Virus Mortels : La Prochaine Épidémie est-elle Inévitable ? - Documentaire monde - AT

Notre Monde
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17 Vues de vidéo·24 déc. 2024
On est entouré par des milliards et des milliards de microbes très différents,
on en connaît une toute petite partie...
L'un des objets de recherche le plus important aujourd'hui est de comprendre comment un virus
animal se transmet à l'être humain. I
Ce sont des prédateurs invisibles : ils sont rares mais lorsque cela se produit c'est dévastateur.
Au cours des mois passés, 3 virus mortels ont fait trembler les autorités sanitaires
mondiales. Trois virus qui ont menacés de se répandre partout sur la planète
Le nouveau coronavirus est une menace pour le monde entier.
En Chine, les medias d’états annoncent que les autorités recherchent l’origine
d’une nouvelle souche de grippe aviaire qui a déjà tué 4 personnes.
Vent de
panique en Afrique de l'Ouest où on doit faire face depuis plusieurs mois à une
épidémie d'Ebola, un virus extrêmement violent. Ebola, la grippe H7N9, le MERS coronavirus,
une infection des voies respiratoires, des pathogènes qui tuent dans 40 à 90 % des cas.
Des virus mystérieux qui émergent du monde animal et que de simples mutations peuvent
transformer en bombes sanitaires, de l’ampleur de la grippe Espagnole ou du SIDA. D’où proviennent
ces virus ? Pourquoi émergent-ils soudainement ? Que peut-on faire pour s’en protéger ? pour ces
scientifiques qui servent de sentinelles, une course contre la montre a commencé.
Ce serait complètement irrationnel de croire que cela n'arrivera pas.
Il faut prendre cela très sérieusement, comme toutes les grandes menaces auxquelles
l'humanité doit faire face, comme le changement climatique. Il faut la
comprendre dans les moindres détails. Il s'agit d'organismes vivants,
d'agents pathogènes et un agent pathogène c'est imprédictible
C'est juste une question de temps. Il ne s'agit pas de savoir si cela arrivera mais quand.
L'OMS, l'organisation mondiale de la Santé est le centre névralgique
de la surveillance de ces virus qui émergent un peu partout sur la planète.
Deux cas supplémentaires qui viennent d'être confirmés au Qatar. Deux cas en Arabie
Saoudite. A ce jour, cela ferait donc 143 cas. C’est dans cette salle que les spécialistes
chargés de la riposte face aux virus émergents communiquent avec leurs correspondants
dans le monde entier. En cas de pandémie déclarée, elle fonctionne 24 heures sur 24
Vous pouvez me montrer les derniers cas apparus en Chine s’il vous plait
Lorsqu'un virus émergeant inquiète l'oms comme pour le mers coronavirus ou le H7n9,
la nouvelle grippe aviaire, l'avancée de la maladie est surveillée au cas par cas…
Actuellement on suit tout particulièrement le H7N9 en Chine, donc là on a la répartition en Chine
Est-ce qu'on peut zoomer sur les cas de H7N9 en Chine ?
Cela permet de voir où sont les différents cas. Si on clic sur chacun d'entre eux,
les informations le concernant s'affichent. Et si l'on affiche la liste,
les cas les plus récents apparaissent. En déplaçant le curseur,
on peut voir une autre partie du monde... Donc, on est passé à l'Arabie avec le deuxième
virus qui nous intéresse particulièrement en ce moment, c'est le Mers-Coronavirus avec des cas
qui ont été notifiés en Arabie et donc une possibilité ici de suivre très précisément
sur la carte la localisation géographique des cas lorsqu'ils sont notifiés à l'Oms.
La première fois qu’on l’a découvert c’était en septembre 2012 et sur les cas qui nous ont été
rapportés jusqu’à présent en fait pratiquement la moitié des personnes qui ont eu, qui ont été
infecté par ce virus ont succombé à la maladie. Un nouveau virus, toujours entouré de mystère,
pour lequel il n'existe ni traitement ni vaccin et dont l'origine se trouve
en Arabie saoudite : là où chaque année des millions de personnes se rendent à la Mecque.
Le Hajj est le plus grand rassemblement annuel du monde. Si un malade se trouve parmi les fidèles,
le MERs-coronavirus pourrait se répandre extrêmement rapidement,
et repartir avec les pèlerins dans le monde entier...
Peter Daszak parcourt le monde là où ces pathogènes apparaissent
pour enquêter sur l’origine de ces virus. C’est son organisation qui
a été appelée pour remonter à la source du MERS-coronavirus en Arabie Saoudite.
