Bel-Ami - Partie 1 - Chapitre 7

Audiolude
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Narrateur : Alain Couchot
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chapitre
7 la disparition de Charles donna à du
roi une importance plus grande dans la
rédaction de La Vie française il signa
quelques articles de fond tout en
signant aussi ses échos car le patron
voulait que chacun gardâ la
responsabilité de sa copie il eut
quelques polémiques don il se tira avec
esprit et ses relations constantes avec
les hommes d'État le préparaient peu à
peu à devenir à son tour un rédacteur
politique àroit et perspicace il ne
voyait qu'une tâche dans tout son
horizon elle venait d'un petit journal
frondeur qui l'attaquait constamment ou
plutôt qui attaquait en lui le chef des
échos de la vie française le chef des
échos à surprise de Monsieur Walter
disait le rédacteur anonyme de cette
feuille appelée la plume c'était chaque
jour des perfidies des traits mordants
des insinuation de toute nature Jacques
Rival dit un jour à duoi vous êtes
patient l'autre
balbutia que voulez-vous il n'y a pas
d'attaque directe or un après-midi comme
il entrait dans la salle de rédaction
boirenard lui tendit le numéro de la
plume tenez il y a encore une note
désagréable pour vous hein à propos de
quoi B à propos de rien de l'arrestation
d'une dame Aubert par un agent des mœurs
George prit le journal qu'on lui tendait
et lut sous ce titre du Roi
s'amuse l'illustre reporter de la vie
française nous apprend aujourd'hui que
la dame Aubert dont nous avons annoncé
l'arrestation par un agent de l'odieuse
brigade des mœurs existe que dans notre
imagination or la personne en question
demeure 18 rue de l'écureuil à
Montmartre nous comprenons trop
d'ailleurs quel intérêt ou quels
intérêts peuvent avoir les agents de la
banque walterre à soutenir ceux du
préfet de police qui tolère leur
commerce quant au reporter dont il
s'agit il ferait mieux de nous donner
quelqu'une de ces bonnes nouvelles à
sensation dont il a le secret nouvelle
de mort démentis le lendemain nouvelles
de batailles qui n'ont pas eu lieu
annonce de paroles graves prononcées par
des souverains qui n'ont rien dit toutes
les informations enfin qui constituent
les profits ou halt ou même quelqu'une
des petites indiscrétions sur des
soirées de femmes à succès ou sur
l'excellence de certains produits qui
sont d'une grande ressources à
quelques-uns de nos
confrères le jeune homme demeurait
interdit plus qu'irrité comprenant
seulement qu'il y avait là-dedans
quelque chose de fort désagréable pour
lui boirenard reprit qui vous a donné
cet écho du roi cherchait ne se
rappelant plus puis tout à coup le
souvenir lui revint ah oui c'est saint
pootin puis il relut l'alinéa de la
plume et il rougit brusquement révolté
par l'accusation de vénalité il s'écria
comment on prê tant que je suis payé
pour boirenard l'interrompit dame oui
c'est embêtant pour vous le patron est
fort sur l'œil à ce sujet ça pourrait
arriver si souvent dans les
échos Saint-Potin justement
entrait du roi courut à lui vous avez lu
la note de la plume oui et je viens de
chez la dame Aubert elle existe
parfaitement mais elle n'a pas été
arrêtée ce bruit aucun fondement alors
du roi s'élança chez le patron qu'il
trouva un peu froid avec un œil
soupçonneux après avoir écouté le cas
monsieur Walter répondit allezv- même
chez cette dame et démentz de façon
qu'on n'écrive plus de pareilles choses
sur vous je parle de ce qui suit c'est
fort ennuyeux pour le journal pour moi
et pour vous pas plus que la femme de
César un journaliste ne doit être
soupçonné du roi monta en fiacre avec
Saint-Potin pour guide et il cria au
cocher 18 rues de l'écureuil à
Montmartre c'était dans une immense
maison dont il fallut escalader les six
étages une vieille femme en caraco de
laine vint leur ouvrir qu'est-ce que
vous meevoulez dit-elle en apercevant
saotin il répondit je vous amène
monsieur qui est inspecteur de police et
qui voudrait bien savoir votre affaire
alors elle les fit
