Abonnez-vous à la chaîne ! https://bit.ly/47Vhx2q Maladies génétiques : Inévitable ? - C'est pas sorcier [Intégrale]
On estime à plus de 6 000 le nombre de maladies d’origine génétique. Grâce à la recherche, on peut aujourd’hui retrouver les gènes malades, et des traitements deviennent envisageables. La thérapie génique, dont on parle beaucoup, constitue un véritable espoir. Fred rencontre des personnes atteintes de maladies neuro-musculaires qui nous parlent de leur vie au quotidien, de leur maladie et de leurs attentes. De l’Association Française contre les Myopathies au Généthon, Fred part à la chasse au gène malade et nous présente, en compagnie de chercheurs, les différentes avancées scientifiques qui permettent de redonner de l’espoir aux malades. Mais qu’est-ce qu’un gène exactement ? Quel est son rôle ? Que sait-on au juste de ces maladies et de leurs causes ? Quels sont les progrès de la médecine dans ce domaine ?
« C’est pas sorcier », le magazine de la science et de la découverte présenté par Fred, Jamy et Sabine. A bord de leur camion laboratoire, les trois présentateurs nous emmènent vers des sites insolites et spectaculaires pour nous expliquer le monde qui nous entoure.
Bon alors, t'es à combien ?
292
292 quoi ?
Pas des kilomètres, pas des mètres !
Il t'en reste plus que 628 !
Oh mais je serai jamais prêt pour le Téléthon !
Ouais, en attendant, moi j'ai rendez-vous avec des copains pour parler de génétique.
Allez Marcel, au généthon !
Sur un autre ton !
Hé Laurent, attends-moi !
Oui ?
Tu peux m'emmener ?
Oui bien sûr, installe-toi.
Bah installe-toi d'abord !
D'accord.
Jamy, je te présente Laurent.
Ensemble aujourd'hui, on va aller au généthon.
C'est l'un des tout premiers laboratoires en France qui s'est vraiment intéressé aux maladies génétiques.
Il a d'ailleurs été entièrement financé par les dons recueillis lors des Téléthons.
C'est pas très loin de Paris, c'est à Évry.
On embarque !
Hé Fred, c'est toi qui conduis ?
Pas du tout Jamy, c'est Laurent qui conduit.
Et avec nous, on a aussi Nicolas.
Alors aujourd'hui, on va parler des maladies génétiques.
On estime qu'il en existe entre 6 à 8000.
On ne les connaît pas toutes très bien, elles peuvent prendre des formes très différentes.
Nicolas, toi, c'est ce qu'on appelle une maladie neuromusculaire ?
Oui, c'est ça. J'ai la myopathie du chêne.
Et ça se traduit par quoi alors ?
C'est une atteinte des muscles.
Et les muscles, petit à petit, se détruisent.
Laurent, toi aussi, c'est une maladie neuromusculaire que tu as ?
Oui, pareil. Moi, j'ai la myopathie des ceintures.
C'est l'affaiblissement des muscles, petit à petit.
Alors le but, évidemment, c'est d'être le plus possible autonome.
Et là, on est dans un véhicule assez surprenant.
T'expliques-nous, Laurent, comment tu fais pour la conduire ?
Alors, c'est une voiture qui se conduit sans toucher au volant, en fait.
On actionne juste un petit mini-manche, juste avec une main.
Et on a la possibilité de la diriger, d'accélérer et freiner, juste avec un petit manche.
Génial, la voiture !
On estime qu'aujourd'hui, un enfant sur 100 à la naissance est touché par une maladie génétique.
La plupart du temps, elle est due au mauvais fonctionnement de l'hygiène.
Mais ces maladies ne touchent pas que les muscles.
Marie et Magali sont atteintes d'ichthyose, une maladie génétique qui accélère le renouvellement de la peau et qui fait peler constamment.
Notre peau nous tire, c'est désagréable pendant les cours.
Après, ça nous démange, donc on a du mal à se concentrer.
Et on met des peaux partout.
Tous les jours, elles doivent se passer une crème contre les démangeaisons.
Dans le cas du diabète, de certains cancers ou même de l'obésité, ce n'est plus un gène, mais plusieurs qui sont en cause.