Avec le chercheur Kevin Olival, ils viennent tout juste de publier leur première découverte,
deux espèces sont dans leur ligne de mire. C’est fascinant, le virus du dromadaire
est génétiquement quasiment identique au virus humain. Je serais vraiment curieux
de comprendre quel rôle les chauves souris jouent. On sait que le virus
se retrouve chez les chauves-souris, on sait qu’il est chez les dromadaires,
on pense que les chauves souris l’ont transmis aux dromadaires il y a une 20aine d’année mais
est-ce que cette transmission se poursuit ? Du coup est-ce une affaire qui concerne les
chauves souris ou plutôt les dromadaires ? Pour le moment c’est plutôt les dromadaires non ?
C’est un peu comme une enquête criminelle, il faut trouver les indices qui permettent
de remonter jusqu’au coupable, à la personne qui tient l’arme du crime. Le problème c’est que tu
remontes perpétuellement dans le temps, tu arrives toujours après coup. Alors il faut remonter cette
piste jusqu’au tout premier cas, la première personne infectée. Après il y a ce moment magique,
lorsque tu trouves cette personne qui a eu un contact, ici avec une chauve-souris ou un
dromadaire et là tu te dis « wow, c’est lui, c’est comme ça, en ayant ce comportement à
risque que le virus est passé à l’homme ».
Ça peut empirer ? il y a un risque de pandémie ? Ça pourrait être beaucoup plus étendu que ce
qu’on imaginait.
Une pandémie mondiale n'est pour l'heure qu'une hypothèse pour le mers-coronavirus.
Elle fait écho à la terreur qu'ont toujours suscitée les épidémies.
La peste noire a décapité plus de la moitié de la population européenne au XIVe siècle...
Elle a fait des dizaines de millions de victimes jusqu'à son éradication.
En 1918, la grippe espagnole a fait plus de victimes que la Première
guerre mondiale. Au total, un tiers de la population de la planète a été contaminée.
Depuis, d'extraordinaires efforts ont été accomplis. Le développement
des conditions d'hygiène, les vaccinations,
l'utilisation des antibiotiques ont permis une diminution phénoménale du nombre de victimes.
Mais dans les années 80, un nouveau virus rappelle au monde qu'il n'est pas à l'abri
Est-ce que vous savez d'où vient cette maladie ?
On ne sait toujours pas vraiment d'où vient cette maladie. On pense que c'est un virus mais on n'en
connaît pas encore l'origine. Le sarcome de Kaposie.
Tel est le terme savant d'une forme de cancer qui s'était déjà manifesté en
Afrique et qui frappe désormais en Occident. Une particularité : elle
n'atteint que les homosexuels mâles. Nous allons voir comment ce mal mystérieux
fait trembler les États-Unis, la progression de la maladie...
Le Sida a tué plus de 36 millions de personnes. En 30 ans, le virus a fait le tour du monde.
A changé nos comportements. Nos croyances. Le Sida continue à tenir en échec le monde médical
qui croyait en avoir fini avec les épidémies et qui n'a pas su anticiper sa progression.
Désormais, chaque émergence de nouveaux virus est pris très au sérieux...
La grande différence entre le VIH et des virus comme le mers ou H7N9 est leur stade
d'avancement. Le VIH a d'abord émergé dans des villages reculés d'Afrique centrale. Puis,
il a pris pied en ville, Il s'est ensuite mis à prendre l'avion et à faire le tour du monde. Ce
qu'on voit actuellement avec le mers ou le H7N9 est la toute première étape de cet enchaînement.
Peter Daszak point du doigt l’augmentation de ces nouveaux virus issus du monde animal. Pour lui,
certaines espèces et surtout certaines zones de la planète sont particulièrement à risque.
Ca se passe surtout là où, les populations sont les plus denses et
lorsque l'on bouleverse l’environnement d'une manière qui favorise le passage
des virus animaux à l'homme. Comme par exemple, avec l'agriculture intensive,
la déforestation, ou bien l'ouverture de nouvelles routes dans des endroits
reculés. Voilà ce qui fait émerger des maladies nouvelles. Tous ces endroits
où les populations humaines grossissent très rapidement font partis de ces points chauds...
L’Afrique centrale est l’un de ces points chauds,
on y trouve les réservoirs des filovirus, probablement les plus
effrayants de la planète : Ebola ou Marbourg qui provoquent des fièvres hémorragiques.
Gaël Maganga, chercheur au CIRMF, l’instut de recherche le plus en pointe d’Afrique noire,
dirige aujourd'hui une mission de capture dans le sud du Gabon au cœur des forêts primaires.
Voilà votre cadeau, docteur... Ah, mais celle là elle est là depuis longtemps,
non non, non on la tient avec les gants Avec les gants… Vous avez peur du
virus Ebola, ici y a pas le virus Ebola. c'est ce qu'on va justement essayer de chercher…
Il faut éviter tout contact avec les déjections, tous produits de sécrétion
ou d’excrétion. Ou et même avec tous les supports potentiellement contaminés.
