1 Vues de vidéo·6 nov. 2024 #LCP #DEBATDOC Il y a deux ans, la disparition de Mahsa Amini, tuée pour un voile mal porté, plongeait l'Iran dans la révolte. La jeunesse iranienne trop longtemps étouffée affrontait ouvertement le régime des Mollahs au péril de sa vie en scandant dans la rue « Femme, vie, liberté ». La répression féroce qui s'est immédiatement abattue sur les participants semblait avoir écrasé cet élan populaire. Pourtant, la jeunesse iranienne actuelle nourrit toujours des espoirs de révolution. La flamme de la contestation n'est définitivement pas éteinte.
Pour en parler, Jean-Pierre Gratien reçoit la journaliste de l'Express Hamdam Mostafavi, et la grand reporter au Figaro Delphine Minoui.
LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
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#LCP #DEBATDOC
Iran les visages de la colère
documentaire réalisé par Virginie plot
et chorche afkari ce dernier vous l'avez
compris a entièrement tourneré ce film
clandestinement pour rendre compte au
plus près du soulèvement femme vie
liberté qui secouit le pays grâce aussi
à l'immense courage de ceux qui comme
lui au risque de leur vie ont accepté
d'y témoigner 2 ans après son
déclenchement et même si la flamme
survit pourquoi cette révolution tant
espérée par beaucoup en Iran n'a pas
abouti nous allons poser la question
maintenant à nos deux invités présentes
aujourd'hui sur ce plateau de débat dog
Delphine Minoui est tout d'abord parmi
nous bienvenue à vous Delfin Minoui vous
êtes journaliste d'origine iranienne
lauréate du Prix albertl et grand
reporteur au quotidien Le Figaro vous
couvrez depuis maintenant 25 ans
l'actualité du proch et Moyen-Orient et
votre dernier roman s'intitule
Badens que l'on peut traduire je crois
par espigle ou effroné en Perse de tous
les jours on va dire et qui est la jeune
héroïne de ce roman plongé justement au
cœur du mouvement femme vie liberté je
conseille la lecture de ce roman il est
bouleversant et puis avec nous amdame
mostaap VII bienvenue à vous vous êtes
directrice adjointe de la rédaction de
l'Express vous aussi vous êtes une
journaliste d'origine iranienne et vous
avez été la rédactrice en chef du
magazine Courrier International on vient
de voir ce film il est bouleversant il a
été tourné sous le manteau hein si on
veut utiliser cette expression
entièrement clandestinement tourné en
Iran clandestinement monté en France par
la
coauteur de ce film qu'est-ce que nous
raconte ce documentaire tourné dans ces
conditions de ce fameux mouvement femme
vie liberté d'abord c'est un
documentaire tellement courageux moi je
je suis vraiment marqué par ce film qui
qui se distingue he de tout ce qu'on a
pu voir jusqu'ici sur sur l'Iran c'est
un vrai caléudoscope de la société
iranienne dans tous ces ver et on
sent en permanence à travers tous ces
jeunes qu'il est allé interviewerver ce
cri de d'espoir de rage de
colère et et évidemment aussi ces
désillusion de de la jeunesse iranienne
mais cette flamme qui continue malgré
tout à survivre parce qu' y a deux
acteurs majeurs en réalité dans ce
mouvement les femmes bien entendu les
femmes bien sûr qui ont été à l'origine
du du mouvement qui sont suivis par par
les jeunes et par extension la société
dans toute son intégralité puisque le
combat est partie d'un combat féminin
mais il faut rappeler que c'est un
combat également politique économique
voire écologique c'est toutes les
revendications de la société iranienne
qui se cristallis aujourd'hui dans ce
mouvement femme VI liberté vous avez vu
la même chose dans ce documentaire
qu'est-ce qui vous a frappé dans ce
contre-rendu tel qu'il a encore été une
fois un tourné produit ce film de ce
fameux mouvement c'est c'est
l'authenticité de ce documentaire le
caractère vraiment
je j'ai envie de dire palpable de de ce
que vit cette jeunesse et de ce que
vivent les Iraniens on sent que l'auteur
c'est un Iranien il connaît bien son
sujet il est allé raconter l'Iran sans
cliché tout simplement la vérité brute
avec les aspirations parfois très
simples de de de de ces gens qui veulent
de la liberté les sacrifices qu' sont
prêts à faire on en entend évidemment ça
fait des des des années qu'on travaille
là-dessus et on entend toujours mais
c'est vrai que là on on sent beaucoup
