Les villes en Mésopotamie aux IVe et IIIe millénaires av. J.-C.

Questions d'Histoire
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2 Vues de vidéo·28 oct. 2024
Où et quand apparaissent les premières villes construites par notre espèce ? A quels besoins répondent-elles ? Quels sont les modèles urbains choisis et pourquoi ?
L'aventure de l'humanité 234. Leçon filmée (2021). D721
Jusqu'au XXe siècle, les campagnes étaient majoritaires sur terre.
Je parle ici sur le plan démographique.
Et dans le courant du XXe siècle, dans la deuxième moitié du XXe siècle,
il y a eu un retournement de situation, qui d'ailleurs s'est fait bien sûr progressivement.
Et dorénavant, aujourd'hui, au début du XXIe siècle, les habitants des villes sont majoritaires.
Et ce phénomène va toujours en s'accélérant.
Mon propos d'aujourd'hui portera sur l'origine des villes.
Il sera question, d'une part, de comprendre dans quel contexte elles sont nées.
Ensuite, d'essayer de situer l'endroit sur la planète où elles sont apparues,
ou plus exactement, où elles ont été inventées.
Et enfin, on va essayer de comprendre quelles sont leurs caractéristiques sur le plan urbanistique.
Et surtout, en conclusion, de proposer des hypothèses quant au pourquoi.
Pourquoi les villes ?
Les villes sont nées au Proche-Orient.
Quand, au IVe millénaire, et il est important d'emblée ici de signaler
que les foyers de naissance des premières villes sont multiples,
indépendants les uns des autres, contemporains, même s'ils se situent dans la même région de la planète.
Les villes sont nées au départ de développement de villages,
mais un certain nombre d'entre elles résultent aussi d'un acte volontaire de fondation.
Je reviendrai sur ce sujet dans la deuxième partie de mon exposé.
Car, effectivement, je vais m'attacher dans un premier temps,
comme je l'annonçais d'ailleurs en introduction,
au contexte dans lequel elles sont apparues sur le plan économique.
Ensuite, je vais m'intéresser au rayonnement urbanistique de la civilisation sumérienne
et, à partir de là, de voir quels sont les autres foyers urbains qui sont nés.
Et puis, je vais indiquer un certain nombre de caractéristiques
qui sont liées en particulier à leur localisation en femmes,
avant d'aborder une théorie qui a été posée, présentée par Alain Testard
dans un ouvrage que je vous montrerai tout à l'heure.
Les indices que nous possédons quant à l'origine des villes
sont liés essentiellement et presque exclusivement à des artefacts, à des sources archéologiques.
Puisque l'on se situe essentiellement dans une période qui appartient étymologiquement encore à la préhistoire,
puisque l'écriture ne sera inventée justement que pendant cette période où naissent les villes.
Mais les villes sont antérieures, en tout cas ce phénomène urbain est antérieur à l'invention d'écriture.
Les sociétés où naissent les villes sont des sociétés qui, structurellement parlant, sont de plus en plus hiérarchisées.
Ensuite, sur le plan démographique, les villes manifestent très clairement l'existence d'une explosion.
Maintenant, sur le plan économique et technologique, je vais, comme je l'ai déjà fait pour d'autres périodes,
essayer de voir quels sont les différents types d'activités qui apparaissent dans les villes, d'après les traces archéologiques,
en fonction des trois secteurs inventés, je dirais le modèle inventé par Jean Faurastier au milieu du siècle passé.
Autrement dit, voir quelle est la part du secteur primaire, celle du secteur secondaire et enfin du secteur tertiaire.
Le secteur primaire, c'est celui qui est issu directement des productions de matière première.
On voit qu'un certain nombre de paysages sont aménagés autour de réseaux de canaux qui permettent, et qui sont d'ailleurs conçus,
en fonction d'une activité nouvelle qui remonte quand même à quelques millénaires, à savoir l'agriculture.
Dans le secteur secondaire maintenant, c'est-à-dire le secteur qui concerne l'artisanat et l'industrie,
on voit apparaître un artisanat spécialisé et la production d'un certain nombre d'objets de luxe.
