Surdoué, précoce, haut potentiel, zèbre : comment les diagnostiquer ? - La Maison des maternelles

La Maison des Maternelles
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117 Vues de vidéo·2 janv. 2025
« Surdoué au potentiel », « précoce », « zèbre », autant de termes qui désignent les enfants intellectuellement plus performants que la moyenne.
Beaucoup d'incompréhension et d'idées reçues circulent sur cette particularité.
Donc, on va faire le point, comment diagnostique-t-on la précocité intellectuelle ?
Que faire pour que ces enfants s'épanouissent, cuident de leur scolarité ?
Ça, c'est un point très important.
On va faire justement un bilan avec Aurélie Calais.
Des bilans, vous en faites, Aurélie, c'est sûr, sur ces enfants.
Vous êtes psychologue clinicienne, cofondatrice du service de coaching familial Kids & Family, coauteur du livre avec Clémence Prompsy « Je veux pas, je ne veux pas ».
Oui, parce que vous considérez que ce sont des enfants qui parlent déjà très bien.
Exactement.
Parce que moi, le mien ne dit pas de « ne », par exemple.
C'est aux éditions « Au fil de soi », merci de revenir nous voir.
C'est vrai que vous êtes quelqu'un qu'on a vu très souvent dans cette émission, parce que vous avez un discours, je trouve, très moderne, très pragmatique.
Et surtout, c'est votre spécialité, les précoces, il faut le dire.
L'une de vos spécialités, oui.
En fait, le « kids » est fait avec un « z » et qui est justement dans notre sigle, qui est zébré.
D'accord.
Donc, ce qui est un peu un code secret, les zèbres se reconnaissent et ceux qui ne connaissent pas, voilà.
Oui, ça, c'est sûr, ils se reconnaissent entre eux, on va en parler.
Alors, surdoués, précoces, au potentiel zèbre, c'est ce qu'on dit, mais ça veut dire évidemment la même chose.
Vous, vous privilégiez zèbre ?
Alors, nous, c'est vrai qu'on préfère le terme de zèbre, qui initialement avait été utilisé dans les années 40 par un professeur qui s'appelait Dr. Woodward pour parler des maladies rares.
Après, ça a été beaucoup repris par Jeanne Sioufachin, essentiellement.
L'Éducation nationale utilise le terme de EIP, pour enfants intellectuellement précoces.
Après, c'est vrai que moi, le terme de haut potentiel et surdoué, ce que je trouve un peu compliqué, déjà, c'est un peu présomptueux quand même.
Et ça voudrait dire qu'il y a un potentiel et un don, mais il n'est pas forcément exploité chez tous les enfants.
Donc, le terme de zèbre, il est pas mal.
Et surtout, ce qui est assez chouette dans ce terme, c'est qu'il n'y a pas deux zèbres qui sont pareilles.
Ce qui est le cas pour les enfants précoces, ils sont tous quand même différents.
Ils ont tous des rayures différentes.
Tous des rayures différentes.
C'est le seul animal de la savane qui n'a pas du tout un peu l'âge discret, par rapport aux autres, quand même.
C'est le seul équidé qui n'a pas pu être monté par l'homme.
Donc, le terme de zèbre, il est assez chouette quand même pour parler des précoces.
Allez, on va dire les zèbres, alors.
D'ailleurs, les zèbres sont des animaux noirs avec des rayures blanches ou des animaux blancs avec des rayures blanches, etc.
Vous dites, Benjamin, est-ce une émission dans laquelle on parle d'animaux ?
C'est vrai.
On a reçu pour vous beaucoup de questions, dont celle-ci de Laure.
Bonjour à tous.
Ayant travaillé en crèche de nombreuses années, ma fille de 16 mois, je la trouve assez en avance,
notamment sur la parole, la compréhension, les jeux, etc.
Bon, pour autant, je ne me dis pas qu'elle est précoce.
Ma question, c'était, à partir de quel âge on peut voir les premiers signes de précocité ?
Et quels sont-ils ?
Merci beaucoup. Au revoir.
Alors là, je suis sûre que tous les parents, on se concentre.
