Le nucléaire face au changement climatique - Science En Direct : les meilleurs moments

L'Esprit Sorcier TV
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11 janv. 2024
Comment protéger les installations nucléaires face aux événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents ? Quel est l'impact de la radioactivité sur les écosystèmes ? Avec Claire-Marie Duluc et Olivier Simon, de l'IRSN.
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[Musique]
[Applaudissements]
bonjour à toutes et à tous environnement
réchauffement nature enfin réchauffement
climatique pardon et risque nucléaire
c'est le thème ou si j'ose dire le
cocktail d'étonnant que nous vous
proposons pour cette nouvelle émission
de science en direct en première partie
nous verrons comment les scientifiques
de l'IRSN imagine les pires scénarios
pour mieux protéger nos sites nucléaires
des événements climatiques extrêmes
auxquels ils seront de plus en plus
exposés et puis en deuxième partie et
bien nous nous intéresserons aux effets
de la radioactivité sur les écosystèmes
marins c'est parti générique
[Musique]
voilà et pour aborder ces deux thèmes
passionnants et d'actualité j'ai le
plaisir d'accueillir sur le plateau
Claire-Marie Duluc bonjour vous êtes
ingénieur hydrologue à l'IRSN c'est
l'Institut de radioprotection et de
sûreté nucléaire merci d'être avec nous
vous travaillez plus spécialement sur
l'évaluation des niveaux d'aléas
extrêmes qui sont pris en compte pour la
sûreté des sites nucléaires on va en
parler dans le détail et à côté de vous
bonjour Olivier Simon bonjour merci
également d'être avec nous vous êtes
chercheur en éco-toxicologie à l'IRSN au
laboratoire de recherche sur les effets
des radionucléides sur les écosystèmes
exactement un mot radio nucléide pour
que tout le monde comprenne c'est
uniquement les substances chimiques qui
sont radioactives voilà
la même chose ah bah je comprends mieux
déjà alors vous savez comme vous êtes
l'ambassadeur de l'IRSN pour la Fête de
la Science je me tourne tout de suite
vers vous pour nous dire en quelques
mots vous expliquer ce que fait l'IRSN
on l'IRSN c'est un établissement public
c'est l'Institut qu'on nous avait dit de
radioprotection et de sûreté nucléaire
donc à peu près 1800 personnes qui
travaillent dans cet institut et en fin
de compte les principales missions
concernent la sécurité et la sûreté des
activités nucléaires et puis bien
entendu il y a d'autres activités des
activités de recherche sur la santé
humaine sur l'environnement et une
grosse activité aussi de surveillance de
la radioactivité dans tous les milieux
toutes les conséquences de la
radioactivité en fait et il faut
rappeler aussi d'ailleurs qu'il y a une
radioactivité naturelle on s'imagine
toujours que ça peut venir des centrales
nucléaires etc mais il y a du radon dans
le sol particulièrement dans certaines
régions de France et alors quand même
pour se situer situé l'IRSN donc comment
le dire l'écosystème de tout ce qui est
nucléaire en France on sait qu'il y a
des centrales avec des exploitants comme
EDF Orano etc il y a aussi l'Autorité de
Sûreté Nucléaire il y a SN c'est quoi
c'est c'est un organisme de la technique
nationale effectivement qui donc on rend
des avis à l'autorité sur tes nucléaire
qui va autoriser le fonctionnement des
installations nucléaires par les
exploitants donc vous êtes l'expertise
scientifique
c'est bien ça gardez bien vos micro près
de vous
Claire-Marie Duluc on va commencer si
vous voulez bien par parler des
centrales nucléaires face à des risques
naturels qui sont finalement qui
pourraient être de plus en plus menaçant
avec le changement climatique quels sont
les principales menaces aujourd'hui qui
pèsent on va dire sur les sites il y a
pas que des centrales nucléaires il y a
des centres de recherche aussi quels
sont les principales menaces
effectivement il y a les centrales
nucléaires il y a aussi toutes les
installations du du cycle et de et
également le retraitement qui sont pris
en charge par ces aspects de sûreté
alors en termes de risque et ben on a
des risques sismiques dans le service de
caractérisation des années naturelles et
des collègues qui sont spécialistes vous
voyez ce que sismiques il y a également
vous savez les centrales sont toujours
situées à proximité d'une source d'eau
ça peut être un fleuve ou la mer qui
refroidit la centrale et donc on
s'intéresse au risque d'inondation
maritime également des risques liés à
des plus extrêmes à la remontée de la