Il y a eu des cas de contamination de chercheurs mais c’était surtout des spéléologues qui allaient
dans les grottes et même pour… y a eu des cas de contamination pour le virus de Marburg. Donc
toujours des spéléologues, des gens qui allaient en visite, même des touristes,
qui rentraient dans les grottes et qui au sortir de là étaient infectés quoi. Y en a qui se
sont fait griffer par des Chauve-souris. Donc tu disais que, la sortie c'est là ?
La sortie principale c'est ici D'accord, donc si on doit poser le filet
on doit essayer de couvrir tout le long là... Le principe bloquer l'entrée avec un filet.
Puis ils devront pénétrer eux même dans la Grotte pour forcer les chauves-souris
à sortir en direction de leur piège. Nous sommes dans les entrailles de
la grotte. C'est assez impressionnant. Il faut toujours bien observer où on pose le pied.
Il y a vraiment une faune importante dans cette grotte...
Entre les insectes, les crabes, les poissons les chauves-souris.
Là c'est des centaines quand même, c’est vraiment le milieu idéal pour la transmission
de virus ou d'autres agents entre les espèces, écosystème fermé, peu de renouvellement d’air,
proximité entre les espèces, c’est les conditions rêvées pour la transmission des virus...
Y en a qui se prennent, lui il vient de se prendre en bas.
C'est important de venir jusqu'ici parce qu'on sait que dans ces grottes il y a des espèces de
chauves-souris qui sont connues pour être des réservoirs de virus qu'on a déjà identifiées
au Gabon, donc quand même important de faire ce travail de surveillance virologique de ces espèces
réservoirs pour avoir une connaissance réelle de tous les agents qui circulent et de pouvoir
sensibiliser les populations rurales environnantes au risque réel qu’il y a de manipuler,
de chasser et surtout de consommer ces animaux, surtout chasser et manipuler
Avant d'en arriver là et de cibler la chauve-souris comme réservoir du virus
Ebola il a fallu plus de 20 ans d'enquête aux équipes du cirmf du Gabon... et au début,
les primates étaient les suspects principaux… En 96, donc c’est la deuxième épidémie d’Ebola,
ce sont des enfants en fait qui avaient trouvé une carcasse de chimpanzé dans la forêt et ces enfants
voulaient montrer aux adultes du village qu'ils avaient été capables de tuer un chimpanzé donc ils
ont fait mine de croire aux adultes du village qu'ils avaient tué le chimpanzé, donc ils sont
tous revenus avec, ils l’ont dépecé et évidemment tous les enfants qui ont participé au transport et
au dépeçage du chimpanzé ont été contaminé par le virus et ils sont quasiment tous décédés.
Et c'est là que l'aventure ebola entre guillemets a commencé pour le Cirmf et pour le Gabon.
Depuis lors, les épidémies d'Ebola se sont succédées en Afrique. Dans les années 2000,
la RÉPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO est particulièrement atteinte...
Hautement contagieux, Ebola provoque des
hémorragies foudroyantes. Et tue dans 90 % des cas.
Le virus apparaît et disparaît de façon mystérieuse. La plupart du temps dans
des villages reculés au cœur de la forêt.
sont accompagnées de scientifiques dont ceux du cirmf qui interviennent pour tester les animaux
de la forêt proche des villages touchées en espérant faire une découverte décisive
Pour enquêter sur Ebola au plus près du terrain, ce laboratoire P4 a été inauguré en 1997.
Il n’existe qu'une trentaine de ces laboratoires dans le monde. Totalement hermétique, constitué
de plusieurs sas de décontaminations, ils offrent un niveau de sécurité biologique ultime.
Ce sont tous les prélèvements qui viennent de patients suspects de
maladies potentiellement très dangereuses. En général on travaille essentiellement
sur les prélèvements de patients suspectés de fièvres hémorragiques.
Au terme de 10 ans d'enquête, les équipes du cirmf sont parvenues à identifier les premiers,
la présence d'Ebola chez 4 espèces de chauve-souris du Gabon. Comme de nombreux
chercheurs, les scientifiques travaillent sur l’ensemble des autres virus qu’elles hébergent.
Les chauves souris sont clairement le réservoir d’un grand nombre de nouveaux virus. Les gens ne
se rendent pas compte qu’elles représentent un cinquième des mammifères du globe. Elles vivent
la nuit, on ne les voit pas vraiment, on ne sait pas combien elles sont mais
il y en a une variété immense, sous les tropiques notamment, et chaque espèce de
chauve-souris a son lot de virus spécifique. Pas moins de 300000 virus resteraient à
découvrir selon Peter Daszak. Pour commencer à les dénombrer, et tenter de les prévoir,
il a obtenu le soutien du gouvernement américain, 75 million de dollars.
Ses équipes collectent des échantillons de virus dans le monde entier. Ils les
envoient ici à l'université de Columbia en plein New York.
