Abonnez-vous à la chaîne ! https://bit.ly/47Vhx2q Retour de la grippe, comment marchent les médicaments ? - C'est pas sorcier
Comment fabriquent-on un médicament, pourquoi agit-il sur notre corps, pourquoi choisit-on parfois de le présenter en sirop plutôt qu'en gélule... ? Et finalement, que se passe-t-il quand on tombe malade ? Fred et Jamy nous parlent des médicaments. Grâce à eux, on ne pourra plus confondre un virus et une bactérie, un vaccin et un antibiotique. On évitera peut-être aussi l'automédication quand on aura compris qu'elle est la première cause de résistance des maladies aux antibiotiques !
« C’est pas sorcier », le magazine de la science et de la découverte présenté par Fred, Jamy et Sabine. A bord de leur camion laboratoire, les trois présentateurs nous emmènent vers des sites insolites et spectaculaires pour nous expliquer le monde qui nous entoure.
T'es en forme, on commence la mission ?
Pas possible !
Pourquoi pas possible ?
Marcel, il est malade.
Il est malade ?
Oui !
Et moi non plus, je me sens pas très bien, alors ça t'inquiète.
Tu nous fais pas avaler la pilule, tu viens avec nous !
Oh non, non, non, non, non !
Si, tu viens !
Allez, on va chercher des médicaments !
Eh, je prends le volant.
Oh non !
Il voulait cacher l'aspirine.
Alors là, je suis vacciné, c'est la dernière fois que tu prends le volant.
Tu conduis comme une seringue !
Je vais chercher des médicaments pour Marcel, sinon on va pas aller loin.
Oh, il m'a piqué !
Eh, t'inquiète pas, Marcel, on va trouver.
Je suis bien conduit, moi.
Bon, allez, je vais vous faire une petite préparation maison à base de plantes.
Faut pas croire, il y a quelques siècles,
on trouvait pas des pharmaciers à tous les coins de rue,
alors on allait se servir directement dans la nature.
Et c'est comme ça qu'on s'est rendu compte
que les plantes pouvaient avoir un effet thérapeutique.
C'est pas des blagues.
Tiens, par exemple,
l'écorce de quinquina, c'est un arbre qu'on trouve en Amérique du Sud.
Eh bien, ça permet de faire tomber la fièvre.
On l'utilise aussi contre les troubles du rythme cardiaque.
Et c'est pas tout.
Les feuilles de jingobiloba, un arbre asiatique,
eh bien elles, elles sont très bonnes pour améliorer la circulation cérébrale.
Ça oxygène le cerveau.
Et cette plante européenne, le millepertuis,
ça, c'est ce qu'on appelle un antidépresseur.
Et tu sais, Jamy, je peux même te fabriquer de l'aspirine.
Il suffit de trouver la recette.
Aujourd'hui, 70% des médicaments proviennent de plantes
et des scientifiques explorent régulièrement les forêts de la planète
à la recherche de nouvelles substances.
Ils se renseignent auprès des sorciers et guérisseurs
pour tenter de percer le secret de leurs potions.
Les fonds sous-marins renferment aussi de futurs médicaments.
Déjà, dans des escargots de mer, on a isolé des substances anticancéreuses.
Mais pour ne pas épuiser la nature,
en laboratoire, on isole la molécule active
pour en faire ensuite des copies à partir d'éléments chimiques.
Eh bien voilà, j'ai tout ce qu'il me faut, Jamy.
Je vais pouvoir te fabriquer de l'aspirine comme autrefois.
Regarde bien, avec de l'écorce de saule.
Mais on peut en fabriquer aussi avec de la reine des prés.
D'ailleurs, l'écorce de saule était utilisée 4 siècles avant Jésus-Christ
pour soigner les rhumatismes.
Et c'est seulement au XIXe siècle qu'on a commencé à analyser la plante
et que l'on a extrait le principe actif, c'est-à-dire l'acide salicylique.
Et puis, après une petite transformation,
a fabriqué l'acide acétyl-salicylique, autrement dit l'aspirine.
Eh, je crois que c'est prêt.
Jamy, tu as donné ça à Marcel, c'est très bon contre la douleur.
C'est bon, Marcel, on s'occupe de toi.
Alors comment la douleur apparaît-elle ?
