"Les dégâts ressemblent à celle d'une bombe atomique" : un auditeur raconte le cyclone à Mayotte
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram ). Bruno, gérant d'un hôtel à Mayotte, raconte comment il a vécu le cyclone Chido
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Emmanuel Macron justement est attendu demain à Mayotte, dévasté par le passage meurtrier du cyclone.
Le premier ministre François Bayrou est sous le feu des critiques après avoir privilégié le conseil municipal de Pau.
Il a tenté péniblement de se défendre hier à l'Assemblée nationale, et même maladroitement, Pau s'est enfance.
Il n'est pas d'usage que le premier ministre et le président de la République quittent en même temps le territoire national, a-t-il dit.
Alors bien sûr, c'est des querelles picrocolines par rapport à ce qui se passe réellement à Mayotte, qui est un drame absolu.
Je suis obligé de vous dire que Pau, c'est en France.
Il n'est pas d'usage que le premier ministre et le président de la République quittent en même temps le territoire national.
Donc évidemment, cette phrase a fait réagir.
À l'Assemblée nationale, personne n'a réagi d'ailleurs immédiatement.
Les gens, il a fallu un petit temps pour qu'ils comprennent que le territoire national, c'est aussi Mayotte.
Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, il commentait ce matin le début d'entrée en fonction de François Bayrou.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'était poussif, pas très convaincant.
J'allais dire, comme disent les jeunes, ça n'envoie pas du rêve.
François Bayrou, hier, moi, j'avais l'impression d'être au croisement entre Raymond Barr et Édouard Balladur,
c'est-à-dire quelqu'un de très décalé par rapport à la société d'aujourd'hui,
quelqu'un de très décalé par rapport au rythme de la vie politique, au rythme de la vie de la nation.
C'est marrant parce qu'il pense être désagréable en citant Raymond Barr et Édouard Balladur.
Ce sont deux premiers ministres de grande qualité.
Alors bien sûr, ce ne sont pas des gens qui montent sur la table et qui vont danser la macarana,
mais ce sont des gens sérieux, l'un et l'autre, qui ont laissé plutôt un bon souvenir sur les finances françaises
et qui ont une stature d'homme d'État tous les deux.
En revanche, l'expression « envoie du rêve », les jeunes disent ça, ça envoie du rêve, Géraldine ?
Oui, on peut dire ça, exactement. On envoie du rêve.
Ah bah oui, ça se dit beau, ça !
On envoie du rêve !
On ne dit pas ça de tout le monde, mais oui, ça se dit.
Vous pensez à quelqu'un en particulier ?
Allez, c'est bon, on arrête !
Je ne sais pas si vous souhaitez être désagréable en citant...
Non mais Géraldine envoie du rêve avec ses petits pulls, par exemple, voilà !
Vous voyez, ça se dit comme ça !
Celui-là, il a rétréci au...
Il n'a plus une hanche !
Il n'a plus qu'un raccourci au manche !
C'est plutôt vrai qu'il a un raccourci au manche !
C'est un torchon !
Ça ne va pas la tête !
Mais il est très beau, il est vert comme Noël !
Oui, je suis d'accord !
Noël est vert, oui, mais il n'a plus de manche !
Les manches s'arrêtent au bout de...
C'est un débardeur !
Je crois que tu aurais dû le laver à froid, je l'ai lavé à 30 degrés !
Ah c'est vrai ?
Ah oui, vous l'avez lavé à froid, effectivement !
Emmanuel Macron à Mayotte en 2019 !
Alors ça, c'est très intéressant, parce que c'est les fausses promesses !
Notre camarade Laurent Tessier, à 6h15, je rappelle,
c'est une chronique absolument formidable que vous faites tous les matins, cher Laurent !
Merci !
Et j'invite tous les uns et les autres à écouter cette chronique,
parce que vous avez mis bout à bout ce qu'avait dit Emmanuel Macron en octobre 2019 !
Et notamment, il parle d'un hôpital qui sera construit en 2025 !
Il n'est toujours pas construit, il sera peut-être construit en 2028 !
Et on se souvenait, avec quelques-uns,
du moment où j'étais passé, quand j'étais alors candidat !
Je disais, c'est l'endroit de France où j'ai reçu le plus de baisers !
Nous sommes dans un territoire de la République, un département,
qui est assez contrainte, sismique, géographique, démographique,
qui nous conduise à devoir investir !
C'est comme ça que je vois les choses, c'est investir !
La France, c'est d'abord la sécurité !
Et donc la sécurité sera au rendez-vous en matière de lutte contre l'immigration !
Parce que c'est ce qui est dû à Mayotte !