Sur le plan technologique, des innovations surgissent comme l'invention de la roue et surtout du tour de potier.
En plus, la maîtrise du feu, des températures, va permettre lors de la construction de fours
de réduire ou plutôt de faire fondre du minerai et d'allier un certain nombre de métaux.
On utilise également les fours pour produire des briques qui permettent la construction de nombreux bâtiments dont il nous reste des traces.
Enfin, dans le secteur tertiaire, les villes montrent la naissance d'un commerce à longue distance.
Donc tous ces éléments prouvent que l'on est dans une économie qui est en plein développement
et qu'il y a un lien étroit qui va être favorable entre, d'une part, le contexte économique,
on peut parler d'une véritable révolution néolithique mais qui remonte déjà à plusieurs siècles
et à propos de laquelle je me suis exprimé dans plusieurs cours d'ailleurs,
donc je n'y reviendrai pas pour cette période de la révolution néolithique.
Et ici je vais m'intéresser plutôt à la révolution urbaine qui appartient au dernier stade de cette révolution néolithique
mais qui lui est intimement liée.
Où les villes apparaissent-elles et peut-on parler d'un modèle qui s'est exporté ?
Sumer a connu incontestablement un rayonnement très important en la matière.
La civilisation de Sumer, ce n'est pas la civilisation d'un état,
c'est la civilisation d'une région, donc culturelle, où se situent un certain nombre de micro-états,
donc indépendants les uns les autres et qui n'ont jamais fait partie d'un royaume ou d'un empire unifié.
Le plus célèbre de ces sites sur le plan urbanistique est évidemment Uruk,
qui a une surface extrêmement étendue pour l'époque,
quand on compare le site d'Uruk avec d'autres sites urbains,
puisque le site d'Uruk comprend 200 hectares.
On y trouve des bâtiments monumentaux qui sont d'ailleurs décorés,
on y trouve également des calculis,
alors les calculis en fait ce sont des jetons en argile
qui se trouvaient dans, je dirais, des boules en argile qui étaient cuites également
et ces jetons servaient en fait à gérer.
Autrement dit, ils appartenaient, ils ont été conçus dans le cadre de la gestion économique
et de la gestion de ces micro-états.
Autrement dit, il s'agit de moyens administratifs pour calculer,
d'ailleurs le terme calculis, calcul vient de ces petits jetons,
parce que calculis ne signifie rien d'autre que cailloux,
ce sont des petits cailloux si vous voulez,
et qui sont à l'origine de notre système arithmétique.
On trouve également dans cette ville d'Uruk
de nouveaux systèmes symboliques comme les sauts-cylindres,
l'écriture qui est inventée à partir de 3400 avant notre ère, bien entendu,
qui apparaît tout d'abord sous la forme de signes pictographiques
et enfin sous la forme de cette écriture cunéiforme
qui va être utilisée pendant 3000 ans.
À côté d'Uruk, il y a un certain nombre d'autres villes sumériennes
qui sont, je l'ai déjà dit, des micro-états.
Ces micro-états sont concentrés autour de deux ou trois activités principales.
Ces villes, d'ailleurs, dominent un arrière-pays rural,
il s'agit de l'agriculture, de l'élevage de moutons,
mais aussi du commerce maritime,
parce que Sumer, cette civilisation sumérienne,
ces villes sumériennes, ces micro-états sumériens
se trouvent en fait dans le bas Euphrate
qui comprend de nombreux bras qui se jettent dans le golfe Persique
et c'est à cet endroit-là qu'apparaissent principalement les premières villes
puisque j'ai déjà annoncé tout à l'heure que d'autres villes apparaissent aussi
et apparemment de manière tout à fait indépendante du modèle sumérien.
Hors de Sumer, mais toujours dans le cadre du rayonnement sumérien,
on voit que l'ère culturelle de Sumer s'étend aussi au Moyen-Euphrate syrien
et dans des régions qui sont plus éloignées,
comme l'Anatolie, donc la Turquie actuelle,
alors une région qui n'est pas si éloignée que cela,
c'est l'Elam qui se trouve dans le sud-ouest de la Perse,
et enfin l'Égypte.
