"L'IMMIGRATION A BON DOS" PORCHER DÉZINGUE LA RESPONSABILITÉ DU GOUVERNEMENT DANS LE DRAME À MAYOTTE

Le Média
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33 Vues de vidéo·24 déc. 2024
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Vous me donnez des statistiques comme ça, vous me dites ça c'est un département français ou c'est un autre pays ?
Moi je vous dis que c'est un autre pays ça, c'est pas un département français.
Le gouvernement ne peut pas retirer sa responsabilité, son sous-investissement en invoquant que c'est un problème d'immigration.
C'est indécent.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher
avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme est de les connaître et de les comprendre.
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Bonjour Thomas.
Salut Lisa.
Alors avec toi aujourd'hui au programme, la catastrophe à Mayotte est-elle de l'ordre du naturel
ou le résultat d'un abandon de la métropole couplé à l'inaction climatique ?
On a déjà un début de réponse, c'est parti.
Mayotte a été dévastée par le passage du cyclone Chido, le premier bilan officiel faisait état de 31 morts
mais le bilan pourrait être en fait bien plus lourd pour un territoire français déjà en grande difficulté
dont les habitants dénoncent l'abandon par la métropole depuis des dizaines d'années.
En déplacement sur l'île de Mayotte ce jeudi 19 décembre, le président de la République Emmanuel Macron
a été interpellé par un homme affirmant que dans les bidonvilles, des corps sont enterrés directement dans des fosses communes
selon un journaliste de l'AFP.
Il est vraisemblable qu'il y ait beaucoup plus de victimes à estimer le chef de l'État jeudi.
L'archipel a été déclaré en état de calamité naturelle exceptionnelle.
Le président de la République a décrété qu'une journée de deuil national aura lieu ce lundi 23 décembre.
Dans l'avion du chef de l'État, 4 tonnes d'aides alimentaires et des secouristes, il faudra beaucoup plus pour nourrir l'archipel
dont près de 56% des bâtiments auraient été détruits dans le nord-est du département selon les chiffres de Copernicus.
Pour faire face aux pénuries, le gouvernement a annoncé ce jeudi le blocage des prix des produits de grande consommation sur l'archipel.
Sur place, Emmanuel Macron s'énerve face aux habitants qui tentent de le sensibiliser sur leur détresse.
Donc moi je vous dis, tout le monde se bat. Vous avez vécu quelque chose de terrible.
Tout le monde se bat, quelle que soit la couleur de peau. Et n'opposez pas les gens.
N'opposez pas les gens. Si vous opposez les gens, on est foutus.
Parce que vous êtes contents d'être en France.
Parce que si ce n'était pas la France, vous seriez 10 000 fois plus dans la mer.
Il n'y a pas un endroit dans l'océan Indien où on aide autant les gens. C'est la réalité.
Et donc, on ne peut pas vouloir être un département français et dire que ça ne marche pas et que la France est en solidarité.
Quel est l'autre territoire de cette région comme ailleurs, qui livre de l'eau, du fret, des soignants comme on le veut ici ?
Alors il faut que tout le monde se respecte.
Vous êtes une équipe, vous vous divisez.
Sur place, l'on craint la précyclone, la reconstruction et la réparation d'une population déjà en grande difficulté.
Mais aussi les maladies liées au manque d'eau potable, vivres et électricité.
Gastro, diarrhée, choléra. Et cela peut être mortel.
Avant nous, affaire à une catastrophe naturelle et un drame humain malheureux.
Ou à une situation prévisible.
D'un côté, le dérèglement climatique n'est pas un secret.
Et ce sont les plus pauvres qui en pâtissent alors que ce sont ceux qui polluent le moins.
De l'autre, les Mahorais alertent depuis des années sur le manque d'infrastructures et de services publics sur leur territoire.
En 2000, le revenu disponible brut moyen d'un habitant Mahorais représentait 19,6% de celui de la moyenne des habitants français.
Le département commençait à rattraper son retard.
Alter Echo précise, contrairement à l'idée reçue selon laquelle ce rattrapage ne se ferait que grâce aux aides accordées par la métropole,
les revenus des Mahorais sont surtout issus de leur travail.
Les dépenses de protection sociale y sont faibles, rappelle l'INSEE, car les seniors sont peu nombreux et beaucoup d'entre eux ont peu ou pas cotisé.
En outre, une part importante de la population n'est pas éligible aux prestations sociales.