On parle alors de gènes de prédisposition, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas seuls responsables de la maladie.
Le comportement de l'individu est aussi important.
Si on a des gènes qui nous prédisposent à l'obésité, le fait de beaucoup manger peut entraîner un excès de poids.
Alors si on a pu ouvrir en France ce grand laboratoire du génétome,
c'est parce que derrière, il y a une association de malades très dynamique qui s'appelle l'AFM,
l'Association Française Contrôle des Myopathies.
Et ici, à Évry, ce n'est pas seulement un labo, c'est également un lieu de rencontre.
Bonjour Grégory, bonjour Anane.
Alors, qu'est-ce qu'on fait ici ? Qu'est-ce que tu viens chercher ?
En fait, le DRAC est un lieu de rencontre, d'échange et d'écoute.
En fait, c'est un lieu convivial qui permet aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires de se sentir moins isolées.
Grégory, qu'est-ce que tu viens chercher aussi comme information,
que tu peux délivrer comme information aux gens qui sont ici ?
Disons qu'on a tous nos expériences personnelles et on les partage.
Pour ma part, depuis peu, je vis en appartement.
Et le fait de montrer à d'autres qui ont la même maladie que moi,
qu'ils peuvent aussi être à leur tour en appartement, c'est vraiment l'essentiel.
Si tu veux, on a chacun nos projets individuels et on s'accompagne les uns les autres.
Aujourd'hui, on peut être optimiste.
Les scientifiques ont réussi à décrypter tout le génome humain
et ils ont découvert qu'il ne contenait que 30 000 gènes.
C'est beaucoup moins qu'on ne le pensait.
Mais il reste maintenant à les identifier un par un et à comprendre leurs fonctions.
Il y a encore du boulot.
Et oui, pour mettre la main sur les gènes, il faut aller fouiller à l'intérieur de la cellule.
La cellule, c'est l'élément de base à partir duquel est constitué notre organisme.
Au cœur de cette cellule, il y a un noyau et à l'intérieur du noyau, des filaments.
46 filaments enchevêtrés les uns dans les autres.
Ces filaments portent des instructions codées qui déterminent nos caractères.
Ce sont ces instructions qu'on appelle les gènes.
Ici, par exemple, on trouve les instructions, le gène qui détermine la couleur de nos yeux.
Ce gène est toujours situé au même endroit, sur le même filament, quels que soient les individus.
Dis donc, Jamy, et les chromosomes, ils sont où ?
Il y a bien des chromosomes dans les cellules ?
Ça arrive, mais pas tout le temps, uniquement quand la cellule se divise.
En effet, la cellule qui a beaucoup de travail doit, entre autres, assurer son propre renouvellement.
À ce moment-là, les filaments qui portent les gènes se dédoublent, s'enroulent, se tassent sur eux-mêmes,
et les 46 filaments apparaissent alors sous forme de 46 chromosomes.
La moitié d'entre eux sont d'origine paternelle, l'autre moitié d'origine maternelle.
Nos cellules ne font que quelques millième de millimètre.
Voici en accéléré une cellule en train de se diviser.
Les gros bâtonnets noirs à l'intérieur, ce sont les chromosomes qui se dédoublent et migrent dans chaque nouvelle cellule.
Les gènes ont beau rester invisibles, on arrive quand même à les localiser.
Localiser, ça veut dire réussir à les situer sur les filaments d'ADN.
Ici, au Généthon, depuis 1990, on a réussi à localiser plus de 400 gènes, et dans le monde, plus de 1500.
Et puis tu sais, Jamy, chaque gène a une fonction bien précise.
Absolument, mais en plus, il faut savoir que toutes les cellules ont le même patrimoine génétique.
Autrement dit, les mêmes gènes.
Qu'il s'agisse d'une cellule située dans la racine des cheveux, ou d'une cellule musculaire.
Regardez, elles sont parfaitement identiques.
Seulement, dans chaque cellule, tous les gènes ne sont pas actifs.
Cette cellule, par exemple, n'utilise que ce gène.
En effet, chaque gène a sa propre fonction.
