Comprendre la rébellion touareg… Après deux ans de conflit dans le nord du Mali entre armée et rebelles en plein Sahara, ce documentaire donne les faits, les conséquences humanitaires, les raisons culturelles et politiques de cette "guerre des sables". ✋ Les enjeux du Monde ? Ils sont ici 👉 https://bit.ly/3nbDE0S Abonnez-vous 🙏 Pour la première fois, la parole est données aux deux camps qui s’affrontent… A travers la confrontation des points de vues opposés sur les raison du conflit, les deux camps (armée et rebelles) révèlent leur haine raciale. Les Noirs, esclaves d’hier des Touaregs, sont devenus les maitres des nomades.
00:00 Mali la révolte Touareg 05:18 Formation des rebelles en Libye 12:23 Réfugiés dans les pays voisins 15:26 Opposition à l'intégration 20:47 Cultiver la haine entre les populations
Nomades, aventuriers,
brigands et seigneurs,
ceux qu'on appelle les Touaregs n'ont
jamais admis les frontières de ce qui est leur royaume, le désert.
Une nature ingrate et hostile leur a
imposé deux valeurs: la résistance et la liberté.
Les colons français n'ont pu pacifier
et soumettre ces aristocrates du désert.
Ils les ont pactisés avec eux,
leur laissant cette mobilité au-delà des frontières tracées sur des cartes.
Avec l'un des Dépendance,
dans les années 60,
des pays comme le Mali ou le Niger ont vu en toute logique
les Noirs, majoritaires,
prendre les rênes du pouvoir.
Ainsi, les Touaregs, dans le passé,
dominateur des populations noires,
ont vu les rapports de forces s'inverser.
Pour les Mores et Touaregs,
les esclaves d'hier sont devenus
les maîtres et ont imposé leur loi.
Une loi que les hommes bleus ne pouvaient admettre puisqu'au nom de l'unité
nationale, l'identité Touaregs a été bafouée.
À l'école, les enfants nomades apprenaient
sans comprendre des chansons en bambara,
la langue du sud,
celle de la capitale Bamako.
Les Touaregs considèrent qu'ils sont historiquement,
culturellement et même
géographiquement différents du sud malien.
Si on revient aux anciens empires,
tout ça, on n'a jamais eu un empire commun avec le Sud.
Les Touaregs n'ont jamais qui était
intégré dans la société malien.
C'est le Touareg lui-même qui a toujours
essayé de s'intégrer,
mais il n'a jamais eu la porte ouverte.
Nous sommes totalement retrouvés dans un désespoir.
Parce qu'on a tenté par toutes
les manières d'aboutir à une solution.
Ça n'a pas cloché.
Et à partir de ce fait,
nous nous sommes Ils sont obligés de prendre les armes.
Nous réclamons beaucoup.
En 1962, une première rébellion éclate
dans le nord du Mali,
au cœur du massif de l'Adrar des Iforaces,
et elle sera sévèrement réprimée,
plus d'un millier de morts.
Près de 30 ans plus tard,
les jeunes nomades ont repris la révolte
au nom d'une dignité qu'ils estiment
bafouée par les différents régimes qu'a connu le Mali.
Ils revendiquent qui ont ensuite
l'indépendance de leur territoire, l'Azawad.
À la différence de 1962,
les Insurgés sont mieux organisés,
plus politisés, et surtout,
beaucoup mieux armés.
Pour nous, la révolution,
c'est seulement une révolution qui puisse
apporter les changements dans notre pays
et pour notre peuple,
eu égard aux souffrances qu'il subit.
Ce n'est ni le communisme ni le socialisme.
La révolution, c'est la recherche de l'identité.
Les moyens pour y parvenir la lutte armée.
Mais les différences de caste et de tribus
entre nomades marquent les limites de leur unité.
En deux ans de rébellion,
sont nés cinq mouvements issus de cessions successives:
MPA, ARLA, FPLA, FULA et FIA,
le Front islamique arabe de l'Azawad,
une fonction solidaire des Touaregs
et qui revendique aussi l'indépendance de l'Azawad.