Les bidonvilles jonchent les rues avec de nombreuses personnes migrants devenant des comores.
Ce manque d'infrastructures a rendu très vulnérables les plus pauvres au cyclone.
Ces quartiers précaires ont été les plus durement touchés.
A Mayotte, la part des constructions fragiles est massive selon les derniers chiffres de l'INSEE, qui datent de 2017.
4 logements sur 10 du département étaient en tôle.
Dans son enquête, il y a 7 ans, l'INSEE notait que la part des habitations fragiles ne diminuait pas.
Beaucoup continuaient d'être construites puisqu'elles permettaient de répondre à la rapide croissance démographique tirée par les arrivées des Comoriens sous ligne alternative économique.
Et la politique de l'État, ce sont les expulsions.
Les corps sont encore chauds que Bruno Rotaillot puis Emmanuel Macron ont pointé du doigt l'immigration et souhaitent une politique plus dure d'expulsions.
En novembre, les communes et collectivités d'outre-mer réunies en congrès ont demandé une réévaluation des dotations de l'État
pour pallier les besoins en infrastructures, en éducation et en services publics dans les contextes de pression démographique que connaît chaque territoire, notamment la Guyane et Mayotte.
Les élus maorais alertent sur la dotation globale de fonctionnement par habitant qui est plus faible que les autres DOM.
Le journal de Mayotte rappelle que l'archipel n'a pas récupéré plusieurs compétences à contrario des autres,
comme les constructions des routes, les collèges et lycées, donc la compréhension de l'État y est moindre.
Mais les élus accusent aussi une sous-évaluation de la population.
Depuis bien avant le cyclone, Mayotte manquait déjà cruellement d'infrastructures de base, notamment matière d'école, d'accès à l'eau potable, d'assainissement, d'hôpitaux, de routes, etc.
Reflet du retard important par rapport aux autres départements français et du manque d'anticipation de toute crise de la part de l'État.
Thomas, j'ai fait un peu le bilan sur la situation.
Le bilan très lourd n'est pas lié à la force du cyclone, mais bien à la politique ou absence de politique économique de la part de la métropole.
Oui, tout à fait. Il y avait avant ce cyclone quand même un fonctionnement de l'économie de Mayotte qui allait très mal.
Tu l'as très bien dit. Déjà, il y avait 40%, 4 logements sur 10 qui étaient des logements en tôle.
Il y avait un PIB qui était 4 fois inférieur au PIB par habitant de la métropole.
Donc, on voyait très bien que c'était un territoire qui était très pauvre, précarisé, en plus majoritairement jeune.
Et donc, finalement, le moindre choc, quel qu'il soit, allait avoir un impact très fort sur les populations.
Alors là, on est sur une île. On parle beaucoup de dérèglement climatique.
Donc, on sait que maintenant, les événements météorologiques sont de plus en plus difficiles à prévoir avec de plus fortes intensités.
Et donc, il était sûr que si cette île allait être impactée par ça ou un autre type d'événements météorologiques, il allait avoir des impacts majeurs.
Ça me fait penser au moment du Covid. Dans le 93, il y a eu un taux de mortalité extrêmement élevé.
Il y a eu un taux de mortalité élevé. Les gens se sont dit comment c'est possible puisque dans le 93, c'est un département de métropole le plus jeune.
Donc, il devrait y avoir moins de morts. Et en fait, justement, il y a eu plus de morts parce qu'il y avait moins de services publics.
Il y avait moins de médecins, moins d'infirmières dans les écoles avant le confinement.
Il y avait aussi un habitat qui était inadapté à la population du 93, c'est à dire que des familles nombreuses dans des habitats trop petits.
Et donc, le virus circulait plus rapidement. Donc, on comprend bien comment une structure peut aggraver une tendance.
Et là, la structure finalement très précarisée de Lille a fait que cet événement météorologique a été un désastre humain.
Donc, il y a une vraie responsabilité des politiques qui n'arrivent pas encore une fois à avoir sur ces questions un traitement de fond et en amont
et qui attendent toujours les catastrophes pour aller mettre des pansements à droite et à gauche sans réellement changer la situation.
Puis en plus, tu parles du 93. Là, on parle de Mayotte. Et quand on voit le comportement d'Emmanuel Macron, dont on a vu un extrait,
on voit qu'il y a encore une attitude extrêmement coloniale, raciste dans la façon d'anticiper les événements et ensuite de les traiter.