Eh bien d'abord, il faut savoir que l'organisme
est constitué de milliards de petites cellules
entre lesquelles se faufilent des terminaisons nerveuses.
Quand on a des courbatures, les cellules musculaires
qui normalement glissent les unes sur les autres
se retrouvent comprimées.
Elles ont du mal à bouger.
À ce moment-là, les cellules libèrent une substance
qui va se fixer sur les terminaisons nerveuses,
ce qui signale au cerveau que quelque chose ne se passe pas bien.
La douleur est déjà là, mais elle n'est pas encore perceptible.
Si cette situation se poursuit,
les cellules vont alors libérer une nouvelle substance,
des acides précisément, qui, au contact d'une enzyme,
vont se transformer en prostaglandine.
Et ces prostaglandines se rusent sur les terminaisons nerveuses
pour les rendre plus sensibles au premier signal.
Et là, ça fait vraiment mal.
Alors, la petite voix, tu te sens mieux avec mon aspirine ?
Oui, c'est un petit peu poire, mais ça va déjà mieux.
Eh, j'espère bien, tiens !
Demande à Jamy pourquoi elle est efficace contre la douleur, mon aspirine !
Demande-lui !
Eh, Jamy, pourquoi l'aspirine est efficace contre la douleur ?
Eh bien, elle empêche la formation de prostaglandines.
Vous savez, cette substance qui rend les terminaisons nerveuses encore plus sensibles.
Alors, comment obtient-elle un tel résultat ?
Eh bien, l'aspirine pénètre dans la cellule,
et elle empêche le contact entre l'enzyme et l'acide.
La cellule ne produit plus de prostaglandine,
les terminaisons ne sont plus existées,
plus de prostaglandine, plus de douleur.
Seulement, attention, si l'aspirine calme la douleur,
elle ne guérit pas.
Certaines personnes ne supportent pas bien la molécule d'aspirine.
On peut alors la remplacer par d'autres molécules,
comme le paracétamol, qui agit de la même façon.
Mais lorsque la douleur est vraiment forte,
notamment après une opération,
il faut utiliser d'autres médicaments,
qui agissent alors sur tout le système nerveux.
Par exemple, des enfants qui se font opérer des amygdales,
dans les suites opératoires immédiates,
on va leur donner systématiquement de la morphine.
De la morphine ? Mais c'est de la drogue, ça !
Ce ne sera pas un tout petit peu dangereux pour les plus petits ?
Pour beaucoup de praticiens,
beaucoup de parents et d'enfants,
la morphine, c'est de la drogue.
Alors on sait que quand on donne de la morphine à visée antalgique,
donc contre la douleur, on n'a jamais de toxicomanie.
Ça, c'est très difficile à faire passer comme message,
parce que d'un côté, on dit que c'est le diable,
et nous, on dit, non, c'est un médicament incontournable,
on doit l'utiliser, car il y a toute une série de douleurs
qui ne répondent qu'à la morphine.
Dans certains services, les malades, même très jeunes,
déclenchent eux-mêmes les injections de morphine lorsqu'ils ont mal.
L'appareil délivre automatiquement la dose sans la dépasser.
Oh, dis donc, ça ne va pas fort, Marcel !
Tu as vu la courbe de température ?
Ça monte !
Bah oui, il ne veut pas boire ton truc !
Il n'est pas malin, parce que l'aspirine, en plus,
c'est bon contre la fièvre !
Bon, je vais trouver autre chose.
Bon courage, hein !
C'est quoi, la fièvre ?
Eh bien, c'est la température du corps qui monte.
En temps normal, elle est de 37 degrés.
Elle est maintenue à ce niveau grâce à un thermostat situé dans le cerveau.
Alors, pourquoi monte-t-elle ?
Eh bien, quand l'organisme est agressé par des bactéries,
au niveau de la gorge, par exemple, il se défend.
Certaines cellules du système de défense,
qu'on appelle les macrophages,
luttent farouchement contre les agents infectieux.
Au cours de cette lutte, les macrophages vont libérer
des substances toxiques
quand certaines remontent vers le cerveau.
À ce moment-là,
les cellules du cerveau qui se trouvent à proximité du thermostat
réagissent en produisant des prostaglandines.
Et ces prostaglandines ne vont pas exciter des terminaisons nerveuses,
mais elles viennent dérégler le thermostat vers le haut
et la température monte.
