GRAND DÉBAT / Mercosur : la France peut-elle faire plier Bruxelles ?
« Le récap » par Thibault Hénocque
En France, la mobilisation des agriculteurs s'est poursuivie le mardi 19 novembre 2024. Le potentiel accord de libre-échange entre le Mercosur et l'Union européenne qui sera débattu au sein de l'hémicycle le 26 novembre prochain, a attisé la colère du monde agricole. Bien qu'Emmanuel Macron tente de maintenir sa position selon laquelle « la France ne signera pas en l'état ce traité Mercosur », la Présidente de la Commission européenne ne semble pas faiblir et a affirmé que les négociations étaient « dans la dernière ligne droite ». En raison des dispositions non-commerciales qui relèvent des compétences nationales, trois conditions doivent être validées. L'unanimité du Conseil, une ratification du Parlement européen et une ratification par les 27 Etats membres sont, dès lors, théoriquement requises pour la validation du texte. Néanmoins, la Commission pourrait scinder le texte en deux parties afin de distinguer le volet commercial qui pourrait alors être adopté plus aisément. L'opposition à ce-dernier devra rassembler au moins 35% de la population européenne pour empêcher ses partisans d'obtenir gain de cause. La France parviendra-t-elle à contrer les intentions d'Ursula von der Leyen ?
Invités : - Antoine Vermorel-Marques, député « Droite Républicaine » de la Loire, - Sandrine Le Feur, députée « Ensemble Pour la République » du Finistère, Présidente de la commission développement durable et agricultrice, - Manon Aubry, eurodéputée « La France Insoumise », - Elvire Fabry, chercheuse senior en géopolitique du commerce à l'Institut Jacques Delors, - En Skype : Jacques Delpla, économiste, Directeur Général de Klimatek.
GRAND ENTRETIEN / Angélique Cauchy et Rachel-Flore Pardo : violences sexistes et sexuelles, un rapport puis des solutions ?
Le 18 novembre 2024, un groupe d'étude composé de six femmes expertes a remis un rapport au gouvernement sur les violences sexistes et sexuelles sous relation d'autorité ou de pouvoir. Après près de 70 auditions et un tour d'horizon européen, ce rapport présente 41 mesures pratiques et pragmatiques pour « construire une chaine vertueuse de prévention, de repérage, de sanction, d'accompagnement et de réparation ». Quelles sont les recommandations consécutives à ce travail ?
Grandes invitées : - Rachel-Flore Pardo, avocate et activiste féministe, - Angélique Cauchy, ancienne joueuse de tennis, Présidente de l'association « Rebond » et autrice de « Si un jour quelqu'un te fait du mal » (Stock).
LA QUESTION QUI FÂCHE / Le Rassemblement National fera-t-il tomber le gouvernement de Michel Barnier avant Noël ?
- Jean-Baptiste Daoulas, journaliste politique à « Libération », - Louis Hausalter, journaliste politique au « Figaro ».
Ça vous regarde, votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Myriam Encaoua, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique. Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.
Bonsoir et bienvenue. Très heureuse de vous retrouver dans Savourgarde.
Ce soir, la France contre le Mercosur.
Les députés français entrent dans la bataille contre le traité de libre-échange
entre l'Union Européenne et les pays d'Amérique du Sud.
La pression monte sur les épaules d'Ursula von der Leyen.
Mais Paris a-t-il vraiment les moyens de faire plier Bruxelles ?
La croisade française anti-Mercosur va-t-elle payer ?
C'est notre grand débat avec mes invités dans un instant.
Deux femmes d'en feront parler ce soir pour évoquer les violences sexuelles et sexistes
dans l'entreprise, à l'hôpital ou encore dans le sport.
L'ancienne joueuse de tennis Angélique Cauchy, abusée pendant des années par son entraîneur
et l'avocate Rachel Flor-Pardot.
Toutes deux ont remis un rapport important sur ce fléau
avec des liens de subordination dans plusieurs secteurs de la société.
Nous en parlerons avec elles dans la deuxième partie.
Enfin, la question qui fâche ce soir, l'ERN va-t-il faire tomber Michel Barnier à Noël ?
La menace de censure de Marine Le Pen se fait de plus en plus précise.
Rendez-vous avec nos chroniqueurs à la fin de cette émission.
Voilà pour le sommaire, ça vous regarde, installez-vous, c'est parti.
Pèse vraiment la France en Europe contre le Mercosur à l'initiative de Michel Barnier ?
Et alors que la colère des agriculteurs dans l'Hexagone s'intensifie,
les députés s'emparent donc du dossier pour rajouter une pierre au mur tricolore
dressée contre ce traité commercial, un front uni dans le pays.
Qui se heurte à la majorité des 27 ?
Est-ce que la France est devenue impuissante à bloquer ce traité négocié depuis 20 ans ?
Bonsoir Antoine Vermorel-Marquès, bienvenue à vous.
Députée à la droite républicaine de la Loire, c'est vous qui avez demandé à Michel Barnier ce débat
et ce vote à l'Assemblée qui aura lieu mardi prochain dans l'hémicycle.
Bonsoir Sandrine Lefeur, merci d'être là.
Députée Ensemble pour la République du Finistère Agricultrice de Profession,
vous présidez la Commission du Développement durable ici à l'Assemblée.
Enfin, bonsoir Elvire Fabry, bienvenue à vous.
Chercheuse à l'Institut Jacques Delors, chargée des sujets commerce et géopolitique.
Et Manon Aubry, l'eurodéputée insoumise à Bruxelles, est en route malgré la pluie.
J'espère qu'elle arrive d'un instant à l'autre.
Un débat, mesdames, messieurs, monsieur, qui s'ouvre par le récap de Thibault Hénin, qu'on accueille tout de suite.
Bonsoir Thibault.
Bonsoir Myriam, bonsoir à tous.
L'Assemblée nationale va donc être amenée à se prononcer sur le Mercosur.
Oui, vous l'avez sans doute remarqué, cet accord du Mercosur, il a une vertu magique.
Il unit la classe politique française.
Jugez plutôt Michel Barnier, bien donné raison à Jean-Luc Mélenchon.
Nous exigeons que ce traité soit discuté à l'Assemblée nationale et qu'il ne s'applique pas si les Français ne le votent pas.
Et voilà, vœu formulé dimanche et exaucé deux jours plus tard par le Premier ministre.
Il suffisait de demander ce matin à Matignon l'annonce.
Un débat sur l'accord du Mercosur aura lieu à l'Assemblée et la magie se poursuit.
Tout le monde applaudit.
On est tout à fait d'accord, bien sûr, avec un débat sur le Mercosur.
Nous pensons que politiquement, on a intérêt à avoir un vote de l'Assemblée nationale.
Il est important de faire entendre notre opposition à cet accord.
Ce qu'on constate, c'est une rare unanimité de l'ensemble des groupes.
Vous voyez, c'est magique.
Maintenant que vous êtes sous le charme, un peu de technique.
Ce débat aura lieu en vertu de l'article 50-1 de la Constitution devant l'une ou l'autre des assemblées.
Le gouvernement peut faire sur un sujet déterminé une déclaration qui donne lieu à un débat
et peut, s'il le décide, faire l'objet d'un vote sans engager sa responsabilité.
Vote sur le Mercosur.
Il y aura donc, mais attention, il ne s'agit pas de ratifier l'accord ou non.
Il s'agit de donner la position de l'Assemblée nationale sur le sujet.
Un vote symbolique mais qui, pour une fois que tout le monde est d'accord, aura un poids politique.
C'est en tout cas ce qu'espèrent les députés.
Êtes-vous prête à respecter ce vote et à engager un véritable bras de fer avec la Commission européenne ?
J'avais souhaité que s'instaure un débat.
Il sera fructueux et croyez bien que nous serons très très mobilisés sur cette question.
Alors, question claire, réponse plus allusive.
A quoi alors va-t-il se servir ce débat ?
Réponse plus directe de la porte-parole du gouvernement.
Je pense que ça viendra renforcer la position qui est celle du président et qui est celle du Premier ministre.
Renforcer la position de la France, voilà l'affaire.
Car ici, c'est la magie noire de l'Union européenne qui prend le relais pour pouvoir empêcher l'adoption de l'accord.
Le vote de notre Parlement ne suffira pas.
C'est entre les Etats européens que tout va se jouer.
Et là, pas de miracle, la France va avoir besoin d'alliés.
On travaille, on réunit, on rassemble.
Et on aime toujours, nous, écrire que les Français sont isolés.
Mais on n'est pas isolés.
Alors, on se rapproche doucement de l'illusionnisme.
Car en réalité, la position de la France, elle est très minoritaire.
A ses côtés, seuls trois Etats européens sur 27 sont réticents à l'accord.
La Pologne, l'Autriche et les Pays-Bas, auxquels on peut éventuellement ajouter l'Italie, qui semble hésiter à changer de pied.
Suffisant pour bloquer l'accord ?
Oui, s'il fallait une unanimité européenne.
Mais Ursula von der Leyen, la grande prêtresse de la Commission, a plus d'un tour dans son sac.