en racontant il en est encore revenu
deux depuis vous pour un journal je ne
sais point lequel puis se tournant vers
du roi donc c'est monsieur qui désire
savoir oui est-ce que vous avez été
arrêté par un agent des mœurs
elle leva les bras jamais de la vie mon
bon monsieur jamais de la vie voilà la
chose j'ai un boucher qui sert bien mais
qui pèse mal je m'en ai aperçu souvent
sans rien dire mais l'autre jour comme
je lui demandais de livres de côtelettes
vu que j'aurais ma fille et mon gendre
je m'aperçois qu'il me pèse des EAU de
déchets des EAU DE cotelettes c'est vrai
mais pas des miennes j'aurais pu en
faire du ragou c'est encore vrai mais
quand je demande des côtelettes c'est
pas pour avoir le déchet des autres je
refuse donc alors pr de vieux rat je lui
réplique vieux fripon bref de fils en
aiguille nous nous sommes tant chamaillé
qu'il y avait plus de 100 personnes
devant la boutique et qui riait qui
riait tant qu'enfin un agent fut attiré
et nous invita à nous expliquer chez le
commissaire nous y fumes et on nous
renvoya dos ados moi depuis je me s
ailleurs et je ne passe même plus devant
la porte pour éviter des esclandres elle
se tu du roi demanda c'est tout c'est
toute la vérité mon cher Monsieur et lui
ayant offert un verre de cassis qu'il
refusa de boire la vieille insista pour
qu'on parl dans le rapport des fausses
pesées du boucher de retour au journal
du roi rédigea sa
réponse un écrévaillon à
de la plume s'en étant arraché une me
cherche noise au sujet d'une vieille
femme qu'il prétend avoir été arrêté par
un agent des mœurs ce que je n j'ai vu
moi-même la dame Aubert âgée de 60 ans
au moins et elle m'a raconté par le menu
sa querelle avec un boucher au sujet
d'une pesée de côtelette ce qui
nécessita une explication devant le
commissaire de police voilà toute la
vérité quant aux insinu du rédacteur de
la plume je les méprise on ne répond pas
d'ailleurs à de pareilles choses quand
elles sont écrites sous le masque George
Duroi monsieur Walter et jacqu rival qui
venaient d'arriver trouvèrent cette note
suffisante et il fut décidé qu'elle
passerait le jour même à la suite des
échos du roi rentra tôt chez lui un peu
agité un peu inquiet qu'allait répondre
l'autre qui était-il pourquoi cette
attaque brutale avec les mœurs brusques
des journalistes cette bêtise pouvait
aller loin très loin il dormit mal quand
il relut sa note dans le journal le
lendemain il la trouva plus agressive
imprimée que manuscrit il aurait pu lui
semblait-il atténuer certains termes il
fut fiévreux tout le jour et il dormit
mal encore la nuit suivante
il se leva dès l'aurore pour chercher le
numéro de la plume qui devait répondre à
sa réplique le temps s'était remis au
froid il gelait dur les ruisseaux saisis
comme il coulit encore déroulaient le
long des trottoirs deux rubans de glace
les journaux n'étaient point arrivés
chez les marchands et du roi se rappela
le jour de son premier article les
souvenirs d'un chasseur
d'Afrique ses mains et ses pieds
s'engourdissaient
devenait douloureux au bout des doigts
surtout et il se mit à courir en rond
autour du kiosque vitré où la vendeuse
accroupie sur sa chaufferette ne
laissait voir par la petite fenêtre
qu'un nez et des joues rouges dans un
capuchon de laine enfin le distributeur
de feuilles publi passa le paquet
attendu par l'ouverture du carreau et la
bonne femme tendit à du roi la plume
grande ouverte
chercha son nom d'un coup d'œil et ne
vit rien d'abord il respirait déjà quand
il aperçut la chose enfermé entre deux
tirets le sieur du roi de la vie
française nous donne un démenti et en
nous démentant il ment il avoue
cependant qu'il existe une femme Aubert
et qu'un agent la conduite à la police
il ne reste donc qu'à ajouter deux mots
des meœurs après le mot agent et c'est
dit mais la conscience de certains
journalistes est au niveau de leur
talent et je signe Louis
langremont alors le cœur de George se
mit à battre violemment il rentra chez
lui pour s'habiller sans trop savoir ce
