++++++++++++++++++++ Le 8 janvier 1934, l’escroc Alexandre Stavisky est retrouvé mort par la police en Savoie. Il fuyait un mandat d’arrestation lancé contre lui pour une arnaque de grande ampleur : l’affaire du Crédit Municipal de Bayonne. L’implication de nombreux politiciens et la protection dont semblait jouir Alexandre Stavisky provoque un véritable scandale : le gouvernement démissionne et des manifestations éclatent. La plus importante se déroule le 6 février 1934, et a fait vaciller la IIIe. République…
- Jean-Michel Charlier, L’affaire Stavisky, Atlantica, 2017 - Stéphane Denoix de Saint Marc, Les Grands procès du XXe. siècle, Bouquins, 2016 - Denis Bon, L’affaire Stavisky, De Vecchi Editions, 2006
00:00 - Introduction 01:28 – Partenariat MyHeritage 03:32 – La fin d’Alexandre Stavisky 04:42 – Le parcours d’un escroc 08:29 – La case prison 09:40 – Les mécanismes de l’arnaque 11:15 – Le Crédit Municipal de Bayonne 12:56 – Le scandale Stavisky 14:43 – Vers les manifestations du 6 février 1934 17:33 – L’affaire Albert Prince 18:19 – Epilogue de l’affaire 19:43 - Outro
Munich, 1869.
Adele Spitzöder, une ancienne actrice en difficulté,
crée une banque privée et fait miroiter aux investisseurs des rendements vertigineux
qu'elle parvient à honorer.
De nombreux ouvriers et agriculteurs lui confient toutes leurs économies.
Portée par le bouche à oreille, l'affaire devient vite florissante.
Seul problème, il s'agit d'une arnaque.
Adele Spitzöder utilise l'argent des nouveaux investisseurs
pour rembourser les anciens, tout en conservant une grande partie pour elle-même.
Évidemment, lorsque les déposants qui demandent le retrait de leur argent
sont plus nombreux que les nouveaux arrivants,
le système s'effondre comme un château de cartes.
Ce système pyramidal, qui sera repris par Charles Ponzi dans les années 20
et qui lui donnera son nom, est un type d'arnaque financière
qui repose avant tout sur la confiance.
En France, au début des années 30,
un escroc du nom d'Alexandre Stavisky a utilisé ce système dans diverses arnaques
et a poussé cette mécanique de fraude à un tout autre niveau.
Fréquentant la haute société et les mondanités,
Stavisky, par son bas-goût et la confiance qu'il inspirait,
s'est associé avec des politiques, des journalistes et des fonctionnaires,
au point que lorsque l'escroquerie fut découverte, le pays tout entier fut secoué.
Dans un climat social et politique tendu,
où la défiance envers le personnel politique était déjà élevée,
l'affaire Stavisky fut la goutte d'eau qui provoqua les émeutes
qui ébranlèrent la République en 1934.
Revenons sur l'affaire Stavisky
et observons comment l'histoire de cet arnaqueur a fait vaciller le régime.
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Et revenons à notre sujet, l'affaire Stavisky.
La police investit à un chalet isolé,
nommé le Vieux Logis,
où se cache depuis quelques jours Alexandre Stavisky.
Les agents fouillent minutieusement l'endroit,
quand soudainement, derrière une porte restée close,
ils entendent une détonation,
puis le bruit d'un corps qui s'effondre.
Ils réussissent à entrer
et découvrent Stavisky au sol,
un revolver à ses côtés, le crâne traversé par une balle.
Mais il n'est pas mort.
Pendant plus de deux heures,
les policiers le laissent agoniser au sol
avant de l'envoyer à l'hôpital de Chamonix,
où il expire.
Mais cette mort intrigue.
Le canard enchaîné titre
« Stavisky se su***** d'un coup de revolver
qui lui a été tiré à bout portant ».
De nombreux journaux parlent d'un assassinat politique,
accusent les dirigeants du pays.
La lumière ne sera jamais officiellement faite sur son décès.
Pourtant, depuis qu'il a connu la prison en 1926,
Stavisky a toujours dit que le su*****
était préférable à un nouveau séjour derrière les barreaux.
Car Stavisky, au-delà de ses arnaques financières,
était passé maître dans l'art d'esquiver la justice.
