Environnement : pourquoi le Danemark a-t-il libéré Paul Watson ? • RFI

RFI
100 abonnés
2 Vues de vidéo·20 déc. 2024
Bonjour Juan, bonjour à tous les auditeurs de l'RFI.
À Dakar, au Sénégal, et vous avez des questions sur Paul Watson, le défenseur des baleines.
Oui, bien sûr Juan. Après cinq mois de détention, pour quelles raisons justement les autorités danoises ont-elles fini par les libérer, les militants écologistes ?
Alors, c'est une bonne question que vous posez. Bonjour Pauline Glaise.
Bonjour Juan, bonjour.
Chef adjoint au service environnement climat de RFI, vous avez pu d'ailleurs vous entretenir avec Paul Watson, 149 jours de prison dans le Groenland.
Expliquez-nous la décision du Danemark.
Alors, Paul Watson a été libéré immédiatement après le refus de son extradition, précisément parce qu'il était maintenu en détention pendant près de cinq mois dans l'attente de cette décision.
La justice craignait qu'il ne fuie du pays. Il s'était déjà enfui d'Allemagne il y a une douzaine d'années dans le cadre d'une autre affaire d'extradition.
Et donc, pourquoi le Danemark a refusé l'extradition ?
Eh bien, il aurait pris plusieurs aspects en compte.
Alors déjà, il faut rappeler que le Danemark était pris aussi entre plusieurs requêtes.
Celle du Japon qui voulait donc que Paul Watson soit extradé sur son territoire.
De notre côté, la France plaidait plutôt pour qu'il soit relâché.
Il y a aussi les territoires autonomes des îles Féroé, par exemple, qui n'apprécient pas vraiment Paul Watson parce qu'ils ont aussi une pêche, des coutumes autour de la chasse aux dauphins.
Et donc, quels aspects ont été pris en compte ?
Eh bien, le fait que les actes pour lesquels l'extradition est demandée remontent à plus de 14 ans.
La nature des actes en général aussi a été prise en compte.
Tokyo accuse Paul Watson d'être co-responsable de dommages et blessures à bord d'un navire balaigné.
Mais concrètement, Paul Watson affirme déjà n'avoir jamais blessé personne et dénonce des poursuites politiques.
Et il se réagit d'en lancer d'une boule puante et de l'abordage d'un navire.
Et Copenhague a aussi fondé son refus sur, je cite,
la durée totale de la détention de Paul Watson après son arrestation le 21 juillet dernier
et jusqu'à ce qu'une éventuelle extradition puisse être exécutée.
Oui, selon Le Monde, le ministère de la Justice du Danemark se serait appuyé sur le fait qu'il n'avait pas la certitude nécessaire
que le temps de détention provisoire au Groenland serait intégralement déduit de la peine à laquelle il aurait été condamné en cas d'extradition.
Alors, ça paraît un peu technique, mais en fait, précisément selon l'un des avocats de Paul Watson, toujours cité dans Le Monde,
cet argument technique, en fait, ça a permis au Danemark de ne pas donner satisfaction au Japon sans non plus l'humilier.
D'ailleurs, le gouvernement danois a pris soin de préciser que sa décision ne signifiait pas qu'il partageait certaines préoccupations au sujet du système juridique japonais,
un système judiciaire japonais réputé pour sa dureté.
On se souvient de l'affaire Carlos Ghosn, les projecteurs avaient été braqués sur lui à cette époque.
Effectivement. Kasum, vous avez une dernière question ?
Oui, de savoir quelle est la suite maintenant pour Paul Watson ?
Alors, je le disais, Pauline Biais, vous avez pu vous entretenir avec lui. Déjà, il a rentré en France.
Oui, pour rejoindre sa famille. Il est americano-canadien, mais il vit en France avec sa femme et ses deux enfants.
La présidente de Sea Shepherd France, d'ailleurs, l'a soutenue depuis le début. La ville de Paris aussi lui a accordé la citoyenneté d'honneur pour le soutenir.
Prochaine étape également, attaquer la notice rouge d'Interpol et le mandat d'arrêt japonais pour qu'il puisse de nouveau voyager partout dans le monde
sans être de nouveau confronté à un épisode tel qu'il vient de le vivre au Groenland.
La suite, j'imagine, c'est aussi de continuer le combat.
Oui, il n'a pas l'intention d'arrêter une cinquantaine d'années de combat. Il a l'intention de continuer à travailler avec Sea Shepherd France
pour poursuivre sa lutte contre la chasse à la baleine, notamment, mais aussi contre le braconnage des tortues, la pêche illégale.
Il n'a pas l'intention non plus de changer ses méthodes, des méthodes qui ont parfois fait polémique.
Mais pour lui, c'est la seule qu'il voit, la seule alternative serait que les gouvernements, dit-il,
assument leurs responsabilités en vertu du droit international pour faire respecter le moratoire à la pêche à la baleine.
