La solution taboue pour désendetter la France sans augmenter les impôts ni le temps de travail

Tocsin
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Le coup de marteau de Guy de la Fortelle,
Chroniqueur financier, fondateur de la lettre d’information “L'Investisseur sans costume
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Le coup de toxin de Guy de Lafortelle,
chroniqueur financier, fondateur de la lettre d'information,
l'investisseur sans costume et évidemment co-fondateur de Toxin,
ce qui est pratique pour un coup de toxin.
Bonjour Guy.
Bonjour Clémence.
Vous nous parlez dans cette chronique de payer plus et travailler plus.
Où la troisième voie taboue pour désendetter la France.
On vous écoute.
Alors oui, parce qu'on est en train de retrouver
la bonne vieille rengaine politicarde française sur entre eux.
Est-ce qu'il faut augmenter les impôts, augmenter le temps de travail?
Et on est en train de nous demander gentiment de choisir notre camp.
Vous êtes à gauche et vous voulez faire payer plus d'impôts aux riches
ou est-ce que vous êtes à droite et voulez que les pauvres travaillent plus?
Oui, c'est résumé, mais c'est bien résumé.
Oui, c'est à peine résumé, en fait.
Donc, je dis ça parce que donc, on a en ce moment
M. Barnier qui est en train de préparer le budget de 2025
qui s'avère nécessairement un petit peu compliqué quand on a plus de 6%
de déficit, de 6,1% prévu en 2024, ce qui est absolument affolant
et qui est donc tout le monde se sent un peu peur parce que
évidemment, ça va faire mal.
Et donc là, ça, vous savez, M.
Darmanin qui dit mais non, il ne faut surtout pas augmenter les impôts ou les taxes.
Attention, quand ces gens là parlent de ne pas augmenter les impôts,
ils se dépêchent généralement d'augmenter une taxe en disant non, c'est pas un impôt, c'est une taxe.
Et M. Darmanin dit non, il ne faut pas augmenter les impôts, il faut travailler plus.
Il faut mettre fin aux 35 heures, ce qui est assez rigolo quand on sait que
la semaine de travail moyenne en France est de 39 heures.
Les 35 heures, de fait, sont une espèce de truc très étonnant
qui n'a jamais tellement fonctionné.
Vous savez, en France, on est le seul pays où on a le seul pays
où on a des contrats de travail dans lesquels il n'y a pas de mention du temps
avec les forfaits jour.
Et bref, on se retrouve dans cette même angaine
qui est la même depuis 25 ans, c'est-à-dire qu'on avait déjà Sarkozy à l'époque
qui disait travailler plus pour gagner plus.
On avait François Hollande qui voulait inverser la courbe du chômage.
On avait Emmanuel Macron qui quand même s'est fait réélire
avec comme seul point le fait de mettre la réforme de l'assurance chômage.
Et derrière, en fait, cette espèce de rideau de fumée, de mise en scène médiatique,
on oublie l'essentiel.
Et quand on oublie l'essentiel, c'est qu'aujourd'hui,
quand vous regardez les dépenses publiques
et que vous avez besoin, parce qu'on dit,
on commence par dire est-ce qu'il faut plus d'impôts, plus de travail?
C'est qu'on voit dont on part.
A priori, on se dit là, il faut tirer partout et il faut faire absolument tout.
C'est-à-dire que parce que pour le moment, le plan de M.
Barnier, c'est le plan pour essayer péniblement.
Et ça ne marche jamais. Ça n'a pas marché.
Auparavant, on ne voit pas pourquoi ça marche aujourd'hui.
De réussir à revenir à 3% de déficit d'ici 2029.
On n'y est pas encore.
Ça va, on a le temps, c'est-à-dire que c'est
on n'est pas du tout dans un choc, comme on pouvait les connaître au 20ème siècle.
Et mais le problème de la dépense publique,
c'est que la dépense publique aujourd'hui, à 80%, c'est de la redistribution.
C'est pour ça que nos présents invités,
c'est surtout quand on parle de dépense publique, il ne faut surtout pas imaginer
parce que ça, on sait très bien le faire,
de couper les genoux au financement des causes intermédiaires
et de se mettre à arrêter de financer la santé,
la sécurité et les grandes fonctions régaliennes de l'État.
Parce qu'en fait, ça, aujourd'hui, ça ne représente plus que 20%
de la dépense publique.
80% de la dépense publique, ce sont de la redistribution.
Alors, dans cette redistribution, c'est absolument là qu'il faut aller voir.
Il y a deux manières de faire.
Il y a la manière qui consiste déjà à aller faire un peu de chasse à la fraude.
Ça, ça ne fait jamais de mal.
Et de même manière, on a déjà dit à ce micro qu'il fallait aussi bien.
Encore une fois, on n'est pas dans un moment où on peut faire dans le détail.
Il faut aller faire la chasse à la fraude sociale,
comme il faut faire la chasse à la fraude fiscale, évidemment.