Né en 1886 à Slobodka, dans la province de Kiev,
appartenant alors à l'Empire russe,
Sacha Alexandre Stavisky est le fils d'un chirurgien dentiste
et d'une couturière.
La famille émigre à Paris lorsqu'il a 4 ans,
la France étant alors considérée
comme une terre d'accueil pour les juifs
qui subissaient de nombreux pogroms dans la Russie tsariste.
Il est un élève médiocre au lycée Condorcet
et abandonne les études à 16 ans.
Son objectif ?
Être riche, par tous les moyens.
Il vole à son père les lingots qui servent à fabriquer des dents en or.
Les revends fréquentent très tôt les femmes de mœurs légères
et développent rapidement un véritable don pour la séduction.
Il envoûte de nombreuses femmes et dérobe leurs bijoux.
Beau parleur, avec un cul au monstre,
il n'hésite pas à imprimer de fausses cartes de visite
au nom d'un célèbre éditeur parisien
pour infiltrer les grands théâtres.
Démasqué, l'éditeur s'en amuse et ne porte pas plainte.
« Voilà un garçon qui saura se débrouiller », déclare-t-il.
Avec son grand-père,
il lance à 23 ans sa première arnaque de grande ampleur.
Les deux hommes décident de louer le théâtre Marigny,
vacant durant l'été,
et font paraître des annonces dans les journaux
pour recruter du personnel.
Ils demandent inconsciemment aux candidats qu'ils recrutent
et les extorquent ainsi de 12 000 francs.
Aucune représentation n'aura lieu.
Les plaintes affluent.
Stavisky est renvoyé en correctionnel.
Il use d'une tactique qu'il emploiera tout au long de sa vie.
Il engage un avocat renommé,
Albert Clémenceau, le frère de Georges,
et obtient des remises de peine.
L'affaire ne sera jugée que trois ans plus tard.
Il est condamné à 15 jours de prison avec sursis
et 25 francs d'amende.
En 1914, la guerre éclate.
Réformé en 1915,
il monte une nouvelle arnaque auprès du gouvernement italien.
Il crée une fausse société de fabrication d'explosifs
et promet la livraison de 20 000 obus.
Il exige le paiement avant livraison.
Les Italiens ne verront jamais la couleur des explosifs.
Un demi-million de francs détourné.
Avec cet argent,
il rembourse les victimes de ses nombreuses autres escroqueries,
empêchant souvent au dernier moment les poursuites judiciaires.
Stavisky fonctionnera toujours de cette façon.
Ses nouvelles arnaques permettent de dédommager les victimes de ses anciennes.
Une véritable fuite en avant s'engage.
Après un mariage qui n'aura duré que huit mois en 1910,
Stavisky séduit Jeanne Darcy,
une comédienne bien plus âgée que lui,
qu'il vole et trompe.
Après un accident de voiture qui la défigurera,
il l'abandonnera sans scrupule.
De 1910 à 1925,
les arnaques en tous genres s'enchaînent.
Faux chèques,
faux billets,
chèques sans provision,
salles de jeux clandestines,
trafic de drogue avec la Turquie,
qu'il abandonne rapidement car trop dangereux,
ou création de fausses sociétés.
Par exemple, il lance la marque Ptipo,
qui vend du bouillon.
Tout est d'apparence légale.
Il investit dans la publicité et les commandes à flux.
Personne ne pourra goûter ce bouillon,
qui ne sera jamais produit.
Idem avec la société Cima,
qui vend un appareil réfrigérant
qui fonctionne sans électricité.
Seul problème,
l'appareil n'existe pas.
Stavisky se dissimule souvent derrière des tiers
qu'il implique dans ses arnaques.
En 1925,
un chèque falsifié déposé par un complice à la banque
lui vaut une convocation par la police.
Au moment de l'interroger,
le chèque frauduleux a miraculeusement disparu du dossier.
Non lieu pour Stavisky.
Une tactique qu'il utilise désormais abondamment
pour échapper à la justice.
Graisser la patte des policiers,
fonctionnaires,
juges ou politiques
qui n'hésitent pas à faire disparaître des preuves
ou retarder la procédure
afin de lui éviter un procès.
A cette époque,
en pleine année folle,
le beau Sacha,
comme on le surnomme,
fréquente la société mondaine parisienne.
Élégant, séducteur,
beau parleur,
il séduit par son aplomb,
son apparente richesse
et ses manières de gentleman.
