Pour en débattre, Myriam Encaoua reçoit : - Medhi Bouzou, fils de Katherine Icardi-Lazareff qui a eu recours à l'euthanasie - Sandrine Rousseau, députée "Ecologiste" de Paris - Benoit Mournet, député "Renaissance" des Hautes-Pyrénées - Hervé de Lépineau, député "RN" de Vaucluse
Présenté comme la grande réforme sociétale de la nouvelle législature, ce projet de loi sur la fin de vie instaure une aide active à mourir sous certaines conditions strictes. Le sujet suscite des inquiétudes, chez les opposants comme les partisans de l’euthanasie ou du suicide assisté, qui espèrent faire évoluer le texte du gouvernement. Suivez ces deux semaines de discussion intense en séance publique sur LCP Assemblée nationale. Le vote solennel sur le texte est prévu le 11 juin.
bonsoir à tous et bienvenue sur LCP la
Chaîne Parlementaire mobilisé vous le
savez pour vous faire vivre en direct et
en intégralité le débat sur la fin de
vie et l'accompagnement des malades avec
salle des quatre colonnes à l'Assemblée
pour m'accompagner elamondingava pour
tout le décryptage et Dario borgognot
pour les réactions des députés bonsoir à
vous deux alors ce soir c'est le cœur de
la loi qui est discuté en séance les
députés examinent l'article 5 sur l'aide
à mourir sa définition précise et les
modalités de l'administration de la
substance létale l'équilibre est fragile
à trouver entre d'un côté la demande des
malades incurables en fin de vie et le
respect des soignants bonsoir méie bouou
bonsoir merci d'avoir accepté notre
invitation vous êtes le fils de
Catherine icardi Lazaref que la Chaîne
parlementaire a pu suivre votre mère
avait la maladie de Charco elle a choisi
d'en finir avant de perdre complètement
son autonomie vous étiez là on va y
revenir vous nous direz ce que ce que
vous attendez précisément de la loi bon
bonsoir Sandrine Rousseau bienvenue
député écologiste de Paris vous militez
depuis des années pour l'aide à mourir
votre histoire personnelle vous a forgé
une conviction mais au-delà votre mandat
de député bien sûr en fait plus personne
ne devrait traverser ce qu' a vécu votre
mère dites-vous récemment dans le Figaro
à la fin de son cancer on y reviendra
sans doute bonsoir Benoît mournet
bonsoir bienvenue à vous vous êtes
député renaissance des Hautes Pyrénées
vous êtes directeur d'hôpital de
profession vous êtes plus que réservé
vous sur l'aide à mourir tout comme vous
Hervé de lepineot bonsoir député
rassemblement national de vauelous
clairement hostile à toute évolution de
la loi on va commencer par votre
histoire si vous le voulez bien M bouou
votre mère a eu 1000 vies elle le dit
dans s'en aller le documentaire de
Céline Crespy pour LCP mais sa dernière
vie elle a décidé d'en choisir la fin en
fixant elle-même la limite du
supportable à cette maladie
neurodégénérative qui lui paralyse
progressivement le corps tout entier
regardez un
extrait il y a un an et demi le
diagnostic est tombé pour
Catherine brutal irrévocable
elle est atteinte d'une maladie de
Charco plein oui pas mal on sait qu'on
est dans un circuit fatal et
incurable et vous vous vous dites que
cette maladie vous voulez pas forcément
la vivre jusqu'au bout non je ne veux
pas les vire jusqu'au bout je veux pas
imposer la souffrance et la dégradation
de mon corps jusqu'au
bout je veux l'euthanasie je veux qu'un
médecin fasse geste pour
moi Catherine fait tout pour limiter
l'avancée de la maladie et ses médecins
ont du mal à entendre sa
demande en tout cas les patients qui
nous nous ont parlé de l'euthanasie ils
ont été très très marginaux il y en a il
y en a trois qui sont vraiment passés à
l'acte avec des raisons bien spécifiques
à chaque fois tout à fait mais il faut
reconnaître que quand on a appris cette
possibilité on se sent plus légère et on
est plus préparé au combat probablement
oui probablement que ce voilà vraiment
on se dit il y a une possibilité on a
envie d'aller le plus loin possible
parce qu'on sait qu'à un moment donné on
peut éteindre la lumière
Catherine a déjà rencontré une équipe de
médecins belges pour planifier sa mort
quand elle souffrira
trop on vit au jour le jour aujourd'hui
sans faire de
plan bien que j'ai moi à l'intérieur mon
plan partager avec mes enfants
[Musique]
mais pas
évidenttherine est il y a quelques mois
avec ses trois enfants dans les