Oui, tout à fait. Alors déjà, on a vu M. Bayrou qui a mis du temps à y aller, qui a préféré aller à Pau.
En tant que Pau, c'est la France.
Voilà. Et qui a dû attendre la pression médiatique et de la société civile pour se rendre compte qu'il y avait un problème.
Sinon, il ne s'en serait probablement pas rendu compte. Et puis après, il faut dire quand même une chose.
C'est que cette situation ne date pas d'hier. Vraiment, elle ne date pas d'hier. Il y a eu des alertes.
Il y a eu des crises systémiques un an plus tôt, quelques années auparavant.
Et puis après, il y a un certain nombre de choix qui ont été faits parce qu'il y avait toujours cette idée dans la tête de nos dirigeants
que si on améliorait trop la situation à Mayotte, ça faisait un appel d'air pour l'immigration.
Parce qu'il y a toujours cette question qui est encore présente dans le débat.
C'est-à-dire que si on offre des logements décents, si on offre des bonnes prestations en termes de services publics
et si même on offre un certain nombre de prestations sociales aux nouveaux arrivants, il y a cet appel d'air.
Et donc, on va être submergé. Et donc, il y avait ce truc de...
Parce qu'il y a cette théorie dans la tête de nos dirigeants politiques de laisser un petit peu la situation, à mon avis,
de laisser un petit peu la situation comme ça pourrir en se disant que Mayotte est pauvre
et donc il attira un petit peu moins les migrants d'à côté.
Le budget que défend les néolibéraux et libéraux pour 2025, c'est un secret.
Une réduction des dépenses publiques, donc des dotations aux collectivités
ou encore pas d'investissement massif, majeur dans les services publics.
Est-ce que le cas Maori n'est-il pas le reflet des conséquences directes d'une telle politique ?
Oui, tout à fait. En plus, il y a des choses à faire.
Enfin, là, il y aurait de la construction à faire, il y aurait des investissements à faire qui donneraient des emplois.
Si on choisit les bonnes entreprises, ça peut être vraiment un surcroît d'activité à un moment où les entreprises n'en ont pas.
Donc, avec un peu de planification, avec un peu de vision de long terme, il y a beaucoup de choses à faire.
Il y a énormément de choses à faire. Mais aujourd'hui, nos dirigeants sont obsédés par les équilibres budgétaires.
Ils sont obsédés par la dette et donc par les coupes dans les dépenses publiques,
ce qui est la pire des choses, on l'a dit plusieurs fois, à faire ici.
Et donc, il faut toujours une catastrophe. Là, elle se trouve sur un département français qui était le plus pauvre de France.
77% de la population maoraise vivait sous le seuil de pauvreté en 2002. 77% !
Tout à fait, avec une grosse partie de la population qui vivait avec une centaine d'euros, pas plus.
En France.
Voilà, en France. Donc, c'est des territoires qui sont clairement abandonnés, il faut le dire, qui sont clairement abandonnés.
Mais moi, ce qui m'énerve dans la politique de ces 30 dernières années, c'est qu'on attend toujours qu'il y ait une crise majeure pour mettre entrevoir quelque chose.
On l'a vu avec le Covid, on le voit avec Mayotte.
Donc voilà, c'est toujours alors que normalement, on devrait avoir un peu d'anticipation.
Et quand on a des telles statistiques qui sont connues par tout le monde, qui sont sur la table du président, des ministres,
quand on a telles statistiques, on sait très bien que le moindre événement exogène va avoir un impact sur des populations.
On ne peut pas faire comme si on ne savait pas.
Alors là, c'est une intempérie météorologique, mais ça aurait pu être une épidémie.
Parce que les conditions, à mon avis, dans les habitations en tôle, les conditions d'hygiène, etc.
L'accès aux soins n'est pas le même.
Donc, il peut y avoir des épidémies aussi de maladies et tout ça, on le sait.
Donc, tout ça, ça fragilise, en fait, comme dans un pays en développement.
Tout ça, ça fragilise des situations et ça crée un contexte pour que n'importe quel choc puisse avoir un effet majeur.
Et je ne comprends pas que ces dossiers ne soient pas pris en main.
Et s'ils ne sont pas pris en main, c'est soit pour des raisons.
On va les laisser comme ça parce que c'est très loin de la métropole.
