La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, qui se dresse au cœur de la ville, est un chef d’œuvre de l’art gothique. Classé au titre des monuments historiques depuis 1840, ce patrimoine exceptionnel, appartenant à l’État, comme la plupart des autres cathédrales, implique pour sa conservation et sa transmission aux générations futures un entretien et des travaux de restauration de manière régulière.
Le grand chantier engagé en 2022 est d’envergure. Il va se dérouler sur plusieurs années et toucher de nombreux aspects de l’édifice : la restauration des charpentes et des toitures, la dépose des étaiements installés il y a 30 ans et le renforcement des systèmes de sécurité incendie.
La Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Hauts-de-France vous propose de suivre étape par étape l’avancée de ce chantier, et de découvrir les divers corps de métiers intervenant dessus, au travers des épisodes de la série « Une nouvelle ère pour Beauvais ».
Ce premier épisode présente les raisons de ce chantier à Beauvais, ainsi que le rôle de l’État et de ses agents dans la sauvegarde de ces grands édifices que sont les cathédrales.
Nous sommes dans le début de cette grande aventure
de la restauration des toitures du troncept de la cathérale de Beauvais.
Une aventure qui va durer plusieurs années.
Effectivement, un chantier de grande ampleur
qui est en fait la deuxième grande phase d'un chantier
qui a démarré il y a un peu plus de dix ans
avec la restauration des couvertures hautes du cœur de l'édifice
et qui donc se poursuit aujourd'hui avec ce chantier
qui va s'étaler en quatre phases.
Et qui va concerner la suite et fin de restauration des toitures hautes
transept, croisée de transept et début de nef
associées à deux autres axes importants de cette opération
qui sont d'une part le desserrage et la dépose des étaiements
qui peuplent l'intérieur de l'édifice depuis une trentaine d'années
et le renforcement de la sécurité incendie
puisque c'est un édifice qui est particulièrement vulnérable à ce risque.
Le rôle de l'État sur les cathédrales en France métropolitaine
et sur les territoires ultramarins,
c'est 87 édifices qui sont propriétés de l'État,
qui sont affectés au ministère de la Culture
et qui sont gérés par les directions régionales des affaires culturelles.
Cette gestion en fait, elle représente plusieurs activités.
Une gestion sur l'entretien, la sécurité de ces édifices
qui est assurée par les architectes des bâtiments de France
dans les départements
et une gestion des grands travaux de restauration
sous maîtrise d'ouvrage de la conservation régionale des monuments historiques
au sein des DRAC,
avec l'architecte en chef des monuments historiques
territorialement compétents comme maître d'œuvre.
Le rôle de la DRAC pour cette opération, il est multiple.
C'est vraiment la mise en place de l'opération
sur un plan budgétaire administratif
au sein de la conservation des monuments historiques.
Ensuite, l'architecte en chef à qui on passe commande
et le déroulé de l'opération.
Parallèlement, l'architecte des bâtiments de France
qui est le conservateur de l'édifice
fait également un suivi de ces opérations
mais assure pleinement la question de la responsabilité
incendie sur l'édifice et la partie de l'entretien de l'édifice.
Qui dit restauration de couverture, dit bien entendu aussi
révision de la charpente qui lui est associée,
même si elle est exceptionnelle
et qu'on va essayer de la préserver le plus possible
en changeant uniquement les pièces nécessaires.
Et ce qui va être très important,
c'est de pouvoir en même temps que se fait cette restauration
déployer dans les différents leviers de prévention
et d'outils de lutte contre le risque incendie
un dispositif qui aujourd'hui est novateur
dans le cadre d'un monument historique
tel une cathédrale gothique
qui est un système qu'on appelle celui du brouillard d'eau.
Nous allons également opérer dans le comble
un recoupement des espaces.
Aujourd'hui, c'est un grand comble en un seul volume
et en fait, on va le cloisonner de manière à créer
quatre volumes distincts et pouvoir contenir d'autant mieux
un éventuel départ de feu.
Les cathédrales doivent faire l'objet de travaux
d'une manière très régulière.
Ce sont de très grands édifices avec des architectures complexes.
Il est important tous les ans de faire des campagnes
soit de travaux de restauration, soit des travaux d'entretien.
Cette campagne de travaux est intervenue
dans le cadre du plan de relance pour la première tranche de l'opération
qui en comprend plusieurs.
C'est un chantier qui va représenter autour de 17-18 millions d'euros
sur plusieurs années pour restaurer les parties hautes,
les toitures et la sécurité incendie.
Voilà un édifice qui a 800 ans et aujourd'hui, nous avons la responsabilité,
l'État, la DRAC, de le transmettre dans les meilleures conditions
pour les générations futures.
C'est aussi ça que l'on veut transmettre à travers cette valorisation.
Nous sommes aujourd'hui en 2023, au début de ce grand chantier
et on peut déjà se satisfaire en se projetant dans 4 ans,
fin 2026, peut-être début 2027, sur l'aboutissement de cette opération
qui nous permettra d'avoir la fierté de pouvoir livrer aux Beauvaisiens
et de pouvoir livrer à la population un édifice libéré de ces entraves
en quelque sorte et d'offrir aux nouvelles générations
une cathédrale telle qu'ils ne l'ont jamais connue.