Selim Arjoun, Le Comte de Bouderbala, Jamal Ouazzani, Nadia Hathroubi-Safsaf - #MOE 25/10/24
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DIRECT #MOE - Les invités de Mohamed Kaci : le pianiste, compositeur et producteur Selim Arjoun en concert avec Noor Arjoun le 8 novembre à la Maison des pratiques artistiques amateurs (MPAA/Saint-Germain) ; Nadia Hathroubi-Safsaf co-auteure du roman graphique "Qui a tué Asmahan ?" aux éditions Alifbata ; l'humoriste le Comte de Bouderbala sur scène à Dubaï le 2 novembre et en tournée en France & Belgique ; Jamal Ouazzani, le créateur du podcast Jins auteur du livre "Amour. Révolutionner l'amour grâce à la sagesse arabe et/ou musulmane" aux éditions Leduc.
#MOE #MaghrebOrientExpress #Amour #Humour #BandeDessinée #Asmahan #Egypte #Maghreb #Dubaï
La Grave Orient Express, soyez les bienvenus avec nous sur le plateau de MOE sur TV5MONDE.
Célim Arjoun, bienvenue à vous. Vous êtes pianiste, compositeur, producteur de musique.
Vous formez un duo avec votre sœur, Nour Arjoun, après Alger et Lyon.
Il y a quelques jours, vous serez en concert le 8 novembre à Paris à la Maison des Pratiques Artistiques.
Avec nous également Nadia Troubisabsab, bienvenue.
Vous êtes journaliste, écrivaine. Votre roman graphique Qui a tué Asma Han est publié aux éditions Alif Bata.
Dessin signé Laure Ibrahim.
Avis aux francophones de Dubaï à présent avec le comte de Bouderbala.
Bienvenue à vous. Vous êtes prête à vous envoler pour les Émirats Arabes Unis.
Vous y jouerez votre troisième spectacle dont on va parler.
Vous avez beaucoup de dates. Ce week-end à Deauville notamment, à Anguin-les-Bains, région parisienne.
Le 5 novembre à Arcachon. Le 15 novembre à Liège.
Vous avez envie de manger une gaufre sans doute.
Et puis après Paris aux Républiques du 9 novembre au 31 décembre.
Liège en Belgique, que l'on salue.
Jamal Ouazani, bienvenue.
Vous êtes créateur du podcast Jeans.
Qui veut dire sexe, sexualité en arabe.
Ça veut dire aussi les esprits.
Auteur du livre Amour, révolutionner l'amour grâce à la sagesse arabe et ou musulmane.
C'est chez le Duc Société pour la maison d'édition.
Préface signée Leïla Slimani.
On commence avec vous, Célimar.
Jouer la musique depuis votre tournée il y a deux ans.
Votre tube stream également.
Vous cumulez des millions de vues sur les réseaux sociaux.
On va commencer avec un extrait de l'un de vos derniers concerts à Hammamet.
Chez vous, en Tunisie, musique.
La voix puissante de Nour Arjoun.
Pourquoi ce titre ?
Qu'est-ce que dit cette chanson qui est aussi puissante, j'ai envie de dire, que le film lui-même ?
Amel et les fauves de Medhi Midi.
Amel et les fauves, stream en anglais et Atief en arabe.
La chanson a été composée spécifiquement pour le film.
Elle a été vraiment inspirée des événements qui se passent dans le film.
Du personnage principal du film, Iheb, que je salue.
Très bon acteur qui nous a vraiment inspiré pour la création de cette chanson.
Que veut dire le titre ?
C'est stream.
Les flux, exactement.
C'est le nom du film, en fait.
Au début, ça a été composé pour le film.
C'était juste un petit extrait.
Mais après, on l'a développé en chanson.
Et on l'a utilisé comme moyen ou un support de promotion pour le film.
Du coup, les gens qui allaient au cinéma voir le film.
Après, ils revenaient voir la chanson.
Et la chanson emmenait les gens au cinéma.
Les deux nourrissaient l'autre. La magie a opéré.
Vous avez reçu le prix de la meilleure bande originale au festival Dana à Bahrein.
Vous signez d'autres musiques de film avec votre soeur Nour.
Comment ça se passe ? Comment vous travaillez avec les simiens ?
C'est intéressant ce que vous devez dire.
Comment ça se passe ?
Je reviens un peu sur mon parcours.
