3 Vues de vidéo·5 oct. 2024
Deuxième épisode d'une série de 8 sur la chevalerie : Une chevauchée au XIIe siècle
Si on parle souvent des charges de chevalerie, on en oublie d'analyser ce qu'était la guerre usuelle des chevaliers. Celle-ci était bien plus faite de raids de prédation limités que de grandes batailles. En s'intéressant à une petite affaire de bœufs dans le comté de Spolète en 1124, nous pouvons avoir une idée de ces petites guerres sans nom menées par les milites. On en profitera pour jeter un rapide coup d’œil sur la chevalerie urbaine de l'Italie communale pour différencier leurs chevauchées usuelles dans grandes campagnes engageant une proportion bien plus importante de ces villes.
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Sources :
1-Laurent Feller, “Une guerre vicinale dans les Abruzzes au XIIe siècle et le fonctionnement de la seigneurie”, dans Jean Marie Martin, Bernadette Martin-Hisard, Agostino Paravicini Bagliana, Vatican et Medievalia. Etudes en l’honneur de Louis Duval-Arnould, Florence, 2008
2-Laurent Feller, Les Abruzzes médiévales. Territoire, économie et société en Italie Centrale du IXe au XIIe siècle, Rome, 1998.
3-Jean-Claude Maire Vigueur, Cavaliers et citoyens. Guerre, conflits et société dans l’Italie communale, XIIe-XIIIe siècle, Paris, 2003
4-Richard W. Kaeuper, Medieval Chivalry, Cambridge, 2016
5-Jim Bradbury, The Routledge Companion to Medieval Warfare, Londres, 2004.
6-Bernard S. Bachrach et David S. Bachrach, Warfare in Medieval Europe. c.400-c.1453, Abingdon, 2017.
7-Jean Flori, Chevaliers et chevalerie au Moyen ge, Paris, 1998
8-Philippe Contamine, La guerre au Moyen ge, Paris, 1980 (édition 2003, tirage 2020).
9-Dominique Barthélemy, “Le pillage, la vengeance et la guerre”, Les Collections de l’Histoire, n°16, juillet 2002, pp. 38-43.
10-Pierre Racine, Noblesse et chevalerie dans les sociétés communales italiennes. In Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public (Ed.), Les élites urbaines au Moyen âge : XXVIIe Congrès de la SHMES (Rome, mai 1996).
11-Racine Pierre. Le chevalier des armées communales italiennes. In: Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, 18ᵉ congrès, Montpellier, 1987. Le combattant au Moyen Age. pp. 187-194.
Remarques :
1-Le castrum (castra au pluriel) désigne un ensemble peuplé fortifié. C'est un village protégé par un enceinte avec une motte et un bâtiment principal au centre, demeure aristocratique et centre fortifié du tout.
2-Ceci étant, il ne faut pas non plus imaginer des paysans inactifs ou sans moyen de pression. Ils savent aussi, dans certaines circonstances, faire entendre leur mécontentement et obtenir des choses. Les laisser se faire piller ou les agresser sans justification peut aussi avoir des coûts dévastateurs.
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Musique du générique originale composée par Julien Théron et remixée par Clément BOTZ / Symphony Blacksmith.