bras je t'aime
[Musique]
tellement voilà s'en aller documentaire
de Céline Crespy et Pierre Yve de Hin
qui a retrouvé sur le site de lcplcp.fr
et surtout les les réseaux de de la
chaîne mie bouou votre mère s'est battue
jusqu'au bout elle dit dans le film que
ce qu'elle redoutait le plus sa première
limite c'était la perte du langage puis
elle a dépassé cette limite même très
largement euh est-ce que vous pouvez
nous raconter un petit peu ce que vous
avez traversé elle savait elle savait
s'exprimer via un ordinateur à la toute
fin écrire aussi alors ça a été euh
c'est une maladie qui qui effectivement
euh catastrophique on a en espace de 2
ans euh combattu chaque handicap au fur
et à mesure jusqu'à arriver à celui
quielle rotit le plus celui de la parole
alors ça commence par des difficultés à
à à articuler et euh au fur mesure à ne
plus du tout pouvoir aligner un mot donc
on a essayé effectivement avec euh les
système oculaire on a on a essayé
différents sujets mais à un moment donné
la maladie de charcos c'est tout t
muscles qui arrêtent de fonctionner donc
Ctait compliqué pour elle de pouvoir
bouger de pouvoir faire n'importe quel
mouvement qui permettait d'utiliser ce
type d'appareil donc on a terminé avec
le panneau avec les lettres et elle
faisait un signe de de de la tête
lorsqu'elle lorsqu'elle on était sur la
bonne re le choix de votre mère il était
loin d'aller de de soi pour vous comment
vous avez fait pour l'accepter bah alors
déjà quand elle nous a annoncé sa
maladie
euh elle nous a toujours appris à nous
battre peu importe les combats on a
toujours été au bout des choses et quand
elle m'a annoncé qu'elle voulait
effectivement partir en Belgique j'ai vu
ça comme un abandon comme quelque chose
qui
était complètement contraire à ce
qu'elle nous avait toujours dit toujours
inculqué donc j'étais pas d'accord
j'étais fâché même et puis elle est
revenue avec beaucoup de pédagogie euh
et j'ai vu un reportage qui s'appelle
les mots de la fin et qui m'a permis de
me rendre compte que je n'étais
absolument personne pour pouvoir me
permettre d'imposer à ma maman de
pouvoir de de subir cette déchéance et
de subir cette situation et et et sur ce
reportage on voit un peu comme le
reportage de Madame crispy qui qui est
super euh on on voit plusieurs personnes
plusieurs cas de figure des maladies et
et le dénominateur commun c'est lorsque
le docteur annonce le enfin leur dit oui
je vais vous accompagner on voit ces
gens qui étaient
crispés fermé malheureux triste à la à
la prononciation de oui je vais vous
accompagner leur trait se détend et et
un sourire au lèvre et et le fait de
fixer cette limite ça soulage ça permet
aussi aux familles de vivre mieux vivre
ces derniers moments vous avez pu
profiter d'elle elle est morte sereine
avec ses trois enfant votre frère et
votre sœur dans les bras oui exactement
bah je souhaite à tout le monde de de de
de finir sa vie comme elle l'a terminé
et je souhaite à tous les enfants de
pouvoir vivre la même chose bien sûr
c'est horrible je voulais pas qu'elle
parte si tôt surtout que moi c'était que
ma maman j'avais pas mon papa donc c'est
c'était hyper important pour moi de
l'avoir le plus longtemps possible mais
alors on était passe à une situation où
c'est incurable il y a pas de solution
donc on a pu profit comprendre ce qui
s'est passé euh elle est pas partie en
Belgique ça on le voit bien dans le film
finalement parce qu'elle ne pouvait plus
se déplacer oui tout a été quand même
programmé al planifié euh effectivement
quand quand elle a elle s'est rendu
compte qu'elle ne pourrait plus c'éit à
peu près au mois de septembre 2023 elle
m'a dit mon fils il faut que tu me
trouves une autre solution euh parce que
je ne peux pas enfin dans son langage
avec voilà le temps qu'on a passé euh et
et ça a été très compliqué mais on a
trouvé on a trouvé quelqu'un qui qui
nous a un petit peu accompagné et puis
on a on a fait on a respecté la la
volonté de ma maman et on l'a aidé à
partir est-ce que le geste létal peut
être fait par la famille pour vous alors
c'est compliqué euh qu'est-ce que vous
attendez de ce texte moi je je c'est le
choix c'est c'est la loi du choix le
choix pour les patients mais les choix
pour les médecins et les choix pour les
proches parce que on n'impose rien à