Eh bien, grâce à l'aspirine,
on va pouvoir faire descendre la température.
En effet, l'aspirine s'interpose entre l'enzyme et l'acide,
responsable de la production de prostaglandines.
S'il n'y a plus de prostaglandines,
le thermostat n'est plus déréglé
et la température redescend petit à petit.
Jamy, je crois que j'ai trouvé mieux un laboratoire pharmaceutique
où on fabrique l'aspirine de façon industrielle
pour une centaine de pays au monde.
Alors, quand on fabrique de telles quantités,
on ne s'amuse plus à extraire le principe actif des plantes,
on utilise une molécule synthétique.
Tu peux regarder, ça, c'est de l'aspirine synthétique
fabriquée à partir de produits pétroliers.
Ce n'est pas une blague, mais c'est exactement la même molécule.
On va dire donc, avec tout ça,
Marcel devrait quand même aller mieux.
Eh, va doucement sur la dose !
Avant qu'un médicament soit disponible en pharmacie,
il faut compter en général 10 ans de recherche.
La molécule active est d'abord testée sur des animaux
pour vérifier qu'elle n'est pas toxique.
C'est la réglementation qui l'exige.
Puis, on prescrit ce médicament
à un petit nombre de volontaires sains
et ensuite à un nombre de plus en plus grands de malades
pour vérifier la bonne dose
et l'efficacité du produit.
Et même lorsque la molécule a obtenu
son autorisation de mise sur le marché,
ce n'est pas fini !
Le médicament continue à être surveillé
par le réseau de pharmacovigilance.
Les médecins signalent les effets indésirables,
pas encore décelés,
et ça peut aller jusqu'au retrait du médicament.
Bon, Jamy, je vais commencer ma petite cuisine.
Tu vas voir que pour fabriquer de l'aspirine,
il y a une recette, mais attention,
il faut bien doser.
D'abord, on va mettre de l'acide acétylsalicylique.
Ça, c'est l'aspirine proprement dite.
On va en mettre 15%.
Et puis, on va rajouter des adjuvants.
15% d'adjuvants, ça, c'est pour enlever l'acidité.
Mais c'est pas tout !
Ah bon ? Il faut quoi encore ?
Je vais aussitôt rajouter 70%
de bicarbonate de soude
et d'acide citrique.
Ça, c'est pour faire des médicaments effervescents.
Tu sais, ceux qui font des bulles !
Bon allez, Jamy, je lance la production.
On va faire un lot.
Un lot ? Ça fait combien ?
C'est pas beaucoup un lot.
4 tonnes, environ 1 million de comprimés, tu sais.
C'est l'histoire de 5 heures.
Mais oui, il faut bien mélanger la poudre
et bien la doser pour faire des médicaments.
Et puis, tout au long de la chaîne de fabrication,
on prélève des échantillons
et on leur fait subir un tas de tortures
pour vérifier qu'ils n'ont pas de défauts,
qu'ils se cassent bien, qu'ils ne sont pas trop friables,
qu'ils sont bien solubles
et qu'ils contiennent la bonne dose de principe actif.
Voilà, c'est bientôt prêt.
Le mélange est fait, il ne reste plus qu'à comprimer la poudre.
Normal pour faire des comprimés.
Et il voit enfin la sortie du tunnel.
Et voilà, Jamy, on est au bout de la chaîne,
les médicaments sont terminés, il n'y a plus qu'à les mettre en boîte.
Alors ceux-là,
ce sont des médicaments effervescents.
Ça sert à quoi ? Eh bien tout simplement à dissoudre
le principe actif, c'est-à-dire l'aspirine.
Car en principe, l'aspirine
n'est pas soluble.
Et si on la prenait comme ça, eh bien ça ferait très mal
à l'estomac, là, pas de problème.
Dis donc, j'ai fait le bon dosage,
mais au fait, ça va où tout ça,
une fois que j'ai absorbé ?
Eh bien une fois qu'on a avalé le médicament,
l'aspirine par exemple, il descend
directement dans l'estomac.
Il enfranchit les parois et se retrouve
dans le sang. Puis,
le sang passe par le foie
et remonte vers le cœur
d'où il est distribué à travers tout l'organisme.
Voilà comment le principe
actif qui est dans le sang
se retrouve réparti dans tout l'organisme.
