Le Birgit Kabarett : satire, burlesque et une touche d'insolence
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2 Vues de vidéo·2 janv. 2025
Nous parlons théâtre aujourd'hui avec nos deux invités, Julie Bertin et Jade Herbulot, fondatrice de la compagnie théâtrale Birgit Ensemble.
Bonjour à toutes les deux.
Bonjour.
Bienvenue.
Vous êtes en plateau pour le spectacle Birgit Cabaret, c'est un spectacle pluridisciplinaire.
Il y a de la danse, il y a du chant et surtout des textes.
D'abord, on jette un œil sur une séquence qui va nous permettre de planter le décor et puis on revient vers vous.
Du cabaret satirique parce que la politique c'est du sérieux, mais il faut mieux en rire.
Oui, c'est en tout cas, c'est notre tentative.
C'est vrai que nous, avec Jade et avec l'équipe du Birgit Ensemble, on fait partie de cette génération qui a grandi avec les guignols de l'info.
Donc on regardait ça d'ailleurs souvent en famille.
En tout cas, moi, j'ai ce souvenir là de regarder avec mes parents la télé, notamment les guignols.
Et c'était un rendez-vous qu'on avait qui nous permettait, qui n'existe plus malheureusement,
et qui nous permettait de rire de la politique et d'en rire là en l'occurrence en famille ou avec des amis.
Donc c'est vrai que ça a été notre souhait avec Jade de trouver le moyen effectivement de réunir des gens dans une salle de spectacle.
Si possible, attabler au plus près des artistes, puisqu'on est dans une configuration bien souvent dans un dispositif dit de café-concert ou de cabaret.
Et donc de pouvoir parfois avoir un verre sur la table, trinquer ensemble et parler politique, en rire quand c'est possible.
Puisque encore une fois, effectivement, le code est celui de la satire, du burlesque,
pour essayer de croquer les puissants en fait, de croquer les personnages politiques qui dominent la scène politique internationale ou française.
Et de pouvoir en rire, mais avec un rire, je dirais, un rire cynique, un rire, comment dire, plus un rire grinçant que cynique d'ailleurs.
Jade Herbulo, c'est ça qui est important, cette interaction avec le public ?
Oui, on voulait vraiment partir de la forme cabaret.
C'est-à-dire aussi de mettre le public dans des dispositions d'ouverture, de détente, pour pouvoir provoquer le rire et aussi dédramatiser le rapport à la politique
qui est souvent difficile parce qu'on est constamment abreuvé par des nouvelles qui sont effectivement inquiétantes, qui peuvent faire peur, qui sont horribles.
Et donc c'est comment mettre le public dans des dispositions pour le faire rire et c'est pour ça qu'on s'est emparé de ce dispositif.
Donc tout le monde est attablé par 3, 4, 5. Parfois vous êtes à côté de gens que vous ne connaissez pas.
Donc le spectacle est aussi l'occasion de faire connaissance avec des inconnus.
Et vous buvez un verre, vous pouvez parfois déguster un plat en regardant le spectacle.
Donc on voulait vraiment, on tenait vraiment à ce que ce soit un moment convivial et chaleureux.
La politique, vous l'utilisez effectivement, la politique en France, mais aussi à l'étranger.
La dissolution de l'Assemblée nationale en France, ça a été du pain béni pour vous.
C'est vrai, ça fait partie des cadeaux que nous font nos personnages politiques là en ce moment.
Une actualité très très dense.
Alors c'est notre règle du jeu, c'est-à-dire qu'on veut coller à l'actualité politique la plus brûlante.
Et parfois on est un peu pris à notre propre piège, c'est-à-dire que là effectivement...
Ça vous oblige à vous réadapter.
Exactement, la chute du gouvernement a eu lieu alors qu'on venait tout juste de créer le sixième opus.
Et donc il a fallu réécrire, réécrire certaines scénettes, adapter les paroles de certaines chansons.
Et là justement, on a eu quelques jours pendant la trêve des confiseurs, pendant les vacances de Noël
pour faire entrer de nouveaux personnages dans ce spectacle.
Puisque voilà, on a dit adieu à Michel Barnier et on dit bonjour à François Bayrou.
Oui, on a vu effectivement que vous numérotiez les séquences numéro 5, numéro 6.
Le support de l'actualité, c'est aussi un spectacle vivant, très évolutif.
Est-ce que votre méthode c'est d'être dans l'instantanéité ou alors vous prenez un peu de recul ?
On essaie de trouver un équilibre entre les deux parce qu'on a quand même une structure qui est toujours la même
d'ailleurs de cabaret en cabaret.
