Halloween est le moment idéal pour repousser les limites de nos peurs : maison hantée, montagnes russes, films d’horreur… 👹 Pour connaître le fonctionnement de la peur et les raisons qui nous poussent à nous y confronter, Jamy s’est rendu au parc Astérix pour se mesurer à l'une de ses propres angoisses...
Que se passe-t-il quand on a peur ? Qu’est-ce qui génère de la peur ? Pourquoi aime-t-on les maisons hantées et les films d’épouvante ?
Accrochez-vous pour cet épisode riche en sensations fortes ! 😱🎢
00:00 Intro 00.35 L’origine de nos peurs 03:02 Que se passe-t-il quand on a peur ? 05:26 La peur paralyse 06:10 Peut-on vaincre ses peurs ? 06:57 La recette des montagnes russes 09:32 Pourquoi aime-t-on se faire peur ? 11:22 La peur est-elle contagieuse ? 13:47 Outro
Vidéo réalisée en collaboration commerciale avec @ParcAsterixTV
Il m'a fait peur, celui-là.
J'ai beau être un grand garçon,
la peur, ça ne se contrôle pas.
Il n'y a pas de honte à avoir.
C'est normal d'avoir peur.
C'est même parfois très utile.
Allez, aujourd'hui, on décortique cette émotion.
D'où vient-elle ?
À quoi sert-elle ?
Pourquoi aime-t-on parfois se faire peur,
mais pas d'angoisse ?
Bah souris !
À la base, personne n'aime avoir peur.
Et pourtant, cette émotion est très utile
dans la survie des espèces.
La peur nous permet de fuir
ou de faire face à un danger.
La peur est en fait un comportement instinctif
qui se déclenche face à l'inconnu.
Un bruit inhabituel, par exemple,
un individu à l'allure étrange,
l'attente de résultats d'analyses médicales ou d'examens.
La peur est aussi liée à nos apprentissages.
Si vous avez déjà été attaqué par un chien étant enfant,
vous risquez d'en avoir peur toute votre vie.
Elle peut aussi avoir une origine culturelle.
La vue d'une grosse migale, par exemple,
ne fera pas peur à une personne née en Amazonie.
Alors que 5% de la population française
a une peur bleue de la moindre petite araignée.
Allez, c'est parti !
Alors personnellement,
les araignées ne me font ni chaud ni froid.
En revanche, dans la situation dans laquelle je me trouve,
je vous promets que je n'en mène pas large.
Parmi les origines de la peur, il y a aussi la peur du vide.
Bon, c'est un petit peu ça,
mais chez moi, c'est autre chose.
Je vous en parlerai un peu plus tard.
Là, je vais m'arrêter de parler
et je crois que je vais crier.
Je sens qu'on approche.
Qu'est-ce que je fais là ?
Mais qu'est-ce que je fais ici ?
A gauche, c'est terrible !
Que se passe-t-il dans notre organisme
au moment où nous sommes saisis par la peur ?
Pour qu'elle se déclenche, il faut un stimulus,
une image, un bruit, une odeur.
La peur du vide, pour certains,
comme dans l'attraction précédente,
chez moi, je vous l'ai dit, c'est autre chose.
La peur que les wagonnets ne déraillent.
Et puis, il y a tous ces bruits autour de nous.
Ces données sont transmises à l'amidale.
Rien à voir avec les amidales qui se trouvent dans la gorge.
Cette amidale-là est située dans le cerveau
et c'est le siège de la peur.
C'est une petite structure en forme d'amande
chargée de déclencher un processus réactionnel
destiné à faire face à une situation
qui génère le stress ou la peur.
L'amidale permet donc de répondre rapidement face à un danger.
Une fois qu'une menace est détectée,
elle envoie à son tour un signal d'alarme
au niveau de deux petites glandes situées au-dessus des reins.
Les glandes surrénales.
Celles-ci déclenchent la libération d'un cocktail d'hormones.
Du cortisol, entre autres,
qu'on appelle aussi l'hormone du stress.
De la dopamine, des endorphines et de l'adrénaline.
L'adrénaline est une sorte de messager
qui va préparer l'organisme à affronter le danger.
Elle provoque la dilatation des pupilles
afin d'améliorer l'acuité visuelle.
Notre respiration accélère
afin de renouveler rapidement l'air que contiennent nos poumons.
Le cœur se met à battre plus vite
pour favoriser la circulation du sang
afin d'alimenter les muscles en oxygène
en cas de lutte ou de fuite.
Le foie, lui, produit plus de sucre pour fournir de l'énergie.
En cas de grosse frayeur,
notre estomac peut aussi se nouer
et notre bouche s'assécher.
La peur occasionne aussi des changements visibles à l'œil nu.
On devient pâle.
C'est parce que le sang se concentre en priorité
dans les muscles de nos jambes.
On transpire également.
Ce sont les fameuses sueurs froides
pour anticiper le refroidissement de nos muscles
en cas d'effort.
