Deux jours après le coup d'envoi du budget 2025 dans l'hémicycle, celui-ci s'est invité à droite de l'hémicycle, pendant la séance des questions au gouvernement du mercredi 23 octobre. Questionné sur le fait "d'oser" baisser la dépense publique et sur les hausses de taxes votées par la gauche, le ministre chargé du Budget a rappelé la nécessité d'un "redressement fort et rapide" dès "aujourd'hui".
Suite à l'appel des syndicats agricoles à reprendre la mobilisation, deux députés ont interpellé la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. L'occasion pour celle-ci d'assurer qu'elle comprend la colère des agriculteurs et de reconnaître le besoin de réponses supplémentaires. Le député SOC Fabrice Barusseau s'est inquiété de la taxation sur le Cognac et l'Armagnac, à hauteur de 35%, que la Chine menace de mettre en place.
À l'international, l'Ukraine et les États-Unis se sont également invitées dans l'hémicycle. Interrogé sur le soutien français fourni à l'Ukraine (DEM), le ministre a salué une "belle avancée" après le vote de l'Union européenne sur un prêt accordé à l'Ukraine. Une autre question portait sur le recrutement d'un ancien membre des renseignements français par une société privée américaine, et le risque pour l'indépendance nationale de la France. Un sujet sur lequel le ministre de l'Intérieur a assuré ne pas pouvoir donner d'informations "à ce stade, aujourd'hui, ici".
Deux autres questions portaient sur l'industrie : l'une après l'annonce de l'entrée de l'État au capital de la filiale Opella de Sanofi (GDR), l'autre sur les suppressions de poste dans l'aérospatial et plus largement sur l'industrie française (LFI). Sur le premier sujet, le gouvernement a assuré avoir demandé des garanties ; sur le second, il évoque un "soutien à l'investissement" et une "attention vive" quant au sort des salariés.
Parmi les autres sujets abordés au cours de cette séance : la précarité des Français, et plus particulièrement de la jeunesse (ECO) ; le manque d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (LIOT) ; ou encore l'occupation illégale de terrains communaux par la communauté des gens du voyage en Moselle et les frais engendrés par celle-ci (HOR).
Les députés interrogent les ministres sur l'actualité en exclusivité sur LCP-Assemblée nationale.
00:13 Jean-Didier BERGER - Budget 2025 04:39 Boris TAVERNIER - Précarité des Français et précarité de la jeunesse 08:34 Frédéric PETIT - Soutien à l’Ukraine 13:01 Constance DE PÉLICHY - Manque d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) 17:14 Nathalie COLIN-OESTERLÉ - Communauté des gens du voyage 21:24 Édouard BÉNARD – Sanofi 25:48 Gérault VERNY - Budget 2025 : hausse de la dette 30:12 Marc DE FLEURIAN - Recrutement d’un ancien membre de la DGSI par une société américaine 34:00 Christophe MARION - Crise agricole 38:31 Arnaud SAINT-MARTIN - Secteur de l’aérospatial et industrie française 42:54 Fabrice BARUSSEAU - Taxation chinoise sur le Cognac
L'ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
La première va être posée pour le groupe droite républicaine par Monsieur Jean-Didier Berger.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, mes chers collègues.
Après 50 ans de déficit, le gouvernement de Michel Barnier a proposé en 15 jours seulement une copie
permettant de baisser la dépense publique de 40 milliards d'euros et d'augmenter les recettes de 20 milliards.
C'est vrai qu'avec Laurent Wauquiez, avec tous mes collègues de la droite républicaine, nous trouvions déjà que 20 milliards,
même provisoires, même ciblés, c'était déjà considérable, trop même sans doute.
Mais voilà, la semaine dernière en commission des finances, la France Insoumise et ses alliés ont décidé d'adopter non pas 20,
mais 60 milliards d'euros supplémentaires d'impôts. 60 milliards !
Ils disaient qu'ils allaient taxer les ultra-riches et les grosses entreprises.
En réalité, ils ont décidé d'attaquer les Français, tous les Français, de taxer tout, tout le temps.
Les résidences principales, taxes. Les résidences secondaires, taxes aussi.
Même le logement social, sur taxes.
Les entreprises familiales et leurs transmissions, taxes encore.
L'assurance-vie, l'épargne. Oui, il faut dire la vérité, vous avez décidé de tout taxer.
Même les Français de l'étranger, ils passent taxes, taxes et taxes encore.
Il faut le dire aussi, vous l'avez fait avec la complicité du Rassemblement National,
qui par son vote ou par son abstention a permis l'accumulation de ces monstruosités fiscales.
Nous sommes déjà dans le pays champion du monde de la fiscalité et ça ne vous suffit pas, mes chers collègues.
D'ailleurs, vous vous apprêtez à voter ensemble l'abrogation de la réforme des retraites,
qui générerait jusqu'à 15 milliards d'euros de déficit supplémentaire.
Il faut le dire à tout le monde, cela ruinerait non seulement le pays, mais mettrait en danger les retraites de tous les Français.
Alors, monsieur le ministre, ma question est simple.
Allez-vous enfin oser vraiment la baisse de la dépense publique ?
Allez-vous déder des garanties à tous les Français, que vous les protégerez contre le programme du Rassemblement National et de la gauche ?
Le même programme qui en définitive, à vous dire un seul résultat, semet la misère fiscale dans notre pays.
Merci beaucoup, monsieur le député.
La parole est à monsieur Laurent Saint-Martin, ministre en charge du budget des comptes publics.
Merci madame la présidente, mesdames et messieurs les députés.
Monsieur le député Jean-Didier Berger, merci pour votre question qui permet de repréciser
quelle est la philosophie du texte initial de ce projet de loi de finances 2025.
Permettez-moi de rappeler ce qu'est le texte initial, parce que vous l'avez dit à juste titre,
la copie de la commission des finances, même si le texte a été rejeté in fine,
prévoyait, vous l'avez dit, entre 50 et 60 milliards d'euros d'impôts, et nous ne parlons ici que d'impôts supplémentaires,
et ça, j'y reviendrai, nous ne l'acceptons pas.
Ce que propose ce gouvernement, c'est un redressement fort, rapide,
pour que nos finances publiques puissent avoir une trajectoire de retour sous les 3% à horizon 2029.
Pour y parvenir, l'année 2025 est ambitieuse, mais elle est nécessaire.
5% de déficit, et vous avez raison, cela doit d'abord passer par la réduction de la dépense publique.
Alors bien sûr, la procédure budgétaire veut que nous parlions d'abord des recettes,
mais je vous le confirme, dans toute la deuxième partie, il y a bien 40 milliards d'euros de baisse,
de réduction de dépense publique, dont la moitié, plus de la moitié à hauteur de 20 milliards d'euros, sur l'État.
Et cela, nous nous y tiendrons, et c'est dans la copie initiale.