Salut peter. Qu’est ce que vous faites?
.
Alors là, ce sont des échantillons qui proviennent du projet au Brésil.
Génial ! Ils sont arrivés.
Oui, des milliers !
Vous avez découvert des nouveaux virus cette semaine ?
Oui, nous avons trouvé un nouveau virus de grippe chez des chauves-souris de Bolivie,
vraiment génial. Et c'est le premier virus de grippe du projet je crois.
Chez des chauves-souris ?
Oui chez des chauves-souris. Nous avons aussi découvert un nouveau retrovirus,
proche du VIH chez singes dorés, c'est super cool ça aussi.
D’Afrique ? L’équipe
procède également à l’évaluation de la dangerosité de ces nouveaux pathogènes.
Je voyage énormément. Si je sers la main à 10 personnes qui ont elles même serré la
main d'une dizaine de personnes. Alors c'est comme si j'avais moi même serré la main d'une
centaine de personnes. Quelle est la probabilité pour que l'une de ces personnes ait une grippe
ou une forme de diarrhée que je n'ai pas du tout envie d'attraper. Elle est très élevée !
Le patron de ce laboratoire, le professeur Ian Lipkin est une star
mondiale de la virologie. Il est passé maître dans l'identification génétique des nouveaux virus
En 11 ans, son laboratoire en a découvert plus de 400.
C'est avec lui que Peter Daszak a fait équipe pour étudier les
chauves-souris porteuses du Mers – coronavirus.
Si le mers vient bien des chauves-souris, on devrait étudier leur système immunitaire.
On a vérifié la répartition d’une espèce particulière: il y a en jusqu'en Australie,
et là-bas ils ont la plus importante population de dromadaires au monde, en dehors du moyen
orient. Ils sont en train de les tester en ce moment pour voir s'ils sont infectés...
ok super.
Nous en ce moment, on étudie les rats de New York.
Ah oui, quelqu’un m’en a parlé. Les rats de New-York c’est très amusant.
Qui les attrape pour vous ? On a déjà terminé cette étape.
Quand des gens meurent et qu'un virus se propage dans le monde entier cela veut dire qu'une
transmission inter-humaine s'est mis en place. Forcément, on s'inquiète d'un risque de pandémie.
Pour le stopper, il faut comprendre si la source animale continue d'infecter les hommes ou bien si
le virus est déjà dans une phase où l'infection inter-humaine est complètement établie.
Les questions les plus importantes autour de ce virus restent posées:
comment rend-il malade ? Pourquoi certaines personnes sont plus susceptibles d'être
infectées que d'autres ? Que faudrait-il pour que ce virus se transmette beaucoup mieux entre êtres
humains ? Ces questions là vont bien au-delà du travail que Peter Daszak et moi-même réalisons.
La transmission d'homme à homme : le signal qu'une maladie émergente, au départ animale est en train
de devenir contagieuse entre homme. Le signal qu'elle est capable de causer une catastrophe
mondiale... Comme un autre coronavirus : le SRAS qui en 2003 avait terrifié le monde.
Le plus frappant était l'impact à Pékin. Il n'y avait absolument personne dans l'avion qui nous
amenait du Japon à part mon collègue et une autre personne. Les rues étaient désertes,
les gens désespérés car ils pensaient qu'ils étaient en train de mourir ou bien qu'ils
avaient contaminé leurs proches. Il n'y avait aucun traitement fiable et aucun moyen réel de
se protéger. C'était horrible. Ca faisait penser à ce qu'on peut lire sur la peste,
on se serait cru revenu au Moyen Age, ça y ressemblait vraiment.
Le SRAS s'est avéré particulièrement sévère à Hong-Kong, où il s'est initialement déclaré.
Le professeur Malik Peiris est devenu mondialement connu lorsqu’à l’époque,
son laboratoire est le premier à isoler le virus du Sras
C'est l’hôtel Métropole là-bas, c'est là qu'a séjourné le premier homme infecté par le SRAS à
Hong Kong. Il n'est resté qu'une seule nuit au 9ème étage de l'hôtel. Cela lui a suffit pour
contaminer 15 autres personnes qui sont reparties dans des directions différentes. Certaines à
Singapour, d'autres au Canada, aux États-Unis ou au Vietnam. Partout, ces personnes ont été
à l'origine de flambées de Sras. Ici, c'était vraiment l'épicentre d'une épidémie mondiale.
Quand ça s'est terminé, 8000 personnes avaient été infectées, 800 d'entre elles étaient mortes.
En 2003 Le SRAS a traumatisé Hong Kong, alors lorsque ce jour là,
le nouveau virus de grippe aviaire, le H7N9 qui alarme tant l’OMS frappe
la péninsule pour la seconde fois, la nouvelle est prise très au sérieux.