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qu'est-ce qui t'arrive oh rien c'est
jusequ'au derniers chevauché je me suis
fait capturer et rançonner deux fois ça
coûte cher et c'est pas bon pour le
moral ah j'avoue si tu veux la prochaine
on se la fait à deux et on la joue
sécurité on vise un petit village en
marge on prend quelques bœ avec un peu
de chance un cheval et hop ouais ouais
mais c'est la déprime quoi et c'est
comme ça quand ça passe pas faut se
refaire doucement et puis tu prends
toujours moins de risque que celui que
tu dépouilles ok ok va pour y aller
tranquille la prochaine fois
[Musique]
[Musique]
aujourd'hui nous continuons notre série
sur les chevaliers et après avoir vu les
question que pose leur apparition on va
devoir se demander ce qu'est la guerre
pour eux leur rôle mais surtout la norme
de leur comportement comment ils font la
guerre quoi et pour l'illustrer nous
allons nous intéresser au vol de
quelques bœus à cugnoli dans les abruses
en
1124 dis-moi que tu te fous de moi s'il
te plaît euh non
malheureusement même si on va parler de
guerre communale aussi il nous faut
aborder ce qu'on nomme un peu largement
les guerres privées des chevaliers et
alors tu pouvais pas nous trouver un
truc plus majeur si sûrement mais c'est
un peu une erreur de focaliser notre
regard sur les affaires importantes de
fait pour trouver la norme de la guerre
au 12 13 siècle il faut plutôt tourner
notre regard vers les affaires locales
donc tu as décidé de nous parler de B tu
as intérêt à nous rendre ça intéressant
c'est moi qui te le dis t'inquiète pas
on va juste s'en servir d'illustration
de toute manière je ne m'appuie que sur
un article qui s'appuie sur une
chronique parlant des tenants et des
aboutissants de cette petite affaire
c'est limité mais au moins c'est du
concret la généralisation viendra après
donc notre affaire de B elle implique
des acteurs notamment des deux villages
de cugnoli et talano chaque village
ayant son castroom sa mode castrale son
château quoi et en 1124 ces deux modes
castral n'appartiennent pas au même
Seigneur d'un côté on a Gérard de
cugnoli de l'autre on a l'abaye de
casazoria et ces deux entités sont en
conflit dans une région encore assez
instable donc avant de parler de B on va
faire un peu de contexte notab
d'ailleurs ne prenez aucune des régions
dessinées sur les quat pour argent
comptant c'est pour vous donner une idée
de là où ça se trouve mais c'est de là
peu près la région qui nous intéresse
est dans les abruses actuelles jusqu'en
1070 c'était le duché de spolet alors
divisé en trois comptés aprutium pé et
Ketti mais au cours de la deuxème moitié
du 11e siècle ce Duchet est profondément
redessiné du fait de la conquête
normande de l'Italie du Sud sans rentrer
dans les détails les Normands arrivent
comme mercenaires au service des
Puissances installées dans la région
puis il se mettent à leur propre compte
c'est plié assez rapidement en ce qui
regardent le Ducher de Spolette les
Normands du compte de loritello remonte
progressivement de 1070 à 1090 jusqu'à
maîtriser le comté de kéti et le sud de
pené avec le phénomène d'encastellement
les pouvoirs se redessinent entre des
seigeries moyennes avec deux camps
principaux qui se démarquent les
prormands et les pro Saint-Empire pareil
hein je développe pas trop ce qu'est le
Saint-Empire retenez simplement que à
cette époque le nord de l'Italie est
sous l'influence de la branche allemande
de l'empire carolingien qui a fondé le
Saint Empire romain germanique c'est une
influence assez lointaine que les
Normands en arrivant dans le Ducher de
Spolette remettent en cause et le moins
qu'on puisse dire c'est que dans un
premier temps les PR Saint-Empire sont
clairement sur le reculoir mais petit à
petit le rapport de force se stabilise
et notre affaire prend place entre deux
acteurs de ces deux camps dans un petit
espace de la vallée de Pescara le
castrum d'Alano qui nous intéresse est
un point stratégique pour le contrôle de
la rivière dans un premier temps il est
contrôlé par les Normands alliés au