C'est vrai qu'en tout cas, quand c'est le premier enfant qu'on n'y connaît pas,
c'est son premier bébé qu'on ne connaît pas grand-chose,
les premiers signes qu'on retrouve finalement chez des bébés, on les découvre,
mais dans l'après-coup, quand on a un peu plus identifié ça.
Souvent, c'est des parents qui vont vous dire, quand il était bébé,
il avait un regard hyper perçant, comme s'il était déjà en train de réfléchir.
Donc ça, c'est un truc qu'on reconnaît.
Après, dans les signes, il y a effectivement très souvent, c'est un langage précoce.
Ils ne passent pas tellement par le langage bébé.
Donc ils peuvent parler un peu plus tard, mais ils vont parler tout de suite super bien.
Donc le langage précoce, c'est des enfants qui sont plutôt hypersensibles.
Je vous en dis plein en vrac en sachant qu'ils n'auront pas tous les trucs,
mais c'est des enfants curieux.
Le principal truc, c'est quand même la pensée en arborescence,
qui veut dire que nous, on va penser à quelque chose et ça fait une espèce de trait droit.
Eux, ça va partir d'une idée sur une autre.
C'est un peu toujours en ébullition.
Des enfants extrêmement curieux intellectuellement, qui posent beaucoup de questions.
Sensibilité à l'injustice, je ne sais pas si j'ai déjà dit.
Hypersensibilité, vous avez dit.
Très empathique, qui arrive très bien à détecter les émotions, l'état de l'autre,
qui ont souvent un besoin de soigner, de réparer les failles qui sont de chez l'autre.
Ce n'est pas que le langage, c'est ça que je veux dire.
Marie, on rappelle que vous avez quatre enfants.
Deux ont été diagnostiqués fermement au potentiel.
Est-ce que vous vous reconnaissez dans ces symptômes-là ?
Complètement. Pas du tout dans la partie moteur.
C'est-à-dire qu'ils n'ont pas marché plus tôt.
Ils ont parlé avec des phrases assez soutenues, très jeunes.
En revanche, sur le côté humain, des enfants très angoissés par la mort,
très, très tôt, à partir de deux ans.
Une empathie exacerbée encore aujourd'hui.
L'injustice, c'est terrible.
Ce qui est le plus problématique à gérer pour nos parents,
c'est-à-dire que ça ne s'arrête jamais.
Cette curiosité, c'est positif, mais il faut nourrir.
C'est très fatiguant.
On va reparler de la façon dont on doit nourrir ses enfants.
Dieu sait que c'est compliqué.
Aurélie, deux enfants chez Marie.
On peut dire que c'est de famille ?
C'est génétique, la précocité ?
Oui, c'est génétique.
Très souvent, quand on a un enfant zèbre,
il y a un des deux parents qui l'est.
Si jamais dans la fratrie, ils ne le sont pas tous.
En tout cas, les autres sont dans la catégorie supérieure.
C'est rare qu'il y ait un énorme écart entre les enfants.
Et surtout, il y a un vrai truc entre les...
On a l'impression que les gens en parlent beaucoup aujourd'hui.
En fait, ce n'est pas tellement qu'on en parle.
On en parle un peu plus.
Surtout qu'ils se reconnaissent entre eux.
Ils s'identifient entre eux.
Très souvent, si vous-même, vous êtes zèbre,
vous allez plutôt avoir des copains, un mari, un associé.
En fait, ils s'assemblent entre eux.
C'est le cas à l'école, d'ailleurs, Marie, vos enfants.
Sans le savoir, ils vont être copains avec l'autre de la classe.
Ils n'ont pas beaucoup de copains.
Ils ont des copains zèbres, vos enfants ?
Oui, complètement. Encore plus dans un qu'eux.
C'est bien, ça me rassure.
Et Marie, vous êtes zèbre ?
Un petit peu.
Avec le recul, je pense qu'on découvre via nos enfants
des choses dont on ne parlait absolument pas
quand nous, on avait 10 ans.
Ce qui est hyper intéressant.
Oui, c'est très intéressant.
Et votre mari ?
Oui, aussi.
Aussi ? Voilà.
Heureusement, vous travaillez avec des gens qui ne sont pas des zèbres.