Et puis, on ne va pas les aider parce que si on les aide trop, ça va faire un appel d'air pour l'immigration.
Et puis après, il y a aussi la question budgétaire.
Il y a la question budgétaire de se dire qu'on n'a pas d'argent, d'honorations, surtout pas pour ça.
C'est vrai que Mayotte est très pauvre.
Après, c'est quand même une situation et des échos qu'on entend quand même de toutes les Outre-mer en disant
qu'on est abandonné, qu'il y a beaucoup de racisme et de relents coloniaux par rapport à la position de la France là-dessus.
Et pourtant, on essaie.
Là, on l'a bien vu avec Bruno Rotailleau, on l'a vu avec Emmanuel Macron, on l'a vu sur plein de plateaux.
Il y a une séquence de BFM aussi qui a fait beaucoup de bruit là-dessus.
On a vu qu'on a essayé de tourner le regard sur l'immigration, sur les fameux clandestins,
comme si c'était eux qui avaient envoyé le cyclone.
Il est vrai que cette nouvelle population qui arrive est beaucoup plus pauvre.
Elle n'a pas accès aux prestations sociales.
Elle travaille quand même, mais c'est elle qui subit en majorité les effets de la précarisation.
Mais après, un être humain reste un être humain.
Dans cette situation-là, on ne pouvait que s'attendre au fait que s'il y avait une intempérie,
les habitations en taule, 40% des habitations n'allaient pas résister et qu'il y allait avoir forcément des décès.
Et de toute façon, quand bien même vous dites que l'immigration est un problème,
ce n'est pas pour ça que vous allez l'arrêter.
Les gens, de fait, vous n'allez pas.
Vous pouvez creuser un mur, vous pouvez être plus strict.
L'immigration, c'est un fait.
C'est un fait et on le voit bien.
Il y a des pays qui ont des politiques différentes.
Il y a des politiques sociales différentes.
Il y a des politiques sur l'immigration et sur des doctrines différentes.
Et l'immigration, elle est toujours là.
Donc c'est plutôt la question de l'accueil et la question de ne pas mettre en danger un certain nombre d'êtres humains.
Ce qui a été le cas.
La question aussi de l'ingérence et de la main de la France sur certains pays qui font qu'au final, ça débouche de l'immigration.
Parce qu'on a déjà fait beaucoup d'épisodes sur l'immigration.
Tu expliquais à quel point l'immigration n'était pas à chaque fois choisie.
Que c'était dans la douleur.
Que les gens sont prêts à mourir pour immigrer.
L'immigration est toujours une conséquence.
Il y a la conséquence des guerres.
Il y aura des conséquences climatiques qui seront de plus en plus fortes.
Qui vont entraîner des mouvements de population.
Il y a des conséquences aussi politiques parfois.
Quand vous avez un dictateur qui arrive au pouvoir.
Et puis il y a des conséquences liées à la pauvreté.
Quand vous avez les Comores qui ont un PIB huit fois inférieur à celui de Mayotte.
Lui même étant quatre fois revenu par habitant inférieur à celui de la métropole.
Vous êtes sûr qu'il y aura probablement de l'immigration.
Mais après on reste sur une île.
Les chiffres expliquent clairement et montrent clairement qu'il y a un sous-investissement de l'État.
Et on ne peut pas avoir des chiffres aussi catastrophiques.
En termes de pauvreté, en termes de chômage.
S'il y avait eu un investissement massif de l'État.
Au-delà des problématiques qui se posent par rapport aux politiques migratoires à Mayotte.
Parce que c'est un vrai sujet.
Et que la gauche des fois peut s'en accaparer.
Plutôt que ce soit l'extrême droite qui en parle.
Parce que là on voit comment c'est fait.
C'est un petit peu compliqué.
Les corps sont encore chauds qu'on essaye de détourner le regard de l'immigration.
Dans les bidonvilles, il faut savoir aussi qu'il y a beaucoup de gens qui ont la nationalité française.
Qui sont maorais.
Donc on essaye un peu d'opposer, de détourner le regard.
Oui c'est ça, je ne trouve pas d'autres expressions.
On essaye d'opposer des gens là.
En fait l'immigration elle a toujours bon dos pour dire que l'hôpital ne fonctionne pas.
On a vu dans le monde ce qui a été publié sur les sorties d'Emmanuel Macron.
Pour dire que les services publics ne fonctionnent pas à cause de l'immigration.