Ceci étant dit, monsieur le député, il faut savoir ce qui est acceptable et pas acceptable.
Et nous l'avons déjà vu dans les débats qui ont commencé depuis lundi,
qui finalement, jusqu'à présent, reflètent exactement de la même façon ce qui s'est passé en Commission des finances.
Dit autrement, ça part mal.
Ça part mal pour le contribuable.
Ça part mal pour le contribuable particulier.
Ça part mal pour le contribuable entreprise.
Et nous avons effectivement une vraie question à poser aux Français.
Voulons-nous un matraquage fiscal pour redresser nos comptes publics pour tous,
ou voulons-nous enfin prendre la responsabilité de la baisse de la dépense publique d'abord ?
Et c'est ce que nous ferons au gouvernement, et nous ne laisserons pas faire un matraquage fiscal dans ce texte.
Je vous remercie, monsieur le ministre.
La parole est à monsieur Boris Tavernier, pour le groupe écologiste.
Merci, madame la présidente.
Ma question est pour monsieur le Premier ministre.
Monsieur le Premier ministre, avez-vous déjà sauté un repas faute d'argent ?
Un tiers des étudiants doit s'y résoudre.
Monsieur le Premier ministre, avez-vous déjà fait la queue à une distribution alimentaire ?
Un étudiant sur cinq y a déjà eu recours.
Monsieur le Premier ministre, avez-vous déjà dû mentir pour louer un appartement ?
Avez-vous déjà commencé le mois avec 50 euros en banque ?
Avez-vous déjà renoncé à chauffer votre logement ?
Près d'un étudiant sur quatre y est contraint.
C'est le chauffage ou le porte-monnaie.
Ici, nulle sobriété heureuse, nulle conviction écologique.
On parle d'avoir froid en hiver, on parle crûment de pauvreté.
Savez-vous ce que signifie la privation ?
La privation matérielle, la privation culturelle, la privation sociale ?
C'est se priver de recevoir des amis à dîner.
C'est se priver de se rendre à un anniversaire par crainte de ne pas pouvoir l'assumer financièrement.
Parce que oui, ce qu'on appelle pudiquement précarité étudiante, c'est de la pauvreté.
Et la pauvreté, c'est de la violence.
De la violence sur les corps, de la violence sur les esprits, de la violence sur la vie.
Vous allez certainement me répondre crousse à un euro ou logement étudiant, très bien.
Mais alors, allez-y Franco, étendez plus largement les repas à un euro.
Faites en sorte que ça soit bon.
Construisez massivement des logements étudiants, des logements salubres et accessibles.
Et après tout ça, quitte des autres jeunesses.
Quitte de la jeunesse ouvrière, la jeunesse employée, la jeunesse privée d'emploi, la jeunesse rurale.
Cette jeunesse qui ne fréquente pas les crousses.
Les jeunesses sont différentes, mais elles ont un point commun, la précarité.
La précarité de l'emploi, la précarité de l'accès au logement, la précarité économique.
Au fond, M. le Premier ministre, que vous ayez vécu ou non, cette précarité n'est pas la question.
Ces violences ont le quotidien de millions de jeunes en France.
Alors il nous faut une véritable politique universelle à destination des jeunes.
Oui, une politique qui ne fasse pas de nos jeunes la variable d'ajustement de la société.
Alors je vous le demande, M. le Premier ministre, que proposez-vous à la jeunesse de ce pays ?
Je vous remercie, M. le député.
La parole est à M. Paul Christophe, ministre des Solidarités et de l'Autonomie.
Oui, merci, Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, M. le député Tavernier.
Effectivement, votre question mériterait bien plus que deux minutes, vous me l'accorderez.
Cela dit, la lutte contre la pauvreté est un sujet majeur de mon ministère,
et je n'entends pas me dérober sur le sujet.
M. le Premier ministre, dans le cadre de la déclaration de politique générale, a parlé de fraternité.
Je pense que c'est un mot qui s'applique tout particulièrement à la question de lutte contre la pauvreté.
Alors, évidemment, je vais m'engager déjà sur le pacte des Solidarités.
Je vous rappellerai quand même deux axes importants de ce pacte.
Celui qui vise à permettre d'accéder déjà au juste droit.
Et je pense que c'est tout le sens de la déclaration préremplie
qui a été expérimentée sur cinq départements ces derniers mois
et qui sera généralisée, rappelons-le, à l'aune de l'année 2025.
C'est aussi sortir de la pauvreté par l'emploi.
Je vous rappellerai la loi plein emploi qui a été proposée il y a un an de cela,
qui vise à permettre à chacun d'être mieux accompagné pour pouvoir se tourner vers l'emploi,
et notamment de nous accompagner.
C'est le mot que j'emploie souvent, c'est le mot écoute, chers députés,
puisque vous le savez très bien, aujourd'hui, ce que demandent nos allocataires du RSA en particulier,
c'est d'être écoutés, de pouvoir prendre en compte l'ensemble des freins périphériques à l'emploi.
Je pense en particulier aux logements, je pense aux gardes d'enfants.
On en a parlé hier avec les réformes sur le programme de garde et le libre choix.
Toutes ces difficultés aujourd'hui auxquelles sont contraints nos allocataires.
Mais c'est aussi des messages tournés vers la jeunesse.
Vous parliez de budget également ces derniers temps.
Je vous invite à être très attentifs lorsque nous abordons la vision des dépenses sur le programme 304,
qui est celui qui porte justement la lutte contre la pauvreté.
Je vous remercie de porter cette attention, je vais vous hocher de la tête,
puisque nous avons à l'intérieur des augmentations de budget notables,
notamment sur la restauration, sur les dispositifs de cantine dites à 1 euro auprès des plus fragiles,
sur les petits-déjeuners, un ensemble de dispositions budgétaires qui nous faudra absolument soutenir.
Je compte sur vous.
Merci beaucoup, monsieur le ministre, monsieur le député.
Merci, monsieur le ministre. L'écoute ne sera pas suffisante.
On attend des actes, ne l'insultez pas à l'avenir. Merci.
Je vous remercie.
La parole est à présent à monsieur Frédéric Peutier pour le groupe démocrate.
Monsieur le ministre des Armées, vous avez déclaré le 14 octobre devant la représentation nationale
que nos livraisons d'armes à l'Ukraine en 2024 n'atteindraient pas le plafond de 3 milliards d'euros annoncé en janvier.
Les Ukrainiens comptent sur nous, monsieur le ministre, militairement,
mais également pour remettre dès à présent leur pays en état.
Cette aide de qualité est vitale pour l'Ukraine,
et la solidarité entre nos armées est la première pierre d'une future et nécessaire défense européenne.
Je tiens à signaler le professionnalisme et la grande qualité de nos armées
dans la formation des soldats ukrainiens en France et en Pologne, aux côtés de l'armée polonaise.