Stavisky ne vole pas directement.
Il manœuvre,
trafique
et fait miroiter d'importants profits
pour récupérer des liquidités à ses victimes.
Il est arrêté en 1926
suite à une arnaque liée à des chèques en bois
pour un montant de 6 millions de francs.
Ses relations au sein de la police et de l'appareil judiciaire
ne peuvent rien face à la volonté des plaignants
qui refusent de s'y désister.
Il est emprisonné à la prison de la santé
et parvient,
grâce à un médecin de complaisance,
à obtenir sa libération conditionnelle
après 17 mois sous les verrous
pour une soi-disant appendicite chronique aiguë.
Sorti le 28 décembre 1927,
supposément malade,
il passe le réveillon à s'encanailler
dans les boîtes de nuit de Montparnasse
en dégustant du caviar
et en s'enivrant au champagne millésimé.
Sans cesse repoussé,
le procès pour l'échec en bois n'aura jamais lieu.
A sa sortie de prison,
il épouse Arlette Simon,
mannequin chez Chanel,
dont il est éperdument amoureux.
Un nouveau chapitre commence pour Stavisky.
Il change d'identité.
Désormais,
il se fait appeler Serge-Alexandre,
obtient une nouvelle carte d'identité
et réussit l'exploit de faire oublier son tumultueux passé.
Monsieur-Alexandre,
comme on le surnomme désormais,
veut passer à la vitesse supérieure.
C'est alors qu'une nouvelle combine
lui est proposée par son complice Henri Hayotte.
L'idée est simple.
Mettre en gage dans un crédit municipal
les montes piétées comme on les nomme,
des objets qui seraient surestimés
par rapport à leur valeur réelle,
grâce à l'aide d'un appréciateur complice.
Ainsi,
des faux bons,
avec des intérêts de 5%,
sont émis.
Ils sont ensuite revendus
à des investisseurs et des institutions,
en faisant croire qu'ils sont sécurisés
par le crédit municipal.
Institution jugée respectable
et digne de confiance.
Stavisky et ses complices
encaissent donc l'argent en liquide
en revendant ces faux bons.
Cet argent finance
son train de vie fastueux,
lui permet d'acheter
politiciens et fonctionnaires
et surtout,
donne l'illusion
que l'on peut lui faire confiance
et lui prêter de l'argent.
L'apparente richesse de Stavisky
attire de nouvelles victimes.
Si les premiers investisseurs
réclament leur argent,
les sommes versées par les derniers
servent à rembourser les premiers.
C'est une pyramide de Ponzi bien rodée.
Un château de cartes fragile
qui fonctionne tant qu'il y a
de nouveaux arrivants
et que la confiance règne.
Sinon,
la cessation de paiement
dévoile le système
qui s'effondre.
Stavisky et ses complices
commencent l'opération
au Crédit Municipal d'Orléans.
Ils créent une société de bijouterie,
fait estimer de vraies pierres précieuses
par des experts,
puis les mettent en gage
au Crédit Municipal,
en ayant bien pris soin
de remplacer les pierres
par des fausses
de même apparence.
Les employés du Crédit Municipal
sont complices
et touchent de substantielles commissions.
En trois ans,
le Crédit Municipal d'Orléans
lui octroie pour 43 millions de francs
de faux bons.
Au moment où l'arnaque s'apprête
à être découverte,
Stavisky parvient à rembourser
le Crédit Municipal
et coupe toute relation
avec l'institution.
Durant cette période,
Stavisky flambe,
notamment dans les casinos
de Biarritz,
Saint-Jean-de-Luz
ou Osgore.
C'est à Bayonne
qu'il relance l'arnaque
du Crédit Municipal.
Avec l'aide du député-maire
Joseph Garra,
un nouveau monde piété
est fondé.
Garra use de ses relations
auprès du ministère du Commerce,
afin que les bons émis
soient souscrits par millions
auprès des compagnies d'insurance.
Garra apporte la confiance nécessaire
à ce type d'escroquerie.
Un obligé de Stavisky,
Gustave Tissier,
est nommé directeur
de l'établissement.
Contrairement à Orléans,
de faux bons
sont directement émis.
L'argent coule à flot.
Stavisky étend son emprise
sur la presse,
finance des campagnes électorales
et lance de nouvelles affaires.