Il est très difficile de savoir dans quelle mesure
le modèle sumérien a pu avoir une influence dans ces régions,
mais en tout cas, il semble bien apparent.
Maintenant, nous allons passer aux autres foyers urbains
qui sont indépendants de Sumer.
Je vais distinguer ici deux types de villes,
donc deux types de naissances de villes.
Le premier modèle, ce sont les villes planifiées,
autrement dit, ce sont des villes fondées consciemment à un endroit
par la volonté de qui ?
Ce n'est pas toujours facile de le savoir,
ça peut être un chef, ça peut être aussi une communauté,
mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a un plan vraiment très clair
qui va être suivi,
plan qui peut être tantôt circulaire, tantôt quadrangulaire.
Dans le cas de plan circulaire,
la voirie est radioconcentrée,
donc vous comprenez que les rues à l'intérieur de la ville
comprennent un certain nombre d'allées
qui partent du centre et vont vers l'extérieur,
mais aussi un certain nombre de rues circulaires concentriques
à partir du centre.
C'est le cas du site de Tel Chouera, en Syrie du Nord.
Il s'agit d'une ville qui aurait été créée vers 3100 avant notre ère,
donc à la fin du quatrième millénaire.
C'est aussi le cas de Tel al-Raouda,
qui date de la deuxième moitié du troisième millénaire.
Ensuite, et je l'ai annoncé,
il y a des villes qui sont conçues, planifiées dès l'origine,
sur un plan quadrillé.
C'est le cas de fondations ouroukéennes,
c'est-à-dire de fondations qui partent du modèle d'Ourouk,
et de fondations que l'on trouve sur le Moyen-Euphrate syrien.
Vous remarquerez que ces plans se retrouvent, d'ailleurs,
dans des villes modernes, en particulier le plan quadrillé.
Si je pense à Barcelone, il y a la vieille ville,
et puis alors, au-delà de la vieille ville, il y a la ville neuve,
par là-dessus, la partie de la ville qui a été construite ultérieurement,
qui suit un plan, je dirais, strictement quadrillé.
On connaît ce plan aussi, mais il n'y a pas de lien ici, évidemment.
Soit que, dans l'autre sens, bien sûr,
le plan d'Hippodamos de Millet,
où vous aviez donc des villes, je pense aux villes hellénistiques,
des villes strictement avec des rues perpendiculaires.
Alors, maintenant, on peut considérer que les plans d'Hippodamos
sont eux-mêmes le fruit d'un travail, je dirais,
à partir de modèles plus anciens.
Mais ici, je n'affirme rien, d'autant plus que je ne suis pas spécialiste du tout
de cette période-là.
À côté de ces villes planifiées, donc, qui sont fondées
à la suite d'une décision, que ces plans soient circulaires
ou quadrangulaires, quadrillés,
il y a aussi, et c'est le cas de nombreuses villes, bien sûr,
qui résultent de développement de villages.
Je l'ai déjà dit dans d'autres cours concernant d'autres époques,
par exemple la période médiévale,
qu'une ville se définit essentiellement par ses fonctions,
beaucoup plus que par le nombre de ses habitants.
Donc, on ne peut pas dire qu'à partir d'un certain nombre d'habitants,
on est dans une ville, et en deçà, on est dans un village.
J'ai expliqué encore récemment dans un cours sur les villes
au XVIIIe siècle en France,
que là, il y avait effectivement une norme, si vous voulez,
enfin, pas une norme, mais en tout cas une référence statistique
qui était utilisée dans l'administration,
en dessous, au-dessus de 2000 habitants.
Il est évident que pour l'époque qui nous intéresse,
bon, là, on est dans un état moderne, bien entendu,
où on doit absolument trouver des règles pour définir,
pour catégoriser, à la suite d'un travail, je dirais,
lié à l'appareil d'État,
s'il s'agit de village ou s'il s'agit de ville.
Ici, je ne suis pas du tout dans cette démarche-ci,
d'autant plus qu'il est impossible de quantifier, évidemment,
le nombre d'habitants.
On peut faire des suppositions, bien sûr,
avec des fourchettes,
mais c'est extrêmement difficile pour des périodes aussi reculées,
voire quasiment impossibles.