personne lorsque j'ai vu que ma maman
avait cette porte de sortie je l'ai
senti beaucoup plus détendue même si
elle était très forte elle était
beaucoup plus détendue donc ça nous a
permis de vivre ces deux années
merveilleusement bien et aujourd'hui ça
fait que 5 mois que ma maman est partie
et j'ai passé 2 ans jour pour jour
chaque jour j'étais avec elle j'ai passé
les nuits avec elle je l'ai vu étouffer
pendant 1 heure mettez-vous dans la
situation de quelqu'un qui étouffe
pendant 10 secondes je parle parle pas
de 1hure 10 secondes c'est très
compliqué elle ça duré parfois pendant 1
heure et on est là on l'accompagne et
quand on arrive à à cette situation là
on ne veut pas de ça pour sa maman on
veut pas de ça pour quelqu'un donc vous
attendez cette aide et donc moi moi je
voulais je voulais effectivement que que
que que le corps médical qui n'arrive
toujours pas à trouver une une solution
pour cette maladie fasse son job
malheureusement ils sont ils sont
démunis ils ont pas les budgets pour
voilà il y a encore beaucoup de choses à
faire et et cette loi ce n'est pas la
loi de l'euthanasie c'est la loi avant
tout des soins palliatifs donc c'est
très bien qu'on double les les budgets
c'est super mais pour certains cas très
spécifiques encadré exactement faut la
faire bouger cette ce soit un recours un
choix voilà Sandrine Rousseau vous
auriez aimé profiter de votre mère
atteintte d'un cancer en face terminale
ça n'a pas été le cas est-ce que votre
histoire fait écho aussi est-ce qu' a pu
vivre euh mais dit ce que vous n'avez
pas pu vivre qu'est-ce que ça vous
inspire bah c'est moi ma maman avait un
cancer donc c'était pas la maladie de
charcoot mais elle avait un cancer elle
avait décidé d'arrêter les soins c un
cancer contre lequel elle se battait
depuis 18 ans donc elle était on peut
pas dire qu'elle a lâché face à la
maladie au contraire elle a fait tout ce
qui était possible c'était des soins
très
douloureux et puis elle avait décidé de
mourir euh de manière programmée elle ne
voulait pas et c'était pour elle quelque
chose mais vraiment de très très très
important que le cancer gagne en fait
elle l'avait pendant 18 ans tenu à
distance et elle ne voulait pas et par
ailleurs dans la phase finale le cancer
était généralisé et elle avait des
métastases au poumon de sorte qu'en fait
elle elle étoufféit aussi et je pense
que il faut bien comprendre ce que c'est
que d'étouffer c'est vraiment une
sensation qui est très très dure à vivre
et moi je n'ai pas
euité du départ et c'estàd quand elle a
pas voulu que ce soit nous qui fçion le
geste
elle a pas voulu non plus partir en
Belgique et en Suisse parce qu'elle
voulait mourir chez elle et donc elle a
attendu enfin un jour je lui ai dit je
vais venir te voir puisqu'on habitait
loin donc je lui ai dit je viens euh je
viens te voir et pendant que mon père
est venu me chercher à la gare elle a
avalé tous les médicaments qui se
trouvaient dans la boîte à médicament
donc il y avait des antipaludiques il y
avait du paracétamo enfin tout ce
qu'elle a trouvé elle l' elle l' avalé
donc elle s'est suicidée véritablement
mais avec des médicaments qui n'étaient
pas du tout adaptés à ça et elle nous a
laissé un petit mot à mon père et moi
mais vraiment griffonné à la vite et en
fait moi je voudrais juste dire deux
choses c'est que ce départ là est
horrible mais vraiment horrible c'estàd
que en fait elle le voulait elle l'avait
programmé le jour où elle elle allait
partir et pour autant elle ne nous a pas
serré dans ses bras elle ne nous a pas
dit les mots d'amour qu'on était qu'on
aurait été heureux d'entendre et
partager et et que que nous aussi nous
puissions lui dire tous les mots d'amour
dont nous avions besoin aussi pour notre
propre deuil et donc quand on est arrivé
du train elle était déjà inconsciente
donc en fait on a été avec mon père
spectateur de cette de cette agonie et
mon frère lui n'était pas là ce qui est
aussi un rôle extrêmement difficile mais
moi je voudrais dire que dans les dans
le débat sur cette loi moi des fois je
je suis et je ne m'attendais pas à ce
que ça réveille comme ça en moi ce ce
moment-là parce que je pensais avoir
dépassé ce cap et en fait c'est ces
débats éveillent chez moi vraiment
quelque chose de très profond où parfois
j'ai l'impression que c'est comme si