qu'il faisait donc on l'avait insulté et
d'une telle façon qu'aucune hésitation
n'était possible pourquoi pour rien
propos d'une vieille femme qui s'était
querellée avec son boucher il s'habilla
bien vite et se rendit chez Monsieur
Walter quoiquil fut à peine 8h du matin
monsieur Walter déjà levé lisait la
plume et bien dit-il avec un visage
grave en apercevant du roi vous ne
pouvez pas reculer le jeune homme ne
répondit rien le directeur reprit allez
tout de suite trouver rival qui se
chargera de vos intérêts du roi balbu
quelques mots vagues et sortit pour se
rendre chez le chroniqueur qui dormait
encore il sauta du lit au coup de
sonnette puis ayant lu l'écho bigre il
faut y aller qui voyez-vous comme autre
témoin mais je ne sais pas
moi boirenard qu'en pensez-vous oui
boirenard êtes-vous fort aux armes pas
du tout ah diable et au PIST allz je
tire un peu bon vous allez vous exercer
pendant que je m'occuperai de tout
attendez-moi une minute il passa dans
son cabinet de toilette et reparut
bientôt lavé rasé correct venez avec moi
dit-il il habitait au rez-de-chaussée
d'un petit hôtel et il fit descendre du
roi dans la cave une cave énorme
convertie en salle d'ARM mais en tir
toutes les ouvertures sur la rue étant
bouché après avoir allu um une ligne de
bec de gaz conduisant jusqu'au fond d'un
second caveau où se dressait un homme de
fer peint en rouge et en bleu il posa
sur une table deux paires de pistolets
d'un système nouveau se chargeant par la
culasse et il commença les commandements
d'une voix brève comme si on eût été sur
le terrain prêt feu 1 2 3 duoi anéanti
obéissait levait le bras visait TI et
comme il atteignait souvent le mannequin
en plein ventre car il s'était beaucoup
servi dans sa première jeunesse d'un
vieux pistolet d'arçon de son père pour
tuer des oiseaux dans la cour Jacques
Rival satisfait
déclarait bien très bien très bien vous
irez vous irez puis il le quitta tirez
comme ça jusqu'à midi voilà des munition
n'ayez pas peur de les brûler je
viendrai vous prendre pour déjeuner et
vous donner des nouvelles et il sortit
resta seul du roi tira encore quelques
coups puis il s'assit et se mit à
réfléchir comme c'était bête tout de
même ces choses-là qu'est-ce que ça
prouvait un filou était-il moins un
filou après s'être battu que gagnait un
honnête homme insulté à risquer sa vie
contre une crapule et son esprit
vagabondant dans le noir sera appela les
choses dites par Norbert varen sur la
pauvreté d'esprit des hommes la
médiocrité de leurs idées et de leurs
préoccupation la niaiserie de leur
morale et il déclara tout haut comme il
a raison
sacristie puis il sentit qu'il avait
soif et ayant entendu un bruit de goutte
d'eau derrière lui il aperçu un appareil
à douche et il alla boire au bout de la
lance puis il se remit à songer il
faisait triste dans cette cave triste
comme dans un tombeau le roulement
lointain et sourd des voitures semblait
un tremblement d'orage
éloigné quelle heure pouvait-il être les
heures passaient là-dedans comme elles
doivent passer au fond des prisons sans
que rien les indique et que rien les
marque sauf les retours du jaôer portant
les plats il attendit
longtemps
longtemps puis tout d'un coup il
entendit des pas des voix et Jacques
Rival reparut accompagné de boisenard il
cria dès qu'il aperçut du roi c'est
arrangé l'autre crut l'affaire terminé
par quelques lettres d'excuse son cœur
bondit et il balbutia ah merci le
chroniqueur reprit ce langrement est
très carré il a accepté toutes nos
conditions 25 pas une balle au
commandement en levant le pistolet on a
le bras beaucoup plus sûr ainsi qu'en la
baissant tenez bois renard voyez ce que
je vous disais et prenant des armes il
se mit à tirer en démontrant comment on
conservait bien mieux la ligne en levant
le bras puis il dit maintenant allons
déjeuner il est midi passé et ils se
rendirent dans un restaurant voisin duoi
ne parlait plus guerre il mangea pour
n'avoir pas l'air d'avoir peur puis dans
le jour il accompagna boisenard au
journal et il fit sa besogne d'une façon
