Réforme des retraites : la bataille de l'abrogation | Les grands débats
L
LCP - Assemblée nationale
29 abonnés
3 Vues de vidéo·30 déc. 2024
Sacrificiel, injuste, inutile.
Voilà ce qui caractérise la réforme des retraites de 2023
portée par Emmanuel Macron et le gouvernement d'Elisabeth Borne.
Vous semblez déterminés à voler deux ans de la vie des Françaises et des Français.
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro des grands débats.
Pendant une heure, nous allons revivre ensemble l'un des temps forts de l'Assemblée
en cette fin d'année 2024.
Une fin d'année marquée par le retour en force des débats
autour des retraites.
Le Rassemblement National et la France Insoumise
ont choisi d'utiliser leur niche parlementaire
pour tenter de faire abroger la réforme votée en 2023
sous le gouvernement Borne et repoussant l'âge légal à 64 ans.
Une pièce en quatre actes avec de nombreux rebondissements.
Premier acte, le Rassemblement National présente sa loi
en Commission des Affaires Sociales.
Ce texte n'est pas un texte partisan.
Ce texte n'est pas un texte polémique.
Ce texte n'est pas l'application d'un programme d'un parti politique,
quel qu'il soit.
Ce texte est un texte de concorde dans l'intérêt supérieur des Français.
Sur la base des programmes que nous avons présentés,
chers collègues, lors des élections législatives de juin et juillet derniers,
nous savons qu'une large majorité, une majorité absolue, j'ose le dire,
existe en faveur de ce texte dans notre hémicycle.
Cette majorité, nous la devons à nos électeurs
et ils nous écoutent et nous observent aujourd'hui.
Le Rassemblement National et toute la gauche sont favorables
à l'abrogation de la retraite à 64 ans.
Sur le papier, il existe donc une majorité pour voter la loi du Rassemblement National.
Seulement, les députés de gauche vont refuser de mêler leur voix
à ceux des partisans de Marine Le Pen.
Qui peut croire que le RN lutte contre la retraite à 64 ans
alors qu'il n'a déposé que 75 petits amendements
dans cette même commission contre la réforme en 2023 ?
Qui peut le croire alors que jamais un seul élu du FN
ne s'est rendu aux manifestations les plus massives en France depuis la Libération ?
L'extrême droite a préféré, sur les chaînes de Bolloré,
légitimer les violences policières et les arrestations arbitraires.
Tartuffe Marine Le Pen sur les questions sociales comme sur le reste.
Tartuffe sur les retraites quand en 2012, pas il y a 50 ans,
le programme du Rassemblement National, c'était la retraite à 65 ans
puis qu'elle a changé d'avis sous la pression de l'opinion.
Tartuffe quand dans la campagne des élections législatives de 2024.
Le RN a continué à tergiverser, oscillant entre différentes positions
cohérentes, incohérentes, sur le fond allant jusqu'à s'allier
avec le défenseur de la retraite à 65 ans, M. Eric Ciotti.
La loi est donc votée en commission mais vidée de sa substance.
Dans l'optique de l'examen en séance, les députés du RN vont tenter
de déposer des amendements pour rétablir sa version initiale.
Seulement, cette volonté va se heurter à un refus de la présidente
de l'Assemblée Nationale invoquant l'article 40 de la Constitution
qui interdit aux députés de déposer des amendements
grévant les finances publiques.
Le débat dans l'hémicycle va donc se révéler largement symbolique
mais le RN va en faire une tribune politique.
Je pense ce matin, en étant à cette tribune où j'ai l'honneur
de porter ce texte, à la France qui se lève tôt, la France qui bosse,
la France qui éprouve son corps dans le travail.
Je pense à tous les Français qui sont abîmés par des années de labeur
et qui n'ont pas tous les trimestres nécessaires pour prétendre
à une pension de retraite digne.
Je pense en particulier à toutes ces femmes qui travaillent plus souvent
que les hommes dans un emploi précaire à temps partiel.
Ces femmes subissent de plein fouet la réforme de 2023
avec un âge moyen de départ qui devrait augmenter 5 mois de plus
que les hommes.
Je pense aussi à ceux que je rencontre toutes les semaines
dans le gatinet et que vous devez rencontrer dans vos circonscriptions
qui se demandent comment ils iront jusqu'à 64 ans
quand ils sont déjà au chômage ou qu'ils sont malades.
Notre proposition de loi d'abrogation soumise à l'examen des députés
de la commission des affaires sociales n'était pas celle d'un camp
ou d'une chapelle.
Ce texte n'était pas la transposition du programme du RN,
c'était un texte transpartisan.
C'est le texte qui nous est demandé par 6 millions de Français,
plus de 90% d'entre eux, qui ne sont pas satisfaits de la réforme
et veulent du changement.
Cette abrogation de la réforme des retraites dispose d'une majorité
absolue, je dis bien absolue, dans cet hémicycle.
Car si les Français n'ont pas donné une majorité parlementaire à la France,
ils ont élu une majorité absolue contre la réforme des retraites.
C'était sans compter sur le sectarisme de la gauche et de l'extrême gauche
comme sur l'entêtement des députés de l'ancienne majorité
et de la nouvelle minorité.
C'était sans compter sur cette nouvelle alliance du parti unique
qui va de Jean-Luc Mélenchon à Laurent Wauquiez,
en passant par Gabriel Attal qui a tenté de s'aborder ce texte en commission.
Mais qui sera étonné car depuis le 9 juin et la victoire éclatante du RN
aux élections européennes, l'extrême centre et l'extrême gauche
se servent la soupe en permanence.
Laissez-moi résumer.
Gabriel Attal soutient et fait élire des députés LSI.
LSI appelle à faire voter et faire élire Elisabeth Borne,
celle qui a mis en place la réforme des retraites.
Le groupe de Gabriel Attal et les députés de l'extrême gauche s'allient
pour se répartir les postes clés de l'Assemblée
au mépris des 11 millions d'électeurs du RN.
Et enfin, la semaine dernière, l'extrême gauche et les macronistes
en commission pactisent pour tenter d'embrécher la réforme des retraites.
Avec ces magouilles, vous avez gagné le prix du mépris,
le prix de l'hypocrisie, le prix de l'incéssérité,
le prix du sectarisme et enfin le prix de la bouffonnerie.
Mais ceux qui en paieront le prix aujourd'hui, ce sont malheureusement les Français.
Heureusement, les Français peuvent compter sur les députés du RN
pour défendre l'intérêt général en dehors de ces combinaisons d'appareils.
Heureusement, ils peuvent compter et pourront toujours compter
sur Marine Le Pen et sur Jordan Bardella
pour défendre une réforme des retraites juste et efficace.
Collègues de gauche, les Français savent qu'ils ne peuvent plus compter sur vous
pour défendre les travailleurs de notre pays, les ouvriers, les salariés,
devant les caméras, vous jouez l'opposition.
Mais quand il s'agit de voter l'abrogation, vous préférez l'abstention.