Je sais que vous voulez plus de médecins, de meilleurs soins,
et vous y avez droit !
Et ce seront les travaux pour le deuxième hôpital qui seront commencés !
Et donc on y met les moyens !
Je n'ai pas fini !
La France, c'est l'éducation !
Et les jeunes !
Avant la fin de ce quinquennat,
ce sont 800 classes nouvelles qui seront ouvertes à Mayotte !
C'est l'engagement pris !
Et il sera tenu !
Plus d'habitats !
On va relancer des opérations ici, à Mayotte,
pour rénover l'habitat !
Et donc les engagements que j'ai pris devant vous,
je viendrai en rendre compte !
Maoré !
Nafaranza !
Merci à tous !
Je vais venir vous embrasser !
Bon, vous savez ce que ça veut dire d'ailleurs cette dernière phrase ?
Maoré, Nafaranza, Pakatcho ?
Vous savez ce que ça veut dire ?
Non !
Vous avez répondu !
Non !
Ça veut dire Mayotte et la France,
jusqu'au bout, à la vie, à la mort !
Donc Maoré, Mayotte, Nafaranza !
Nafaranza, ça veut dire France en maorais !
Pakatcho, ça veut dire jusqu'au bout, à la vie, à la mort !
Vous êtes bilingue ça y est !
Bah non, je le lis !
Et vous savez quelle est la langue que j'utilise ?
Le maorais !
Non, c'est le Chimaoré !
Le Chimaoré, d'accord !
On va rappeler Amina peut-être ?
Ça va être intéressant !
Cette langue, elle est belle d'ailleurs !
Elle est belle, elle est étonnante !
Et elle est intéressante comme toutes les langues !
Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, ce matin sur BFM,
qui évoquait les dégâts !
Une île qui est totalement dévastée !
Des dégâts qui sont absolument colossaux !
Ce qui m'a le plus frappé,
puisqu'on a parcouru dans un premier temps l'île avec un hélicoptère
pour nous rendre compte un peu des dégâts,
c'est ce contraste qui est saisissant
entre d'un côté ces paysages totalement désolés,
cette désolation,
et en même temps, lorsqu'on se pose,
cette espèce de calme apparent,
cette espèce de silence.
J'ai vu finalement assez peu de personnes
qui étaient au-delà de Mamoudzou.
Ce sont les gens !
Il est 11h02, on va marquer une page en couleur
et nous revenons évidemment pour écouter Bruno Retailleau,
Éric Piolle également toujours sur ce sujet.
On parlera aussi politique,
parce que M. Retailleau explique
ou on croit comprendre
que les conditions ne sont pas réunies
pour entrer au gouvernement.
Ça, c'est ce qu'il a dit ce matin.
Il l'a rencontré depuis François Bayot.
Et ce sera bien peut-être d'avoir une expertise politique,
Laurent Tessier.
Exactement !
Et nous serons peut-être avec
un des journalistes du service politique d'Europe.
Nous en parlerons dans quelques instants,
vers 11h30.
Eh bien, c'est parfait !
Je vous remercie !
Bruno Retailleau, je le disais,
parler des dégâts il y a une seconde,
je vous propose de l'écouter
Il faut modifier notre législation.
Pourquoi est-ce que je veux, moi,
qu'on légifère sur l'immigration ?
Parce qu'on a besoin de régler
des problèmes pratiques.
Et tous ces bien-pensants à gauche,
tous ces bien-pensants à gauche et ailleurs,
d'ailleurs, que j'entends depuis hier,
eh bien, je souhaite qu'ils aillent
au contact des Mahorais.
C'est très facile à Paris,
à l'Assemblée nationale ou ailleurs,
ou dans les médias,
de proférer un certain nombre d'oukazes
vis-à-vis de telle ou telle position.
Moi, je veux régler le problème.
Il n'y a aucune société au monde,
vous m'entendez bien,
là-bas, la population à majorité,
elle est musulmane.
La peau, elle est brune.
Ce sont des gens, des Français,
je ne connais pas de territoire de France
aussi attaché à la mère patrie,
à la France, que Mayotte, que ce soit dit.
Mais qu'ils aillent au contact de ces élus,
au contact de la population,
ils leur diront que c'est impossible.
C'est comme si en France,
on avait à peu près 20 millions de clandestins.
Laissez-moi terminer.
Est-ce qu'une société peut vivre
dans la concorde civile
avec un tel déséquilibre démographique ?
Eh bien, je dis non.
Et son analyse est un placard.
Bruno est avec nous,
il est directeur d'un hôtel dévasté.
Il est à Mayotte depuis 23 ans
et je crois que nous l'avons en direct.
