Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
Alors ma chère Anna, vous allez nous présenter Ilona, qui est très impatiente d'avoir vos conseils.
Bonjour Ilona.
Bonjour.
Alors Ilona, vous êtes enceinte de 7 mois, c'est votre premier enfant.
Oui.
Donc j'imagine que comme tout le monde, vous vous dites la poussée, j'y arriverai jamais,
je ne suis pas apte.
Les autres oui, mais pas moi.
Mais ça va aller beaucoup mieux après avoir vu Anna.
Alors Ilona, d'abord il faut que je vous raconte 3 choses qui sont hyper importantes.
C'est que vous n'allez pousser que quand votre bébé sera dans le bassin.
Ok.
Parce qu'en fait, là pendant votre grossesse, il est au-dessus du bassin, on va attendre
qu'il soit dans le bassin et bien descendu à l'intérieur du bassin, mais ne vous inquiétez
pas, ça il y aura quelqu'un pour vous le dire si vous ne le sentez pas vous-même,
parce que sinon on le sent, ça fait comme une énorme envie d'aller à la selle, on a
envie de lever ses fesses, enfin on sent qu'il y a un très fort appui.
Et malgré la péridurale, on le sent quand même ?
Oui bien sûr, parce que maintenant les péridurales sont bien dosées, donc vous allez avoir
cette sensation d'appui un peu étrange.
Et vous allez dire, qu'est-ce qui se passe ? Et souvent on vous dira, super c'est le
moment de pousser.
Vous voyez avec votre maternité, dans d'autres pays européens, on laisse beaucoup plus de
temps en femme, c'est un peu dommage, mais c'est un point d'évolution.
Et c'est par rapport à quoi ?
Et bien parce qu'on a peur que ce soit dangereux pour le bébé, mais en réalité, on n'est
pas si sûr.
Sachez que c'est une durée limitée.
On ne pousse aussi que pendant les contractions, c'est-à-dire qu'en fait la contraction,
c'est votre utérus qui se contracte très fort, c'est une force de propulsion qui
chasse votre bébé vers le bas, et donc c'est juste pour potentialiser l'effet de ces
contractions.
Et est-ce que si on ne poussait pas, le bébé sortirait quand même ?
Bien sûr, et c'est d'ailleurs le premier type de poussée que je voulais vous présenter.
Une femme à laquelle je ne dis rien, je me rappelle très bien d'une de mes patientes,
qui est arrivée comme ça dans la salle d'accouchement, elle a dit, ben voilà.
Et elle s'est mise comme ça, et elle a fait ça.
Voilà ça, je ne lui ai rien dit.
Et vous voyez, c'est un mouvement d'accompagnement, un son d'accompagnement, où je n'ai rien
dit, rien fait, et elle l'a fait superbement, où en fait, elle a juste accompagné son
bébé.
En fait, vous n'avez pas besoin de nous.
Mais c'est vrai qu'avec la péridurale, les sensations qui sont un peu modifiées,
on est des fois obligés de vous guider.
Mais en fait, en vrai, oui, on n'a pas du tout besoin de pousser.
C'est le corps qui fait tout, en fait.
Exactement.
Après, la position sur laquelle on accouche, là, je n'ai pas le temps de tout vous montrer,
mais évidemment, il y a mille positions pour accoucher.
Est-ce qu'il y en a qui sont quand même préférables ?
Alors non, il y a vraiment une bonne position pour cette mère et pour ce bébé-là.
D'accord.
Mais l'idée, c'est que vous puissiez changer.
Donc c'est cool d'accoucher dans une maternité où ils ont l'habitude de ça.
Et après, voilà, rentrons dans le vif du sujet.
En France, on a deux types de poussée.
La première, c'est ce qu'on appelle la poussée dite en expire.
Vous ne pouvez pas vous entraîner, malheureusement.
Je suis désolée.
Je vais le faire, du coup, à votre place.
Je n'ai pas envie d'accoucher aujourd'hui.
Vous prenez tout plein d'air par le nez ou la bouche.
On s'en fiche.
Vous allez garder votre air et vous allez laisser passer un tout petit filet d'air comme ça.
Et donc, vous contractez les abdos, vous poussez vers le bas.
Il faut que ce soit fort.
Et en général, pour chaque contraction qui dure à peu près une minute, une minute trente,
on vous demande de pousser trois fois comme ça.
La seule difficulté, je vous promets, c'est hyper facile.
La seule difficulté, c'est d'arriver à maintenir l'effort.
Mais souvent, des fois, les femmes me disent ça quand on les fait pousser comme ça.
Elles disent, je ne comprends rien.
Qu'il faut pousser le petit autre truc en expire.
Et dans ce cas-là, pas de problème.
On fait ce qu'on appelle la poussée dite bloquée.
Rien de plus simple.
Là, je prends tout plein d'air, le nez ou la bouche.
Je garde mon air et je bloque.
Je pousse très fort.
Contractez les abdos.
Je pousse vers le bas.