Quand j'ai eu mon bac, j'ai fait plutôt des études de cinéma.
C'est comme ça que je me suis introduit un peu dans le monde du cinéma.
Vu que je fais de la musique depuis tout petit et que je compose depuis tout petit,
je me suis retrouvé dans le monde des musiques de film.
Je me suis dit que c'est ce qui réunit mon parcours, mes compétences.
C'est des processus différents.
Avec chaque réalisateur, il y a une manière de travailler, une manière de développer.
Pour moi, les musiques de film, c'est une collaboration entre le compositeur et le réalisateur.
On s'inspire l'un de l'autre, on parle.
Je lis le scénario, il me parle de ses idées, de sa vision.
A partir de ça, je m'inspire pour créer les musiques de film.
Vous inspirez avec Nour de différents univers musicaux.
Sans vous mettre dans une case, c'est quoi la touche Célim et Nour Arjoun ?
Je dirais qu'il y a une touche un peu pop, mais aussi électro, mélangée avec du dialecte tunisien.
Même le dialecte au niveau des paroles, on a fait assez de recherches.
On a collaboré avec plusieurs lyricistes, notamment ma mère.
C'est ce qui fait qu'on a vraiment essayé de créer un univers qui réunit nos différentes influences,
tout en ayant cette touche tunisienne, mais aussi dans un univers sonore international.
La touche tunisienne.
Pour votre titre Trap, dans votre premier album Identity, vous aviez réuni,
c'était quand même une prouesse, une constellation de musiciens venus des 24 gouvernorats de Tunisie.
Comment se porte justement la scène musicale tunisienne ?
Les dix dernières années, il y a eu pas mal de productions.
Beaucoup de projets ont été créés, beaucoup de créations ont été faites.
Je dis que la scène tunisienne est vraiment en croissance.
Il y a pas mal d'albums qui se produisent, de musiques et d'artistes
qui émergent.
Donc oui, c'est une scène qui est en pleine croissance, je dirais.
Nadia Troubissapsa, vous connaissez le duo, vous qui avez un pied en Tunisie aussi.
Oui, bien sûr, j'avais vu Amel et les Fauves, bien sûr.
Et ça me fait très plaisir, justement, ce que je lui ai dit quand on s'est croisés tout à l'heure,
qu'on n'était pas souvent nombreux, les Tunisiens.
Donc forcément, il y a une petite affinité qui se crée.
La touche tunisienne.
Nadia Troubissapsa, votre roman rend hommage à Asman.
Vous étiez déjà intéressée à une autre grande diva, Oum Kalsoum.
Qu'est-ce qui vous a donné envie de nous plonger dans l'histoire de cette femme ?
Alors, on voit le titre, qui a tué Asman ?
C'est une intrigue policière, quasiment.
Mais d'abord, pourquoi cette femme est-elle entrée dans l'histoire
et dans la légende de la musique arabe et musique tout court ?
En fait, le problème, c'est qu'elle est restée dans les mémoires très longtemps,
comme la sœur de Farid al-Attach, alors qu'elle avait une voix sublime.
Il y a beaucoup de spécialistes qui disent aujourd'hui
qu'elle aurait même dépassé Oum Kaltoum en termes de carrière,
parce qu'elle avait une tessiture et une particularité
de pouvoir s'emparer de tous les répertoires musicaux.
Et en fait, je trouve qu'on a perdu son héritage.
J'avais très envie de parler d'elle.
Et puis, comme elle a une histoire très romanesque,
ça se prête bien aussi à une fiction.
D'ailleurs, à un moment donné, elle est en concert.
Il y a une planche, un dessin, où on entend s'exclamer quelqu'un dans le public
et qui dit « Nous voulons Oum Kaltoum ».
Elle était consciente de ça, du fait qu'elle était un peu dans l'ombre
à cause de cette autre grande diva ?
On les a beaucoup comparées, mais elle était très admirative d'Oum Kaltoum.
Elle n'était pas du tout envieuse de la carrière d'Oum Kaltoum.
Souvent, elle rend même hommage à Oum Kaltoum.
Elle s'inscrit dans sa lignée, justement.
Mais c'était Oum Kaltoum qui avait apparemment beaucoup plus de mal
à accepter cette concurrence.
Si vous êtes intéressée à elle, c'est parce que c'est une femme en avance sur son temps.