nappe phréatique éventuellement donc
toutes ces risques d'inondation sont
pris en compte au-delà des risques
d'inondation il y a aussi des risques
climatiques des vents violents des
tornades des de la foudre de la neige
qui peuvent aussi impacter un site les
sites nucléaires également les grands
froids les grands choux donc c'est
beaucoup de choses à surveiller de très
près il faut préciser que les
installations nucléaires doivent
démontrer tous les 10 ans qu'elles sont
à l'abri de ces risques c'est ça oui
c'est une spécificité du système
français avec l'organisation de réexamen
périodique de sûreté donc tous les 10
ans l'ensemble des risques et réévaluer
par l'exploitant nucléaire donc qui est
le premier responsable de la sûreté de
ses installations mais réévaluer aussi
par l'IRSN en tant que appui technique
et donc c'est une façon aussi de prendre
en compte au fur et à mesure
l'amélioration des connaissances
l'amélioration des des risques enfin des
évaluations des risques qu'on peut faire
et dans un contexte de changement
climatique c'est quand même une démarche
assez précieuse aussi de pouvoir évaluer
périodiquement ces risques donc
concrètement l'objectif c'est d'adapter
les centrales qui existent actuellement
et d'anticiper sur l'avenir la
construction de nouvelles centrales oui
tout à fait il y a les deux volets pour
les centrales existantes on est
effectivement sur des examens à 10 ans
et pour les futurs centrales on aura une
anticipation sur l'ensemble de la durée
de vie il faut aussi savoir que les
sites nucléaires pourront aussi
s'adapter ou prévoir aussi des moyens
d'adaptation puisque l'état des
connaissances va continuer à s'améliorer
aussi dans le futur
alors pour être très concret on va
prendre un cas d'école celui de la
centrale nucléaire de Gravelines je ne
sais pas ce que non ce nom évoque ou si
l'évoque quelque chose à tous les
Français pour le savoir on leur attendu
le micro Gravelines c'est le premier mot
mystère de cette émission on les écoute
[Musique]
absolument pas
du tout comme ça ça me ferait penser à
des gravats
de graviers
j'imagine que c'est un site industriel
je n'oublie pas trop hein
ok donc sur littoral et monter des eaux
électricité eau généralement
c'est pas bon ménage
c'est l'élévation du niveau de la mer
tsunami ou ce genre de choses mais dans
cette zone là c'est sans doute peu
probable si un incident quelconque elle
peut provoquer une très grave pollution
de tsunami on a bien vu que ça alors que
pourtant c'était un pays qui prévoyait
tsunami qui a fait une digue etc comment
protéger cette centrale on va mettre une
digue voilà selon autre part peut-être
d'autres canaux pour rediriger l'eau les
barrières assez
hautes et une bulle façon Jules Verne
voyons on part d'une
méconnaissance un peu pour certains
jusqu'à des idées assez incroyables
créer une bulle bon alors on prend le
cas de cette centrale de
Gravelines de non quelques informations
d'abord on va la voir sur cette carte
elle est située dans le département du
Nord entre Dunkerque et Calais sur la
mer du Nord et dans une région qui est
très peuplée quand même très peuplé et
assez basse en terme d'altimétrie très
peuplé autour il y a l'île roulette
Tourcoing enfin il y a une densité
Dunkerque donc voilà la centrale a été
construite en 1974 c'est la plus grande
centrale de France
gardez votre micro OK et même d'Europe à
la combien de réacteurs directs si
réacteurs et elle pourrait accueillir
d'autres plus c'est vrai qu'il y a de la
place encore sur le site d'accord alors
à la suite d'une minutieuse enquête
scientifique
monnaie notamment par l'IRSN sur la
sécurité de la centrale il a été décidé
de l'entourer d'une muraille métallique
pour la protéger des risques de
submersion de la mer du Nord alors ma
question est la suivante ce risque ne
pouvait pas être évalué au moment de la
construction de la centrale les données
locales
évalués au moment de la construction
comme pour l'ensemble des sites
nucléaires que ce soit sur des fleuves
ou en bord de mer les risques fluvio ou
maritimes ont été pris en compte
ce qui a pu évoluer c'est l'état des
connaissances sur ces risques extrêmes
également l'évolution du niveau marin
conduit aussi à des à des situation à la
hausse des niveaux extrêmes possible
parce qu'il faut rappeler ce qui s'est
passé un petit peu dans le passé avant
ça il y a eu des événements majeurs qui
font qui ont fait prendre conscience
1999 c'était la tempête Martin et c'est
passé il y a eu des conséquences sur une