On se reconnaît entre nous, entre gens très intelligents.
Nouvelle question pour vous de Rémi Aurélie.
Salut, la maison des maternelles.
Je suis papa du petit Noé, 2 ans et 4 mois,
et d'une petite maître de 5 mois et demi.
Par rapport à Noé, sa nounou qui l'a gardé pendant presque 2 ans
nous a dit qu'il était très en avance.
Surtout à la crèche, on nous a dit qu'il était bien en avance.
Et on constate effectivement à la maison, sur plein de choses,
qu'il est aussi bien en avance.
Tant sur la motricité fine, la motricité globale,
le langage, la construction des phrases,
la réflexion avant d'agir, l'observation.
On voulait savoir quelle est la conduite à tenir.
Merci.
Merci Rémi.
Son fils a 2 ans et demi.
Est-ce qu'on peut déjà tester ?
Ça commence à partir de 2 ans et 7 mois.
C'est le premier âge pour passer un bilan.
Pour que les gens sachent bien,
parce que parfois il y a une méconnaissance des sujets.
Par exemple, il y a parfois des psychologues scolaires
qui font passer les versions antérieures des tests,
ce qui normalement n'est pas possible.
Là, on est à la WIPSI 4, la version pré-scolaire.
Il va de 2 ans et 7 mois à 7 ans et 7 mois.
Là, il y a une petite version qui va jusqu'à 3 ans et 11 mois.
Ça, c'est vraiment pour les petits.
Mais il n'empêche qu'on a quand même les infos.
Là-dedans, il y a un indice de compréhension verbale,
la mémoire de travail et le visio spatial.
Ces trois-là font un QI total,
qui n'est pas la somme des trois.
Mais bon, ça, c'est pour la petite version.
Après, il y a de 4 ans à 7 ans et 7 mois,
la grande version, où là, on a ces mêmes indices
avec, en plus, la vitesse de traitement
et le raisonnement fluide.
Et après, il y a le WISC 5,
qui, lui, va de 6 ans à 16 ans et 10 mois,
où vous aurez exactement les mêmes indices.
C'est pour ça que si un enfant a 5 ans et 10 mois,
les gens connaissent mieux le WISC 5,
qui est le plus connu, que l'école connaît le mieux.
Donc, à deux mois près, il vaut mieux attendre
de passer le WISC, parce qu'il faut savoir
que les bilans, ça a quand même un coût.
Alors, selon les régions, c'est pas pareil,
mais en gros, c'est entre 200 et 800 euros.
C'est pour ça que pour nous, c'est beaucoup,
beaucoup de travail.
Aurélie, elle travaille toute la nuit là-dessus.
J'ai appelé pour dire, oui, mon fils,
il n'est pas propre.
Elle m'a dit, t'es gentille, je suis en train
de faire un WISC 12.
En fait, ça prend au minimum 2 heures avec l'enfant,
plus l'entretien avec les parents.
Et en travail, pour le bilan,
ça prend en moyenne 10 heures d'analyser les résultats.
C'est un gros truc.
Et donc, ce papa, s'il a les moyens,
s'il peut se le permettre, vous lui conseillez,
dans 2 mois, de le faire ?
Alors, en fait, moi, je trouve que c'est pas tellement
au psy de conseiller s'il faut passer un bilan.
C'est vraiment une démarche hyper perso.
Si là, son petit garçon, tout le monde lui dit
il est en avance, il fait plein de trucs,
il a l'air de répondre aux demandes de son enfant
et ça se passe bien.
Quel est l'intérêt ?
En fait, quand tout va bien, que ce soit
à la crèche ou à l'école, que tout roule,
qu'à la maison, vous arrivez à répondre
aux questions de votre enfant.
Et que socialement, il n'est pas à la marge,
à la crèche.
Voilà, et que ça va.
Si, par contre, les parents sont là,
il y a un truc que je ne comprends pas.
En fait, je n'ai pas le bon mode d'emploi
pour mon enfant.
Je vois que ce que je fais, ça ne marche pas.
Je le sens hyper différent.
Donc, j'ai besoin de comprendre.
Là, la démarche, effectivement,
on a la réponse assez facilement.
Donc, tant qu'à faire, il faut le passer.
