Dans les traitements pour lutter contre la dépression, les molécules psychédéliques et apparentées commencent à revenir en médecine. Quels effets produisent-elles sur le cerveau ?
Dans cette 8e saison du podcast “Votre cerveau”, ”Hugo Bottemanne, psychiatre à l'hôpital Bicêtre dans un centre spécialisé dans le traitement de la dépression; chercheur associé dans l'équipe Moods de l'Université Paris-Saclay et à l'Institut du cerveau de Paris, et co-auteur, avec Lucie Joly, de "La dépression au féminin - Démystifier, comprendre, guérir" (Le Rocher), nous aide à comprendre les effets de la dépression, une maladie qui touche 350 millions de personnes.
votre cerveau les effets de la
dépression 6e et dernier épisode comment
les psychédéliques modifieent les
cerveau
dans cette première expérience vous vous
êtes retrouvé au bord de la mer à
écouter le dou ressac des vagues nous
allons maintenant réessayer cette
expérience mais cette fois-ci en
l'amplifiant
avez-vous senti comme votre perception
s'est étrangement amplifiée pendant
quelques secondes comme si vos sens
étaient saturés de signau sensoriel
cette sensation est caractéristique de
l'expérience psychédélique celle que
l'on peut ressentir lorsque l'on reçoit
un traitement avec une molécule
psychédélique ces dernières années les
molécules psychédéliques sont utilisés
pour traiter la dépression résistante au
traitement ouvrant à nouveau la
possibilité de l'utilisation médicale de
ces molécules après une période de
prohibition à partir des années 1970
contrairement au traitement
antidépresseur classique que nous avons
détaillé dans l'épisode précédent ces
molécules psychédéliques ont des effets
antidépresseurs qui sont dit d'action
rapide car ils peuvent apparaître
quelques heures à quelques jours après
l'administration
elles ont par ailleurs la particularité
d'induire des états modif de conscience
associé à des sensations de sortie du
corps de connexion avec l'environnement
ou encore des expériences mystiques
parmi ces molécule la plus célèbre est
la psylocybine un alcaloïde naturel issu
des champignons psylocybes une espèce
endémique qu'on retrouve dans la plupart
des régions du monde ces champignons
sont d'ailleurs tellement répandus sur
la planète qu'ils ont été utilisés à
viser rituel ou médicinale dans de
nombreuses cultures lorsqu'elle est
déphosphorylée la psyobine vient se
fixer sur les récepteurs sérotoninergiqu
qu'on appelle
5HT2A qui provoque une libération d'un
neurotransmetteur dont on a déjà parlé
dans les épisode précédent le glutamate
la psyobine est revenue en médecine au
début des années 2000 sous l'impulsion
d'un psychiatre qui s'appelle Roland
griffif qui travaillait à l'Université
John Hopkins ce psychiatre est un
fervant défenseur d'une approche
intégrative et il consacre d'ailleurs
une grande partie de sa carrière à
soulagé la souffrance psychologique des
patients qui souffrent de cancer en
phase terminale ce psych 4 réalise une
première étude qui montre qu'une dose
unique de psyobine associée à une
psychothérapie de soutien réduit
significativement l'anxiété et les
symptômes de dépression chez les
patients qui souffrent de symptômes
anxieux dépressifs en fin de
vie par la suite plusieurs autres études
réalisées notamment par l'équipe de
Robin kart Harris se concentrre sur la
dépression résistante au traitement et
montre une efficacité de ces molécules
dans cette indication en France depuis
une dizaine d'années la éamine est aussi
utilisée contre la dépression résistante
cette molécule qu'on dit anesthésique
est en fait utilisée chaque jour par les
anesthésis par les urgentistes notamment
pour sa capacité à induire rapidement un
état de conscience altéré contrairement
aux antidépresseurs conventionnelles ces
molécules psychédéliques vont en fait
entraîner des altérations transitoires
de votre perception certains de ces
effets sont vécus comme des expériences
presque mystiques avec une
phénoménologie qui est dépendante de la
molécule l'akétamine entraîne ainsi
majoritairement des effets dissociatifs
une déréalisation un sentiment
d'irréalité du monde et une
dépersonnalisation c'est-à-dire un
sentiment d'irréalité du corps
lorsqu'elle est intense cette
dépersonnalisation peut même être
associée à une autoscopie la sensation
de sortir de son corps ou un syndrome
d'Alice au pays des merveilles avec la
sensation d'allongement de
rétrécissement de ses propres membres ou
des objets qui sont autour de soi la
psyobine provoque des effets qui sont
plus classiques qui peuvent durer
d'ailleurs entre 4 et 8h et qui sont
plutôt caractérisés par des
hallucinations et un sentiment de
connexion avec le monde environnant
qu'on appelle en médecine godissolution
les patients ayant expérimenté ce
traitement décrivent même parfois la
sensation d'une révélation d'un
