Immigration : le centre d’accueil de demandeurs d’asile de Bélâbre ne verra jamais le jour
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LCP - Assemblée nationale
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21 déc. 2024
Manifestation autorisée et maintenue pour les anti-Qadha.
Rendez-vous 9h, place de la République à Bélabre.
Bélabre.
Une commune de 940 âmes au cœur du Béry, dans l'Inde.
Ici, les habitants se déchirent sur l'installation prochaine
d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile, un Qadha.
En neuf mois, c'est la quatrième fois qu'ils manifestent.
La manifestation anti-Qadha est autorisée et maintenue.
L'île de France concentre près de la moitié des demandes d'asile.
L'État veut mieux les répartir et souhaite que les régions prennent leur part.
L'Indre, département sous-doté, va créer 60 nouvelles places d'accueil,
38 dans cette petite commune rurale.
Et ça ne fait pas vraiment l'unanimité.
On va les mettre là, les parquer au fond, sans rien, sans jardin, sans activité.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Ma crainte, c'est de voir des gens qui ne pourront rien faire de la journée
faire des bêtises justement parce qu'ils s'ennuient.
Dans des tout petits villages comme ça,
où les gens ont l'habitude de vivre très tranquillement,
et où il n'y a ni transport, où il n'y a rien à faire,
je comprends que les gens se posent des questions.
Depuis que le projet a été annoncé par le maire,
c'est tout le village qui s'est crispé.
Le maire a réussi une chose formidable, c'est de diviser en deux sa population.
Ça a créé deux mondes différents, du coup.
Ça a été mal préparé initialement, et puis voilà, aujourd'hui, c'est la guéguerre.
Un village coupé en deux,
au point que le maire ne peut plus se déplacer dans les rues sans être pris à partie.
Bonjour.
Le monsieur qui est là, je lui ai dit bonjour.
Il m'a dit, tu oses me dire bonjour ?
Moi, je suis passée à l'étalement, cet homme.
Il a posté sur les réseaux sociaux que l'usine, là, pouvait être brûlée.
L'usine, c'est cette ancienne chemiserie désaffectée.
C'est elle que Laurent Laroche a revendue à l'association Ville Thaïs.
Elle doit être transformée en CADA, un centre d'accueil pour demandeurs d'asile.
Je viens toujours là avec un peu d'émotion parce que ma maman y a travaillé.
Ici, il y avait 120 ouvrières dans les années 50-60 jusqu'au début des années 80.
Ces ouvrières fabriquaient des chemises pour la haute couture française,
Pierre Cardin, Christian Dior.
Donc là, on va monter à l'étage.
On arrive dans la grande pièce qui sera aménagée pour l'étage.
Donc vous voyez, elle est assez.
Il y a tout à écrire.
Karine Bouteleux, en charge du projet pour Ville Thaïs, visite pour la première fois les locaux.
Donc là, on sera dans la salle de l'étage où il y aura des chambres, des douches et des toilettes.
Et si ma mémoire est bonne, un coin buanderie pour qu'ils aient accès aux machines à laver, sèche-linge.
Le bas sera plus sur les activités collectives avec des bureaux qui permettront la confidentialité
pour travailler justement les dossiers de demande d'asile.
600 mètres carrés pour accueillir 38 demandeurs d'asile.
Ça fait un très bel espace.
Les combes seraient aménageables.
C'est la superficie qui nous a plu.
Et comme je le disais tout à l'heure, il y a tout à écrire.
C'est vrai que là, finalement, on a quatre murs, un toit et on va pouvoir faire ce qu'on a envie de faire.
Mais pour l'instant, pas de travaux en vue.
Annoncée en février, neuf mois après, la vente n'est toujours pas signée.
J'ai plus de mal à m'imaginer comment ça va être en bas, en fait.
Voilà. Ici, on a une association de tir à l'arc.
Alors elle va être déménagée provisoirement.