centrale ouais on attendait peut-être le
bug de l'an 2000 mais le 27 décembre
c'est après la tempête l'auteur c'est la
tempête Martin qui a qui arrivait balayé
le sud de la France de face avec des
vents très violents alors en fait ce qui
s'est passé c'est que vers la marée
haute les vents ont apporté une quantité
d'eau importante en plus de la marée et
on conduit à un phénomène de surcotte je
crois que vous en parliez hier avec le
BRGM et Alain Grandjean donc ces
phénomène de surcotte conduisent à
augmenter le niveau de l'eau le niveau
statique et se rajoute là-dessus des
vagues et des franchissements importants
on ont eu lieu à ce moment-là dans cette
tempête et on partiellement inondé la
centrale du Blayais la centrale du
Blayais qui se trouve sur les bords de
la qui est dans l'estuaire de la Gironde
de la Gironde par chance il y a pas eu
de conséquences non non il y a pas être
conséquence les conséquences ça a été
que l'alimentation électrique externe a
été coupée qui a des pompes qui ont qui
ont été noyés en fait l'eau c'est un
filtrée dans des dans des galeries
souterraines il y a des alarmes qui
aussi qui ont pas qui ont pas fonctionné
mais grâce au diesel de secours on n'a
pas eu de conséquences sur la sûreté sur
le site on était tout proche de la
surcote
Miléna là c'est quoi une surcote
millénale
par définition c'est une surcotte qui a
une chance ou un risque sur 100 de se
produire chaque année d'accord et là on
en était vraiment très très proche et
c'est vraiment le phénomène de vague qui
s'est qui a qui s'est ajouté en fait qui
a provoqué ces franchissements de la
digue de la centrale était protégée par
une digue à l'époque depuis la digue a
été et pour d'autres sites de bord de
mer il y a une réévaluation aussi
complète de ces niveaux extrêmes de
surcotte qui sont qui sont sur lequel on
ajoute aussi l'effet des vagues et ça a
conduit effectivement à réhausser
certaines enfin les protections sur
plusieurs sites Blayais Gravelines puce
récemment d'accord j'imagine aussi qu'en
2011
la centrale enfin le drame la
catastrophe de Fukushima a peser aussi
oui il a quatre heures de Fukushima a
montré que même quand on pensait
connaître un phénomène on pouvait avoir
des surprises alors le risque de tsunami
est quand même bien moins fort en France
que le risque en fait de tempête et
c'est finalement la révélation des
risques de tempête qui a été la plus
impactante pour les les protections du
site de bord de mer d'accord c'est vrai
qu'il y a eu beaucoup d'événements
également même 1953 dans la mer du Nord
ça avait été une tempête qui avait
provoqué des milliers de morts en
Hollande
et des surcotes de plus de 2 mètres dans
le nord de la France alors
racontez-nous tous les événements qu'on
vient de citer bah ça encouragé une
sorte de prise de conscience oui je
pense que ça a beaucoup interrogé et Xya
donc parler hier également à interroger
beaucoup à l'IRSN et même l'ensemble de
la communauté scientifique sur la
capacité qu'on avait à bien évaluer ces
risques de submersion extrême c'est en
fait on s'est rapproché aussi d'autres
disciplines de géographe d'historiens
pour essayer d'aller chercher dans le
passé des informations supplémentaires
et mieux caractériser ces risques
extrêmes alors c'est ça qui est
intéressant racontez-nous à partir de là
comment vous avez mené l'enquête dans le
cas précis de Gravelines pour pouvoir
extrapoler imaginer ce qui pourrait se
passer dans l'avenir racontez-nous
avant qu'il y ait des systèmes de mesure
systématique on a quand même des
informations simplement elles sont pas
forcément très bien exploitées mais on a
au 19e 19e déjà des témoignages en fait
de tempête extrême il faut aller les
chercher et ça c'est beaucoup de temps
il faut aller dans les archives
départementales retrouver des documents
de témoignages directs et les analyser
c'est tout d'un travail d'historien en
fait avec qui on a travaillé avec
historiens exactement pour aller
rechercher ces archives et également les
analyser il faut les recontextualiser et
il faut aussi traduire les témoignages
des informations de l'époque vous êtes
remonté combien de temps en arrière
jusqu'à 1700 on peut avoir des
événements climatiques majors sur cette
région du Nord c'est pas évident de se
dire qu'on a tous les événements on a un
certain nombre d'événements on a
certainement majeur mais on n'est jamais
sûr de l'exhaustivité de ces de
l'ensemble des tempêtes recensées en
tout cas vous avez un certain nombre
d'événements qui se sont produits depuis