Mais c'est aussi plus quand l'école
vous alerte en vous disant
là, c'est hyper compliqué, ça ne va pas.
Les apprentissages, on va en reparler,
mais c'est clé, évidemment.
Est-ce que ces tests sont fiables à 100% ?
Est-ce que ça vaut le coup,
par exemple, si on a fait passer
un des premiers tests à 3 ans,
de refaire passer le test à partir de 6 ans,
ça peut évoluer ?
Alors, si un enfant est identifié
au potentiel sur une WIP-C,
donc la version pour les moins de 6 ans,
il n'y a aucun risque qu'il le soit
ou qu'une chance qu'il ne soit pas
au potentiel sur un WISC.
Par contre, comme ils sont petits,
quand même, quand on leur fait passer,
c'est possible qu'il y ait des choses
qui aient évolué,
c'est-à-dire qu'ils aient été
un super point fort.
Par exemple, je dis n'importe quoi,
le verbal sur un petit 3 ans
qui parle hyper bien,
on va dire que c'est son méga point fort,
et puis à 7 ans,
on va se rendre compte
qu'en fait, le verbal,
c'est plutôt aligné
sur les autres compétences,
mais par contre,
que la mémoire est fulgurante,
donc ça peut être un peu
les points forts qui diffèrent.
Parfois, l'école quand même
demande de repasser un WISC,
et quand tout va bien,
en fait, on n'a pas besoin.
À partir de quel QI,
donc quotient intellectuel,
on peut parler de haut potentiel de Z ?
Alors, parce qu'il a bien fallu
s'arrêter sur un chiffre,
donc c'est à partir de 130,
sachant que la moyenne,
c'est entre 85 et 115,
et à partir de 130,
ça concerne 2,5 %.
En fait, vous voyez,
c'est une courbe de Gauss,
donc c'est-à-dire qu'il y a
autant, finalement,
de haut potentiel
que de personnes
qui sont déficientes.
C'est ça.
Voilà.
Après, le chiffre,
il est arrêté à 130.
Maintenant, si on fait passer
un bilan et que l'enfant a 129
avec beaucoup de subtests
très élevés,
après, ça, c'est vraiment
l'analyse du clinicien,
mais voilà, on dit
que c'est à partir de 130.
Marie, vous avez combien ?
Un peu plus,
mais je n'ai pas fait
de vrais tests adultes, non.
140.
Je le sais.
Benjamin ?
70.
Oui, ça équilibre.
Eh bien, voilà, c'est ça.
On fait une moyenne des deux
et on a deux super cliniqueurs.
Alors, qu'est-ce qui se passe
quand vous annoncez
à un parent qui vient vous dire
écoutez, il est super en avant,
je crois vraiment qu'il est précoce,
et vous vous rendez compte
qu'il a un QI dans la moyenne.
Est-ce que les parents sont déçus ?
Parce que je pense
qu'il ne faut pas l'être.
Ça, c'est mon avis.
Alors, ça arrive.
Ça n'arrive que des parents.
Alors, ça, c'est aussi en amont de ça
quand les parents viennent en disant
je voudrais passer un bilan,
voir un peu quelle est la demande.
En sachant que si nous,
on estime que ce n'est pas adapté
et qu'on leur dit
il n'y a pas d'urgence,
si les parents sont décidés,
ils iront le faire chez quelqu'un
donc bon.
Mais ça peut arriver
que des parents aient des attentes
et que quand on leur dit,
finalement,
parce qu'on fait passer
beaucoup de bilans aussi
pour des enfants
qui sont dans la déficience.
Moi, je trouve que
quand on dit aux parents
tout est hyper homogène,
tout va bien,
il est dans la moyenne,
moyenne, plus.
Donc, c'est cool.
A priori, tout va rouler
pour sa scolarité
et que les parents sont déçus.
Alors, souvent,
ils sont déçus
pas parce qu'ils se disent
il est moins intelligent
que ce que je pensais
mais ils se disaient
pour moi, c'était ça
l'explication de tout
ce qui est compliqué
et en fait, ce n'est pas ça.
Donc, il faut en chercher une autre
mais ça peut être la déception
par rapport à ça.