Fondamentalement,
Le fia est comme les autres composantes
armées des mouvements de l'Azawad,
c'est-à-dire qu'ils poursuivent le même objectif,
celui de la réhabilitation
du peuple de l'Azawad et la reconquête
de tous ses droits sur sa terre natale.
Donc, sur ce plan,
le fia est comme les autres.
C'est une organisation militaire et une organisation politique.
Maintenant, Certainement que par rapport aux autres, le fia
est composé en grande majorité
par la composante arabe de la Zawad.
Point commun à tous ces mouvements politico-militaires,
les cadres ont été formés en Libye,
terre d'accueil des minorités en révolte.
Les seigneurs du désert ont ainsi troqué
le sabre contre le fusil mitrailleur.
Les stages effectués chez le colonel
Kadhafi ont transformé ces hommes
en excellents mercenaires des sables.
Une qualité de guerrier que d'aucuns ne
leur reconnaissent, y compris
les militaires maliens qui les combattent.
Ça dépend.
De toute façon,
ça dépend de notre instruction,
de notre expérience et surtout
de notre connaissance du terrain.
Certainement une meilleure stratégie aussi
que nous avons acquise en Libye,
au Tchad, au Liban
et sur tous les terrains où nous étions
avant de commencer notre guerre.
La formation de vos commandos,
elle dure combien de temps ici ?
Dans le maquis, ça dépend.
Pour une formation légère,
primaire, entre 45 et 90 jours.
Pour les formations comme nous,
nous continuons jusqu'à 18 mois.
Les rebelles se défendent d'être le bras armé de la Libye.
Pas de fourniture d'armes, disent-ils,
mais seulement une solide formation idéologique et militaire.
Le prix à payer pour ce savoir-faire:
servir dans la Légion islamique.
Ils s'appellent Omar, Taieb ou Ibrahim.
Ils ont à peine 20 ans.
La Libye reste pour eux un mythe.
Leur lot de consolation, faute de pouvoir y aller,
la formation dans les commandos.
Pour ces jeunes Touaregs,
manier les armes est un vrai plaisir
et l'entraînement à la guerre,
leur seule et unique école.
Le déclenchement de la révolte Touareg s'est joué le 29 juin 90.
Yad Agrali et ses hommes du MPLA,
rentrés de Libye, étaient prêts à la lutte.
Ils ont attaqué Ménaka à l'est,
une ville garnison peuplée de noirs sédentaires.
Une opération visant la prison et la gendarmerie,
avec au bout du compte,
un beau butin pour les rebelles, pas moins de 450 fusils.
L'attaque d'une rare violence sur fond de
racisme a pris au dépourvu les militaires.
Des militaires qui, pour la première fois,
parlent sans complexe de cette rébellion
à laquelle ils ont dû faire face.
Le coup de départ d'abord, c'était le cas de Ménaka.
C'était la population blanche qui assistait à le massacre des Noirs.
Et c'était tuer seuls ceux qui étaient Noirs.
Et je peux défier quiconque de nous
prouver que parmi les morts de l'attaque de Ménaka, le 29 juin 90,
qui nous prouvent qu'il y avait
un seul plan qui avait été tué.
Et cependant, les Blancs vaquaient simplement leurs affaires.
Ils partaient à la mosquée,
on les autorisait même: Allez-y,
vous n'êtes pas concernés.
Ce sont eux-là que nous recherchons.
La guerre civile est pir que les autres guerres.
Vous pouvez voir un cadavre, le sexe coupé, mis dans la bouche,
les oreilles coupées, le ventre déchiré ou égorger une mutinerie totale.
D'accord, si vous tuez quelqu'un,
ça passe, mais si vous vous mettez à la mutinerie, c'était comme une haine,
quelque chose de gardé envers l'armée régulière.
Je ne sais pas, c'est comme une haine.
D'autres attaques se succèdent,
toujours par surprise, la nuit ou au petit jour.
L'armée ne tarde pas à se ressaisir
et double ses effectifs dans le Nord pour atteindre 2 000 soldats.
4 septembre 90, Touxémaine, un Puy,
une colline rocheuse transformée en campement militaire,
des remparts de fortune faits de cailloux et de pierres.