Bon, je vous rassure,
dans la majorité des cas,
tout cela ne dure que quelques instants.
Lorsque le cortex préfrontal,
la zone de réflexion,
réalise qu'il n'y a pas de danger,
il se charge de calmer le jeu.
La preuve ?
Tout va beaucoup mieux maintenant.
Dans certains cas,
la peur peut littéralement nous paralyser.
Ce réflexe se produit lorsque notre cerveau,
après analyse,
en déduit que le combat ou la fuite sont impossibles.
Autrement dit,
lorsqu'on se sent pris au piège de notre cerveau,
mais alors nos muscles à l'arrêt
dans l'espoir que notre agresseur
se désintéresse de nous.
Chez certains animaux,
comme l'opossum,
la paralysie est un véritable réflexe de survie
qui leur permet de simuler la mort
pour décourager certains prédateurs.
C'est aussi le tout premier de nos réflexes.
Il apparaît in utero
dès la cinquième semaine de grossesse
et a pour but de protéger l'embryon.
En cas de stress,
celui-ci se fige pour survivre.
Peut-on s'habituer aux situations
qui nous génèrent de la peur ?
Eh bien, la réponse est oui.
La peur des araignées
ou celle du vide, par exemple,
peuvent être traitées
à l'aide de différentes thérapies comportementales.
Ces techniques permettent de désensibiliser les patients
en les exposant de manière progressive
aux causes de leur peur.
A force d'y être confrontés,
ils s'habituent.
Conséquence, dans les parcs,
la peur générée par certaines attractions
finit par s'estomper.
Or, ce n'est pas le but du jeu.
Pour l'éviter,
les grands parcs sont obligés
de faire preuve d'inventivité,
de créativité.
Le travail de Julien Simon,
il est ingénieur dans ce parc.
Bonjour Julien.
Bonjour Jamy.
Alors, c'est quoi votre recette
pour toujours générer des sensations fortes
chez le public ?
Alors, recette,
je pense que c'est un terme assez intéressant
parce qu'on fait un peu de la cuisine
avec une montagne russe.
On a un ensemble d'éléments
qu'on va assembler tel un plat
pour créer ces sensations.
Sur Toutatis, par exemple,
on a essayé d'amener des éléments
qu'on n'avait pas encore
sur les autres montagnes russes
du parc SRX.
Par exemple, des catapultes,
c'est-à-dire que le visiteur
va être accéléré
via un système électromagnétique.
On a des inversions aussi
qui sont assez originales
parce qu'au lieu de juste
vous mettre la tête en bas,
on va aussi vous tirer vers le sol.
Vous allez vraiment avoir l'impression
de tomber.
On a énormément de moments
d'apesanteur.
Donc, on va vous faire flotter
dans le siège
comme un astronaute.
On va même vous tirer vers le haut.
On va vous exercer
jusqu'à moins 1,1 g.
Donc, on va vous tirer
de 1,1 fois votre poids
vers le ciel.
Donc, on a vraiment l'impression
d'être éjecté.
Donc, voilà.
C'est une espèce de cocktail
très varié pour susciter
le plus de sensations différentes
possibles.
Où est-ce que vous puisez
cette inspiration ?
Dans le passé,
mes prédécesseurs
se sont pas mal inspirés
par des figures
de la voltige aérienne.
Les premières inversions
viennent de là.
Et après,
on a des modèles mathématiques
qui nous permettent
de pousser un peu
les accélérations
en se disant
qu'est-ce que ça donnerait
si on combinait
telle force
dans ce sens
avec telle force
dans ce centre
en repartant
d'éléments
qui existent déjà
et en essayant
d'y amener
une petite saveur
légèrement différente.
On se donne compte,
bien sûr,
des limites du corps humain.
Tout cela est défini
par une norme.
Il y a une norme européenne
qui régit
ce que l'on a droit
de faire
avec le corps humain
de nos chers passagers.
Il faut avoir peur,
mais pas trop.
C'est ça.
Le but d'une bonne
montagne russe pour moi,
c'est que le visiteur
en descende
et ait immédiatement
envie d'en refaire un tour.
Si on met que des éléments
très intenses,
il va finir par être barbouillé,
il va sortir
et il va pas être très bien
et c'est pas du tout le but.
Vous avez parlé de recettes
et c'est aussi un morceau de musique
parce qu'il y a
tous ces ingrédients
comme des notes de musique
qu'on ne peut pas
mélanger n'importe comment.
Il y en a
qui se suivent
mieux que d'autres.
Généralement,
quand on fait une courbe à droite,
après on enchaîne
avec une courbe à gauche
et on essaie aussi
de jouer avec le rythme.
Et en fait,
on va alterner
entre succession
d'éléments rapides
pour faire une espèce
de staccato
et parfois
des éléments plus longs,
parfois même
des petites pauses
pour que le visiteur,
il est temps de reprendre
un peu son souffle
avant qu'on le réaspire
dans la suite du parcours.
C'est vraiment
un morceau de musique
qu'on compose
avec le constructeur.