Alors, maintenant, un certain nombre de caractéristiques,
d'abord liées à leur localisation,
où les villes se situent-elles maintenant
sur le plan géographique, dans l'espace ?
Il y a trois zones, en fait, que l'on peut repérer.
Tout d'abord, près des fleuves ou dans les régions côtières.
Ça ne vous étonnera pas quand vous voyez, quand même,
que beaucoup de villes de notre époque,
qui remontent au Moyen-Âge ou à l'Antiquité,
enfin, beaucoup du Moyen-Âge, à partir du XVIe et XIIe siècles,
sont nées au confluent d'un fleuve et d'une rivière
ou sur les berges d'un fleuve.
Ça, on en a de nombreux exemples,
et qui s'expliquent, évidemment,
par la facilité du transport des produits,
des marchandises qui peuvent être ainsi véhiculées
d'un endroit vers un autre.
Il y a ensuite la zone du croissant fertile.
Vous savez, cette zone qui part, justement, de Sumer,
qui remonte vers le nord
en suivant le tracé de l'Euphrate et du Tigre
et qui, en Syrie, redescend vers le sud-ouest
en y incluant le couloir Syro-Palestinien,
éventuellement Chypre également,
donc le sud-ouest de la Turquie,
et qui aboutit donc en Égypte
pour suivre le cours d'une île.
Tout le monde a appris cela en première année de secondaire,
lorsque nous avions douze ans,
donc ce n'est pas du neuf que je vous rappelle ici, bien sûr,
ou que j'évoque ici.
Alors, ce qui est intéressant,
c'est qu'on trouve des villes,
non seulement dans la zone du croissant fertile,
mais jusque dans les marges des déserts de Syrie.
Troisième zone, maintenant, c'est la zone des steppes.
Dans la zone des steppes, les villes sont plus réduites.
Leur création est liée à un contrôle territorial,
donc politique et économique, si vous voulez,
et aussi au développement du pastoralisme,
qui est pratiqué dans ces régions.
On observe qu'à partir du milieu du IIIe siècle,
ces villes se multiplient,
avec, sur le plan urbanistique, des remparts,
des quartiers d'habitation, des temples,
parfois des palais également.
Maintenant, il y a une question que vous vous posez certainement,
c'est de savoir s'il n'y a qu'un seul,
une seule théorie quant à l'origine des villes,
parce qu'ici, lorsque j'ai évoqué le contexte,
il s'est surtout agi, je dirais, de cause économique,
ou en tout cas d'un contexte économique favorable,
lié à la révolution néolithique,
c'est-à-dire l'invention de l'agriculture,
l'invention de l'élevage,
auquel va succéder l'invention du tour de potier,
l'invention de la roue,
les alliages de métaux,
donc tout ça renvoie plutôt à un modèle, je dirais,
économique quant à l'origine des villes.
Toutefois, il y a un certain nombre d'auteurs
qui considèrent qu'il y a inversion à faire,
ce ne serait pas l'économie qui serait à l'origine des villes,
mais ce serait un processus qui est celui de la naissance de l'État.
Et dans cette veine, dans cette école,
il y a Alain Testard, que je citais en introduction,
qui écrit un ouvrage passionnant,
mais qui ne porte pas d'ailleurs sur cette période,
c'est seulement à la fin de son livre qu'il traite vraiment de ce sujet,
un ouvrage d'Alain Testard intitulé
« Avant l'histoire, l'évolution des sociétés, de Lascaux à Carnac »,
ouvrage publié dans la Bibliothèque des sciences humaines,
aux éditions Gallimard.
Dans ce livre, et plus particulièrement dans l'épilogue,
qui couvre les pages 509 à 512,
il y a une théorie qui est proposée,
qui est d'ailleurs étayée dans cette conclusion,
ou plutôt dans cet épilogue,
puisque c'est ainsi qu'il intitule les dernières pages de son livre,
et que je vais vous lire in extenso.
« Je tiens », c'est Alain Testard qui s'exprime,
« que la naissance des vies ne s'explique pas par des considérations économiques,
mais s'explique partout par l'existence d'un pouvoir centralisé ».