Et si le patient
a mal à la gorge,
eh bien le principe actif qui se retrouve
à ce niveau, l'aspirine,
va pouvoir intervenir sur les enzymes
et ralentir la production de prostaglandines.
Je comprends bien, Jamy,
mais il y a aussi du principe actif qui circule dans le reste
du corps. Alors celui-là, il devient quoi ?
Eh bien il sert de réserve
et effectivement,
avec le sang, il continue à circuler
dans l'organisme.
Seulement, avant de rejoindre le cœur,
le sang passe par les reins
et par le foie, où il est filtré,
donc débarrassé d'une partie
du principe actif. Puis,
le sang est à nouveau distribué
dans tout l'organisme, ainsi
que le principe actif, mais en moins
grande quantité que la foie précédente.
Donc, le principe actif
peut toujours agir au niveau
de la gorge, mais de passage
en passage, il finit
par disparaître. Voilà pourquoi on dit
qu'un médicament a une durée de vie.
Il n'est efficace que quelques heures, de 2 à 6
pour l'aspirine.
Et puis tu as remarqué, Jamy, que la même molécule
peut prendre des formes différentes. C'est ce qu'on appelle
sa forme galénique. Ici, sur cette machine,
on produit à la chaîne des gélules. Alors,
un des avantages de la gélule, c'est
qu'elle peut contenir beaucoup plus de principe
actif qu'un comprimé. Regarde bien.
Ici, on a à peu près
85% de principe
actif. En l'occurrence,
c'est du paracétamol. Alors,
tout à l'heure, dans un comprimé, on avait simplement
15%. Et puis l'autre avantage,
c'est que cette petite enveloppe est tout à fait naturelle.
C'est de la gélatine et ça, ça peut
s'absorber très facilement. Ça masque le mauvais goût.
Mais je peux aussi te proposer autre chose.
Que dirais-tu d'un petit suppositoire ?
Ça, ça se met pas sous la langue.
Alors, l'avantage avec le suppositoire, c'est que
le principe actif est absorbé par les muqueuses.
Donc, il passe directement
dans le sang en évitant
l'estomac et dans un premier temps
le foie. Donc, il a une
meilleure disponibilité, c'est-à-dire qu'on profite
mieux du principe actif. Il faut préciser
quand même que le suppositoire marche dans les pays latins
mais pas tellement aux Etats-Unis, au Japon
et en Angleterre où là-bas, il y a
plutôt un phénomène de rejet,
si j'ose dire. Bien, passons.
On fabrique aussi des comprimés qui libèrent
très progressivement le principe actif
pendant 12 heures et plus.
Ça permet de ne les prendre qu'une ou deux
fois par jour. C'est pratique. Dans certains
cas, on préfère que le principe actif soit
administré au plus près de l'endroit
à traiter. Et s'il faut diffuser le médicament
très rapidement et en plus grande
quantité dans l'organisme, la meilleure solution
c'est la piqûre, car le principe
actif va directement dans le sang.
Aïe !
Alors, comment il va, Marcel ? Ben, écoute, il a vu le médecin
et il lui a prescrit des antibiotiques. Il a une
angine. C'est dû à quoi, ça ? Ben, à une bactérie.
Une bactérie, une bactérie, il y a toutes
sortes de bactéries ! Ben, je sais.
Tiens, je vais essayer de trouver celle qui est responsable de l'angine.
Pendant ce temps-là, tu devrais nous expliquer
comment ça marche, ces petites bêtes-là.
Pas de problème. C'est quoi une bactérie ?
Eh bien, c'est un organisme
vivant, gros comme rien,
constitué d'une seule et unique cellule
et protégé par une paroi.
Voyons maintenant
ce qu'elle a dans le ventre.
Un chromosome, d'abord. C'est son programme
de travail. Et à côté, des machines
qui lisent ce programme et qui produisent
entre autres des protéines utiles
à la survie de la bactérie. Voilà
pour l'affiche technique. Voyons maintenant
ses performances, ou comment peut-on
être menacé par d'aussi petits
organismes. C'est vrai qu'a priori,
on est équipé d'un système de défense
qui lutte contre ce type d'envahisseurs.
Souvenez-vous, les macrophages
qui se battent avec les bactéries.
Malheureusement, il arrive
que les macrophages
aient parfois beaucoup de mal
à digérer ces bactéries.