Elle pourrait découper le texte pour le faire ratifier en plusieurs parties.
La première, l'accord commercial étant une compétence de l'Union, pourrait se passer d'un vote à l'unanimité.
Une majorité qualifiée de 15 pays sur 27 serait alors suffisante.
Alors, la bataille est-elle perdue ? Pas encore.
Mais il va falloir l'amener de front.
Il ne suffira pas d'un coup de baguette magique.
Merci beaucoup, Thibaut Hénocq.
C'est vrai qu'il joue gros, le Président de la République.
Franchement, il est si déterminant que ça, ce vote symbolique.
Il est important, surtout dans un contexte où l'Assemblée nationale est extrêmement divisée.
Et là, on a un sujet qui nous rassemble.
Il nous rassemble pourquoi ?
Parce que ce n'est pas uniquement un sujet d'agriculteurs.
J'étais hier soir à Rouen, dans ma circonscription, avec les agriculteurs.
Ils me disaient, on n'est pas très nombreux.
On est une petite centaine.
On ne réunit pas des centaines de milliers de personnes quand on manifeste.
Mais la différence entre eux et peut-être d'autres manifestants,
c'est qu'il y a des centaines, des millions de Français qui les soutiennent.
Et il y a des millions de consommateurs qui ne veulent pas se retrouver
avec de la viande traitées aux hormones ou avec des céréales
que l'on importerait, qui ne respectent aucune de nos restrictions.
On va venir au fond de l'accord.
Mais c'est vrai que c'est assez rare, l'unité de toutes les forces politiques.
Unanimité mardi, vous pensez ?
Je l'espère, je le souhaite.
En tout cas, ça permettra à chacun d'être face à ses responsabilités.
Et puis d'envoyer aussi un signal à l'Union européenne
d'une importance, d'avoir une démocratie parlementaire
sur ces sujets d'accords commerciaux.
La question démocratique, elle est centrale.
Un traité, normalement, il est soumis au Parlement national, Sandrine Lefeur.
On comprend que si Ursula von der Leyen décide,
et c'est son droit, c'est dans les traités,
de dissocier les deux accords, un accord volet politique
et un accord volet commercial,
alors les parlements nationaux n'auront pas voix au chapitre.
Il est en position de force, franchement, le président de la République
pour négocier après la dissolution
et alors que nos déficits se creusent dangereusement ?
Aujourd'hui, je ne sais pas si le président de la République
est en position de force, mais en tout cas,
il doit faire tout son possible pour aller chercher des alliés,
le gouvernement également.
Moi, je ne souhaite pas, effectivement, que cet accord soit dissocié.
Il y a des accords qui ne sont pas passés devant les parlements nationaux,
notamment l'accord avec la Nouvelle-Zélande, par exemple.
Le CETA, c'était le cas déjà, la dissociation des deux parties d'accords.
J'avais déjà pris position contre le CETA à l'époque
et je souhaite que le maire Kossour passe devant les parlements nationaux,
évidemment s'il est signé,
mais cette dissociation,
et c'est là-dessus que le président de la République
et le gouvernement doivent mettre la pression,
c'est de ne pas dissocier cet accord
parce que cette dissociation serait vraiment catastrophique.
Justement, il y a le fond de l'accord
et puis il y a la méthode.
C'est prévu par les traités.
Vous comprenez que pour les agriculteurs et les Français
qui les soutiennent, qui sont très en colère ce soir,
et on voit bien que la colère commence un petit peu à déborder,
c'est possible de faire ça ?
C'est démocratique ?
Justement, parlons de démocratie.
On ne peut pas avoir une démocratie à deux vitesses,
considérer que le vote dans les assemblées nationales
pèse plus que le vote au Parlement européen,
donc si le texte ne repose que sur des compétences exclusives,
à ce moment-là il est soumis au Conseil et au Parlement européen,
et que l'on ne soit pas d'accord sur le fait
ou que l'on soit frustré par le fait
que l'Union dans son ensemble
ne s'accorde pas sur la position française,
c'est une chose,
mais la Commission européenne peut tout à fait
présenter ces deux textes de manière séparée.
En l'occurrence pour le CETA,
ça avait été une décision de Jean-Claude Juncker
de présenter l'ensemble du texte
comme une compétence mixte.
Mais il aurait très bien pu scinder les deux textes.
Ça n'est pas un raccourci.
Il n'y a pas de passage en force.
Ça reste prévu par les règles démocratiques européennes.
Si cette dissociation se fait.
Bonsoir, Mme Mombry.
Merci de nous avoir rejoints.
Vous êtes eurodéputée insoumise à Bruxelles.
Déjà, merci Michel Barnier,
il a écouté Jean-Luc Mélenchon, entre autres,
avec ce vote à l'Assemblée mardi prochain.
Vous savez, j'aurais aimé qu'Emmanuel Macron,
avant lui, pour le coup,
je ne fais pas le grief à Michel Barnier,
mais Emmanuel Macron est au pouvoir depuis 2019,
depuis bien avant 2019 même.
Mais il se trouve que les négociations ont repris en 2019,
qu'elles se sont accélérées depuis,
et que pendant tout ce laps de temps,
le président de la République
aurait pu taper du poing sur la table
pour demander à retirer le mandat de négociation
de la Commission européenne
et à dire qu'en toute hypothèse,
la France ne pourra soutenir cet accord de libre-échange.
En réalité, ce qu'a fait la France,
c'est toujours d'entretenir la fable
d'une possibilité de close miroir,
dont on sait très bien qu'elles sont impossibles,
de possibilité de respect des accords de climat,
des accords de Paris,
dont on sait très bien que c'est impossible,
qui plus est avec l'Argentine.
On va revenir sur le fond de l'accord dans un instant.
Mais vous dites, en gros, à Sandrine Lefeur,
qui est députée macroniste,
au fond, on aurait pu taper du poing sur la table avant.
J'ai juste un dernier indice de cela.
J'ai regardé, puisque je me souvenais
que dans le mandat précédent,
j'avais déposé un certain nombre d'amendements
sur le Mercosur,
et il se trouve que j'en ai retrouvé plusieurs
au Parlement européen,
des amendements que j'avais déposés,
qui étaient des amendements d'appel pour dire
qu'il faut bloquer les négociations.
Qui a voté contre ?
Les macronistes, la droite,
et le camp de Jean Macron.
Y compris les Français ?
Parce qu'il y a une division entre...
Y compris les Français,
qui viennent maintenant verser des limbes de crocodile
auprès des agriculteurs pour dire
que cet accord est mauvais.
Mais qu'ont-ils fait ces cinq dernières années
pendant qu'ils étaient négociés ?
Sandrine Lefeur vous répond.
Ce sont des hypocrites.
On a entendu ce discours tout à l'heure déjà
sur une autre chaîne d'information.
Mais la grande différence,
et là on parle de l'union,
et là vous vous accentuez sur la grande différence,
mais on est tous aujourd'hui contre le Mercosur.
Et la grande différence que vous faites,
c'est que nous on n'est pas contre
les accords de libre-échange.
On est favorables à des accords de libre-échange,
mais qui respectent les normes environnementales,
sociales et sanitaires.
Vous avez voté pour le CETA,
mais vous êtes contre le Mercosur.
J'ai voté contre le CETA,
parce que le CETA pour moi ne respectait pas...
Déjà pour des questions environnementales.
Le droit de veto n'était pas non plus respecté.
Le Mercosur, c'est exactement la même chose.
Mais l'accord avec la Nouvelle-Zélande,
moi je n'y étais pas défavorable.
Et d'ailleurs aujourd'hui,
les producteurs d'auvins,
ils ont gagné 2 euros sur leur carcasse ovine,
et ils remercient la Nouvelle-Zélande
pour apporter de la viande ovine.
Donc là on est sur la question
de l'élevage de la viande ovine
et de son prix et du respect des normes sanitaires.
L'accord de la Nouvelle-Zélande,
c'est un bon exemple que vous prenez.
La Nouvelle-Zélande,
c'est le premier exportateur de lait au monde.
Qu'allez-vous dire aux producteurs laitiers
en France et en Europe
qui par ailleurs respectent,
à raison des normes environnementales,
par exemple qui n'utilisent pas d'atrazine
ou d'autres pesticides
qui sont largement utilisés en Nouvelle-Zélande,
qui ne sont pas interdits ?
On ne va pas faire le débat
sur l'accord de la Nouvelle-Zélande,
parce que c'est le Mercosur
qui nous intéresse aujourd'hui,
et les marges de manœuvre de la France.
Juste la dernière chose
que je voudrais dire là-dessus,
c'est que le principe même
d'un accord de libre-échange,
c'est d'abaisser non seulement
les barrières douanières,
mais aussi les contrôles.
Et la Direction Générale de la Santé
de la Commission européenne
a reconnu elle-même
qu'elle ne pouvait pas conclure
de manière certaine
qu'elles ne peuvent importer aux hormones,
ne contenait aucune hormone.
Donc on voit bien les lignes de fracture.