En pleine nuit, les rebelles touaregs
s'approchent dans le plus grand silence,
puis déclenchent l'offensive sur deux fronts.
Les militaires sont cernés.
Six heures de combat,
plus d'une centaine de victimes des deux côtés.
Ici, c'est tombe de victime malien, armée malien.
Il y en a combien ici ?
Ici, un commandant.
Ici, peut-être, il y a 140. Entre ça et ça.
Je ne sais pas combien ici et bien ici.
L'armée enregistre 37 décès dans ses rangs.
Bien évidemment, chaque camp
surestime les pertes de l'adversaire.
Mais une chose est sûre: les rebelles,
déguisés en soldats,
ont infiltré les positions de l'armée.
Une tactique redoutable.
Au sein du bataillon,
il y avait des militaires noirs comme des militaires touareks et arabes.
Donc, il va se dire que dans la nuit,
dans les environnements de 1 h,
entre 1 h et 2 h, 3 h du matin,
avant le lever du soleil,
à moins que vous ne reconnaissez
qui tiennent par la voix,
il est difficile de reconnaître
un tamachek de l'armée régulière et un rebelle,
puisque nous sommes tous habillés de la même façon.
C'est ce qui nous a posé beaucoup de problèmes.
C'est ainsi qu'ils sont infiltrés à l'intérieur.
Et au premier deux coup de feu des éléments d'attaque.
Ces éléments qui étaient
au sein de nos éléments se sont mis à coincer dans les deux.
Les camarades qui étaient là,
croyaient qu'ils avaient affaire au soldat
malien, au soldat de l'armée régulière.
Mais en fait,
c'est longtemps après qu'ils ont su qu'au sein,
même des différents groupes,
il y a des éléments qui tombaient
et les balles ou les coups de couteau venaient dans les deux.
C'est ainsi qu'il y a un sergent qui
s'est rendu compte parce qu'il y a un élément révèle qui,
affamé pendant l'infiltration,
est tombé sur la cuisine du deuxième groupe.
Et quand il a pris là-bas un morceau de pain,
le sergent était étonné de voir qu'au plus fort du combat,
il y a un qui manque.
C'est là qu'il s'est dit: Il a soigné la lettre.
Il dit: Attention, parmi nous, il y a des révèles.
À partir de ça, maintenant,
on a commencé à s'identifier avec nos signaux de reconnaissance.
Et dès lors, on a pu juguler l'affaire.
Pour les soldats, Touksemen reste
gravé à jamais dans les mémoires.
L'armée sort traumatisée de cette
affaire et ne fera aucun cadeau.
Dans les villes du Nord,
on crie: Harao sur les pots rouges.
C'est ainsi que les Noirs appellent les Touaregs, au thym cuivré.
À Tombouctou, à Gawo, partout,
on a pillé les gens, tout simplement parce qu'ils sont de race blanche.
Donc on les a spoliés,
on a enlevé leurs biens
et à cause de leur couleur,
ils étaient persécutés, ils n'avaient pas la sécurité.
Dans les villes, les populations sédentaires créent des milices.
Soupçonnés d'aider la rébellion,
des notables arabes et touaregs sont
exécutés sans autre forme de procès.
L'armée ne fait plus dans le détail.
Du coup, les populations blanches prennent la route de l'exil.
Thessalit était auparavant le un passage
obligé des touristes venant d'Algérie et entrant au Mali.
Aujourd'hui, Thessalit est une ville fantôme.
Maisons abandonnées et pillées,
boutiques fermées, la vie s'est arrêtée,
le temps a retenu son souffle.
Les civils se sont réfugiés dans les pays voisins.
30 000 en Algérie, 50 000 en Mauritanie.
Une sédentarisation provisoire, mais forcée.
Basie Kunu, Arore, Fassala Nere,
trois petites localités en Mauritanie
devenues en quelques semaines
des camps de toile à perte de vue.
Ici et partout,
les mêmes problèmes: l'hygiène,
le manque d'eau et les épidémies.
Une dizaine de morts chaque semaine.
Face à ce drame humain entre deux communautés qui s'affrontent,
les hommes politiques ont cherché à instaurer le dialogue.