distraite et machinal on le trouva crâne
Jacques Rival vint lui serrer la main
vers le milieu de l'après-midi et il fut
convenu que ces témoins le prendrai chez
lui en landau le lendemain à 7h du matin
pour se rendre au bois du Vésinet où la
rencontre aurait lieu tout cela s'était
fait si inopinément sans qu'il y prit
part sans qu'il dit un mot sans qu'il
donnaâ son avis sans qu'il accepta ou
refusa et avec tant de rapidité qu'il
demeurait étourdi
effaré sans trop comprendre ce qui se
passait et se retrouva chez lui vers 9h
du soir après avoir dîner avec boirenard
qui ne l'avait point quitté de tout le
jour par dévouement dès qu'il fut seul
il marcha pendant quelques minut minut à
grand pas vif à travers sa chambre il
était trop troublée pour réfléchir à
rien une seule idée emplissait son
esprit un duel deain sans que cette idée
éveilla en lui autre chose qu'une
émotion confuse et
puissante il avait été soldat il avait
tiré sur des Arabes son grand danger
pour lui d'ailleurs un peu comme on tire
sur un sanglier à la chasse
en somme il avait fait ce qu'il devait
faire il s'était montré ce qu'il devait
être on en parlerait on l'approuverait
on le
féliciterait puis il prononça à haute
voix comme on parle dans les grandes
secousses de
pensé quel brute que cet homme il
s'assit et se mit à réfléchir il avait
jeté sur sa petite table une carte de
son adversaire remise par rival afin de
garder son adresse il l'a relu comme il
l'avait déjà lu 20 fois dans la journée
Louis langremont
176 rue
Montmartre rien de plus il examinait ces
lettres assemblées qui lui paraissaient
mystérieuses pleines de sens
inquiétant Louis langremont qui était
cet homme de quel âge de quel taille de
quelle figure n'était-ce pas révoltant
qu'un étranger un inconnu vint ainsi
troubler votre vie tout d'un coup sans
raison par pur caprice à propos d'une
vieille femme qui s'était queurellé avec
son boucher il répéta encore une fois à
haute voix quelle brute et il demeura
immobile songeant le regard toujours
planté sur la carte une colère S est en
lui contre ce morceau de papier une
colère haineuse où se mêlait un étrange
sentiment de malaise c'était stupide
cette histoire- làà
elle prit une paire de ciseau à ongles
qui traînait et il les piqua au milieu
du nom imprimé comme s'il eû poignardé
quelqu'un donc il allait se battre et se
battre au pistolet pourquoi n'avait-il
pas choisi l'épée il en aurait était
quitte pour une piqûure au bras ou à la
main tandis qu'avec le pistolet on ne
savait jamais les suites
possibles il dit allons il faut être
crâne le son de sa voix le fit
tressaillir et il regarda autour de lui
il commençait à se sentir fort nerveux
il but un verre d'eau puis se coucha dès
qu'il fut au lit il souffla sa lumière
et ferma les les yeux il avait très
chaud dans ses draps bien qu'il fit très
froid dans sa chambre mais il ne pouvait
parvenir à sa soupire il se tournait et
se retournait demeurait 5 minutes sur le
dos puis se plaçait sur le côté gauche
puis se roulait sur le côté droit il
avait encore soif il se releva pour
boire puis une inquiétude le saisit
est-ce que j'aurais peur
pourquoi son cœur se mettait-il à battre
follement à chaque bruit connu de sa
chambre quand son coucou allait sonner
le petit grincement du ressort lui
faisait faire un sursaut et il lui
fallait ouvrir la bouche pour respirer
pendant quelques secondes tant il
demeurait oppressé il se mit à raisonner
en philosophe sur la possibilité de
cette chose aurais-je
peur non certes il n'aurait pas peur
puisqu'il était résolu à aller jusqu'au
bout puisqu'il avait cette volonté bien
arrêtée de se battre de ne pas trembler
mais il se sentait si profondément ému
qu'il se
demanda peut-on avoir peur malgré soi et
ce doute l'envahit cette inquiétude
cette
épouvante si une force plus puissante
que sa volonté dominatrice irrésistible
le domptait qu'arriverait-il
oui que pouvait-il arriver certes il
irait sur le terrain puisqu'il voulait y
aller mais s'il tremblait s'il perdait