Monsieur le ministre, cette guerre, vous le savez bien, c'est aussi une guerre de l'information
contre laquelle il nous faut livrer bataille.
La confrontation des modèles qui est à l'oeuvre sous nos yeux aujourd'hui
exige de notre part plus que jamais de la vérité et de la clarté.
Fin août, j'étais en Ukraine, à Lviv et à Tchernihiv,
j'ai voulu saluer la mémoire des morts au combat lors des cérémonies officielles.
J'y ai vu un pays debout, malgré les alertes aériennes incessantes et les bombardements,
des entreprises au travail, des enseignants faisant classe devant des enfants revenus nombreux,
l'université polytechnique de Tchernihiv à nouveau en travaux pour accueillir la rentrée
après un énième bombardement.
Les Ukrainiens ne nous demandent pas de miracles,
ils ne nous demandent pas d'être plus puissants que nous le sommes.
Quel message adressons-nous aux Ukrainiens au moment où la Corée du Nord
envoie des soldats combattre aux côtés de l'armée russe,
au moment où le soutien des alliés du Kremlin s'intensifie ?
Le flou et les zones grises serviront toujours les intérêts du Kremlin.
Monsieur le ministre, pouvez-vous préciser devant la représentation nationale
d'où vient ce décalage pour l'année en cours entre les sommes réellement engagées
et les 3 milliards annoncés ? Quel sera le montant de notre soutien à l'Ukraine en 2025 ?
Enfin et surtout, monsieur le ministre, pouvez-vous nous rassurer sur le fait
que le gouvernement prend bien en compte le caractère existentiel
de la menace que le Kremlin représente pour la France et l'Europe ?
Je vous remercie, monsieur le député.
La parole est à monsieur Sébastien Lecornu, ministre des Armées.
Merci beaucoup, madame la présidente de l'Assemblée nationale.
Mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Petit,
permettez-moi de saluer votre engagement personnel depuis le début de cette guerre
et à travers vous, d'ailleurs, l'ensemble du groupe MoDem
qui n'a jamais manqué au soutien que nous apportons à l'Ukraine.
Pour répondre précisément à votre question, effectivement la somme annoncée
était jusqu'à 3 milliards et en audition budgétaire à la Commission de la Défense
avec le ministre Jean-Louis Thériault, nous avons fait un point d'étape
à l'heure dite, si j'ose dire, c'est-à-dire au début du mois d'octobre
sur la réalité des sommes telles qu'elles étaient consommées.
Nous sommes à plus de 2 milliards d'euros.
À venir le coût de la formation de la brigade dite Anne de Kiev,
à venir la cession des Mirage 2000 qui peut tomber peut-être
au mois de décembre ou au mois de janvier et en fonction d'ailleurs
du moment à lequel l'acte de cession sera signé, vous allez avoir encore
une somme qui peut évidemment bouger.
Et puis dernier point, mais vous le savez pour bien connaître
et bien suivre les débats budgétaires, que vous avez un décalage
entre l'acte de cession, ce qui est la seule chose qui compte véritablement
pour l'armée ukrainienne, et les AE et les CP qui correspondent à ces cessions.
Donc évidemment, on sera amené avec les différents ministres.
Le ministre Laurent Saint-Martin va venir apporter des compléments
pour se faire d'ici à la fin de l'exercice budgétaire.
Après, au-delà même de la question de l'argent, il y a la question
de la nature même des armes qui sont données à l'Ukraine.
Si tout n'était qu'une affaire de milliards, on le saurait.
Les missiles Scalp sont d'ailleurs le bon exemple
où notre nation a décidé avec les Britanniques
de donner des missiles de longue portée pour l'Ukraine
qui sont en mauvais français un bon game changer sur le terrain tactique.
Et ça pour le coup, ce n'est pas qu'une affaire d'argent,
c'est aussi la nature même de ce qui est apporté.
Pareil sur la cohérence de ce qui est apporté.
Munitions, carburants, pièces étachées, on a trop vu certaines nations amies
qui ont fait de l'aide à l'Ukraine avec du matériel qui était en mauvais état.
Et donc là aussi, la cohérence fait partie de nos marques de fabrique en quelque sorte.
Dernier point, sous l'autorité de Jean-Noël Barraud,
une belle avancée avec la mobilisation des avoirs gelés russes.
300 millions d'euros pour cette première tranche.
C'est une bonne nouvelle pour le contribuable français.
C'est une bonne nouvelle pour l'Ukraine.
C'est aussi une bonne nouvelle pour les industries françaises
parce qu'elles vont pouvoir accéder à de nouvelles commandes pour aider l'Ukraine.
En tout cas, c'est la marge vers laquelle nous allons.
Et merci pour vos mots, pour nos soldats sur la qualité de la formation.
Merci beaucoup Monsieur le Ministre.
La parole est à présent à Madame Constance de Pellichier pour le groupe Lyot.
Merci Madame la Présidente.
Madame la Ministre,
Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs
ont manifesté la volonté de faire de l'école
un lieu où les enfants différents,
des enfants extraordinaires,
ont également leur place.
Pour faciliter l'intégration de ces enfants,
un accompagnant appelé AESH peut leur être octroyé.
Permettre à tous les enfants,
quelle que soit leur fragilité,
d'être bien accompagnés et soutenus
dans une école qui ne leur est pas toujours adaptée
est autant une question de justice sociale
que de valeur républicaine.
Vous décidez même de créer 2 000 postes supplémentaires
pour l'année à venir.
Permettez-moi néanmoins de partager les inquiétudes
déjà relayées hier.
De très nombreux postes ne sont pas pourvus.
Sur le seul département du Loiret,
ce sont 750 élèves
qui n'étaient pas accompagnés à la rentrée.
Autant d'enfants en souffrance,
d'enseignants en difficulté
et de classes déstabilisées.
L'enjeu n'est pas seulement à ouvrir des postes
lesquels sont très mal payés,
à temps partiel sans possibilité de le compléter
à cause du mitage des horaires
et sans dérouler de carrière possible.
L'enjeu est à rendre ces postes attractifs.
Vous indiquiez hier avoir déjà permis
la cédéisation de ces postes
et la revalorisation indiciaire.
Mais nous n'avons pas eu de réponse
sur ces accompagnants qui jonglent parfois entre 7 enfants
qui ont des besoins très différents.
Que pensez-vous de pouvoir mutualiser ces postes
avec d'autres postes de la fonction publique
territoriale ou hospitalière
afin d'atteindre un temps complet ?
Ne pensez-vous pas qu'une année commune
de formation au métier du soin
telle qu'aide-soignant, AESH,
auxiliaire de puériculture et autres
ne permettrait pas de faciliter les passerelles
et les déroulements de carrière ?
Permettre à un enfant d'être accueilli à l'école
est un droit fondamental.