seigneurs de Toko et à Gérard de kugnoli
mais ce dernier est en conflit avec une
abbaye celle de Casoria qui est resté
fidèle à l'Empire n'imaginez pas un
simple bâtiment il s'agit d'une entité
dotée d'une grande assise froncière des
villes des villages des castrass et des
monastères bref Casoria est une
puissance locale qui après avoir bien
reculé semble reprendre le dessus vers
1100 tant et si bien qu'en 1120 les
Normands et Gérard kugnoli restitue le
castrum d'Alano à l'abbaye visiblement
bien qu'on ait pas trop les détails le
seigneur de toco a déconné sec en
tentant de capturer dans un guetapan l'
baie Gizo de l'abbaye Casoria ce dernier
aurait rassemblé une grosse Hoste de
4000 hommes pour se venger on sait pas
trop ce qui se passe mais on connaît le
résultat le castrum d'Ano retourne sous
le contrôle de Casoria ce qui dénote un
retournement du rapport de force mais
voyez pas ça comme un traité de paix he
le conflit perdure c'est une
compensation sûrement en réponse à une
réussite militaire de l'abay ainsi pour
l'affaire qui nous intéresse en 1124 on
se retrouve avec le Seigneur de kugnoli
allié au Seigneur de Toko en conflit
avec l'abaye de Casoria elle-même
contrôlant le castrom et le village
d'Alano si on dessine les zones
d'influence des deux camps on voit que
tout est entrelacé et que le castrom de
kugnoli est en situation de frontière
avec la zone centrée sur celui d'Alano
et c'est là qu'interviennent nos
bœs en 1124 au moment des labours un
certain Jean fils d'Asco et habitant du
castroom de kugnoli a besoin de bœ pour
la bourer son champ rassure-moi tu
prends pas un tournant Tolkien là pour
cela il se rend à Alano où vivent des
amis à lui qui ont des bœs il voudrait
qu'il l'aide à labourer et à semer
attends mais tu as pas dit qu'ils
étaient en guerre les seigneurs des
castrades d'Alano et de kugnoli oui mais
pour les paysans c'est surtout une
situation d'insécurité d'ailleurs les
amis de Jean refusent en raison de ces
conflits ce qui semble logique oui mais
Jean sûr de sa fortune s'engag à couvrir
les pertes en cas de problème rassuré
ses amis le suivent avec leur bœu et il
commen à bosser sur les champs de gens
laisse-moi deviner ça se passe pas bien
et non ça se passe pas bien ils sont
rapidement attaqués et dépouillés par
des cavalier dont on ne connaît pas
l'identité mais qui sont des militess
qui relèvent très certainement du
seigneur de kugnoli et gens dans l'ffire
ben il peut pas rembourser ce qui amène
non pas ses amis mais l'abaye de Casoria
a demandé des réparations aux seigneurs
de kugnoli oui enfin ils sont en guerre
ils s'en fout ben visiblement non cela
doit faire un moment que les relations
entre Casoria et kugnoli se pacifient en
témoigne la rétrocession d'Alano donc il
faut bien compenser ce qui est vécu
comme une perte disons de capital par
Casoria donc il payent oh non il
transfère gens ses enfants et ses terres
à Casoria ce qui pose des questions sur
le servage mais on va pas les explorer
ici
ah donc c'est ça ton histoire de bœuf là
tout à fait elle nous donne accès à un
type épisodes qu'on raconte rarement
chez les chevaliers le pillage en
opération éclair dont l'objet ici a été
les bœus et le rançonnage des paysans ce
qui est une norme tout à fait installée
dans l'Italie du 12e siècle et les
dynamiques qu'il y a derrière sont
intéressantes il ne s'agit ni d'une
violence complètement déréglée ni d'un
mal qui ne puisse être compensé
simplement les compensations concernent
les seigneurs impliqués et non les
véritables victimes à l'inverse on
observe que les conflits entre Seigneur
n'empêche pas une entraide inter village
ce n'est pas un conflit interétatique
avec des frontières strictes et ça c'est
notre porte d'entrée vers ces fameuses
guerres privées du Moyen-Âge local
difficile à saisir elles ne sont pas des
grands déchaînements de destruction mais
plutôt des suites de pillage limité se
concentrant sur les biens faciles à
s'approprier il ne faut donc pas
s'imaginer des villages en flamme des
villageois massacrés jusqu'au dernier ou