Les Français ont maintenant bien compris que dans vos votes,
vous n'étiez que des sociotraîtres.
Vous les avez lâchement abandonnés.
Vous les avez à nouveau abandonnés sur l'autel de vos nouveaux combats
que sont le communautarisme, l'islamisme et l'antisémitisme.
Et ces derniers jours, vous nous avez offert le festival du cynisme
avec une nouvelle clownerie pour amuser la galerie,
faire croire aux Français qu'il était possible d'abroger la réforme des retraites
par un simple amendement au budget de la Sécurité sociale.
Mais patatras, le président LFI de la Commission des Finances
a finalement avoué qu'il était impossible d'abroger la réforme par amendement
contredisant toute votre pyramide de mensonges.
Au fond, tout cela n'était qu'une incroyable manœuvre de diversion
pour masquer votre duplicité et votre responsabilité
dans la faillite de notre système social.
Avec vos amendements bidons, vous avez tenté de masquer le député NFP François Hollande
qui n'est pas là encore une fois aujourd'hui
et qui a mis en œuvre la réforme Touraine et le passage aux 43 annuités
qui empêchent la quasi-totalité de Français de partir à la retraite à 62 ans.
Vous avez également tenté de masquer le député NFP Aurélien Rousseau,
ancien directeur de cabinet d'Elisabeth Borne
et surtout l'artisan du passage à 64 ans.
Vous avez enfin tenté de masquer votre vote honteux
contre l'abrogation de la réforme des retraites
que nous avons portée la semaine dernière en commission des affaires sociales
main dans la main avec vos alliés macronistes.
Je tiens toutefois à remercier sincèrement notre collègue du groupe communiste Yannick Monnet
qui a courageusement voté notre texte en commission.
Yannick Monnet est le seul élu de gauche courageux
qui a au final respecté simplement l'engagement pris devant ses électeurs.
Car oui, chers collègues, quand un député de gauche tient ses promesses,
c'est tellement rare qu'il faut le remercier et qu'il faut l'applaudir.
Et dans cette entreprise de destruction d'un texte de concorde nationale
attendu par les Français, collègues de gauche,
les macronistes vous ont une nouvelle fois fait la courte échelle.
En commission, vous avez voté ensemble pour s'aborder ce texte
afin de restreindre les débats en hémicycle.
Ensuite, la présidente de notre institution garante de l'initiative parlementaire
et des droits des oppositions a sorti son baillon
pour museler l'initiative consensuelle du premier parti de France
et des millions de Français qui l'attendent et la soutiennent.
Yael Braun-Pivet, qui a fait le tour des plateaux de télévision
en expliquant qu'elle serait une présidente qui protégera l'institution
et les droits des parlementaires, s'est révélée être la clé de voûte du parti unique.
Notre présidente tente ainsi d'empêcher par sa décision
tout débat sur l'abrogation de la réforme des retraites.
Car ils veulent absolument éviter une chose, le vote.
Les macronistes ont évité le vote pendant l'examen de la réforme de 2023,
bien aidé par nos collègues de gauche qui ont été une nouvelle fois
les idiots utiles du camp présidentiel.
Car en faisant durer les débats par une obstruction insensée
et de l'aveu même de Philippe Martinez, chef de la CGT,
c'est bien la gauche qui a empêché l'Assemblée de voter
contre le report de l'âge légal.
Les macronistes ont évité le vote ensuite
en devenant des professionnels de la gymnastique constitutionnelle
47-1, 44-3 et enfin 49-3, poussant ainsi nos institutions à bout.
Les macronistes ont évité le vote en juin 2023,
lorsque Charles de Courson était à ma place et défendait strictement la même loi.
Si vous avez tout fait pour empêcher le vote,
c'est bien parce que vous étiez minoritaire dans l'hémicycle
pour faire passer cette réforme injuste pour les Français
et inefficace d'un point de vue économique.
Surtout, elle était fondée sur un mensonge.
Vous avez répété sur tous les plateaux télé
que votre réforme était nécessaire pour préserver le niveau des pensions.
Pour un an après, dans le cadre de nos débats budgétaires actuels,
proposer d'appauvrir encore plus nos retraités en désindexant leurs pensions.
Les personnes que j'ai pu auditionner durant la préparation de ce texte
me l'ont assuré.
La viabilité d'un système se mesure à la santé des finances publiques.
La santé des finances publiques, elle, dépend de leviers
que personne ne veut traiter ici, à part le Rassemblement National.
Je parle du taux d'emploi, de la productivité, de la démographie
et particulièrement de la natalité ou encore des économies
que l'État pourrait réaliser sur son train de vie.
Avec ma collègue Laure Lavallette et l'ensemble des députés du groupe RN,
nous avions déjà tiré la sonnette d'alarme sur ces sujets lors des démats en 2023.
Ce sont autant de sujets sur lesquels les gouvernements successifs
ont préféré fermer les yeux depuis plus de 30 ans.
En ce qui nous concerne, notre projet est clair, connu et plébiscité par les Français.
Pour ceux qui ont commencé avant 20 ans et qui exercent des métiers difficiles,
nous proposons un départ à la retraite à 60 ans avec 40 annuités.
Pour ceux qui ont commencé après 20 ans, nous proposons un système progressif
avec un départ à 62 ans et 42 annuités.
Notre projet concilie justice sociale et maîtrise des dépenses publiques
face au dérapage incontrôlé de la dette causée par Emmanuel Macron.
Notre projet défend la valeur travail
et incite à faire entrer plus tôt nos concitoyens sur le marché du travail
car nous préférons que les Français travaillent entre 20 et 22 ans
plutôt qu'entre 64 et 66 ans.
Nous aurons, nous, la volonté d'agir sur l'ensemble des leviers macroéconomiques
plutôt que de faire payer l'addition aux Français.
Dans l'attente de l'arrivée inéluctable de Marine Le Pen et de Jordan Bardella au pouvoir,
nous avons souhaité proposer ce texte consensuel
d'abrogation des pires dispositions de la loi Borne et de la loi Touraine.
Nous avons la responsabilité aussi de réparer une erreur démocratique inédite sous la Ve République
avec une réforme des retraites passées, sans vote, par un coup de force.
Cette abrogation, nous en avons pris l'engagement devant les Français
et nous la tiendrons coûte que coûte.
Face à cette volonté d'abrogation, le gouvernement et le camp présidentiel
défendent, eux, leur réforme et dénoncent un coup de communication du Rassemblement National.
18 mois après la promulgation de la loi,
12 mois après l'entrée en vigueur des principales dispositions,
nous nous retrouvons une fois de plus dans cet hémicycle pour débattre
de l'abrogation de la loi de 2023 sur la réforme des retraites.
En plus de ce texte-ci, une autre proposition de loi sera inscrite à l'ordre du jour
à la fin du mois de novembre.
Par ailleurs, des amendements ont été déposés et débattus à l'occasion de l'examen du PLFSS.