C'est aussi un enjeu de justice sociale,
un enjeu d'éducation
et surtout un enjeu de dignité.
Madame la ministre,
des enseignants, des accompagnants comptent sur vous,
des familles comptent sur vous
et surtout, des enfants comptent sur vous.
Je vous remercie.
Merci beaucoup, madame la députée.
La parole est à madame Anne Jeuneté,
ministre de l'Education nationale.
Merci, madame la présidente.
Mesdames et messieurs les députés,
madame la députée Constance de Pellichy.
Clairement, la promesse
de l'école inclusive,
elle est simple, elle est claire, elle est très ambitieuse.
C'est de pouvoir accueillir tous nos enfants,
y compris les enfants extraordinaires
que vous avez évoqués.
Depuis 2017, je veux souligner que
le budget qui a été mis sur l'école inclusive
a plus que doublé, on arrive à plus de 4 milliards d'euros
et ce sera l'engagement encore
pour 2025.
Aujourd'hui, on a un peu plus de 500 000 élèves
qui sont en situation de handicap accueillis dans nos écoles.
Deux sur trois sont accueillis par
ces fameux accompagnants, les AESH.
Auprès d'eux, je sais que dans le Loiret,
c'est à peu près 1 500 enfants
sur un total d'à peu près 2 500
qui sont accueillis avec une aide.
Aujourd'hui, ces AESH,
c'est le deuxième métier de l'éducation nationale,
elles sont plus de 140 000.
Beaucoup a été fait pour elles, vous l'avez souligné,
la cédéisation, l'augmentation de plus de 13%
de leur rémunération, mais le temps de travail
reste limité au temps scolaire, 24 heures.
C'est pour ça que certaines ont pu
se voir proposer, notamment proposent de travailler
avec les collectivités locales
sur les activités périscolaires.
J'ai entendu vos propositions d'ouverture à d'autres situations
qui sont très intéressantes et que j'attudierai avec attention.
Je voudrais aussi
signaler que la loi Vial,
du sénateur Vial, permet également d'envisager
une prise en compte du temps du déjeuner
pour les enfants qui auraient besoin d'un accompagnement
sur ce temps du déjeuner, c'est ce qui est fait.
Il nous faut vraiment pouvoir soutenir
et nos accompagnants et nos élèves.
Je voudrais également souligner
que nous sommes en train d'élaborer un plan métier
pour ces AESH dans le cadre du comité interministériel
sur le handicap.
C'est un travail que je mènerai sous l'autorité du Premier ministre
avec mon ministre délégué Alexandre Portier
avec mes collègues Paul Christophe et Charlotte Parmentier-Lecoq.
Nous y tenons.
Nous voulons absolument que tous nos enfants soient inclus.
Nous arrivons au 20e anniversaire
de cette grande loi de 2005 sur l'inclusion.
Soyez assurés du soutien de l'Etat pour accueillir
un maximum de nos élèves dans d'excellentes conditions
et pour améliorer les métiers de ces AESH.
Je vous remercie.
Je vous remercie, madame la ministre.
La parole est à présent à madame Nathalie Collin-Eusterlais
pour le groupe Oriso.
Ma question s'adresse à monsieur
le ministre de l'Intérieur.
Depuis le 12 septembre, les gens du voyage occupent illégalement
avec 300 caravanes et 300 véhicules
une zone de loisirs à Saint-Julien-les-Messes,
en Moselle, créant un préjudice
majeur pour les commerçants.
Le 29 juillet,
250 caravanes et 220 véhicules
s'installaient illégalement sur un terrain de football
à Argancy, un village de 1.000 habitants.
Le montant des dégradations,
30.000 euros, considérable pour une petite commune.
En juillet toujours,
en avril, une commune de 500 habitants,
150 caravanes s'étaient installées illégalement
pendant qu'ailleurs, les élus étaient menacés.
Certains maires du Nord-Moselland,
violentés.
Le président de la métropole de Metz
a été contraint de fermer son air de grand passage
suite à des dégradations considérables.
La remise en état est chiffrée à 150.000 euros.
Pour la communauté d'agglomération de Thionville,
c'est 300.000 euros.
Monsieur le ministre, la situation devient ingérable
et l'exaspération des maires
et des habitants est immense
face à cet état de non-droit.
Les occupations illégales de terrains communaux,
associatifs, privés
se multiplient partout en France
en toute impunité.
Les demandes de mise en demeure et d'expulsion
restent sans réponse, y compris lorsque les collectivités
respectent leurs obligations
en matière d'installation et d'entretien
d'air d'accueil et de passage.
La raison invoquée, l'absence de force de l'ordre
disponible en nombre suffisant
et l'absence d'atteinte à la salubrité,
la sécurité, la tranquillité publique.
Naïvement, monsieur le ministre,
nous étions nombreux à penser que l'occupation illégale
de terrain était constitutive d'une atteinte
à la sécurité et à la tranquillité publique.
Il est temps de réformer les procédures
de mise en demeure et d'expulsion et c'est d'ailleurs
l'objet de la proposition de loi
déposée par notre collègue Xavier Albertini
que nous sommes nombreux à avoir co-signé.
Alors, monsieur le ministre, ma question est simple
et j'y associe ma collègue Isabelle Roche,
députée également de Moselle.
Quelles mesures comptez-vous prendre dans l'immédiat
pour faire respecter la loi,
mettre fin à ces occupations illégales
et soutenir ceux qui les subissent ?
Je vous remercie.
Merci beaucoup ma chère collègue.
La parole est à monsieur Bruno Retailleau,
ministre de l'Intérieur.
Merci madame la présidente, madame la députée.
La question des gens du voyage
est au coeur des préoccupations
de tous les élus de France et notamment des maires.
Et il ne se passe pas une seule journée
depuis que j'ai pris mes fonctions
sans que j'en entende parler.
Dans la République, qu'on soit bien clair,
dans la République,
chacun peut avoir
le mode de vie qu'il souhaite
en fonction de ses traditions.
La question n'est pas là.
Mais à condition de respecter
les lois de la République,
à condition de respecter
ceux qui sont en charge
de l'autorité publique.
Je veux parler des maires, je veux parler
aussi de tous ceux qui portent l'uniforme.
Respecter aussi la propriété
publique ou privée.
Cela devient une question
d'exaspération quand nos concitoyens
voient illégalement
des terrains, encore une fois, publics ou privés,
occupés avec un branchement
direct sur les réseaux
d'eau et sur les réseaux d'électricité
totalement gratuits.
On ne peut plus rester comme ça.
Je vais mettre en place un plan
d'action très rapidement et si vous le souhaitez,
je vais vous y associer.
Il y a deux propositions de loi, une au Sénat
qui est en cours et ici
vous y avez fait allusion à l'Assemblée nationale.
Ce que je ferai,
un, un dialogue direct
avec la communauté des gens du voyage.