plus de manière viscérale ce qu'il
vivent et à quel point leur combat est
est simple et courageux qu'est-ce qu'on
peut dire 2 ans après on dit beaucoup
que ce mouvement a échoué qu'il a avorté
est-ce vraiment le cas aujourd'hui on a
eu le sentiment d'un de premier mois où
la répression a fait rage avec beaucoup
de manifestations publiques 2 ans après
où en sommes-nous aujourd'hui déjà il
faut rappeler que le mouvement par son
ampleur a était quand même inédit he
puisqu'il a touché tout le pays de dans
une géographie très très large on était
pas seulement sur des manifestations
dans la capitale ou dans certaines zones
donc Jina Massa Amini était d'origine du
Kurdistan qui est une région en à
l'ouest du pays et ça s'est diffusé
partout ça diffusé dans toutes les
régions ça a été très important
évidemment ça a été confronté à une
répression massive le nombre de de
condamnations à mort a triplé l'Iran est
un des derniers pays he qui qui qui
condamne à mort de manière très très
forte et qui en plus multiplier les
exécutions depuis ce mouvement donc ça a
été un mouvement important qui a été
fait face à un retour de bâton aussi
important aujourd'hui ce qui est certain
c'est que la flamme de la contestation
entre guillemets ne s'est jamais éteinte
elle a pris d'autres formes elle a pris
des formes évidemment on a vu le rôle
des réseaux sociaux qui est très
important qui compte quand même dans un
pays où c'est pas si facile d'aller sur
les réseaux sociaux euh on voit souvent
des femmes on voit des jeunes filles
dévoilées moi les témoignages que j'ai
c'est des jeunes filles qui se balade
toujours en Iran de manière dévoilée
alors que il faut rappeler que c'est
totalement interdit de se balader en
Iran sans le voile vous parliez de Jina
massaamini qui portait son voile de
manière un petit peu négligée c'est
quelque chose qui a toujours eu lieu en
Iran parce qu'en fait le voile islamique
a été imposé par la Révolution islamique
de 79 pe près un ou 2 ans après il a il
a toujours été finalement contesté par
une
énorme d' été extrêmement contesté dès
le début de cette rvolution en mars 79
les femmes étaient dans la rue pour
protester contre le le port de de ce
voile et pour illustrer ce que vous
venez de dire à l'instant il y a
effectivement ce qui cette vidéo virale
qui s'est développé depuis le 2 novembre
dernier il s'agit cette fois d'une
iranienne de 30 ans à haut darï qui est
étudiante en littérature française qui
Fa harcelé par des agents de sécurité au
sujet justement de ce fameux port de
voile et puis bah ses agents de sécurité
ont déchiré ses vêtements et puis elle
elle a considéré que elle allait enlever
dans la totalité de ses vêtements et se
poster devant son université à téran et
cette vidéo a été virale comme quoi la
flamme survit aujourd'hui oou vraiment
on peut considérer que ce mouvement n'a
pas abouti et a été victime de cette
fameuse répression dont on a parlé à
l'instant non je pense que cette image
et cette vidéo c'est justement c'est le
visage du courage de tant d'autres
iraniennes là la vidéo a été captée et
cette fille elle est vraiment passée à
un stade supérieur qui a été de dire mon
corp c'est mon choix et et c'est dire
non c'est exprimer un ralbol contre un
système castrateur depuis 45 ans un
système qui a colonisé et territorialisé
le corps des femmes qui a qui les a
embastillé dans dans un voile et ce qui
est par extension symbolique de cette
oppression que fait subir le régime à
l'intégralité de la société qu sort va
lui tre réservé à cette je femme dont on
dit aujourd'hui qu'elle serait dans un
hôpital psychiatrique oui alors
évidemment les autorités se sont
empressées de l'accuser d'être malade
mental de de subir des troubles mentaux
c'est c'est très typique de ce régime
qui va toujours tenter de de de
maquiller ce qui ne va pas dans le sens
du pouvoir on se souvient de toutes ces
jeunes femmes malheureusement qui sont
tombées sous les balles des forces de
l'ordre des des miliciens au pic des
grandes manifestations à chaque fois le
régime a voulu nous faire croire qu'il
s'agissait soit d'un suicide soit d'une
canette enfin d'une boîte de conserve
alimentaire p é qui a été qui a été
consommé problème de crise cardiaque il
y a ce maquillage permanent mais je peux
je pense que cette réaction du pouvoir