C'est bien cela.
Bonjour Bruno.
Bonjour.
Et merci d'être avec nous.
Est-ce que vous pouvez nous raconter
l'état dans lequel est votre hôtel ?
Écoutez, il est complètement dévasté,
comme s'il y avait, je veux dire,
comme j'ai toujours dit,
une bombe atomique était tombée dessus,
il n'y a plus rien,
il n'y a plus de toit,
même des parties du mur,
des murs se sont envolés
que j'ai retrouvés à 20-30 mètres.
Ça vous dit un peu l'intensité des vents
et ça vous dit un peu la puissance.
Aujourd'hui, l'état en général
de l'hôtel est dévasté.
Le pire, c'est que nous n'avons pas d'eau,
nous n'avons pas d'électricité,
il n'y a pas d'eau potable,
donc ça devient extrêmement compliqué
de vivre.
C'est parce que l'eau,
on ne vit pas sans eau.
Nous avons de plus en plus
de bandes organisées qui tournent
et qui essayent de récupérer
tant bien que mal de l'eau.
Ça devient de l'or.
C'est extrêmement compliqué
de vivre à Mayotte
à l'heure actuelle.
Combien de chambres
il y avait dans votre hôtel ?
Il y avait 40 chambres,
j'en ai plus que 8.
8 qui sont viables,
si j'ose dire ?
Oui, c'est un bien grand mot,
qui sont logeables,
et pas dans des conditions
d'un hôtel normal.
Vous êtes propriétaire
de cet hôtel
que vous aviez construit ?
Non, je suis le gérant,
je suis le gérant de l'hôtel,
ça fait des années,
depuis 23 ans.
Combien de personnes
travaillent dans cet hôtel ?
Comment ?
Combien de personnes
travaillent dans cet hôtel ?
37 personnes.
Qui vont être évidemment
sans doute au chômage
chez Prochanger.
Évidemment.
Aujourd'hui,
dans le Prochanger,
vous allez retrouver
près de 80 à 90%
parce qu'il faut que j'assure
la sécurité quand même
de l'établissement
dû au pillage.
Alors, il faut savoir
qu'il y a des bancs de la nuit
qui passent dans tous les établissements
et qui essayent de récupérer
tout ce qu'ils peuvent
pour pouvoir vivre déjà.
Attention, c'est vital.
Et après,
ce qu'ils peuvent au niveau matériel
de le récupérer
pour pouvoir avoir
un maximum de choses.
J'entends évidemment
ce que vous dites
et on compatit,
en tout cas,
on est avec vous
dans cette période
qui peut être difficile.
J'imagine quand même
qu'il y a des assurances
qui vont vous aider ?
Alors, les assurances,
oui, il y a toujours
des assurances,
mais combien de temps ?
La durée,
quand est-ce qu'on va être
indemnisé, tout ça ?
Donc, ça va mettre
énormément de temps
parce que là,
c'est quand même
une catastrophe,
je veux dire,
de toute une île.
Nous sommes des milliers
de personnes
qui sont dans la même situation
et encore,
on est vivants.
Il faut savoir une chose,
c'est qu'aujourd'hui,
et je tiens à le dire
sur votre antenne,
que le nombre de personnes
décédées qui sont mentionnées
et qui sont dites
est très, très, très, très,
très loin de la réalité
du terrain.
C'est-à-dire que
parmi les 37 personnes
avec lesquelles vous travaillez,
est-ce qu'il y a des gens
dont vous n'avez plus
de nouvelles aujourd'hui ?
Il y a 70% de mon personnel,
je n'ai pas de nouvelles.
Ah oui, ça,
c'est très important
et vous pouvez imaginer,
vous n'avez pas de nouvelles
parce que ce personnel
habite loin,
parce qu'il n'y a pas
de téléphone peut-être,
mais vous ne savez pas ?
On ne savait pas.
On a essayé,
avec ma responsable
des ressources humaines,
de pouvoir les contacter
afin de leur dire
de rester chez eux.
Il n'y a aucune réponse,
rien, rien, rien.
On n'a rien du tout.
Donc on se fait quand même
des soucis.
Vous savez,
quand on habite
depuis 23 ans sur l'île,
on sait pertinemment
que ce qui est parti,
ce qui a été dépassé,
il y avait des milliers
de personnes qui étaient là.
Où elles sont passées ?
On ne les voit même pas
dans la rue.
Où elles sont passées
toutes ces personnes-là ?
Elles sont bien quelque part.
La construction de votre hôtel,
est-ce qu'elle est en cause,
selon vous,
ou est-ce que la nature
a parfois des effets
que rien n'aurait pu
arrêter ?