D'abord un dialogue direct.
Ensuite, un certain nombre
de précisions, notamment vis-à-vis
des schémas départementaux.
On a plus d'outils lorsque
il y a des aires d'accueil qui sont
officiellement ouvertes, même si je sais
très bien que même lorsqu'elles sont ouvertes,
les gens du voyage refusent d'y aller.
Mais il faut quand même
veiller au respect de la loi.
Et enfin, de nouvelles mesures.
D'ordre public,
d'enquête patrimoniale
et de réparation des dommages.
Il ne peut pas y avoir
une double citoyenneté.
Personne n'est au-dessus de la loi
et je ferai respecter
l'ordre public et la loi républicaine.
Merci beaucoup,
monsieur le ministre.
La parole est à monsieur
Édouard Bénard pour le groupe JDR.
En l'absence du ministre de l'Economie,
monsieur le Premier ministre,
hier, à mon collègue qui a interrogé le gouvernement
quant à la souveraineté industrielle du pays,
le ministre de l'Economie répondait
sur le sujet de Sanofi et
des sites de production du Doliprane qui font couler
tant d'encre et de larmes d'inquiétude des salariés
tant en Normandie que dans les Hauts-de-France
avoir reçu des garanties d'investissement
et de maintien de l'emploi du groupe en France.
L'Etat rentre au capital de la nouvelle entité
à hauteur de 2% via la BPI.
Très bien.
Il y a peu, via la BPI,
150 millions avaient déjà été injectés
dans l'ancienne filiale de Sanofi,
spécialisée dans la production
de principes actifs.
Les mêmes garanties avaient été apportées.
Le même discours résonnait ici-même.
Même schéma, même trajectoire, même destinée.
Aucune relocalisation n'a vu le jour
de la Seine-Maritime au Puy-de-Dôme.
L'ogre du fonds d'investissement
américain auquel est cédé Opéra
se rit du petit poussé français
et de ses 2% de part.
Pour reprendre des mots élyséens,
c'est du ripollinage de la poudre
de Perlin-Papin.
5000, c'est le nombre de ruptures de stock
de médicaments recensés en 2023
à Moxiciline, Paracetamol, Osempic
et j'en passe. Cela concerne à 70%
des médicaments à molécules tombées
dans le domaine public à faible marge
qui n'intéressent plus les big pharmas
focalisés sur les produits protégés
par des brevets bien plus rentables.
Ni vous, ni nous ne sommes dupes.
La vocation première d'un fonds d'investissement
est d'accroître sa rentabilité
et pour ce faire, de laisser reposer
cet objectif sur la baisse
des coûts de production.
Or, la santé ne saurait
être un jeu boursier.
Alors, vous, monsieur le Premier ministre,
nous appelez au travail transpartisan
dont acte notre feuille
de route éclair. Voilà pourquoi
nous nous interrogeons quid de la création
d'un pôle public du médicament
qui permettrait de mettre notre pays à l'abri
des ruptures d'approvisionnement
sur une grande majorité de molécules tombées
dans le domaine public face à la prédation
de telles multinationales. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député.
La parole est à monsieur Marc Ferrati,
ministre en charge de l'Industrie.
Merci, madame la présidente,
mesdames et messieurs les députés,
monsieur le député Edouard Ménard.
Sur ce dossier, l'Etat a été présent
dès l'origine. Avec le ministre
de l'Economie, Antoine Armand, nous nous sommes rendus
très rapidement à Lisieux pour rencontrer
les salariés inquiets du devenir
de cette opération. Nous avons
exigé et nous avons obtenu des garanties,
vous l'avez dit, des garanties
sur le maintien des sites de production
de Compiègne et de Lisieux, des garanties
sur le maintien de la direction opérationnelle
d'Opéla en France, des garanties
sur le maintien de l'emploi, des garanties
également, vous l'avez évoqué,
sur les investissements qui seront
générateurs d'emplois pour l'avenir.
Ces garanties, elles sont
assorties, et c'est ça qui rend l'accord
qui a été signé ce dimanche
inédit. Elles sont assorties
de sanctions extrêmement significatives.
Elles sont assorties de sanctions
qui nous rendent extrêmement
confiants sur le fait que les engagements seront
tenus, mais
pour que ces engagements soient tenus, nous avons
également tenu à ce que
l'Etat soit effectivement présent
au capital d'Opéla et surtout que
l'Etat est un siège au conseil d'administration.
C'est un élément extrêmement important car
le fait de disposer d'un siège au conseil
d'administration
permet d'accéder aux informations sur la stratégie
de l'entreprise, permet d'accéder aux informations
sur la stratégie d'investissement, permet d'accéder
aux informations sur la stratégie éventuelle
de localisation ou de relocalisation.
C'est la raison pour laquelle
la présence de BPI au conseil d'administration
d'Opéla était une exigence
sur laquelle nous avons été fermes et sur laquelle
nous avons obtenu gain de cause.
Je veux vous dire, monsieur le député, que
notre stratégie en matière industrielle,
c'est une stratégie qui marche sur deux jambes.
Il s'agit de protéger l'existant,
de protéger les emplois, de protéger l'empreinte industrielle,
de protéger la sécurité d'approvisionnement
et à ce titre,
des quantités produites figurent également
dans l'accord comme des engagements
de la part d'Opéla. Mais c'est également
de ne pas dissuader les investisseurs,
de ne pas dissuader celles et ceux qui
veulent apporter à notre pays les ressources
qui permettront de créer les activités
et les emplois de demain.
C'est cette stratégie qui a permis
d'améliorer l'investissement depuis 5 ans
et c'est cette stratégie qui nous laisse penser que cet accord est équilibré.
Je vous remercie.
Merci beaucoup Monsieur le Ministre.
La parole est à présent
à Monsieur Géraud Verny
pour le groupe UDR.
Merci.
Merci Madame la Présidente.
Ma question s'adresse à Monsieur le Premier Ministre.
Monsieur le Premier Ministre,
en 1978,
quand vous arrivez dans cet hémicycle,
la dette publique représente
21% du PIB,
soit 80 milliards d'euros,
la dépense publique 45%
du PIB et le déficit public
18 milliards d'euros.
Aujourd'hui, la dette publique représente
113% du PIB, soit
3300 milliards d'euros
et le déficit public
174 milliards d'euros.
Puisque les Français
ont un bon sens qui échappe
à leurs dirigeants, ils sont 80%
à juger très urgent
de réduire la dette.
La réponse de la gauche
est claire. Les taxes.
Taxes sur l'eau touristique,
taxes sur les animaux de compagnie,
taxes sur les vélos.
Nous voici revenus dans Robin Desbois
avec dans le rôle du shérif de Nottingham
la France insoumise qui s'endort
le soir en rêvant de nouvelles taxes.
