Dans le langage courant, on l’appelle la 5ème maladie… Mais les médecins préfèrent le nommer, le parvovirus B19. Totalement bénin pour la majorité de la population, ce parvovirus peut en revanche être dangereux pour le fœtus pendant la grossesse… Clara est la maman d’Amy (5 ans) et de Noah (7 mois). C’est à l’été 2023, au cours de sa 2nde grossesse que tout bascule : la vie de son bébé est soudain en grand danger à cause de l’infection à parvovirus. Démarre alors un véritable combat pour elle et pour Noah, qui finit par sortir victorieux de cette bataille !
Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
en mars dernier.
C'est bénin pour l'immense majorité de la population,
mais c'est très dangereux pour le foetus
lorsqu'on est enceinte.
Vous allez le comprendre en écoutant l'histoire
de notre invitée.
Bonjour, Clara.
Tiens, Noah.
Une petite balle.
Merci d'être là pour raconter votre histoire.
Vous êtes la maman d'Amy et de Noah.
C'est à l'été 2023, alors que vous étiez enceinte
de Noah, que votre vie a basculé.
Tout à coup, la vie de votre bébé a été en énorme danger à cause
de l'infection au parvovirus.
Après, ça a été un combat pour vous et pour Noah,
qui est sorti victorieux de cette bataille.
Il se porte comme un charme.
C'est un miracle qu'on va vous raconter aujourd'hui.
Même les médecins n'en revenaient pas.
Vous apprenez que vous êtes enceinte
de votre 2e bébé en 2023.
A l'écho du premier trimestre, tout va bien.
Mais entre votre 17e et votre 18e semaine
de grossesse, votre fille a des rougeurs sur le visage.
Vous n'y prêtez pas trop attention.
- Clara: Tout à fait.
Elle présente des sécheresses, des rougeurs.
Elle ne s'en plaint pas plus que ça.
Je l'emmène à la pharmacie.
On lui prescrit une crème en me disant que c'est de l'eczéma,
aucun souci.
On rentre à la maison, et rien de plus.
Quelques jours plus tard, je présente aussi
des joues très rouges.
J'ai très chaud.
Je ne me sens pas bien.
Il s'ensuit un épisode de démangeaisons
complètement insoutenables au niveau des jambes,
qui vont amener des bleus, des hématomes.
C'est tellement insupportable que je dois partir du travail...
- A.Lecaron: C'est en vous grattant?
- Clara: Oui, nuit et jour, sans arrêt.
Je me retrouve à devoir aller aux urgences, à quitter le bureau
plus tôt un jour.
Aux urgences, on ne s'en inquiète pas plus que ça non plus.
On me parle de manque d'hydratation, de la peau
qui se distend du fait de la prise de poids...
On me laisse repartir à nouveau un peu bredouille.
Je me rends chez mon médecin généraliste
pour qu'il m'ausculte.
Il est assez interloqué par le nombre d'hématomes,
mais pareil, il ne s'en inquiète pas plus que ça.
Il me fait faire quelques prises de sang
pour écarter tout problème de coagulation.
Je repars avec une crème antihistaminique pour arrêter
les démangeaisons.
- A.Lecaron: On ne vous parle jamais de parvovirus, à ce moment.
- Clara: Voilà.
C'est le dénouement de ces démangeaisons.
J'avais attrapé le parvovirus de ma fille sans le savoir.
- A.Lecaron: Echo du 2e trimestre...
Comment ça se passe?
- Clara: Bien.
On y va avec le sourire.
- A.Lecaron: Vous voulez qu'on vous prenne Noah?
On va appeler les nounous.
Les nounous de "La Maison des Maternelles"
sont requises!
Salut, Noah.
Tu vas nous manquer.
Il adore Jules. Salut.
On parle de toi!
L'écho du 2e trimestre, donc.
- Clara: Ca se passe bien.
Echo morphologique.
On va nous confirmer le sexe du bébé
et en savoir un peu plus sur ce petit bout.
L'écho est particulièrement longue.
La sage-femme met un peu de temps à trouver certaines choses,
mais elle n'est pas inquiète.
Elle nous dit simplement que, pour éviter
que l'examen s'éternise...
Elle me fait revenir 15 jours plus tard
pour un check-up.
Elle ne se dit pas inquiète.
Elle me dit que je n'ai pas besoin de revenir avec mon conjoint,
que tout va bien.
Mais elle voudrait être sûre sur certains points.
- A.Lecaron: Il faut juste vérifier...
Vous revenez en janvier 2024.
Vous arrivez seule.
- Clara: Oui.
J'ai passé les fêtes de Noël tranquillement,
sans me poser de questions.
Ce jour-là, j'arrive, bavarde.
Comme d'habitude, je lance la sage-femme
sur plusieurs sujets...
Je vois qu'elle n'est pas très réactive,
qu'elle ne me répond pas...
Elle me demande rapidement de me relever.
Elle éteint son écran et elle me dit
qu'il y a quelque chose de très grave avec le bébé,
que ça ne va pas du tout.
- A.Lecaron: Elle vous le dit comme ça?
- Clara: Oui.
Je vous laisse imaginer, sur le moment...