Vous êtes contre les accords
de libre-échange,
quels qu'ils soient,
et vous êtes nuancé
en fonction de chaque accord.
Déjà, moi, je voudrais comprendre
comment ça va se passer,
cette négociation,
Elvire Fabry.
Quand on dit
Ursula von der Leyen
a mandat pour négocier,
qu'est-ce qui se passe concrètement ?
Ça veut dire qu'elle va essayer
de réunir un maximum d'États
à la majorité qualifiée,
ça veut dire 15 sur 27.
Comment elle négocie ?
Elle négocie avec les pays du Mercosur,
elle négocie avec les 27 ?
D'abord, je pense que c'est important
de ne pas personnaliser
et de dire Ursula von der Leyen.
Quand il y a un mandat de négociation
pour un accord,
c'est un mandat
qui passe par un vote au Conseil.
C'est-à-dire que tous les États membres
s'accordent à l'unanimité
sur ce mandat pour négocier.
Il se trouve que ce mandat,
en l'occurrence,
a été signé au début des années 2000,
que la négociation a été compliquée.
Aujourd'hui,
ça n'est pas une négociation,
c'est-à-dire qu'on finalise la négociation
avec les partenaires du Mercosur.
Une fois qu'il y a un texte final,
il est soumis au Conseil,
il est soumis au Parlement européen
pour les compétences exclusives.
Là, ce qui est en discussion,
c'est le fait pour la France
d'essayer de rallier des engagements.
Il faut juste se rappeler
qu'avec le vote qu'il y a eu sur le CETA
au mois de mars dernier au Sénat,
avec 82% d'opposition contre le CETA,
contre un accord dont on voit
que l'Union européenne gagne beaucoup plus
que le Canada,
la France y gagne.
C'est en France qu'il y a eu
le plus d'entreprises.
Oui, les prophéties catastrophiques
sur le CETA ne sont pas réalisées.
Oui, mais en France,
c'est en Italie qu'il y a eu
le plus d'entreprises
qui se sont tournées vers l'exportation
grâce au CETA.
Juste en deux mots
pour ceux qui nous regardent,
la France a gagné quoi précisément
dans ses exportations Mercosur
et qui seront les perdants
pour les importations ?
Juste en quelques mots
pour bien comprendre.
C'est très important de dézoomer
un tout petit peu
de la question agricole
parce qu'on a des filières agricoles
en grande difficulté
mais qui ont des problèmes structurels
autant vis-à-vis d'importations
d'autres États membres
de l'Union européenne,
donc des enjeux de compétitivité.
Ça, c'est une vraie question
de fonds à traiter.
Mais au sein du secteur agricole,
vous avez des filières
qui attendent la signature
de cet accord.
Pour ne citer que les viticulteurs,
ils ont eu suffisamment de problèmes
de change climatique
pour aujourd'hui avoir besoin
au contraire de renforcer
leurs exportations vers ces marchés.
Il y a dans tout le secteur industriel,
en commençant par le secteur automobile,
des sous-traitants
qui ont besoin
que l'on crée plus d'opportunités
vers le Mercosur.
On ne peut pas s'en tenir simplement
à traiter une discussion comme celle-ci.
Et les agriculteurs vous parlent
autant de problèmes de trésorerie
et qui tiennent à des problèmes
administratifs internes
que les enjeux du Mercosur.
Pour reproportionner les enjeux,
si on ne parle que de la filière bovine,
il y a des quotas qui limitent
les intérêts des réductions
de droits de douane.
Le volume qui est conservé,
c'est 1,2%, 1,4%.
On l'entend beaucoup,
cette nouvelle vision plus macro
de l'ensemble de l'accord.
Qu'est-ce que vous répondez,
Sandrine Lefebvre ?
Il y a déjà beaucoup d'importations
de viande de ces pays-là
et ça ne va pas changer
les conditions du marché
d'en rajouter 1%.
Évidemment, si toutes les clauses miroirs
sont respectées
et les contrôles effectués.
Je ne crois pas que ça va déstabiliser
la filière bovine, par exemple.
En termes de quantité,
c'est vrai que la quantité n'est pas énorme.
Par contre, mon sujet,
c'est qu'on a des produits
qui vont arriver sur le sol européen
et qui ne respectent pas nos normes.
Mais si on prend, par exemple,
le sujet de la volaille,
c'est la même chose.
On doit être à 1%
qui va arriver en plus
sur le sol européen.
Mais les agriculteurs
et les producteurs de volaille
ont déjà subi les mesures
d'aide et de soutien à l'Ukraine.
Ça s'ajoute aux autres importations
qu'on peut avoir.
Là, il y a un réel sujet
pour les producteurs de volaille.
Mais les agriculteurs,
ce qu'ils dénoncent,
c'est la concurrence déloyale
et la différenciation
de normes environnementales et sanitaires.
Entendons-nous bien,
je ne suis pas favorable
à ce qu'on revienne
sur nos normes environnementales.
Mais il y a quand même
un sujet de concurrence déloyale
et sanitaire pour les consommateurs.
Concurrence sanitaire
avec ces fameux activateurs de croissance,
bœuf aux hormones,
on peut le dire de façon rapide comme ça.
Mais je voudrais qu'on les entende,
les agriculteurs.
Vous l'êtes.
Vous êtes aussi député.
Je vous redonne la parole jusqu'après
parce que c'est un chiffon rouge
depuis des années.
Et si la France ne parvient pas
à bloquer cet accord,
on sent que le pays
pourrait basculer
dans une colère beaucoup plus grande.
Regardez,
c'est un sujet d'Hélène Bonduelle.
Des blocages routiers
en région parisienne.
Au déversement de fumiers à Montpellier.
En passant par les feux de la colère
à Châlons en Champagne.
Ou encore des distributions de fruits
à Orléans.
Depuis deux jours,
les agriculteurs se font entendre
un peu partout en France.
Et les points de rassemblement
n'ont pas été choisis au hasard.
On est au pont de l'Europe,
ici à Orléans.
On attend en gros
des décisions de l'Union européenne aussi.
Le pont, est-ce qu'il va nous mener
vers une agriculture pérenne
et productive et de qualité
comme on l'entend nous,
agriculteurs français ?
Ou est-ce qu'elle nous mène
sur les portes ouvertes
d'importer des agriculteurs
qu'on ne veut pas,
avec des fermes-usines ?
Cette agriculture qu'ils redoutent,
c'est celle que l'Union européenne
s'apprête à adopter.
En signant l'accord sur le Mercosur
et l'arrivée en France
de dizaines de milliers de tonnes de viande.
C'est de la concurrence déloyale.
On va nous envoyer des milliers de tonnes
qui ne seront pas nourries pareil.
Et nous, on ne peut pas.
À un moment donné,
le coût sera toujours trop cher
et on ne sera pas compétitifs.
Moi, je ne suis pas contre les normes,
mais alors c'est tout le monde pareil.
On ne demande pas de courir à 100 mètres
avec une main dans le dos
et un pied attaché.
Dans le sud-ouest,
la coordination rurale,
faire de l'once des manifestations
de l'hiver dernier,
se dit prête à bloquer
plusieurs points stratégiques.
Tout est possible.
Les points stratégiques sont déjà définis.
Partout, quasiment partout en France.
Donc si d'ici ce soir,
on n'a aucune réponse,
demain, chacun sait où il doit partir
et on bloquera tout ce qui a besoin de bloquer
pour qu'en vain on nous écoute.
Des agriculteurs qui pourraient durcir le thon
alors que le gouvernement annonce un débat
sur le Mercosur
mardi prochain à l'Assemblée nationale.
Antoine Vermorel-Marquès,
on sent que ça se durcit.
Et la coordination rurale aujourd'hui
qui est entrée dans le mouvement
en témoigne et l'assume clairement.
Vous êtes choqués par ces actions
coup d'éclat, coup de poing ?
Ou au contraire,
il faut accompagner cette colère
qui est très populaire pour l'instant ?
Ce que je pense,
c'est que leur combat,
c'est notre combat.
La question c'est
qu'est-ce qu'on aura dans notre assiette demain ?
C'est pas uniquement la question
de la filière bovine.
Entre les mots,
on laisse sous-entendre qu'avec cet accord,
on va exporter plus de voitures
et on détruira notre filière d'élevage.
C'est pas uniquement ça le sujet.
C'est qu'est-ce qu'on a dans notre assiette ?
Qu'est-ce qu'on laisse rentrer à nos frontières ?
Justement, sur la question
des fameux activateurs de croissance,
il y a eu, on peut le lire de deux manières,
il y a eu un audit européen
qui a montré qu'effectivement,
il y avait un risque
et le Brésil a arrêté.
Est-ce que pour vous,
c'est suffisant
ou c'est au contraire extrêmement dangereux
pour la santé publique ?
Non, c'est extrêmement dangereux
pour la santé publique.
La preuve, c'est qu'on l'interdit
dans l'Union Européenne.
Vous avez, par exemple,
sur la culture du maïs au Brésil,
80% des produits qui sont utilisés
pour faire pousser le maïs au Brésil
sont interdits en Europe.
