Diversification alimentaire : à quel âge et par quel aliment commencer ?- La Maison des maternelles

La Maison des Maternelles
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34 Vues de vidéo·1 janv. 2025
Parmi les questions qui vous tournent dans la tête, il y a déjà la première, c'est à quel âge est-ce qu'on donne la première purée ?
Par quels fruits commencer ? Par quels légumes ? Et si le refus que je lui propose, comment je fais ?
C'est vrai que c'est un des sujets de la petite enfance qui suscite le plus d'interrogations des jeunes parents.
Alors docteur, vous êtes pédiatre réanimateur, ai-je besoin de le redire, à Strasbourg, et il va vous aider à bien démarrer cette étape.
On va aussi évoquer, si vous le voulez bien docteur, la DME, la fameuse diversification alimentaire menée par l'enfant.
C'est votre nouvelle passion, on peut le dire ? On va peut-être commencer à expliquer ce qu'est la diversification alimentaire,
parce que je pense que pour toutes les femmes enceintes qui nous regardent, ce n'est pas une évidence.
La diversification alimentaire, c'est quand on quitte le régime lacté à 100%.
Un bébé, il nait, il n'a que du lait. Soit du lait de sa maman, soit un lait, une préparation pour un nourrisson, et donc il est en régime lacté.
Et à partir de 4, 5, 6 mois, on commence à introduire d'autres aliments, c'est ce qu'on appelle la diversification alimentaire.
Allez, plein de questions pour vous, la première est d'Emeline.
Bonjour équipe des maternelles, j'ai une petite fille qui vient de passer les 3 mois,
et j'ai lu à plusieurs endroits en me renseignant sur la diversification alimentaire qu'il était bon de commencer à partir de 4 mois révolus,
or dans son carnet de santé dans la partie conseil, il est écrit que pour les bébés allaités au sein,
il faut commencer seulement à partir de 6 mois révolus, et donc je voulais savoir ce qu'il en était réellement.
Merci beaucoup et bonne journée à tous.
Alors c'est vrai que l'OMS conseille de donner le sein jusqu'à 6 mois, dans les pays aussi émergents comme on dit, c'est bien, mais pas au-delà de 6 mois.
C'est ça que ça veut dire, on ne peut donner que du lait jusqu'à 6 mois.
En fait il donne plus une deadline qu'une obligation d'aller jusqu'au bout.
C'est plutôt une deadline que de dire il faut donner jusqu'à 6 mois, après chacun fait comme il veut.
Mais maintenant la règle dans nos pays occidentaux, c'est de commencer à diversifier entre 4 et 5 mois.
La moyenne c'est 5 mois, souvent par exemple les bébés qui ont des problèmes de reflux, on va démarrer plus tôt à 4 mois, mais jamais avant 4 mois.
Et qu'est-ce que ça ferait si on commençait avant 4 mois ?
Eh bien le tube digestif n'est pas prêt, le microbiote intestinal n'est pas mature,
ça peut provoquer des problèmes métaboliques, d'absorption, des crampes, des coliques, des diarrhées.
Il ne faut pas commencer à introduire quoi que ce soit avant l'âge de 4 mois.
Je parle de 4 mois, c'est-à-dire qu'un enfant à 4 mois complet, pour un enfant né à terme.
Un enfant qui est prématuré, il faut corriger un peu l'âge aussi, on décale un peu.
Une question pour vous sur Facebook de Léonore.
Je vais bientôt commencer la diversification alimentaire avec ma fille de 5 mois et je me demande par quel aliment commencer.
Sucré, salé, sucré et salé ?
C'est vrai qu'on utilise les mots salé, sucré, on ne devrait pas les utiliser mais ça permet de comprendre ce qu'on dit.
Entre 4 et 5 mois, c'est le pédiatre, le médecin qui va suivre l'enfant, qui va expliquer aux parents.
On démarre à midi par un pot de ce qu'on appelle les salés, mais ce n'est pas salé.
Si on ne les prépare pas par soi-même, il ne faut pas mettre de sel dedans, j'en profite pour le rappeler.
On peut mettre des oméga-3, de l'huile de colza et tout ça.
Les légumes, en général 130 grammes.
On fait un petit pot qu'on peut préparer soi-même, on peut les congeler et on donne à la cuillère.
Et puis on voit comment l'enfant se dépatouille.
Moi j'ai juste un petit ajout.
Quand on commence, le premier jour où on donne les légumes, on va donner une petite cuillère.