Il s'installe au Claridge,
sur les Champs-Elysées,
acquiert les écuries
du Baron de Rothschild
et le Théâtre de l'Empire.
Mais la machine s'emballe rapidement.
Les faux bons émis,
qui représentent près de
250 millions de francs,
arrivent bientôt à échéance.
Il faut des liquidités
pour rembourser
les premiers souscripteurs.
Stavisky compte sur un nouveau coût,
qui paraît pour une fois légal,
sous les conseils du député
du 3ème arrondissement de Paris,
qui est également son avocat,
Gaston Bonheur,
redevable auprès de M. Alexandre,
d'avoir financé sa campagne.
Mais l'opération échoue.
Les faux bons de Bayonne
ne peuvent être remboursés.
Le 22 décembre 1933,
un fonctionnaire du ministère des Finances
vient inspecter
le crédit municipal de Bayonne.
Il constate des différences
entre le montant inscrit
sur les registres
et les bons émis.
Le directeur Tissier est arrêté.
Il dénonce Gara,
le député-maire,
et Stavisky.
Le scandale n'éclate pas tout de suite.
La catastrophe ferroviaire de Lannis,
qui a fait plus de 200 morts
sur la ligne Paris-Strasbourg,
fait la une de la presse.
Stavisky n'a d'autre choix que de fuir.
Il se terre en Savoie,
dans la villa du Viologie,
et lit, anxieux, les journaux.
Son nom apparaît dans la presse
pour la première fois le 29 décembre.
Un mandat d'arrêt est lancé contre lui.
Le 8 janvier 1934,
la police le retrouve,
étendu derrière une porte.
Une balle dans la tête.
En cette année 1934,
la France est traversée par plusieurs crises.
Celle économique de 1929
a atteint le pays en 1931.
Les années folles,
où l'insouciance régnait,
paraissent loin.
Fermeture d'usines,
baisse de la production agricole,
chute de revenus et chômage
se couplent à une crise sociale majeure.
Les gouvernements qui se succèdent
entre 1932 et 1934
n'arrivent pas à juguler ces crises.
Les tambouilles politiciennes
font naître un fort sentiment
d'anti-parlementarisme,
d'autant que nombre d'hommes politiques
ont été éclaboussés
par d'autres scandales financiers.
Plusieurs affaires
ont discrédité les dirigeants
à la même époque,
dont les plus célèbres
sont l'affaire Oustrique
et l'affaire Anneau.
Des fraudes et des arnaques
de grande ampleur
qui ont fait apparaître
des liens de protection
et de corruption
entre financiers
et personnels politiques.
L'affaire Oustrique
provoque la chute du gouvernement
tardieux en 1930,
plusieurs ministres
étant directement impliqués
dans cette vaste fraude financière.
Ces scandales
exacerbent la défiance
des citoyens
envers le personnel politique.
L'affaire Stavisky
provoque une étincelle
dans l'opinion,
que les journaux
et les mouvements d'opposition
font salamment monter en épingle.
À la mort suspecte
du principal intéressé,
qui alimente
les plus folles rumeurs,
s'ajoutent peu à peu
les noms des hommes politiques,
des journalistes,
des policiers
et des fonctionnaires
impliqués de près ou de loin
dans l'affaire.
Le directeur de journal
du Paris est arrêté.
Albert Dalimier,
ministre des colonies,
est contraint à la démission
dès le 9 janvier
pour avoir vanté
les garanties de sécurité
des bons de Bayonne.
Avec les 19 remises de peine
accordées à Stavisky,
la justice est pointée du doigt.
Le procureur général
Georges Pressart,
beau-frère du président
du conseil,
Camille Chottant,
est accusé d'avoir protégé
Stavisky sur ordre supérieur.
La situation devient
teintonnable
pour le gouvernement Chottant,
d'autant que les ligues
d'extrême droite,
en premier lieu l'Action française,
se déchaînent,
aussi bien dans la presse
que dans la rue.
Des manifestations éclatent
devant le palais Bourbon
dès le lendemain
de la mort de Stavisky,
au cri de
« Abat les voleurs ! »
L'opposition saisit l'occasion
et se déchaîne à la chambre
sur le gouvernement.
Le garde des Sceaux,
Eugène Reynaldi,
démissionne fin janvier,
compromis dans un autre
scandale financier.
Acculé,
Camille Chottant démissionne.