C'est particulier, en effet, d'être là.
Je suis la cible. Je suis la cible de bon nombre de gens.
Je suis l'homme à abattre.
Oui.
C'est pas drôle.
Non, c'est pas drôle.
J'y mets tout mon cœur parce que j'y crois.
Comment refuser cet accueil à des enfants, à leurs parents?
L'accueil des demandeurs d'asile est une compétence de l'État.
En acceptant de vendre ce bâtiment à Ville Thaïs, Laurent Laroche n'imaginait pas les conséquences.
Je me sens menacé.
Vous savez, la personne qu'on vient de rencontrer, qui me dit, voilà, t'as pas honte de me dire bonjour.
Moi, je suis l'élu. Pour moi, il n'y a rien qui a changé.
Je n'ai pas changé, moi. Je suis comme j'étais.
C'était des gens que je considérais comme des gens tout à fait normaux, aimables, pour qui j'avais un peu d'estime, même.
C'est des gens, voilà, qui n'avaient jamais rien fait, qui aujourd'hui sont dans une...
Ce monsieur, particulièrement, il est dans une haine.
Ville Thaïs a ouvert six cadas dans la région.
Mais l'association n'avait jamais été confrontée à une telle hostilité.
On est aussi démunis parce que c'est la première fois, donc on en vient à faire des démarches qu'on n'avait jamais faites jusque-là,
c'est-à-dire communiquer avec les renseignements territoriaux, aller déposer plainte et des mains courantes sur les postes diffamatoires
qui sont diffusés sur tous les réseaux sociaux.
Il est là-bas.
En quittant le bâtiment, le voisin qui avait invictivé le maire nous interpelle à notre tour.
Vous avez filmé qui ?
On a filmé le maire.
Le maire ? Pourquoi il y a un maire ici ?
Pour un collabo.
S'il est en colère, c'est que sa maison est face aux cadas.
Alors il a bien réfléchi.
Après 20 ans ici, il a décidé de quitter le village.
Je pense qu'on veut débarrasser Paris, soulager les Parisiens, parce que les Parisiens, ils en ont peut-être autant marre que nous.
En ce moment, on en a marre.
On vit plus, on dort plus parce que, voilà, moi, je pense...
C'est la sécurité.
Je suis sûr que la sécurité n'y sera pas.
Qu'est-ce qu'ils me cherchent, Abelham ?
En plus, là, ils n'ont pas de terrain, ils n'ont rien.
Rien, rien, rien, rien.
Maintenant, il dit que ça va être des familles.
Moi, j'ai un gros doute.
Le maire a géré Ville Thaïs tout seul.
Il n'a rien demandé à personne, il l'a fait de son propre chef.
Pourquoi qu'il n'a pas fait un référendum ?
Un projet clivant, passé sous silence.
C'est ce que reproche une partie de la population à son maire.
Laurent Laroche, lui, assume son choix.
Je n'ai pas commis d'erreur, de faute.
Peut-être, éventuellement, aurions-nous dû...
Peut-être, je dis bien peut-être, aurions-nous dû communiquer plus tôt.
C'est ce qui m'a été reproché.
J'ai appelé une dizaine d'élus qui ont des cadavres dans toute la France
et qui ont fait des réunions publiques et qui l'ont très, très mal vécu
et qui m'ont déconseillé de le faire.
Ville Thaïs n'était pas vraiment non plus favorable
à une réunion publique dès le départ.
Et du coup, on a dit, on va avancer comme ça avec le conseil
et on ferait une réunion publique après.
Nous, on l'a fait au mois de mars, une fois qu'en fait,
le conseil avait pris la décision de vendre l'usine.
On ne va pas me reprocher ça pendant un an, un an et demi.
Et c'est pourtant le cas.
Les lettres d'insultes, de menaces s'amoncèlent à la mairie.
C'est un dossier que je n'ouvre pas souvent parce qu'il me fait du mal.