que sais-je ça devait arriver hein mais
la norme c'est c'était certainement
mettre la main sur du bétail capturer
des personnes et récupérer des armes et
des armures les chevaliers ne devaient
ni rentrer dans les maisons pour les
fouiller de font en comble ni récupérer
le grain ou la farine trop difficile à
transporter fallait que ce soit rapide
enfin je dis chevalier mais on est
toujours dans laatension de l'épisode
précédent on explicitera ça dans
l'épisode suivant de fait on préférera
militess ici c'est de la cavalerie
entretenue au frais des propriétaires de
château et autres seigneurs ainsi en
terme de jonction on observe surtout que
ces militesses forment une troupe
occupée à protéger un espace et à faire
des raides dans d'autres notez
d'ailleurs qu'on me s RA des chevauchés
ou des cavalcades à ne pas confondre
avec les grandes chevauché de la guerre
de 100ent ans on reviendra sur celle-là
dans le dernier épisode de la série
toujours est-il que comme en face en a
les mêmes il devait y avoir des
accrochages régulièrement des combats
opposant quelques dizaines d'hommes avec
des cavaliers de chaque côté et là il se
passe un truc tout à fait intéressant
qui a sûrement participé à la mise en
place de la chevalerie en tant que
statut social en effet le principe de
ces raid c'est à la fois de fragiliser
l'adversaire et de s'enrichir
personnellement puisque les prises
appartiennent à ceux qui les font ainsi
se met en place une pratique de la
rançon les militess se reconnaissent
entre eux et observent bien que l'autre
est une manne financière potentielle
qu'il vaut donc mieux capturer vivant à
la fois pour en récupérer les armes et
armur mais aussi pour le rançonner
conséquence de quoi une chevauchée n'est
pas une entreprise prise très risqué
pour les militess en tout cas du point
de vue vital ils peuvent se blesser
perdre de l'argent mais la mort c'est
beaucoup plus rare surtout vu leur
protection cette pratique de la
chevauchée et de la guerre privée
contribue ainsi à faire émerger des
codes des ententes des règles souvent
tacite ce qui fait que les militesses
même ennemi se respectent mutuellement
on peut même supposer que la charge
allant se coucher dans sa dimension
individuelle est particulièrement
apprécié pour sa capacité à désarçonner
et donc à rendre possible la capture au
niveau de la guerre les chevauchés sont
d'ailleurs construites comme des
vengeances pour réclamer justice un peu
comme les fêes Fran des vengeances
privées entre clans d'ailleurs vengeance
et justice sont deux mots assez
synonymes au Moyen-Âge en bref on ne
lance pas une chevauchée pour rien on
l'a fait dans son bon droit contre un
seigneur auquel on réclame réparation ça
participe à faire durer puisqu'on se
rend les coups mais aussi à en contrôler
l'intensité puisque tout seigneur rend
des comptes sur ce qu'il fait notamment
à travers des rassemblements publics
s'il commettait des actes démesurés il
serait vite lâché par ses proches sa
famille ses vassau et cetera bon
évidemment au milieu de tout ça c'est la
paysanerie qui est maintenue dans une
situation d'oppression elle est même
doublement pertante puisque c'est elle
qui pie des taxes pour la protection
d'un seigneur mais en se mettant sous
cette protection elle devient cible
potentiel des ennemis de ce seigneur
alors cesmitess se vengent les uns les
autres en frappant les paysans pour
ensuite se remettre d'accord accord
entre eux sans jamais dédommager les
paysans vous comprendrez que c'est pas
giga facile globalement les militesses
s'en foutent la paysannerie n'est qu'un
moyen de pression dans le cadre d'une
guerre privée pas des faibles à protéger
au nom de je ne sais quoi cette fonction
militaire donne donc un double droit au
militess celui de l'impôt au nom de la
protection et celui de la radia au nom
de la vengeance ceci étant même dans ces
deux fonctions ils sont secondés de
piétons et autres hommes d'armes dans
les faet les militais dis plus dans leur
fonction administrative ou judiciaire et
dans l'organisation de la construction
de route d'infrastructure et cetera on