Pour dire que la dette ce sera à cause de l'immigration.
Donc elle a bon dos.
Quand on regarde les statistiques, mais de manière...
Moi vous me donnez des statistiques comme ça.
Vous me dites ça c'est un département français ou c'est un autre pays ?
Moi je vous dis que c'est un autre pays ça.
Ce n'est pas un département français.
Donc le gouvernement ne peut pas retirer sa responsabilité, son sous-investissement.
Le fait qu'il a mis ce département à l'écart pour x ou y raison.
En invoquant que c'est un problème d'immigration.
C'est indécent ?
C'est indécent.
Vous avez bien dit 40% des gens qui vivent dans des habitations en taule.
70% des personnes en dessous du seuil de pauvreté.
Un taux de chômage extrêmement élevé.
Donc non, la vraie question c'est qu'il y a eu un désengagement de l'État.
Il y a eu plusieurs crises successives.
Et que ce qui devait arriver est arrivé.
Et que n'importe quel choc, là c'était un choc d'une ampleur énorme.
Et c'est dommage parce qu'il y a eu quand même un certain nombre d'avertissements.
Qui ont montré que la situation n'était pas idéale là-bas.
Et qu'il fallait un retour des services publics, des investissements dans les logements, etc.
Pour que les gens soient moins dans une situation de vulnérabilité.
Il y avait des prévisions violettes en disant ça va être très dangereux, etc.
Restez chez vous de dire ça à des gens qui habitent sous une tôle ou dans un bidonville.
Ça montre que parfois il peut y avoir une mauvaise connaissance du terrain.
Mais une fois que l'événement est là, que les structures sont mauvaises,
c'était sûr qu'il allait y avoir des conséquences aussi fortes.
Et ce cyclone aussi dont on parle beaucoup de catastrophe naturelle,
qui en fait n'en est pas une, c'est une catastrophe climatique,
ce serait peut-être un peu plus juste.
C'est aussi le résultat du dérèglement climatique justement
dont les plus pauvres en fait, on le voit encore, subissent les conséquences,
alors que ce n'est pas du tout eux qui en sont à l'origine.
Il y a un certain nombre de zones aujourd'hui qui sont considérées comme dangereuses,
soit parce qu'elles sont proches de la mer, soit parce que ce sont des îles
ou dans des zones plus susceptibles à ce qu'il y ait des fortes intempéries météorologiques,
aggravées par le réchauffement climatique.
Tous les travaux du GIEC le montrent que la fréquence d'événements rares
augmente avec le réchauffement climatique.
Là, 2024 sera probablement l'année la plus chaude après 2023,
qui était la deuxième et avant 2022.
Donc, il va falloir mettre en place un certain nombre de mesures.
On ne peut pas avoir des habitats qui sont inadaptés
ou qui ne résistent pas à ce type de pression,
alors qu'on peut être soumis à cela.
Et donc, ça, c'est des investissements, c'est des choix.
Et je veux dire, je ne comprends pas.
C'est que là, on a en plus vraiment de l'activité économique
qui servirait à quelque chose.
Vraiment, on aurait un peu de planification et de l'activité économique
dans le bâtiment, dans le logement, qui servirait à quelque chose,
dans les infrastructures routières, etc., qui pourraient servir.
Et si le gouvernement ne le fait pas, c'est soit qu'il s'en moque,
soit qu'il se semble contraint par la dette et par les investissements.
Il n'y a pas d'autre raison.
Parce que sinon, là, s'il y avait une vraie volonté,
les statistiques sont là.
On peut faire des évaluations et on peut y aller.
Mais il y a un manque, pour moi, de volonté politique.
Les pays aussi autour de Mayotte ont été touchés par le cyclone.
C'est bien de le rappeler parce qu'on parle beaucoup de la France,
mais les pays aussi pas français ont été touchés par le cyclone.
Et les habitants, pareil, subissent des conséquences assez énormes.
Sujet dont on parle peu, les plans sociaux.
Après toute la campagne autour de la réindustrialisation d'Emmanuel Macron,
le bilan est là.
La CGT estimait à 130 le nombre de plans de distanciement en France en mai.
En novembre, cette estimation grappe à 250.
Ce n'est pas une surprise.
Entre les industries automobiles, le textile ou encore récemment,
au champ, tout le monde est de près ou de loin touché par ces menaces
ou ces annonces de suppression d'emplois.