Celui-ci donne des instructions pour que la cellule produise une protéine de la kératine,
précisément l'élément constitutif de nos cheveux.
Cette cellule utilise ce gène pour qu'elle fabrique un autre type de protéine.
Alors évidemment, si un gène est défectueux, la cellule va produire une mauvaise protéine.
Et la personne qui a ce gène défectueux est atteinte d'une maladie génétique.
Quand je cours, évidemment, j'ai moins d'air que les autres,
donc il faut que je gère mon effort, je fais un effort, je reprends mon souffle.
Donc ça dépend en fait de comment je me sens,
mais il faut quand même que je fasse des pauses parce que je ne peux pas courir autant que les autres.
Antoine a la mucoviscidose.
Chaque année en France, 200 enfants naissent avec cette maladie due à un gène défectueux.
La protéine qu'il fabrique n'est pas de bonne qualité
et entraîne la fabrication d'un mucus épais qui vient boucher les bronches et peut entraîner des infections.
L'aérosol, c'est un système de bouffée.
On met l'antibiotique dedans, donc il est vaporisé.
Moi, je respire ça, ça m'arrive directement dans les poumons.
Depuis 16 ans, tous les jours, matin et soir, Antoine doit également faire sa séance de kiné.
Il faut justement extraire les saletés des poumons.
Ça, c'est en complément de l'aérosol.
On implique une pression sur les poumons pour aider à mieux pouvoir expirer les sécrétions.
En plus des problèmes respiratoires, la mucoviscidose entraîne des troubles digestifs
qui obligent Antoine à prendre plus de 10 médicaments par jour.
Si la mucoviscidose est due à un problème au niveau d'un gène,
il existe également d'autres maladies qui sont déclenchées par des anomalies au niveau des chromosomes.
Aujourd'hui, on arrive à détecter assez facilement les anomalies lorsqu'elles se situent au niveau des chromosomes.
C'est le cas, par exemple, de la trisomie 21.
Regardez comment on fait.
D'abord, il faut observer sous microscope des cellules en cours de division.
Là, en l'occurrence, ce sont des globules blancs.
Évidemment, il faut qu'elles se divisent.
C'est le seul moment où l'on peut bien voir tous les chromosomes.
Encore mieux, maintenant, on va faire une photo.
Et on va découper chaque chromosome pour pouvoir faire ce que l'on appelle le karyotype,
c'est-à-dire la carte chromosomique.
Ici, on doit retrouver nos 23 paires de chromosomes.
Et on peut même comparer.
Si on regarde à ce niveau-là, on s'aperçoit qu'a priori, il n'y a pas d'anomalie.
Il y a deux chromosomes.
En revanche, sur ce karyotype, venez voir.
Ici, il y a trois chromosomes au lieu de deux.
Et ça, Jamy, c'est ce que l'on appelle la trisomie 21.
D'où sort ce troisième chromosome 21 ?
En général, l'erreur se produit chez la femme au moment où les cellules sexuelles se divisent.
Pour mieux suivre, on a représenté sur les maquettes que la paire de chromosomes 21.
Alors, en temps normal, que se passe-t-il ?
Au moment de la division, les deux chromosomes 21 se séparent
et partent chacun vers une cellule.
Une de cette cellule va mourir.
Celle qui reste va à nouveau se diviser.
Mais cette fois, c'est le chromosome 21 qui se coupe en deux.
Chaque bâtonnet migre vers une cellule.
Et encore une fois, une des deux cellules va mourir.
La cellule qui reste constitue la cellule reproductrice de la femme.
Si cette cellule rencontre un spermatozoïde,
eh bien, les deux chromosomes 21 vont se mettre en commun
et on obtient bien un œuf qui possède une paire de chromosomes 21.
D'où sort le troisième chromosome 21 ?
Eh bien, l'erreur se produit au moment de la première division.
Les deux chromosomes 21 vont rester dans la même cellule.
Au moment de la seconde division,
ce sont donc deux chromosomes 21 qui vont se couper en deux.
Du coup, la cellule reproductrice de la femme possède deux chromosomes 21.
Si elle rencontre un spermatozoïde, les chromosomes vont se mettre en commun
et l'œuf va posséder trois chromosomes 21.