Et on va apporter ce maïs ?
Mais ça, c'est interdit.
Il y a ces fameuses clauses de sauvegarde.
Il n'y a aucune clause miroir
qui interdira demain ce maïs
de venir sur notre territoire.
Et pourtant, vous allez imposer
la même clause à nos agriculteurs.
C'est ça, la vraie difficulté aujourd'hui.
Et puis après,
je ne veux pas revenir sur le débat
pour savoir si Emmanuel Macron
aurait dû bloquer, etc.
Les agriculteurs n'en ont rien à faire.
La seule question qui se pose aujourd'hui...
Le prix, malheureusement.
Oui, mais la question qui se pose aujourd'hui,
C'est l'objet de notre débat.
Alors, pour bloquer,
il faut au moins 4 pays
dans l'Union européenne
représentant au moins 35%
de la population de l'Union.
Si Ursula von der Leyen
décide donc cette dissociation
qui viendrait contourner
les parlements nationaux.
Est-ce que c'est possible aujourd'hui ?
Alors d'abord, c'est la première étape.
Vous avez raison de le rappeler.
C'est le changement de base juridique.
Normalement, tous les accords commerciaux
au niveau européen
sont adoptés à l'unanimité des États membres
avec la validation des parlements nationaux
et c'est le cas
de tous les précédents accords commerciaux
et avec une association étroite
du Parlement européen.
Mais ce n'est pas une obligation...
Je vous ai laissé parler avec beaucoup de...
Alors on va essayer...
Chacun va pouvoir s'exprimer.
Donc non, je siège
dans la Commission des affaires commerciales
du Parlement européen.
Tous les précédents accords commerciaux
ont été adoptés comme tels
et la nouvelle stratégie de la Commission européenne
c'est en effet de changer la base juridique.
Et notamment ce qui est prévu
dans les traités européens,
notamment l'article 218
du traité de fonctionnement de l'Union européenne,
c'est une co-décision
entre le Parlement européen
et la Commission européenne.
Donc il faut bien qu'il y ait un vote
au Parlement européen.
Donc j'y arrive.
D'abord, il y a l'association
du Parlement européen.
Je suis la première vice-présidente
de la Commission des affaires commerciales
et je n'ai toujours pas accès
au dernier texte des négociations.
Donc déjà, la Commission européenne...
Vous ne pouvez pas avoir accès au texte.
Mais si le texte du CETA,
vous y aviez droit,
les députés de la Commission des affaires commerciales
ont droit à accéder à ce document
sous un mandat de confidentialité.
Il y a eu plus de six sessions de négociations
avant que le Parlement européen
n'ait la moindre information.
Et la seule information
qu'on veuille nous donner,
c'est dans un cadre opaque à huit clous.
À la fin, il y a un vote
tout de même au Parlement européen.
D'ores et déjà.
Puisque le texte est caché
à ceux qui sont co-décisionnaires,
à savoir le Parlement européen.
Aujourd'hui, la gauche,
les écologistes sont contre.
Et une petite partie des centristes,
c'est les fameux macronistes français.
Mais si on regarde l'ensemble
de l'hémicycle à Bruxelles,
alors là, vraiment, vous êtes minoritaire.
Vous avez raison.
À ce stade, on est minoritaire.
Mais je crois foncièrement
que la mobilisation des agriculteurs,
c'est là où ils ont raison,
peut changer la donne.
Parce que je pense que mes collègues
qui étaient en effet aux abonnés absents
sur les questions de libre-échange
ces dernières années,
peuvent être sensibles à la colère,
à la détresse des agriculteurs,
mais aussi à l'effet cumulatif,
parce que vous parliez de quotas.
il y a un an,
aux côtés des agriculteurs,
dans leurs manifestations.
J'y étais présente.
Vous avez mémoire de Caron
qui ne mange pas de viande
dans votre parti politique
et qui défend aujourd'hui
la filière bovine.
C'est quand même dingue.
Je préside au Parlement européen
le seul groupe qui n'a jamais voté
aucun accord de libre-échange.
Et nous avons une doctrine constante,
mais pas par défense
pour nos agriculteurs.
Madame, moi je ne vois pas l'intérêt
d'aller chercher du lait,
de la viande,
des fruits et des légumes
de l'autre bout du monde,
quand nos agriculteurs
peuvent la produire
de très bonne qualité
en France et en Europe.
En fait, ce n'est pas un débat global
sur le libre-échange.
C'est un débat sur le Mercosur.
Il permet de nourrir les Français
et on a largement de quoi faire.
Nos agriculteurs produisent largement
assez de denrées agricoles
en France et en Europe
pour nous nourrir.
On voit que l'Union sacrée
peut voler en éclats rapidement.
Je crois que vous étiez tous d'accord.
Il y a un enjeu de cohérence.
C'est vrai, vous avez raison.
Elvire Fabry, à ce stade
du rapport de force,
est-ce qu'on est clairement minoritaire ?
Est-ce que France, Italie, Pologne,
Pays-Bas, Autriche,
ça suffit pour atteindre
cette fameuse minorité de blocage ?
Si vous me permettez d'abord une chose,
c'est que je trouve ça inquiétant
que vous fassiez partie
de la commission du commerce international
et que vous affichiez une erreur
aussi grosse que de dire
que la commission européenne
est en train de tenter
un changement de texte
et de faire non.
C'est écrit dans les textes.
Chacun s'écoute, chacun s'écoute.
Elvire Fabry, Elvire Fabry.
C'est écrit dans les textes du traité
de l'Union européenne.
Les négociations ont démarré,
c'était un accord qui devait passer
par la validation des parlements nationaux.
Elvire Fabry vous répond
et ensuite on avance.
Le CETA, ça a été une décision politique
de Jean-Claude Bunker
de le présenter comme tel.
C'est écrit dans les traités
que tout ce qui relève
d'une compétence exclusive
de la commission européenne,
ça peut être présenté comme un texte.
Donc ça n'est pas une manipulation
des textes.
Ça n'est pas la peine de parler
de distorsion de démocratie
et de faire non à un fantasme.
On nous cache le texte de l'accord,
c'est un enjeu démocratique.
On pouvait être d'accord avec ça,
il n'y a pas de problème,
mais moi j'estime que c'est un enjeu démocratique.
Revenons aux chances de résultat
de la position française.
Quand il y a un texte figé sur la table,
on ne peut l'éviter pas
quand c'est un texte mouvant.
Il y a cinq ans,
ça fait cinq ans qu'il est négocié.
Je pense que nos téléspectateurs
ne vont pas réussir à vous suivre
sur ce point.
Alors qu'on est censés participer
à la décision,
qu'on est co-décisionnaires,
qu'on n'a pas écrit au texte de l'accord.
On fait quoi maintenant ?
On se bat justement pour éviter le changement.
Vous vous battez tous ensemble.
Donc la question,
c'est avec quelle chance de résultat ?
Comment vous allez faire ?
Il y a un Parlement européen,
et là il y a toutes les nationalités des 27,
et puis il y a les 27 États membres.
À ce stade, Elvire Fabry,
le rapport de force
joue plutôt pour le Mercosur.
À ce stade, oui.
Maintenant, pour avoir une minorité de blocage,
donc c'est quatre États membres,
représentant 35% de la population française.
Aujourd'hui, si on cumule la France
et éventuellement la Pologne et l'Italie,
la minorité de blocage y est.
Parce qu'à ce moment-là,
il suffit d'avoir un quatrième État membre,
mais en tout cas en termes de représentation
d'Italie, de Pologne, de France et Pays-Bas.
Absolument.
Alors on a entendu hier
le ministre de l'Agriculture italien
s'opposer au Mercosur.
On n'a pas entendu le ministre de l'Industrie italien,
et on n'a pas encore une position
du gouvernement italien sur la question.
On voit que les lignes bougent.
La question va aussi se poser
au sein du Parlement européen,
parce que là, il peut y avoir
des prises de positions nationales,
mais aussi politiques.
Et les lignes politiques à travers les États membres
ne sont pas nécessairement les mêmes.
Les socialistes espagnols soutiennent le Mercosur.
Les Pays-Bas sont traditionnellement
un pays très favorable aux accords commerciaux.
Est-ce que là, ça peut bouger ou pas ?
C'est des équilibres qu'il va falloir suivre.
Et pendant qu'on se parle,
Xi Jinping est avec Lula au Brésil,
à Rio de Janeiro,
et tend ses bras, son marché
à ces pays d'Amérique latine.
Et c'est aussi ça l'enjeu.
Sandrine Le Fur.
Sandrine Le Fur, pardonnez-moi.
Voilà.
Comment vous voyez la suite ?
Est-ce que vous pensez que c'est gagnable ?
Oui, moi je pense que la France,
les parlementaires européens
qui se sont mobilisés au-delà
des partis politiques
et au-delà de savoir si on est pour ou contre
le libre-échange,
il y a unanimité,
on le dit et on le redit
sur cet accord du Mercosur,
que nous ne souhaitons pas.