verra ça dans un prochain épisode
toujours est-il que nos petit B dans les
abruses nous montrent parfaitement tout
ça une chevauchée limitée qui coûte à la
paysannerie et dont la réparation se
décide entre seigneurs et pour les
seigneurs indépendamment du mal fait à
gens ou à ses amis mais ça reste
relativement imprécis et j'entends votre
frustration on a du mal à savoir comment
c'est chevaucher se décid qui les
composait combien de temps elles
duraient et cetera de fait les
chroniques ne nous en parlent pas
beaucoup et ont fortement tendance à
concentrer leur regard sur les
militesses ou sur les effets plus que
sur la pratique quotidienne on a
retrouvé avec nos bœ une chevauché dans
un océan de conflit difficile à
délimiter mais dans notre malheur nous
avons un peu de chance car nous sommes
dans l'Italie du 2e siècle et cette
Italie là c'est celle où naissent les
communes on a un peu parlé de l'une elle
avec maiavel mais bien plus tard
évidemment mais pourquoi les communes
italiennes nous intéresseraient-elles et
bien justement parce qu'elles compte en
leur sain des chevaliers urbains au sens
de citadin ils sont pas plus polis que
les autres et grâce aux institutions de
la commune on a un peu plus
d'information sur ce que ces militess
formant la militia de la ville faisaient
alors vu qu'on va pas revenir en Italie
ensuite on va y jeter un œil au cours
des 11e et 12e siècles des cités se
développent avec un nouveau système de
gouvernance permettant de partager le
pouvoir la commune est ainsi dirigée par
une seigneerie collective où les
militess et les notaires se distinguent
de la population on a ainsi une Italie
coupée en trois entre le Sud aux mains
des Normands soumis au fonctionnement
seniorial classique le centre sous
influence pontificale et le Nord où les
communes se multiplient rassemblant dans
leurs centres urbains les militesses des
campagnes environnantes le compteado
s'il y en a à qui ça rappelle des trucs
c'est normal on ne va pas faire
l'histoire de leur gain d'autonomie face
au pape ou au saint empereur ça nous
amènerait trop loin on devrait parler de
la bataille de Legnano et ça c'est long
retenez surtout que les communes sont
dirigées essentiellement par les nobles
et les chevaliers urbains ces derniers
se distinguent très clairement du reste
de la population par leur assise
financière leur permettant d'avoir des
chevaux et de remplir le rôle de
cavalier selon leur puissance ils
rassemblent autour d'eux une cour armée
comme on a pu le voir pour les seigories
classiques et obtiennent de nombreux
avantages fiscaux ils se rassemblent en
societas militum développent leur codes
et surtout protège leur patrimoine
immobilier c'est vraiment essentiel à
comprendre sur les chevaliers urbains
ils se financent grâce à leur propriété
immobilière avant tout c'est une
population qui obtient son rôle
militaire grâce à sa position
socio-économique du reste il y a le même
système de vassalisation que dans le
reste d'Europe là c'estes chevalier se
distingue un peu c'est qu'il se montrent
avec des maisons tour au cœur de la
ville cela ne les empêche pas d'avoir
également des châteaux dans le compte
àau pour contrôler la population agrère
et globalement les chevaliers de la
région sont progressivement forcé de
résider au moins une partie de l'année
en ville puisque leur service de garde
est dû à la seignerie de la commune
c'est pas du tout négligeable he pour
une ville entre 15 et 25000 habitants on
peut compter entre 700 et 1300 militess
les championnes restant Florence et
Milan qui devait avoir dans les 2000
militess bref les chevaliers urbains ont
ainsi plusieurs activités j'ai question
de leur patrimoine immobilier
investissement marchand présence dans
les conseils de la ville puisque c'est
chez eux qu'on élit les magistrats
autres consul et dirigeants de la ville
et bien sûr la guerre qui est un aspect
essentiel de leur vie et une activité
plus que lucrative quand on l'a fait
bien évidemment alors comment ça se
passe ici on n plus vraiment sur des
guerres privées il y a des dimensions