Elle a refusé de choisir entre son rôle de femme, de mère, d'artiste.
Je sais que ce sont des thématiques qui vous tiennent beaucoup à cœur.
La question se pose aussi quand on est journaliste, écrivaine,
quel que soit son travail, comment concilier la vie de famille
dans des milieux parfois conservateurs, patriarcaux ?
On me le reproche souvent.
On me dit souvent que je dois être une mauvaise mère
parce que je suis souvent en déplacement ou en voyage
ou pour mes reportages ou pour faire la promotion de mes livres.
Et vous ne chantez pas ?
Non, je ne chante pas, encore.
C'est vrai qu'à l'époque, chanter, aller sur scène face à un public...
En fait, elle m'a intéressée parce que très vite,
on l'a obligée à choisir qui elle devait être.
Et elle, elle refusait de choisir parce qu'elle est princesse.
Elle a une origine princière, druze.
Elle monte sur scène, on la marie à son cousin.
Ce n'est pas elle qui choisit son époux.
On lui choisit son mari et il lui impose de ne plus chanter.
Et on verra plus tard.
Là, je m'intéresse à Ouarda.
Et pareil, Ouarda, quand elle s'est mariée, son mari a imposé qu'elle arrête de chanter.
Je trouve intéressant ces femmes qui sont empêchées.
Et en plus, rappeler qu'elles ont existé, qu'elles ont mené de front une carrière,
une belle carrière.
Et ce qui m'a touchée chez Asman, c'est que je ne sais pas,
en Tunisie, on écoute beaucoup Asman.
Et c'était une manière aussi de me réapproprier mon identité,
mon identité de femme arabe qui est très souvent malmenée en France.
Et c'est aussi un petit pied de nez à ces détracteurs
qui pensent que la femme arabe est une femme soumise,
qui n'a pas de rêve, qui n'accomplit rien.
C'est pour ça que je disais qu'elle pourrait être,
et on va comprendre pourquoi tout à l'heure,
amplement dans le livre de Jamel Ouazani.
Le 14 juillet 1944, alors elle est née en Égypte,
ou elle est venue en Égypte avec des parents syriens et libanais.
Elle est née sur un bateau qui s'appelait le Nil.
Et elle est morte dans le Nil.
Sacré destin.
14 juillet 1944, elle meurt dans un mystérieux accident de voiture,
donc au Caire, dit-on, c'est ça ?
Elle est à l'Alexandrie.
Elle a été assassinée par les Anglais, par les nazis,
par l'un de ses anciens maris,
ou par son unique rival sur scène à l'époque, Mkhalsoum.
Vous disiez une vie romanesque, là on est en plein dedans.
Comment est-ce que vous avez travaillé ?
Vous avez vraiment essayé de voir ce qui s'était passé ?
Oui, je suis allée même jusqu'en Égypte,
chercher le livre de Mohamed el-Tayeb,
qui est introuvable et qui se trouvait à la bibliothèque d'Alexandrie.
Je suis allée là-bas, j'ai lu en arabe, en anglais,
donc merci Google Translate pour l'arabe.
Et en fait, il y avait très peu de sources en France,
et je ne comprenais pas pourquoi personne ne s'était intéressé à elle.
Et apparemment, il y a des archives auxquelles je n'ai pas eu accès,
au service secret anglais.
Parce qu'elle a joué un rôle pendant la Seconde Guerre mondiale,
où elle a aidé les Français de la France libre
à traverser la région druze,
parce que son mari était chef de clan.
Et alors qu'elle l'avait quitté,
elle est retournée le voir.
Ça donne des moments un peu savoureux,
parce qu'il y a un peu de revanche.
Mais on ne saura jamais vraiment ce qui s'est passé.
Mais bon, il ne faut pas éteindre le mythe.
Vous avez votre petite idée ?
J'ai ma petite idée, mais ça fait partie du mythe aussi,
de se demander qui l'a tué.
C'est un peu comme les Didi.
Elle a-t-elle été tuée ?
En tout cas, il faut lire Alif Bata, édition
« Qui a tué Asma Han ? » avec Lori Brahim au dessin.
Et vous l'avez déjà dit,
La suite.
Pour la prochaine fois,
vous serez la bienvenue toujours.
« Le Comte de Bouderbala »
dans votre troisième spectacle.
Vous allez bientôt jouer à Dubaï.
