Fondation Lejeune : inquiétude sur la fin de vie

KTOTV
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14 déc. 2024
Avant la dissolution du gouvernement, la discussion parlementaire sur la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté était annoncée à l’Assemblée. Cela demeure un sujet d’inquiétude pour la Fondation Jérôme Lejeune, comme l’exprime Lucie Pacherie, dans « La Parole aux Associaions ». Elle est juriste, responsable du plaidoyer France et porte-parole à la Fondation Lejeune.
Bonjour à tous, bienvenue dans La Parole aux Associations.
Je suis avec Lucie Pachery. Bonjour Lucie.
Bonjour.
Alors Lucie, vous êtes juriste, responsable du plaidoyer France
et porte-parole à la Fondation Lejeune.
La Fondation est impliquée dans le début du débat sur la légalisation de l'euthanasie
et du suicide assisté.
Ce débat dure depuis de longs mois maintenant en France.
Où est-ce qu'on en est ?
Cela va faire deux ans en effet que la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté
plane comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.
Tout est fait depuis deux ans pour emporter au fur et à mesure
l'adhésion des Français sur le sujet.
Et puis, il y a eu cette première lecture à l'Assemblée nationale entre mai et juin 2024
qui a été principalement menée d'ailleurs par des députés militants pro-euthanasie.
Il s'agissait du texte le plus permissif au monde.
Mais premier coup de théâtre, l'instabilité politique a fait ses preuves
et la dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin 2024
a stoppé net la première lecture de ce projet de loi
et a fait tomber ce texte en désuétude.
Alors six mois plus tard, c'est-à-dire aujourd'hui,
a été annoncée une nouvelle première lecture sur un nouveau texte
mais visant à la même fin, c'est-à-dire la légalisation de la mort administrée
et qui s'annonçait en février 2025.
Et puis deuxième coup de théâtre, il y a eu le vote de cette mention de censure
qui rend l'avenir de ce débat sur la légalisation de l'euthanasie
et de suicidacité un peu incertain.
Alors est-ce que vous pensez qu'un nouveau gouvernement
pourrait accélérer ou freiner ce débat ?
Alors c'est difficile à dire parce qu'il faut bien comprendre
qu'en soi l'Assemblée nationale a tout ce qu'il faut
pour reprendre un débat sur cette question-là.
Donc si le nouveau Premier ministre qui sera nommé
est opposé à un tel texte alors tout est possible
mais il est probable qu'il soit plus en mesure de retarder ce débat
plus que de l'annuler.
Et puis si le Premier ministre au contraire est en faveur d'un tel texte
et bien tout se déroulera sans grain de sable dans l'engrenage
et le débat parlementaire reprendra sur la question.
Qu'est-ce qui vous inquiète particulièrement dans ce texte ?
Est-ce qu'il y a des incohérences qui pourraient faire
réfléchir les Français sur le sujet ?
Alors tout est inquiétant dans ce texte.
D'abord parce qu'il viendrait, s'il était adopté,
faire de ce qui est aujourd'hui un crime, à savoir tuer autrui, un bien.
Ensuite parce que ce texte est la preuve qu'à partir du moment
où on franchit la ligne rouge, aucune digue, aucune limite ne peut tenir.
Par exemple le texte ne prévoit plus que le pronostic vital
doit être engagé à court ou moyen terme et laisse très large
l'interprétation de cette notion de pronostic vital engagé.
Le texte n'exclut pas non plus les personnes vulnérables
comme celles qui sont atteintes de maladies psychiques
ou porteuses de handicap.
Il ne prévoit pas non plus de clauses de conscience
pour les pharmaciens par exemple
ou encore permet qu'un tiers puisse administrer le produit létal.
Tout cela pourrait constituer un électrochoc pour les Français.
Et puis autre électrochoc ou autre notion qui pourrait
faire réfléchir les Français, c'est que la santé mentale
est déclarée grande cause nationale 2025.
C'est très incohérent puisque comment peut-on vouloir lutter
contre les pulsions de mort des suicidants et en même temps
abandonner les patients à leurs pulsions de mort en leur proposant
l'euthanasie et le suicide assisté.
C'est d'une telle incohérence qu'il faut espérer que les citoyens
s'en rendent compte.
Il faut en tout cas rester vigilant et agir.
La Fondation Jérôme Lejeune met à disposition un outil d'interpellation
des députés pour leur demander de ne pas voter un tel texte
mais aussi met à disposition un documentaire pour bien faire
comprendre les enjeux essentiels de ce débat.
Merci Lucie pour cet éclairage.
Je rappelle qu'on peut trouver plus d'informations sur le site
tout-mais-pas-ça.org qui est donc le site de mobilisation
de la Fondation Lejeune sur le sujet.
Merci d'avoir été avec nous Lucie, à très bientôt.