On a couvert pas mal aux médias, comme le cas des salariés de MA France,
sous-traitant du géant automobile Celantis,
et dernière usine auto du 93 liquidée, laissant 300 familles sur le bas-côté.
Pourtant, dans le cas d'Auchan par exemple,
2300 postes vont être supprimés quand la maison mère, la famille Muliez,
verse 1 milliard d'euros de dividendes.
La CGT dénonce avec 97 milliards d'euros distribués aux entreprises du CAC 40,
la France détient le record européen de dividendes,
ce coût du capital plombe l'industrie.
Thomas, tous les secteurs sont touchés, même si l'industrie et le textile prennent cher.
Comment en France, les plans sociaux peuvent se multiplier comme ça ?
En fait, il faut vraiment revenir à cet épisode qu'on a eu sur l'inflation.
On a eu une inflation qui était plutôt élevée, mais pas si élevée que ça.
Mais effectivement, qui grignotait une grosse partie du pouvoir d'achat
des Français les plus pauvres.
Il y avait deux solutions pour résoudre cette inflation.
Soit on rehaussait les salaires pour que les gens n'aient pas une perte de pouvoir d'achat.
Soit on diminuait l'activité.
Et diminuer l'activité, c'était en augmentant les taux.
Comme l'inflation est un conflit de répartition,
il a été choisi de diminuer finalement une partie de l'activité.
Parce que si on augmentait les salaires, le patronat ne voulait pas ça.
Donc on a diminué l'activité par la hausse des taux.
Cette hausse des taux a eu un impact majeur
parce que la croissance a diminué, l'activité a diminué.
Et donc les entreprises ont pris un premier coup.
À cela arrive le deuxième coup,
qui est un certain nombre d'entreprises qui ont eu des prêts garantis pendant le Covid par l'État.
Ces prêts étaient garantis par l'État.
Les entreprises les ont faits.
Elles pensaient retrouver un peu d'activité après coup,
ce qu'elles ont eu au début.
Mais ça s'est tout de suite infléchi avec l'inflation et cette hausse des taux.
Et donc aujourd'hui, on est face à un double impact.
Une activité qui est plus faible, une activité qui est plus faible que cette hausse des taux,
des prêts à rembourser, ce qui fait que les entreprises sont étranglées.
Mais il y a aussi, dans tous ces cas-là,
des entreprises qui profitent aussi du fait que l'activité soit réduite
pour aller s'installer ailleurs ou pour compresser les parties prenantes,
c'est-à-dire les salariés.
Et ça, elles peuvent le faire très facilement aujourd'hui
parce que nous avons eu deux lois travail,
une votée par le Parti socialiste et la loi El Khomri,
et une deuxième votée par Macron.
Ce qui fait qu'elles peuvent plus facilement, en cas de ralentissement de l'activité,
se séparer de leurs salariés.
Sur l'avenir, la vraie question, c'est maintenant,
quel va être l'impact de l'instabilité politique ?
Aujourd'hui, un certain nombre d'entreprises se disent,
si la France est dans une instabilité politique,
quelle réglementation va me tomber dessus ?
Est-ce que demain, je vais payer plus d'impôts ou pas ?
Et donc, elles sont un petit peu frileuses pour faire des investissements.
Et donc, la situation est globalement quand même un peu ralentie
par cette instabilité politique,
qui est le troisième élément, avec les deux premiers que j'ai cités,
qui entraîne un certain nombre de licenciements et de plans sociaux.
Ça va être une période, je pense, très difficile,
mais ça va être aussi une période de clarification politique
qui va être nécessaire.
Les entreprises ont eu un cadre pour les aider,
notamment avec les lois travail,
notamment avec les baisses d'impôts.
Ça a fonctionné quand il y avait de la croissance.
Maintenant qu'il n'y a plus de croissance,
on voit bien l'envers du décor.
Elles peuvent licencier plus rapidement.
Certaines sont des PME et on comprend leur tristesse
et il faudrait voir dans quelle mesure elles pourraient être aidées ou non.
Mais après, il y a aussi beaucoup de grands groupes, comme tu l'as dit,
qui font ça juste pour augmenter le profit,
augmenter leurs dividendes,
sans qu'il y ait de raison réelle pour se séparer de leurs salariés.