C'est très bien que les parlementaires
se mobilisent,
que le président, le gouvernement
se mobilisent,
et que les agriculteurs se mobilisent,
mais qu'ils ne se trompent pas
de combat sur ce sujet.
Antoine Vermorel-Marques.
Le vrai sujet, c'est comment on arrive là,
dans les prochains jours,
à avoir cette minorité blocage.
Comment ? Vous, vous avez des contacts
avec les conseillers Michel Barnier ?
On a ce débat 50-1 avec vote
qui aura lieu mardi prochain
à l'Assemblée nationale.
Ce ne sera plus uniquement
la position du président de la République
et du Premier ministre,
ce sera la position
de la représentation nationale.
Alors certes, dans les traités européens,
ce n'est pas forcément juridiquement
ce qui sera contraignant,
mais au moins ça envoie un signal collectif
de forces qui sont probablement
très différentes,
mais qui sur un texte comme celui-ci
arrivent à se mettre d'accord
pour dire non dans le cadre,
en tout cas dans l'état actuel du traité.
Et moi, ce que je souhaite vraiment,
c'est qu'on s'interroge globalement
sur à la fois nos modes de consommation,
nos modes de production.
L'accord de Paris,
cet accord, il ne respecte pas
l'accord de Paris.
Et pour autant, c'est un accord
auquel on est attaché aujourd'hui.
On voit bien ce que Trump a fait.
La déforestation.
Comment on arrive collectivement
à le faire ?
Moi, je pense que sur la minorité de blocage,
on n'en est pas si loin
parce qu'il y a une minorité de blocage
qui va être plurielle.
Il y a ceux qui sont contre le Mercosur
et il y a ceux qui sont contre le fait
qu'on ne respecte pas
les démocraties parlementaires
en ne sollicitant pas le vote
Je pense notamment à des pays
comme Chypre
qui sont très attachés
à la démocratie parlementaire
et je pense qu'ils peuvent évoluer
sur leur position.
Chypre pourrait faire quoi ?
Vous nous apprenez ?
Je n'ai pas d'informations diplomatiques.
Je lis ce qui se passe
et je vois qu'à Chypre,
notamment, il y a une interrogation
sur le fait que le Parlement national
ne serait pas consulté
Sur la question de la dissociation.
Exactement.
Et donc, cette minorité de blocage,
j'espère qu'on y parviendra.
Donc la France va faire campagne
contre cette dissociation.
Ce que nous faisons
avec Michel Barnier
et puis l'ensemble
des forces parlementaires,
c'est un peu avant-gardiste
parce qu'en fait,
on aura un vote mardi
qui, on l'espère,
sera suivi d'un autre vote
parce qu'on aura obtenu
de la part de la Commission européenne
que les Parlements nationaux
soient consultés sur le sujet.
Donc, il y a une question politique
qui est fondamentale.
Il y a une question économique,
industrielle aussi, bien sûr.
Mais la France,
pays fondateur de l'Union européenne,
deuxième économie européenne
avec l'arme nucléaire,
un siège aux Nations Unies,
ce serait une première
si un traité était adopté
par les 27
sans la France.
Bonsoir, monsieur Delpla.
Jacques Delpla,
vous êtes en duplex avec nous.
Merci d'être là.
La France,
si elle échoue dans ce bras de fer,
elle peut s'en remettre
et continuer à peser en Europe ?
Alors, il faut se rappeler
que les accords commerciaux
sont d'ordre communautaire.
Donc, c'est uniquement
la Commission et le Parlement européen
qui votent et qui décident.
Donc, à ce titre-là,
la France peut être
en minorité.
Alors, on a vu une carte
où vous dites
que des pays pourraient
se rajouter à la France.
Je pense que c'est faux.
Pour l'Italie,
c'est le ministre de l'Agriculture
qui s'est dit contre.
Pour les Pays-Bas,
c'est aussi le cas.
Et ça, c'est très marquant
parce que les Pays-Bas,
c'est le pays le plus libre-échangiste
d'Europe depuis 4 ou 5 siècles.
Donc, vous, ces ministres
n'engagent que leur ministère
et leur population,
mais pas l'ensemble de l'État,
bien compris.
Vous trouvez qu'il y a
une croisade française
contre le Mercosur
qui repose sur des fantasmes ?
C'est un peu le coupable idéal,
ce traité, pour vous ?
Oui, j'avoue que c'est
une incompréhension assez forte
de la part des économistes.
Les économistes sont assez unanimes
ou quasi unanimes
sur les bienfaits du libre-échange.
Donc, ils ont autant
sur les taxes,
le taux de change, etc.,
ou le marché du travail.
Il y a des débats.
Sur le libre-échange,
il n'y a pas de débat
pour tous les économistes,
sauf les extrémistes
à gauche et à droite.
Le libre-échange est optimal,
crée un surplus de richesse
pour les deux parties,
donc, en l'occurrence,
le Mercosur et l'Europe.
Et donc, ça doit se faire
si on veut augmenter
la richesse du pays.
Merci.
Merci, M. Delta.
Je vais vous donner
de la parole aux élus
puisque c'est eux
qui seront dans cette bataille
au premier plan.
Tous unis, vraiment,
tous unis jusqu'au bout.
Qu'est-ce que vous allez faire
tous les trois
dans les mois qui viennent ?
Manon Aubry,
Antoine Vermorel
et vous aurez le mot
de la fin, Mme Lefebvre.
De mon côté,
il y a une première bataille
que vous avez comprise
qui est une bataille démocratique
pour pouvoir accéder
aux documents,
pour pouvoir faire en sorte
que le Parlement européen
soit associé
et que les parlements nationaux
ne soient pas contournés.
Et si on gagne cette bataille,
en réalité,
ce sera la mort
de l'accord de libre-échange
avec le Mercosur,
dont évidemment,
non seulement,
nous ne sommes pas gagnants
pour répondre à votre économie,
ce qui a une vision
de l'économie
un peu étriquée, je pense,
mais dont surtout,
il faut penser
aux externalités négatives
pour le climat,
pour l'environnement,
pour notre santé
qui a un coût
qui est très difficile
à mesurer,
mais probablement incommensurable.
Et donc,
la bataille ne fait que commencer.
Probablement,
la signature interviendra
début décembre.
C'est ça.
C'est une possibilité.
Il y a un sommet
à monter vidéo.
Mais il y a ensuite
le vote au Parlement européen
et je pense qu'avec
ces mois-là,
on peut remporter la bataille.
Il reste 15 jours,
5, 7 décembre,
montée vidéo,
ça va être crucial.
C'est un vote qui est crucial
et en fait,
moi j'ai dans ma tête
un jeune agriculteur
que j'ai rencontré samedi
dans ma circonception
qui a 23 ans
et qui s'installe
en élevage charolais
et qui a la foi dans l'avenir.
Et hier soir,
il était à Rouen
en train de manifester,
à peine installé,
déjà en train de manifester.
Et donc,
le sujet,
c'est comment on le sauve
du Mercosur,
mais comment aussi,
on lui donne la compétitivité
pour continuer
à avoir cet élevage de qualité.
Vous êtes d'accord,
j'imagine,
en phase avec
Antoine Vermorel.
Vous avez le mot de la fin.
Non mais bien sûr,
je suis en phase avec ça
et l'idée,
c'est bien de continuer
à mettre la pression,
que ce soit à travers
des initiatives
comme j'ai pu porter
de tribunes parlementaires,
que ce soit l'initiative
d'Antoine Vermorel Marquès
sur le débat
à l'Assemblée nationale.
Toute initiative
et toute union
est bonne à prendre
dans ce type de débat.
On s'arrête là.
C'est une grande bataille politique
qui s'ouvre.
Elle est nationale,
elle est européenne,
mais elle est aussi économique.
Merci à vous.
Merci d'être revenus
sur le plateau d'LCP.
Et bonsoir Angélique Cauchy.
Bonsoir Rachel Forpardo.
Bonsoir.
Merci d'être mes invités
franc-parlés ce soir
pour évoquer
votre rapport
sur les violences sexuelles
et sexistes
sous relation
d'autorité
et de pouvoir.
Vous allez tout nous expliquer.
Vous l'avez remis
à la ministre chargée
de l'égalité femmes-hommes
hier
avec différentes co-autrices.
Maïté Frémont
nous résume
les principales propositions
et on en reparle
juste après.
Toutes les trois.
Si on vous invite
Angélique Cauchy
et Rachel Forpardo,
c'est pour nous présenter
vos mesures
pour sortir d'un fléau
subi par près
d'un million
quatre cent mille femmes
en France.
Des violences sexistes
et sexuelles
en dehors
du cadre familial.
Donc voilà,
on a finalisé le dossier
et on n'a plus
qu'à savoir
ce que vous en pensez.
Pardon,
je me suis encore perdu
dans ton décolleté.
A chaque fois,
elle rougit,
j'adore.
Ce spot télévisé
avait été diffusé
par le gouvernement
pour sensibiliser
sur un sexisme
d'atmosphère
et une emprise
qui se niche,
dites-vous,
toujours de manière insidieuse
dans certaines relations
de pouvoir,
comme vous en avez fait
les frais,
Angélique Cauchy,
avec votre entraîneur
de tennis.