Devant notre caméra, il accepte de replonger dans ses courriers.
Monsieur le maire, chaque jour qui passe dans ce pays,
nous subissons les faits divers les plus atroces par les migrants.
Nous ne laisserons pas ce centre ouvrir dans notre région sans réagir.
Nous ne laisserons pas un petit collabo défigurer
le visage de la France sans rien faire.
Vous êtes prévenu.
Ces derniers jours, les intimidations sont montées d'un cran.
Trois coups de fil anonyme à son domicile.
Un homme lui promettait de lui faire la peau.
Le maire a porté plainte pour la première fois.
Il vit depuis sous protection policière.
Aujourd'hui encore, j'ai la boule au ventre.
On n'est pas à l'abri de rencontrer un fou
qui va, je ne sais pas, me tabasser.
C'est vraiment inquiétant pour moi, pour ma famille.
Et ce week-end-là, la tension ne va pas retomber à Bélabre.
Une cinquantaine de gendarmes se sont déployés sur la place du village.
Sous une pluie battante, les anticadas s'organisent.
Et c'est Ludivine Faccio, la fille de l'épicier,
qui a pris la tête de la contestation.
On va demander de garder un rythme assez calme.
On n'est pas obligés de courir.
Le but, c'est de gagner un petit peu de temps
et de montrer qu'on est là.
On a des caméras qui couvrent cet événement tout de même.
Et le mauvais temps n'a pas dissuadé ces Bélabrets
de venir défendre leur village.
40 migrants à Bélabre, pour la commune de Bélabre, c'est trop.
À Bélabre, bien tranquille.
C'est bien, il y a un gros cadavre qui nous a demandé.
Ah, quel gros connard, s'il ne la gêne pas.
Le cortège a choisi symboliquement de passer devant la mairie.
Reclus dans son bureau, entouré de son équipe municipale,
le maire est tendu.
Depuis ses fenêtres, il jauge la participation.
Ils ne sont pas nombreux, ils ne sont pas plus nombreux que d'habitude.
Même moins, je pense.
Largement moins.
Ce qui me fait le plus de mal, c'est que je vois des gens de la famille.
Des gens de la famille pour qui j'ai de l'amitié.
Des sentiments.
La Roche, démission ! La Roche, démission !
Non, je ne démissionnerai pas.
J'irai au bout.
Il y a beaucoup de gens du Rassemblement national.
C'est des gens de Bélabre qui se laissent influencer
par des discours politiques nationaux.
Ce jour-là, ils sont 150 dans les rues du village.
Après 9 mois de contestation, la mobilisation ne faiblit pas.
C'est un superbe et chaleureux village
qu'en même temps, au fond de nous, n'est pas équipé,
n'est pas prêt à recevoir un tel projet.
Parce que nous sommes déjà, nous, Bélabre, petite commune,
victimes des difficultés que l'État nous impose.
Des aires médicales, manque de structure.
Mais c'est surtout un combat contre l'immigration
qui se joue aussi à Bélabre.
D'ailleurs, à la tribune, c'est l'avocat parisien Pierre Gentillet,
proche du Rassemblement national,
qui est invité à prendre la parole.
Je le dis, c'est une affaire civilisationnelle.
Ce combat à Bélabre est un combat local, bien sûr,
mais c'est aussi un combat national.
Regardez vos villes, regardez votre pays.
Le reconnaissez-vous ?
Alors il faut vous battre,
parce que l'État vous a abandonnés.
L'État a abandonné le peuple français,
comme le maire vous a abandonnés.
Battez-vous.
Des élus Rassemblement national, des départements voisins,
sont venus renforcer le mouvement.
Au niveau national, quelque chose est en train de se passer.
Il faut que nous, élus, soyons auprès des habitants,
puisqu'on voit bien que l'État et même les municipalités
laissent un peu les gens à l'abandon,
malgré leurs réclamations, malgré leur refus
de l'installation de Cada
et cette immigration massive qui ne cesse.