Parfois l'enfant aime bien et on se dit qu'il ne faut donner qu'une petite cuillère ou on peut y aller.
On peut donner le pot complet.
C'est ma question, ça me stresse.
On peut donner le pot complet, 130 grammes.
Il peut être malade ?
Non, il peut, il n'y a aucun problème.
On peut même faire des mélanges, parce que parfois donner que de la carotte, ce n'est pas terrible.
La carotte va être constipée, donc on peut faire des mélanges.
On n'est pas obligé de faire un légume à chaque fois ?
Non, pas nécessairement.
Là où on fait plus attention, c'est quand il y a un terrain allergique familial complexe.
On ne va pas en parler là, c'est différent.
Il faut voir avec le médecin.
On fait les légumes à midi et on termine par un complément de lait.
Et au goûter, on fait ce qu'on appelle des sucrés, des fruits.
Pareil, 130 grammes et on complète par le lait.
Juste un petit conseil pour le premier légume.
On dit souvent carotte, patate douce.
Oui, voilà.
C'est un peu sucré ?
Carotte, ça peut être du haricot.
Haricot, première purée, premier contact avec la nourriture.
Haricot, c'est pas mal.
Bien sûr, oui.
Artichaut, c'est bon.
Alors l'artichaut, il faut le mélanger un peu, parce que l'artichaut, ça va donner des gaz.
On attend déjà de boire un peu avec la patate douce.
Fenouil, ça passe bien.
Oui, le fenouil.
Il y a des tas de choses.
On peut démarrer.
Et il y a aussi les oeufs.
Pourquoi pas le salsicipe ?
J'ai pas dit que c'était bon, mais les bébés, ils aiment bien.
J'ai appris ça au Fac de médecine, 3ème année.
3ème année.
On était ensemble d'ailleurs.
Muller.
Question que nous a envoyé un papa à Jérôme.
Je m'appelle Jérôme, papa du petit James qui a 6 mois.
Nous habitons en Italie.
Et le pédiatre nous a recommandé, pour commencer la diversification alimentaire,
de commencer par ces différents...
Alors, qui écoutez ?
Oula.
Alors le bouillon de légumes, c'est bien, parce que c'est le bouillon de la cuisson.
On peut s'en servir pour préparer des plats.
On peut.
Pour mixer.
Pour mixer, ça peut être très bien.
On peut donner du légume en se servant du bouillon de légumes ou du bouillon de viande.
Ça, on peut le faire à 5 mois sans problème.
La viande.
Le bouillon de viande, c'est 5 mois.
Pas avant.
On n'introduit pas les protéines animales avant 5 mois ?
Entre 5 et 6 mois.
Pour que ce papa comprenne bien, pourquoi ?
Qu'est-ce que ça ferait si on les introduisait ?
Parce que l'enfant, d'abord, il y a la découverte des saveurs, des goûts.
Les protéines, c'est quand même des protéines animales.
Il faut quand même qu'il y ait un tube digestif qui soit mature pour bien les digérer.
Ça compte, c'est important.
Il a tout ce qu'il lui faut aussi avec le lait.
En plus, il a tout ce qu'il faut avec le lait, qui est riche en protéines.
Je rappelle que les laits et les préparations pour nourrissons sont appauvries en protéines
parce que le lait de vache lui-même qui sort du pit est trop riche en protéines.
Ce n'est pas bon pour le nourrisson.
C'est pour ça qu'on l'allège un peu en protéines, entre autres.
Ensuite, les viandes.
J'en profite pour dire que les viandes rouges, plus elles sont rouges, mieux c'est quand on diversifie
parce que ça apporte du bon fer, le fer immunique.
J'en profite aussi pour dire aux parents de donner des abats.
Souvent, les parents n'aiment pas les abats, mais les abats, c'est très bien.
C'est riche en fer.
Marie, elle fait la moue, comme par exemple le fouet de veau, les rognons.
Il y a beaucoup de parents qui ne l'aiment pas, mais c'est très bon.
Il faut les donner saignants.
Mais oui, malheureusement, c'est dommage.
C'est très bien, c'est riche en fer.
Le bon fer, le fer qui est très disponible,
beaucoup plus disponible que le fer qu'on trouve dans les lentilles ou dans les légumineuses.
Aujourd'hui, je te fais de la rate de marcassin avec un petit peu de haricot vert.
Qu'en penses-tu, chérie ?
Bon, autre grande question.
Il regarde et il fait « Ah, mais qu'est-ce qu'elle est connable ! »
Non, j'étais en train de réfléchir à la rate de marcassin.