C'est ça, parce que là, j'ai cité la famille Muliez avec Auchan
qui supprime 2300 postes,
parce qu'en fait, si on prend un peu la construction financière de Muliez,
en fait, si on prend le groupe qui est au-dessus d'Auchan,
eux, ils ne sont pas versés de dividendes.
Donc il y a aussi le démantèlement des grands groupes en plusieurs parties,
comme le plan de Renault, par exemple, qui se sépare en cinq, etc.
Donc ça, c'est des plans qui permettent de montrer
qu'en fait, la sous-filiale, elle, est bien déficitaire
et donc peut bien supprimer des emplois, etc.
Alors en fait, tout en haut, les dividendes sont là,
parce que c'est un truc où on récupère tout le chiffre d'affaires
et on reverse une certaine partie.
Donc il y a ça.
Il y a aussi le fait que, par exemple,
il y a beaucoup de PME qui sont des sous-traitants,
alors qu'avant, ils faisaient partie des grands groupes.
Là, j'ai cité Emma France, parce que c'est Stellantis en haut
qui, elle, n'a pas du tout de problème d'argent,
mais a sous-traité et après dit
« on vous commande plus de pièces, on les commande à l'étranger ».
Donc c'est une forme de délocalisation déguisée
et c'est ce que pointe la CGT,
cette accumulation de capital dans certaines entreprises.
Est-ce que ce genre de montage financier
facilite complètement les plans sociaux ?
Parce que ce n'est pas une tragédie qui tombe du ciel
en disant qu'il n'y a plus d'argent ?
En fait, tout ça fonctionne.
Il y a eu une théorisation, il faut vraiment le dire.
C'est pour ça que ce n'est pas tombé du ciel.
Il y a eu une théorisation d'économistes
qui a été mise en place par des politiques,
avec la mondialisation,
avec les découpages de l'entreprise en entités,
comme tu as dit,
et on se sépare des entités les plus fragiles
et on n'investit pas dans certaines entités
où on préfère avoir un prestataire.
Comme ça, on ne l'utilise que quand on a besoin de lui
et on s'en sépare et on fait jouer la concurrence
entre les prestataires.
Donc il y a eu une volonté de casser les entreprises
en entités comme ça.
Et pour éliminer les plus faibles
et aussi même pour faire des vastes communicants,
appauvrir certaines,
pour en enrichir d'autres dans des paradis fiscaux, etc.
Donc tout ça a été théorisé.
Et quand il y a de la croissance,
que ça va plutôt bien,
tout peut à peu près fonctionner.
Le vrai problème,
et c'est ce que nous avons alerté
quand il y a eu les lois de travail,
ce que nous avons dit ici,
quand il y a eu toute cette dérèglementation
finalement du fonctionnement d'entreprise,
c'est que quand ça va mal,
ou quand ça se ralentit,
parce que ça ne va pas mal pour certains,
mais quand ça se ralentit,
avant une entreprise,
ça se ralentissait,
elle prenait un choc,
et puis après ça réaugmentait
et tout allait bien.
Maintenant, quand ça se ralentit,
elle peut vraiment,
comme dans le film des inconnus,
lâcher des sacs pour faire monter la montgolfière.
Donc elle se sépare de salariés,
elle se sépare parfois d'une PME
avec qui elle travaillait,
ou d'une PME avec qui elle travaillait
pour en trouver une autre en Europe de l'Est.
Mais en haut, rien ne change.
Elles toucheront toujours
la même divisante,
parfois même encore plus.
Mais on compresse
toutes les autres parties prenantes.
Les parties prenantes,
c'est les salariés,
c'est les entreprises
qui travaillent avec vous,
c'est tout ça.
Et en fait,
tout ça a été théorisé
par une structure
qui a permis cela.
Ce n'était pas comme ça avant.
Ça n'a pas toujours fonctionné comme ça.
C'est ça qu'il faut rappeler.
La mondialisation,
la séparation d'entreprise en entité,
la financiarisation de l'entreprise
qui permet des choses complètement folles,
c'est-à-dire baisser les salaires
pour augmenter de l'autre côté
les dividendes et le salaire du grand patron.
C'est-à-dire plutôt attaquer
l'avenir de l'entreprise parfois
sur ce qu'elle possède
pour pouvoir gagner plus d'argent.
Et de l'autre,
les lois travail
qui ont permis encore plus
de flexibiliser ça.
Tout ça fait qu'aujourd'hui,
nous vivons ce que nous vivons.