Nouvelle question pour vous
de Roxane.
Bonjour,
la Maison des Maternelles.
J'aurais voulu savoir
si un enfant à haut potentiel
pouvait avoir
des avances sur des domaines
et des retards sur d'autres.
Moi, j'ai un petit garçon
de 3 ans
qui est fortement intéressé
par l'espace,
qui est capable de citer
les planètes du système solaire
mais en même temps
qui a des difficultés
au niveau du langage
et qui va avoir
des problèmes de prononciation.
Oui, haut potentiel
ne veut pas dire
être en avance sur tout.
Exactement,
ça ne veut pas dire
être en avance sur tout.
Là, ce que décrit
cette maman,
c'est ce qu'on appelle
des profils hétérogènes.
Sur les bilans de QI,
parfois, les parents
ne comprennent pas très bien
parce qu'il y a certains psys
qui rendent des bilans
en disant que c'est hétérogène
donc je ne vous donne pas
le score total,
ce qui est incompréhensible
pour les parents.
En fait, on dit qu'il ne faut pas
plus de 20 points d'écart
entre deux indices.
Sinon, c'est comme si je vous dis
que vous avez une note en maths,
vous avez un 18 et un 2
et que je vous dis en histoire
que votre moyenne c'est 10,
ça n'a pas beaucoup de sens
parce que vous êtes capable
du meilleur comme du pire.
Ça, c'est le premier truc.
Donc effectivement,
il y a des profils
qui sont hétérogènes.
En revanche,
de ce que décrit cette maman,
le langage, pour le coup,
c'est quand même un des trucs
qui majoritairement
chez les enfants zèbres
est quand même en avance
et élaboré.
Là, elle parle d'une difficulté
de prononciation
donc ça, c'est de l'orthophonie
évidemment.
On peut être zèbre
et avoir plein de troubles
associés.
En revanche,
c'est peut-être bien parfois
si elle a l'impression
qu'il est très en avance
surtout et que le langage
ne suit pas,
peut-être qu'il faut checker
la piste ORL.
Écoutez, en tout cas,
vous avez votre réponse Roxane.
Alors, je vous propose
de rencontrer Nathan
qui a 4 ans,
qui a été diagnostiqué précoce
dès l'âge de 3 ans.
Être en avance,
qu'est-ce que ça change
dans sa vie ?
C'est un reportage
de Fleur Monjibo.
Allume l'Amérique du Sud.
L'Amérique du Sud.
Ensuite,
qu'est-ce qu'on a d'autre
comme continent ?
L'Amérique du Nord.
Bravo !
À 4 ans,
Nathan sait identifier
les continents.
Il sait aussi lire,
compter
et se passionne
pour les dinosaures.
Cette curiosité,
ses parents l'ont remarquée
dès son plus jeune âge.
On a été très tôt
vraiment très surpris
des différents centres d'intérêt
qu'il pouvait avoir
comparé à mes filles
qui, elles, pourtant,
étaient déjà bien éveillées.
Le stégosaure,
le triceratops.
L'allosaurus.
On s'est aperçu
que c'était un bébé différent
assez vite
puisqu'il était énormément
dans les pleurs.
Il ne dormait quasiment pas.
Il était très agité également.
Il bougeait vraiment
ses quatre membres,
les bras, les jambes.
Il n'était pas dans le contact.
Il ne se posait pas.
On était désemparés.
On ne savait pas quoi faire.
On se disait
qu'il y avait quelque chose
qui n'allait pas.
À l'âge de 6 mois,
Nathan a rencontré
une pédopsychiatre
qui nous a orientés
vers une précocité.
C'est vrai que Nathan
n'ayant que 6 mois,
j'avais du mal à y croire.
Une nuit,
le papa de Belle
se perd dans la forêt.
Il tape à la porte
de la basile.
Trois ans plus tard,
des tests de QI
confirment le haut potentiel
de Nathan.
Face aux résultats,
on a été soulagés.
Soulagés de savoir,
mais à la fois angoissés
de se dire
comment on va
le prendre en charge.
Très vite,
Laetitia se rend compte
que Nathan a besoin
d'être en permanence
stimulé intellectuellement.