plus de deux siècles et à partir de là
comment vous pouvez prévoir l'avenir
prédire alors ça c'est un peu
contradictoire c'est vrai que on regarde
plus loin dans le passé mais en fait
c'est effectivement pour aussi avoir
aujourd'hui une meilleure évaluation des
risques l'idée c'est quand même que les
records qui ont pu observer on va
pouvoir les utiliser dans des analyses
statistiques pour évaluer un risque en
fait on se sert de trois choses on se
sert de la connaissance du phénomène
qui peut être modélisé également et qui
a signé ses limites physiques on se sert
de des records observés et on se sert
aussi d'outils mathématiques les
statistiques les probabilités qui
intègrent et permettent d'extrapoler à
partir d'un corps observer les records
possibles à des niveaux de rareté alors
qu'ils sont extrêmes pour les sites
nucléaires puisqu'on veut se protéger au
mieux à des risques enfin une chance sur
1000 mais même une chance sur 10000 ou
au moins enfin des événements au moins
aussi rares que ça grâce à cette
mathématique de statistiques des
extrêmes d'accord donc aujourd'hui pour
conclure sur la cent de Gravelines allez
protéger c'est terminé allez les travaux
sont en cours c'est vraiment important
impressionnant une digue de 3 km qui va
ceinturer le site là les informations
historiques elles-mêmes ont contribué à
effectivement réévaluer de près de 70 cm
à la hausse les surcotes pris en compte
après il y a également des marges
complémentaires qui sont ajoutés et puis
une prévision en fonction enfin pour
tenir compte de l'évasion du niveau
marin dans le futur d'accord il y a 5
centrales on va peut-être voir sur une
carte en France qui sont proches du
littoral tout à fait c'est ça dans le
Nord Gravelines il y en a deux en
Seine-Maritime une dans la Manche
Flamanville et le site du Blayais et le
site du Blayais elles sont toutes
exposées à de nouveaux risques de
submersion aujourd'hui elles sont toutes
exposées à des risques de submersion ma
marine elles sont toutes exposées
également à élévation du niveau marin
dans les décennies et même sur le long
terme
bien sûr et on travaille vous travaillez
sur toutes ces centrales actuellement
l'ensemble des centrales françaises et
évaluées périodiquement tous les 10 ans
donc effectivement elles sont l'IRSN
travail sur l'ensemble de ces sites vous
vous faites des expertises scientifiques
vous êtes un organisme de recherche
indépendant mais une fois que vous dites
il y a un risque important ici sur une
centrale alors je vais vous poser une
question je sais délicate mais ce que
vos conclusions sont suivies des faits
alors ne conclusions d'une part elles
sont publiques les avis de la scène sont
publics ça c'est important ça veut dire
que quand vous avez remis un avis vous
n’importe quel citoyen directement
disponibles sur Internet en tapant
des avis est présenté et c'est
l'autorité de sûreté qui a le rôle en
fait de gendarmes du nucléaire de faire
appliquer les modifications aux
exploitants en l'occurrence des
exploitants au de même
la capacité de mettre à jour leurs
études et enfin ils font de même c'est
réévaluations périodiques qui sont
discutés et analysées par l'ISM d'accord
mais on peut imaginer que les
exploitants sont face à des dilemmes
importants parfois entre évidemment le
risque et les coûts économiques super
important engendrés par ce genre de de
d'aménagement je voudrais qu'on parle un
peu plus
aussi globalement des autres risques et
surtout des canicules qu'est-ce qu'on
peut dire sur les canicules mais on peut
dire que l'été a été chaud ah oui et
c'était pas le premier 2003 2019 c'est
vrai que les canicules se suivent et les
records dépassent et il y a des
conséquences sur les centrales alors les
l'impact pour la sûreté des températures
c'est que la ventilation soit
correctement dimensionnée dans ces
installations nucléaires que également
les équipements électriques soit
correctement dimensionnés par rapport à
des températures extrêmes donc il fait
effectivement il est important de
définir des niveaux d'aléa rares et
d'après de vérifier pour ce qui concerne
la température de de l'air et après de
vérifier la que les équipements
importants pour assurer fonctionne
correctement sous de telles conditions
est-ce que ces températures extrêmement
déjà été
évaluées effectivement après 2019 par
exemple d'accord
je suppose après cette année aussi on
doit pouvoir de toute façon le principe
de révélation périodique tous les ans
mais même pour les températures EDF par