Dans les parcs d'attractions,
les visiteurs sont donc
à la recherche
de sensations fortes.
Autrement dit,
ils aiment se faire peur.
Mais d'où vient
ce malin plaisir ?
Je ne suis pas très rassuré.
Mais je vous l'avoue,
ça m'amuse beaucoup.
Les maisons hantées,
les contes effrayants
peuplés de personnages maléfiques,
les films d'épouvante,
on est nombreux
à aimer ça.
C'est plutôt bizarre, non ?
On l'a dit tout à l'heure,
la peur n'est pas une émotion
qui génère du plaisir.
Alors, comment se fait-il
que parfois,
nous ayons envie
de nous faire peur ?
Eh bien, d'après
certains scientifiques,
nous sommes victimes
de la dopamine.
On l'appelle aussi
l'hormone du plaisir.
Elle est sécrétée
immédiatement,
par exemple,
après avoir fait du sport
ou mangé une pâtisserie.
Mais aussi,
après avoir vécu
une grosse frayeur.
C'est fini, là ?
Elle joue le rôle
de récompense.
Elle a donc
un aspect addictif.
Toutefois,
il y a une grande différence
entre se faire poursuivre
dans la vraie vie
par un tueur
et par un zombie
dans une fausse maison hantée
comme dans celle où je me trouve.
Là, je sais qu'au fond,
je ne risque rien.
Mon cerveau oscille donc
entre la peur générée
et l'excitation.
Et si vous vous demandez
pourquoi certains de vos amis
adorent les films d'horreur
quand vous les détestez,
eh bien,
c'est parce qu'au moment
du dénouement,
ils produisent
plus de dopamine que vous.
D'après une étude
publiée il y a quelques années,
les gens qui fabriquent
des taux élevés
de dopamine
sont plus à même
d'apprécier
les attractions
à sensations fortes
ou les films d'horreur.
Le plaisir
que l'on prend
à se faire peur
est donc lié
à la satisfaction
qui succède à la peur.
On ressent même
de la fierté
de l'avoir surmontée.
Se faire peur
permet donc parfois
de booster
l'estime de soi.
Il y a un autre phénomène
étrange avec la peur.
Comme le rire,
elle est contagieuse.
La maison hantée
ou le marécage
dans lequel je me trouve
ont été conçus
pour générer
de grosses frayeurs.
C'est pourquoi
les visiteurs
qui s'y rendent,
ils vont rarement seuls.
Le plus souvent
en groupe.
Ça les rassure.
Sauf
que la présence des autres,
contrairement à une idée reçue,
accentue la peur.
Quand une personne
se met à crier,
son voisin,
sa voisine,
en fait autant.
Même s'ils n'étaient pas
particulièrement effrayés
au départ.
En fait,
nous sommes sensibles
à la panique
ou à la peur
exprimées par nos proches.
La peur
est contagieuse.
Ce phénomène
a été étudié
par des chercheurs
du California Institute
of Technology
aux Etats-Unis.
Ils ont invité
156 personnes
à visiter
une maison hantée
à Potigo.
Pendant 30 minutes,
celles-ci ont été
confrontées
à des situations
terrifiantes.
Résultat,
plus les groupes
étaient nombreux,
plus les gens avaient peur.
Ce réflexe
n'est pas spécifique
aux êtres humains.
Il a été observé
chez la plupart
des animaux sociaux.
Tenez,
lorsqu'une antelope
aperçoit un lion
qui traque son troupeau,
elle se fige.
Un instant.
Puis,
elle lance un cri
exprimant sa peur
qui provoque
la fuite
de tout le groupe.
Cette réaction du groupe
n'est pas déclenchée
par la vue du lion.
La plupart ne l'ont pas vue.
Elle a été déclenchée
par le comportement
terrifié
d'un seul membre du groupe.
En un clin d'œil,
celui-ci
a transmis sa peur
à ses congénères.
Ce phénomène
est un puissant
réflexe de survie
mais il y a le revers
de la médaille.
Il est à l'origine
des crises de panique
de masse
qui peuvent survenir
lors
des concerts
ou d'événements sportifs.
Une fois que la peur
est déclenchée
dans la foule,
les gens
n'ont ni le temps
ni l'occasion
de vérifier
les sources de la terreur.
La peur
se propage
d'un individu à l'autre.
Tout le monde
se met à courir
et à crier
pour sauver sa vie
et parfois,
ça se termine
par des tragédies.
Comme quoi la peur
est essentielle
pour notre survie
mais très mauvaise conseillère.
Je ne suis pas très rassuré
mais promis,
je ne crierai pas.
C'est terminé
pour aujourd'hui.
Merci d'avoir regardé
cette vidéo jusqu'au bout.
J'espère ne pas
vous avoir fait trop peur.
On se retrouve
prochainement
sur les réseaux
Epicurieux
pour de nouvelles sensations
fortes.
A très vite !
Enfin...
Trop quand même !
Oh mon dieu !
Wow !
Ça déménage !
Énorme !