C'est le propre
de l'emprise,
c'est que finalement,
je ne parlais plus
à personne,
il n'y avait plus que lui,
j'étais obligée
de me tourner vers lui
et il était à la fois
celui qui me complimentait
et celui qui m'humiliait.
Dans votre rapport,
vous l'affirmez,
aucun secteur professionnel
n'est épargné,
l'entreprise,
le sport,
la santé,
les institutions politiques
ou encore la culture.
Oui,
il y a un système patriarcal,
il y a des violences masculines
qui s'exercent
dans tous les milieux,
partout,
et qui s'exercent
d'autant plus
qu'il y a un rapport de force,
un rapport de pouvoir,
un rapport d'autorité.
Angélique Cauchy
et Rachel Fleur Pardo,
vous, l'ancienne joueuse
de tennis,
victime
et vous, l'avocate,
vous avez été missionnée
par six ministres
avec quatre autres femmes.
Au travail depuis huit mois,
vous proposez aujourd'hui
41 recommandations.
A vous la parole.
Et soyez les bienvenus
à nouveau sur ce plateau.
Je voudrais,
avant d'en venir
aux mesures concrètes,
savoir, Angélique Cauchy,
tout simplement,
vous qui avez traversé l'enfer,
vous qui venez de publier
votre histoire,
celle d'une jeune joueuse
violente,
à l'adolescence
par son coach.
Ça s'appelle
Si un jour,
quelqu'un te fait mal,
c'est ça ?
Il te fait du mal,
pardonnez-moi,
chez Stock.
Comment vous allez ?
Comment vous allez
après tout ça,
aujourd'hui ?
Aujourd'hui, je vais bien.
Aujourd'hui, je suis heureuse.
Ça a été tout un parcours
de déconstruction
puis de reconstruction.
Mais finalement,
aujourd'hui,
ce qui me porte,
c'est de me dire
qu'il ne faut plus que ça arrive
et donc c'est ce combat,
finalement,
qui est le combat de ma vie
de m'engager
pour que ça n'arrive plus
aux enfants et aux femmes
d'aujourd'hui et de demain.
Justement,
comment on arrive
à transformer son traumatisme
dans ce combat-là
pour protéger les victimes,
pour prévenir de ça ?
Il y a une phase
de perte d'identité
où on ne sait plus trop
qui on est
et la question
qu'il faut toujours se poser,
c'est qui on a envie de devenir
et j'avais envie de devenir
finalement,
cet adulte
que je n'avais pas eu la chance
de croiser dans mon enfance.
Cet adulte bienveillant,
cet adulte
qui essaie
d'améliorer le monde
et donc,
c'est ce qui m'a porté
quand j'étais enfant
et c'est ce qui me porte
encore aujourd'hui.
Alors,
au cœur de votre histoire
de jeune sportif de haut niveau,
il y a un lien d'autorité.
C'est important,
ce mot de pouvoir absolu,
c'est celui de votre entraîneur
qui va prendre
toute la place
et s'autoriser
tous les abus.
Est-ce qu'aujourd'hui,
dans le sport,
c'est fini, là ?
Cette figure toute puissante
du coach,
tout seul,
qui a tout pouvoir
sur la sportive
qui l'entraîne ?
Je suis obligée
de vous répondre non.
Sinon,
on n'aurait pas eu besoin
de faire ce rapport.
Ça ne veut pas dire
qu'il n'y a pas du mieux.
Ça ne veut pas dire
que des choses
n'ont pas déjà été faites,
notamment dans le milieu du sport
depuis 2020
et ce hashtag
MeToo dans le sport
avec Roxana Marissinianou
qui a énormément porté ce sujet,
qui a créé la plateforme
Signal Sport,
qui a demandé des comptes
et qui a demandé aussi
des formations
et des créations
de différentes cellules
d'intégrité
dans les différentes
fédérations sportives.
Maintenant,
aujourd'hui,
dans le milieu du sport,
il y a encore
une domination masculine
qui existe,
qui a toujours existé.
Beaucoup,
beaucoup d'entraîneurs
et assez peu d'entraîneuses.
Ça reste une minorité.
Exactement.
Et d'ailleurs,
ce mot,
ça me fait toujours sourire
parce que ce n'est pas vraiment
un mot qui existe
ou du moins qu'on emploie
le mot entraîneuse
qui est d'ailleurs
plutôt péjoratif.
Une entraîneuse,
c'était plutôt une fille
dans les boîtes de nuit
qui essayait d'entraîner
les garçons.
Donc justement,
c'est tout ça l'enjeu
et puis aussi les dirigeants
parce que finalement,
c'est eux qui décident,
c'est eux qui ont aussi
le pouvoir.
Et aujourd'hui,
il y a 5%
des présidentes
de foot
qui sont des femmes seulement.
Il y a seulement
trois présidentes
de fédérations sportives,
des 37 fédérations olympiques
qui sont portées
par des femmes.
Donc c'est un réel sujet,
la place de la femme
dans le sport
et ça a été porté
dans le milieu
de l'entreprise
et aujourd'hui,
il faut aussi
que ça soit porté
dans le milieu sportif.
Alors justement,
c'est dans tous les milieux
les fameuses violences sexuelles
et sexistes.
Rachel Florpardo,
comment vous avez travaillé
déjà,
toutes les deux,
parce que vous avez
tous des profils
assez différents,
il y a une gynécologue,
il y a une sénatrice,
il y a une autre fonctionnaire,
que des femmes déjà.
On va voir la photo
à l'écran.
Encore,
que des femmes.
Oui, écoutez,
je crois qu'on était
six femmes,
en tout cas,
je crois qu'on partage
la joie de s'être rencontrées
les unes, les autres.
Je pense que pour
chacune d'entre nous,
c'était une expérience humaine
très riche
et en fait,
on s'est chacune nourrie
des expériences
des unes et des autres
et ça, c'était je crois
très important
dans cette mission
parce que,
ce qu'on a remarqué,
ce qu'on veut mettre en lumière
et ce qu'on veut dire aujourd'hui,
c'est qu'en fait,
les rapports d'autorité,
de pouvoir,
ils se retrouvent
dans tous les secteurs
sous différentes formes
et partout,
en réalité,
ils sont encore
très largement
déséquilibrés
entre les femmes
et les hommes
et créent en cela
un terrain propice
à la commission
de violence sexuelle.
Ce que je veux dire quand même,
c'est qu'on veut pousser
chacun à s'interroger
sur son rapport
à son pouvoir
parce que,
il y a dans la notion
de pouvoir
quelque chose
d'intrinsèquement relatif.
On a du pouvoir
à un instant donné,
dans un lieu donné,
par rapport
à une autre personne
et ce que je veux dire,
c'est que le pouvoir,
ce n'est pas que
quelque chose
qui concernerait
la star mondialement connue
ou l'homme politique
de premier plan.
Tout lien de subordination
est un pouvoir.
Au-delà même
du lien de subordination
qui est quelque part,
parfois,
trop semblable,
trop cadré
par un contrat de travail.
C'est-à-dire qu'il peut être
d'autres coups plus subtils,
je pense notamment
à ce qu'il peut se passer
dans les partis politiques
avec, parfois,
certains élus
et certains militants
ou ce qui se passe
dans des associations
avec des bénévoles.
Bref,
ce que je veux dire par là,
c'est que ça se retrouve
absolument
partout.
Par tous les niveaux.
Alors, justement,
on va prendre l'entreprise,
le lieu de travail.
Est-ce que vous faites
des propositions concrètes
pour qu'enfin
la victime
qui attend
et qui a porté plainte
que son agresseur
présumé
soit jugé,
eh bien,
puisse être
séparée
physiquement
de celui
qu'elle accuse
et dont elle se plaint ?
Parce que ça,
ça arrive
tous les jours
dans toutes les entreprises,
un geste déplacé,
un regard appuyé,
une main aux fesses
pour le dire très clairement
et vous continuez
à croiser
tous les jours
la personne
au travail.
Absolument.
En fait,
ce qu'on a voulu faire
avec ce rapport,
c'était aussi d'apporter
peut-être des réponses,
en tout cas,
d'essayer de trouver
des solutions
pour traiter ce temps,
ce laps de temps
qui existe
entre le moment
où des faits
de violences sexuelles
sont dénoncés
et le moment
où la justice passe.
Et ce qu'on veut,
c'est que dans cette période,
eh bien,
les victimes soient
peut-être mieux protégées,
mieux accompagnées,
mieux écoutées
tout en essayant
de trouver cet équilibre
qui est si délicat
avec la présomption d'innocence.
Et c'est pour cela
que nous proposons
parmi nos 41 mesures,
eh bien,
de permettre
à toutes les victimes
de violences sexuelles,
même hors cadre conjugal…
Voilà,
ordonnance de protection
en dehors du cadre conjugal.
Expliquez-nous ça.