Écoutez, là,
quand vous avez une construction
qui est en béton
avec des tols
qui sont fixés
par des sociétés
viables
et que tout s'emporte
du béton,
ça devient compliqué.
C'est-à-dire que je pense
que même en métropole
avec un vent pareil,
on aurait eu...
Voilà, c'est important
de lire ça quand même
parce que c'est une forme
de fatalité.
C'est-à-dire que
en l'espèce,
il n'y avait pas
d'autre solution.
L'homme est impuissant
face à des vents
qui n'ont jamais
soufflé comme ça
sur l'île
depuis la nuit des temps.
Écoutez,
pour l'avoir vécu
avec Louis
à Saint-Martin
en 1995
et Hugo
sur la Martinique,
donc j'ai une vision
des choses
et une expérience
des Antilles
et surtout
des cyclones,
je n'avais jamais vu ça.
Je suis parti
à un moment donné,
il faut savoir
que j'ai rapatrié
le peu de clients
qui étaient à l'intérieur,
les uns derrière les autres,
et j'ai bien fait
puisqu'un quart d'heure après,
on perdait les toits
et imaginez ce qui sera arrivé
aux personnes
qui étaient à l'intérieur.
L'expérience
que vous avez vécue
est unique
d'être dans l'œil
du cyclone.
Ça dure
combien de temps ?
Des milliers d'heures
et deux heures générales.
Voilà,
je pense avoir répondu
à votre question.
Deux heures
et on a l'impression
que c'est une éternité.
Une éternité,
que ça ne s'arrête pas.
Les minutes sont des heures.
Et là,
vous étiez où ?
J'étais dans l'enceinte
de l'hôtel,
j'allais chercher les clients.
Il faut savoir
qu'il y a des espaces libres
et qui sont aérés
et là,
je peux vous dire
que c'était un véritable gouffre.
J'allais chercher les clients
et les rapatrier
dans un lieu protégé
en sous-sol,
les uns derrière les autres
et je pense que
la réaction a été bonne
d'un responsable,
de tout responsable
d'aller les récupérer
puisqu'après,
je perdais
la quasi-totalité
de l'hôtel.
Donc imaginez
ce qui se serait passé
si on n'avait pas
déclenché
le système d'alarme
de l'hôtel
pour que les gens
incendient,
pour que les gens
reviennent directement
sur la réception
et viennent au point
de rassemblement.
Et lorsque le cyclone
se met en place
ou démarre
ou comment,
je ne sais pas exactement
comment dire,
ça démarre
en quelques secondes
ou il y a une sorte
de montée en puissance ?
Alors,
la montée en puissance,
ça ne se fait pas.
C'est une montée en puissance,
c'est-à-dire que ça démarre,
c'est-à-dire qu'il y a
un calme
mais on a l'impression,
on se demande
ce qui va arriver,
il n'y a pas d'oiseau,
il n'y a pas un bruit,
rien du tout
et d'un coup,
on voit le vent
arriver de plus en plus
et de plus en plus puissant.
Mais le signe avant-coureur,
c'est un calme,
mais un calme,
mais c'est reposant,
j'aurais tendance
à vous dire.
On a l'impression
d'être quasiment
dans ces films catastrophes
qu'on a vus
de nombreuses fois
à la télévision.
C'est exactement
ce que j'ai pensé,
c'est exactement
l'idée qu'on se fait.
Alors catastrophe
pendant le passage
et surtout catastrophe
quand on regarde
autour de soi
lorsque le cyclone est passé.
Je me suis dit
mais ce n'est pas possible,
ce n'est pas un cyclone
qui est passé,
on nous a balancé
une bombe dessus.
Et quand
ces deux heures
s'achèvent,
on retrouve
quasiment immédiatement
une sorte de calme
ou il y a
une descente
progressive ?
Il y a une descente
progressive
suivie d'un calme
énorme
et suivie
d'un soleil
magnifique.
Voilà ce qui s'est passé
de suite après.
On avait l'impression
qu'il ne s'était jamais
jamais rien passé.
C'est-à-dire
qu'un soleil
radieux
et puis je vous assure
hier soir
une nuit étoilée.
Avant-hier soir
une nuit étoilée
magnifique
avec des millions
d'étoiles.
C'est tout à fait
fascinant.
Lorsque vous étiez
pendant l'oeil du cyclone
pendant ces deux heures
vous étiez donc
à l'abri
si j'ai bien compris
et là
vous étiez quand même
en sécurité
ou vous avez
à un moment
pensé
que vous-même
n'étiez plus
en sécurité ?