Non, mais vous avez fait « Où est-ce qu'elle va chercher tout ça ? »
Elle est très forte.
Alors, grande question, docteur.
À quel moment est-ce qu'on passe de la purée lisse au morceau ?
Ça fait flipper les parents, les morceaux.
On a l'impression qu'on va les tuer.
En fait, il y a un truc qu'il faut retenir, c'est qu'il ne faut plus faire,
comme on faisait dans les générations précédentes,
de cacher le morceau dans la cuillère de purée.
Ça, c'est hyper important.
C'est une catastrophe.
Retenez bien ça, parce que c'est ça qui donne la néophobie alimentaire,
entre autres qui y participe.
L'enfant, il est habitué à avoir la cuillère, il vous fait confiance.
Et tout d'un coup, un jour, il y a un petit morceau caché dans la purée,
il ne l'a pas vu arriver.
Et c'est une cata pour lui, il va bloquer, il va le garder contre la joue,
et ça peut faire le lit de la néophobie alimentaire plus tard.
Donc ça, il ne faut pas faire.
Il faut au contraire que l'enfant voit le morceau.
D'où l'intérêt de la DME, on va en parler après.
Moi, ce que je suggère,
c'est quand un enfant commence à savoir mastiquer à 6 mois.
La mastication commence à 6 mois.
Qu'il y ait des dents ou pas de dents, peu importe.
À 6 mois, je suggère aux parents de commencer à mixer un peu moins,
un peu plus grumeleux.
Pas façon risotto, mais un peu en dessous.
Et là, l'enfant, il va se régaler, et au moins, il n'est pas surpris.
Et après, on fera les morceaux.
Il y a une méthode que vous affectionnez, c'est la fameuse DME.
Vous venez d'en parler.
Diversification alimentaire menée par l'enfant, je le redis.
C'est la méthode qu'a choisie Julie pour son fils Timéo,
qui est âgé de 6 mois et demi.
Et c'est un reportage de Léa Bénet.
Je te propose qu'on voit un petit peu ce que tu as proposé à Timéo ce midi.
Très tôt, quand on a commencé à manger à côté de lui,
quand il n'était pas très loin, il nous regardait,
il essayait d'attraper nos assiettes.
Donc, on s'est dit, en fait, il faut se lancer.
Là, il y a toutes les légumes mineux, en fait.
Quand il va commencer à attraper les choses, Timéo,
sur un bébé débutant, ça va être une prise très...
ce qu'on appelle une prise palmaire.
Donc, il va attraper à pleine main, voire à deux mains.
Donc, aller attraper des petites lentilles, ça va être difficile pour lui.
Par contre, ce que tu peux faire, c'est modifier un petit peu la présentation
en réalisant, par exemple, des galettes de lentilles.
Et on a toujours à la maison des sardines, sans arrêt.
La sardine, c'est génial au niveau préhension.
Donc, dans la main, ça se tient super bien.
Par contre, ce qui va être intéressant, c'est de garder les arêtes pour le coup.
Parce que dans les arêtes, tu vas avoir tout le calcium.
L'idée, c'est que le bébé puisse partager un maximum les repas de la famille.
Donc, vraiment, c'est aux parents de faire en fonction de leurs habitudes alimentaires
tant que ça reste sécuritaire par rapport aux capacités du bébé.
Voilà, t'as vu ça, Timéo ?
Tout ce qui se prépare pour toi.
On va voir un petit peu comment on peut découper pour lui présenter tout ça.
Le but, c'est qu'il attrape facilement à une main ou à deux mains.
On va essayer de faire en sorte de proposer des morceaux quand même assez gros.
D'accord ? Donc, on va prendre comme repère à peu près la taille de son poing.
Et puis, l'idée serait que ça dépasse également de sa main.
Et là, ce que tu peux faire, par exemple, c'est de faire un petit signe peace and love ici.
Et après, tu vas venir découper le long de ton petit signe là.
Et ça va te faire des bâtonnets de forme un petit peu triangle ici.
Et du coup, tu vois, au niveau de la stabilité dans la main,
ça tient quand même un petit peu mieux que les bâtonnets carrés.
On gardera, en termes de sécurité,
que ça ne fasse jamais pile poil la circonférence du petit doigt d'un adulte.
Parce que si le bébé venait à l'avaler tel quel sans le mâcher correctement,
ça pourrait venir obstruer les voies respiratoires.
Voilà. Donc, hop, pour la cuisson.
Des courgettes.