Ce débat est parfaitement légitime.
Nous débattons aujourd'hui de la proposition de loi des députés du Rassemblement National.
Que proposait le texte initial de cette loi comme le rappelle le rapporteur ?
La suppression de l'augmentation de l'âge légal à 64 ans d'une part
et la suppression de l'allongement de la durée de cotisation à 43 ans,
la réforme Touraine de 2014 dont la loi de 2023 accélérait la mise en œuvre d'autre part.
62 ans pour l'ouverture des droits, 42 ans pour la durée de cotisation.
Le retour en arrière comme seule perspective.
Financée par la seule fiscalité sur le tabac.
Vous me direz qu'il s'agit d'un gage conventionnel.
J'ai siégé sur ces bancs et j'en connais la pratique.
Mais cette réponse est quand même un peu trop facile.
Parce qu'un des enjeux majeurs quand on parle des retraites, c'est bien aussi celui du financement.
Et débattre sérieusement des retraites suppose à minima d'expliquer
où vous trouverez 3,5 milliards d'euros en 2025 et 16 milliards d'euros en 2032.
C'est l'absence de financement qui justifie que la présidence de l'Assemblée nationale
ait jugé irrecevable vos amendements pour établir les articles 1 et 2 au titre de l'article 40 de la Constitution.
Et en matière de retraite, figurez-vous que le financement compte vraiment.
Aujourd'hui, seulement un Français sur deux dit avoir confiance dans le système de retraite.
Et deux sur trois pensent que la pension ne sera pas à la hauteur de leurs attentes.
Or c'est précisément, mesdames et messieurs les députés,
la pérennité du système qui est au cœur du pacte de confiance qui fonde un régime de retraite par répartition.
Ceux qui cotisent aujourd'hui doivent pouvoir bénéficier d'une pension demain
et ils doivent pouvoir avoir confiance dans cette idée.
Et en mettant de côté un instant cette question du financement,
j'aimerais pouvoir vous dire, monsieur le rapporteur, que votre proposition dit aux Français ce qu'ils ont envie d'entendre.
Mais ce n'est même pas le cas.
Parce que la réalité, c'est que pendant les débats sur les retraites dans les manifestations,
on a moins parlé de deux ans de retraite en moins que de deux ans de travail en plus.
Et travailler deux ans de plus, voilà la préoccupation principale des Français.
Et voilà la question à laquelle nous devons tous ici apporter une réponse.
Notre rapport au travail a changé. Il est devenu moins une fin et davantage un moyen.
Le travail lui-même a changé.
Depuis quarante ans, nous avons perdu la moitié de nos emplois industriels
et la réindustrialisation initiée ces dernières années est une chose heureuse après des années d'errements stratégiques sur la question.
Nos nouveaux ouvriers sont des caristes, des transporteurs, des caissiers, des caissières, des aides-soignants.
Souvent la première et la deuxième ligne de la crise sanitaire.
Les pénibilités du monde des services ne sont pas les mêmes que celles de l'industrie et sont plus méconnues.
Un salarié sur cinq, nous en avons parlé hier, est coincé au SMIC.
La pandémie a consacré de nouveaux modes de travail et de nouvelles inégalités aussi.
Parce que pour deux tiers des employés, le télétravail n'est pas une option.
Les freins à l'accès à l'emploi, on les connaît, notamment la garde d'enfants, les transports.
Rappelez-vous, c'est de tout cela dont on a parlé.
Et c'est de tout cela que votre proposition, mesdames et messieurs les députés du RN, aurait dû mettre sur la table.
Car le débat sur les retraites, c'est surtout le débat sur notre monde du travail, ici et maintenant.
Et sur comment on l'aménage pour qu'il soit soutenable tout au long de la vie.
Parce qu'il faut avoir le courage de le dire.
Il va falloir travailler plus, tout au long de la vie, mais aussi mieux.
En continuant à intégrer mieux nos jeunes sur le marché du travail.
Et en se maintenant plus longtemps sur le marché du travail quand on est senior, en bonne santé et avec les bonnes compétences.
Et face à ces impératifs, les anxiétés sont légitimes.
Parce que penser l'emploi et le travail entre 60 et 64 ans, c'est garder en tête trois réalités.
La première, c'est que les seniors aspirent, mais dans leur immense majorité, à une carrière complète suivie d'une retraite à taux plein.
La deuxième réalité, c'est que bon nombre d'entre eux ne peuvent pas travailler du fait de l'agisme.
De loin, la première discrimination à l'embauche, comme ça a été signalé par la défenseur des droits.
Et enfin, bon nombre d'entre eux ne le peuvent pas du fait d'une inaptitude physique après des années dans un métier pénible à forte usure professionnelle.
Voilà la réalité. Et pourquoi est-ce qu'on n'a pas discuté de cela ?
Alors avec les pré-retraites de Raymond Barre, on s'était dit que le meilleur moyen de faire de la place aux jeunes serait de montrer aux seniors la porte de la sortie.
Je passe sur le fait que ça n'a pas vraiment eu l'effet escompté sur les jeunes.
Le résultat, c'est surtout qu'on a aujourd'hui trois fois moins de chances d'être appelés en entretien d'embauche passé 50 ans.
Qu'après 60 ans, le taux d'activité en France plafonne à 35%, quand il culmine à 60% ou à 70% pour les Pays-Bas, l'Allemagne et les pays scandinaves.
Le sous-emploi des seniors est un gâchis humain monumental sur lequel la France s'accommode depuis des décennies, mesdames et messieurs.
L'économie, la société et la nation se privent d'expérience, de savoir-faire, de force contributive et productive.
Des salariés qui ne veulent pas seulement transmettre ou m'intorer comme s'ils n'étaient bons qu'à ça, mais qui veulent travailler comme les autres.
Et pour certains, le plus longtemps possible.
Qui veulent faire partie d'une société où l'avenir n'est pas confisqué par l'angoisse du déclassement professionnel.
Les fins de carrière, qui est un sujet qui est débattu ici par certains parlementaires et je les entends, révèlent aussi nos faiblesses collectives en matière de prévention et de conditions de travail.
France Stratégie a révélé dans une étude, mais qui a été peu mentionnée d'ailleurs dans ses rancis,
que 30% des ouvriers peu qualifiés et 20% des aides à domicile de plus de 50 ans qui sont loin de la retraite, mais déjà en inaptitude professionnelle.
La réalité, c'est que certains métiers ne sont pas tenables toute une vie.
Et que le décalage de l'âge de la retraite ne se suffit pas à lui seul à augmenter le taux d'activité pour certains salariés,
qui sans reconversion ou aménagement de poste, n'arrivent pas à l'âge de la retraite de toute façon.
Et c'est pour cela que la réforme de 2023, c'était d'ailleurs un souhait poussé par Elisabeth Bornet, Olivier Dussopt,
investit comme jamais sur la prévention de l'usure professionnelle et prévoit que 40% des actifs, pour inaptitude, invalidité et handicap,
n'iront pas jusqu'au nouvel âge de départ à la retraite. 40% des actifs.