Eh bien,
cela consisterait
tout simplement
à ce qu'une personne
qui s'estime victime
de violences sexuelles
n'ait pas à attendre
qu'un procureur
prenne éventuellement
cette décision
de demander
l'éloignement
du potentiel
mis en cause
de violences sexuelles.
Et c'est l'idée
de lui permettre,
elle,
de solliciter
cette demande
de mise sous protection
et d'ailleurs
de permettre au juge,
un magistrat du siège,
de se prononcer
sur cette question.
On veut aussi,
on a vu
toutes ces enquêtes internes,
toutes ces cellules d'enquêtes
qui se mettent en place
pour tenter de prendre en charge
ces affaires-là.
Notamment dans les partis politiques.
Ici, on en parle très souvent
sur LCP.
Absolument partout,
dans toutes les formes
d'instances et d'institutions
et on voit à quel point
chacun tâtonne.
C'est pour ça qu'on aimerait
que chaque structure
soit mieux accompagnée
dans la mise en place
de ces enquêtes internes
pour que celles-ci
soient à la fois
utiles et plus équitables.
Angélique Cauchy,
il y a un maître mot
dans ce rapport,
un fil rouge des propositions,
il y en a 41,
on peut le voir
sur le site internet,
c'est la formation.
Que ce soit à l'hôpital,
dans l'entreprise
ou dans les fédérations sportives,
c'est très très rare
que les managers
savent ce que c'est
que les violences sexuelles
et sexistes,
savent les repérer
pour prévenir.
Il faudrait
que les formations
soient obligatoires
et qu'au fond,
on puisse classer
un peu les entreprises
ou les secteurs professionnels
entre ceux
qui ont fait ces formations
qui peuvent avoir un label
et les autres.
Exactement,
c'est exactement ça
et c'est fondamental
de former parce que
c'est comme ça
qu'on va pouvoir avoir
un impact sur la société
d'aujourd'hui
mais surtout
sur celle de demain.
selon les milieux,
on a proposé
différentes manières
d'aborder cette formation.
Si on prend
le milieu du sport,
il me semble fondamental
aujourd'hui
que les entraîneurs
qui soient sur le terrain
soient aussi formés.
Ça fait partie
de cette formation
tout au long d'une vie.
Aujourd'hui,
dans les formations initiales,
c'est beaucoup mieux
parce que la société
a pris la mesure
de ce fléau.
Mais en revanche,
pour toutes les personnes
qui sont déjà en poste,
ça reste un petit peu
le point noir
et donc on propose
des mesures
où notamment
on oblige,
par exemple,
on conditionne
le renouvellement
de la carte professionnelle
dans le milieu du sport
à une formation
sur les VSS.
Dans les fédérations,
parce qu'on sait
que les victimes
ont mis des années
à parler,
c'est votre cas,
il y a un silence terrible
du fait même aussi
que dans les fédérations,
on a beaucoup couvert
les coupables.
Ça bouge ou pas ?
Ou est-ce qu'il faut aller
tout simplement
par davantage de sanctions,
davantage de contraintes ?
Jusqu'à il n'y a pas
si longtemps,
j'étais contre la sanction
et la répression
parce que je pense
qu'étant enseignante,
je ne suis plus davantage
tournée vers la prévention.
Il n'empêche qu'aujourd'hui,
j'ai un petit peu changé
ma façon de voir les choses
parce que je pense
que si vraiment
on veut que ça change,
parfois on est obligé
de sanctionner
ou d'obliger.
Et donc,
dans nos propositions,
il y a plusieurs points
qui obligent finalement
soit les entreprises,
soit les hôpitaux,
soit les fédérations
par différents biais
et notamment dans le sport,
il y a cette délégation
du ministère public
où finalement,
on peut imposer aux fédérations
un certain nombre de choses
sinon on leur retire
cette délégation
ce qui est un pouvoir énorme
parce que tout d'un coup,
cette fédération n'aura plus
le label fédération française
et elle perd
non seulement tous les cadres
qui sont mis à disposition
par le ministère des Sports
mais aussi
toutes les subventions
et aussi
la possibilité d'avoir
une délégation
pour les Jeux Olympiques
et on sait que c'est
ce qui porte beaucoup
les fédérations de sport.
Alors je renvoie évidemment
à votre rapport.
Vous réclamez un grand
gros nez
sur les violences sexuelles
et sexistes.
Je vais vous demander
pour terminer
de me dire
ce que le vidège
de la femme
que vous allez voir
représente pour vous
dans vos combats respectifs
qui sont évidemment
très distincts.
Vous allez évidemment
la reconnaître.
C'est Gisèle Pellicot
qui faisait
la une de libération
hier.
Angélique Cauchy.
Vous l'avez rencontrée,
non ?
Non, je ne l'ai pas rencontrée.
Qu'est-ce qu'elle représente ?
Parce qu'on sent vraiment
que c'est une déflagration
ce procès
et au-delà
la manière
dont elle tient
face à ses agresseurs.
Quel écho
elle vous fait avoir ?
Moi elle me fait
d'abord l'écho
du courage
qu'elle a eu
de demander
à ce qu'il n'y ait pas
un huis clos.
Et finalement
ça a effectivement
un écho
sur mon histoire
parce que c'est une question
qui nous a été posée
et d'ailleurs
au-delà de la question
préalable au procès
il y a finalement
cette première question
qui m'a été posée
par le juge.
Pourquoi avez-vous demandé
à ce qu'il n'y ait pas
un huis clos ?
Et la réponse je crois
exactement la même
que pour Gisèle
c'est que
ça nous dépasse
c'est l'histoire
de la société
c'est pas juste
notre histoire.
Et quelque part
cette phrase
qu'on entend souvent
de la honte
doit changer de camp
elle a tendance
à être maintenant
banalisée
mais c'est tellement vrai
et voilà
j'ai énormément
de respect
et d'estime
pour ce qu'elle
est en train de faire
parce que finalement
elle va certainement
donner du courage
à des millions
et des millions
de femmes
de pas forcément
déposer plainte
mais déjà
de dire stop
et de dire
c'est plus à nous
d'avoir peur
et d'avoir honte.
on va s'arrêter
sur les mots
d'Angélique Cauchy
je vous remercie
toutes les deux
et merci
de porter cette cause
je renvoie
à ceux
qui s'intéressent
aux différentes propositions
parce qu'il y en a beaucoup
à bientôt
donc on va terminer
avec nos chroniqueurs
sans transition
on va parler
censure,
R.N.
et diversion
c'est la question qui fâche
pour terminer.
Tir croisé
ce soir entre
Jean-Baptiste Daoulas
de Libération
et Louis Ossalter
du Figaro
Messieurs,
bonsoir
j'espère que vous êtes prêts
voici
la question qui fâche.
Au coeur de cet automne
monopolisé par le budget,
une censure du gouvernement
Barnier est de plus en plus
évoquée
par le rassemblement national.
Ma décision n'est pas prise
et si le texte reste
en l'état
si le cas politique
que je ne trouve pas
en ce moment
dans le gouvernement
de Michel Barnier
se poursuit
alors ce gouvernement
prend le risque
et prend le chemin
de la censure.
Pourtant la censure
n'était pas au départ
envisagée par le R.N.
Marine Le Pen ne voulait pas
plonger le pays
dans une crise politique
comme elle l'expliquait
lors de sa réponse
au discours
de politique générale
de Michel Barnier.
Le rassemblement national
a fait un choix responsable
refuser de censurer
a priori
votre gouvernement
pour lui donner
une chance aussi infime
soit-elle
d'engager enfin
les mesures
de redressement
nécessaires.
Un mois et demi plus tard
le climat a changé
le R.N.
demandait à être écouté
notamment sur
l'amélioration
du pouvoir d'achat
lors de la discussion
budgétaire
sans succès
selon eux.
Nous sommes en réflexion
sur cette motion de censure
parce qu'à l'heure
où je vous parle
le gouvernement
ne nous a pas entendu
ne nous a pas écouté
et derrière nous
c'est 11 millions
de français
qui ont été méprisés.
On est totalement
mécontents de ce budget.
Nous ne sommes pas entendus
mais à la fin des fins
le gouvernement
il aura chaud entre
soit nous écouter
soit être censuré.
Message reçu.
Le Premier ministre
rencontrera Marine Le Pen
et tous les autres présidents
de groupes parlementaires
à Matignon
la semaine prochaine.
Mais cette attention
de dernière minute
sera-t-elle suffisante
ou le R.N.
joindra-t-il ses voix
à une motion de censure
de la gauche ?
Alors la question qui fâche
la voici.
Le Rassemblement National
sera-t-il le tombeur
de Michel Barnier
avant Noël ?
Jean-Baptiste Daoulas
réponse.
Alors réponse
en fait il faut sortir
d'une illusion collective
dans laquelle beaucoup
sont tombés en septembre
en pensant que le R.N.
ne censurerait pas
tout de suite
le gouvernement Barnier
parce que soi-disant
ce ne serait pas
leur intérêt.