Aujourd'hui, on peut dépister la trisomie 21.
A l'échographie, on va par exemple regarder si le fœtus n'a pas la nuque trop épaisse.
On peut également analyser le sang de la future maman.
Mais seule la myosynthèse peut confirmer le diagnostic.
À travers le ventre de la maman,
on prélève du liquide dans lequel baigne le fœtus,
puis on examine les chromosomes.
S'il y a une anomalie, ce sont les parents qui décident de garder ou non l'enfant.
Tous les ans, 800 bébés naissent avec une trisomie 21.
Ces enfants sont accueillis et suivis dans des centres spécialisés.
Selon leurs capacités, certains sont intégrés dans une école ou un collège.
Mais il y a encore peu de places qui leur sont réservées,
car il faut des enseignants qualifiés.
À l'adolescence, ils peuvent suivre un apprentissage.
Aujourd'hui, grâce au progrès de la médecine,
l'espérance de vie des personnes touchées par la trisomie
a augmenté pour atteindre les 65 ans.
Reconnaître des anomalies sur des chromosomes,
aujourd'hui on sait faire.
Reconnaître des gènes malades, là ça se complique.
Mais c'est pas impossible.
Ce qu'il faut d'abord, c'est extraire l'ADN des cellules.
Jamy, tu sais ce que c'est ça ?
Bah oui, c'est de l'ADN !
Et comment t'as fait pour l'avoir ?
Ah bah ça Jamy, c'est toute une histoire !
Pour avoir de l'ADN, il faut d'abord avoir
un échantillon de sang.
Première étape, dans cette centrifugeuse,
on va séparer les globules rouges des globules blancs.
Nous, on ne garde que les globules blancs,
car ils ont de l'ADN.
Dans cette machine ensuite, on va casser les noyaux
des globules pour libérer l'ADN.
Et enfin, dernière étape,
on va faire une précipitation, ça c'est pour purifier l'ADN,
c'est-à-dire qu'on va mettre du sel, de l'alcool,
on peut presque le faire chez soi.
Et voilà ce que l'on obtient,
une méduse d'ADN !
Elle est pas grosse, elle est où ?
Elle est là !
ADN, ça veut dire Acide Désoxyribonucléique !
C'est promis, je l'ai dit une fois,
je ne recommencerai plus.
Alors quand on y regarde de plus près,
ces filaments se présentent sous la forme
d'une échelle torsadée.
Et on l'a dit, les gènes sont disposés
sur ces filaments.
Pour savoir à quoi ressemble un gène,
il faut étaler l'échelle.
Mais on y verra un peu plus clair sur ce panneau.
En fait, un gène,
c'est une succession de barreaux,
plus ou moins longues,
tout dépend du gène.
Comme celui-ci,
et celui-ci.
Alors évidemment, les barreaux ne sont pas en bois,
ils sont constitués d'une combinaison
de deux éléments chimiques,
on appelle ça des bases.
Il n'existe que quatre bases
à partir desquelles peuvent se constituer
des barreaux.
Ces bases sont symbolisées
par des lettres et des couleurs.
Alors ce qui fait l'originalité,
la spécificité d'un gène,
c'est l'ordre dans lequel
sont disposés les barreaux.
Et lorsque la cellule
lit un programme, un gène,
eh bien, elle lit
tous ses barreaux et en conséquence,
elle produit une protéine.
Si j'ai bien compris, Jamy,
ça veut dire qu'avec les quatre bases,
on peut fabriquer toutes les protéines ?
Absolument, une cellule, c'est une véritable usine
avec un carnet de commande, des ateliers
et des matières premières.
Le carnet de commande d'abord, eh bien, c'est le gène.
Il va être lu, enfin,
la moitié de chaque barreau va être lu
et légèrement transformé
pour être compatible
avec les ateliers.
Une fois décrypté,
le message est transporté par un messager
en dehors du noyau
jusqu'aux ateliers de la cellule.
Là, les bases
vont être lues, trois par trois.