Vous laissez libre cours à votre imagination.
Moi, je vous ai rebaptisé
le « Cheikh de Dubaï » ou des émirats arabes.
C'est peut-être comme ça que vous serez accueillis.
Je vais finir par prendre votre place.
Il y a du travail, je pense.
Il y a une première partie
qui se prépare avec mon casque.
J'aimerais bien un jour quand même.
Alors, qu'est-ce qui a nourri ce seul enceinte ?
On sait que vous êtes quelqu'un
qui a observé beaucoup autour de vous.
Qu'est-ce qui vous a inspiré ce spectacle ?
Non, j'ai voulu...
On en parlait tout à l'heure en coulisse.
C'était 15 ans qu'on est sur scène.
On a fait deux spectacles.
Le premier a été un petit peu long.
Sept ans de second.
Cinq, six ans
pour essayer d'asseoir
le public.
Ce spectacle-là, il est beaucoup plus
introspectif, beaucoup plus d'histoire
personnelle.
On est passé père.
On est passé père de grande famille.
On a évolué.
Il y a eu un peu de cinéma.
Il y a plein de choses.
C'est un stand-up d'une heure vingt.
Un peu de cinéma. Pas mal de cinéma.
Un petit peu. Un prochain rôle aussi.
Alors là, ils m'ont pris sur
un film qui va sortir en 2025.
C'est sur le biopic de De Gaulle.
Forcément, ce n'est pas De Gaulle.
Sinon, ils m'auraient rajouté quelques centimètres.
Des échasses.
Mais il y a quelques trucs.
Et puis, on bosse.
Et vous observez votre époque, notamment les réseaux sociaux.
Alors, qu'est-ce qu'un influenceur ?
Qu'est-ce qu'une influenceuse ?
Je vous propose de regarder cet extrait.
Ce qui me dérange avec ce délire
d'influenceur, c'est juste le mot influenceur.
Entre guillemets, si je me considère comme influenceur,
si je considère aussi que face à moi,
j'ai des gens influenceables, donc un peu engrainables,
donc un peu concons, donc un peu pigeons.
Je leur jetais des graines. Ils vont picorer les graines que je leur jette.
Ils vont acheter ce que je leur dis d'acheter.
Moi, ça me dérange, déontologiquement.
Et comme je vous le disais précédemment, je suis un raconteur de conneries.
J'ai que des conseils bizarres à donner.
Tu veux être dans la merde ? Suis-moi.
Devinez qui
fait de l'influence, malgré lui,
sur les réseaux sociaux.
Thomas Pesquet.
Thomas Pesquet, l'astronaute.
Tu vois de qui je parle ? Monsieur Parfait.
Le meilleur d'entre nous.
Ben lui, je peux plus me le voir, lui.
C'est bon, il est beau.
Il est intelligent. Il est optimiste.
Il est ouvert sur le monde. Oh, il est français, ce mec-là ?
C'est tout ferme.
Il parle 16 langues. Il va dans l'espace.
Il répare des trucs dans l'espace. Je répare même pas un truc chez moi, moi.
En fait, les Québécois
pensent qu'ils ont le vrai français.
Parce qu'ils ont le français du XVIe siècle, donc ils en déduisent
qu'ils ont le français originel.
Et ces gars-là pensent que nous, Français, faisons des fautes de français.
J'ai eu un débat avec un Québécois là-dessus
et le gars me rétorquait le truc. Il m'a dit
« Non, non, c'est notre français qui est bon. C'est correct. »
Des gens disent « correct ».
Non, non, correct.
Ben non, correct. Je connais même toi, correct.
Ils sont corrects,
les extraits qu'on a choisis.
C'est dommage, il n'y avait pas la chute qui finissait par
« ni caméra », alors.
C'était pour adapter.
Vous avez coupé à la chute. Bravo les monteurs.
C'était pas de la censure.
Bon.
Quel thème allez-vous aborder
à Dubaï et est-ce qu'au fond ça change ?
Je sais qu'on pose souvent la question aux humoristes
en fonction du public et aussi de l'état dans lequel on se trouve.
Est-ce qu'on fait attention
à ce qu'on dit ? Est-ce qu'il y a plus de lignes rouges ?
On voit comment,
dans l'époque dans laquelle on vit, une blague, un sketch
peut enflammer les médias et peut enflammer
la scène politique aussi.