Une Une lueur d'espoir est apparue ce 11 avril dernier à Bamako.
Quatre mouvements rebelles se sont
retrouvés avec le gouvernement malien pour signer la paix.
Les concessions sont de taille.
L'état accorde l'autonomie de la régio du Nord,
tandis que les rebelles
abandonnent leur velléité d'indépendance de l'azaouad.
Une assemblée régionale,
un pouvoir décentralisé,
l'installation de brigades conjointes armées et rebelles et à terme,
l'intégration des maquisards
qui le souhaitent au sein de l'Armée
nationale Voilà pour l'essentiel du protocole d'accord.
Un accord conclu à l'arraché grâce
à la médiation de l'Algérie qui craint un
débordement du conflit sur son territoire.
Et la France qui tentera de réconcilie l'inconciliable,
Paris soutiendra l'initiative de deux
médiateurs: Ahmed Babamiske, diplomate de l'Unesco, et Edgar Pizani,
président de l'Institut du monde arabe et proche de François Mitterrand.
Je me suis toujours demandé: Mais
qu'est-ce que tu es en train de faire là-dedans ?
Est-ce que tu interviens pour éviter les combats ?
Ça vaut la peine, mais où est-ce que tu
interviens pour sauver une civilisation ?
Et un jour,
j'ai posé à des qui étaient réunis devant
moi et qui refusaient les solutions que je proposais.
D'un coup, je me suis dressé devant eux,
très dur, très agressif.
Je leur ai dit: Si
nous ne réussissons pas ce que nous sommes Ils sont en train de tenter aujourd'hui,
combien restera-t-il de Touareg dans 50 ans ?
Ils se sont regardés ils m'ont dit: Aucun.
Et je leur ai répondu: J'accepte pas qu'une civilisation disparaisse.
Il y avait plus de risques de voir disparaître la civilisation
Touareg dans la marginalité misérable
que finalement, les Touareg connaissaient,
que dans l'articulation entre une société semi-nomade
retrouvant des raisons de vivre,
un niveau de vie, la possibilité de former
des enfants, de continuer à
irrer dans le désert qui est son monde.
Une articulation entre cette population-là
et des gens du fleuve qui, à mon avis,
ont besoin de ces passants que sont les Touaregs.
Parce que ces passants leur apportent
un un élément de l'extérieur,
une autre vision du monde,
un regard plus pénétrant peut-être sur le monde.
Pour une poignée de dissidents touaregs,
signer la paix est synonyme de capitulation.
Une intégration signifierait la perte de l'identité.
Malgré le cessez-le-feu, des incidents se poursuivent.
La libre circulation des armes aidant,
de jeunes bandes d'armées incontrôlées
commettent des pillages et des attaques contre des sédentaires,
et la violence reprend ses droits.
Foyta, un puits, mais aussi un poste avancé
abandonné par l'armée depuis plusieurs mois.
Ici, on est à trois kilomètres de la Mauritanie.
Le 19 mai, en fin de matinée,
les soldats sont passés par là.
Une expédition punitive,
à défaut de mettre la main sur des rebelles en déroute.
À 11h00 du matin,
alors que les bêtes et bergers étaient
venus s'abreuver autour du Puy,
sept véhicules militaires ont fait irruption.
Ils ont encerclé le groupe,
ont commencé par tirer sur le troupeau avant d'exécuter plusieurs otages.
Quand le crépitement des armes a cessé,
la nouvelle s'est répandue.
La peur au ventre,
nos accompagnateur sont venus reconnaître les morts.
Une douzaine au moins.
La perte d'un des leurs.
Khali, fils de berger, a eu la vie sauve.
Il témoigne.
Ils sont venus à l'hôpital ?
J'ai hâte de savoir.
Sept véhicules qui sont venus au Puy. Et...
Ils ont mis un peu de barres d'amandes ? Barres d'amandes ?
Tabapes à faire les barres.
Il y a deux compagnies avec deux blindés,
deux barres d'amandes.
Vous savez où est-ce que l'on est ? Je ne sais pas.
Non. Demain, des personnes.
Ils sont arrivés,
ils commençaient à massacrer les gens.
Et vous vous êtes retrouvés avec les gens.