connaissance et il songea à sa situation
à sa réputation à son
avenir et un singulier besoin le prie
tout à coup de se relever pour se
regarder dans sa glace il ralluma sa
bougie quand il aperçu son visage
reflété dans le verre poli il se
reconnut à peine il lui sembla qu'il ne
s'était jamais vu ses yeux lui parurent
énormes et il était pâle certes il était
pâle très pâle tout d'un coup cette
pensée entra en lui à la façon d'une
balle demain à ces ors je seraai
peut-être mort et son cœur se remit à
battre furieusement il se retourna vers
sa couche et il se vit distinctement
étendu sur le dos dans ces mêmes draps
qu'il venait de quitter il avait ce
visage creux qu'on l' mort et cette
blancheur des mains qui ne remuront plus
alors il eut peur de son lit et afin de
ne plus le voir il ouvrit la fenêtre
pour regarder dehors un froid glacial
lui mordit la ch ch de la tête au pied
et il se recula à le temp la pensée lui
vint de faire du feu il la tisa
lentement sans se retourner ses mains
tremblaient un peu d'un frémissement
nerveux quand elle touchait les objets
sa tête s'égaraient ces pensées
tournoyantes hachées devenaient fuyant
douloureus une ivresse envahissait son
esprit comme s'il eût bu et sans cesse
il se demandait que vais-je faire que
vais-je devenir il se remit à marcher
répétant d'une façon continue machinale
il faut que je sois énergique très
énergique puis il se dit je vais écrire
à mes parents en cas
d'accident il s'assit de nouveau prit un
cahier de papier à lettrre
traça mon cher papa ma chère maman puis
il jugea ces termes trop familiers dans
une circon
aussi tragique il déchira la première
feuille et
recommença mon cher père ma chère mère
je vais me battre au point du jour et
comme il peut arriver que il n'ous a pas
écrire le reste et se releva d'une
secousse cette pensée l'écrasait
maintenant il allait se battre en duel
il ne pouvait plus éviter cela que se
passait-il donc en lui il voulait se
battre il avait cette intention et cette
résolution fermement arrêté et il lui
semblait malgré tout l'effort de sa
volonté qui ne pourrait même pas
conserver la force nécessaire pour aller
jusqu'au lieu de la
rencontre de temps en temps ses dents
s'entrechoquaient dans sa bouche avec un
petit bruit sec et il se
demandait mon adversaire s'est-il déjà
battu a-t-il fréquenté les tirs est-il
connu est-il classé il n'avait jamais
entendu prononcer ce nom et cependant si
cet homme n'était pas un tireur au
pistolet remarquable il n'aurait point
accepté ainsi sans hésitation sans
discussion cette arme
dangereuse alors du roi se figurait leur
rencontre son attitude à lui et la tenue
de son ennemi il se fatigue a pensé et
imaginer les moindres détails du combat
et tout à coup il voyait en face de lui
ce petit trou noir et profond du canon
dont allait sortir une balle et il fut
pris brusquement d'une crise de
désespoir
épouvantable tout son corps vibrait
parcouru de tressaillements saccadés il
serrait les dents pour ne pas crier avec
un besoin fou de se rouler par terre de
déchirer quelque chose de mordre mais il
aperçut un verre sur sa cheminée et il
se rappela qu'il possédait dans son
armoire un litre d'eau de vie presque
plein car il avait conservé l'habitude
militaire de tuer le verre chaque matin
il saisit la bouteille et but à même le
goulot à longue gorgée avec
avidité il la reposa seulement lorsque
le souffle lui manqua elle était vidée
d'un tiers
une chaleur pareille à une flamme lui
brûla bientôt l'estomac se répandit dans
ses membres raffermit son âme en
l'étourdissant il se dit je tiens le
moyen et comme il se sentait maintenant
la peau brûlante il rouvrit la
fenêtre le jour naissait calme et
glacial là-haut les étoiles semblaient
mourir au fond du firmement
éclairci et dans la tranchée profonde du
chemin de fer les signaux verts rouges
et blancs
palissaient les premières locomotives
sortaient du garage et s'en venaient en
sifflant chercher les premiers trains
d'autres dans le lointain jetaient des
appels aigus et répétés leurs cris de
