsabilité,
elle est globale.
Jusqu'à présent,
tout a été parfait.
Il faut qu'on reste vigilant
même si la météo
n'est pas forcément
avec nous pour les épreuves.
Vous êtes présents.
Je vous en remercie tous,
ceux de Marseille
et ceux
qui viennent
de plus loin.
On a les yeux
sur nous encore
pour quelques jours.
Après,
on aura peut-être
le droit
à un petit peu de repos.
Lors des épreuves
des Jeux Olympiques,
le bataillon
des marins-pompiers
de Marseille
aidait
des sapeurs-pompiers
de l'héros
et sur le pied de guerre
pour sécuriser
l'événement.
La mission
est une réussite
grâce
aux moyens
combinés
de la marine,
de l'armée de terre
et de toutes
les forces
de sécurité
impliquées.
J'ai été appelé
pour une intervention
par Appel Radio.
J'étais en retour
aux casernes.
Je pars
pour un féminin
de 2 ans,
victime de noyade.
Donc là,
il y a une pression.
Il y a une pression
qui monte.
Je vois
une personne au loin
qui me fait un signe,
des signes
avec leurs bras.
Donc on passe
la traverse.
On arrive et effectivement,
je vois une personne
en train de masser
une fille de 2 ans.
Mon équipe
arrive et prend le relais.
Et là,
il n'y a
qu'une chose
à gérer.
Pourquoi ?
Parce que c'était
un anniversaire
des enfants
de 2-3 ans
en état de choc.
Les parents
qui étaient complètement
en panique,
qui s'accrochaient à moi,
qui menaçaient
de mettre fin à leur jour
si on ne sauvait pas
la petite.
Et j'avais tout ça
aussi.
J'avais un message
dans le passé
parce qu'il me fallait
des renforts médicalisés.
Même s'ils étaient
prévus sur les lieux,
je les ai confirmés.
Les gars,
vous me faites
un bilan en euros
avec une prise
de constante
et on refait
une glycémie.
Là,
on se sent vraiment
sous-dimensionnés.
Seuls.
Seuls au monde.
On a réussi
avec l'équipe médicalisée
à récupérer la petite,
malheureusement
qui est décédée
en arrivant à l'hôpital.
Mais là,
effectivement,
c'est compliqué.
C'est compliqué
à gérer.
C'est difficile.
On est sur un enfant
de 2 ans
qui n'avait rien
connu de la vie encore,
qui avait tout à faire.
Des parents
qui sont détruits.
Une famille détruite.
Des enfants
de 2-3 ans
en état de choc.
Ils n'oublieront jamais
de leur vie.
Ils commencent leur vie
déjà avec un stress
post-traumatique.
Des interventions,
on en fait
des centaines par an.
Mais celle-ci,
elle a été très marquante.
Il y en a eu d'autres.
Mais celle-ci,
elle a été très marquante
parce que,
émotionnellement,
j'ai pris.
J'ai ramassé.
Et j'ai pris
mon équipe en compte.
Mon conducteur
et mon secouriste,
on a discuté.
Et en plus de ça,
j'ai demandé
à l'hôpital
à ce que la psychologue
du bataillon
qui était d'astreinte
vienne en caserne
pour discuter avec nous.
Quand un jeune,
pour la première fois,
est confronté
à un cadavre
ou à un mort,
on va en parler
en retour d'intervention.
Je vais avoir
des chefs d'équipe
qui vont aussi
tourner avec lui
et qui vont lui poser la question.
On va voir son attitude
aussi à la tête.
S'il y a le moindre doute,
on a la chance
au bataillon
d'avoir un service médical
avec des psychologues
qui sont quand même
aguerrés là-dedans.
On fait appel avec eux
et derrière,
on fait glisser
pour qu'ils le vivent bien.
En tant que pompier,
ce n'est pas facile
pour nous d'aller
voir un psychologue.
Moi, je trouve que c'est bête.