elle avait fait un geste honteux un
geste dangereux un geste et en fait
c'était un geste de profondément
d'honneur en fait elle voulait que son
honneur soit sauf et elle n'est pas
partie dans la sérénité et c'est et en
fait je ne sais pas si on se rend bien
compte de ce que ça veut dire et pour
les proches et pour les malad de ne pas
partir dans la sérénité et c'est pour ça
que moi je me bats pour que cette aide à
mourir existe pour que les prochains et
les prochaines puissent mourir dans la
sérénité parce qu'en fait c'est ben
voilà on sait quand on est sur terre
qu'il y a une fin mais par contre le
vivre avec ses proches avec les gens
qu'on aime en pouvoir en pouvant dire
les mots et bien ça change radicalement
les choses Benoît mournet ce sont deux
témoignages extrêmement forts je sais
que beaucoup d'entre vous cheminent vous
avez déjà une conviction comment comment
vous réagissez au fond cette loi permet
la sérénité de tous déjà je vous
remercier pour vos témoignages qui sont
en effet bouleversants et au moins on se
dit que là on est en train de discuter
de choses incarnées tangibles on n pas
dans un débat théorique ou
conceptuel dans ce débat moi ce qui me
m'interroge aussi parce que je on est
tous habité par le doute et et moi je
souhaite que dans ces semaines qui
arrivent que les députés qui peut-être
entrent avec une conviction puisse
sortir avec une autre c'est ça en fait
qui est l'intérêt d'une délibération
publique je sais pas si on y arrivera ça
a été un peu le cas en en commission
mais c'est ce qui est profondément
souhaitable est-ce que vous vous dites
l'important et en premier oui c'est le
malade lui-même dans des conditions
extrêmementcadrées on va les revoir
elles sont six incurable souffrance
réfractaire évidemment il faut être
majeur avec un consentement libre mal le
malade est au cœur moi moi si ce qui me
ce qui m'interroge fondamentalement
c'est que moi je l'ai vécu dans mon
milieu professionnel effectivement
l'hôpital chunevier qui est une très
belle unité de soins palliatif dans les
Hautes Pyrénées il y a une vraie culture
palliative du premier recours on n pas
encore d'unité on fait partie des 20
départements qui ont pas d'unité dédié
et en vérité aujourd'hui vous avez
400000 personnes en France qui auraient
besoin des soins palliatifs et vous en
avez à peu près la moitié qui accèdent
donc il faut saluer bien sûr ce plan
décennal qui va doubler à horizon 10 ans
les budgets mais la réalité
d'aujourd'hui c'est que beaucoup partent
sans pouvoir avoir la chance de
bénéficier de ces soins d'accompagnement
portés par des équipe vraiment d'une
grande d'une grande humanité et c'est ce
qui me dérange fondamentalement
c'est-à-dire de dire on va ouvrir une
voie alternative parce que le le passage
en soin palliatif n'est pas une
condition de l'aide à mourir y y a-t-il
des cas limites réfractaires qui
échappent au soins palliatifs comme le
SLA peut-être peut-être peut-être que
par exception ultime mais là on n'est
pas dans cette réalité dans cette
réalité aujourd'hui donc ça pour vous il
aurait fallu déjà garantir l'accès au
soins palliatifs avant de faire évoluer
le
Touri parce que le temps reste forcément
Hervé de l'pino c'est vrai
qu'aujourd'hui avec le texte du
Gouvernement tel qu'il est écrit
notamment sur le pronostic vital moyen
et court terme engagé et bien Catherine
n'aurait même pas pu recourir à l'aide à
mourir est que c'est normal pour la
maladie de char notamment corriger une
votre introduction je ne suis pas opposé
à toute
évolutionillesors mal compris j'ai voté
j'ai voté le Titre 1 le fait des soins
palliatifs un droit opposable donc je
suis moi mais le premier à dire que nous
sommes totalement inégaux devant la mort
mais la solidarité nationale doit faire
en sorte de restreindre cette inégalité
et deuxè élément les malades se
ressemble pas certaines sont extrêmement
douloureuses euh dans leur vécu d'autres
sont plus rapides et je dirais que c'est
au progrès médical d'accompagner ces
différences et les soins palliatifs
constituent une opportunité formidable
et la loi cl Leonetti avait prévu la
sédation profonde et continue dans les
cas justement intenables pour le malade
et et là je crois qu'on est assez peu
appliqué hein quand on le regarde de
près les les soins palliatifs refusent
