Dr Marie-Paule Sablin est oncologue, spécialiste des essais cliniques et de l’innovation des cancers du sein. On profite de sa présence pour parler d’Octobre Rose, le mois de sensibilisation au cancer du sein.
Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
Bonjour Docteur, bienvenue.
Installez-vous, très heureux de vous recevoir.
Je le disais, oncologue.
Alors, quand on regarde votre fiche métier...
Waouh !
Je vais utiliser les mots.
Spécialiste des essais cliniques et de l'innovation des cancers du sein.
Vous passez votre vie à faire des recherches en fait, c'est ça ?
C'est ça.
C'est bien ça.
Donc je le disais, on profite de votre présence pour parler d'Octobre Rose.
C'est le mois de sensibilisation contre le cancer du sein.
Il y a aussi l'association Ruban Rose qui est à l'origine de ce mouvement dans le monde.
Vous voyez la fiche avec Camille Lacour, l'ancien nageur, qui est l'ambassadeur de cette association.
En France, le cancer du sein, c'est 61 000 nouveaux cas par an.
Ce chiffre vous parle ?
Ah oui, c'est exactement ça.
Plus de 60 000 cas.
Et comment on le situe ?
C'est plus que l'année dernière, plus que les années précédentes ?
Non, c'est à peu près stable.
En fait, ce que l'on sait, c'est que c'est quand même le premier cancer qui touche les femmes.
Il touche aussi les hommes, mais dans une moins grande proportion.
C'est 1% des cancers du sein qui touchent les hommes.
Mais c'est le premier cancer.
Quand on parle de cancer chez la femme, c'est celui qui arrive en première position.
C'est le cancer du sein.
Je suis allé sur le site d'Octobre Rose.
Et sur votre page d'accueil, vous mettez en avant des chiffres.
Il y a un chiffre qui m'a marqué.
Il est dit qu'une femme sur deux méconnaît les risques liés au cancer du sein.
Mais ça existe depuis 1994.
Comment encore aujourd'hui, une femme sur deux peut méconnaître ces risques-là ?
Déjà parce que c'est un cancer...
La plupart des femmes qui sont touchées par ce cancer ont plus de 50 ans.
Et c'est vrai qu'à plus de 50 ans, l'âge médian c'est 64 ans.
Mais on ne s'attend pas à avoir un cancer du sein quand on a 64 ans.
Donc je dirais que c'est un chiffre qui ne m'étonne pas
et qui remet l'importance de ce mois de sensibilisation.
C'est qu'on ne s'y attend pas.
Il est important d'être informé. Il est important de savoir ce que c'est.
Et grâce à Octobre Rose, grâce à ce mois de sensibilisation,
on peut toucher plus de femmes.
Et au manque de communication sur le sujet ?
Non, je ne dirais pas qu'au manque de communication.
Mais personne ne s'attend à être malade.
Personne ne s'attend à être confronté à un cancer du sein.
Donc non, il n'y a pas de manque de communication.
On a tous les ans ce mois de sensibilisation.
On en entend parler, mais on ne se dit pas que ça va être nous.
En tout cas, on profite de votre présence pour essayer,
dans le temps qui nous est donné,
d'expliquer aux femmes qui nous regardent et qui nous écoutent
quels sont les axes de progression et surtout quels sont les risques liés.
Il y a une alarme. Oui, c'est mon fils qui dort dans la chambre d'à côté.
Donc l'alarme a sonné. Je suis désolé, il se réveille beaucoup trop tard.
Je le disais, quels sont les facteurs de risque sur le cancer du sein ?
Est-ce qu'il y a des éléments qui accélèrent le cancer du sein ?
C'est très important de les lister parce que la prévention,
c'est ce qu'on a trouvé de mieux, j'imagine, pour l'éviter.
Ce qu'on a déjà dit, c'est que le cancer du sein touche principalement les femmes.