réveil comme font les coques dans les
champs duoi pensait je ne verrais
peut-être plus tout ça
mais comme il sentit qu'il allait de
nouveau s'attendrir sur lui-même il
réagit violemment allons il ne faut
songer à rien jusqu'au moment de la
rencontre c'est le seul moyen d'être
crâne et il se mit à sa toilette il eut
encore en se rasant une seconde de
défaillance en songeant que c'était
peut-être la dernière fois qu'il
regardait son visage mais il but une
nouvelle gorgée d'eau de vie et acheva
de sa
l'heure qui suivit fut difficile à
passer il marchait de long en large en
s'efforçant en effet d'immobiliser son
âme lorsqu'il entendit frapper à sa
porte il faillit s'abattre sur le dos
tant la commotion fut violente c'était
ces témoins déjà ils étaient enveloppés
de fourrure rival déclara après avoir
serré la main de son client il fait un
froid de Sibérie puis il demanda ça va
bien oui très bien on est calme très
calme alons ça ira avez-vous bu et mangé
quelque chose
oui je n'ai besoin de rien bois renard
pour la circonstance portait une
décoration étrangère verte et jaune que
dur roi ne lui avait jamais vu ils
descendirent un monsieur les attendait
dans le landau rival Noma le docteur
lebrument du roi lui serra la main en
balbuciant je vous remercie puis il
voulut prendre place sur la banquette du
devant et il s'assit sur quelque chose
de dur qui le fit relever comme si un
ressort l'eut redressé c'était la boîte
au pistolet rival répétait non au fond
le combattant et le médecin au fond
Duroi finit par comprendre et il s'affaa
à côté du docteur
les deux témoins montèrent à leur tour
et le cocher partit il savait où on
devait aller mais la boîte au pistolet
gênait tout le monde surtout du roi qui
eut préféré ne pas la voir on essaya de
la placer derrière les dos elle cassait
les reins puis on l'a mis debout entre
rival et bois renard elle tombait tout
le temps on finit par la glisser sous
les pieds la conversation langanguissait
bien que le médecin ta des anecdotes
rival seul lui répondait du roi e voulu
prouver de la présence d'esprit mais il
avait peur de perdre le fil de ses idées
de montrer le trouble de son âme et il
était hanté par la crainte torturante de
se mettre à
trembler la voiture fut bientôt en
pleine campagne il était 9h environ
c'était une de ces rudes matinées
d'hiver où toute la la nature est
luisante cassante et dure comme du
cristal les arbres vêtus de givre
semblent avoir sué de la glace la terre
sonne sous les pas l'air sec porte au
loin les moindres bruit le ciel bleu
paraît brillant à la façon des miroirs
et le soleil passe dans l'espace
éclatant et froid lui-même jetant sur la
création gelée des rayons qui n'échauffe
rien rival disait à du roi j'ai pris les
pistolets chez Gastine Renet il les a
chargé lui-même la boîte est cachetée on
les tirera au sort d'ailleurs avec ceux
de notre adversaire du roi répondit
machinalement je vous
remercie alors rival lui fit des
recommandations minutieuses car il
tenait à ce que son client ne commit
aucune erreur il insistait sur chaque
point plusieurs fois quand on demandera
êtes-vous prêt messieur vous répondrez
d'une voix forte oui quand on commandera
feu vous élèverez vivement le bras et
vous tirez avant qu'on ait prononcé
trois et dui se répétait mentalement
quand on commandera feu j'élèverai le
bras quand on commandera feu j'élèverai
le bras il apprenait cela comme les
enfants apprennent leurs leçons en le
murmurant à saciété pour se le bien
graver dans la tête quand on commandera
feu j'élèverai le bras le landau entra
sous un bois tourna à droite dans une
avenue puis encore à droite rival
brusquement ouvrit la portière pour
crier au cocher là par ce petit chemin
et la voiture s'engagea dans une route à
hornière entre deux tailles où
tremblotaient des feuilles mortes
bordées d'un liséré de glace du roi
marmottait toujours quand on commandera
feu j'élèverai le bras il pensa qu'un
accident de voiture arrangerait tout or
si on pouvait verser quelle chance s'il
pouvait se casser une jambe mais il