Enfin, je vous parlais d'une troisième anxiété qui a été évoquée par le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale,
sur la situation particulière des femmes dont on connaît les petites pensions.
Parce que les carrières fragmentées et le temps partiel, qui concerne à 80% des femmes, le temps partiel c'est 80% des femmes qui sont concernées,
pèsent à la fois sur les rémunérations des femmes et au final sur leurs pensions.
Et l'usure professionnelle dont on a parlé, dans certaines professions très féminisées, est souvent trop sous-estimée.
Les femmes représentent 60% des 50-67 ans des personnes qui sont ni en emploi, ni à la retraite.
Alors oui, oui, je le répète, les anxiétés sont légitimes.
Il faut les entendre et il faut surtout continuer de répondre, non pas en proposant des chimères ici, un peu partout, mais en changeant le monde du travail, ici et maintenant.
Le Rassemblement national dit vouloir aujourd'hui, par ce texte, répondre aux injustices sociales,
suscitées par la réforme des retraites de 2023 et présentée par la ministre Astrid Panossian.
Eh bien je vous propose de regarder ensemble ces fameuses injustices sociales qu'il convient aujourd'hui apparemment de réparer.
Vous voulez réparer quoi ? La revalorisation de la prise en compte des congés parentaux ?
Ou la création des pensions pour les enfants orphelins ?
Ou revenir sur les avancées pour les élus locaux ou les grands sportifs de notre nation ?
Vous voulez revenir sur cette revalorisation pour 850 000 retraités français qui ont des pensions complètes et qui avaient des pensions trop petites ?
Mais non ! Mais non !
La seule chose que vous voulez avec ce texte, c'est vous rouler en boule et pleurnicher et crier au déni démocratique.
En permanence, vous êtes dans le ouin-ouin.
Car oui, ce texte est irrecevable et vous le saviez parfaitement.
Tout cela n'est qu'un jeu pour vous.
Et face à cela, je salue le courage de la présidente de l'Assemblée nationale qui ne se laisse pas manipuler.
Oui, l'article 40 est clair, il protège contre les initiatives qui augmenteraient les dépenses publiques sans proposer aucun financement en contrepartie.
Mais ça, vous le saviez déjà.
Ou si vous ne le savez pas, je vous conseille d'apprendre les règles de notre pays pour arrêter de vous poser en révolté indigne de la République.
Prenez enfin vos responsabilités.
Arrêtez de vous cacher derrière des fiches mal rédigées et des propositions de loi mal travaillées.
La seule et unique vraie injustice, mesdames et messieurs du Rassemblement national, pour les Français, c'est d'être représenté par des gens comme vous.
La seule et unique chose que vous voulez défendre et la seule vie que vous voulez protéger, c'est celle de votre chef à plumes qui d'ailleurs...
Bienvenue Madame Le Pen.
Je suis ravie de vous voir aujourd'hui.
Vous nous avez énormément manqué hier semaine.
Où étiez-vous ? Où est votre famille ?
Avec qui je suis, je vous le dis haut et fort, nous sommes certes moins nombreux dans cette...
Et nous continuerons. Nous continuerons à nous donner vos idées.
Et faire en sorte que la France continue à être fière d'elle-même sans vous et malgré vous.
Nous savions déjà, mais le Rassemblement national n'est pas un parti de gouvernement.
Un parti de gouvernement dit la vérité aux Français.
Et un parti de gouvernement ne ment pas aux Français en faisant croire qu'il va revenir sur une réforme courageuse.
Une réforme que tous nos voisins européens ont faite et une réforme qui va dans le sens de l'histoire.
Parce que mes chers collègues, oui, nous travaillons moins en France tout au long de la semaine, tout au long de l'année et tout au long de la vie.
Et mes chers collègues du Rassemblement national, vous n'êtes pas un parti de gouvernement.
Et si par malheur vous arriviez un jour au pouvoir, vous ne reviendrez pas sur cette réforme des retraites.
Vous ne reviendrez pas sur cette réforme des retraites parce que, dans notre pays, nous dépensons beaucoup plus pendant retraite que nos voisins européens.
Et cela pèse à la fin, surtout les Français qui travaillent.
Si, par malheur, nous revenions sur cette réforme courageuse qu'a menée Elisabeth Borne, que se passerait-il ?
Alors oui, mes chers collègues, la solidarité nationale n'aurait plus cours.
Et oui, les pensions baisseraient.
C'est cela la conséquence de vos actes au Rassemblement national.
C'est de prétendre s'en prendre au gros, de prétendre être dans la justice sociale.
Et à la fin, de s'en prendre à tous les Français qui ont bossé toute leur vie.
Nous ne voulons pas de la baisse des pensions.
Cette réforme est une réforme juste et courageuse.
Et M. Ménager, avec ses effets de manche, après avoir proposé tout et son contraire, nous propose maintenant de dialoguer.
Mais M. Ménager, nous savons ce qu'il faut faire.
Il faut travailler plus longtemps et dépenser moins pendant retraite, comme le font nos voisins européens.
Vous proposez tout à l'heure de remettre à Mme la ministre le rapport du corps.
C'est à vous, M. Ménager, de lire, de comprendre l'histoire de notre pays et son financement, de son modèle social.
Vous en êtes extrêmement éloigné parce que vous n'êtes pas membre d'un parti de gouvernement.
Merci M. Lefebvre. La parole est à Mme la Présidente.
J'aime quand même, M. Lefebvre, quand je vous entends dire que le Rassemblement national n'est pas un parti de gouvernement.
Vous ne l'êtes plus vous-même parce que vous avez été battu extrêmement sèchement aux élections législatives.
Nous, nous savons ce qu'il faut faire. Nous, nous savons que c'est une bonne réforme, celle que nous avons mise en œuvre.
Mais il n'y a juste qu'un malheur, M. Lefebvre, c'est que nous sommes en démocratie et que le peuple, lui, trouve que cette réforme est une mauvaise réforme.
Et vous lui avez tordu le bras parce que la majorité de cet hémicycle était également contre cette réforme.
Et vous avez donc usé du 49-3 pour imposer cette réforme.
Il faut quand même se souvenir de la manière dont ça s'est passé.
Donc la majorité des Français sont contre la réforme que vous avez mise en œuvre.
La majorité de l'hémicycle est contre la réforme que vous avez mise en œuvre.
Et il n'y a que par des petites manœuvres assez pitoyables qu'aujourd'hui, cette abrogation ne peut pas en réalité être votée.
Parce qu'il y a dans cet hémicycle des gens qui ont, pour l'intérêt supérieur du pays, un amour immodéré
qui va bien au-delà de la défense de leurs petits intérêts personnels.
Si vous voyez ce que je veux dire, je ne suis pas sûre que vous puissiez véritablement donner des leçons de sérieux,
et particulièrement de sérieux budgétaires, compte tenu des résultats des sept dernières années du mouvement que vous êtes si fiers d'avoir co-fondé.