de faire le geste pour pour beaucoup
hein alors parce que les critères sont
stricts alors on peut réfléchir
effectivement ensemble à un
assouplissement des critères chacun a
parlé de je dirais d'un cas qui l'a
touché moi je vais vous parler de ma
maman qui qui nous a quitté au mois de
novembre
dernier un cancer récidif qu'elle n'a
pas voulu soigner non plus c'était son
droit le plus absolu la maladie est
avancée et 36 he avant sa mort elle
souffrait énormément du foie puisque les
métastases l'avaient atteint elle a
demandé au médecin la sédation profonde
le médecin lui a dit madame vous ne
rentrez pas dans les critères par contre
je peux vous poser un cathéterère nous
allons mettre une pompe à morphine et
nous allons atténuer la douleur c'est ce
qui s'est passé donc pour vous si les
soins palliatifs étaient garantis qu'il
y avait une véritable montée en
puissance avec les moyens derrière
partout sur le territoire les demandes
de mort n'existerait plus alors elles
existerait toujours parce que la nature
humaine est ainsi faite on on est tous
je dirais touché par nos limites et et
la volonté de vivre est quelque part une
limite aussi je con soois par
parfitement que certains décident
d'abréger cette limite mais l'effort je
le répète placé au niveau de la
solidarité nationale nécessite que l'on
mette vraiment tous les moyens pour
couvrir la totalité du territoire
d'unité de soins palliatif et les faire
évoluer d'ailleurs je crois que
l'ensemble des députés se retrouve sur
les les soins palliatifs je vous donne
la parole Sandrine Rousseau dans dans un
instant il y a la demande du malade en
fin de vie et puis il y a ceux qui
restent et notamment les proches je
voudrais qu'on s'arrête sur cette grande
question l'administration du geste qui
doit faire le geste avant de vous
entendre on va rejoindre elsam
mondingava on va voir de près avec vous
ce que dit l'article 5 au départ le
gouvernement dans le texte initial avait
prévu deux cas de figure oui exactement
cet article 5 c'est celui qui définit
l'aide à mourir comme le fait
d'autoriser d'accompagner une personne
qui en a fait la demande à recourir à
une substance létale écoutez bien afin
qu'elle se l'administre ou lorsqu'elle
est physiquement dans l'incapacité de le
faire qu'elle se le fasse AD istré par
un médecin un infirmier ou par une
personne qu'elle aurait désigné la
volonté initiale du gouvernement c'est
bien que dans la grande majorité ce soit
le patient lui-même qui s'administre la
substance à quelques exceptions près et
les les députés en commission spécial
sont revenus sur cette version initiale
oui exactement alors pas dans cet
article 5 il y a cet article 5 qui
définit l'aide à mourir l'article 6 les
critères et ensuite les articles 7
jusqu'à 15 ça définit vraiment tout le
processus et bien c'est à cet article
article 11 qu'un amendement d'une
députée de la majorité a été adopté pour
laisser le choix à la personne de
choisir si elle s'administre la
substance si elle demande à un médecin
ou si elle demande à une personne
volontaire pour le gouvernement ça a
déséquilibré le texte la présidente de
la commission spéciale agès firmain le
baudau dit par exemple qu'on risque de
braquer encore plus le personnel
soignant vous le savez les médecins sont
divisés sur cette aide à mourir merci
beaucoup el mondingava Sandrine Rousseau
cette question de qui doit faire le
geste
il y a la clause de conscience hein dans
le texte garantie donc tous les médecins
tous les soignants infirmiers et
soignants qui refuseraient de faire ce
geste pourront refuser mais n'empêche
qu'aujourd'hui vous avez prévu qu'un
tiers de confiance et ça peut être la
famille le FE est-ce que ce n'est pas
trop lourd pour pour la famille déjà moi
je voudrais juste revenir sur une chose
c'est que dans le cas de ma mère par
exemple elle avait accès au soins
palliatifs c'est pas par défaut de soins
palliatif et en fait il faut aussi
entendre ça c'estàdire que c'est pas
forcément par défaut de soins palliatifs
c'est une volonté de de d'un individu
d'une personne qui a une personnalité
juridique qui a le droit de voter qui a
des droits et cetera de de vouloir faire
donc les demandes existent parfois
malgré l'existence des absolument
absolument et c'est pas par défaut de
soin et la deuxième chose sur le le