Je dis bien centralisé,
parce que le pouvoir est antérieur à la naissance des vies.
« Un tel pouvoir a autour de lui des administrateurs
et manifeste sa grandeur en entretenant une cour et un certain luxe ».
Notez le terme « cour » ici, et « cour dépensière »,
ou en tout cas, cours dont il faut faire profiter ce don d'un certain nombre de cadeaux.
« Percevant les impôts, il dispose d'une grande capacité financière,
ce qui attire autour de lui les gens de métier ».
Donc, en fait, c'est l'État qui attire autour de lui,
donc c'est le pouvoir centralisé qui attire autour de lui les gens de métier.
Donc, il faut faire une petite flèche dans le cadre d'un schéma,
d'un petit arbre conceptuel, si vous voulez.
« Cette multiplicité d'administrateurs politiques et d'artisans »,
c'est-à-dire cette multiplicité de gens qui ne vivent plus à la campagne,
ni de la campagne, forment une ville.
Voilà. Donc, vous avez bien retenu.
Pouvoir centralisé, perception d'impôts, produit de luxe.
Il faut attirer des artisans spécialisés,
et c'est la multiplicité des gens qui vont être attirés par ce pouvoir centralisé
qui va faire qu'on va avoir une ville.
Donc, c'est la thèse qui est proposée ici.
« Laquelle peut être fort petite, comme l'on voit dans certains royaumes africains,
d'avant la colonisation.
La ville est liée à l'État et naît de lui. »
Donc, voilà. Ça, c'est la thèse qui est proposée.
Je pourrais vous lire, voilà, une partie de sa démonstration qui vient plus tard,
à la page 511, qui est plus longue, mais disons que le cœur, je dirais,
ce que je vous ai lu, c'est la thèse.
Et puis, il y a une démonstration où il explique que
« La démocratie primitive n'est pas favorable à la naissance de l'État.
Les organisations lignagères le sont beaucoup plus.
C'est ce que l'Afrique enseigne où l'on voit en permanence
des organisations lignagères glisser vers des royautés.
C'est que l'organisation lignagère suppose déjà de la part du chef du lignage
un pouvoir considérable, pouvoir sur les membres du lignage
dont il peut disposer des biens et qu'il peut bien souvent vendre en esclavage.
C'est lui qui distribue la terre, qui l'affecte à tel ou tel sous-groupe de son lignage. »
Écoutez bien, qui dit organisation lignagère, enfin dit hiérarchie.
Car au-dessus du chef du lignage minimum, il y a le chef du lignage moyen,
et au-dessus de ce dernier, le chef du lignage maximum.
C'est tout un emboîtement.
Et les hommes, ils sont pris comme dans des boîtes gigognes.
Ils sont pris également dans des hiérarchies selon les naisses,
selon les générations, selon leur ordre d'arrivée au village.
C'est déjà presque toute une administration dont vous voyez ici la démonstration.
Les organisations lignagères sont favorables à la naissance de l'État.
Il y a une cascade, je dirais, de lignages avec des petits chefs, des moyens chefs,
et finalement un grand chef.
Et à partir de ce moment-là, on peut parler, comment dirais-je, d'administration.
Et le roi africain ne fera pas très différemment du chef du lignage.
Il se bordera à coiffer toutes ses hiérarchies,
distribuera les terres là où auparavant c'était le chef du lignage,
c'est-à-dire un parent qui la distribuait, etc.
Donc, pour lui, la naissance de l'État est liée, je dirais, à la structure même,
à l'organisation de ces petits groupes qui, étagés les uns au-dessus des autres,
avec chacun leur chef lignagé, finissent par remonter au sommet de la pyramide
à un roi qui a une cour, qui a une administration, et c'est cela la naissance de l'État.
On ne peut exclure, avec évidemment échange de cadeaux, avec un lien de dépendance,
mais il faut rétribuer les chefs pour qu'ils restent attachés évidemment à ce système,
ou à l'autorité du roi.
On ne peut exclure que le Proche-Orient est connu à haute époque une démocratie primitive.
La question reste controversée, faute de données assurées,
mais les mentions mythologiques des assemblées des dieux le donnent à penser.