c'est aussi symbolique d'un pouvoir qui
a peur face à à à une société qui n'a
pas dit son dernier mot alors un pouvoir
qui a peur mais un appareil répressif
d'une terrible efficacité si on en juge
par les résultats auquels on a assisté
durant d'ailleurs toutes les les
mouvements de contestation auquels on a
assisté depuis la création de cette
république islamique en Iran on a une
idée du nombre de victimes aujourd'hui
lié à ce mouvement précisément et dû à
la répression du régime c'est très
difficile d'avoir des des chiffres du
côté officiel on parle de 300 à 500
victimes mais cuid de de de tous les
blessés il faut savoir que pendant les
manifestations les blessés n'osaient pas
aller dans les hôpitaux de peur d'être
arrêtés par les forces de l'ordre donc
des gens qui se sont fait soigner en
catimini par des par des médecins
clandestins quand il tirait au fusil de
chasse dans les foules
parfois c'était les parties génitales ou
les yeux qui étaient siamment touchés
donc beaucoup de blessés beaucoup de
prisonniers aussi des milliers de
détenus à l'heure actuelle mais moi ce
qui me marque vraiment c'est que en
effet si la révolution entre guillemets
n'a pas abouti si les gens ne sont pas
parvenus comme ils le souhaitait à
changer de régime ils ont réussi quelque
part à changer de trajectoire et ça
c'est déjà fort là au moment où l'on
parle il y a régulièrement d'autres
petits mouvements qui naissent ces
derniers mois par exemple c'était les
infirmières à travers le pays qui ont
commencé à lancer des mouvements de
grève pour réclamer de meilleures
conditions de travail la le quartier des
femmes de la prison des vines est devenu
un quartier de
mobilisation quasiment quotidienne avec
notamment entre autres l'activiste
narges Mohammadi prix Nobel de la paix
qui récemment a initié une nouvelle
campagne notamment contre la peine de
mort et donc à tour de rôle les femmes
se relaient pour organiser des des
grèves de la fin pour continuer à
mobiliser
le grand public en espérant que leurs
actions sortent de derrière les les
barreaux de la prison des vines et
continuent à encourager tous les
Iraniens à continuer à se mobiliser
narges Mohammad vous l'avez dit prix
Nobel c'était en 2023 voulez rajouter
quelque chose oui je je voulais dire
c'est vrai le réalisateur du
documentaire a 37 ans ça veut dire qu'il
est né la République islamique elle a 45
ans donc il est né il a vécu dans cette
république islamique on voit les jeunes
qui ont manifesté sont très jeunes
parfois de le plus jeune tué est un
garçon de 10 ans euh il y a des beaucoup
de jeunes de 15 à 22 ans à 25 ans c'est
aussi une révolte générationnelle c'est
les générations de des années 2000 hein
2000 2010 voilà c'est les petits enfants
moi je les ai appelé à l'époque dans un
éditorial les petits enfants de la
Révolution c'est-à-dire ceux qui c'est
vrai que les les les les parents
peut-être avaient peur aussi parfois de
se soulever ils avaient vécu la guerre
il faut savoir que la guerre Iran Irak
qui a eu lieu juste après la Révolution
islamique a quand même consolidé quelque
part la la République islamique puisque
quand le pays est attaqué forcément
c'est pas vraiment le moment où on va
manifester et c'est cette génération qui
elle est très ouverte les Iraniens ont
toujours été très connectés c'était
quasiment les premiers du Moyen-Orient à
se lancer dans les blogs dans les sites
internet donc c'est ils sont sur
Instagram il y a il y a beaucoup de
comptes donc c'est une génération qui a
toujours à travers des proxis réussi à
détourner la censure sur Internet donc
c'est une génération
qui est très ouverte sur le monde qui
est éduquée
anglophone c'est une génération qui paye
le prix du sang j'ai quelques chiffres
les qu premiers mois après le début du
du mouvement il y aurait eu 537 morts
donc 48 femmes 68 enfants 22000
arrestations mais le jeune chauffeur de
taxi le dit à quoi à quoi bon vivre si
je ne peux pas vivre dans dans ces
conditions à quoi bon V dans ces
conditions et c'est vrai que c'est le
cri d'une génération qui dit je refuse
je je préfère mourir que de vivre dans
cette dans dans ce carcan beaucoup trop
étroit c'est il y a eu voilà une une
idéologie qui a pris le pouvoir dans le
pays mais qui n'est pas représentative
de ce que vit la génération