exemple a une veille climatique et une
révélation même plus régulière que tous
les 10 ans plutôt tous les 5 ans de ses
températures extrêmes donc on peut dire
comme vous dans votre domaine d'activité
et de recherche vous allez avoir un
travail de suivi des centrales et des
autres sites très importants à faire
c'est un travail de suivi effectivement
et c'est un travail qui aussi intègre
les connaissances des sciences du climat
pour arriver à se projeter dans l'avenir
et compléter les observations
historiques par des projections
climatiques merci Claire-Marie Duluc
pour ses explications qui nous
inquiétaient nous rassurent quand même
en même temps c'est bon de savoir que
c'est surveillé de près on va poursuivre
avec Olivier Simon de toute façon
Claire-Marie vous restait avec nous
Olivier Simon qui travaille dans un
domaine
un peu différent on va le voir du vôtre
mais comme vous êtes une équipe
complémentaire à l'IRSN et bien c'est
parti on va continuer avec l'esprit
d'équipe
[Musique]
Olivier
Simon je le disais en début d'émission
vous êtes écho enfin spécialiste de
l'écotox psychologie à l'IRSN au
laboratoire de recherche sur les effets
des radiosnucléiques sur les écosystèmes
vous vous êtes basés à Cadarache dans le
sud de la France au-dessus
d'Aix-en-Provence d'accord vous allez
nous expliquer ce qu'est
l'éco-toxicologie mais nous on a voulu
savoir encore faire un petit sondage
auprès du public pour savoir s'ils
avaient une idée assez claire de cette
discipline scientifique on les écoute
[Musique]
toxicologie quelque chose de toxique en
lien avec la pollution je suppose c'est
le rejet dans la nature de produits
toxiques les gens qui
ingurgés de faisons une autre des
substances
pas très bonne pour eux et l'étude
des toxiques
toi ça va dans la nature ou soit ce que
nature peut produire de toxique il faut
être toxique
ou à l'environnement la pollution
interne enfin de ce qui provient de la
centrale à la radioactivité dans le flop
de
radioactivité qui est toléré en sortie
d'une centrale nucléaire je pense aux
amis je sais qu'on est confronté à ce
problème enfin l'entreprise EDF est
confronté à ce problème la chaleur de la
centrale ça pourrait tuer des poissons
sûrement et mettre en danger
d'environnement des déchets radioactifs
dans l'air parce qu'il peut être rejeté
par la centrale sans qu'on ne sache
vraiment je ne crois pas à la perte de
substances radioactive je n'y crois
voilà
Pierre Marie Duluc c'est quoi
donc l'écotoxycologie c'est une séance
récente ça c'est intéressant parce qu'en
fin de compte les gens se sont aperçus
que pour répondre à cette question de la
pollution des écosystèmes aquatiques ou
terrestres pour y répondre il fallait
être à plusieurs et en fin de compte ils
ont été obligés d'associer le mot
écologie avec le mot toxicologie ils
auraient même dû en rajouter un autre
ils auraient dû rajouter le mot chimie
parce qu'en fin de compte pour faire de
la de l'écotoxicologie il faut connaître
le comportement chimique de la substance
qu'on étudie ce fameux radioclide mais
aussi les substances stables du mercure
du canyum il faut connaître aussi les
mécanismes d'action toxiques que cette
substance va pouvoir induire chez nos
organismes là je vois des petits
poissons et puis à la fin puisque c'est
ça qui nous intéresse il faut de
l'écologie pour connaître les
conséquences sur ce qu'on appelle le
fonctionnement et la structure des
écosystème est-ce que notre peuplement
de poisson par exemple se porte bien
donc ça c'est une séance
pluridisciplinaire
comment on arrive à faire cette séance
il faut venir d'où alors il faut venir
au départ de l'environnement de la
chimie alors il faut venir dans le bon
endroit voilà ça aide et puis s'associe
avec d'autres personnes qui viennent
elles aussi d'un bon endroit donc c'est
pour ça que c'est on a des compétences
qui sont la plupart du temps
pas pousser dans un domaine particulier
ce qui nous intéresse c'est ces
interactions entre ces différentes
disciplines d'accord on constate
aujourd'hui vraiment qu'on est on croise
beaucoup les disciplines de plus en plus
souvent alors vous étudiez les effets de
la radioactivité sur les écosystèmes
aquatiques on va le voir après ce petit
poisson le garde un petit peu de côté on
va le réexpliquer après quel est
l'objectif est-ce que c'est de connaître
par exemple les conséquences éventuelles
d'un accident nucléaire oui alors d'un
accident nucléaire bien entendu à l'irsl
mais la démarche est la même pour toutes