Qu'est-ce qu'il faut faire
pour te libérer ?
3, 5 ou 6.
Oui !
1, 2, 3, 4, 5.
On est constamment
dans le jeu,
dans la lecture,
dans la découverte
par les sorties
ou les musées,
parce qu'il est beaucoup
dans la demande.
On est constamment
du matin au soir avec lui.
Aujourd'hui,
Nathan qui a sauté une classe
est en grande section
de maternelle
où il sait très bien
intégrer.
Pour autant,
Laetitia s'inquiète
pour son avenir.
C'est un enfant
qui s'adapte très bien
aux autres,
qui est très sociable,
mais qui est aussi
très sensible,
qui ne supporte pas
l'échec.
La précocité,
effectivement,
il y a nombreux avantages
puisqu'on peut se dire
que l'enfant
a un potentiel
plus élevé,
donc plus facile
au niveau de l'apprentissage
à l'école.
Mais à la fois,
ce sont des enfants
qui se posent
beaucoup de questions
sur tout
et qui finalement
entraînent
beaucoup d'angoisse
au quotidien.
On entend la maman
du petit Nathan
dire qu'il a eu
beaucoup de difficultés
à s'endormir
et que ça va générer
des angoisses au potentiel.
Qu'est-ce qu'on peut faire ?
Il y a une question vidéo
de Sandrine,
justement,
exactement sur ça.
Bonjour à tous.
Mon fils de 4 ans
a beaucoup de mal
à s'endormir.
Il se couche
vers 21h,
mais ne s'endort pas
avant 23h.
Il cogite,
il a mille questions
à poser.
Du coup,
on se demandait
quelle était la meilleure
attitude à adopter
pour nous,
l'autoriser
à prendre un jouet
ou un livre
dans son lit
ou le coucher plus tard.
Merci pour vos conseils.
Qu'est-ce qu'on fait ?
C'est à ce moment-là.
Oui, j'attendais
qu'il y ait quelqu'un
qui répondisse.
Là, maintenant,
vous avez trop l'habitude,
donc on ne va pas non plus
à chaque fois.
C'est vrai que c'est des enfants
qui ont un peu de mal
à mettre leur cerveau
sur off quand même,
qui sont toujours à fond.
Là, ça peut être
par exemple,
d'arrêter la sieste
parce que si jamais
ils dorment 2h,
ils rechargent leur batterie
et on est reparti pour 12h.
Effectivement,
dans leur lit,
c'est important
de les autoriser
ou apprendre un petit livre.
En tout cas,
ne pas leur dire
« maintenant, tu dors »
parce qu'ils n'en sont
physiquement pas capables.
Après, ça peut être
faire des exercices
de relaxation,
de faire calmer attentif
comme une grenouille,
les choses comme ça
qu'on peut mettre en place
avec l'enfant.
Mais clairement,
en général,
les zèbres,
ce n'est pas des fanas
du sommeil
parce qu'il y a
l'impérativité.
Justement,
on parlait en introduction
de cette émission
de l'importance
de les nourrir,
ces cerveaux curieux.
Est-ce que vous conseillez
de répondre
à toutes leurs questions,
de satisfaire
leur curiosité tout le temps
parce que ça doit être
tuant pour les parents ?
C'est un peu fatigant
et surtout,
parfois, il faut suivre
parce qu'ils posent des questions
et donc là,
Internet est votre meilleur ami
et on essaie de s'inspirer.
En fait,
il faut essayer de se dire
que quand on a
un enfant au potentiel,
c'est comme si vous aviez
plutôt une voiture de course.
Ça va plus vite
mais ça consomme
plus d'essence
qu'une petite voiture
sans permis,
par exemple.
Finalement,
c'est aux parents
de mettre l'essence
dans la voiture
et aussi à l'école.
Si l'école ne met pas
beaucoup d'essence,
vous allez devoir
compenser cet ennui.
C'est tout l'intérêt
de les diagnostiquer
parce que du coup,
on peut aussi communiquer
avec le corps enseignant.
Pour l'école,
c'est hyper important
parce que parfois,
les maîtresses,
elles ne sont pas
assez formées
pour les identifier
parce qu'il peut y avoir
d'autres troubles mis en avant
comme de l'hyperactivité
ou une dysgraphie,
ils écrivent très mal.