C'est le deuxième cas humain de H7N9 déclaré à Hong Kong, Nous poursuivons notre investigation
épidémiologique pour comprendre comment le patient a pu être exposé à de la volaille.
En quelques heures, le gouvernement relève son niveau d'alerte, les deux malades sont
en soin intensifs dans les hôpitaux de la ville. L'un d'eux décède 20 jours plus tard,
Les lieux où ils ont séjourné sont minutieusement désinfectés.
Toutes les personnes de leur entourage sont isolées parfois
sous bonne garde, en quarantaine stricte....
capable de se transmettre entre êtres humains
adapté au système respiratoire humain que n'importe quel virus de la grippe y compris
le H5N1. Mais il se transmet très mal par voie aérienne, par rapport à une grippe saisonnière
ou celui de la pandémie H1N1 par exemple qui sont elles très efficaces. Il a fait beaucoup de chemin
déjà mais il n'y est pas encore arrivé. Cependant, avec le temps, le h7N9 pourrait y parvenir.
La crainte des autorités, c’est que le virus H7N9 se combine justement durant
l’hiver avec la grippe saisonnière, et ainsi devienne contagieux, entre hommes.
Mais comment et où cette recombinaison se produirait-elle ?
C'est peut-être à quelques kilomètres de là, en Chine continentale que se
trouve la clé de l'émergence des grippes - H7N9 et avant elle H5N1...
Pour qu'un virus vienne jusqu'à nous, il faut une interface,
un passeur. Pour les grippes, le réservoir sont les oiseaux sauvages
mais ce sont bien les volailles qui font office de transmetteur.
La Chine est le plus grand producteur de volailles au monde mais deux autres
caractéristiques s'y ajoute... comme l'existence d'immenses marchés de volailles vivantes.
C'est un grand marché... vraiment grand.
Peter Dazsak est venu à Lipu dans le sud du pays pour tenter de comprendre.
C'est très intéressant. Ce n'est clairement jamais nettoyé. Il y a constamment de nouvelles
volailles qui arrivent s'il y a un virus il a toute les choses d'infecter les suivantes.
Personne ne nettoie c'est clair. C’est incroyable.
C’est incroyable, il y a des cadavres là bas.
J'ai vu des poules mortes à l'extérieur, personne n'a pu me dire ce qu'elles avaient eu. Et personne
n'a fait de tests sur ces carcasses. J'imagine qu'elles ne sont tout de même pas consommées.
Aucune Hygiène En même temps,
c'est tellement typique des marchés Chinois.
si un de ces animaux était infecté il y a de grandes chances pour que le
virus reste vivants ici, et il y a des gens qui restent là toute la journée,
ils mangent ici, ils sont exposés à tout ce dont ces volatiles sont porteurs. C'est
l'exposition maximale aux grippes aviaires et aux autres pathogènes.
Mais pour Peter Daszak, le risque ne se limite pas à ces marchés d'animaux vivants.
Il vient avant tout du mode d'élevage lui même. Des volailles laissées en
liberté la journée et rentrées quasiment dans les habitations la nuit. C'est cette
promiscuité qui permet au virus de la grippe de passer de leur réservoir-
les oiseaux sauvages- à l'homme : et de franchir ainsi la barrière des espèces.
J'en
avais entendu parlé, je connaissais l'existence de ces fermes bien sûr, mais je n'avais
jamais réalisé à quel point ces élevages en plein air s'étendaient comme ça aussi loin dans
la nature. Les poules sont complètement mélangées avec les oiseaux sauvages et les autres animaux.
Il y en a à perte de vue. D'un point de vue viral, c'est idéal. C'est parfait pour une contagion.
Bonjour, ravi de vous rencontrer !
Est-ce que la grippe aviaire vous inquiète ?
Ce serait idiot de dire que je ne suis pas inquiet. Bien sûr que je le suis,
mais on essaie de prendre toutes les précautions…
Vous faites des tests ?
Oui, ils ont été vaccinés quand ils étaient jeunes.
Contre quelle grippe
aviaire ont-ils été vaccinés ? Ça, je n'en sais vraiment rien...ce
sont les vétérinaires qui s'en chargent. C'est le grand problème des grippes aviaires,
on est toujours en retard. Chaque année il y a une nouvelle souche qui émerge. Il y a
eu H5N1. On a développé un vaccin, le Chine a vacciné. Et puis c'est le H7N9 qui émerge.
Et ça continue. Chaque année, il y a une nouvelle souche, c'est très problématique.
Je sens qu’on va avoir un problème C'est très difficile d'attraper
un poule, c'est connu, ça ! Alors, je prélève où ? Voilà, c’est fait.
Nous cherchons à localiser des points chauds comme celui-ci en Chine
mais aussi à travers tout le sud-est asiatique. On veut savoir où la recombinaison entre virus
peut avoir lieu. Quels sont les endroits les plus à risque et qu'est-ce qui favorise ce risque ?