L'adage populaire
nous dit
qu'à tous les problèmes, il y a une solution.
La gauche se l'approprie et ça devient
à tous les problèmes,
il y a une taxation.
Mais après tout, depuis la doctrine
Hollande, on sait que recettes
comme dépenses, je cite,
c'est gratuit, c'est l'Etat qui paye.
Quelle est la réponse
du gouvernement ?
Augmenter encore
et encore et encore les prélèvements
obligatoires. Dans le pays
le plus taxé de l'OCDE,
votre gouvernement a décerné
un peu mieux faire de 40 milliards
d'euros aux Français.
Et comme tout change mais rien ne change,
comme vous ne présentez
aucune réforme structurelle pour baisser
les charges de cet Etat hypertrophié
devenu une maladie auto-immune,
notre dette,
toujours elle, sera encore plus lourde,
plus insupportable dans un an.
66 milliards supplémentaires.
Monsieur le Premier ministre,
comment pouvez-vous
affirmer, proposer un budget responsable
et plus juste alors que
chaque jour d'inaction rapproche
le FMI de Paris ?
Merci beaucoup, mon cher collègue.
La parole est à monsieur Laurent Saint-Martin,
ministre du budget des comptes publics.
Merci Madame la Présidente.
Monsieur le député
Verny,
vous évoquez la hausse
de l'endettement de notre pays.
Il serait, je crois, honnête de rappeler
pourquoi la dépense publique
a augmenté ces dernières années. Nous l'avons fait
d'abord pour protéger. Cet Etat
a été au rendez-vous face à la crise
Covid. Cet Etat a été au rendez-vous
face à la crise énergétique
qui aurait pu faire flamber les factures
de nos concitoyens et de nos entreprises.
Ce n'a pas été le cas
alors que nos voisins européens, eux,
voyaient une inflation bien supérieure.
Cela a été fait en maintenant
une croissance supérieure
et en maintenant un taux d'emploi
supérieur à nos voisins européens.
Ceci étant dit,
la réalité de la dépense publique
exige
que nous devions agir
aujourd'hui pour redresser nos comptes.
Et cela ne se fait pas dans le projet
de loi de finances initiales, d'abord
par la hausse des prélèvements obligatoires. Je ne vous laisserai pas dire cela.
C'est d'abord la baisse de la dépense
publique qui est à l'origine du redressement
de nos comptes publics.
Et nous aurons
le débat dans quelques minutes
et sur les prochains jours
pour que vous puissiez démontrer que ce n'est pas
par la hausse d'impôts, par le vote pour
ou par l'abstention que vous laisserez faire
effectivement le matraquage fiscal
que j'évoquais tout à l'heure au collègue Berger.
Et nous le verrons vote par vote.
En attendant, monsieur le député,
je serai extrêmement heureux
d'entendre vos propositions sur la baisse de la dépense publique.
Et nous nous donnons rendez-vous
lors de la deuxième partie
de ce projet de loi de finances
où vous verrez que quand il faut faire
des choix courageux pour faire mieux avec moins,
on verra si vous et votre groupe
êtes au rendez-vous.
Merci monsieur le ministre.
Vous n'avez plus de temps monsieur le député.
La parole est à monsieur
Marc Deflorian
pour le Rassemblement National.
Merci.
Merci madame la présidente,
mesdames et messieurs les membres du gouvernement,
mesdames et messieurs les députés et chers collègues.
C'est à vous monsieur le Premier ministre
à qui l'article 21 de notre Constitution
confie la responsabilité
de notre défense nationale
que s'adresse ma question.
La presse a mis au jour l'affaire indécente
du débauchage de Patrick Calvard,
ancien directeur général
de la sécurité intérieure
par l'entreprise américaine Caron.
Il travaille donc désormais directement
pour les Etats-Unis
qui ont pris la fâcheuse habitude
d'imposer au monde entier des sanctions économiques
qu'ils ont décidées unilatéralement.
Autrement dit,
il est devenu l'employé d'un Etat étranger
qui s'est fait une spécialité
de traquer et de dépecer
ses concurrents internationaux,
notamment français,
en usant comme d'une arme de son droit extraterritorial.
Comment l'ancien patron de la DGSI,
dont la fonction était précisément
la protection des entreprises françaises
contre les appétits étrangers,
peut-il aujourd'hui être libre d'aller se vendre
à un prédateur féroce
de nos florons industriels ?
Il est urgent de convoquer
monsieur Calvard devant les commissions compétentes
de notre Assemblée.
Il devra ainsi s'expliquer devant les représentants
de la nation que nous sommes
sur sa conduite actuelle.
Il lui faudra également rendre des comptes
sur le partenariat passé entre la DGSI
et l'entreprise Palantir,
financée directement par les fonds du renseignement américain
et qui ressemble à s'y méprendre
au loup dans la bergerie.
Il est un autre impératif,
celui de renforcer notre arsenal législatif
et réglementaire pour prévenir la vente
aux enchères de ceux qui ont exercé,
exercent et exerceront des responsabilités
stratégiques au service de notre patrie.
Il n'est pas admissible
qu'un homme ayant eu accès à des secrets d'Etat
puisse, sans rien craindre de la puissance publique,
devenir le catalyseur
d'une ingérence étrangère manifeste.
La nouvelle loi de programmation militaire
permet au ministère des Armées de s'opposer
au recrutement d'un ancien militaire par une puissance étrangère.
Êtes-vous donc prêt, monsieur le Premier ministre,
à durcir ce dispositif
et à l'élargir à l'ensemble du spectre
de la souveraineté pour garantir
l'intégralité de notre indépendance nationale ?
Je vous remercie.
Merci, madame la présidente.
Monsieur le député, d'un point de vue général,
tout ce qui touche
à l'ADGSI et à nos services,
nous serons discrets,
mais nous serons tranchants
et nous opérerons.
Il y a quelques jours,
le 17 octobre dernier,
pour prendre un exemple,
un ancien policier,
agent de l'ADGSI,
a été condamné.
C'est l'affaire Horus.
Il a été détecté,
identifié, révoqué,
jugé.
Il est condamné.
Et on s'est aperçu qu'il vendait
des informations hautement confidentielles
sur le Darknet en crypto-monnaie.
C'est un exemple.
Vous avez,
à votre tour, souligné
un autre exemple
très différent, pour lequel je ne donnerai
aucune information à ce stade
aujourd'hui, ici.
Mais ce que je veux vous dire,
c'est que nous avons
5000 agents qui travaillent à l'ADGSI.
Il y a des risques
structurels.
Nous engageons systématiquement ce que l'on appelle
des contrôles personnels,
longitudinaux
et récurrents.
Nous ne tolérerons rien.
Chaque dossier doit être examiné.
Il y a à chaque fois une présomption d'innocence.
Mais croyez-moi, dès lors qu'il s'agit
des intérêts supérieurs
de la nation, notre main ne
tremblera pas.
