Giorgia Meloni a choisi l'Albanie pour construire deux centres pour demandeurs d’asile. Ainsi, des migrants interceptés en mer par les forces de sécurité italienne pourront être conduits en Albanie afin d'examiner leur situation administrative.
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Bienvenue dans l'Essentiel du Dessous des Cartes.
Aujourd'hui, on prend la direction de l'Albanie,
un pays qui dispose d'une large façade maritime,
qui compte près de 300 kilomètres de frontière avec la Grèce.
C'est aussi l'un des pays les plus pauvres d'Europe.
L'Albanie, choisie par Giorgia Meloni,
la dirigeante italienne, pour y construire
deux centres pour demandeurs d'asile,
ici dans le port de Schengen
et sur une ancienne base militaire à Gjader.
Depuis cette semaine, en effet, le plan de Meloni
est rentré en vigueur, à savoir
des migrants interceptés en mer
par les forces de sécurité italiennes
qui peuvent être conduits en Albanie
afin que leur situation administrative y soit examinée.
Même si Rome prévient,
les personnes originaires de pays considérés comme sûrs
seront rapidement reconduites dans leurs pays d'origine.
Cet accord entre les gouvernements italiens et albanais
rappelle à certains l'accord, désormais révolu,
qu'avait conclu le précédent gouvernement britannique
avec le Rwanda.
L'objectif est assumé,
dissuader les migrants de tenter le voyage.
Une problématique au cœur du débat politique européen.
Sortons nos cartes.
L'Italie est au cœur des routes migratoires Afrique-UE.
Voici en effet la plus empruntée, la route centrale,
via les côtes libyennes et tunisiennes vers l'Italie.
Le Haut commissariat pour les réfugiés
y a recensé 53 000 personnes depuis le début de l'année.
En provenance essentiellement d'Afrique subsaharienne,
notamment la Guinée et la Côte d'Ivoire.
Vient ensuite la route dite orientale,
par la Turquie, la Grèce et les Balkans.
Ce fut la route la plus empruntée en 2015,
au plus fort de la guerre en Syrie.
En 2024, elle concerne 47 000 personnes,
des Syriens fuyant le régime Assad,
la pauvreté et la violence d'un pays non stabilisé,
ou encore des Afghans fuyant le régime taliban.
Enfin, en troisième position, la route dite occidentale.
Elle part de l'Algérie et du Maroc en direction de l'Espagne
et a concerné 43 000 personnes en 2024.
Sur cette route, voici l'archipel des Canaries dans l'Atlantique,
une zone régulièrement sous tension.
Le sud de l'Italie est donc le lieu
des principaux ports de débarquement,
des centres de premiers secours et d'accueil,
et des hotspots.
Cette situation et le refus de certains pays membres de l'UE
de suivre les règles de la relocalisation des demandeurs d'asile
nourrissent les sentiments anti-migrants et eurosceptiques en Italie.
C'est d'ailleurs en promettant un blocus naval en Méditerranée
que Giorgia Meloni et son parti d'extrême droite
ont remporté les élections en septembre 2022.
Selon le Haut commissariat pour les réfugiés,
le nombre de migrants entrant par l'Italie a baissé,
passant de 127 000 entre janvier et septembre 2023
à 43 804 sur la même période, en 2024.
A noter qu'en parallèle, ce sont 450 000 titres de séjour
qui vont être accordés à des étrangers par l'Italie
afin de remédier à la pénurie de main-d'oeuvre
liée au vieillissement de la population italienne.
Si la question migratoire est devenue une obsession
de nombreux dirigeants européens, derrière les discours,
il y a en effet une réalité démographique.
La vieille Europe ne peut se passer de la jeune Afrique
pour faire tourner son économie.
Voilà l'essentiel du Dessous des Cartes,
c'est fini pour aujourd'hui, à bientôt.