On commence toujours par une partie plutôt portée sur l'actualité internationale
et ensuite une partie qui porte sur l'actualité française.
Donc on a une structure qui est toujours la même.
En revanche, on essaie toujours d'intégrer l'actualité la plus brûlante.
Il y a un jeu par exemple pendant le spectacle avec le public, un jeu de citations.
Donc c'est des citations qu'on change, pas tous les jours mais au moins d'une semaine sur l'autre
pour coller aussi à l'actualité du public par exemple.
Dans quelques semaines, Donald Trump va repartir, redevenir président des Etats-Unis.
Vous moquez un peu de Donald Trump dans ce spectacle.
On regarde un petit extrait.
Très désolé, Emmanuel.
Vladimir souhaite nous rejoindre.
Je vais passer en double appel, tu peux rester, il n'y a rien à craindre.
Spasiba, comment allez-vous ?
Bravo, Dominika, Muggeri.
On va pouvoir les rendre fous, sortir les rats de leur terrier.
Je vous entends, chère Vladimir.
Pour moi, ça ne change rien.
Alors est-ce que c'est plus facile ou est-ce que c'est plus difficile de caricaturer
quelqu'un comme Donald Trump qui est déjà en soi un peu caricatural ?
Oui, c'est vrai que ce n'est pas si facile.
C'est pour ça d'ailleurs qu'on a préféré le représenter uniquement dans la chanson
et non pas, on aurait pu aussi l'interviewer, ça nous arrive d'interviewer des personnages politiques.
En revanche, on a essayé de coller à la caricature qu'il est.
Effectivement, l'actrice porte un faux corps et se peinturlure le visage en orange
et porte une perruque.
Ensuite, elle a travaillé les mimiques du personnage.
Effectivement, ce n'est pas évident quand le personnage réel est déjà si proche d'une caricature.
Il faut trouver le moyen que ça reste drôle pour le public et que ça reste quand même un peu original.
On s'est pas mal inspiré aussi du Saturday Night Live où il a été beaucoup représenté par Alec Baldwin.
Donc on est un peu parti de ces représentations-là pour le spectacle.
La thématique politique, c'est une matière riche.
Elle est aussi clivante, instable, c'est potentiellement inflammable.
Est-ce que vous cherchez ou vous craignez l'interaction avec le public ?
Je reviens un peu sur cette question.
Est-ce que vous craignez quelquefois cette interaction avec le public ?
Non, je ne crois pas.
En tout cas, on la cherche beaucoup pendant tout le spectacle.
C'est d'ailleurs nos fonctions à Jade et à moi.
On est sur scène avec le reste de l'équipe et nous, on est maîtresse de cérémonie.
Donc on s'apparente un peu à des présentatrices.
Comme vous !
On est là pour interviewer les personnages politiques qu'on va retrouver ensuite dans les chansons.
Et aussi pour créer ce lien que l'on conserve tout au long du spectacle avec les spectateurs.
Et on est là un peu à l'affût justement de leur réaction.
C'est-à-dire qu'on essaie d'établir dès le début du spectacle un code tacite entre eux et nous
qui leur permet de comprendre qu'ils peuvent intervenir.
Alors après évidemment, on est garante du rythme du spectacle.
Et il ne s'agit pas non plus que ce soit du théâtre forum.
Tout le monde peut constamment commenter ce qui se passe au plateau.
Mais quand même, de faire sentir aux gens qu'ils ont le droit de réagir.
Ce qui n'est pas si courant au théâtre aussi.
Donc voilà, il y a un autre rapport entre la salle et le plateau dans ce spectacle.
Et c'est vraiment quelque chose que l'on cherche.
Il ne nous reste plus beaucoup de temps.
Mais quand on voit cette dynamique de spectacle, est-ce que vous envisagez de l'adapter
pour en faire une émission de radio par exemple ?
Écoutez, c'est intéressant.
C'est une idée, on n'y a jamais pensé.
C'est vrai que nous, on va sortir un album à partir où on a enregistré les chansons des cabarets précédents.
Puisque comme vous le disiez, il y en a aujourd'hui 6.
Donc on a un répertoire d'environ 25 chansons.
Et donc le 28 février, sur les plateformes, sort notre album du Birgit Cabaret.
Et pourquoi pas, vous nous donnez une idée, pourquoi pas l'adapter en radio.
Julie Bertin et Jade Herbulot, fondatrices de la compagnie théâtrale Birgit Ensemble,
étaient nos invités.
Votre dernier spectacle revient sur scène au Théâtre de la Tempête à Paris
à partir du 31 janvier et pour l'instant jusqu'au 16 février.
Merci d'être passée par le journal de TV5MONDE.