aperçut au bout d'une clairrière une
autre voiture arrêtée et quatre
messieurs qui piétinaient pour
s'échauffer les pieds et il fut obligé
d'ouvrir la bouche tant sa respiration
devenait pénible les témoins
descendirent d'abord puis le médecin et
le combattant rival avait pris la boîte
au pistolet et il s'en alla avec bois
renard vers deux des étrangers qui
venaient à eux du roi les vit se saluer
avec cérémonies puis marcher ensemble
dans la clairière en regardant tantôt
par terre et tantôt dans les arbres
comme s'ils avaient cherché quelque
chose qui aurait pu tomber ou s'envoler
puis ils comptèrent des pas et enfonc C
avec grand peine deux cannes dans le sol
gelé ils se réunirent ensuite en groupe
et ils firent les mouvements du jeu de
Pilouface comme des enfants qui
s'amusent le docteur lebrument demandait
à
Duroi vous vous sentez bien vous n'avez
besoin de rien non de rien merci il lui
semblait qu'il était fou qu'il dormait
qu'il rêvait que quelque chose de
surnaturel était survenu qu'il enveloppe
mais avait-il peur peut-être mais il ne
savait pas tout était changé autour de
lui Jacques Rival revint et lui annonça
tout bas avec
satisfaction tout est prêt la chance
nous a favorisé pour les
pistolet voilà une chose qui était
indifférente à duoi on lui ôta son
par-dessus il se laissa faire on tata
les poches de sa redingote pour
s'assurer qu'il ne portait point de
papier ni de portefeuille
protecteur il répétait en lui-même comme
une prière quand on commandera feu
j'élèverai le
bras puis on l'amena jusqu'à une des
cannes piquées en terre et on lui remit
son pistolet alors il aperçut un homme
debout en face de lui tout près un petit
homme ventru chauve qui portait des
lunettes c'était son
adversaire il le vit très bien mais il
ne pensait à rien qu'à ceci quand on
commandera feu j'élèverai le bras et je
tirerai une voix résonna dans le grand
silence de l'espace une voix qui
semblait venir de très loin et elle
demanda êtes-vous prêt messieurs Georg
cria oui alors la même voix
ordonna feu il n'écouta rien de plus il
ne s'aperçut de rien il ne se rendit
compte de rien et sentit seulement qu'il
levait le bras en appuyant de toute sa
force sur la gâchette et il n'entendit
rien mais il vit aussitôt un peu de
fumée au bout du canon de son pistolet
et comme l'homme en face de lui
demeurait toujours debout dans la même
posture également il aperçut aussi un
autre petit nuage blanc qui s'envolait
au-dessus de la tête de son
adversaire ils avaient tiré tous les
deux c'était fini c'était moi et le
médecin le touchait le palpait
déboutonnait ses vêtements en demandant
avec anxiété vous n'êtes pas blessé il
répondit au
hasard non je ne crois pas l'angremont
d'ailleurs demeurait aussi intact que
son ennemi et Jacques Rival murmura d'un
ton mécontent avec ce sacret pistolet
c'est toujours comme ça on se rate ou on
se tue quel sale instrument du roi ne
bougeait point paralysé de surprise et
de joie c'était fini il fallut lui
enlever son arme qu'il tenait toujours
serré dans sa main il lui semblait
maintenant qu'il se serait battu contre
l'univers entier c'était fini
quel bonheur il se sentait brave tout à
coup à provoquer n'importe qui tous les
témoins causèrent quelques minutes
prenant rendez-vous dans le jour pour la
rédaction du procès verbal puis on
remonta dans la voiture et le cocher qui
rayit sur son siège repartit en faisant
claquer son
fouet il déjeunèrent tous les quatre sur
le boulevard en causant de l'événement
du roi disait ses
impressions m'a rien fait absolument
rien vous avez dû le voir du reste rival
répondit oui vous vous êtes bien tenu
quand le procèsverbal fut rédigé on le
présenta à duoi qui devait l'insérer
dans les échos il s'étonna de voir qu'il
avait échangé deux balles avec Monsieur
Louis langremont et un peu inquiet il
interrogea rival mais nous n'avons tiré
qu'une balle l'autre sourit oui une
balle une balle chacun ça fait deux
balles et du roi trouvant l'explication
satisfaisante n'insista pas le père
Walter l'embrassa bravo bravo vous avez