Il faut y aller.
Et c'est super important
en tant que pompier
mais surtout en tant qu'homme.
Général Nautique,
secours assistance à personne,
boulevard Montrose.
La Générale Nautique
à Pointe Rouge,
en fait,
elle est spécifique
au secteur d'intervention
où on fait partir
plusieurs engins,
nautiques et terrestres.
Alors, c'est jamais
des interventions
qui sont anodines,
de toute façon,
les interventions nautiques,
les interventions en mer.
Et ce n'est pas
une intervention
qui est courante.
C'est-à-dire,
c'est une intervention
qui est assez inédite.
Allez, larguez tout.
Allez, on l'a.
On y va.
Je fais un premier visual
au niveau de la calanque.
S'il n'y a personne,
je retournerai
au niveau du port
de la Madrague au sud.
Sac Sauveur,
c'est G. Pointe Rouge
pour la mission
en 376,
prenez l'arrivée
sur le lieu de l'enceinte
le dispositif terrestre
et nautique,
secteur Mont Rose.
Parce qu'il faut savoir
que quand nous,
on arrive au ras de l'eau,
on n'a pas le même visuel
qu'eux, ils ont en hauteur
au niveau de la terre.
Donc, eux,
ils vont nous désigner
la position exacte
de la personne en difficulté.
On a la vedette mer,
donc la SN152,
la bonne mer,
qui, elle,
va être le gros support
et l'embarcation côtière
armée par des sauveteurs côtiers
qui permet d'approcher
un peu plus les côtes
pour récupérer la victime.
Il y a un peu des soucis,
ils sont sur la terre ferme,
ils sont sur la terre ferme
sous le Mont Rose,
sous le Mont Rose.
Oui, bien reçu,
donc nous, de notre côté,
on va quitter
le secteur port de la Madrague
et on fait jonction avec vous,
j'ai le VSAV Pointe Rouge
qui descend au contact
de l'éventuelle victime.
Reçu.
Ok, donc tu me confirmes
R.S.,
la personne a regagné
le bord par ses propres moyens.
Au Mont Rose,
on a intervenu d'ailleurs
il y a peu de temps.
Souvent, ils ont tendance
à se mettre à l'eau ici
et quand il y a du mistral,
quand ça rentre,
en fait, il y a très peu
de possibilités
de remonter sur les rochers
parce que la mer,
elle vient cogner
au niveau des rochers
et les gens se mettent en danger.
Et le mec,
quand il a sorti de l'eau,
au moment qu'il a pris en charge,
il a quand même perdu connaissance
et le jeune nous dit
qu'il se voit quand même
inhaler beaucoup d'eau.
Avec une pessaye.
C'est un enfant de 15 ans,
un adolescent,
qui s'est fait piéger,
il a sauté
et il s'est fait prendre
par une vague
et quand on arrive sur zone,
on nous montre où il est,
sauf qu'en fait,
il n'est pas là,
il n'est pas en surface
parce qu'il y a un corps
qui se noie,
il coule.
C'est qui qui vous a sorti de l'eau ?
C'est juste là.
C'est bon, monsieur ?
Vous l'avez récupéré
au début bien
et après plus bien.
On a pu envoyer
une équipe de plongeurs
à 15 mètres de fond,
on l'a remonté
et on l'a réanimé.
Ça, c'est un message
aussi à faire passer
parce qu'on a tendance
à dire que le plongeur,
il ne ramasse que des cadavres.
C'est faux.
On peut faire du coup
de secours en plongeur.
On ne le sauve pas nous,
on le sauve en équipe.
Si on ne sauve jamais personne,
notre métier ne servira à rien.
C'est à l'esprit d'équipage.
C'est ce qui permet
d'avoir une cohésion
au sein d'un groupe,
d'une équipe,
d'une caserne.
On ne rejette personne.
On est un groupe,
on avance tous ensemble
et puis on n'abandonne personne.