Le fait que les hommes aient été créés pour servir les dieux,
et presque comme leurs esclaves, semble toutefois renvoyer à une toute autre donne idéologique.
Quoi qu'il en soit, il est presque certain que le Proche-Orientien a connu l'organisation lignagère, etc.
Voilà, j'espère que vous avez bien compris ici la thèse développée par Alain Testat,
je remontre son livre, les extraits que j'ai pu vous lire se situent aux pages 509 et 512,
dans ce livre intitulé « Avant l'histoire » chez Gallimard.
Maintenant, je vous montre des ouvrages, certains qui sont anciens, mais qui ont été longtemps des classiques,
et c'est à ce titre-là que je voulais montrer, ne serait-ce que pour des raisons historiographiques.
D'abord de Gordon Child, je crois que ça date de 1961, pour la traduction française.
Alors maintenant, pour l'original, là, ça doit dater...
Enfin, je sais que Gordon Child a commencé à travailler sur ce sujet-là à partir de 1925.
Et puis il a publié toute une série d'ouvrages sur le sujet, peut-être que celui-ci date de 1939.
Il y a tout un... Attendez, j'ai peut-être l'année précise ici.
Oui, l'édition définitive date de 1954, en anglais donc, 1961 en français.
Donc, dans la collection Gallimard ID NRF de Gordon Child, de l'après-histoire à l'histoire,
qui est un ouvrage classique sur l'aube, je dirais, de l'histoire,
et qui comprend alors 30 pages sur la révolution urbaine en Mésopotamie,
mais depuis lors, bien sûr, de très nombreux travaux archéologiques ont étendu.
Et par conséquent, cet ouvrage sur le plan, je dirais, en termes d'information, est complètement dépassé,
mais c'est souvent pour démonter la thèse de Child et d'autres auteurs
que des recherches ont pu être menées, en tout cas ont voulu être menées.
Donc il a, de ce point de vue-là, un intérêt.
Alors, de Francis Joannès, « Les premières civilisations du Proche-Orient » chez BELA,
collection Histoire, c'est un manuel d'enseignement supérieur,
de Paul Garelli et d'autres auteurs,
« Le Proche-Orient asiatique, tome 1, des origines aux invasions des peuples de la mer »
dans la collection Nouvelles Clions, aux presses universitaires de France.
De Georges Roux, « La Mésopotamie » en point Histoire.
De Jean-Jacques Lassner, « La Mésopotamie dans la collection dit de bel-être des civilisations »
spécialiste de l'écriture.
De Jean-Claude Margueron, aussi un grand archéologue,
dans la collection « Archeologia Mundi »,
l'ouvrage intitulé « Mésopotamie » chez Nagel.
Alors, dans les dossiers d'archéologie,
numéro 378, novembre-décembre 2016,
l'histoire commence en Mésopotamie,
tôt départ d'une exposition au Louvre,
pour la partie du Louvre qui se trouve à Lens, dans le nord de la France.
Alors, un ouvrage qui est un petit peu décoiffant,
comme celui de Testar, de James Scott,
« Homo domesticus, une histoire profonde des premiers états ».
Alors là, on est au cœur, je dirais,
de cette problématique soulevée par Testar,
éditée à la découverte.
En fait, Scott est un spécialiste d'anthropologie
de l'université de Yale, aux États-Unis.
Et enfin, mais pour une période ultérieure,
où malheureusement, donc c'est bien dommage
que la Mésopotamie ne s'y trouve pas,
mais c'est tout à fait logique,
puisqu'il s'agit d'une histoire de l'Europe urbaine.
Donc, il n'y avait pas de raison que ça s'y trouve.
Donc, de Xavier Laffont, Jean-Yves Marc et de Maurice Sartre,
« La ville antique », sous la direction de Jean Lupinol,
qui porte évidemment sur la Grèce et Rome.
Donc, je dis, c'est dommage qu'il n'y ait pas eu,
dans cette collection-là, un volume aussi
sur la ville proche-orientale,
mais il n'y avait pas de raison,
ça aurait été une autre collection, bien sûr.
Donc, c'est dans la collection Point Histoire.
J'ai dit !