Au niveau de la texture, on va essayer de viser le fait que ça s'écrase facilement entre deux doigts d'adulte
ou entre la langue et le palais.
Ça veut dire que Timéo arrivera, avec la force de ses mâchoires,
à réduire ces morceaux-là de manière sécuritaire pour pouvoir les avaler.
Bon appétit, Timéo !
Un moment de partage, tous les trois, de pouvoir manger avec Timéo, qu'il soit à notre hauteur.
Et puis, il y a un moment de convivialité, surtout en fin de journée, quand on rentre du travail.
Ça, la banane, on adore la banane.
On va avoir le développement des capacités motrices du bébé,
qui va acquérir plus rapidement la coordination entre la main, la bouche et l'œil,
du fait d'aller chercher et de ramener les aliments à la bouche.
On va avoir également des bébés qui vont avoir un sens du goût hyper développé,
aliment par aliment, puisqu'ils vont vraiment pouvoir découvrir l'aliment tel quel
avec tout leur sens.
Je suis pas sûr que t'arrives à bien mastiquer la peau.
C'est sûr que tu vas réussir à la manger.
Bon allez, tu y arrives pas, Nanou.
Je reste toujours à côté de mon fils, mais voilà.
En général, quand il y a un petit bout qui le gêne,
il le fait revenir en avant et il y a juste aucun problème.
Bon, manifestement, l'ADME, ça rend les bébés heureux.
Quels sont les avantages pour vous alors, docteur ?
Vous en avez un tout petit peu parlé avant le reportage.
Il y a évidemment cette notion de morceau qu'on voit bien, qu'on peut apprivoiser.
L'ADME, c'est quelque chose que j'ai découvert il y a quelques années
grâce à mes collègues pédiatres canadiens, belges, suédois, allemands, suisses.
Et nous, en France, on est un peu à la traîne, un peu frileux.
L'ADME, ça fait quelques années que je pratique ça et c'est vraiment top.
C'est pas seulement un mode de diversification alimentaire,
c'est aussi une sorte de technique éducative.
Le principe est le suivant.
D'abord, il faut que le pédiatre ait donné le feu vert.
Ça, je le rappelle.
Plus, plus, plus.
Ne démarrez pas votre ADME tant que votre pédiatre ne vous a pas donné le feu vert.
C'est vrai que mes collègues pédiatres ne pratiquent pas trop,
mais ça, c'est le premier truc.
Ça veut dire aussi que votre enfant doit commencer à tenir assis.
Au plus tôt, c'est à six mois, pas avant six mois.
Il doit tenir assis, mais il ne doit pas partir en avant.
S'il part en avant, on ne le fait pas.
Sinon, il peut y avoir un risque d'avaler de travers.
Ce n'est pas l'objectif, bien entendu.
Il doit tenir assis, éventuellement avec ce qu'on appelle le tripod,
juste une main, il se tient, il est stable.
Ça, c'est le test qu'on fait.
Si c'est ça, alors on peut conseiller aux parents.
Le principe, si je le détaille, c'est qu'on fait au repas de midi ou au goûter.
C'est que les parents qui le font.
Ce n'est pas l'assistante maternelle, ce n'est pas la crèche.
Eux, ils attendront que l'enfant ait pris confiance en ça.
Les grands-parents, pareil.
Ce sera plus tard.
Les parents continuent de donner à la cuillère.
On peut faire du mix.
C'est-à-dire qu'on peut apprendre à l'enfant à faire la DME.
Il y a des repas où il fera à la cuillère,
parce qu'à la crèche, c'est la cuillère.
Le principe de la DME, si je dois le décrire là,
c'est de mettre l'enfant à table, avec soi,
dans sa chaise haute, au calme.
Il ne faut pas qu'il y ait une télévision allumée,
un chien qui court, du bruit.
Sinon, il va prendre le morceau, il va regarder ce qu'il se passe là-bas.
Et là, il peut faire une fausse route.
Moi, je n'ai jamais eu de fausse route.
Il faut prendre le temps de bien expliquer aux parents.
L'enfant, il est concentré là-dessus.
Vous posez deux, trois morceaux devant lui.
Le principe, c'est la taille de son point fermé d'aliment.
Il ne faut pas que ce soit trop dur, ni trop mou.
Sinon, il va faire spwitch avec.
Et on le pose devant, sans rien dire.
Quand vous dites de la taille de son point fermé,
parce qu'on peut mettre des légumes aussi...
Ça peut être une légumineuse, ça peut être un morceau de chou-fleur.