geste fait par d'autres personnes on
voit dans les pays où c'est ouvert où la
possibilité est offerte au aux malades
que en général ils préfèrent ne pas
faire eux-mêmes le geste puisque ils
demandent en général à ce qu'un soignant
puisse le faire à leur place moi je
pense que il y a quand même un sujet
autour des proches parce que c'est quand
même un geste que l'on peut vouloir
faire sur le moment par amour mais qui
se révèle quand même difficile et
possiblement avoir des conséquences oui
possiblement avoir des conséquences
raison pour laquelle moi je pense que si
la personne ne veul pas le faire elle
doit pouvoir recourir à un tiers je
serait quand même tenté de de limiter à
ce que ce soit soit un médecin
volontaire soit une personne qui ne soit
pas de la famille parce que je trouve
que vraiment ce sont des situations qui
sont quand même difficiles et donc
est-ce que vous serez d'accord tiens sur
ce point-là même si je sais que vous ne
voulez pas pour certains aller jusqu'à
l'aide à mourir la famille ne peut pas
my m bouou la famille ne doit pas
participer à cet acte là je pense que
c'est c'est un acte qui qui peut
engendrer des des traumatisme par la
suite ça sur ce point-là moi je suis
effectivement plutôt ouvert à ce que ce
soit auprès du de d'un d'un soignant qui
a fait le choix bien bien sûr cette
clause de conscience est nécessaire mais
moi je l'ai fait j'ai j'ai accompagné
maman pour respecter son son son choix
est-ce qu'on vous a accompagné vous
après non parce que ça s'est tellement
bien passé on a eu voilà moi je je dis
c'était vraiment un moment privilégié
que je suis fier de l'avoir accompagné
jusqu'au bout maintenant euh
je pense qu'on a eu beaucoup de chance
et voilà on était très proche on était
très fusionnel avec mes on s'entend très
bien M mes deux frère enfin mon frère et
ma sœur ma ma mère on était une une
équipe très très soudée ce qu'on a fait
c'était voilà à part mais je pense que
c'est quand même un geste qui a qui est
qui peut être lourd de de de conséquence
pour les pour les pour les proches parce
que on n'est pas fait pour ça on n'est
pas fait pour ça oui B mournet vous avez
voté dans l'émtique un accompagnement au
deuil dans le Titre 1 euh pour les pour
les les proches est-ce qu'il faut pas
exclure la famille du geste létal si
sans doute je pense euh l'éthique
commence ou le droit s'arrête au fond et
ce que vous avez témoigné le montre
c'est que je suis pas sûr et c'est une
affaire de principe aussi que la loi
doit venir toute embarqué toute encadré
parce que on narrivera jamais à couvrir
toutes ces situations et aujourd'hui
tous les jours dans les services de
réanimation dans les hôpitaux de France
et de Navar se pratiquent en effet des
accompagnements euh ultimes de de
sédation profonde et continue même si
effectivement vous avez raison de dire
que ça ça va dépendre un petit peu des
contextes du de l'environnement familial
et que ça se passe pas toujours bien
mais pour pour ceux qui nous regardent
je rappelle la sédation profonde et
continue c'est vraiment quelques jours
avant le décès c'est la loi Cless
Leonetti et il n'y a pas de faire mourir
si on arrête l'hydratation et
l'alimentation et la mort vous cueille
dans ces conditions oui oui non mais il
y a là on a on donne l'impressionquer
parce que c'est pas une évid pour tout
dans dans un Comat on est dans voilà
mais on on est vraiment dans ce dans ce
g mais vous avez raison de poser la
question de qui fait parce qu'à un
moment donné une fois qu'on a discuter
des principes et au fond deux humanismes
s'affrontent là-dedans il faut
s'inquiéter de l'effectivité du droit
nouveau qu'on qu'on veut qu'on veut
instaurer et et donc de prendre en
compte ce que nous disent les soignants
n'est pas trivial pour moi voilà alors
certes ils sont divisés mais quand on
écoute quand même plutôt la sphère des
soignants qui sont le plus proches
c'est-à-dire les soignants des des soins
palliatifs ce qui imaginent un peu c'est
qu'ils se disent nous quel est notre
métier quel est le sens de notre métier
demain puisque notre métier c'est
l'accompagnement et là
vient une possibilité nouvelle dans
laquelle ils sont totalement au cœur et
je pense que ça ne tiendra pas longtemps
voulez mon av parce quoi une crise
d'évocation non mais c'est-à-dire que le
là aujourd'hui c'est donc le malade qui
