Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
et en meilleure santé que des femmes de 25 ans.
- A.Lecaron: C'est noté.
On va aller vers quelque chose de plus quotidien, quoique...
On va parler des notes avec Marie.
- Toujours au service des parents, Marie a bien des talents.
- M.Perarnau: C'est un jingle des années 90.
à l'école en Italie.
On a un gouvernement qui n'est pas tout à fait à gauche...
Les notes de comportement, c'est que, selon l'attitude
de l'enfant et du lycéen en classe, ça impacte son parcours scolaire.
Je me suis interrogée sur les notes à l'école.
Est-ce que vos enfants ont des notes à l'école?
En maternelle, j'imagine que non...
- H.Loussaief: Le mien est déjà à Harvard.
- A.Lecaron: CE2, on attend quelques mois encore.
- H.Loussaief: Ca n'avait pas disparu, les notes?
- M.Perarnau: L'historique de la note...
Ca nous vient du Portugal, chez les jésuites, au XVIe siècle.
L'idée de base était de trier ces moines selon les fautes
qu'ils faisaient dans les copies.
Les notes comme on les connaît aujourd'hui ont été instaurées
au XIXe siècle avec J.Ferry, sur 20, pour établir un classement
des élèves.
On a tous grandi avec la note.
Vous le viviez bien?
- A.Lecaron: J'ai tellement vite lâché que ça me faisait rigoler.
A la limite, j'étais fière d'avoir un 0,5.
- A.Roy: Moi, j'adorais.
J'étais très première de classe.
- H.Loussaief: Moi aussi.
- A.Lecaron: "Regardez comme je suis cool,
j'ai des mauvaises notes!"
- M.Perarnau: Moi, j'étais en stress permanent de recevoir
ma copie.
On avait un prof de latin qui triait par ordre
avec un petit commentaire.
- A.Lecaron: "Du meilleur au moins bon".
Je n'entendais jamais mon nom.
En terminale, je faisais moins la maligne.
- M.Perarnau: 9 Français sur 10 se disent favorables au maintien
de la note pour leurs propres enfants...
Il faut s'interroger sur la note, ce qu'elle signifie.
C'est un état des lieux à un moment donné, une performance unique
d'un enfant.
C'est ça, la note.
Les enfants ne sont pas fans des notes.
Une enquête Ipsos de décembre 2023 dit que 6 gamins sur 10
n'apprécient pas d'être notés.
Ca les angoisse.
- A.Lecaron: Pauvres choux!
- M.Perarnau: Oui.
On en parlait sur l'image corporelle positive
il y a quelques semaines.
Les enfants vont attribuer à cette note
leur valeur personnelle.
Comment on gère ça en tant que parents?
Depuis 2016, il n'y a plus de notation,
ni à l'école primaire ni au collège.
- A.Lecaron: Ce n'est pas vrai...
- M.Perarnau: Les élèves sont "notés" par des compétences.
- H.Loussaief: Acquis, pas acquis...
- M.Perarnau: "En voie d'acquisition"...
Mais les enseignants continuent de mettre des notes.
Petit exemple personnel.
La semaine dernière, ma fille rentre avec une mauvaise note.
Quand on observe de près, elle n'a pas une mauvaise note.
Elle avait tout acquis en histoire.
Tout était vert en histoire.
De l'autre côté de la feuille, c'était la géographie.
Le planisphère était très étalé sur la feuille.
Elle n'a pas reconnu le planisphère habituel
et n'a pas compris.
Sa note a été divisée par 2.
Si on s'attache aux compétences, l'histoire était maîtrisée.
La géo, ce n'est pas qu'elle ne la maîtrisait pas
puisqu'elle l'a refait ensuite.
Elle a eu tout vert.
La note doit être une évaluation du suivi
et des acquis de l'élève.
Il faut que la note soit formative.
Ce n'est pas à l'instant T ce que l'enfant est capable
de produire.
C'est dans une évolution globale.
L'évaluation, il faut informer sur la progression individuelle
de l'élève.
Evidemment, les classes étant surchargées, on a du mal
à s'attacher à la progression individuelle,
donc on sanctionne car on a l'impression
d'avoir un indicateur sur là où l'enfant se situe.
En Finlande, il n'y a pas de notation tout de suite.
Les notes vont de 4 à 10.
Il n'y a jamais de note de 0 à 4.
Ils se sont rendu compte de la valeur négative
des notes basses.
Le fait d'avoir de notes très hautes augmente
cette compétition dans les élèves.
- A.Lecaron: On voit que les élèves finlandais sont très performants.
- M.Perarnau: Ce sont les premiers Pisa.
L'idée est de préserver l'élève et de préserver
sa motivation scolaire.
Celle-ci est préservée quand on s'attelle
à sa progression individuelle.
Je ne dis pas qu'il faut supprimer toutes les notes.
C'est important qu'elles restent certifiantes.
Il y a des examens, des concours.
En revanche, elles doivent rester un outil de formation.
Elles doivent former.
Quand on reçoit une mauvaise note de son enfant,
il faut aller plus loin que cette note.
Il faut se demander si l'enfant a progressé, ce qui est compliqué,
s'il a fait de son mieux.
Dans une société où on note tout, les médecins, les publications
de nos copains sur les réseaux, c'est bien de montrer à nos enfants
qu'on n'est pas en train de leur attribuer une note
et de juger la note qu'ils ont reçue.
- A.Lecaron: On se disait avec les parents de l'école
de mes enfants...
Il faut rabâcher: "Ca ne parle pas de ta valeur.
Ca peut être un moment M."
Les conseils que vous avez donnés sur la façon d'aborder
les consignes...