Merci beaucoup, monsieur le ministre.
La parole
est à présent à monsieur Christophe Marion
pour le groupe EPR.
Merci, madame la présidente.
Ma question s'adresse à madame la ministre de l'Agriculture.
Depuis quelques jours, les actions des agriculteurs
reprennent en Loire-et-Cher, comme partout en France.
Panneaux communaux déplacés,
radars recouverts, banderoles sur les grilles
des sous-préfectures placées ce week-end à l'initiative
de la coordination rurale. Et hier,
la FNSEA et l'IGIA ont annoncé
une reprise des manifestations
le 15 novembre prochain. Il faut dire que la
situation est catastrophique. Et nous le savons
tous depuis déjà plusieurs mois
qu'il s'agit du tournesol, du sarrasin,
du maïs, du sorgho. La récolte n'est toujours
pas terminée dans le Vendôme. Pire même,
et c'est du jamais vu de mémoire
paysanne, les emblavements sont
impossibles. C'est donc la récolte
2025 qui est désormais
menacée. Si la colère est grande,
le désespoir conduit parfois à l'irréparable.
Et nous sommes tous, dans chacune
de nos circonscriptions, touchés par des drames
humains que nous n'avons pas su éviter.
Alors, face à cette situation,
des réponses fortes sont attendues
car nos agriculteurs perdent confiance
dans la parole publique, quel que soit
le groupe qui l'apporte. Et ces taux
font ça le plus grave. Des réponses
immédiates, notamment pour soutenir les
trésoreries, décalage des intérêts
d'emprunt, annulation en fonction des
situations, des cotisations MSA,
mais aussi mise en pose
des contrôles plus globalement.
Ils attendent de savoir comment vous pensez
les accompagner face aux dérèglements climatiques
en mobilisant par exemple
la déduction pour épargne de précaution
afin d'encaisser les variations de revenus
en complément du système
assurantiel. Enfin,
au-delà de l'urgence, encore
les mêmes sujets qui restent entiers
deux singulièrement,
la lutte contre la concurrence déloyale
à travers la mise en place, puis
le respect des clauses miroirs
sur ce point. Ne faiblissons pas
sur le mercosur. Et puis
l'assurance d'un revenu
décent aux producteurs.
Là-dessus, personne n'attend
de solution miracle.
Mais nos agriculteurs ont besoin d'une vision
et d'actes au-delà des déclarations
d'amour. Alors comment, madame la ministre,
pouvez-vous les rassurer avant l'explosion
qui arrive ?
Je vous remercie, mon cher collègue. La parole est à
madame Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture.
Merci, madame la présidente,
mesdames et messieurs les députés, monsieur le député
Christophe Marion.
Les agriculteurs souffrent.
Nous entendons leur colère, leurs doutes,
leurs inquiétudes.
Et la situation,
et vous l'avez dit, catastrophique,
les récoltes sont mauvaises.
Ici, il y a trop d'eau.
Là, il n'y en a pas assez.
Les rendements sont faibles.
Les maladies sanitaires
frappent notre pays
et dessinent nos cheptels.
Donc la situation est extrêmement difficile.
Vous avez évoqué le geste
ultime auquel certains,
effectivement, dont certains sont victimes,
croyaient bien que cela
nous touche au plus profond
de nous-mêmes. Et je voudrais saluer
l'action qui est conduite
par le délégué interministériel
Olivier Damesin, qui fait un travail
extraordinaire au service
des agriculteurs
pour déjouer
les accidents de la vie,
pour lutter contre la tentation
qui est parfois la leur
de céder à la dépression,
ou pire encore. Cela dit,
il faut des réponses concrètes,
urgentes,
et je voudrais dire qu'il faut
rétablir la confiance des agriculteurs
en la parole de l'Etat.
La première réponse, mesdames et messieurs les députés,
elle est d'ordre budgétaire.
Elle est d'ordre budgétaire.
Tous les engagements
qui ont été pris auprès des agriculteurs
l'an dernier sont tenus
dans le budget, le PLF
2025. Oui, mesdames
et messieurs, dans le contexte
très difficile que nous connaissons,
le budget de l'agriculture
répond aux attentes
et aux questions et aux engagements
de l'Etat, quoi que vous en disiez,
quoi que vous en pensez.
Et au-delà, il faut des réponses
supplémentaires, complémentaires.
De soutien aux trésoreries,
des réponses structurelles.
Je pense au plan viticole
pour répondre
à la surproduction viticole.
C'est le plan méditerranée
que j'ai lancé
la semaine dernière à Avignon.
Ce sont des réponses extrêmement importantes
et il y en aura d'autres.
Merci beaucoup, madame la ministre.
Merci, madame la ministre.
La parole
est à présent à monsieur Arnaud Saint-Martin
pour le groupe La France Insoumise.
Merci, madame la présidente.
Ma question s'adresse au ministre de l'Industrie.
Monsieur le ministre,
vos politiques organisent la saignée
de l'industrie française.
980 suppressions de postes chez Thales Alignaspace,
2500 chez Airbus
Defence & Space.
Le secteur spatial est une victime de plus
du manque d'anticipation du gouvernement
et de l'austérité budgétaire.
Les salariés disposent
de compétences technologiques précieuses
dont la disparition mettrait en danger
l'ensemble de nos capacités
de géopositionnement, de télécommunication,
de suivi des dérèglements climatiques
mais aussi les applications militaires stratégiques.
A l'heure des mégaconstellations
et du SpaceX, donc de la domination
étatsunienne, la suppression
de ces postes menace aussi notre capacité d'accès,
notre autonomie et notre souveraineté.
Mais vous ne vous arrêtez pas là.
Vous choisissez
de tout détruire dans l'industrie française.
Les secteurs de l'automobile
et des énergies renouvelables en tête.
Au total, 100 000 emplois industriels
sont menacés. Que faites-vous
pour les salariés de Emma France ou de Forvia ?
Que faites-vous pour les salariés
de Wernher Waag ?
Monsieur le ministre, il y a deux jours,
vous vous ventiez dans la presse de vouloir mener
une politique industrielle souveraine et ambitieuse.
Mais où réside l'ambition
dans les 180 plans de licenciement en cours
dans tout le pays ? Où réside
la souveraineté face à des catastrophes sociales
que votre politique va précipiter ?
A l'Elysée comme à Matignon,
hier et aujourd'hui, ce n'est plus « Choose France »,
c'est la « Lose France ».
Vous encouragez le gavage des actionnaires
et le dépeçage des fleurons industriels.
Vous subventionnez à foison les start-up
au premier sens le lendemain.
Vous permettez le licenciement de nos salariés
au profit du cabaye laïsme financiarisé
et d'un management destructeur.
Bref, vous naviguez à vue.