Et souvent, on se dit que c'est compliqué.
En fait, c'est méga facile.
La seule difficulté, c'est de tenir longtemps pour que votre bébé ne fasse pas trop d'allers-retours.
Qu'il ne fasse pas tac, tac.
Il faut l'emmener le plus loin possible.
C'est hyper fatigant, j'imagine.
C'est hyper crevant.
Pour le coup, c'est hyper crevant.
Et là, on n'a pas tout autant de chance.
Il y a des femmes qui vont avoir la chance de pousser dix minutes.
Et d'autres, il va leur falloir 45.
Et clairement, ce n'est pas le même effort.
Ça dépend du poids du bébé.
Ça dépend des circonstances.
Ça dépend de plein de choses.
Voilà, pour la poussée.
Le fait d'avoir les jambes écartées, parce qu'on voit beaucoup de choses,
ou peut-être avoir les jambes serrées, ouvrirait plus le bassin.
Vous avez tout à fait raison.
Quand on ouvre ses jambes comme ça, on referme le diamètre intérieur du bassin.
Et donc, c'est vrai que souvent, on fait faire du chasse-neige.
D'accord.
Parce qu'en fait, quand on fait ça, on rapproche ses jambes.
Hop, ça va ouvrir le bassin à ce niveau-là.
Souvent, les sages-femmes, quand on voit dans les émissions,
elles ont les pieds sur les étriers.
Les femmes, elles n'ont pas trop le choix, j'ai l'impression.
C'est pour ça, vraiment questionner votre maternité.
Savoir comment ils envisagent le moment de la poussée,
dans quelle position ils peuvent vous faire pousser, etc.
Est-ce que les péridurales ne sont pas dosées ?
Est-ce qu'on a le droit de pousser longtemps ?
Parce que c'est des choses qui vont vraiment conditionner
le fait que l'accouchement se passe bien ou pas très bien.
Après, bien sûr, il y a des circonstances médicales
où malheureusement, on va être contraint de vous faire pousser
dans un type de position, d'une façon ou d'une certaine façon.
D'accord.
D'autres questions ?
Est-ce que, avant que le col se dilate, avant la poussée,
il y a des choses à faire pour que ça...
Oui, alors il faut évidemment toujours mobiliser le bassin.
Il faut imaginer que le bébé, il va faire un créneau dans votre bassin.
Et en fait, si on a un bassin immobile, c'est beaucoup plus compliqué.
Donc, se posturer, bouger un maximum.
Demandez à la sage-femme qu'on vous posture
pour faciliter le créneau de votre bébé dans le bassin.
D'accord.
Et par exemple, les appouchements dans les baignoires,
c'est plus facile de pousser ?
C'est pareil, ça ne change rien.
Après, dans la baignoire, vous pouvez être pareil,
vous pouvez être debout, vous pouvez être assise,
vous pouvez être sur le côté, tout pareil.
C'est plus pour gérer la douleur, c'est ça ?
Exactement, parce que l'eau chaude va permettre que ce soit
beaucoup plus agréable et beaucoup plus confortable pour vous,
avec la pesanteur.
Ok, très bien.
Et je sais qu'on peut gérer un peu la péridurale, il me semble,
une fois qu'elle est posée.
Est-ce que c'est préférable de ne pas trop quand même la doser
pour réussir à pousser ?
Oui, là, pour le coup, n'hésitez pas à demander conseil.
Dire, est-ce que là, je peux ralentir la péridurale ?
Est-ce que là, je peux augmenter ?
Est-ce que, si c'est vous qui la gérez, demandez conseil.
Souvent, elles n'osent pas, pour ne pas être trop intervenantes,
mais en même temps, c'est vachement pratique qu'elles vous aiguillent.
Dans tous les cas, même si elle est bien faite,
il n'y a pas de douleur quand même.
Non, par contre, attendez, quand on pousse, c'est une sensation
vraiment cheloue qu'on sente qu'il y a quelqu'un
qui traverse notre corps.
Moi, j'étais là...
J'imagine que ça doit...
Donc, même si vous n'avez pas mal, vous êtes là...
Mais ce n'est pas possible, il y a quelqu'un, il y a quelqu'un.
Vous sentez que c'est quelqu'un, une volonté,
et cette volonté de sortir de vous.
Ça doit perturber.
Et à la fin, il me semble qu'il ne faut plus pousser, c'est ça ?
Exactement, sur la toute dernière ligne droite,
c'est vraiment l'assage femme qui va sortir sa tête
millimètre par millimètre.
Parce que sinon, ça le coince.
Et il y a le risque de déchireur, surtout.
Je vous promets, on vous rend Anna après l'émission.
On a l'invité de Yasmine qui tape à la porte.
Merci beaucoup, Luna.
Vous voyez Anna après l'émission, promis, promis.
Là, franchement, c'était une vraie consultation.
Là, c'était génial.
Salut, Luna.
C'est vrai que ça pose question.
C'est le moment qui est le plus flippant.
Donc, c'est important.