En fait, trois bases
correspondent à un acide aminé,
c'est-à-dire la matière première
stockée dans la cellule avec laquelle
elle produit des protéines. Trois autres bases,
un autre acide aminé,
encore trois bases, encore un acide aminé,
etc., etc.
Oh là là, doucement, Jamy, là, je ne comprends plus.
Ils sortent d'où, tes acides aminés ?
C'est qui, ceux-là ? Alors, nous utilisons
une vingtaine d'acides aminés différents.
Nous en produisons une partie,
le reste, nous le puisons
dans la nourriture. Quand nous mangeons
de la viande ou du poisson, nous
ingurgitons des protéines.
Notre appareil digestif
les isole, puis il les décompose
en acides aminés, lesquels seront
réassemblés pour
produire d'autres protéines.
Et pour faire fonctionner
notre organisme, nos
cent mille milliards de cellules produisent
toutes sortes de protéines.
Cette cellule de cœur, par exemple,
fabrique des protéines pour que la cellule
se contracte. Et cette grosse
cellule est un macrophage.
Son rôle est de protéger notre
organisme contre les éléments étrangers.
Et pour ça, il fabrique des enzymes
qui, eux aussi, sont des protéines.
Alors, c'est quoi une maladie
génétique ? Eh bien, un barreau,
par exemple, qui n'est pas à sa place.
Au lieu d'avoir les bases
TA, on aura, par exemple,
les bases CG.
Conséquence ?
Quand la cellule va lire ce message,
au lieu de produire
cette protéine,
elle va produire une protéine comme celle-ci.
Et cette protéine ne remplit pas son rôle
dans l'organisme, la personne
sera malade. Il peut même arriver
que la cellule ne produise pas la protéine.
Grégory, toi, tu es atteint d'une
myopathie de Duchenne. Comment elle s'est
révélée la première fois, cette maladie ?
En fait, j'avais du mal à monter les marches.
Après, j'ai eu du mal à marcher.
J'avais tendance
à tomber souvent.
Et à ce moment-là, j'ai eu mon
premier fauteuil électrique. Dans l'évolution
de la maladie, on voit bien que ce sont
d'abord les jambes qui ont du mal à
remplir leur rôle, et puis ensuite les bras.
Je n'ai pas réalisé, en fait, dès les premiers jours que j'allais
être en fauteuil. C'est après
le jour où je me suis mise dans un fauteuil
que j'ai commencé à
me rendre compte que je marcherais
plus, que je perdrais
petit à petit mes forces.
Ces enfants disposent
d'un capital musculaire
donné à la naissance, et que ce capital
musculaire réussit à
contrecarrer les effets de la maladie pendant un certain temps.
Et puis, au bout d'un certain temps, justement,
il est déséquilibré et il entraîne des symptômes.
Mes deux frères sont atteints
de la myopathie des ceintures.
Mais eux, ils marchent encore.
J'ai un frère. On lui a fait des tests étant
petit pour savoir s'il avait
la myopathie et tout. Non, rien du tout.
Comment la maladie est-elle transmise ?
Eh bien, prenons le cas où l'homme est
malade et la femme parfaitement saine.
D'abord, souvenez-vous, dans chaque cellule,
tous les chromosomes sont présents
en double exemplaire. Ainsi donc
que les gènes. Cet homme est
malade parce qu'il porte
un gène muté plus fort
que le gène sain.
On dit que le gène muté est dominant.
Les gènes de la femme, eux, sont parfaitement sains.
Si l'homme et la femme décident de faire
un enfant, il va y avoir croisement.
Si l'homme transmet le gène muté
croisé avec
ce gène sain ou celui-ci,
en provenance de la femme, le gène muté étant
dominant, l'enfant sera malade.
Si, en revanche, l'homme transmet
son gène sain, croisé avec ce
gène ou celui-ci,
parfaitement sain, l'enfant sera
sain. Conclusion, la probabilité
à chaque grossesse pour ce couple d'avoir
un enfant malade est de 50%.
Autre cas de figure.
L'homme et la femme portent
tous les deux un gène muté.
Ils ne sont malades ni l'un ni l'autre
parce que le gène muté est
moins fort que le gène sain.
On dit que le gène muté est récessif.