les autres substances vraiment
identique donc en fin de compte ce qui
nous intéresse nous c'est de protéger
l'environnement aquatique ou terrestre
mais pour le protéger il faut donner à
l'exploitant des valeurs seuil
réglementaires l'exploitant va donc
connaître ses valeurs et
rejeter en dessous de ses valeurs de
protection de l'environnement à nous les
scientifiques de fixer ces valeurs de
protection d'accord alors pour étudier
les effets de la radioactivité vous
travaillez sur c'est un petit peu votre
souris de laboratoire c'est je veux dire
qui sert très souvent dans les sciences
pas seulement pour qu'il l'utiliser un
poisson qui s'appelle le poisson zèbre
qu'on voit là il porte bien son nom donc
on le voit là à l'écran on voit bien les
ébrures donc c'est pour ça qu'on l'a
appelé le poisson
région c'est ça alors pourquoi il est si
intéressant que ça ce petit poisson pour
vous alors il est très intéressant parce
que comme vous l'avez dit c'est un
modèle qui est très très étudié en santé
humaine les
les progrès de la biologie moléculaire
ont permis de générer beaucoup de
mutants et il y a énormément de travaux
qui utilisent les mutants chez le Danion
pour ensuite
fournir des informations pour pour la
santé humaine d'accord alors d'abord il
se reproduit très bien et toute l'année
voilà donc nous on étudie plus
particulièrement au laboratoire les
effets sur la reproduction les effets de
la radioactivité sur la reproduction et
on avait besoin d'un poisson qui se
reproduit très régulièrement nos
poissons de milieu tempérés se
reproduisent une ou deux fois par an
alors que le Danio lui se reproduit tous
les deux ou trois jours en plus il a un
cycle de reproduction rapide c'est très
très court ça va très très vite des 24
heures on a déjà les bosses de l'embryon
il y a 72 heures la larve est déjà
éclose et après tu as nager dans son
milieu d'accord ensuite
70% je crois de ces gènes ou quelque
chose comme ça rencontrait du moins ont
un équivalent homologue un autre génome
donc ça c'est important parce que c'est
une caractéristique qui est assez unique
c'est assez rare tout à fait tout à fait
d'autres modèles le propose mais pas à
ce niveau là après il est transparent
alors l'embryon il y a une transparence
de l'embryon et au stade adulte vous
pouvez aussi le rendre transparent je
crois oui alors nous on n'utilise pas ce
genre de mutant et d'autres personnes
l'utilisent pour pouvoir marquer des des
réponses de certaines protéines mais
nous on le fait pas ici dans le
laboratoire
quel est l'intérêt de la transparence de
la transparence là comme vous avez
peut-être pu voir les images on peut
visuellement en mode de fonctionnement
normal je dirais suivre les différentes
étapes du développement et ça c'est
vraiment très très important d'accord
c'est assez rare aussi chez les espèces
de poissons la truite c'est pas
transparent par exemple oui d'accord bon
en tout cas les choses essentielles
c'est qu'ils se reproduit très souvent
et qui se reproduit il a ainsi que de
reproduction très rapide ce qui va être
important pour vous parce que vous
étudiez les conséquences d'une pollution
radioactive sur sur le premier individu
et puis son descendants
c'est comme ça c'est comme ça parce
qu'en fin de compte donc la science
avance là aussi pas toujours très très
vite mais maintenant donc on a bien
compris qu'il fallait travailler sur les
effets qui pourraient être transmis au
cours des générations donc c'est pas
uniquement pour la radioactivité bien
entendu mais
ces études de là sont assez récentes et
on étudie la tranche enfin les effets
transgénérationnels qu'est-ce qui se
passe lorsqu'un parent est exposé quel
va être les conséquences sur la
descendance si elle-même elle est
exposée ou même si elle n'est pas
exposée d'accord alors on va découvrir
les petites expériences les petites
expériences que vous faites sur le
poisson zèbre mais pour bien comprendre
je voudrais d'abord qu'on aille faire un
petit tour dans votre laboratoire de
Cadarache qui s'appelle le Mikado c'est
une plateforme
les gradiation
expliquez-nous un peu ce que vous pouvez
y faire alors c'est assez exceptionnel
c'est quelque chose d'exceptionnel c'est
très rare à l'échelle européen
européenne il y a d'autres systèmes
d'irradiation mais qui ne sont pas
comparables aux notes celui-ci est donc
dans une enceinte ça fait 40 mètres de
long sur 10 m de large et cette enceinte
qui est ce hall qui est extrêmement
grand il est régulé j'en parle parce que
dans les autres laboratoires c'est