Donc en fait,
la maîtresse se dit,
parfois,
dans l'imaginaire des gens,
ça veut dire que s'il est précoce,
il sait lire en moyenne section.
Enfin, il fait tout parfaitement,
ce qui n'est pas du tout le cas
en sachant que l'école,
quand même,
demande aux enfants,
sollicite beaucoup
l'apprentissage
mais pas forcément
l'intelligence.
Donc, il y a
un tiers d'enfants ZEP
qui, à l'école,
ne s'épanouissent pas
parce qu'on sollicite
pas toutes leurs capacités.
C'est ça.
Alors,
qu'est-ce que vous conseillez ?
Qu'est-ce qu'on leur dit
à ces enfants
pour les accompagner
au mieux ?
On leur dit
qu'ils sont en avance.
Il faut leur parler
de tout ça ou pas ?
Bien sûr,
parce que déjà,
quand ils passent un bilan,
les bilans,
ça prend quand même du temps
et donc,
c'est important
de leur faire un retour.
Tu as été chez la psy deux heures,
donc forcément,
il faut leur faire un retour.
C'est d'autant plus important
pour des enfants
qui ont été un petit peu cassés
par le système scolaire
où justement,
on a dit,
ce que je disais,
c'est des hyperactifs,
ils n'écoutent rien
et finalement,
quand on identifie
qu'il y a une précocité,
ça permet de réparer
ces enfants,
de dire,
en fait,
la partie cachée de l'iceberg,
c'était ta manière
de réfléchir
qui est différente.
Moi, je trouve que
ce n'est pas super
de leur dire,
tu es plus intelligent,
ça peut faire des enfants
un peu prétentieux.
Par contre,
de dire,
tu as une manière de penser
qui est différente,
c'est pour ça que parfois,
tu vas réagir
avec plus d'émotion,
pour ça que toi,
parfois,
tu vas pleurer très fort
et tes copains
ne vont pas comprendre.
D'expliquer pourquoi
parfois,
on peut se sentir différent
et qu'après,
toutes les différences
sont belles et sont riches
mais après,
il y a plein de livres
pour les enfants
qui sont sympas,
je peux les citer ?
Il y a Petit Zèbre
et Précoce
pour les petits,
par exemple,
parce que les parents,
parfois,
ils sont un peu mal à l'aise,
ils ne savent pas trop
comment expliquer ça
au travers du livre
à la fin de faire,
mais dire,
voilà,
toi,
ce que tu as fait
avec la psychologue,
tu es comme Petit Zèbre
s'ils ne veulent pas
faire d'impair
et après,
il y en a un autre
pour les plus grands
que je trouve très bien,
c'est 142 de QI
et alors,
c'est pour les plus grands.
On va mettre
les références
sur la page
Encore une question
pour vous d'Amélie.
Bonjour,
la maison des maternelles.
J'ai mon fils
qui a 6 ans
qui est au CP.
La maîtresse
me dit
qu'il comprend
tout très vite
à l'école
et le met rapidement
du coup,
au fond de la classe
pour faire travailler
les autres élèves
sauf que,
pour le faire occuper,
elle me dit
qu'elle a beaucoup de mal,
elle a un manque de solutions,
il commence une activité
5 minutes,
puis on commence une autre
et puis une autre
derrière
et c'est le bazar
dans la classe.
C'est un enfant
qui court beaucoup,
qui bouge énormément.
A la maison,
c'est pareil.
J'ai pensé au sport
mais ça ne serait pas
tous les jours.
Donc voilà,
si vous aviez
quelques astuces
ou solutions
pour le canaliser
notamment.
Elle est trop mignonne.
Alors,
des solutions
pour le canaliser.
Alors déjà,
dans ce que dit
cette maman,
je ne sais pas
quel type,
si elle a passé
un bilan ou pas.
En tous les cas,
ce qui est important
quand on a un enfant
qui est plutôt
tendance hyperactive
comme ce qu'elle décrit
ou en tous cas,
l'école se plaint
en disant
franchement,
c'est hyper compliqué.