Vous vous êtes retrouvés avec les gens.
Ils sont venus, il a pris deux gens,
il a amené jusqu'à 50 mètres de pluie, ils l'ont tuillé.
Raleigh a perdu son oncle.
La rage au cœur,
il ne peut oublier le cauchemar de ces hommes entreillis,
le fusil à la main.
Je ne suis pas d'accord avec le terme
bavure que j'entends presque tous les jours.
Voici le problème, comment ça se pose.
Je dirais que tout ce qui se passe,
ce sont des actes de guerre.
Mais la rébellion n'est pas comme une guerre classique.
Donc, il importe qu'elle soittraitée en tant que telle.
Le rebelle, vous n'allez pas le reconnaître du civil.
Le rebelle, c'est des fois votre ami,
le rebelle, c'est des fois l'enfant que vous avez hébergé chez vous.
Qu'est-ce qui se passe-t-il alors ?
Celui-là auquel vous faites confiance
et auquel vous vous confiez des fois parce
que vous dites: Vous êtes du même pays,
vous êtes les mêmes.
Vous vous confiez à celui-là,
c'est celui-là qui va aller vous vendre.
Mais quel est donc ce mal qui ronge
les populations dans une région charnière entre le Maghreb et l'Afrique noire.
La réponse est peut-être là,
devant ce Puy, au milieu du désert.
Un Puy comme tant d'autres.
Et presque à chaque fois,
c'est un jeune noir, seul, sans parents,
qui se dévoue au puisage de l'eau.
Ce jeune homme appartient à la caste
des Bellas, les descendants directs des esclaves et serviteurs.
Au cours des siècles,
les seigneurs du désert ont mené des réseaux,
des attaques à d'autres
chameaux contre les populations sédentaires Peul, Sonrai ou Bambara.
Lors de ces rezzeaux,
ils enlevaient les enfants des vaincus pour en faire des esclaves.
Dans des civilisations où l'oralité est le support de la mémoire,
on comprend alors pourquoi Le fossé est
aujourd'hui si grand entre sédentaires Noirs et nomade blanc.
Le racisme et la question des Bellas, un sujet encore tabou.
Je ne dirais pas qu'il y ait
un antagonisme entre population blanche du Nord et population noire du Sud.
Il n'y a pas ça.
Celui qui le dit, ça,
c'est une erreur monumentale.
Mais cependant, il faut reconnaître que les éléments qui ont été formés
pour perpétrer des massacres, de la rébellion,
ont eu un endoctrinement idéologique leur disant d'abord
que les Noirs les opprimaient alors qu'ils
furent les premiers maîtres des Noirs.
Cet esprit esclavagiste qu'il faut
toujours reconnaître sur ces éléments-là.
Ils ont été endoctrinés au cours
de leur formation avec la haine du noir.
Il y en a qui ont fait croire aux gens:
Les nomades, c'étaient les anciens seigneurs de la région.
Maintenant, c'est des esclavagistes.
Ils vont vous faire retourner à l'ancien régime que vous avez déjà subi.
Il y a eu ce discours,
il y a eu des tracts qui ont été faits.
Et ça a été sciemment fait par certains
esprits très malicieux de l'armée et parmi
même des gens que nous, nous connaissons,
qui sont à Tombouctou, à à eux et même à Bamako.
Donc, il y a eu des réseaux dans ce sens
pour cultiver la haine entre les populations.
Mais heureusement que nous,
au niveau des mouvements,
nous n'avions pas voulu glisser sur cette piste.
Touareg contre Bambara, blanc contre noir.
Au-delà du racisme,
c'est le difficile dialogue des cultures,
des sociétés qui ont leur propre vision
du monde et pourtant qui sont condamnés à vivre ensemble.
Aïcha rentre d'Algérie.
Cela fait quatre jours qu'elle marche sous
le soleil ardent avec ses deux enfants.
Son mari d'Adevancer,
il est rentré il y a quelques jours avec le troupeau de chèvres.
Là-bas, on leur a dit que la paix est revenue au Mali.
Dans ses bagages, Aïcha renferme la misère
de l'exil et dans son cœur,
l'espoir d'une paix durable.