plutôt à l'extérieur et donc ils sont
soumis aux variations de température
extérieure chez nous tout est régulé
vous voyez donc ici à l'image notre
notre outil qui va permettre donc de
générer cette radioactivité donc vous
envoyez des doses sur les espèces on
envoie de l'énergie des doses sur nos
petits sur nos petits poissons il y a
pas uniquement le poisson il y a
d'autres espèces de d'animaux et là vous
voyez à l'écran nos armoires à poissons
dans tous ces petits aquariums on a
réussi à mettre des des danions Rio ce
petit poisson zèbre et on va étudier sa
réponse biologique après premier
radiation et alors vous envoyez des des
doses des débits de doses on appelle ça
comme ça qui sont qui peuvent être
importantes alors je sais que c'est un
petit peu compliqué ce qu'on utilise
comme comme Nord mais dites-nous à peu
près sont des doses très importantes
les deux aspects dans un premier temps
on va plutôt rechercher des effets à
forte dose voir à très forte dose donc
on est très étonné que nous que ce
poisson zèbre soit capable de résister à
à des doses élevées ou nous l'espèce
humaine ne pourrait pas survivre donc le
poisson zèbre résiste à des doses à une
irradiation bien plus élevée que l'être
humain bien oui oui tout à fait tout à
fait
et puis donc on a l'autre pendant on va
étudier aussi des très faibles doses
pour mimer les expositions que l'on
rencontre sur le terrain à Tchernobyl ou
à Fukushima donc c'est l'étude des
faibles doses avec un aspect chronique
au cours de temps relativement long
d'accord alors quand il subisse de
fortes doses vous l'avez dit d'abord il
résiste bien malgré tout dans la
descendance on observe quelques
phénomènes dites-nous c'est ça en fin de
compte donc cette science là de pour la
protection de l'environnement de la
détermination de valeur seuil a d'abord
commencé sur des poissons adultes il
fallait bien commencer par quelque part
donc on a plutôt privilégié des poissons
adultes donc on a établi des seuils chez
les poissons adultes puis on s'est dit
finalement que dans la nature il y avait
pas uniquement des poissons adultes mais
il y avait aussi donc des des embryons
ou des ou des larves donc la deuxième
étape a été d'étudier les effets sur ces
stats précoces les embryons des larves
des juvéniles et puis la dernière étape
mais il y en aura certainement d'autres
encore bien entendu c'est c'est
d'étudier ses effets au cours des
générations lorsque les parents ont été
irradiés et c'est vrai qu'on a été très
surpris au laboratoire de voir qu'à très
forte dose les parents vont bien les
poissons adultes vont bien ils se
reproduisent ils ont bien entendu des
marqueurs Molé qui qui bouge mais ils
vont bien ils sont capables de se
reproduire en revanche la descendance
elle ne va vraiment pas bien et sur des
temps assez courts toute la descendance
finit par mourir donc ça c'est à très
forte dose je rassure tout le monde ça
n'existe pas dans la nature mais ça nous
incite à se reposer la question sur des
débits de dose plus faibles oui mais
enfin quand vous dites à très forte dose
nous on pourrait très bien imaginer un
accident nucléaire il y a de fortes
doses il y a de fortes doses bien
entendu tout à fait tout à fait d'accord
sur les doses qui ont été générés lors
des accidents nucléaires comme à
Tchernobyl principalement on a déjà
réalisé des expériences et on voit que
ces effets transmissibles
n'existent pas d'accord pas il y a pas
une altération du sexe aussi se produit
alors là aussi donc sur des débits de
doses moins importants s'ils sont qui
ont déjà été observés sur le terrain
près des sites
contaminés oui on observe quelque chose
de là aussi ont été très surpris on voit
que ces poissons qui sont nés de parents
contaminés quand on les expose pendant
très longtemps et qu'on attend qu'il
soit suffisamment grand pour pouvoir se
reproduire mais on s'aperçoit que ils se
reproduisent mais qu'il y a une
proportion de mal inattendue il y a plus
de mal que dans la population témoin on
a un billet du sexe ratio de la
population alors il reste combien à peu
près on a combien de mâles pour combien
de fois normalement chez ce modèle là on
trouve 55 ans oui le poisson dans une
reproduction
un environnement normal dans une
condition contrôle alors que là on est
vers 65 70 % de mal il reste des
femelles donc la reproduction pour avoir
lieu mais quand on modélise de manière
très simple les conséquences de cette
perturbation du sexe ration mais on voit
qu'à terme les effectifs de poissons