Mais si vraiment les organismes dont vous parlez étaient si performants, on ne serait pas là où on est aujourd'hui, non ?
Il y a une tentative depuis quelques jours du RN de s'acheter une sorte de crédibilité économique.
Personne n'y croit. Et ce texte, c'est vraiment la démonstration que vous ne comprenez absolument rien à l'économie,
et que vous ne comprenez pas le besoin des entreprises, et que vous n'entendez surtout pas ce que disent les chefs d'entreprise dans notre pays.
Nous voyons bien que le nombre d'actifs par rapport au nombre de retraités est en baisse dans notre pays, dû aux dynamiques démographiques de la France.
Nous voyons bien que nous avons un problème de financement de notre système de retraite,
et que pour répondre à ça, pour protéger notre système par répartition, qui est issu de la libération, qui est issu des accords politiques de la libération,
nous avons besoin collectivement de travailler tous un petit peu plus.
C'est ce que nous avons expliqué l'année dernière avec Elisabeth Borne pendant la réforme des retraites, et que vous ne voulez pas comprendre.
Pourquoi est-ce que tous les pays d'Europe ont fait ces réformes des retraites, ont passé l'âge de la retraite à 65, 66, 67 ans,
et vous continuez à expliquer, à mentir aux Françaises et aux Français que nous pourrions travailler moins, que nous pourrions travailler 62 ans ou 60 ans ?
Ce n'est pas possible, ce n'est pas responsable, et donc il faut que l'ensemble des chefs d'entreprise du pays voient bien ce que vous dites ce matin.
Ce que vous dites ne tient pas la route, vous n'êtes pas responsables sur le plan économique,
et ce que nous avons fait l'année dernière avec Elisabeth Borne, ça a été une bonne réforme pour l'économie française.
Je vous remercie.
La gauche, elle, comme en commission, refuse de voter le texte du Rassemblement National.
Je vais vous donner les noms de ceux qui empêchent la brogation ce matin.
C'est Mme Rousseau, c'est M. Goetz, c'est Mme Le Boucher, c'est M. Boyard, c'est M. Ratnon, c'est M. Clouet, c'est M. Lucas Lundi,
c'est M. Pétavy, c'est M. Simion, c'est Mme Amiot.
Je ne continuerai pas la liste des traîtres de ceux qui ont trahi les travailleurs, qui ont trahi les ouvriers, qui ont trahi les salariés,
qui ont trahi tous les Français, qui aujourd'hui n'arriveront pas à l'âge de la retraite.
Voilà ce que vous êtes, vous n'êtes que des traîtres au peuple qui travaille, qui souffre, qui a le dos cassé et qui n'arrivera pas à aller à 64 ans.
Puisque M. le rapporteur veut donner des listes de noms, s'il n'y a pas d'abrogation de la réforme des retraites aujourd'hui,
c'est parce qu'il y a en place un gouvernement qui ne veut pas l'abroger.
Et si ce gouvernement est en place, c'est parce que la motion de censure n'a pas été votée.
Et elle n'a pas été votée par Mme Le Pen du RN, par Mme Lavalette du RN, par M. Ménager du RN.
La Rochefoucauld disait, il y a deux choses que l'homme ne peut pas regarder en face, le soleil et la mort.
Et bien pour nos collègues de gauche et d'extrême-gauche, il y a désormais une troisième catégorie, ce sont leurs électeurs.
Ils ne pourront plus les regarder en face, eux qui pendant des années, des années, ont dressé des listes,
ont fait la publicité du vote de ce que faisaient leurs adversaires dans cet hémicycle.
Aujourd'hui, ils sont tellement honteux du vote qu'ils ne vont pas faire,
c'est-à-dire de ne pas voter l'abrogation des retraites, qu'ils préfèrent l'insulte.
Alors oui, vous ne pourrez plus regarder vos électeurs en face, rassurez-vous, on va vous remplacer pour ça.
Monsieur Ménager, je vous ai trouvé très agressif dans votre manière de faire la présentation
sur ce prétendu texte d'abrogation de la réforme des retraites.
Mais je comprends votre agressivité compte tenu du fait qu'alors que votre proposition de loi s'appelle
« Restaurer un système de retraite plus juste en annulant les dernières réformes blablabla »,
en réalité, à l'intérieur, quand on la lit, voici ce qu'il y a à l'intérieur.
Dans un délai de six mois, à côté de la promulgation de la présente loi,
le gouvernement remet au Parlement un rapport détaillé.
Il y a comme ça sept ou huit articles visant à remettre des rapports détaillés au Parlement par le gouvernement.
En réalité, vous demandez au gouvernement de remettre des rapports à l'Assemblée nationale dans cette proposition de loi.
Et je comprends votre agressivité compte tenu du fait que vous êtes obligé de masquer
le fait que votre proposition de loi est vide par des mensonges répétés.
Je comprends que vous soyez gêné puisque lors de la campagne législative,
vous aviez dit qu'il fallait faire un audit avant d'abroger la réforme des retraites.
Vous avez passé cet audit. Vraisemblablement, vous demandez au gouvernement de le faire à votre place.
Ensuite, vous êtes gêné aux entournures parce qu'à l'intérieur de votre propre coalition,
M. Ciotti n'est pas favorable à votre projet prétendu de réforme des retraites.
Vous avez donc menti aux Français quand vous avez présenté avec eux des candidats
puisque, par exemple, sur ce sujet-là, vous n'êtes pas d'accord.
Mais je comprends que vous soyez gêné aux entournures puisque l'un des moyens de financer la retraite,
c'est d'augmenter les salaires, que vous avez voté contre l'augmentation du SMIC lorsque nous l'avons proposé
et que lorsque vous faites une proposition de loi prétendument pour augmenter les salaires,
il s'agit en réalité d'une proposition de loi visant à ne pas faire payer les cotisations patronales,
notamment sur la retraite. Et voilà pourquoi vous êtes obligé de mentir aux Français
et de faire croire que, prétendant abroger la réforme des retraites,
vous demandez en réalité une série de rapports qui vous ridiculisent, qui ridiculisent votre position.
Et les Français ont compris que pour abroger la réforme des retraites,
il faudra attendre le 28 novembre avec la proposition de loi déposée par la France Insoumise.
À ce stade de notre histoire, la réforme de 2023 a encore de beaux jours devant elle.
Le Rassemblement national n'est pas parvenu à trouver une majorité pour la faire abroger dans l'hémicycle.
C'est alors que Marine Le Pen déboule salle des 4 colonnes devant les journalistes pour faire une annonce.
Lorsque cette abrogation reviendra, nous nous la voterons.
Je me moque de donner le point aux uns ou aux autres, ça n'a aucun sens.
La seule chose qui m'intéresse, c'est la suppression de cette réforme qui est injuste et qui est économiquement stupide.
Acte IV, nous voici le 28 novembre.