J'ai très chaud.
Je suis toute seule, surtout.
J'ai chaud. J'ai les oreilles qui bourdonnent.
Je perds pied complètement.
La sage-femme essaie d'être là sur le moment...
Elle ne m'a encore rien expliqué.
Elle m'a dit que c'était juste très grave.
Elle met sa main sur mon épaule et je la retire immédiatement.
Je ne veux pas qu'on me touche.
Je me sens très mal.
Je sors prendre l'air.
Je reprends mes esprits et je veux savoir
ce qu'il se passe.
Elle me propose de m'allonger à nouveau.
Elle rallume son écran.
Je souffle un bon coup.
- A.Lecaron: Elle vous trouve un rendez-vous le lendemain matin.
Elle voit quelque chose de grave au diagnostic.
Vous allez donc à l'unité de diagnostic anténatal
de l'hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon.
L'échographie dure 1 heure 30.
Quel est le diagnostic à ce moment?
- Clara: Le médecin parle d'ascite foetale.
Les mesures du bébé sont énormes.
A.Lecaron: Il a un gros coeur.
- Clara: L'abdomen est relevé par une tentative une quantité
de liquide anormal, l'ascite foetale.
Le coeur est anormalement gros pour ce terme.
Le médecin réitère les propos de la sage-femme
de la veille en me disant que c'est grave,
qu'il faut se préparer à perdre le bébé éventuellement.
- A.Lecaron: Là, il commence déjà à vous parler de parvovirus rare.
On a demandé à un gynécologue obstétricien du groupe de recherche
sur les infections pendant la grossesse
de nous en dire plus sur le parvovirus et sur les gestes
possibles pour s'en prémunir.
- C'est un virus qui se transmet par voies respiratoires,
notamment via des gouttelettes de salive.
Le réservoir principal est constitué
par des enfants gardés en bas âge en collectivité,
ce qui fait que les jeunes mamans enceintes sont des cibles
potentielles et à risque de transmission du virus.
Ca peut poser un problème pour le foetus
en cours de grossesse.
Certains de ces foetus infectés peuvent développer
des signes à type d'anémie foetale.
Il faut s'adapter dans les gestes de la vie quotidienne,
notamment en lavages des mains fréquents
en phase épidémique et aussi éviter de partager des objets
de la vie quotidienne comme une petite cuillère.
- A.Lecaron: Si vous êtes enceinte, retenez bien ces gestes barrières.
Vous, on vous parle de maladie génétique
ou de parvovirus.
Il faut faire une amniocentèse pour confirmer.
Vous faites un contrôle toutes les 48 heures en attendant
les résultats de l'amniocentèse, qui confirme que l'infection
au parvovirus a passé la barrière du placenta.
Vous êtes en fin de 6e mois.
On vous dit quoi?
- Clara: On nous explique.
Je n'ai jamais entendu parler du parvovirus.
On nous explique que ça vient créer une anémie sévère, voire extrême
pour le bébé, d'où l'ascite, qui est un mécanisme
de défense du bébé.
Pour pallier ça, vu que ça tue le bébé,
il faut transfuser le bébé in utero, lui donner
une poche de sang en anesthésie générale.
Il faut voir s'il supporte.
Sinon, il faut le sortir.
Il y a des termes extrêmement lourds
qui nous sont dits.
On nous dit Qu'on tentera de réanimer le bébé à ce stade...
Les chances sont quasi nulles, à ce moment-là.
- A.Lecaron: On imagine votre détresse.
Vous avez un rendez-vous pour la transfusion.
A chaque fois, on vous a donné une terrible nouvelle.
Vous appréhendez forcément.
Mais là, il se passe quelque chose.
- Clara: Quelque chose d'incroyable.
L'examen commence...
Pas un bruit...
Cette fois, je sens le médecin...
Il n'est pas à son habitude.
Il se recule un peu dans sa chaise.
Il se gratte la tête.
A ce moment, je me dis que c'est fini.
Je m'attends à ce qu'on me dise quelque chose de très grave.
Au final, il me dit qu'il ne comprend pas,
que l'ascite semble se stabiliser.
- A.Lecaron: Alors que c'est censé augmenter.
- Clara: C'est censé évoluer vers le pire jusqu'à ce qu'on fasse
la transfusion.
Mais à ce moment-là, l'ascite se stabilise.
Il me dit qu'on ne peut pas planifier
la transfusion sans être sûr que le bébé est anémié.
- A.Lecaron: C'est pour prélever du sang...
- Clara: C'est à peu près la même opération qu'une amniocentèse
mais là, on va dans le cordon chercher du sang
directement du bébé pour pouvoir mesurer le taux d'hémoglobine
dans le sang du bébé pour ne pas le transfuser
s'il n'y en avait pas besoin.
- A.Lecaron: Comment ça se passe quand on prélève le sang du bébé
2 jours après?
- Clara: C'est une intervention lourde.
C'est intrusif à nouveau.
Ce sont des opérations dont on se passerait.
Il y a beaucoup d'angoisse.
Mon conjoint est très concentré.
On se broie la main mutuellement.
Il y a beaucoup de médecins, des infirmières...