défendu le drapeau de la vie française
bravo Georg se montra le soir dans les
principaux grands journaux et dans les
principaux grands cafés du boulevard il
rencontra deux fois son adversaire qui
se montrait également il ne se saluèrent
pas si l'un d'eux avait été blessé il se
serait serré les mains chacun jurait
d'ailleurs avec conviction avoir entendu
siffler la balle de l'autre le lendemain
vers 11h du matin du roi reçut un petit
bleu mon Dieu que j'ai eu peur viens
donc tantôt rue de Constantinople que je
t'embrasse mon amour comme tu es brave
je t'adore claud il alla au rendez-vous
et elle s'élança dans ses bras le
ouvrant de baiser oh mon chéri si tu
savais mon émotion quand j'ai lu les
journaux ce matin oh raconte-moi dis-moi
tout je veux savoir
elle dû raconter les détails avec minuci
elle demandait comme tu as dû avoir une
mauvaise nuit avant le duel mais non
j'ai bien dormi moi je n'aurais pas
fermé l'œil et sur le terrain dis-moi
comment ça s'est passé il fit un récit
tique lorsque nous fûmes en face l'un de
l'autre à 20 pas quatre fois seulement
la longueur de cette chambre Jacques
après avoir demandé si nous étions prêts
commanda feu j'ai élevé mon bras
immédiatement bien en ligne mais j'ai eu
le tort de vouloir viser la tête j'avais
une arme fort dure et je suis accoutumé
à des pistolets bien doux de sorte que
la résistance de la gâchette a relevé le
cou
n'importe ça n'a pas dû passer loin lui
aussi il tire bien le gredin sa balle
m'a effleuré la tempe j'en ai senti le
vent elle était assise sur ses genoux et
le tenait dans ses bras comme pour
prendre part à son danger elle
balbutiait oh mon pauvre chéri mon
pauvre chéri puis quand il eut fini de
compter elle lui dit tu ne sais pas je
ne peux plus me passer de toi il faut
que je te vois et avec mon mari à Paris
ce n'est pas commode souvent j'auraai
une heure le matin avant que tu sois
levé je pourrais aller t'embrasser mais
je ne veux pas rentrer dans ton affreuse
maison comment
faire il eut brusquement une inspiration
et demanda combien payes-tu ici 100
francs par mois et bien je prends
l'appartement à mon compte et je vais
l'habiter tout à fait le mien n'est plus
suffisant dans ma nouvelle position elle
réfléchit quelques instants puis
répondit non je ne veux pas il
s'étonna pourquoi ça parce que ce n'est
pas une raison ce logement me convient
très bien j'y suis j'y reste il se mit à
rire d'ailleurs il est à mon nom mais
elle refusait toujours non non je veux
pas pourquoi ça
enfin alors elle chuchota tout bas
tendrement parce que tu y amènerais des
femmes et je ne veux pas il s'indignia
jamais de la vie par exemple je te le
promets non tu en amènerais tout de même
je te le jure bien vrai bien vrai parole
d'honneur c'est notre maison ça rien
qu'à nous
elle lestaignit dans un élan d'amour
alors je veux bien mon chéri mais tu
sais si tu me trompe une fois rien
qu'une fois ce sera fini entre nous fini
pour toujours il jura encore avec des
protestations et il fut convenu qu'il
s'installerait le jour même afin qu'elle
pût le voir quand elle passerait devant
la porte puis elle lui dit en tout cas
bien dîner dimanche mon mari te trouve
charmant il fut flatté ah vraiment
oui tu as fait sa conquête et puis
écoute tu m'as dit que tu avais été
élevé dans un château à la campagne
n'est-ce pas oui pourquoi alors tu dois
connaître un peu la
culture oui et bien parle-lui de
jardinage et de récolte il aime beaucoup
ça bon je n'oublierai pas
elle le quitta après l'avoir
indéfiniment embrassé ce duel ayant
exaspéré sa tendresse et du roi pensait
en se rendant au journal quel drôle
d'être ça fait quelle tête d'oiseau
c'eston ce qu'elle veut et ce qu'elle
aime et quel drôle de ménage quel
fantaisiste a bien pu préparer
l'accouplement de ce vieux et de cet
écervelé quel raisonnement a décidé cet
inspecteur à épouser cette étudiante
[Musique]
mystère qui sait l'amour
peut-être puis il conclut enfin c'est
une bien gentille maîtresse je serais
rudement bête de la lâcher
[Musique]