Alors, si le père transmet
son gène muté ainsi que la mère,
deux gènes récessifs mutés ensemble,
l'enfant sera malade.
Si le père transmet son gène muté
et la mère un gène sain,
le gène sain étant plus fort, l'enfant sera sain
mais portera le gène muté.
Même chose si le père transmet son gène
sain et la mère son gène muté.
Enfin, si les deux parents
transmettent leur gène sain,
l'enfant sera parfaitement sain.
Conclusion, la probabilité pour ce couple
à chaque grossesse d'avoir un enfant sain
est de 25%. Celle d'avoir un enfant
malade est de 25%. Et celle
d'avoir un enfant sain mais porteur
de la mutation est de 50%.
Jamy, tu sais ce qu'il y a dans ces cuves ?
Une véritable banque
d'ADN et de cellules.
Tu vas comprendre. Comme les gènes
sont héréditaires et qu'ils peuvent
se transmettre à l'intérieur d'une même famille.
La meilleure solution pour trouver un gène
défaillant, c'est de comparer les ADN
de tous les membres d'une même famille.
Par exemple, à l'intérieur
de chacun de ces tubes, il y a
les cellules, les globules blancs
d'une personne. Et quand on veut travailler
sur l'ADN, il suffit de décongeler.
Dans cette banque, depuis 1990,
on a réussi à réunir
14 000 familles, ce qui permet
de travailler sur
275 maladies.
Fait meilleur. Pour trouver un gène
effectueux, on commence d'abord par
localiser la zone dans laquelle il se trouve.
Comment fait-on ?
On s'est aperçu que tous les chromosomes
étaient jalonnés de repères.
En fait, il s'agit de succession
de bases A
et C. Ces repères
sont au même niveau
chez tous les individus. Ici,
chez cet homme, et au même
niveau chez cette femme.
Seule différence, leur longueur.
Ces repères sont intéressants
parce qu'ils délimitent des zones.
Maintenant, imaginez
que cet homme et cette femme qui ne sont pas malades
aient trois enfants
et que deux des trois
enfants soient malades.
Marie et Paul.
Première conclusion, le père et la mère
portent tous les deux un gène muté
qui ne s'exprime pas parce qu'il est
récessif. En revanche, le père
et la mère ont chacun transmis leur gène
muté à Marie et à Paul
chez qui le gène peut s'exprimer.
Pour trouver les gènes mutés,
on va comparer les chromosomes des enfants
et en comparant celui de Paul
et de Marie, et en s'aidant
des repères, on s'aperçoit
que cette zone apparaît à la fois
chez Paul et
chez Marie, alors qu'elle est totalement
absente chez Jean.
Conclusion, les gènes
mutés se trouvent dans cette zone
ce qui va considérablement faciliter
les recherches. Mais tu sais, Jamy, on n'est pas
au bout de nos peines. Une fois qu'on a localisé
la zone, ensuite, il faut identifier
le gène. Pour ça, on utilise un séquenceur.
C'est une sorte de lecteur de code barre
dans lequel on va mettre un petit
fragment d'ADN. Et regarde le résultat.
Ici, on voit apparaître toutes les
bases présentes sur le fragment.
On va aussi pouvoir savoir où commence
le gène et où il termine. En principe,
c'est beaucoup plus long que ça. On peut aussi savoir
exactement de quoi il est composé.
Et enfin, on peut comparer
l'ADN à l'ADN d'autres
personnes, qu'elles soient saines ou qu'elles soient
malades. Le problème, c'est que cette machine
ne peut lire que des tout petits fragments
d'ADN. Donc, il faut multiplier l'opération
des milliers de fois. Et ça, ça prend du temps.
Une fois que le gène responsable
de la maladie a été identifié,
les chercheurs vont mettre au point
un test génétique.
L'intérêt d'un test génétique, par exemple, si vous êtes
la soeur d'un enfant myopathe,
vous pouvez être porteuse du gène
sans le savoir, puisque ça ne s'exprime pas
chez les femmes.