initie la demande mais dans le texte
qu'il est écrit c'est le médecin qui la
valide
je pense ça ne tiendra pas longtemps
dans le temps peut-être ça résistera pas
à l'aller-retour du Sénat parce que et
on aura raison de dire et c'est de bon
sens après tout si le malade le souit
collégialement qui regarde si les
condition c'est même pas collégialement
c'est un médecin unique et qui viendrait
valider des demandes alors ça vient un
peu percuter ce qui on regarde des
conditions légales hein oui oui non mais
d'accord mais donc là il y a un vrai
sujet pour moi de prendre en compte et
on le dit pour les proches et c'est un
peu la même chose pour les soignants de
de ce qui est une nouvelle charge
mentale voilà et donc de s'inquiéter de
cette effectivité donc moi si vous pour
répondre très concrètement à votre
question je pense que donc il faudrait
retirer le monde médical éviter au le
plus possible il vaut complètement ce
serait que ce soit la personne elle-même
qui puisse le faire donc suicide
assister quand elle est capable de faire
on va dire en dehors de la famille ça je
suis je suis assez d'accord avec ça et
les soignants même si vous avez raison
il y a la clause de conscience
n'imaginons pas non plus que pour eux
tout ça soit sans conséquences
psychologique de l'épinot il y a des
soignants qu'on a reçu ici he Michel
levissoussan Valérie ménage qui
travaille dans les soins palliatifs ou
qui travaill dans les dans les unités de
neurodégénératif qui qui peuvent le
faire hein il faut pas dire que tous les
soignants refusent même si c'est vrai
ils sont très très audible sur ce refus
et notamment dans dans la presse
notamment sur les les soins palliatifs
le monde médical quelle doit être sa
place dans l'aide à mourir à partir du
moment où on considère que l'aide à
mourir donc
euthanisie
euh et le suicide assister si la
personne n'est pas en mesure de
s'administrer la substance létale n'est
pas un soin à partir du moment où ce
n'est pas un soin le médecin
formellement n'a pas intervenir dans
cette action parce que c'est une action
par contre avec une conséquence qui est
la mort donc par conséquent euh le monde
médical et je le pense parce que vous
avez lu comme moi beaucoup de tribunes
et très troublé par ce qui se passe
aujourd'hui à l'Assemblée il ne souhaite
pas être à son corps défendant embarqué
dans une évolution de la définition et
je dirais de l'aspect concret de leur
profession en ouvrant je dirais un
nouveau champ qui sort du serment qu'ils
ont prêté donc la porte peut être
ouverte au suicide assister uniquement
si le malade le fait lui-même si
j'entends ce que vous dites s'il fallait
légiférer pour vous vous étonne quand
vous parliez tout à l'heure d'évolution
et de ma position moi je vais déposer un
amendement qui suggéra qu'au sein de
chaque tribunal Judici
en France il y ait un mandataire qui
sera chargé d'administrer la substance
létale comme ça vous sortez mandataire
judiciaire du monde judiciaire quelqu'un
désigné par le tribunal al ça peut être
un ancien médecin quelqu'un qui pourra
mais encore pire de faire ça toute la
journée mais je dis je crois que
l'association de l'aide à mourir dans la
dignité sera en mesure je pense de
proposer des vocations pour ce type
d'action mais moi je pense qu'il faut
sortir les soignants de cette
problématique qui est cornélien pour eux
Sandrine Rousseau une réaction sur le
mandataire judiciaire ensuite on va
aller voir Frédéric Menier au micro de
Dario borgognot mais je pense qu'on peut
pas spécialiser des gens là-dedans en
fait enfin qui que ce soit d'ailleurs en
fait ça peut pas être une spécialisation
dans l' dans dans le fait de de
d'administrer cette
subistanceand et en l'occurrence moi je
pense que les il y a des médecins qui ne
sont pas d'accord et ça je les entends
et je les respecte et la clause de
conscience doit absolument être
sacralisé ça j'ai pas de doute là-dessus
mais par contre il y a des il y a des
médecins qui sont aussi d'accord pour
pouvoir le faire et je pense que en fait
il y a y a dans les auditions d'ailleurs
il y a un médecin qui avait dit ça et je
trouvais ça assez intéressant c'est que
en fait pour eux c'est pas non plus
forcément une question de principe
général c'estàdire que pour un un
patient qu'ils ont accompagné pendant