Et cette fois, c'est au tour de la France Insoumise de défendre son texte d'abrogation de la réforme des retraites,
mais avec cette fois l'assurance que les députés du Rassemblement national voteront pour,
ce qui ouvre la voie à une adoption.
Aujourd'hui, c'est un honneur pour moi, au nom du groupe parlementaire de la France Insoumise,
mais aussi du Nouveau Front Populaire, de vous présenter un texte qui a été adopté en commission,
et très largement adopté en commission, celui de l'abrogation de la réforme des retraites à 64 ans d'Emmanuel Macron.
Et aujourd'hui, c'est un grand jour, puisque c'est la première fois que l'Assemblée nationale va avoir l'occasion,
l'opportunité de se prononcer, de voter sur la retraite à 64 ans.
La question est simple. Stop ou encore ? Stop ou encore ?
Parce que, je le rappelle, ça a été quand même un passage en force.
D'abord un passage en force et une injustice démocratique.
Le 44 alinéa 3 et quelques autres alinéas, le 47.1, le 49.3, tout y est passé, dans les usages de la Constitution,
pour passer en force contre l'avis du peuple, contre l'avis de l'intersyndical,
contre l'avis des sondages d'opinion, contre l'avis de toutes et tous.
En extrême minorité, vous étiez.
Des millions de personnes ont manifesté dans la rue.
Un mouvement social historique dans notre pays.
Et vous êtes quand même passé en force.
Une injustice aussi, ensuite, socialement.
Parce que votre réforme, on le sait, on l'avait dénoncée, et c'est le cas,
touche davantage ceux qui sont les plus précaires, les plus éloignés de l'emploi,
les plus en difficulté dans la vie.
Et ceux-là vont payer cher deux ans à être encore au chômage supplémentaire.
C'est le cas notamment des seniors, ni en emploi, ni en retraite.
Ce qui provoque un effet d'éviction sur votre propre résultat comptable
de votre soi-disant géniale réforme.
On y reviendra ensuite.
Mais les femmes aussi.
Nous avions dénoncé que les femmes seraient les premières touchées
par ces deux ans de vie volée.
Effectivement, les premiers chiffres nous l'indiquent.
Elles participent à l'effort à hauteur de neuf mois contre cinq mois pour les hommes
avec cet allongement de la durée de l'âge de départ légal.
Et ensuite, c'est aussi les jeunes.
Qui finalement, dès à présent, vont cotiser plus,
puisque votre système n'est pas à l'équilibre.
Et ensuite, toucheront des pensions plus faibles.
Puisque le seul moyen de piloter votre réforme aujourd'hui,
c'est de bouger la désindexation, de revaloriser,
non pas au 1er janvier, mais au 1er juillet,
ou à un autre moment dans l'année, de 0,8% par-ci, 0,8% par-là.
Voilà comment aujourd'hui vous pilotez ce système des retraites,
c'est-à-dire injustement.
Ça ne règle rien économiquement, je viens de le dire.
Votre réforme est déficitaire, non pas en 2030, non pas en 2070,
non, dès cette année.
Dès cette année, votre réforme est déficitaire.
Alors que vous aviez fait la promesse que trimer deux ans de plus,
c'était pour remplir les caisses, c'était pour pouvoir se payer les retraites.
Mais c'était sans compter vos piètres résultats économiques
dans la gestion du pays tout entier.
Voilà la vérité qui éclate au grand jour.
Une autre vérité aussi, c'est celle, évidemment, de votre dogmatisme.
Impossible de discuter des recettes.
Ça vaut en toute matière.
Les recettes, ça vous fait horreur.
Alors que c'est là le sujet, d'augmenter les recettes,
d'augmenter les cotisations.
C'est là la porte de sortie pour avoir un régime équilibré
à court terme, à moyen terme et à long terme.
Mais vous ne voulez pas en entendre parler,
préférant préserver les plus de 77 milliards d'exonération
de cotisation patronale, par exemple, de vos amis.
Parce que oui, que fait notre texte d'abrogation ?
Pour faire simple, on revient à 62 ans pour l'âge de départ
et 42 années de cotisation.
C'est simple à comprendre.
Et combien ça coûte ?
Entre 4 et 5 milliards d'euros.
En plus de votre réforme.
Entre 4 et 5 milliards d'euros.
Alors, on a l'embarras du choix pour les financements.
Déjà, il y a le gage, le gage sur le tabac traditionnel
qui est la coutume de nos propositions de loi.
Ce n'est pas ce qu'il y a de plus crédible dans la vie parlementaire.
Mais enfin, ce sont les usages.
Mais surtout, là, en l'occurrence, une taxe sur les super profits
des sociétés pétrolières et gazières.
Rien qu'avec ça, on réglerait le problème.
Si vraiment vous aviez peur de manquer d'argent,
j'ajouterais le fonds de réserve des retraites.
20 milliards d'euros qui sont là disponibles,
qui nous permettent d'avoir le temps de voir venir,
de réorganiser une discussion.
Puisqu'évidemment, comme vous le savez ici,
avec une proposition de loi, on ne peut pas amender
le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale
qui va nous occuper très très vite
et sans doute provoquer le départ de ce gouvernement illégitime.
Nous avions proposé par voie d'amendement
qu'on augmente les cotisations
à partir de 2 plafonds de Sécurité Sociale,
c'est-à-dire 7600 euros bruts,
ou 4 plafonds de Sécurité Sociale, 15 000 euros bruts.
Une surcotisation rapporterait entre 4 et 5 milliards d'euros,
réglerait aussi le problème instantanément en année N.
Autre solution, 0,15 point de cotisation supplémentaire sur 7 ans.
C'est Mickaël Zemmour, économiste, qui propose cela
pour définitivement régler le problème des recettes,
des comptes de la Sécurité Sociale et des retraites en particulier.
Un point de cotisation supplémentaire,
sachez mes chers collègues que c'est 10 milliards d'euros.
Vous pouvez aussi, si vous voulez,
soumettre à cotisation les revenus extrasalariaux
ou encore d'autres propositions du programme de l'avenir en commun,
je pense notamment au SMIC,
à 1600 euros nets pour toutes et tous.
Et si nous avions une véritable égalité salariale
dans ce pays entre les femmes et les hommes,
c'est 24 milliards d'euros de cotisation supplémentaire.
Donc on sait ce qu'il nous reste à faire
pour avoir un régime des retraites à l'équilibre
et pouvoir se payer à tout le moins la brogation.
Je dis à tout le moins la brogation,
puisqu'évidemment, la position du Nouveau Front Populaire
reste et restera la retraite à 60 ans pour toutes et tous.
Nous acceptons de cotiser aujourd'hui
parce que nous savons que demain, une pension nous sera versée.
Et à tous les gens qui cotisent aujourd'hui,
l'adoption de votre proposition enverrait un très mauvais message.
Elle leur dirait que nous refusons toute réforme paramétrique,
que nous défaisons une loi votée en 2023
qui contribue à conforter notre système de retraite.