Et sauf qu'aujourd'hui, c'est-à-dire que si vous voulez
limiter ça, vous avez ça.
Mais la deuxième chose, c'est que cette redistribution, elle n'est pas là pour rien.
Elle est là aussi pour compenser des revenus du travail qui ne sont pas là.
Et donc, si vous voulez que l'État puisse éviter d'avoir à dépenser
des sommes absolument monumentales en redistribution,
il faut que il faut réussir soit à se passer de ses revenus,
soit les trouver ailleurs.
On peut s'en passer un peu, on ne peut pas s'en passer énormément.
Parce que si aujourd'hui, on imagine qu'en France, on est un pays riche,
ce n'est pas la voie sur laquelle on est.
Et donc, c'est la question, c'est comment est-ce qu'on fait
pour gagner plus d'argent en travaillant ?
Donc, c'est la fameuse question de Sarkozy, travailler plus pour gagner plus.
C'est la fameuse question de Hollande qui voulait inverser la courbe du chômage.
Ce qui est intéressant quand il inverse la courbe du chômage,
parce que quand on dit qu'il faut travailler plus,
il y a deux manières de travailler plus, il y a travailler plus longtemps
et il y a être plus nombreux à travailler.
Et ça, c'est la fameuse question dont on ne parle jamais.
Nous, ici, on en parle régulièrement parce que c'est un peu une de mes marottes
à chaque fois, c'est de se dire, effectivement,
si vous voulez aujourd'hui limiter drastiquement la dépense publique,
il faut limiter la redistribution.
Si vous voulez limiter la redistribution, il faut que les revenus viennent d'ailleurs.
Les revenus qui viennent d'ailleurs ne peuvent venir que d'un endroit, c'est le travail.
Et le travail, il faut que le travail soit là.
Et pour ça, en fait, on fait les choses complètement dans l'enveloppe.
C'est à dire que si vous voulez avoir un marché productionnel,
on sait très bien comment ça marche.
Il faut que vous ayez suffisamment d'emplois pour votre population.
Et une fois que vous avez suffisamment d'emplois pour votre population,
vous libéralisez le marché du travail.
Et là, vous laissez tout le monde faire ce qu'il veut.
Et chacun va aller trouver le meilleur travail.
C'est en tout cas le travail qui lui conviendra le mieux.
C'est à dire que vous avez besoin absolument de remettre les frontières.
Vous ne pouvez pas aujourd'hui
dans la concurrence dans laquelle on est,
dans l'état actuel des choses, on n'est pas capable de concurrencer
un marché du travail d'Europe de l'Est ou même d'Europe du Sud.
Donc, on n'est pas capable de concurrencer.
Donc, on n'est pas capable aujourd'hui de fournir le travail à la population.
Donc, si vous voulez fournir du travail,
vous êtes obligé de réguler ce qui est dérégulé.
Et à l'inverse, on sur-régule le travail.
Alors qu'une fois que vous avez suffisamment d'emplois pour tout le monde,
vous devriez, pour le coup, la déréguler radicalement
et laisser les gens aller travailler là où ils veulent.
Et donc, on fait exactement l'inverse.
Et on sait très bien, ce n'est pas très compliqué.
Ça marche très, très bien en Suisse,
où les Suisses protègent leur marché du travail de manière extrêmement forte.
Et une fois que le marché du travail, en revanche...
L'entrepreneuriat est libre.
Les règles du salariat sont extrêmement légères.
Il n'y a pas de salaire minimum en Suisse.
Ça n'empêche pas les salaires d'être très élevés.
Mais attendez, c'est très clair ce que vous dites.
En gros, réguler les changes internationales,
fermer les frontières plutôt que faire des réformes sur le chômage.
Très clair. Mais pourquoi on ne le fait pas ?
Pourquoi ? Parce qu'on est en Europe.
Parce que c'est aujourd'hui.
C'est-à-dire que les emplois industriels qu'on perd,
on les perd vers l'Europe de l'Est.
Donc aujourd'hui, ça voudrait dire remettre le traité de Schengen.
Remettre le traité de Schengen, ça veut dire remettre en cause
toute la construction européenne actuelle.
Et donc, ça voudrait dire faire une sorte de bras de fer ou de bras d'honneur
à la politique bruxelloise actuelle.
Donc ça, c'est revenir à l'Europe des nations, de De Gaulle.
C'est revenir à des choses comme ça.
Et attention, je ne dis pas fermer les frontières, je dis les réguler.
Personne pense que la Suisse est un pays
et est un royaume ermite dans lequel on ne rentre pas et on ne sort pas.
Evidemment que non.
En revanche, les Suisses, c'est l'exemple qu'on prend tout le temps et qui est juste.
C'est-à-dire que les Suisses qui ont une grosse production de lait
qui coûte très cher parce que le travail coûte cher en Suisse.
On a une taxe sur le lait qu'ils mettent à jour tous les jours.