toute sa maladie bah il serait d'accord
pour faire le geste et pour un autre bah
il serait peut-être pas d'accord et en
fait c'est pas quelque chose qui qui se
définit de manière total s alors profu
que ce texte transcende largement
l'éclivvage politique traditionnel on va
rejoindre Dario borgognot qui est à côté
de d'une député les républicains la
droite est plutôt contre l'aide à mourir
mais pas Frédéric meunier au contraire
bonsoir madame Meier bonsoir vous êtes
justement l'une de ces députés et l'air
favorable au texte mais vous avez quand
même une limite c'est vous êtes contre
le fait qu'une tierce personne hors du
corps médical puisse administrer la
substance létale oui c'est une évolution
que j'ai eu puisque dans le cadre de la
commission j'étais plutôt pour à savoir
queil fallait élargir en dehors de
cercle médical mais c'est vrai qu'en
échangeant qu'en écoutant je me suis
rendu compte que il y aurait peut-être
des incidences psychologiques très
lourde et qu'il ne fallait pas mettre
dans la loi cette obligation cette
nécessité cette solution cette
possibilité que des personnes qui ne
soient étranger au corps médical
puissent elles aussi être à l'origine de
de l'administration de du produit létal
mais il est quand même important pour
vous que le malade puisse choisir entre
s'injecter lui-même la substance létale
s'il est en capacité ou qu'une personne
du corps médical puisse l'administrer
tout à fait je pense que c'est un choix
et ce choix-là il faut le donner aux
patients dans des conditions très
limitées c'est un droit très limité et
les patients lorsque ils arrivent en fin
de vie quand ils ont des souffrances
intolérables et qu'ils ne puissent pas
être soignés je pense que oui en effet
on doit lui donner cette possibilité
c'est sa liberté on ne peut pas
aujourd'hui dire à des gens qui
souffrent et qu'il n'y a pas de réponse
médicale et bienah attendez vous verrez
bien ce qui va se passer non il faut
pouvoir les accompagner jusqu'au bout et
oui j'irai dans le sens de cette loi
merci beaucoup madame Meier merci Merci
à VOUS Dario borgognot c'est l'exception
d'eutthanasie dans le texte initial la
règle serait le suicide assisté vous
êtes favorable Sandrine rousau à changer
ça et laisser le malade choisir en tous
les cas exprimer le vœux oui proposer
que ça puisse être une personne
extérieure si le médecin qui
l'accompagne ne le souhaite pas
alors on peut imaginer qu'il
s'administre lui-même la substance mais
je pense qu'il faut laisser la
possibilité que le patient jusqu'au bout
exprime sa volonté mais dit vousousou
dans la plupart des cas on se rend
compte que les malades en fin de vie
maladie incurable je le rappelle avec
des souffrances
réfractaires attendent
demandent vous pensez que c'est une
évolution souhaitable que d'ouvrir le
choix il faut laisser le choix choix on
a on a on vit tous des vies trépidantes
on a on a on nous fait des belles choses
et et pourquoi on devrait rester à
attendre dans un lit lorsqu'on est dans
des situations critiques fatales sans
aucune espoir sans aucun espoir quel est
l'intérêt on parle de la sédation
profonde et continue pour moi le médecin
fait le choix en tout cas pr dans le cas
du malade évidemment pour votre mère
avec Charco il y a une capacité physique
mais vous pensez que c type de mal là
attend que le médecin ou quintiierre
fasse le geste plutôt que le faire
soi-même je je pense que c'est oui je
pense que la ils prennent déjà la la la
décision c'est déjà très fort pour eux
il faut les accompagner et moi je pense
que le corps médical est parfaitement
capable de le faire et mais pas tous
ceux qui choisissent ce on va suivre ça
on va suivre ça de près vous voulez un
tout petit mot de la fin très rapidement
parce que la séance commence en fait le
médecin sera peut-être d'accord mais
l'équipe médicale qui est autour de lui
pensera autre chose donc je crains que
on instide vraiment de la difficulté
dans ce travail en commun des équipes
médicales c'est la raison pour laquelle
le mandataire à mon avis me semble une
bonne idéec une dizaine de jours pour
débattre on arrive au cœur du sujet vous
déposerai vos amendements je vais vous
laisser madame messieurs les députés
regagner l'hémicycle c'estel Bron Pivet
au perchoir ce soir très bonne séance à
tous article 5 sur l'aide à mourir