Mais il y a des cancers du sein chez l'homme.
C'est important quand même de le dire.
Également, l'âge. Plus fréquemment, quand on a plus de 50 ans, 64 ans.
Passons sur ce facteur de risque, si vous le voulez bien.
Le fait d'avoir des antécédents familiaux.
Ça peut rentrer en ligne de compte.
J'ai lu qu'il y a certains produits aussi qui pouvaient accélérer.
Est-ce que c'est une idée reçue ?
On est encore en train de rechercher et d'essayer de connaître la part
de tous ces facteurs de risque-là.
Ceux qui sont vraiment admis et reconnus par toute la communauté.
Il y a notre mode de vie, le tabac, l'alcool, la sédentarité.
Je pense qu'il faut insister.
L'alcool et le tabac ont été reconnus facteurs de risque spécifiques de ce cancer-là.
Oui.
Ensuite, le poids comparé au cancer du poumon ou de la gorge n'est pas le même.
La dernière chose, il y a certains traitements hormonosubstitutifs
qui peuvent entrer en ligne de compte.
Il faut, par ailleurs, modérer tout cela parce que les personnes qui ont été exposées
aux traitements hormonaux ne vont pas forcément développer des cancers du sein.
L'immense majorité n'en développeront pas.
Exactement.
Ce ne sont que des facteurs de risque.
On est encore en train d'essayer de connaître le poids de ces facteurs
dans le développement de la maladie.
Est-ce qu'on peut dire que le meilleur moyen de détecter, en tout cas,
c'est l'autosurveillance ?
Le dépistage, oui.
L'autosurveillance et le dépistage.
Les campagnes, tous les ans, de dépistage du cancer du sein sont extrêmement importantes.
Il y a un tuto fait par Anna Roy pour bien vous palper sur l'autopalpation.
Très important et vraiment très bien fait par Anna.
Devant un miroir pour montrer où est-ce qu'on doit toucher, etc.
Vous pouvez le retrouver sur France.tv et sur Youtube.
Ça, c'était à dire bravo Anna pour ce que vous faites dans cette émission.
Est-ce qu'on a une riposte thérapeutique commune ?
Ou est-ce que chaque cancer est unique et le suivi est unique ?
Dans le cancer du sein ?
Bien sûr.
C'est une excellente question.
De plus en plus, on parle de cancer du sein,
mais on sait qu'il y a plusieurs types de cancer du sein.
Le fruit de nos recherches, c'est de pouvoir proposer pour chaque patient,
parce que chaque patient est unique,
à un cancer du sein particulier,
de proposer des traitements de plus en plus personnalisés.
C'est ça vraiment les axes de recherche.
Tous les pans de la prise en charge évoluent.
Ça peut être les traitements, le diagnostic, le suivi,
prédire la rechute.
On évolue sur tous ces moments et tous ces temps de prise en charge.
C'est vrai qu'on parle de cancer du sein,
mais on sait qu'il y a plusieurs types de cancer du sein.
C'est un traitement individuel qui est recherché.
C'est sur ces axes-là que vous travaillez en ce moment.
Une dernière question très rapidement.
J'ai vu l'importance de l'activité physique
dans l'accompagnement des femmes en amont d'un cancer,
ou même qui sont en train de traiter le cancer.
C'est important de le rappeler.
En amont, pendant et après.
Et dans l'après-cancer, on sait que c'est important.
Le fait de bouger, d'avoir une activité physique,
c'est primordial.
Docteur, merci.
On voulait aussi remercier l'association Ruban Rose.
On l'a vu l'affiche tout à l'heure avec Camille Lacour.
C'est cette association-là qui est à l'origine de ce mouvement
dans le monde et de ce mois de sensibilisation
qui est Octobre Rose.
Si vous voulez faire un don, il y a le site internet
qui s'affiche juste en bas de votre écran.
C'est cancerdusein.org.
Merci beaucoup.
Merci à vous.