Alors vous savez
quand on est responsable
c'est d'abord
la sécurité de ses clients.
À un moment donné
oui oui
il faut le reconnaître
j'ai eu
un doute
parce que la montée
des eaux
faisait en sorte
qu'on a eu
tous au pied
entre 20 et 30 cm
d'eau
même en sous-sol
mais par rapport
à ce qui aurait pu arriver
s'ils étaient restés
dans les chambres
heureusement
ils étaient
en toute sécurité.
Dans les chambres
ils ne seraient pas restés
il y aurait eu
des dizaines de morts
dans l'hôtel.
Il y a un témoignage
pour ceux qui arrivent
à l'instant
sur l'antenne d'Europe 1
que je trouve tout à fait
extraordinaire
celui de Bruno
qui est directeur
d'un hôtel dévasté
qui nous parle
depuis plus d'une
dizaine de minutes
et nous sommes
suspendus
à vos lèvres.
Alors
au-delà
de cet incident
de cette
catastrophe
le mot est plus juste
il y a
ce rapport
de la Cour des Comptes
qui date je crois
de 2022
et vous qui vivez
à Mayotte
depuis 23 ans
vous allez pouvoir
nous dire ce que vous en pensez.
Il y a eu un plan Mayotte
en 2025
qui avait été annoncé
en 2015.
Aucune mesure
ne visait la sécurité
et l'immigration
sont suivies à durer un an.
En 2018
il y a un second plan
plus d'un milliard
de débloqués
rien n'a changé
la Cour des Comptes
a demandé des documents
à la préfecture
on ne sait même pas
ce qui est advenu
de ce qu'on avait décidé.
Rien
rien n'existe à ce jour
pour éclairer
la stratégie
de développement
de Mayotte.
Si vous y êtes depuis 12 ans
vous avez vu la délinquance
atteindre
depuis 23 ans
pardon
vous avez vu la délinquance
atteindre un niveau record
la sécurité en première
préoccupation
des habitants
la moitié de la population
qui ne parle pas français
je disais à Mayotte
il y a 30 médecins
généralistes
libéraux
il y a 12 dentistes
simplement
il y a moins de 10 000 élèves
qui sont scolarisés
on a l'impression
que Mayotte
est une catastrophe
nationale
Bruno
et malgré tout
vous vous y êtes
et vous y êtes
depuis 23 ans
donc je voulais votre avis.
Écoutez là-dessus
vous avez tout à fait raison
vous avez bien résumé
la situation à Mayotte
moi j'y suis
c'est vrai que
on a tendance
à s'attacher
à ce qu'on a
et pas partir ailleurs
c'est ça
c'est exactement
ce qui est compliqué
c'est extrêmement compliqué
de vivre à Mayotte
en temps général
on vit dans des
dans des prisons dorées
donc personnellement
ma maison
il y a des barbelés
et puis des barreaux
de partout
comme dans une prison
je crois que je suis
plus sécurisé encore
que la prison locale
de Majicabo
on sort très peu
parce qu'on a peur
des caillassages
on sort très peu
parce qu'on a peur
des pillages
on sort très peu
parce qu'on a peur
que lorsqu'on rentre
chez soi
il n'y ait plus rien
ce sont des conditions
qui ne sont pas vivables
et c'est vrai que
pour un département français
c'est très rare
j'ai fait la Martigny-Gouadoupe
Saint-Martin-Saint-Barthes
je n'ai jamais vu ça
je n'ai pas vécu
dans d'autres
j'ai vécu à La Réunion
aussi
ce n'est pas du tout
on vit
les portes sont ouvertes
les fenêtres sont ouvertes
nous ce n'est pas le cas
ici à Mayotte
on vit avec
un taux de délinquance
impressionnant
on vit avec
beaucoup beaucoup
de clandestins
qui ont faim
vous avez dit que
votre maison
est cernée
par des barbelés
c'est ce que vous avez dit ?
oui ma maison
est entourée de barbelés
pour pas que les gens viennent
ma maison
il y a des barreaux
aux fenêtres
dignes de barreaux
de prison
et j'ai une porte blindée
pour que les gens
ne rentrent pas
et ça
je dirais
que c'est
60-70%
des habitations à Mayotte
or bien sûr
les bidonvilles
on s'entend bien
Bruno
restez avec nous
parce que je pense
qu'on a encore
2-3 petites questions
à vous poser
je suis passionné
par tout ce que vous nous dites
et il n'y a évidemment
comme toujours
rien de mieux
que d'entendre
un témoignage
de quelqu'un
qui vit
à Mayotte
et qui parle
de son quotidien