Chaque jour, la taxe sur le lait change en fonction de la production de la veille.
Et donc comme ça, ils s'assurent qu'il y ait du travail pour les producteurs de lait
qui ont besoin de ça, comme c'est les producteurs qui ont les moyens.
Ils ont des problèmes comme tout le monde.
Et donc, je suis sûr qu'il y a des producteurs de lait qui ont des problèmes.
Mais par rapport à la France, ça marche quand même vachement mieux.
Et non seulement ces gens ont à peu près de quoi vivre,
mais ils ont aussi de quoi s'occuper de leurs montagnes, de leur campagne.
Et du coup, vous avez un cercle vertueux.
Et c'est doublement vertueux parce que finalement, eux se portent bien.
C'est-à-dire que tout le monde travaille et se porte bien.
Ils sont heureux dans leur travail et sont récompensés
pour leur travail.
Et en plus, l'État paye moins de subventions.
Donc, c'est gagnant-gagnant pour tout le monde.
Ben oui, c'est exactement.
Oui, c'est-à-dire que la Suisse paye beaucoup moins d'impôts.
Il faut faire attention parce qu'il y a plein d'autres choses qu'on paye par ailleurs.
On paye sa retraite par ailleurs, on paye.
Mais en tout cas et surtout, il y a beaucoup plus de gens qui travaillent en Suisse.
En France, il y a quatre personnes qui travaillent pour en faire vivre dix.
En Suisse, c'est six.
C'est énorme parce qu'on commence à travailler plus tôt,
parce qu'on finit de travailler le sien plus tard.
En revanche, il y a un truc qui est assez marrant.
C'est que la moyenne de temps de travail hebdomadaire,
si on prend toute la population, n'est pas très différente.
Je ne l'ai plus en tête précisément, mais ça doit être à peu près
un tout petit peu plus élevé que celle de la France.
Pour une raison assez simple, c'est qu'en Allemagne,
c'est-à-dire que le temps complet en Suisse est très élevé,
c'est-à-dire que c'est 42 heures hebdomadaire.
Mais il y a énormément de travail temporaire,
de temps partiel.
Et en France, on a beaucoup moins de temps partiel.
C'est une manière de féminiser le travail dans ces pays-là
où on a beaucoup développé.
Donc, le temps moyen travaillé n'est pas forcément plus élevé.
C'est pour ça que quand Darmanin dit
« je vais mettre la fin aux 35 heures »,
ça ne veut pas dire grand-chose, rien du tout.
À chaque fois, comme vous dites, allez-y.
Encore une minute, c'est qu'on veut faire peser sur le travail,
la réduction de l'emploi, ce que moi, je veux faire,
parce qu'effectivement, augmenter les impôts encore,
on ne sait pas où ou comment.
On a fait une réforme de l'emploi sans chômage
qui a été extrêmement vigoureuse
et qui aurait dû permettre de désendetter l'Univic.
Et là, on se rend compte cette année que l'État a piqué dans la caisse
et donc le désentêtement dû à la réforme n'aura pas lieu.
Donc, à partir du moment où vous avez à Bercy,
cette espèce d'État dans l'État,
où quand vous faites une réforme extrêmement dure
et qu'en plus, les fruits de cette réforme devraient aller
à ceux qui ont fait l'effort,
c'est-à-dire les salariés qui payent leur assurance chômage
et qu'au moins, ça devrait désentêter leur système,
non, on leur pique le truc.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est la dernière chose,
c'est-à-dire qu'on n'a pas eu le travail,
on a parlé des impôts,
il y a un truc dont on ne parle pas assez, c'est l'administration.
Et aujourd'hui, je pense que Charles Le Gap
l'a suffisamment dit à cette antenne sur la sienne,
il faut donner un grand coup de balai dans cette administration
qui non seulement dysfonctionne radicalement,
mais avec des gens qui font absolument n'importe quoi.
Et depuis sept ans, ça s'est accéléré.
C'est-à-dire que cette manière qu'ils ont à Bercy,
dès qu'il y a un peu d'argent qui remonte quelque part,
d'aller le prendre, ils ont fait ça cette année.
Cette année, ils vont chercher l'argent dans les caisses de l'Unédic
pour derrière faire quand même 6,1% de déficit.
Ce n'est pas comme s'ils prenaient l'argent
pour participer à un grand plan de désendettement.
Non, c'est niveau donné.
Donc, ne vous inquiétez pas, avant qu'on arrive au 3%, on n'y est pas du tout.
Mais encore une fois, c'est pour une raison simple.
C'est que le remède de cheval qui fonctionne et qu'on connaît pour y arriver.
Le remède de cheval là, il nous est interdit par l'Europe.
Parce qu'on n'a pas le droit de faire de doigts d'honneur, on a bien compris.
Merci beaucoup, Guy de Lafortelle.
Je rappelle la lettre d'information, l'investisseur sans costume.