Nous avons découvert par exemple que la taille des exploitations entre en jeu
mais aussi que la structure de ces fermes compte beaucoup. C'est précisément dans
ces endroits que nous faisons nos prélèvements pour découvrir la prochaine souche de grippe.
Une information très importante en matière de bioterrorisme. Des chercheurs ont mis
au point une forme mortelle de grippe aviaire extrêmement contagieuse entre
humains. Si des terroristes parvenaient à s’emparer de ces informations ils pourraient
fabriquer ce virus capable de tuer des millions de personnes dans le monde.
Dans les laboratoires du monde entier, une course contre la monde a débuté
pour lutter contre ces virus émergents. Parfois, avec des méthodes controversées.
Quelque part dans cet hôpital hollandais,
des chercheurs ont fabriqué fin 2011 un virus mutant de H5N1.
Ce qu'on redoute que la nature fasse toute seule : que le virus
change et devienne contagieux, ils l'ont fait ici en laboratoire...
Ils s'apprêtent à faire de même en ce moment pour le H7N9 , le nouveau virus de grippe aviaire ...
Alors ici, vous avez dans ces compartiments, des boites qui contiennent des ampoules:
et à l'intérieur de chacune d'elles, il y a des virus.
Mais ceux qui sont dangereux pour les hommes ou les animaux, on ne les conserve pas là...
Je peux vous montrer aussi dans ces pièces à moins 20 degrés, les boites qu'on garde.
Alors ici dans chacune de ces fioles, il y a du plasma. Ça permet de faire de l'archéologie des
virus. Par exemple, pour quelqu'un né en 1857, vous retrouverez dans son sang les
anticorps des virus qui circulaient en 1857.
fabriquées ?
Je ne vais certainement pas vous le dire... Si des gens voulaient s'emparer de ce virus,
ils rêveraient d'avoir des renseignements pour le localiser. Alors, si je vous le dis, vous le
diffuserez dans votre programme et nous ne voulons évidemment pas les aider à mettre la main dessus.
S'il est interdit de s'approcher des souches mutantes ou des laboratoires où ont lieu les
expériences et notamment celles réalisées sur des furets, l'animal qui sert de modèle,
il est possible de rencontrer les hommes qui y travaillent.
Dans la dernière publication, la transmission du H7N9 semble encore limitée.
Qu'est ce qui faudrait pour que ça arrive...
C’est très limité encore, oui.
Si tu devais faire une prédiction, tu dirais que vous y arriverez quand ? Dans un an ?
Un an, peut-être.
Tu te souviens des premiers temps avec H5N1, tu avais travaillé dessus n'est-ce pas ?
Bien sûr, nous étions 3 autour de l'ordinateur à attendre les résultats. Lorsqu'ils sont apparus,
on a immédiatement appelé le patron. On lui a dit, ça y est les résultats sont positifs,
le H5 se transmet ! On s'est dit,
si ce truc s'échappe du labo, on va avoir un gros problème.
Mais bien sûr il n'en est pas question.
bien sûr c'est impossible.. Ce virus que nous avons développé, nous permet
de tester les antiviraux actuels pour savoir s'ils seraient efficace face à lui. Avec l'espoir
de pouvoir soigner les populations si cela se produisait. On fait ce genre de tests grâce au
virus mutant. Serions-nous capable de le tuer dans l’œuf si cela arrivait, ou au moins, serions-nous
capable de produire des vaccins en masse, voilà ce que nous faisons comme recherches...
Bien entendu, nous avons été critiqués et il faut être conscient que ce type de recherche
soulève des critiques, et que cela peut être dangereux si ce n'est pas fait dans
les règles. Mais le risque que n’importe quel bioterroriste s’empare des résultats,
qu'il reproduise notre virus en utilisant notre système est nul. Il est impossible
de refaire ces expériences si vous n’êtes pas un virologue. En revanche, le bénéfice de ces
recherches peut être immense, et nous avons une obligation morale envers le monde de continuer.
Ces arguments n’ont pas convaincu. De nombreux scientifiques, se sont même mobilisés pour que
cessent ces recherches. Un moratoire imposé sur ces travaux a fini par être levé par
l’OMS l'an dernier... ce que regrette Patrick Berche, spécialiste du risque bioterroriste .
Moi, je suis extrêmement opposé à ce type d'expérience, c'est vraiment
jouer aux apprentis-sorciers. Pourquoi rendre ultra-contagieux
un virus qui ne l'est pas et qui n'y arrive pas. S'il y avait un accident, un accident,
un mort simplement dans un laboratoire, que dirait-on des chercheurs qui ont créé à l'instar
de Frankenstein un monstre qui peut éventuellement entraîner une pandémie, c'est incompréhensible....