La scène de stand-up,
on est entre quatre murs avec un public
pendant une heure et demie.
Donc on peut aller beaucoup plus loin.
On peut vraiment dire des choses qu'on ne peut pas dire en média.
On peut aller sur le borderline
et on peut justement taper les vrais sujets
qui sont compliqués,
qui sont censurés en média.
Et ça c'est très intéressant
parce que ça laisse
une vraie perspective de liberté d'expression
qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
Donc là-dessus il y a des sujets
qui sont, ce qu'on a vu,
les influenceurs, les icônes médiatiques
que sont les Thomas Pesquet
qui peuvent être un Gad Elmaleh,
un Nusret qui fait son
recel comme ça et d'ailleurs qu'on va voir
à Dubaï.
Vous allez manger chez lui ?
J'ai pas d'oseille.
Cela dit, la francophonie,
c'est intéressant aussi ce que vous dites
parce que pour nous, et ici à TV5MONDE aussi
et d'ailleurs on le dit, le Québec tient
parce qu'en même temps ce que vous dites est parfois juste
mais c'est vrai aussi que le Québec se veut
le faire de l'ordre de la défense
de la langue française.
Oui mais même eux ils se font manger.
Interview, entrevue, entretien.
C'est ça mais même eux ils se font manger
par aussi les Américains
donc ils ont plein d'anglicismes
dans leurs conversations
comme nous on en a dans nos conversations
mais c'est pour montrer justement la puissance
de la francophonie. On ne s'en rend pas compte
et c'est ce que je dis en spectacle,
ça va passer deuxième langue mondiale
d'ici une dizaine d'années
et c'est énorme. Donc en fait
on ne se rend pas compte du potentiel qu'on a
en tant qu'artiste, en tant que francophone
juste et alors ça
déjà au niveau des gouvernements
français actuels, ils n'ont absolument
plus vu cette perspective-là
politique mais bon ça c'est autre chose.
C'est une question qu'on a beaucoup abordée pendant
le récent sommet de la francophonie.
Vous jouez par exemple en Afrique de l'Ouest francophone ?
Moi je joue partout où on m'appelle.
J'ai des humoristes de table,
on fait des mariages robots, circoncisions
on fait tout. Vous allez avoir des propositions
attention. Non ce que je veux dire
c'est que voilà c'est sur un spectacle comme ça
On va parler avec Jamal Ouazani
dans un instant des questions parfois
sensibles disons-le mais qui touchent à la vie intime
d'ailleurs et c'est universel, l'amour, le sexe
vous vous abordez ces questions-là ?
Moi en fait j'aborde beaucoup de questions
hypersensibles dans ce spectacle
le Proche-Orient, la Palestine,
l'Ukraine, l'amour chez nous
entre guillemets mais justement c'est des thèmes
qu'on ne peut pas aborder en média parce qu'on va
avoir une volée de bois ou un
shitstorm derrière donc on ne peut
pas se permettre justement de faire ça.
Nous notre objectif c'est quand
on est en télé ou en média c'est de dire
venez nous voir sur scène, on est entre nous
on est en vase clos
et on va éviter les problèmes
de certains abrutis qui nous empêchent
de parler. Et de rire
donc Jamal Ouazani, comment
s'aimer en 2024 ? Tiens avant de parler
de votre livre
de votre essai, on va regarder un extrait de
votre podcast qui s'appelle Jeans
donc, esprit ou sexe
sexualité, c'est Emel Matlouti en fait
la grande chanteuse
interprète qui parle justement des questions
d'identité, des assignations, on l'écoute
et on en parle juste après. C'est surtout
cette façon qu'a l'Occident
de nous mettre
dans des cases et
de mettre des définitions sur nous
comme si notre voix
ne suffisait pas et notre volonté
n'était pas intéressante. Enfin moi
en tout cas étant née en Tunisie
je trouve qu'il y a plusieurs
manières de me définir et
je trouve que l'Occident en fait il masque
tout ça et il nous empêche
la liberté de nous définir contrairement
aux artistes occidentaux. Je pense
que ma démarche c'est d'être obstinée surtout
en tant que femme. Je dois être fière
en fait de pouvoir être révolutionnaire
parce que tout le monde ne l'est pas
très peu de gens le sont. Le monde a besoin
de ça, le monde arabe a besoin de ça
ce qu'il faut que je fasse
c'est pas que je m'échappe de mon
identité, de mon histoire. Au contraire
je dois continuer à m'affirmer
en tant que pionnière de la
musique, à multiples influences
d'être l'héritière
de Pink Floyd autant
que l'héritière de Oum Kalsoum
et de créer des pontes du coup avec
les auditeurs quel que soit
l'endroit où ils se trouvent.