Le 30 janvier 1934,
Edouard Daladier parvient
à former un gouvernement.
Il écarte le magistrat Pressart
afin de calmer le jeu.
Mais il commet
une grave erreur politique.
Il mute le préfet de police
de Paris,
Jean Chiappe,
proche des milieux
d'extrême droite,
apprécié par les anciens combattants
et plutôt coulant
concernant les excès
que peuvent causer
ces manifestants dans la rue.
La baisse des pensions
des anciens combattants,
la réduction des salaires
des fonctionnaires
et le climat général
de défiance
envers les institutions
mènent à un appel à manifester
le 6 février 1934,
jour de l'investiture
de Daladier.
La majorité de la presse
relaie l'appel.
Ce sont plusieurs manifestations
qui s'ébranlent ce froid mardi.
Les ligues de droite,
Action Française,
Solidarité Française,
Jeunesse Patriote,
Camelot du Roi
ou Croix de Feu
convergent vers la place
de la Concorde.
Les anciens combattants
communistes manifestent
vers l'Arc de Triomphe
et souhaitent le limogeage
de Jean Chiappe.
Autour de l'Assemblée nationale,
la situation devient
rapidement confuse.
Beaucoup de manifestants
refusent de se disperser.
Des barricades sont dressées,
des autobus incendiés.
Certains accrochent
des lames de rasoir
à leur canne
pour couper les jarrés
des chevaux
de la police montée.
Des échanges
de coups de feu éclatent.
La police, débordée,
tire sur la foule.
16 morts côté manifestants
et les blessés
se comptent par centaines
dans les deux camps.
Daladier remet sa démission
dès le lendemain.
Un gouvernement
d'Union Nationale
avec des figures de droite
mais aussi des radicaux de gauche
est formé le 9 février.
Face à la menace fasciste
et à l'appel de la CGT,
socialistes et communistes
battent le pavé le 12 février.
Ce timide rapprochement
mènera, en 1936,
à la naissance du Front Populaire.
Parallèlement,
l'affaire Stavisky
continue d'être instruite.
Un nouvel événement
émeut l'opinion publique.
Le 20 février 1934,
Albert Prince,
chef de la section financière de Paris,
est retrouvé mort déchiqueté
sur la ligne Paris-Dijon.
Il est ligoté au rail,
des traces de lutte
sont retrouvées sur son corps.
Il a enquêté dès 1929
sur une autre arnaque de Stavisky,
la compagnie foncière,
où un système de fraude
et de marché public truqué
impliquait de nombreuses personnalités.
Après avoir conclu au suicide,
les commissaires inculpent
finalement des Cayennes Marseillais
pour le meurtre d'Albert Prince.
L'un d'eux avouera en 1944
que ce meurtre a été commandité
pour défendre la République.
L'affaire est vite oubliée.
Finalement,
un procès devant la cour d'assises de la Seine
s'ouvre en novembre 1935.
Pendant deux mois et demi,
1956 questions sont posées aux jurés.
Les seconds couteaux,
petits escrocs et hommes de main
se mêlent à des personnalités de plus haut rang.
Les accusés feignent l'ignorance,
la crédulité ou la naïveté.
Tout le monde se renvoie la balle.
Au final,
neuf condamnations sont prononcées,
allant de sept ans de travaux forcés pour Tissier
à deux mois de prison ferme pour le député Mergara
ou du sursis pour l'avocat Bonheur.
Ainsi se clôt l'affaire Stavisky,
dont les plus grands effets auront eu lieu dans la rue,
et dont les véritables répercussions
furent plus politiques que judiciaires.
L'affaire Stavisky
a catalysé la crise de confiance
que traversait la France au tournant des années 30.
Elle a fait apparaître un système
de corruption généralisée,
ou les intérêts personnels primés sur l'intérêt général.
La défiance envers cette république
à bout de souffle aurait pu provoquer
la chute du régime le 6 février 1934.
La crise politique qui en a résulté
a permis un sursaut de la gauche
avec la victoire du Front populaire en 1936.
La mort de Stavisky,
elle, est opportunément intervenue
pour les inculper, tout en recouvrant
l'affaire d'un voile de mystère.
Elle a permis de décharger l'essentiel des responsabilités
sur ce fantasque arnaqueur mondain.
Voilà, j'espère que cette vidéo vous a plu.
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