boulversement intérieur comme si la
manière dont il percevait le monde avait
été
transformé face au récit de ces patients
tout un champ de recherche en
neuroscience s'est développé pour
comprendre justement les effets de ces
molécules psychédéliques sur le cerveau
cette rapidité d'action ces effets très
puissants ne concordent pas avec une
théorie montante bottom up de la
correction des croyances que nous avons
détaillé dans l'épisode précédent après
une seule prise de psyocbine en fait on
se rend compte qu'il y a des changements
profonds dans l'activité des réseaux
cérébraux on retrouve ainsi une
augmentation de la connectivité entre
les cortex sensoriels une diminution
d'activité dans certaines zones et puis
des phénomènes qui pourraient participer
de façon globale à une sorte
d'amplification sensorielle
caractéristiqu de cette expérience la
majorité de ces résultats empiriques
suggèrent également une augmentation de
la plasticité cérébrale qui est induite
par ces psychédéliques ces molécules
notamment l'achétamine pourraient
notamment moduler les prédictions sur
l'origine du traitement des informations
et perturber un petit peu finalement les
croyances probabilistes qui sont
présentes dans la dépression il faut
savoir que lorsque le cerveau apprend à
partir de ces expériences il va modifier
la manière dont les neurones sont
connectés en créant de nouvelles
connexions les psychédéliques en fait
peuvent réduire la force et la précision
de ces connexions modifiant les
prédictions cérébrales et favorisant
finalement la mise à jour de ses
représentations mentales pour utiliser
une métaphore informatique c'est un peu
comme si ces molécules produisaient une
sorte de tempête cérébrale qui résultait
en une forme de reprogrammation profonde
de vos réseaux de croyance l'intérêt de
ces molécules est ainsi de concilier la
pharmacologie et la psychothérapie qui
est aujourd'hui en crise de légitimité
notamment face à la psychiatrie
biologique au cours de cette thérapie
l'accompagnement psycho thérapeutique
est indispensable il est même recommandé
que deux thérapeutes soient présents
constamment au côté du patient pendant
toute la durée de la séance cet état
d'ouverture et de flexibilité mentale
pourrait d'ailleurs favoriser le travail
de psychothérapie en faisant tomber
certains mécanismes de défense et en
supprimant les billet cognitifs
retrouvés dans la dépression malgré leur
potentiel il faut faire attention à ne
pas se précipiter sur ces molécules il
faut rappeler que l'utilisation médicale
de la psyloccibine n'est pas possible en
France et que celle de la kétamine
nécessite d'être bien encadrée
l'utilisation des psychéliques comme
traitement nécessite en fait des
protocoles formalisés des études
rigoureuses et une meilleure
connaissance de leur rapport bénéfice
risque ces précautions sont d'autant
plus importantes que ces traitements
peuvent entraîner des effets
indésirables psychologiques provoquer de
la peur de la tristesse ou provoquer
aussi des contextes d'addiction
notamment quand on a envie de répéter
les effets subjectifs qu'on a ressenti
pendant la prise certaines études ont
même montré que l'administration
chronique de kettamine pouvait modifier
un peu en profondeur les mécaniques de
mise à jour des croyances favorisant la
sensibilité à des stimulis qui étaient
non pertinents ce qui pouvait conduire à
des croyances paranoïque ou
superstitieuse dans la recherche sur ces
molécules il est impératif de procéder
par petite étape en commençant par
évaluer leur sécurité et leur efficacité
et en tenant compte des risques pour la
santé individuelle et collective les
maîtres mot pour la recherche
psychédélique sont rigueur scientifique
T pour la science protection des
individus fragile et cloisonnement
strict avec les usages récréatifs
au fil de ces épisodes nous avons
cheminé dans le monde en noir de la
dépression détaillant les biais de la
perception les couffres de l'action et
les croyances négatives qui envahissent
l'esprit lorsque l'on souffre de ce
trouble comme vous l'aurez compris la
dépression est bien plus qu'une émotion
de tristesse c'est plutôt une
transformation progressive de tout ce
qui fait votre esprit j'espère que votre
regard sur ce trouble a pu évoluer au
cours de ce chemin parcouru ensemble et
que vous pourrez utiliser cette
expérience pour pour soutenir tous ceux
autour de vous qui souffrent de
dépression c'était votre cerveau saison
8 les effets de la dépression par Hugo
Botman réalisation Charlotte
rou responsable de podcast originaux
Camille reenard chargé de programme
Elodie piel prise de sang Delphine baudé
mixage anony thon in de Bruin avec la
voix d'Alexandra
V un podcast à retrouver sur le site
franceculture.fr et l'application Radio
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