Y a eu des accidents avec le Sras dans des laboratoires chinois. Les accidents dans les
laboratoires de haute sécurité sont nombreux, on en dénombre près de 450 depuis 20/ 30ans.
L'O.M.S. travaille d'arrache-pied pour contenir le terrible virus Ebola qui est maintenant en
train de se répandre dans probablement quatre pays de l’Afrique de l’Ouest.
Alors que le Mers-Coronavirus et le H7N9 sont toujours sous surveillance c'est un
autre virus qui prend l'OMS par surprise. Une nouvelle souche d'Ebola, passée inaperçue depuis
décembre 2013 est en train de créer la panique dans tout l'ouest Africain et jusqu'au Canada.
Plusieurs fois par jour, une cellule de crise se réunie. Le Dr Stéphane Hugonnet vient faire
son compte rendu, il rentre tout juste de Guinée Conakry où l'épidémie a démarré. Keiji Fukuda,
sous-directeur général de l’OMS assiste en personne à la réunion...
D'un point de vue épidémiologique il y a encore 3 des 4 districts initialement concernés qui sont
encore touchés. Dans 3 régions donc, la chaîne de transmission est toujours active. Concernant le
contrôle de l'épidémie, les besoins sont immenses, à tout point de vue.
Le principal message est donc : l'épidémie se poursuit, des cas
vont continuer à faire leur apparition dans tout le pays et aussi dans les pays voisins.
Ça touche pratiquement tout le pays, Conakry se trouve à l'ouest, la guinée forestière se
trouve à l'est, donc je sais pas, c’est plus de 1000 kilomètres touchés, c'est une épidémie
internationale avec le Liberia touché et il y a des cas en capitale, donc ça demande des
ressources extraordinaires pour essayer de comprendre et maîtriser cette épidémie...
Peut-être on va faire le tour de qui est en ligne encore. Mali, Libéria, sierra Leone, et Cap vert…
Nous allons commencer, est ce que le collègue de la Guinée est en ligne ?
Une seule transmission d'une chauve-souris à l’homme semble être à l’origine de cette
nouvelle flambée d'Ebola qui a atteint Conakry, la capitale.
C’est la première fois que des cas de transmission, déjà des dizaines,
ont lieu dans une mégalopole de plusieurs millions d'habitants.
Sur place l’OMS pilote les activités de dizaines d’experts arrivés en urgence dont
Jean-Claude Manuguerra de l’institut Pasteur. Faut aller vite car l'épidémie peut s'emballer,
je prends un exemple. Si on a une personne qui a 10 contacts qui ont
chacun 10 contacts... 100 à suivre puis 1000 personnes à suivre et très
vite le suivi des contacts devient pratiquement impossible...alors qu'on sait que c'est que le
suivi des contacts c’est très important de les suivre car c'est ceux qui sont à risque d’avoir
attrapé la maladie. Il faut le faire vite sinon voyez c’est une espèce de réaction en chaîne
qui peut très vite déborder le système... A Conakry, l'organisation Médecins Sans
Frontières a construit, un centre séparé du reste de l’hôpital. Le « village ébola »
Vous appelez si vous avez besoin d’aide, je reste ici.
Sans vaccins, sans remèdes, les médecins se contentent de soulager au mieux les
malades et d'accompagner les mourants.
stricte tous ceux pour lesquels une simple suspicion d’Ebola existe.
Des prélèvements sont réalisés sur chacun d’eux pour établir un diagnostic.
C’est un laboratoire Français à Lyon qui a procédé aux premières analyses. Désormais,
il faut aller plus vite et éviter que les échantillons se dégradent dans le transport.
Dans cette pochette, le sang d’un malade pour lequel le diagnostic va être posé.
A quelques dizaines de mètres du village Ebola,
Jean-Claude Manuguerra supervise ces analyses dans un laboratoire de niveau P4 improvisé
sur place. La seule manière pour ces chercheurs de se protéger du virus.
Là ce qu’on va faire c’est qu’on va prendre une partie du prélèvement du virus infection
et une partie va être utilisée pour faire les analyses, on va l'inactiver avant de le
ressortir comme ça après on peut le faire en dehors de la boite à gant…
C'est un test relativement sophistiqué mais qui marche d’une façon extrêmement
simple avec un résultat qui se lit extrêmement facilement, voyez ici deux échantillons jaune
bien fluorescents qui marquent la présence spécifique des traces du virus Ebola.