d'aujourd'hui on voit aussi dans ce film
que beaucoup de choses se passent en
réalité dans la sphère privée et que le
peu de liberté dont bénéficie peut-être
cette jeunesse iranienne aujourd'hui et
ces femmes iraniennes se situent dans le
dans le cercle privé avant le cercle
public visiblement la répression a fait
son œuvre euh mais dans le cercle privé
c'est là que ça continue et bien sûr
vous l'avez dit sur les réseaux sociaux
Instagram exactement mais ça la sphère
privée ça a toujours existé c'est le
propre de la société iranienne qui se
sent cadenassé depuis l'arrivée des des
religieux au pouvoir en 79 qui sait en
permanence organiser des des des espaces
de survie pour pouvoir euh euh dialoguer
euh danser c'est une génération c'est un
P un peuple très joyeux euh
contrairement enfin voilà le pouvoir ce
sont des adorateurs de la mort les
Iraniens traquent la vie au quotidien et
pourquoi on est dans une génération
encore plus irrévérentieuse aujourd'hui
encore plus jusqu'au bouhiste prête à
mourir pour gagner la vie voyez c'est
c'est cette ce paradoxe c'est parce que
c'est comme vous le disiez c'est une
génération aussi très connectée qui a
encore plus conscience de la génération
que la génération d'avant de la façon
dont on vit à Los Angeles à Berlin à
Paris à Londres donc à quoi aspirent les
jeunes aujourd'hui c'est à vivre tout
simplement ce sont les réseaux sociaux
qui assurent la survie de ce mouvement
aujourd'hui très clairement je pense que
les réseaux sociaux jouent un rôle c'est
évident sachant que ces jeunes sont
connectés en permanence sur le monde
mais ce qui est très important c'est
qu'on sont connecté aussi entre eux on
parlait d'un mouvement global c'est tout
l'Iran qui s'est qui s'est réveillé donc
un jeune au fin fond du
Balouchistan pourra tenir une
conversation hebdomadaire avec avec un
jeûe qui se trouve au Kurdistan ou à
téran c'est-à-dire qu'aujourd'hui les
critères sont les mêmes et et ça crée du
lien et pour la première fois aussi ce
mouvement a a créé un pont entre la
diaspora à l'étranger et les Iraniens de
l'intérieur et ça c'est aussi cette
force qui fait que comme dans tout
mouvement social à partir du moment où
sort de son isolement et qu'on arrive au
collectif le courage devient contagieux
et la peur se transforme en force c'est
ce qu'on voit aussi dans ce documentaire
un mot peut-être sur cette diaspora il
en est aussi question dans ce film euh
le réalisateur apprend que la diaspora
ce serait un peu unifié derrière ce ce
mouvement c'est la réalité on a à faire
à une diaspora à 1 unifié et pleinement
derrière ce mouvement où les choses sont
pas aussi simples que ça les c'est des
Iraniens donc les choses ne sont jamais
si simples que ça mais néanmoins si on a
vu un phénomène inédit he au sein de la
diaspora iranienne qui a été de s'unir
parce que la diaspora iranienne est
globalement divisée entre les royalistes
entre ceux qui qui
pens entre évidemment il y avait
plusieurs tendan mais quand même on a vu
un mouvement qui a été incarné par
plusieurs grandes figures comme l'ancien
prix Nobel de la paix chirinebadi
ou le le prince héritier entre
guillemets RAA palavi voilà qui se sont
à un moment donné Unis l'activiste des
droits de l'homme
matialinejad il y a eu il y a eu il y a
eu un mouvement collectif de soutien à
ce mouvement il y a eu beaucoup de
relais parce qu'il y a énormément
d'Iraniens de la diaspora quelque part
nous en somm nous en sommes aussi une
forme d'incarnation mais c'est vrai
qu'il y a eu cette unification après
quand la politique reprend le dessus
c'est toujours plus compliqué d'avoir
quelque chose d'abouti qui fait que on
pourrait dire voilà demain si les
molathons voilà quel régime mettrait en
place mais il y a quand même une
aspiration démocratique très forte et
une capacité en tout cas de l'opposition
iranienne à discuter entre elle qui
n'existait pas avant ce mouvement sur le
plan intérieur est-ce
que le président en place le guide
suprême ont intégré cette révolution
autrement que par l'aspect répressif
autrement dit qu'ils ont lâché du lest
auprès des jeunes auprès des femmes
suite à ce mouvement et au dernierers
mois de ce mouvement mais je pense que
ce mouvement a révélé quelque chose
c'est le le fossé de plus en plus
croissant entre est-ce que le pouvoir