Et comme elles se multiplient à une vitesse folle,
eh bien, elles ont vite fait d'envahir
une partie de l'organisme et de prendre
la place des cellules. Tiens, ben voilà
justement un macrophage au travail. C'est la
première ligne de défense de notre organisme
contre les bactéries. Et il y en a de
toutes sortes. Les pneumocoques donnent
des pneumonies ou des méningites.
Les salmonelles provoquent
des intoxications alimentaires.
Les staphylocoques, eux,
sont responsables d'abcès et même
d'infections généralisées comme les septicémies.
Tiens, celui-là, je le connais pas.
Hé, Jamy, je crois que j'ai trouvé la bactérie
responsable de l'angine. C'est ce qu'on appelle
un streptocoque. Regarde sur cet écran.
Chaque petit point, c'est une bactérie.
Et ces bactéries ont tendance à s'assembler par deux
ou en chaînette. Alors, dans ce laboratoire,
on cultive des bactéries
pour mieux les combattre, pour mettre au point
des antibiotiques. Et ça se développe très vite.
Pour prendre un exemple, ici, là,
ce petit rond, eh bien, c'est une colonie
de bactéries. Il y a des millions de bactéries
qui se sont développées à partir d'une seule.
Alors maintenant, comment connaître l'efficacité
d'un antibiotique ? Parce qu'il y a toutes sortes d'antibiotiques.
Eh bien, c'est très simple. On prend
une bactérie et toutes ses petites
pastilles sont des antibiotiques
différents. Alors, lorsque l'on place
une pastille, ça crée ce que l'on appelle
une zone d'inhibition, c'est-à-dire
une zone où la bactérie
ne se développe plus. Et en principe,
plus la zone est grande, plus
l'antibiotique est actif. Donc, à mon avis,
Jamy, pour Marcel, il faudrait
plutôt celui-là.
Tu vois, Marcel, Fred a trouvé quelque chose
pour toi. Alors, comment agissent
les antibiotiques ? Eh bien, ça dépend.
Chaque classe, chaque famille
d'antibiotiques a sa propre technique.
Certains vont, par exemple, pénétrer
à l'intérieur de la bactérie
et bloquer la machinerie.
La bactérie ne peut plus produire
de protéines et elle finit par en mourir.
D'autres antibiotiques
vont saboter
le programme. La bactérie
ne comprend plus ce qui est écrit dessus, et même
chose, elle finit par tourner de l'œil.
D'autres, enfin, vont s'attaquer
plus simplement à la paroi
de la bactérie pour la fragiliser,
ce qui facilite considérablement
le travail des macrophages.
En 1927,
Flémine découvre la pénicilline dont
on tirera plus tard l'un des premiers antibiotiques
utilisés à grande échelle.
Quelques années plus tard,
on a découvert la streptomycine
utilisée pour combattre le redoutable
bacille de coque.
Cette bactérie est responsable de la tuberculose,
une grave maladie pulmonaire qui faisait
autrefois de nombreuses victimes.
Aujourd'hui, malgré les antibiotiques,
elle est loin d'avoir totalement disparu.
Avec les antibiotiques, on pensait avoir
gagné la guerre contre les bactéries. Eh bien, c'est pas aussi
simple que ça, car aujourd'hui, on s'aperçoit
que certaines bactéries, pas toutes, certaines
font de la résistance. Elles résistent aux
médicaments, et ça se voit très bien, par exemple,
dans cette boîte, on a fait de la culture
de bactéries. Maintenant, si on y ajoute
un antibiotique,
voilà le résultat.
La majorité des bactéries est inhibée,
mais tous ces petits points, ce sont des
colonies de bactéries résistantes.
Pourquoi ? Eh bien, très souvent,
parce qu'elles se sont modifiées génétiquement.
Ce sont des bactéries mutantes.
Et si
les bactéries résistantes se multiplient,
c'est parce qu'aujourd'hui, on consomme
de plus en plus d'antibiotiques, et souvent
un peu n'importe comment.
C'est pas l'antibiotique qui rend les bactéries
résistantes. Les bactéries deviennent
spontanément résistantes. Ça fait partie
de l'évolution naturelle des bactéries
que de devenir résistantes.
C'est-à-dire qu'en présence d'antibiotiques, les bactéries
sensibles vont être tuées, et les bactéries
résistantes vont proliférer, occuper la
place laissée libre par ces
bactéries qui ont été tuées, et elles vont dominer
la population.