Élu divine Facio est bien décidé à faire plier le maire.
Calak, avec la mobilisation de ses locaux et de l'extérieur,
a réussi à faire plier la décision.
Eh bien, pourquoi pas, oui,
si Béla peut être le petit Calak, pourquoi pas, oui.
Calak, ce village breton dont le maire,
harcelé, menacé de mort,
a fini par abandonner son projet de Cada.
Loin du bruit de la manifestation,
à l'autre bout du village,
un petit collectif s'est réuni.
Eux ne sont pas descendus dans la rue.
Ils étaient une centaine ce matin
pour dire non au centre d'accueil des demandeurs d'asile.
150 personnes selon les organisateurs,
130 selon les gendarmes.
Sandrine, Céline, Frédéric et leurs amis
ont monté un collectif favorable au Cada.
Et eux aussi aimeraient bien faire entendre leur voix.
On crie moins fort qu'eux.
Très difficile.
Enfin, je trouve que c'est difficile.
C'est pas dans le thème aujourd'hui
de défendre les demandeurs d'asile
ou voir les réfugiés.
Les gens qui travaillent sur Béla,
qui sont artisans et autres,
si jamais ils annoncent qu'ils sont pro-Cada,
quel risque ils ont ?
C'est que les gens fassent plus appel à eux pour travailler ?
Forcément, d'un côté ou de l'autre,
on s'est positionnés aussi.
On s'est jugés.
Les regards, les gens qui disent plus bonjour,
effectivement, c'est très difficile.
Au début, j'ai pris le parti
de faire comme si de rien n'était,
en se disant que ça va passer avec le temps.
Je m'en suis fatiguée.
Maintenant, je dis bonjour
aux ceux qui me sourient, qui me disent bonjour.
Et après, non.
C'est compliqué.
Toute cette haine qu'on a pu recevoir,
qu'on me voit encore.
Être favorable au Cada à Bélabre
est délicat pour les habitants
comme pour le maire.
Mais Laurent Laroche ne désarme pas.
Il croit toujours à son projet.
Il sait que le parcours sera long
et bien plus compliqué que prévu.
C'est devenu un combat
parce qu'il a été très vite mis sur le champ politique.
Mais certains vous diront,
accepter de faire venir un Cada dans sa commune,
c'est déjà un choix politique.
Au combat politique, il faut des réponses politiques.
Et le fait d'aller à Argenton,
participer à la semaine de l'intégration,
rencontrer des autres élus,
ce sont des actes politiques.
La ville voisine d'Argenton-sur-Creuse
accueille elle aussi un Cada.
Elle organise une semaine de l'intégration.
La secrétaire générale
de la préfecture du département est présente
et Laurent Laroche veut en profiter pour la rencontrer.
Au coeur de la conversation,
les freins à l'intégration.
On peut trouver des parcours
et on peut organiser l'orientation vers l'emploi.
La question qui se pose,
c'est la mobilité.
La mobilité, c'est un vrai sujet.
On est sur le point de signer
avec une association départementale famille rurale
la possibilité de faire du transport solidaire.
Mais le plus important pour le maire de Bélabre,
c'est de s'assurer du soutien de l'Etat.
C'est une politique publique
qui est portée par l'Etat.
L'Etat ne peut pas faire seul.
Au premier chef, ce sont les élus.
Quand on a des élus comme M. le maire
qui croient à ce projet,
on se doit, au niveau des services de l'Etat,
d'être à ses côtés, de le soutenir,
de l'accompagner, voire de mobiliser
les services aux côtés de l'association
pour que les choses aillent jusqu'au bout
et dans de bonnes conditions
et que M. le maire ne se sente pas seul.
Vous ouvrez la voie.
C'est pas sans dommage.
Il y a des dégâts collatéraux.
On vous accompagne.