collectives du fait que les conflits ont
lieu entre communes mais derrière c'est
la même chose hein il s'agit de réparer
un tort de régler une dispute et à
chaque fois c'est une occasion de
s'enrichir en effet les prises de chaque
chevalier lui appartiennent ce qui le
motive à la recherche de butin et de
rançon d'ailleurs pour les aider dans
leurs affaires les communes ont met en
place un espèce de système d'assurance
nommé emendacio le principe étant très
intéressant je vous fais une capsule sur
le sujet toujours est-il qu'il y a deux
types d'entreprises militaires au sein
des guerres communales l'exarchitus et
la cavalcata l'une est publique l'autre
privée l'exarchitous en gros c'est la
Conv ation de toutes les forces de la
commune ça peut mobiliser jusqu'à la
moitié des âmes de la cité autrement dit
c'est pas du tout une opération qui se
fait à la légère on convoque
l'exerchitous après une certaine
préparation c'est une décision
collégiale lourde et évidemment on ne la
convoque pas pour discuter de la saison
en général c'est en dernier recours pour
se défendre ou alors pour aller dévaster
le territoire adverse ou bien rechercher
une bataille les chevaliers y ont tout à
fait leur place et c'est dans le cadre
de cette exerquitous qu'ils peuvent
former de véritables unités de cavalerie
avec des charges collectives pendant les
batailles c'est clairement pas leur
quotidien mais c'est la pratique par
laquelle ils font la différence dans les
grands engagements et au-delà de l'image
de chevalier individualiste et
incontrôlable ils avaient une certaine
discipline pendant ces batailles c'est
surtout que c'était rare pour eux de la
pratiquer en conditions réelles la
charge de chevalier prend un peu trop de
place dans notre imaginaire et elle
semble se mélanger avec les enjeux
individuels des chevauchés bon après le
concept est pas nouveau non plus hein
même si elle oppose en général des
unités de chevalerie entre elles dont le
but est du coup la capture en formation
la chevalerie se disposait sur une ligne
très serrée au coude à coude si possible
de tro qu rangs et découpé en
différentes unités qu'on peut nommer
bannière ou conroi cette ligne pouvait
être suivie d'une voire deux autres si
les chevaliers étaient assez nombreux
une charge contre une unité ennemie se
faisait généralement en escalier de la
droite vers la gauche chaque unité
accélère très progressivement pour
conserver la cohésion passant du pas au
triple Galot afin de maximiser la
vitesse à l'impact le principe restant
toujours de concentrer l'énergie
cinétique du cheval et du chevalier à la
pointe de la lance si l'exécution de la
charge ne change pas le but peut
différer en fonction de ce à quoi les
chevaliers sont opposés contre d'autres
cavaliers on cherche à désarçonner pour
capturer ou au moins laisser au piéton
en soutien derrière terminer le travail
contre de l'infanterie il faut surtout
briser la cohésion casser le bloc en
plus petit bout s'infiltrer jusqu'à
pouvoir se battre en détail si la
première charge ne suffit pas ou échoue
l'unité se retire et profite des charges
des unités suivantes pour se reformer
derrière la dernière ligne et retenter
une charge au bout d'un moment les
formations sont de moins en moins bien
tenues ce qui peut amener à des combats
de détail des duels une charge suffit
donc rarement et le camp victorieux est
en général celui qui a le mieux conservé
sa cohésion évidemment ce genre de
manœuvre n'avait rien d'évident mais les
chevaliers avaient des pratiques
collectives pour s'y exercer on
éclairera ça plus tard dans la série bon
je vous raconte tout ça pour vous donner
une idée et vous parler un peu de
bataille mais évidemment ça connaissait
des variantes en fonction des régions ou
des époques ça reste une bonne vision
générale du comportement des chevaliers
sur le champ de bataille enfin des
chevaliers qui restaient à cheval il
leur arrivéit de démonter mais ça c'est
une autre question ainsi l'image de la
charge de chevalier qu'on garde en tête
est plutôt bonne il se concentrer en
général sur les ailes et viser