mais sont moins importants suite à cette
ce extraction qui est qui est biaisé
d'accord alors là vous travaillez sur un
poisson modèle le poisson zèbre mais
qu'est-ce qu'on peut en déduire
qu'est-ce que ça vous aide à déduire
aussi des choses par rapport à l'homme
par rapport à l'être humain alors nous
on ne fait pas directement mais en fin
de compte on fournit ces données on les
rend accessibles donc à la communauté
scientifique puisque donc c'est un
modèle qui est très utilisé pour la
santé humaine et on va dire on a trouvé
ça chez le poisson aux zèbre il faut
absolument aller le vérifier chez un
autre modèle comme le rat ou le rongeur
donc ça nous c'est une stratégie assez
classique pour la santé humaine dans les
chercher les données qui ont été
acquises sur le Danion il y a une veille
bien entendu et puis une fois que les
gens comme nous pour l'environnement ont
obtenu ses résultats et bien la santé
humaine les chercheurs dans ce
disciplines vont se dire ils ont trouvé
ça on va regarder ce qui se passe chez
l'homme donc à travers des études sur
sur les rongeurs d'accord donc une des
grandes conclusions de vos recherches en
tout cas c'est qu'il existe dans la
nature des espèces comme le poisson
zèbre le Danio qui sont capables
de de subir et de finalement résister à
de très fortes doses radioactives auquel
l'homme ne pourrait pas résister ça
c'est vrai mais bon c'est un cas d'école
je dirais parce que vraiment très élevé
mais par contre on s'est altération du
sexe ratio reste reste intéressantes
puisque donc ça peut avoir des
répercussions sur sur les écosystèmes et
donc nous ce qu'on propose à terme mais
le temps de la recherche est bien long
c'est que ces valeurs seuil de
protection de l'environnement prennent
en compte des valeurs de toxicité qui
ont été déterminées après des
expositions multigénérationnelles ce qui
n'est pas le cas actuellement un jour on
le verra ça existe déjà pour les
polluants chimiques dangereux on sait
que ça va être la suite on va obtenir
des valeurs de protection qui seront de
plus en plus complexes et on prend en
compte donc cet effet multigénérationnel
qui qui mime un petit peu ce qui se
passe sur le terrain d'accord vous
travaillez aussi sur des espèces
sauvages la truite les pinoches
l'ongle chevalier là c'est quel intérêt
par rapport au poisson zèbre donc là
aussi bien entendu le poisson zèbre
c'est un poisson modèle on le connaît
très très bien donc on peut rapidement
déployer des expériences on connaît ces
sa fiche de logique on connaît ces
mécanismes de toxicité donc ça on est
très rassuré et une fois qu'on a validé
des effets sur cet outil on va les
tester sur des poissons d'intérêt qui
habite chez nous d'accord donc on a eu
ce premier objectif puis le deuxième
objectif c'est bien entendu tous ces
outils comme le poisson zèbre ont des
avantages mais aussi des inconvénients
son développement rapide et très
important pour nous mais ne mime pas ce
qui se passe chez les poissons
autochtones chez le poisson zèbre il met
72 heures pour se reproduire chez une
truite ou même chez un korégone ça met
plus de 100 jours à se éclore pardon
donc en fin de compte on va étudier les
effets de la radioactivité sur le
développement embryonnaire sur des
durées qui seront beaucoup beaucoup plus
longues chez ces poissons sauvages
d'accord merci de ces explications pour
conclure rapidement vos Olivier vous
êtes
éco-toxicologue donc on l'a dit
Claire-Marie vous êtes
hydrologue finalement elle l'IRSN il y a
des profils assez différents des
chercheurs qui qui viennent d'univers
différents
il y a vraiment des métiers extrêmement
différents aliasan que ce soit pour
prendre en compte l'ensemble des risques
naturels ou industriels d'un site et
l'ensemble des impacts sur
l'environnement
tout à fait moi je vais parler
uniquement de mon domaine mais il y a au
sein de l'IRSN il y a des gens qui ont
des des niveaux de compétences sur la
compréhension des mécanismes toxiques
bien plus importantes et il faut des
ponts entre ce qui est obtenu dans
l'environnement et ce qui peut être
ensuite utilisé par par la santé
d'accord et bien merci beaucoup d'avoir
répondu à nos questions merci de nous
avoir suivis on se retrouve bientôt pour
une prochaine émission de science en
direct
réaliser dans la grande galerie de
l'évolution du Muséum National
d'Histoire Naturelle magnifique cadre
derrière nous une émission en public on
se retrouve bientôt merci à vous
[Musique]
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