Des mots qui résonnent avec votre
travail et votre livre
Amour, révolutionner l'amour grâce à la sagesse
arabe et ou musulmane. Elle dit je suis
révolutionnaire, il y a ce mot révolutionner l'amour
aussi. Quel a été le déclic pour vous ?
Pourquoi vous avez dit il faut que je prenne la plume
pour faire cet essai et aborder cette réflexion ?
Pour moi l'amour c'est la matière
première de la révolution, c'est
par où tout commence. Moi je pense que j'ai eu
vraiment un déclic à partir du moment où j'ai compris
qu'il fallait absolument élever nos voix
pour les
questions féministes, les questions
d'anti-racisme
et pour l'inclusion de toutes les personnes
quel qu'elles soient dans les communautés
y compris arabes et ou musulmanes. Et pour moi
il était essentiel d'avoir une perspective qui
était à l'intersection, une perspective
qui est décoloniale aussi, de
comprendre mieux comment on s'aime, comment
on fait l'amour littéralement
dans les communautés
et pour ça je suis donc parti
chercher dans les écritures coraniques
par moi-même pour voir
ce qu'il y avait décrit, ce qu'on ne m'avait jamais dit
ou plutôt même ce qu'on m'avait
déjà dit qu'il n'y avait jamais décrit.
Donc l'idée pour moi c'était plus d'apprendre
le Coran par cœur mais de le lire par cœur
c'est-à-dire avec amour, de comprendre
comment on pouvait avoir une perspective
féministe comme le dit
Emel dans l'extrait qu'on vient de voir
mais aussi en s'appuyant sur
les travaux de Fatima Malmissi
des sociologues féministes
musulmanes comme
Asma Lamrabet, comme
Amina Ouadoud, etc.
Quel est cet héritage alors qui permet
selon vous de lutter contre les stéréotypes
sur les femmes, sur les garçons arabes
comme vous dites, qui seraient toujours viriles
qui seraient toujours...
En fait il faut évidemment pour mettre fin à tout ça
mettre fin à l'idée
qu'on a des stéréotypes qui sont orientalistes
extrêmement néocoloniaux
qui sont autour de la beurrette, qui est un mot que je prohibe absolument
qui doit être aboli
de nos discours ambiants, la notion
de garçon arabe aussi qui n'est pas un homme
qui est un garçon donc qui est infériorisé
à souhait. Et donc l'idée pour moi
c'était de comprendre l'enjeu colonial
qu'il y avait autour de ça. On comprend aussi
à quel point c'est pris dans une dynamique
où nos héritages culturels
ils ont beaucoup de richesses autour de l'amour
une érotologie, une poésie
florissante dans les cultures
arabo-perso-amaziro-musulmane
sur ces questions de l'amour
que la colonialité nous a retiré
et évidemment je crois que ces
tabous religieux qui existent aujourd'hui
dans la majorité des pays maghrébins
et dans le monde arabe de Hispans-Arabas
avant c'était célébré cet amour-là
je crois que c'est vraiment important de pouvoir
mettre fin à ces stéréotypes
de mettre fin à l'injonction
hyper viriliste des hommes arabes
de mettre fin à la question des représentations
des femmes arabes comme étant
dociles ou soumises, etc.
Et vous citez Leïla Slimani
qui dit que nos sociétés doivent redonner une place à l'amour
en faire une puissance révolutionnaire
c'est ce que vous disiez. Vous écrivez vous
dans ce monde où la haine se déchaîne
de manière tonitrante, l'amour reste
notre âme salvatrice. Juste peut-être
un mot, quelles sont les réactions dans votre entourage
parce que parfois c'est vrai qu'il y a la tradition
aussi qui parle au nom de la religion
est-ce que vous avez eu des réactions épidermiques et ça fait partie du débat au fond ?