Ce sens des responsabilités dont a fait preuve
le gouvernement d'Elisabeth Borne,
dont a fait preuve mon prédécesseur Olivier Dussopt,
et Marisol Touraine, et Éric Woerth avant eux.
Les décisions que nous ne prenons pas aujourd'hui
et surtout celles que vous ne proposez ne pas prendre
auront des conséquences.
Les ajustements difficiles aujourd'hui
nous évitent des remises en cause plus douloureuses encore demain.
Vous mettez en danger le régime de retraite par répartition,
avec naturellement les meilleures intentions du monde.
Je remercie les députés des groupes Ensemble pour la République,
Modem, Horizon, Les Républicains,
tous ceux qui ont fait preuve d'esprit de responsabilité
en défendant une droite
qui a adopté le dispositif carrière longue,
qui a relevé le minimum contributif,
qui permet de mieux prendre en compte
l'impact de la maternité sur les carrières.
Les avancées dans la loi de 2023
produisent déjà leurs effets.
En deux temps, la revalorisation du minimum contributif a eu lieu,
soit entre 25 euros et 100 euros de revalorisation mensuelle.
Qu'est-ce que vous en faites de cela ?
Pour réduire le taux de non-recours au minimum vieillesse,
la loi a relevé le seuil de récupération
sur succession à 100 000 euros.
Qu'est-ce que vous en faites de cela ?
Le fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle
qui a été créé pour financer des actions de prévention
de l'usure professionnelle,
formé, accompagné la reconversion des salariés.
Qu'est-ce que vous en faites ?
La réforme de 2023 a retenu plusieurs mesures
pour corriger des situations défavorables aux femmes
en matière des retraites
et de respecter le principe d'égalité.
C'est le cas de l'ouverture d'un droit à la surcote
dès 63 ans pour les aides-sûrés
atteignant le taux plein avant l'âge de 64 ans
et bénéficiant un trimestre
au titre des majorations d'assurance pour enfants
dont sont majoritairement bénéficiaires les femmes.
Qu'est-ce que vous en faites ?
Le sens des responsabilités était indispensable en 2023
quand la loi a été adoptée.
Il l'est encore aujourd'hui
au vu de la situation de nos finances publiques.
J'aimerais commencer par un message simple
à destination des députés du Bloc central,
LR et macronistes.
Vous avez perdu.
Vous avez perdu sur la réforme des retraites
sur toute la ligne.
Vous avez perdu dans l'opinion
avec plus de 70% des Français
qui sont toujours opposés à votre réforme.
Et conséquence directe,
vous avez perdu dans les urnes.
En 2022, vous avez perdu votre majorité
et en 2024, la plupart de vos ministres.
Vous avez perdu dans l'hémicycle
dès le début des débats sur la réforme des retraites
et encore en commission la semaine dernière.
Et vous aurez encore perdu aujourd'hui
si nous allons au vote.
Et vous le savez,
c'est bien pour cela que vous avez déposé
979 amendements sur le texte
qui nous mobilise aujourd'hui.
979 amendements d'une qualité
et d'un intérêt médiocre
dont la volonté d'obstruction
n'est même pas cachée.
Mesdames, Messieurs, les députés du Bloc central,
vous avez perdu.
Mais un problème va surgir.
Les députés du socle commun
ont déposé plus de 850 amendements.
Le vote de la proposition de loi
doit lui avoir lieu avant minuit.
C'est la règle.
Cela va se révéler impossible
dans les délais impartis.
On a fait 5 amendements à l'heure ce matin.
5 amendements à l'heure.
Et pourtant, je n'ai pas fait usage
de mon temps de parole de manière disproportionnée.
Vous me l'avez reproché.
Assumez de refuser d'aller au vote.
Dites-le.
Nous ne voulons pas voter ce texte.
Nous sommes trop accrochés
à faire trimer les gens deux ans de plus.
Nous sommes trop accrochés à faire en sorte
que les plus précaires,
ceux qui ont les métiers les plus pénibles,
souffrent deux ans de plus le plus longtemps possible.
Assumez-le.
Je ne vous en voudrais pas.
Cela fait partie du débat politique.
Mais là, vous essayez de faire un entre-deux.
C'est de l'obstruction, mais pas vraiment de l'obstruction.
C'est du débat sans être du débat.
Il y a l'article 40-45.
Du coup, on est obligés de faire des amendements-titres.
Mais non, vous pouvez faire d'autres types d'amendements que des titres.
D'ailleurs, il y en a d'autres qui sont plus intéressants.
Je vous ai ramené des documents pour la suite,
pour avoir des débats au fond.
Mais vous ne voulez pas aller au débat au fond.
Quelle est la grande différence, collègues,
entre l'obstruction cruelle que vous êtes en train de faire,
méprisante pour des millions de vies,
et celle que nous avions fait
au moment où vous passiez cette réforme ?
Eh bien, la différence,
c'est que nous faisions, nous, une grève de zèle
pour empêcher que vous passiez
une réforme contre l'ensemble du peuple français,
contre la représentation nationale.
Et c'était donc une obstruction
pour défendre la souveraineté populaire
quand aujourd'hui,
vous faites une obstruction pour empêcher
la souveraineté populaire,
que ce soit partout dans le pays
ou par ses représentants aujourd'hui dans l'Assemblée.
Donc maintenant, ça suffit.
Ça suffit, la manière dont vous traitez la démocratie.
Ça suffit, les leçons de morale.
Ça suffit, le fait que vous vous ayez la morale
et qu'on ne l'ait pas.
Ça suffit, cette minorité relative.
Vous n'êtes qu'une minorité relative.
Ça suffit, le fait, Madame Pannot.
Souffrez, chers collègues, que nous parlions.
Souffrez que nous soyons
pas d'accord avec vous.
Souffrez que nous déposions des amendements.
C'est franchement incroyable.
Alors moi, je voudrais m'adresser
au rapporteur,
qui a la mémoire courte. Alors le rapporteur nous a
reproché tout à l'heure de déposer
de très nombreux amendements. Ça a été dit.
Nous avons déposé quelques centaines d'amendements,
tellement le débat est important,
par rapport aux 19 000 que vous avez déposés.
Mais je voudrais
rappeler l'amendement 130,
le sous-amendement 130 de M. Bernalicis.
Si c'est bien vous,
si vous n'avez pas changé de nom.
Complétez l'anidée 1-9 par les mots,
ainsi que la conjonction des astres,
le mar de café
et les entrailles de blaireau.
Voilà le type d'amendement que vous êtes capables
de déposer. Et vous nous reprochez
de faire vivre le débat.
C'est absolument incroyable.
C'est l'hôpital qui se fout de la charité. Merci.
Écoutez, on a toute une série
d'amendements qui sont
assez drôles à la lecture.
C'est assez drôle à la lecture.
On croirait lire un peu
la feuille de chou rubrique
blagounette du BDHEC.