est capable de réduire ce fossé il a un
temps soit peu donné des des signe on a
pas vraiment l'impression c'estàdire que
la masse de protestataires ne cesse de
d'augmenter face à un noyau dur du
pouvoir qui se restreint de plus en plus
qui tremble c'est évident et qui ne se
raccroche qu'à la dernière arme qu'il a
entre les mains c'est la violence la
violence la répression et et et c'est
pour ça
que il s'pp sur qui ce
pouvoir pour pour mener à bien cette
cette répression sur les guides de la
révolution c'est c'est l'État dans
l'État iranien aujourd'hui qui qui se
charge des baseurs c'est un peu un
pouvoir à deux têtes c'est-à-dire que
vous avez le cercle des des des ultra
conservateur religieux autour de
l'ayatollah
khameneay qui qui qui ne sera
remplaçable entre guillemets que le jour
de de sa mort et l'armée des Gardiens de
la Révolution c'est-à-dire l'armée
d'élite l'armée parallèle qui tient
cette force terrible de de répression
qui est engagée à l'interne mais
également à l'externe avec euh des
leviers dans dans les pays de de de de
la région et euh et et donc aujourd'hui
c'est comme ça que ce système continue
continue à tenir face à une population
de plus en plus désillusionnée mais
d'après moi si le mouvement s'est assé
aujourd'hui il suffit d'un moindre
incident pour qu'il y ait une nouvelle
poussée de fièvre parce qu'on en est pas
à la première protestation en Iran quand
j'habitais en Iran j'ai couvert les
émutes estudiantines de 1999 à l'époque
c'était les étudiants ensuite vous avez
eu 2009
ces mouvements de manifestation contre
la fraude électorale puis la séquence
2017-29 où là on était plus dans les
provinces parce que c'était des cortèges
contre la chireté de la vie
l'augmentation du prix de l'essence donc
pour vous dire qu' à chaque instant il y
a eu comme ça des gens qui ont exprimé
leur mécontentement aujourd'hui le
pouvoir n'a répondu à aucune de ces
demandes ça s'entasse ça s'en pile donc
à la prochaine occasion je suis certaine
que les gens ressortiront dans la rue
parce que ils sont à c'est ce qu'ils
vous disent ils n'ont plus aucun horizon
en face non c'est vrai est-ce qu'ils ont
l'horizon de la Résistance intérieure ou
est-ce que l'horizon ne se réduirait pas
à l'exil tout simplement pour cette
jeunesse iranienne pour beaucoup est-ce
que la Résistance intérieure compte tenu
de tout ce que vous nous avez dit nous
citer un certain nombre de mouvements
qu' ont eu lieu depuis
79 ils n'ont jamais abouti ces
mouvements de contestation oui mais
parce que fautand'est pas condamné à
l'exil dans ces cas-là parce que l'exil
fait partie évidemment il y a énormément
d'Iraniens qui se sont exilé et encore
plus évidemment ces de dernières années
et il faut il faut il faut dire
évidemment que le régime profite à des
gens sinon le régime ne tiendrait pas
depuis 45 ans il a opéré comme tous les
régimes entre guillemets
révolutionnaires un renversement des
élites des personnes qui n'étaient pas
évidemment dépositaire du pouvoir parce
qu'on était sur des élites
traditionnelles ou des élites liées à
l'argent ou à la proximité avec le le le
chat d'Iran le le dirigeant aujourd'hui
ça a été complètement rebattu les cartes
et l'islamisation de la société a fait
que c'était d'autres personnes qui ont
été mises en avant et qui aujourd'hui
évidemment ne souhaitent pas que le
régime change comme partout mais ce qui
est vrai c'est que c'est ce cette
question générationnelle dont je vous
parlais c'est que maintenant la part y
compris ces ces personnes qui font
partie de l'appareil répressif ont même
des enfants qui eux-mêmes n'acceptent
pas cette cette nouvelle loi donc la la
force du du du nombre au bout d'un
moment même si beaucoup s'exilent et il
y a aussi d'autres formes d'évasion
c'est que l'Iran est un pays extrêmement
touché par le problème de drogue par les
problèmes aussi psychiatriques il y a
des d'autres formes aussi de façon
parfois terrible dont la jeunesse
cherche à s'extir d'ailleurs j'ai vu que
l'année dernière il y a eu 800
condamnations à mort hein la peine de
mort est évidemment toujours en activité
en Iran et la plupart de ces
condamnations à mort touché à la drogue
hein just oui après il y a certaines
condamnations à mort qui sont masquées
sous le terme de drogue mais c'est vrai