Pour limiter ces résistances, il faut bien prendre
la bonne dose d'antibiotiques prescrites
et ne pas se soigner tout seul.
Il ne faut surtout pas reprendre les antibiotiques
qu'on vous a prescrits précédemment, parce que
ils risquent d'avoir été
une bonne indication pour la première infection,
mais certainement pas, si ça se trouve,
pour la deuxième infection.
Certaines bactéries, comme le pneumocoque,
le staphylocoque et le bastildecoque,
deviennent de plus en plus difficiles à combattre
et résistent à beaucoup d'antibiotiques.
On cherche donc de nouvelles armes,
et pour cela, il faut décrypter la carte
génétique de ces bactéries mutantes.
Il nous permettra, par exemple,
d'identifier des gènes
qui sont responsables de la
virulence, c'est-à-dire ce qui lui permet
de coloniser l'organisme, de provoquer
une infection, et à partir de là,
on pourra très certainement
trouver des molécules
originales qui permettront
soit de mieux traiter les infections, soit de les
prévenir. Mais il ne faut pas attendre
ces nouveaux antibiotiques avant une bonne
dizaine d'années.
Eh oh là, qu'est-ce que tu cherches dans l'armoire
à pharmacie ? Ah bah la petite voix, elle va pas bien, je regardais
s'il y avait pas quelque chose pour elle. Ouais, ça va pas,
et c'est peut-être pas le bon médicament. Faut aller voir un médecin.
Remarque, t'as raison, et puis y a peut-être des effets secondaires.
C'est quoi ? Bah, c'est quand tu prends un médicament, par exemple,
pour le mal à la tête, et puis,
ça te donne mal aux articulations. Ah d'accord,
je comprends. Bon allez, la petite voix, je m'en occupe.
Et moi, je m'occupe de Marcel. Ah bah ça, c'est gentil.
Alors Marcel, comment ça va ?
Mais... Mais Marcel, qu'est-ce que tu fais ?
Oh ! Oh mais il a suspendu
son traitement ! Eh Fred !
Marcel, il a suspendu son traitement ! Faut
pas faire ça, il est malade ! Bah évidemment,
faut jamais suspendre un traitement
antibiotique sans l'avis de son médecin, c'est pas malin.
Et toi, la petite voix, tu te sens comment ? Pas fort, je crois
que j'ai la grippe. La grippe ? Ah bah ça, c'est encore
une autre histoire. C'est un virus. Fallait te faire
vacciner. T'as de la chance.
J'arrive à l'Institut Pasteur, chez
Louis Pasteur, l'inventeur de la vaccination.
Ah bah j'espère qu'il va pouvoir faire quelque chose
pour moi.
Eh Jamy,
on m'a prêté les clés de l'appartement
de Louis Pasteur. On y va ?
Sympa l'appart, hein ? C'est là qu'il a passé
les 7 dernières années de sa vie jusqu'en
1895. Tiens,
le voilà, Louis Pasteur, en pleine campagne de vaccination.
Il était chimiste, il n'était
pas médecin. En tout cas, c'est grâce à lui
que pour la première fois, on comprend le mécanisme
de la vaccination quand il met au point son fameux
vaccin contre la rage, il y a un peu
plus de 100 ans. Et puis, on oublie
souvent de le préciser, bien avant
cette découverte, il avait identifié des
bactéries responsables de maladies, comme le
staphylococque ou le streptococque. Bref,
plein de petits microbes.
Tiens, en fait, Jamy, tu pourrais nous expliquer
la différence entre un virus et une bactérie ?
Eh bien, un virus possède
comme une bactérie un programme
génétique. En revanche, le
virus ne possède pas de machinerie.
Par conséquent, seul, il ne
peut pas se multiplier. Pour le faire,
il est obligé d'infester
des cellules cibles, pas n'importe
lesquelles, celles dont il possède
la clé. Une fois à l'intérieur,
il utilise leur matériel
et se reproduit. Malheureusement,
ce parasitage entraîne la mort des
cellules. Alors évidemment,
l'organisme est défendu,
c'est comme une forteresse. Quand
un virus pénètre à l'intérieur,
eh bien, il est d'abord pris en charge
par les macrophages
qui le présentent aux lymphocytes
T4. Les lymphocytes T4
vont vérifier l'identité
du nouveau venu. Et s'il n'a
rien à faire ici, eh bien, les lymphocytes
T4 demandent à l'organisme
de produire des anticorps, des
espèces de marques qui vont se fixer
sur le virus et
permettre au système immunitaire
de repérer le virus et de
l'anéantir. Malheureusement,
l'organisme met du temps
pour produire les anticorps.