C'est assez drôle. Vous faites
des blagues entre vous.
Vous vous renvoyez avec
le meilleur des amendements
d'obstruction qu'avait pu faire LFI.
Le simple problème, c'est qu'on n'est pas
dans le BDHEC. On est à l'Assemblée nationale.
Pour le Bloc central,
qui a passé des années à dénoncer
l'obstruction, qui a passé
des années à s'exprimer en responsabilité,
en européen,
voire vous voterez dans le trollage,
c'est quand même assez savoureux.
Je comptais pas prendre la parole
parce qu'effectivement, nous ne sommes
pas contrairement à ce que nous entendons depuis ce matin
dans une démarche d'obstruction.
J'aurais pu.
J'aurais pu. Mais cessez
ces gestes-là. Cessez.
Cessez de considérer
que la vérité est uniquement la vôtre.
J'aurais pu prendre la parole
à chaque amendement.
J'aurais pu prendre la parole
quand je voulais et la reprendre.
J'aurais pu vous lire des notes
à l'infini. J'aurais pu jouer
à l'obstruction.
Alors je vais vous dire
ce que j'ai à vous dire malgré tout.
Que ça vous plaise ou pas.
Je vais vous dire ce que j'ai à vous dire.
J'en ai ras-le-bol
d'entendre ces procès en obstruction
qui sont des procès
totalement fallacieux
et qui me rappellent
et qui me rappellent.
Je continuerai dès que je peux.
Dès que le tumulte cessera.
Je vous invite à écouter le président de la commission.
Et qui me rappellent
la fable de l'arroseur arrosé.
Parce que ce qu'on oublie
et que peut-être ça n'a pas été assez rappelé
c'est que lors de la dernière réforme des retraites
que vous avez combattu
et pour laquelle madame Pannot
vous venez nous expliquer que vous étiez effectivement
dans une logique d'obstruction.
Je me souviens que pour arriver
à l'article sur
l'âge légal de départ
à la retraite
tous vos collègues de la NUPES de l'époque
avaient retiré leurs amendements.
Je me souviens de leaders syndicaux
dont vous vous prévaliez
qui vous avaient demandé de retirer vos amendements
pour arriver jusqu'à l'article
en question. Et je me souviens
du délice avec lesquels
les membres de LFI
avaient voulu discuter amendement
après amendement, d'amendements qui changeaient
un chiffre, qui changeaient
une virgule, qui changeaient un mot
etc. Donc voyez
ce que je veux simplement vous dire
c'est que moi depuis 9 heures
j'écoute attentivement et les questions
posées par les collègues qui déposent
des amendements et les réponses
et du rapporteur et de la ministre
qui permettent des réponses sur le fond
et lorsque vous prenez la parole
chers amis de LFI, c'est toujours
pour invectiver et pour donner des leçons
de morale à ceux qui ne vont pas
dans votre sens. Alors il est
22h30
depuis 9 heures vous nous faites
le même cinéma, on a perdu
énormément de temps, je parle
parce que j'ai le droit de parler autant que je veux
et que jusqu'à présent je n'ai pas
beaucoup parlé et là il me vient l'envie
de dire ce que j'ai à dire. Voilà
c'est comme ça aussi la démocratie
Ben oui, et ben oui
Alors maintenant
arrêtez et revenons sur le fond
des articles. Merci
L'ambiance dans l'hémicycle va vite se révéler
électrique. Le camp présidentiel
joue la montre tandis que les députés
de la France insoumise pratiquent la stratégie
du name and shame visant à dénoncer
nommément les députés
refusant d'abroger cette réforme
des retraites. La tension atteint alors
son paroxysme dans la soirée
avec un député qui tente d'en
venir aux mains, empêché par
ses collègues et les huissiers de la séance
Ce qui s'est passé tout à l'heure
dans l'Assemblée nationale est extrêmement choquant
L'un de vos collègues en effet
a menacé d'abord notre collègue
socialiste puis alors
que je lui demandais de quitter l'hémicycle
est venu me menacer
et heureusement monsieur Feneau
effectivement que vous étiez là pour retenir
le collègue de votre groupe mais aussi
et je les remercie que les huissiers
sont intervenus pour le faire reculer
parce que sinon
je ne suis pas sûr du fait
que à la fin de la soirée
je ne me serais pas pris une beigne
Il peut arriver, ça n'est pas la première fois
j'ai été président de groupe longtemps
j'ai été ministre des relations avec le Parlement
ce sont des choses qui arrivent
simplement il faudra que le député puisse s'en expliquer
avec ses collègues, c'est vrai, c'est arrivé
je le dis aussi et ça ne s'adresse pas
à ceux qui ont pu être...
Vous avez évoqué chers collègues la question de la tension
du type de débat d'une niche comme celle-là
il faut aussi mesurer ce que c'est que la tension
de recevoir du harcèlement y compris à domicile
des coups de téléphone quand on vous menace
Je crois que nous, nos groupes
avec nos amendements sérieux
rédigés chacun sur le fond
nous avons montré
que nous résistons démocratiquement
aux pressions de la France insoumise
les pressions sur les réseaux sociaux
les pressions sur les mails
les menaces, les insultes
qui oui ont conduit un de nos collègues
peut-être à déraper ce soir
mais qui montrent que lorsqu'on touche
aux familles, lorsqu'on menace
l'environnement
et les proches des élus
on nuit à la démocratie, on nuit au débat de la démocratie
Vous êtes une force réactionnaire
et je vais vous le dire pourquoi
Vous n'avez que pour seul but sous vos deux mandats
de réduire les droits des français
A aucun moment vous ne vous interrogez
avec les contraintes économiques et démographiques qui existent
A aucun moment vous vous dépassez vous-même
pour vous dire comment pouvons-nous garantir
des nouveaux droits aux français
Votre seule obsession par fainéantise intellectuelle
et par conflit de classe
c'est comment retirons-nous des droits aux français
La triste journée
c'est celle où se font cyber harceler
menacer, ne devraient s'accommoder
des intimidations qui continuent encore
au moment où nous parlons
Bon, c'était une journée
un peu difficile avec cette
obstruction pour faire mon rôle
de rapporteur, pour nous faire notre rôle
de parlementaire, ça a été dit dans les différents
rappels au règlement
Je dirais, en étant
un peu taquin
que je souhaite
merci mes chers collègues
je souhaite vivement
remercier les rapporteurs
et les stagiaires
qui ont aidé à faire toutes ces liasses
pour préparer votre obstruction
liasses qui vont partir au pilon
et eux mériteraient des trimestres en guise de pénibilité
parce que supporter tout ça
c'est pas évident
Eux, ils n'ont pas craqué
On peut pas en dire autant
des membres
du socle commun
qui ont montré un comportement déplorable
y compris dans les interruptions de séance
Vous ne l'emporterez pas avec vous
Par contre, on se passera de vos services
dès la semaine prochaine
pour abroger la réforme des retraites
à 64 ans