On peut très bien passer
en même temps
que le bilan de QI,
un bilan attentionnel
qui permet de voir
s'il y a un trouble,
ce qu'on appelle un TDA,
trouble déficitaire
de l'attention
qui est avec
ou sans hyperactivité.
Parce que ça,
c'est un vrai trouble
qui est reconnu
par l'école.
Quand ils sont plus grands,
ils ont le droit
de sortir sur les DST
au bout de deux heures.
C'est un vrai truc
qui est reconnu.
Et puis après,
ça permet d'avoir
un suivi par rapport à ça
et en tous cas,
d'expliquer à la maîtresse
qu'est-ce qu'il faut faire.
Globalement,
pour les enfants zèbres,
c'est quand même reconnu
par l'Éducation nationale
qui a fait des notes,
des circulaires
pour que les maîtresses
soient sensibilisées
pour pas que ces enfants
se retrouvent en échec scolaire
alors qu'ils ont des capacités,
ce qui est quand même
très dommage.
Elles ne sont pas toutes formées,
c'est un peu le souci,
mais par contre,
on peut très bien mettre en place
des PPRE.
C'est-à-dire qu'on met en place,
pour lui,
si jamais il aime bien aider les autres
mais qu'il s'ennuie,
il faut trouver un moyen
de pallier à ce qu'on ennuie.
C'est quoi PPRE ?
Ce sont des programmes spéciaux ?
Oui, de réussite éducative
qui sont mis en place
entre l'école,
les parents,
et puis si on a des bilans,
on les amène.
Ça aide quand même beaucoup
à mettre un fil directeur
pour l'équipe enseignante
et d'avoir des attentes
de cibler
sur ce qu'a besoin l'enfant.
Le sport,
ce n'est pas une bonne chose
pour canaliser ses enfants ?
Ça peut,
mais si on est sur l'enfant
d'un vrai cas d'hyperactivité,
on peut le mettre au judo
tous les jours,
il n'empêche que 8 heures
en classe à l'école,
ça va être super compliqué.
Et sauter une classe ?
Une ou deux classes ?
Parfois,
ce n'est pas la meilleure solution
qu'on ait,
mais c'est un peu la seule
malgré tout.
En fait,
il faut toujours prendre en compte
le côté bénéfice-risque.
Parfois,
le fait de sauter une classe
va faire qu'après,
ils sont dans le bon wagon
de leur train
pour toute leur scolarité.
Ils savent déjà
éliminer fin de moyenne section,
on les passe au CP,
puis après ça roule.
Donc ça,
ça peut être bien.
Il y en a d'autres pour qui
on peut se dire
clairement,
il va s'ennuyer en maternelle,
mais par contre,
c'est un enfant
qui est plutôt inhibé,
qui n'aime pas trop les changements,
qui a deux copains
auxquels il est hyper attaché.
Si lui,
on le met avec des enfants,
c'est beaucoup un an
quand on a 5 ans.
Parfois,
même s'il serait mieux
intellectuellement,
est-ce qu'émotionnellement
ça va être bien ?
En fait,
il faut prendre le bénéfice-risque
et se dire
est-ce qu'il vaut mieux
qu'il s'ennuie un peu
mais qu'il est hyper content
d'aller à l'école
et de retrouver ses deux copains
où il est serein ?
Ou est-ce que l'ennui
est tellement énorme
qu'il devient ingérable
en classe et à la maison
et donc là,
il vaut mieux ?
Il faut vraiment bien
mesurer les choses.
Ils ont sauté des classes
aux enfants marins ?
Oui.
Ça a été salvateur pour eux
mais j'entends tout à fait
ce que dit Aurélie.
Ça peut être dévastateur
pour le coup.
Merci Aurélie
de nous avoir éclairée
sur ce sujet
qui est quand même passionnant.
On a plein de références
à vous mettre,
des associations
qui peuvent vous aider,
des bouquins.
Allez sur la page
de la Maison des Maternelles
sur Facebook.
On va vous mettre
toutes les références
sur Instagram aussi.
Là peut-être
que je m'avance un peu
mais maintenant,
ils seront obligés.
Allez un peu plus de boulot
ça va Nicolas !