Mais je sais.
Au nord du département,
une autre commune a ouvert la voie
il y a 7 ans,
la ville de Buzencet.
4500 habitants
et un cadavre qui accueille
110 demandeurs d'asile.
C'est ici qu'Amina vit depuis 4 mois.
Elle a fui son pays
suite à des violences familiales.
Pour des raisons de sécurité,
elle souhaite rester anonyme.
On va courir 5 minutes
pour faire réchauffer le corps.
Depuis quelques semaines,
c'est elle qui anime le cours de danse
de la ville.
Lorsqu'on a quitté notre pays,
on a cru qu'on allait vivre ici
en cachette.
Mais on pratique notre vie tranquillement.
On fait ce qu'on veut.
Au début,
ils ont cru qu'on allait rester
les bras croisés.
Mais lorsqu'ils ont vu
qu'on veut vivre,
qu'on veut s'intégrer,
ils ont aimé ça.
Certains habitants viennent même
assister à son cours.
Aujourd'hui, l'intégration se passe bien.
Mais à l'époque,
comme à Bélabre,
le projet n'a pas été bien accueilli
par la population.
Au début,
on entendait n'importe quoi
sur le marché.
Petit à petit,
le comportement qu'ils ont eu,
toutes les personnes qui venaient
de droite et de gauche,
il n'y a pas eu de choses
à leur reprocher.
Ils se sont un peu intégrés.
C'est comme ça aujourd'hui.
Mais ce n'était pas gagné.
En 7 ans,
190 familles,
comme celle d'Amina,
ont été hébergées dans ce centre.
Des familles qui arrivent souvent
des grandes villes, des métropoles.
Les familles, la plupart du temps,
quand elles arrivent,
elles ont un peu ce sentiment
qu'on est dans une zone un peu perdue.
Mais quasiment toutes les familles
sont contentes d'être ici.
Il y a un environnement qui est paisible.
Il y a l'accès à la piscine l'été.
Il y a le parc.
Il y a des espaces verts.
Il y a un peu tout ce qu'il faut.
Soit-elle pour autant rester vivre
dans ces villes de campagne ?
Amina vient d'obtenir l'asile.
Elle a justement rendez-vous
avec sa référente sociale
pour préparer sa sortie du cadavre.
Tu es quelqu'un qui s'intègre
très facilement au niveau social.
C'est beaucoup partager,
donner, recevoir.
Dans la vie de tous les jours,
c'est très important.
Je n'ai pas d'inquiétude pour toi.
Je me trouve à l'aise.
Je me trouve très bien ici.
Par rapport à ton projet professionnel,
on va pouvoir faire
une demande d'inscription à Pôle emploi.
Est-ce qu'il y a des formations
où je puisse faire un projet ?
Quelque chose d'équivalent
à mon travail, dans mon domaine.
Mais ce n'est pas la peine
d'aller dans un autre endroit
pour chercher mon poste.
En quelques mois,
Amina a trouvé sa place.
Elle envisage de refaire
sa vie juste à côté,
à Châteauroux.
S'il y avait des moyens de transport
pour venir tard à Byzincé,
je ne quitterais jamais Byzincé
parce que je suis tranquille.
Mes enfants sont bien.
Il y a plein de sécurité.
Personne ne te fait des problèmes.
Rien du tout.
Il faudra améliorer les choses
en termes de mobilité.
Pour habiter en zone rurale,
il faut avoir le permis
et un moyen de transport.
Les familles, quand elles arrivent ici,
n'ont pas forcément les moyens
de financer un permis.
Depuis l'ouverture du CADA en 2016,
3 familles ont choisi
de s'installer à Byzincé,
25 dans le département.
L'histoire aurait pu s'arrêter là.
Mais elle sait aussi jouer
sur le terrain de foot
d'un petit village voisin,
Argy.
Ils viennent du Mali,
de la Gambie,
de la Côte d'Ivoire.