On a beaucoup entendu
que Marine Le Pen
était en quête
de respectabilité
qu'elle voulait montrer
que c'était la gauche
et non pas elle
qui allait faire
tomber le pays
dans la crise
dans le chaos économique
mais c'est quand même
prêter beaucoup
de cohérence
et de logique
à un parti
qui n'en montre
presque jamais.
Rappelez-vous
en décembre
le R.N.
a changé
dans la journée.
Mais vous la prenez au sérieux
la menace ou pas ?
La menace il faut vraiment
la prendre très au sérieux.
Très au sérieux.
Pourquoi elle fait ça
maintenant ?
Parce que déjà
il y a une pression
de l'électorat.
Beaucoup de députés R.N.
nous racontent
que quand ils parlent
avec leurs électeurs
certains leur demandent
mais pourquoi
vous ne faites pas tomber
Michel Barnier ?
Vous savez pour beaucoup
d'électeurs R.N.
il n'y a plus trop
de différence entre la gauche
et la droite.
C'est une classe politique
assez pourrie à leurs yeux
et ils voient le R.N.
comme la force d'alternance
et c'est ce que vend
Marine Le Pen.
Ce sont ces mots
qui va balayer
cette classe politique-là
droite et gauche confondus
c'est-à-dire tous ceux
qui ont, et macronistes
évidemment, tous ceux
qui ont exercé des responsabilités
dans les dernières décennies.
C'est ça
le carburant électoral
du R.N.
Donc en fait
il y a une logique
pour les électeurs
à dire débarrassez-nous
que ce soit un Michel Barnier
si ça avait été
un Bernard Cazeneuve
ça aurait été pareil
débarrassez-nous
de cette classe politique.
Il y a une partie
de l'électorat de Marine Le Pen
qui réagit comme ça
et on parle beaucoup
ces derniers jours
de la censure
mais ça fait plusieurs semaines
que certains lieutenants
de Marine Le Pen
plaident en coulisses
pour la censure
parce qu'ils se veulent
à l'écoute de cette frangin
de leur électorat
et c'est déconnecté
de l'actualité judiciaire
de Marine Le Pen
qui peut-être
a un effet psychologique
supplémentaire
avec la volonté
de passer à autre chose
ouvrir une nouvelle séquence
comme on dit
en termes médiatiques
faire diversion
ça ça existe
cette pression
de l'électorat
elle existe
et j'ajoute un dernier point
il y a le budget
qu'a obtenu
le R.N.
dans le budget
de Michel Barnier
à mes yeux
il y a un point
dont on ne parle pas beaucoup
qui est la hausse
du prix de l'électricité
qui va toucher
l'ensemble des forces français
mais bien sûr
à commencer par
les catégories populaires
dont beaucoup
votent pour Marine Le Pen
qui sont devenues
les électorats presque naturels
de Marine Le Pen
si le R.N.
n'a même pas une victoire
là-dessus
il pourra justifier
sa censure
en disant
Michel Barnier
ne nous a rien donné
comme mesure budgétaire
son intérêt à elle
c'est censurer tout de suite
ou attendre ?
En fait
il n'y a pas forcément
autant de logique
dans le comportement
du R.N.
ça va être très opportuniste
ça va être choisi
au tout dernier moment
ce qu'on voit avec
ces lieutenants
qui font monter la pression
c'est installer l'idée
que la censure peut arriver
donc déjà
cette idée-là
elle est installée désormais
après ça va se choisir
au tout dernier moment
est-ce que Marine Le Pen
va décider
de quelque part
d'arracher
ou en tout cas
tenter d'arracher
une victoire
à Michel Barnier
essayer de le mettre
un peu à genoux
par exemple
il aurait pu obtenir
des concessions
sur les retraites
encore davantage
sur l'électricité
et après se poser
en championne
finalement des classes populaires
en disant
regardez
c'est moi
qui ai obtenu ça
et ce faisant
c'est un facteur
de fragmentation supplémentaire
pour le socle au commun
qui est déjà bien fragmenté
imaginez
le groupe macroniste
le modem
l'aile gauche
de la macronie en général
se dire qu'une fois de plus
ce sera Marine Le Pen
qui aura mis à genoux
le Premier ministre
pour eux
c'est extrêmement dur à avaler
c'est un facteur
de fragmentation supplémentaire
sur lequel Marine Le Pen
pourrait aussi
décider
finalement d'investir
pour capitaliser plus tard
On a l'impression
que quel que soit le scénario
c'est elle qui gagne à la fin
Oui
mais je me méfie de ça
quand même parce que
on avait dit en septembre
qu'elle était la faiseuse de roi
que le sort de Michel Barnier
est entre ses mains
c'est pas faux
c'est vrai que si elle joint
ses voix
à celle de l'ensemble
de la gauche
elle peut faire tomber
le gouvernement
mais en fait
ça la place dans une situation
qui n'est pas si favorable que ça
parce qu'elle doit constamment
justifier auprès de ses électeurs
pourquoi elle laisse vivre
le gouvernement Barnier
et là on voit bien
qu'en fait c'est cette pression-là
qui est en train de se jouer
ses électeurs
pourraient lui reprocher
de ne pas baisser le pouce
si elle n'observe rien
parce que pour l'instant
effectivement l'explication
c'est que c'est elle
qui sert le béquet
Après il peut y avoir
des conséquences économiques
à censurer sur la fin
d'un budget introuvable
Elle n'aurait pas dans l'opinion
une forme de responsabilité
si il y a une forme
de désordre, de chaos
peut-être même d'accélération
de la crise économique
En fait on est au cœur
de ce qui va être
une des questions
les plus passionnantes
des prochains mois
et des prochaines années
ça va être
quel est le poids
que l'électorat accorde
à la respectabilité
au sérieux
au fait d'être cohérent
On a vu par exemple
aux Etats-Unis
que les électeurs américains
globalement avaient plébiscité
quelqu'un de totalement irresponsable
selon les critères politiques
et économiques traditionnels
Est-ce que ces électeurs
vont attendre
de Marine Le Pen
une respectabilité ?
Jusqu'ici c'est le calcul
qu'elle a fait
puisqu'elle a toujours misé
globalement sur cette stratégie
qu'on appelait
la stratégie de la cravate
du sérieux
de jouer le jeu
de la normalisation
Est-ce qu'elle va se dire
qu'au bout d'un moment
finalement les électeurs
s'en moquent
comme le disait Louis tout à l'heure
ils se font engueuler
sur le terrain en ce moment
parce que ce sont eux
qui prolongent la vie
du gouvernement Barnier
En fait il va quand même
falloir jauger
entre respectabilité
et anti-système
Très rapidement
pour terminer
en coulisses
Il se murmure aussi
qu'elle essaye
d'accélérer
le calendrier de la présidentielle
en précipitant
une démission
d'Emmanuel Macron
Est-ce que c'est jouable ?
C'est possible ?
C'est ce que j'allais vous dire
C'est qu'en fait
quel est l'objectif derrière ?
Si elle le fait
c'est qu'il doit y avoir
un objectif politique derrière
pas simplement
pour se faire plaisir
faire plaisir à ses députés
ou à son électorat
On pouvait penser par exemple
qu'une motion de censure
à l'été prochain
permettrait
le délai de post-dissolution
étant expiré
de provoquer
de nouvelles élections législatives
et de retenter le coup
pour l'opération
Bardella à Matignon
qui a échoué
l'été dernier
On peut aussi penser
que ce genre d'opération
Elle a une réquisition
qui pourrait se transformer
en décision de justice
qui va peser ici
C'est vraiment le facteur
qu'elle n'a pas vu venir
que ses avocats
n'ont pas suffisamment vu venir
et qui bouleverse
qui pourrait bouleverser
totalement la donne
si elle devenait éligible
ce serait comme députée
donc aux législatives
et puis évidemment
comme candidate
à l'élection présidentielle
Derrière ce scénario
il y a effectivement
la censure
visant à provoquer
une élection présidentielle
elle rejoindrait ainsi
à l'autre frange
de l'hémicycle
certains qui veulent également
accélérer le calendrier
je pense aux Insoumis
je pense à Jean-Luc Mélenchon
et qui mise en effet
sur une présidentielle anticipée
Rappelons que c'est un scénario
qui n'est pas évoqué
qui n'est pas juste des rumeurs
évoquées par les journalistes
c'est quelqu'un
comme Edouard Philippe lui-même
qui l'avait mis sur la table
en disant
je suis candidat
à la présidentielle
quelle que soit la date
de cette prochaine présidentielle
Le mot de la fin
Barnier
combien de temps de survie ?
On parie sur lui
à Noël ou pas ?
Certains disent
6 mois ou 3 ans
C'est tout ou rien
Merci
Il passe le budget
il peut tenir encore longtemps
Vous êtes d'accord là-dessus
Merci beaucoup
Merci messieurs
pour cette question
qui fâche
très enlevée et pleine
d'incertitudes
un peu comme Marine Le Pen
si j'ose dire
Merci à vous
C'est la fin de cette émission
Très belle soirée
Documentaire
Jean-Pierre Gracien
Tout de suite
A demain
Même mieux ma mère
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org