Il est grand temps d'assumer votre responsabilité
et de protéger les salariés.
Quand allez-vous planifier la politique industrielle
du pays avec un état stratégie aux commandes
et au service de l'intérêt général ?
Quand allez-vous mettre en œuvre sa biensurcation écologique ?
Monsieur le ministre,
allez-vous enfin réagir ?
Je vous remercie,
monsieur le député.
La parole est à monsieur Marc Ferracci.
Merci, madame la présidente,
mesdames et messieurs les députés,
monsieur le député Arnaud Saint-Martin.
Vous m'interpellez sur les annonces récentes
qui ont été faites par des entreprises
de l'aérospatiale, en particulier
Airbus Defence & Space,
sur des réorganisations
qui pourraient toucher
jusqu'à 2500 emplois en Europe.
Replacer d'abord ces annonces dans un contexte économique.
Le marché
des satellites géostationnaires
à visée commerciale
est aujourd'hui en baisse
et ça implique que des entreprises comme Thales,
mais aussi comme ADS,
se réorganisent pour rester compétitives
dans la compétition internationale
et je pense que chacun peut le comprendre.
Ensuite,
vous dire que la filière
spatiale reste
une priorité du gouvernement
parce que c'est un enjeu d'autonomie stratégique,
parce que c'est un enjeu d'innovation,
parce que c'est aussi
des réussites, et je veux saluer
et rappeler la réussite
du premier vol d'Ariane 6
en juillet dernier à ce titre.
C'est pour ces raisons qu'avec le ministre de l'économie
Antoine Armand, nous suivons
les derniers développements avec beaucoup d'attention.
Le soutien
continue et va continuer à cette filière,
notamment à travers le programme France 2030
qui finance un certain nombre
de projets de soutien à l'investissement.
Je veux vous dire également que
les salariés font l'objet
d'une attention extrêmement vive
et sur cette question extrêmement importante
qui est celle de l'impact social
des annonces qui ont été faites, je veux vous dire deux choses.
La première, c'est que les 2500
emplois qui sont menacés,
et bien ils le sont partout en Europe
et pas seulement en France.
Et la deuxième, c'est que
il n'y aura pas de licenciements
puisque l'ensemble des salariés
qui ont 20 questions à être reclassés
le seront dans les autres entités d'Airbus.
C'est un engagement que nous allons
suivre avec beaucoup d'attention comme je vous l'ai dit
et je voulais également vous en informer.
Je vous remercie.
Merci beaucoup monsieur le ministre.
Une seconde.
La start-up nation nous a mis dans le mur.
Il est temps de reprendre le cap et de gouverner.
La parole est à monsieur Fabrice Barrousseau
pour le groupe socialiste.
Merci madame la présidente.
Ma question s'adresse
à madame la ministre de l'agriculture.
La semaine dernière,
vous répondiez à notre collègue Sandra Marceau
concernant la filière cognac
et les surtaxes chinoises.
Votre priorité à ce stade
semblait être la seule voie diplomatique
pour tenter de solutionner cette crise.
La France et tous ses partenaires
ne doivent pas plier.
La concurrence déloyale concernant les véhicules électriques
est une évidence
et cela vaut pour bien d'autres produits.
La Chine érigeant ce principe
comme quasi institutionnel
dans ses modes de production
et de commercialisation.
La surtaxe des véhicules chinois
reste une nécessité absolue
si nous souhaitons préserver
notre industrie automobile
en pleine mutation technologique.
Pour ne pas plier
face à cette menace,
c'est tous ensemble que nous devons agir.
Or, depuis quelques semaines,
des signes de capitulation
semblent poindre en Espagne
pour la production de la filière porcine,
en Allemagne,
où apparaissent des signes de soumission.
Madame la ministre, la crédibilité
de la Commission européenne est clairement en jeu
et l'affaiblissement de l'influence de la France
au sein de l'Europe fait craindre le pire.
Votre seule piste diplomatique
qui ne semble plus être
depuis plusieurs mois une force pour la France
inquiète donc beaucoup
les acteurs locaux qui attendent
plus que des intentions et se préparent
après des vendanges médiocres
à entrer dans l'action.
Nos agriculteurs sont inquiets.
Cette filière qui emploie 70 000 personnes
ne demande pas d'aide
mais simplement de pouvoir
poursuivre son commerce
sans nouvelles entraves impactant sa viabilité.
En effet, les exportations
représentent 97% de cette production.
Madame la ministre, pouvez-vous nous indiquer
comment la voix de la France peut à nouveau
peser au niveau européen
et ainsi apporter des assurances de marché
commerciaux loyaux
entre notre industrie automobile,
nos viticulteurs et la Chine ?
Merci beaucoup mon cher collègue.
La parole est à madame Annie Gennevard,
ministre de l'Agriculture.
Merci madame la présidente, mesdames et messieurs les députés,
monsieur le député Fabrice Barussou.
En effet, la question m'a déjà
été posée et je voudrais redire
à quel point les mesures de rétorsion
envisagées par la Chine à l'égard de la filière
des brandy, cognac et armagnac
est particulièrement préoccupante.
J'ai réuni cette filière qui m'a
exposé les enjeux. C'est près
d'un milliard quatre qui sont en jeu
là, puisque la Chine est
le premier marché de
cette filière et vous avez rappelé à juste titre
les emplois directs et indirects
de cette filière. Hier,
j'étais à Luxembourg où
la question des accords commerciaux
a été mise à l'ordre du jour
à cette réunion du conseil des
ministres européens de l'agriculture.
Quasiment tous les ministres
européens ont signalé
le danger que représentait
la pression que la Chine
met sur les pays européens
et les producteurs,
non seulement dans le domaine des brandy,
mais on pourrait ajouter celui du lait
ou celui de la filière porcine.
Donc, ça veut dire
que je suis un peu moins pessimiste
que vous. Il me semble qu'il y a
une réelle prise de conscience des dangers
que font peser les mesures
annoncées par la Chine, qui pour l'instant
sont des mesures transitoires,
provisoires.
C'est la raison pour laquelle j'ai dit que
la dimension diplomatique
était essentielle. Parce que sinon,
quelles sont les alternatives ? C'est la compensation.
Un milliard quatre.
Un milliard quatre pour cette seule filière des brandy.
Vous voyez bien que
la réponse budgétaire,
la réponse financière,
n'est pas à la portée
ni même souhaitable.
Ce que veulent les producteurs, c'est produire et vendre.
C'est leur vocation.
C'est vers cet objectif
que nous devons tendre.
Je veux vous dire, monsieur le député,
qu'au niveau européen, cette question
est désormais parfaitement identifiée
et comptez sur moi pour la faire prospérer
chaque fois que l'occasion m'en sera donnée,
aussi bien au niveau des rencontres bilatérales
qu'au niveau des assemblées peignières
La séance est terminée.
La séance est suspendue.