Et pendant ce temps, le virus
peut infester
des cellules, se reproduire
et les détruire.
Le plus curieux, Jamy, c'est que
pour fabriquer un vaccin, on utilise du
virus. Et ça, Louis Pasteur va le découvrir
complètement par hasard en faisant des recherches
sur une maladie qui s'appelle le choléra
des poules. Un jour, il décide de
cultiver le virus responsable de cette maladie
dans son laboratoire. Et puis, il va
oublier la culture dans un coin du
labo, il part en vacances et en revenant,
au lieu de jeter la préparation,
il décide de l'inoculer, de l'injecter à des poules
pour voir si le virus est encore actif. Et là,
il s'aperçoit que non seulement le virus est
devenu inoffensif, mais qu'en plus de ça,
il protège les poules de la maladie.
Il vient inventer le vaccin.
Effectivement, on produit un vaccin
à partir d'un virus.
Un virus qu'on a rendu inoffensif
en retirant sa clé,
par exemple. Imaginez
le vaccin contre
la polio. Une fois dans l'organisme,
il ne présente plus aucun danger. En effet,
il ne peut plus pénétrer dans les cellules, donc
il ne peut plus se multiplier. En revanche,
il va permettre à l'organisme
d'apprendre à fabriquer les bons
anticorps pour lutter contre le virus
de la polio. Et puis surtout, il va
permettre au système immunitaire
de mémoriser l'image du virus
de la polio. Imaginez maintenant
que le vrai virus de la polio
pointe son nez.
Il est immédiatement pris en charge
par les macrophages qui le présentent
au lymphocyte T4. Aussitôt, ils le
reconnaissent et ils demandent à l'organisme
de produire les bons
anticorps. Immédiatement,
le virus est marqué,
reconnu et détruit
par le système immunitaire. Et si
de temps en temps, on fait des rappels,
c'est tout simplement pour rafraîchir
la mémoire du système immunitaire.
Grâce à une campagne mondiale
de vaccination, le virus de la variole
a été éliminé de la surface du globe.
Une autre campagne a été lancée
en 1988 pour tenter
d'éradiquer la poliomélite,
une terrible maladie qui paralyse les muscles.
Le nombre de malades diminue
mais il faut poursuivre les efforts
et surtout ne pas oublier les rappels
de vaccination tous les 5 ans pour les
enfants. Malheureusement, d'autres maladies
comme la rougeole font encore de nombreuses
victimes dans les pays pauvres qui manquent
de moyens pour acheter les vaccins
et pour les conserver au froid.
Il y a aussi des virus
qui changent d'apparence chaque année
comme celui de la grippe. Il faut donc
à chaque fois fabriquer un nouveau vaccin
et refaire une nouvelle injection.
L'un des
derniers vaccins mis au point permet de se
protéger contre l'hépatite B,
une grave maladie qui provoque des
cirrhoses et des cancers.
A partir de 1994,
des campagnes de vaccination sont lancées
sur toute la France mais quelques
personnes semblent avoir mal réagi à ce
nouveau médicament et certaines
se sont retrouvées paralysées. Alors,
ce vaccin est-il réellement dangereux ?
Une précaution
d'emploi a été
déterminée pour
une frange
très limitée de la
population qui sont donc
des patients,
des personnes qui ont eu dans
leur famille
des personnes
atteintes d'une maladie qu'on appelle la sclérose
en plaques, une maladie neurologique qui n'est pas
très fréquente. Donc c'est donc une
partie très très faible de la population
pour laquelle le vaccin
pourrait présenter un risque.
Le ministère de la Santé estime que
le vaccin contre le virus de l'hépatite B
est bénéfique pour l'ensemble de la population.
Il est obligatoire pour
les personnes qui travaillent à l'hôpital.
Il est recommandé chez les nourrissons et son
administration chez l'adolescent dépendant
en chaque cas du rapport bénéfice-risque.