Et si vous êtes porteuse de
cette anomalie, vous avez un risque
non négligeable d'avoir à votre tour un petit garçon
atteint. Donc, il est intéressant de
savoir si on est porteuse ou pas pour
bénéficier éventuellement
d'un diagnostic pendant la
grossesse. Une fois le gène identifié,
on va également s'intéresser à la protéine
qu'il produit. On va regarder
où elle agit dans l'organisme et
ce qui se passe lorsqu'elle est défectueuse.
Ces travaux permettent de comprendre
la maladie et de mettre au point des médicaments
qui vont apporter la protéine saine
ou agir sur la mauvaise protéine.
Ici, nous sommes dans un laboratoire
de thérapie génique. La thérapie génique,
ça pourrait être à l'avenir un des
moyens pour soigner les maladies génétiques.
En résumé, ça consiste à
introduire dans des cellules malades
un gène-médicament.
Comment l'introduire ? En utilisant
un virus, car c'est bien connu,
les virus vont se nicher dans les cellules.
Je vous rassure tout de suite, ces virus ont été
totalement inactivés. On les a
désarmés, en principe, car ici,
on se protège quand même un petit peu.
On va pouvoir avoir le résultat.
C'est parfait,
merci beaucoup. Et maintenant, on va
aller observer ça sous le microscope.
Et voilà le résultat !
Les cellules sont devenues
fluorescentes tout simplement parce qu'elles
ont été pénétrées par un virus
qui transportait un gène marqueur, c'est-à-dire
un gène produisant une
protéine fluorescente.
Alors d'accord, ce n'est pas encore vraiment de la thérapie génique,
mais ça y ressemble, on est sur la bonne voie.
Et puis en tout cas, c'est beau.
Comment introduire un gène médicament à l'intérieur
de la cellule ? En utilisant
un virus qu'on a rendu
préalablement inoffensif en retirant
la partie nocive de son ADN
qu'on a remplacé
par une séquence qui code pour la bonne protéine.
Ensuite, on introduit le virus
dans l'organisme, le virus reconnaît
les cellules défectueuses, il y pénètre
et il s'approche du noyau.
Ensuite, il libère
son matériel génétique
dans le noyau. Conséquence,
la cellule produit
toujours des protéines défectueuses,
mais en plus,
maintenant, grâce à la nouvelle séquence,
elle produit
de bonnes protéines.
Compris ? Allez,
je me change et je reprends l'entraînement.
Le premier succès de thérapie
génique a été obtenu en mars
1999 par l'équipe du professeur
Fischer à Paris.
Deux nourrissons atteints d'une grave maladie du système
de défense immunitaire étaient
contraints de vivre à l'intérieur d'une bulle
pour éviter toute infection.
Grâce à l'introduction d'un gène
médicament dans leur moelle osseuse,
ces enfants ont pu retrouver une vie normale.
Les recherches continuent
pour appliquer cette thérapie à d'autres maladies
génétiques, mais la principale difficulté
est de trouver le véhicule capable
de transporter le gène sain au bon endroit.
Moi, j'espère beaucoup de cette thérapie.
J'espère que
ils réussiront au moins
à stopper
l'évolution de ma maladie
et donc peut-être
pouvoir refaire des mouvements
qu'on ne peut plus du tout faire.
Des fois, on a peut-être envie de dire
allez-y, découriez-vous. Parce que des fois, quand on a un coup de blouse,
on pense à ça, à dire
quand ils veulent, ils se dépêchent.
Ah, Jamy, tu tombes bien. Oh, j'en peux plus.
Tu vas voir, on t'a changé un petit peu ton programme
pour le téléthon, c'est super. Vas-y, Nicolas.
Ah, je te vois bien faire Paris-Roubaix. En vélo ?
Ah non, à pied. Et moi, Roubaix-Calais ?
En voiture ? Ah non, à vélo.
Et tu termines par le meilleur, Calais-Louvre.
Par le tunnel ? Bah non, à la nage.
C'est quoi ? T'as 24 heures pour faire tout ça,
c'est pas mal. Oh, je me concentre.
J'y vais. Bon, et si
vous voulez plus d'informations sur les maladies génétiques,
surtout n'hésitez pas, appelez
Allogène. Le numéro de téléphone est ici.
Tu nous le donnes, la petite voix ? Ouais, 0
801 63 19 20.