C'est-à-dire qu'il y a
une petite instabilité politique.
La France n'est pas morte,
mais il y a une instabilité politique
comme d'autres pays l'ont.
L'Allemagne l'avait sur le budget
en début d'année.
La Belgique l'a eu pendant 500 jours.
Vous avez des prévisions de croissance
qui sont revues à la baisse.
Et donc, les gens,
moins de croissance,
ça veut dire moins d'activité,
moins de vente.
S'il y a moins de vente,
il faut qu'il y ait des coûts plus bas
pour qu'on conserve le même bénéfice.
Nos courbes sont folles quand même
parce que la dépense dans les services publics
stagne,
les salaires stagnent.
C'est pour ça que là,
il faudrait,
moi je pense,
et ça devrait être l'objet.
C'est pour ça que ça devrait être l'objet.
Oui, tout à fait.
Ça devrait être l'objet là
de cette clarification qu'on a.
Là, on a vraiment une opposition politique.
On ne sait pas vers quel côté
va aller finalement l'avenir
économique de la France.
Mais il y a une vraie clarification
à faire sur ces grandes entreprises,
sur les filiales qu'elles ont
dans les paradis fiscaux.
Les 1 200,
1 500 filiales
qui ont le CAC 40
dans les paradis fiscaux.
Sur les prix comptables
qui font que l'Irlande a un excédent
faire des milliards
et se séparer
de 1 000 salariés.
Ça, il va falloir
remettre ça sur table
parce que là,
vous allez avoir
des rentrées budgétaires
en plus
et vous allez probablement
avoir de l'emploi
sur le long terme.
Et si tout cela fonctionnait ?
Tout cela fait gagner
beaucoup d'argent.
Mais en termes d'innovation
et tout,
on l'a bien vu,
tout cela ne fonctionne pas
forcément
parce que c'est la vision
de court terme
qui l'emporte
sur la vision de long terme.
Et qu'est-ce que devrait
faire l'État du coup ?
Je sais que dans le programme
du NFE
pendant les élections législatives,
il y avait le fait
que l'État devait redevenir,
devait refaire des commandes,
devait relancer
les PME françaises
et être investisseur
en fait,
que l'État soit investisseur
dans les PME françaises.
L'État doit refaire
de la commande publique,
c'est vrai.
Puis l'État doit
un peu conditionner
toutes ces aides
à un certain comportement
que n'ont pas
les grandes entreprises.
Et puis l'État
ferait bien de reprendre
un peu la main
sur l'économie,
c'est-à-dire
obliger que dans
les conseils d'administration
il y ait un certain nombre
de salariés.
Ça éviterait ce genre de choses.
C'est le cas de l'Allemagne,
vous voyez,
qu'il n'y ait pas que des financiers
qui t'expliquent que ça,
comme ça, ça baisse,
ben ça, ça doit baisser
pour compenser.
Il faut qu'il y ait
plus de salariés.
Donc l'État peut jouer
un nouveau rôle.
L'État pourrait parfois
arrêter aussi
des financements publics
parce qu'il y a parfois
des financements publics
ou arrêter d'être partenaire
de grandes entreprises
parce que,
n'oublions jamais
que pendant le Covid
ou pendant la crise 2008,
chez qui ont été saunées
ces grandes entreprises ?
Elles ont été saunées
à l'État.
C'est l'État qui leur a donné
plein d'argent,
qui leur a mis
des perfusions d'argent
pour les sauver.
Donc il ne faut pas hésiter
à ce que l'État,
quand il sauve une entreprise,
il intervienne
et il change les règles.
Or c'est l'inverse
qui a été fait.
C'est ça qui est dingue.
On leur a donné
beaucoup d'argent,
ce qui a fait augmenter
notre dette
et derrière,
on a déréglementé encore
ce qui leur a donné
plus de pouvoir.
Donc ça, ça,
c'est un vrai problème.
Mais après,
la question de fond,
c'est,
pour qui travaillent
les politiques ?
Est-ce qu'ils travaillent
pour ces 1%,
comme j'ai dit,
ou est-ce qu'ils sont
au service du reste,
les 99% ?
Et merci à vous,
chez vous,
d'avoir suivi cet épisode
de l'Instant Porcher.
J'attrape une dernière fois
votre attention
avant de se quitter.
La situation politique
est inédite,
historique,
deux directs par jour,
du terrain du reportage
mais aussi de l'enquête.
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