TALENTS D'ICI : Aux Pains Populaires, une boulangerie équitable
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Département de la Seine-Maritime
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1 Vues de vidéo·21 nov. 2024
Lors des trophées de l'artisanat, Mathieu Mastin de la boulangerie Aux Pains populaires a remporté le trophée de l'innovation. Depuis 2021, Mathieu Mastin et son équipe gèrent ce commerce situé à Dieppe avec un modèle économique innovant, social et équitable. Ils produisent au quotidien des pains et brioches biologiques et créent du lien social en accueillant des évènements divers.
Bonjour.
On est une boulangerie, on ne fait pas de croissants,
on ne fait pas de pain au chocolat, on ne fait pas de baguettes.
On va travailler exclusivement des matières premières brutes,
donc des farines qui sont écrasées localement par des agriculteurs,
du beurre qui est produit localement par des agriculteurs aussi.
On essaie de travailler en lien avec le territoire.
À partir de ces matières premières, on produit exclusivement du pain au levain,
donc ça veut dire qu'il n'y a que de la farine, de l'eau et du sel.
Ça veut dire qu'on ne va pas avoir d'adjuvants qui vont faciliter le travail pour faire du pain.
Donc il faut maîtriser les fermentations naturelles.
On n'a pas de diviseuse, on n'a pas de façonneuse,
on va juste avoir des pétrins pour pétrir, mais sinon on va tout faire à la main.
Et donc on va faire des grosses pièces de pain qu'on vend au poids,
des brioches qu'on va aussi principalement vendre au poids.
On organise notre entreprise de manière à partager le travail,
partager les richesses générées par l'entreprise.
Donc du coup on est dans une logique de réduction du temps de travail
puisqu'on est à 4 jours de travail chacun par semaine sur une moyenne de 32 heures,
ce qui est relativement rare dans le secteur de la boulangerie,
pour qu'on ait envie de le mettre en avant.
Déjà on avait cadré le fait qu'il n'y avait pas de travail de nuit,
contrairement à la plupart des boulangeries.
Donc on va commencer à 6 heures et terminer à 13 heures, voire parfois plus tôt.
Et c'est une fois toutes les 4 semaines maintenant qu'on va commencer tôt,
à 3h30 le samedi pour les cuissons.
Nous la logique c'était réduire le temps de travail et augmenter le salaire.
Donc on a commencé à 1400€ net pour tout le monde,
sachant ici que tout le monde a le même salaire, moi compris.
Et donc là on attaque la 3ème année, on est augmenté à 1900€ net pour tout le monde
et on fait des primes de redistribution.
Je pense que les conditions de travail sont chouettes et on s'épanouit tous ici.
Et en même temps on pense l'entreprise comme un producteur de valeur ajoutée sociale entre guillemets.
On a organisé des événements, on a accueilli des gens, on a offert thé, café, brioche
pour qu'on puisse se retrouver dans un espace ici qui est libre d'accès,
où il n'y a pas d'obligation de consommation,
pour que les gens se croisent, échangent leurs idées et essayent de créer un petit peu de lien social.
On a des amis qui organisent des brunchs,
ceux qui généralement redistribuent les bénéfices à Unasso,
on leur laisse la boulange à titre gracieux.
Une fois par mois on accueille du public aussi,
on fait des ateliers qui sont aussi gratuits, c'est sur notre temps libre.
Nous on va faire visiter la boulangerie, faire déguster des produits,
expliquer comment on travaille.
Et donc on avait à coeur de présenter un petit peu tout ça
parce que maintenant ça fait 3 ans qu'on fait ça, ça marche en fait.
On se rend compte qu'on peut gérer une entreprise de manière plus partageuse.