que la question de la drogue est très
est très importante et que c'est aussi
une forme d'évasion de la jeunesse qui
cherche à oublierier ce régime un mot
sur ces gardiens de la révolution état
dans l'état disent beaucoup ça présente
combien d'hommes 250000 hommes je dirais
à peu près mais ilcer dans la vie
économique dans la vie évidemment
sécuritaire du pays donc pour faire un
toutés ils sont omniprésents pour faire
un petit peu d'histoire c'est c'est un
peu la garde rapprochée de du numéro 1
du régime le guide suprême et ils sont
partis au début juste sur la question
sécuritaire et peu à peu à travers des
consortiums économiques ils se sont mis
la main sur divers pans de l'économie
notamment le pétrole la période des
sanctions a aussi entraîné des
phénomènes de contournement on sait
qu'aujourd'hui même si les Iraniens
n'ont théoriquement pas le droit de
vendre leur pétrole à tous il le ils le
vendent beaucoup à de nombre pays
notamment la Chine et c'est tout ça est
contrôlé par les gardiens de la
révolution on a beaucoup parler de cette
jeunesse de ces femmes iraniennes mais
justement le regard des parents de de la
génération précédente quel regard
porent-il sur sur ses enfants sur leurs
enfants qui mènent ce mouvementourd oui
alors c'est des parents qui font partie
de la génération d'avant des parents
plus plus prudents je dirais parce que
ils sont baignés de désillusions ils ont
cru aux réformes de l'Intérieur à
l'époque de Mohamad ratami la fin des
années 90 c'est les générations des
compromis qui s'est dit qu'on pouvait
changer le système par concession c'est
une génération aussi qui qui qui a vécu
de plein fouet la fraude électorale de
2009 quand le président ultra
conservateur mahmou madinejad est resté
est resté en poste donc c'est une
génération qui a beaucoup déchanté et
c'est là où elle est très différente de
la génération d'aujourd'hui qui est
tellement jusqu'au bouhiste qui
littéralement veut faire tomber le voile
comme elle veut faire tomber le le
régime alors ce qui est intéressant
c'est que justement est-ce que alors là
on n pas assisté à ça aux dernières
manifestations c'està-d que il y a des
parents qui restaient prudent qui qui
restai entre guillemets au balcon qui
soutenaient les manifestations mais qui
ne descendaient pas dans la rue mais ce
ralbol dont on parle s'il revient sur le
devant de la scène il n'est pas exclu
qu'à un moment donné les parents
rejoignent les enfants dans la rue et
c'est là où on atteindra une masse
critique qui fera trembler encore plus
le régime l'autre élément c'est que vous
parliez des Gardiens de la Révolution il
y en a certains plus de la vieille garde
entre guillemets qui sont plus dans la
retenue qui voient leurs enfants tomber
sous les balles et et qui n'adhèrent
plus à ce système auquel ils ont cru
donc il y a quand même des failles
internes il y a des fissures c'est en
train de craquer qu'est-ce que ça va
donner là c'est c'est l'avenir qui qui
nous le dira c'est cette fameuse masse
critique que vous évoquez qui pourrait
faire basculer le régime finalement vous
y croyez vous aussi ça sera le mot de la
finou il faut aussi se rappeler pour le
mot de la fin que l'Iran n'est pas tout
seul dans sa région qui a un contexte
régional fort que l'Iran est soumis fait
partie évidemment à lancer une sorte
d'axe de résistance contre la présence
américaine israélienne dans la région
donc ce sont des forces aussi
extérieures qui font peser évidemment
dans le jeu régional on sait pas on ne
sait pas qu'est-ce que ça peut donner il
y a à la fois la conjonction de
l'aspiration intérieure et du jeu
géopolitique régional qui peut faire
changer les choses et c'est un régime
qui s'est souvent appuyé sur ses sur
l'extérieur pour essayer de consolider
son pouvoir à l'intérieur c'est sans
doute pour cela que que vous nous dites
cela un grand merci vraiment à toutes
les deux d'avoir participé à ce débat
doc aujourd'hui après ce ce formidable
et bouleversant documentaire aujourd'hui
dans dans desbadoc
Iran le visage de la colère merci vos
réactions ça sera bien sûr sur hashtag
desbadog merci aussi à féliciter GAV
Victoria B qui m'ont aidé comme à
l'accoutumé à préparer cette émission le
prochain débat doc ça sera bien sûr avec
son documentaire et son débat à très
bientôt
[Musique]