effectivement le choc mais encore une
fois ils n'étaient pas les seules
troupes ni même les seuls cavaliers
d'ailleurs et un chevalier avait
rarement au cours de sa vie l'occasion
de pratiquer en situations réelle de tes
charges en effet pour revenir à notre
exemple de l'Italie communale
l'exarchitous est un effort conséquent
pensé préparé en amont et qui ne pouvait
durer plus d'un mois pour des raisons
logistiques et économiques évidentes et
globalement ce n'est pas mobilisable à
n'importe quelle saison de toute façon
on n'y fait pas appel régulièrement ce
qui nous amène au deuxième type
d'opération la cavalcata ou cavalcade ou
la chevauchere cherchez pas c'est ce
qu'on a décrit tout à l'heure ce sont
des opérations beaucoup plus limitées
qui s'organisent en réalité quasiment du
jour au lendemain un groupe de militess
se rassemble se trouve quelques troupes
de soutien et en avantgingant c'est
vraiment de la prédation on vise le
territoire adverse et on y pille ce
qu'il est facile de récupérer et si au
passage on peut capturer un chevalier
ennemi pour le rançonner c'est d'autant
mieux dans le cadre de ces cavalcata il
arrive également en cas de conflit plus
intense que les les chevaliers ça donne
au guasto destruction systématique des
récoltes adverses là c'est plus
tellement pour faire du fric c'est
surtout pour faire plier la commune
ennemi mais globalement en plus des
récoltes on vise globalement les mêmes
choses bétail armes armur chevaux
rançons certaines pouvaient se faire en
mode commando sur une journée d'autres
pouvaient prendre des allures plus
importantes d'expédition sur plusieurs
jours et ça rapporte énormément on peut
parler d'une économie des chevauchés
dans une époque où la monnaie s'est bien
déusée pour vous donner un ordre d'idée
un milest doit emporter avec lui dans
les 150 livres de matériel et de monture
durant une expédition c'est un capital
important puisqu'il représente au moins
cinq fois la paix annuelle d'un employé
communal de bon rang mais une chevauchée
peut rapporter aussi une épée un
poignard ou une lance rapporte entre 5
et 10 livres une armure ou un équipement
de monture complet c'est plutôt entre 25
et 50 un cheval coûte dans les 100
livres un mils lambda lui se rençonne
pour entre 50 et 100 quand les plus
prestigieux d'entre eux peuvent se
monter à 300 400 livres un simple piéton
lui sera ranenné entre 20 et 40 livres
bon après je vous passe les jackpots
comme les marchands richissimes ou les
seigneurs très haut placés où là la
rançon pouvait taper dans la dizaine de
milliers de livres on a ainsi des
champions parmi les champions comme
Castruccio castrcani qui aurait réussi
au cours de sa vie à rançonner pour
100000 livres au florentin bref si vous
gérez bien vos chevaucher si vous avez
la côte vous pouvez clairement vous
faire de la maille ça peut sembler
bizarre contte tenu de notre image des
chevaliers comme des personnalité
recherchant avant tout l'honneur mais en
fait pas tant que ça si on reviendra
plus tard dans la série sur le système
de valeur de la chevalerie on peut au
moins noter aujourd'hui que la notion
d'honneur n'a pas du tout le même sens à
l'époque que pour nous aujourd'hui
excepté pour ce qui est de la parole
donnée et encore il faut l'avoir donné à
un autre chevalier la dimension
pragmatique est même intéressé de la
recherche de gain matériel n'est
absolument pas proscrite de même que le
réalisme stratégique faisant que les
chevalier savaiit parfaitement faire
usage de rus de roublardis et cetera le
résultat compte aussi là où en revanche
les codes de la chevalerie ont leur
importance c'est dans le traitement des
chevaliers adverses capturés c'est
important d'être un bonne hte parce que
rien ne dit que dans quelques chevaucher
ce sera pas vous l'invité mais la
conséquence de cette économie
chevaleresque de la rançon et du butin
c'est que les trois plus gros risques
que courent les chevaliers au cours des
guerres classiques c'est la blessure la
perte d'armes ou de chevaux et la
capture pour la rançon et encore pour