Deux cas avérés, un négatif, le nombre de test à réaliser diminue. Un mois après le début cette
nouvelle flambée, c'est le reflux de l’épidémie. En fait on est toujours inquiet quand
on ne connaît pas comment les choses vont se dérouler. À posteriori,
c'est toujours facile de dire ben finalement y a moins de 200 cas et moins de 100 morts,
on sait jamais comment ça peut évoluer. Imaginez une épidémie qui se propage à toute une capitale
et ensuite à d’autres capitales. C'est un peu le scénario catastrophe qui ne s’est heureusement pas
produit parce que probablement la situation ne s'y prêtait pas. Peut-être aussi avec l'intervention
des moyens de riposte qui a regroupé la communauté internationale et on ne sait pas ce qui serait
arrivé si on avait rien fait... Après une accalmie au printemps,
l’épidémie d’Ebola a repris au moins de juin, sans que personne ne sache vraiment
pourquoi. Une poignée de miraculés dont Oularé Bakary s'en est sorti indemne…
C'était pas du tout facile. Je voyais des cadavres, je commençais à poser des questions,
je disais les malades, ils étaient là depuis quand ? Et est-ce qu'ils étaient venus comme
moi ? Vraiment j’étais inquiet. Très très inquiet, Donc pour moi j'allais mourir,
c'était fini pour moi. J'ai vu un autre malade qui se baignait,
il perdait du sang, il faisait la diarrhée sur place, il vomissait,
je le voyais vomir du sang. Il y avait les cadavres qui partaient pour les enterrements.
Moi aussi j'attendais mon jour, j’attendais mon jour, donc pour moi c'était la fin.
Mais quand ils sont venus faire les premiers tests sur moi, les deuxièmes tests sur moi,
ils sont venus me dire que c'est négatif, j''étais vraiment content, je n'ai plus la
maladie, je suis sauvé, je suis sauvé.
cette nouvelle flambée d'Ebola, des volailles qui transmettent une nouvelle grippe mortelle,
à nouveau des chauves-souris derrière l'émergence du mers-coronavirus...
Tous ces virus émergents ont un point commun : le monde animal.
Ce constat a fait naître un nouveau paradigme scientifique : « one health », « une santé
commune», l'idée d'une interdépendance entre notre santé et celle de la faune sauvage
Partout dans le monde, les scientifiques enquêtent sur
ce lien qui éclaire d'un jour nouveau les dégradations de l'environnement.
Au nord de la Thaïlande, d'autres chercheurs ont ciblé spécifiquement une de ces régions
où l'environnement a été récemment bouleversé pour mener une de ces études « one health ».
Serge Morand, du CNRS y étudie les rats, un autre de ces grands réservoirs à virus.
Where does it come from ? From the forest, ok so maybe it’s a ratus…
Donc
ça c'est un rat qui fait partie du complexe très proche du rat noir du ratus ratus, le rat de la
peste. Généralement ils les chassent pour eux, parce qu'ils les mangent.
On peut faire du rat grillé … On peut faire le rat en soupe, qui n'est pas trop mauvais.
Ici, l’agriculture a pris le pas sur les forêts entraînant la disparition
de nombreuses espèces de rats et avec eux de nombreux virus et pathogènes. Et pourtant,
dans ces villages, de nouvelles maladies ont fait leur apparition...
Pour comprendre ce paradoxe... des virologues, des vétérinaires,
des médecins... des scientifiques venus d'horizons divers travaillent main dans la main.
Ok, le premier poumon c’est ça ? Il vient de trouver quelque chose de nouveau
qu’on avait pas encore vu. Il a fallu que Djamel qui vient de Tunisie commence à ouvrir un des
rongeurs de Thaïlande pour trouver quelque chose que l'on n'avait encore pas vu jusqu'à présent.
L'augmentation de l'agriculture … s'accompagne peut être d'une réduction de la diversité de ces
pathogènes mais ceux qui restent, ces microbes qui restent augmentent en prévalence chez les
rongeurs, donc oui il peut y avoir des risques plus importants pour les humains parce que
ça va circuler dans cet environnement. Ca va passer sur les puces, ça va passer sur
les tiques, ça va passer sur les acariens avec une possibilité d'infection pour les humains...
Ces 50 dernières années, la menace des épidémies a toujours été pensé dans les mêmes termes : le
nombre de personnes qui pourraient être infectées, les médicaments qui pourraient
être utilisés, les vaccins. L'approche de « one health » tente de faire la synthèse,
on part du principe que pour arrêter l'émergence de nouvelles maladies, il faut arrêter les
pratiques qui bouleversent l'environnement Je crois qu'on a jamais su autant de choses
justement sur ces agents pathogènes, on connaît leur séquence complète,
on sait leur taux de mutation, on sait beaucoup de chose. On ne peut pas prédire à quel endroit
arriveront ces mutations. Et donc on est devant ce dilemme qui est d'essayer de prévoir, c'est
ce qu'on nous demande, en sachant que la nature a beaucoup plus d'ingéniosité que les hommes…
En fait, bien ébouillanté comme ça, je pense les
ectoparasites doivent pas être bien vivants. C'est très bon. C'est très bon, c'est très
bien cuit. Ils l'ont lavé avec une herbe, ça a permis d'enlever un peu le goût du rat.