Pour les personnes qui n'ont pas encore lu mon livre
il y a des réactions épidermiques
assez haineuses. Pour les personnes qui ont lu mon livre
on a un peu plus de mal à réagir
puisque là on se met d'accord sur l'amour
et je pense que c'est la force, la puissance
de l'amour et de la joie, de l'empathie
du principe de soin de nos communautés
c'est de rappeler ce qu'il y a vraiment au fond
de nos cultures maghrébines, ce qu'il y a
à rappeler aussi c'est l'amour qui existe
en tant que notion centrale dans le Coran
et je crois que c'est à partir de ça
que ça peut se dissoudre. Pour moi
la haine c'est une division du monde
l'amour c'est une vision du monde
une vision contre une division
voilà donc pour révolutionner l'amour
grâce à la sagesse arabe et ou musulmane
avec ce gros titre
Amour Hub en arabe
sur la page de couverture
les coups de coeur de nos invités
à présent c'est notre séquence atmosphère
C'est l'image où ça ne s'invente pas
une musique de film
la bande originale de Asiel
Abierto composée par
le musicien Ludovico Ennodi
Pourquoi ce coup de coeur ?
Déjà
Ludovico Ennodi
c'est un de mes compositeurs préférés
mais là on le découvre dans un nouvel
univers assez mystique
où il y a beaucoup de guitare
beaucoup de sonorités de guitare alors que lui
de base c'est un pianiste
où il est très connu par ses compositions
pianistiques mais là on le retrouve
on retrouve un peu son univers mais avec
des instruments différents et c'est ce qui m'avait
plu dans cette nouvelle bande originale
de ce film qui sort d'ailleurs
cette semaine au Mexique
Et c'est l'histoire d'une fratrie qui au Mexique
part à la frontière américaine
essayer de retrouver l'homme responsable
de l'accident qui a coûté la vie à leur père
le comte de Bouderbala
Cheikh Bouderbala
qui va partir à Dubaï
je vais arrêter, coeur d'amande le dernier roman
de Yasmina Kadra sorti en France
on le précise chez Mialet Barot
éditeur et en Algérie chez Kazba édition
qu'est-ce qui vous a plu dans ce roman de Yasmina Kadra
moi c'est la plume de Yasmina Kadra
c'est son universalisme
francophone mais pas que
parce qu'il arrive
il a une façon
de décrire
qui mêle de la sincérité
du détail
de l'humour
c'est assez compliqué à décrire
et puis ça se lit
comme une friandise
un roman à lire donc
le dernier roman de Yasmina Kadra
coeur d'amande
le film Monsieur Aznavour
réalisé par Mehdi Dhir et Grand Corps Malade
avec Taraïm à l'affiche
et Bastien Bouillon
qu'est-ce qui vous a plu dans ce film dont on parle beaucoup en ce moment
film sur le grand Aznavour
sacré Paris
la prestation magistrale de Taraïm
je serais incapable de vous dire quels sont les moments
où il chante ou il ne chante pas
tellement on a le sentiment que c'est emparé du personnage
et parce que Aznavour
c'est un métèque
il parle de nous en fait
ça parle aussi de nous, c'est ça qui m'a beaucoup touchée
de la place de l'exil, de la place de l'identité
on revient au thème
qui nous sont chers
ça m'a beaucoup beaucoup touchée, beaucoup plus
voilà donc pour ce film, côté coup de coeur
de Nadia Troubissabsab, Jamal Ouazani
vous avez choisi la série Rami
avec Rami Youssef
et Iyama Bass
à voir actuellement chez nos confrères de France Télévisions
sur France.tv
Qu'est-ce qui vous a plu dans cette série ?
C'est évidemment que la série
est brillante et hilarante
elle parle de ce jeune homme qui est en recherche
d'amour dans le New Jersey
je crois et qui est vraiment en train
d'essayer de réconcilier ses identités
d'essayer de mettre
en pratique ce qu'il apprend de l'amour
et de la sexualité dans une famille
qui est une famille immigrée arabe musulmane
il y a vraiment beaucoup de sujets intéressants
dont la sexualité, la spiritualité
le racisme intracommunautaire notamment
et moi c'est des thématiques que je pratique
au quotidien dans mon podcast Jeans
Merci beaucoup à tous les 4 d'être venus
sur le plateau de Maghreb Orient Express
c'était un vrai plaisir d'être avec vous
et de partager ce moment, merci à vous également
d'être fidèles à MOE, on se retrouve
la semaine prochaine et quand vous le souhaitez sur notre plateforme
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