Une équipe vraiment
multinationale
qui tourne du feu de Dieu.
Le club de foot local
allait fermer,
faute de joueurs.
Ce sont les réfugiés de Byzincé
qui ont sauvé l'équipe.
Sinon, c'était fini pour nous.
À 6, on ne peut pas faire une équipe.
Vendredi, on mettait la clé sous la porte.
Le samedi, ils sont venus nous voir
pour l'assemblée générale et on relançait le club.
Au départ, on avait un peu peur
entre la barrière de la langue
et 15 joueurs qui arrivaient d'un coup.
Ils auraient pu essayer de prendre le pouvoir.
Ça ne s'est pas du tout passé comme ça.
Il y a eu tout de suite un...
Ça s'est très bien passé.
Nous aussi, on avait besoin
d'un club comme ça.
C'était bien pour eux
et bien pour nous.
Ça aide beaucoup à s'intégrer.
Ça aide à sortir des soucis.
C'est une manière de s'intégrer.
Entre nous, souvent, il y a des gens
qui sont assez timides.
Quand on communique
à travers le sport,
ça facilite déjà le langage.
En deux ans,
la petite équipe
multinationale a pris du galon
et attiré les regards.
On a des très bons joueurs.
On est un peu l'équipe à abattre.
Le club était en train de mourir
au niveau des supporters.
Plus personne ne venait.
Cette curiosité,
le fait qu'on soit un peu atypique
a fait venir quelques curieux.
La plupart se sont rendus compte
que ça se passait super bien.
Depuis quelques mois,
un supporter de marque
assiste aux entraînements.
On va pouvoir acheter des parkas.
J'ai trouvé des prix.
Qu'on ait des tenues
qui ressemblent à un club.
Ça va se faire.
C'est l'objectif.
Voyez comment ils sont habillés.
Originaire de Buzancay,
l'ancien patron du PSG
vient là en voisin
et donne un coup de pouce au club
régulièrement.
C'est une très belle histoire.
C'est très agréable d'être là.
Je prends beaucoup de plaisir.
J'ai connu tous les échelons
dans le football.
Je suis aussi heureux
que dans d'autres histoires.
Il y a plus de nationalité
dans l'équipe d'Argi
que Real Madrid.
A Bélabre,
quelques semaines se sont écoulées
depuis la dernière manifestation.
Mais l'attention
est loin d'être retombée.
Le projet a pris
beaucoup de retard.
La signature de la vente
avec Viltahi s'est repoussée.
Les travaux aussi.
Imaginons que la signature a lieu courant janvier.
Vous, les travaux,
vous avez une idée après, derrière ?
Après, il faut qu'on
recontacte toutes les entreprises
puisqu'on n'avait pas de données
de planning et d'agenda.
Les anticadas ont investi
le terrain juridique.
Ils ont déposé
des recours au permis de construire.
On est toujours dans cette espèce
de pression. Je pense que
quand les travaux seront commencés,
quand la vente sera faite,
je pense que c'est là que ça va retomber.
Les gens vont se dire...
La pression permanente,
c'est courant.
Si M. Laroche nous avait dit
stop, on arrête,
on aurait abandonné ce projet.
Mais là, ce n'est pas du tout
le souhait de Ville Thaïs.
Si j'avais voulu abandonner,
j'aurais eu maintes occasions.
Je ne pensais pas que ce serait
à ce point-là
et qu'il y aurait autant
de fractures.
En attendant l'ouverture
du cada, Ville Thaïs
doit honorer son engagement
avec l'Etat.
Les 38 demandeurs d'asile
seront provisoirement accueillis
dans une autre ville du département.
Laurent Laroche, lui,
espère les recevoir à Bélabre
à l'automne prochain.
Je pense qu'un jour,
un certain nombre de Bélabrets
qui aujourd'hui sont dans la rue
m'accorderont que j'ai eu raison.