les pertes matérielles il y a les maines
d'cio mais je laisse ça pour la capsule
et quand je dis guerre classique il faut
bien comprendre entre l'exerquitus et la
cavalcata la norme c'est la cavalcata et
de très loin tenez par exemple de 1229 à
1235 Florence et Sienne sont en guerre
comme souvent d'ailleurs et bien bien
sur ces 6 ans l'exerchitous n'est
convoqué que trois fois et jamais pour
plus de 3 semaines même pas 3 % du temps
et sans bataille notable contrairement
au conflit suivant qui donnera la
bataille de Montaperti en 1260 en
revanche pour les militess l'activité
est quasiment continue rien que pour la
garde des différents châteaux hein c'est
pas non plus tous les jours la foire au
bœ en territoire ennemi mais aussi parce
qu'on trouve la trace de plusieurs
chevauchés par saison qu en moyenne et
jusqu'à 6 en printemps ou en été
l'autonomie de ce genre d'entreprise
laisse d'ailleurs penser qu'elles
étaient plus nombreuses car
contrairement à l'exerchitous ell éétait
pas contrôlable par la commune alors
vous me direz qu'avec ces occasions de
s'enrichir les chevaliers urbains
devaient tout faire pour être en guerre
mais en réalité et ça se retrouve dans
les autres régions leur rapport à la
guerre est plus ambivalent oui c'est une
belle occasion de s'enrichir mais c'est
aussi une époque où ils peuvent perdre
gros et où leurs autres activités sont
moins rémunérante pour les chevaliers
urbains le commerce l'immobilier ça
rapporte plus en temps de paix pour les
campagnes les taxes sur le passage des
routes des ponts sur l'utilisation des
moulins et cetera ou même simplement
leur vente de surplus c'est pareil ce
qui fait qu'il vait tout même essayer de
limiter la casse encore une fois leur
spécificité vient plus de leur fonction
administrative que militaire à l'échelon
local en bref on voit déjà à travers ces
chevaliers urbains se dessiner une
chevalerie statut social plus qu'une
chevalerie fonction les chevaliers se
reconnaissent ont des codes et des
intérêt propre au sein de leur société
et la guerre n'est pas tellement leur
chasse gardée bien qu'ils y aient une
place de choix vous voyez donc en
portant notre regard sur cette Italie
communale ou sur une petite affaire de
bœ dans les abruses on peut déceler les
frontières de cet objet un peu flou qui
est la guerre quotidienne des chevaliers
elle est surtout faite de chevaucher un
pillage contrôlé dont le règlement final
se fait entre seigneurs même les guerres
entre communes peuvent se rapporter à
une forme de guerre privée puisque'à
l'époque ce sont bien les militesses qui
tienent les institutions décisionnaires
de la ville ce qu'il est important de
retenir à ce propos c'est que les
chevaliers n'ont pas seulement marqué
les campagnes mais aussi les villes
expliquant la survivance de certaines
pratiques et institutions dans les
siècles suivants notez tout de même que
cet aspect local et privé de la guerre
chevalresque n'est pas sa seule forme
des conflits plus globaux impliquant des
seigneurs plus puissants mobilisant
leurs vassau notamment contrairement aux
guerres privé local limité là on parle
de guerre faisant appel au devoirs des
vassau le sertium debitum le service dû
à son Seigneur il est d'ailleurs
intéressant de noter que des trois
obligations imposées par ce service qui
sont le service de garde la chevauchée
et l'host c'est la chevauchée qui
disparaît le plus vite car on s'embête
pas à faire venir du monde juste pour
aller capturer des bœus nous allons donc
devoir nous intéresser à un conflit plus
important dans le prochain épisode et
aussi nous confronter à la question de
cette hiérarchie entre les chevaliers ou
plutôt de leur différentes natures car
on on esquive depuis le début en disant
minitess mais du Seigneur au garde du
château du capitaine au cavalier de
l'urbain au rural et cetera il y en a
plein des types de chevaliers et voilà
c'est la fin de cet épisode j'espère
qu'il vous a plu quand à moi je vous
remercie de m'avoir écouté et je vous
souhaite une bonne journée un
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