Par exemple, le concombre, c'est assez simple.
Le concombre, un peu gros.
Il ne faut pas prendre quelque chose de trop huileux,
parce que ça peut glisser.
Ça peut être une boulette de riz qui se tient.
Il ne faut pas prendre trop petit.
Il ne faut pas qu'il l'avale de travers.
Et il n'a pas besoin d'avoir de dents pour démarrer.
A six mois, il commence à mastiquer.
Je parle des enfants qui sont nés à terme.
Et le principe, c'est qu'il va voir le morceau devant lui.
Et qu'est-ce qu'il va faire ?
Il va le prendre, il va l'amener vers la bouche, évidemment.
Et le troisième acte, c'est de regarder le parent qui est là.
Et c'est là que c'est essentiel,
qu'on est dans une technique éducative.
L'enfant, il se retrouve avec ça, un gros morceau dans la bouche.
Peut-être qu'il va avoir envie de le rejeter.
Mais il a besoin de voir le sourire encourageant du parent.
Il ne faut pas être stressé.
Et moi, je prends du temps.
Il ne faut pas...
Il va faire une fausse route.
Là, le bébé, il va être stressé. On le laisse faire.
S'il a envie de recracher, le parent va se pencher vers l'enfant,
lui disant, veux-tu recracher ?
Je peux t'aider. Il faut être dans le calme.
Et l'enfant, il sent que c'est autorisé.
C'est là que j'explique que c'est une technique éducative.
Ça veut dire que le parent fait confiance à l'enfant.
Et donc, l'enfant prend confiance en lui.
C'est essentiel.
Et ça aidera pour apprendre à marcher.
Ça aidera pour monter les escaliers.
Pour tomber à vélo.
C'est ça l'intérêt de l'ADME.
On est bien d'accord.
Question cuisson de Mandarine.
En vidéo, on la regarde.
Bonjour la maison des maternelles.
Je m'appelle Mandarine.
Je suis la maman d'un petit Matisse de 6 mois
qui a commencé sa diversification,
dite classique,
à 4 mois.
Je vois bien qu'il a envie de m'achouiller.
Et je me suis donc tournée vers l'ADME.
Mais dans la pratique, je suis perdue.
Ma question est donc,
comment présenter les aliments
et comment savoir si les aliments sont cuits
de façon sécuritaire pour bébé ?
Voilà. Je vous remercie.
On a tellement peur tout le temps
quand on entend ça.
Là, je réponds.
Il faut qu'il soit bien conseillé,
bien accompagné.
Il faut aller sur des sites
des gens qui connaissent l'ADME.
Il faut faire attention.
Il y a des gens qui se déclarent
grands manitous de l'ADME.
Après, on récupère les enfants à l'hôpital
parce que ça n'a pas été fait dans les bonnes conditions.
Il y a un site canadien.
Je sais que sur le site que je manage,
j'ai beaucoup de médias en ligne.
J'explique bien
comment on fait l'ADME
et tout ça.
Il faut faire un mélange d'aliments cuits et d'aliments crus.
Oui. Par exemple, des fruits.
On peut donner cru.
Un abricot qui est mûr.
Un morceau de figue.
Il faut faire confiance à son enfant.
Il faut rester à côté de lui.
Voilà des exemples.
Aubergine, potiron, concombre.
L'avocat. Il faut qu'il soit un peu mûr.
Il faut que ce soit un morceau de viande hachée
qui se tienne bien.
L'enfant va tout de suite vous dire si ça lui plaît ou pas.
Pour les recettes d'aubergine, il y a Benjamin Muller.
Le principe,
le docteur Muller ne le contradira pas,
c'est que l'enfant, avec sa mâchoire,
va décrocher un morceau.
C'est ça le principe. Il n'a pas besoin d'avoir de dents.
Ce morceau qu'il décroche avec la langue,
il va le glisser vers le haut du palais
et il va l'avaler.
Ensuite, il s'intéresse à la suite.
Tout l'intérêt, c'est que l'enfant apprend à mastiquer,
va bien développer sa mâchoire, son palais
en largeur et en profondeur.
Il aura moins de problèmes d'orthodontie quand il sera ado.
Ça a un impact aussi sur la prise de confiance,
sur le langage,
sur beaucoup de choses.
C'est ludique, c'est un moment génial à partager avec son bébé.
Est-ce qu'on peut mélanger à la fois
la DME et les petits pots ?
Ou est-ce que si on fait DME, c'est DME et c'est tout ?
Bien sûr, on peut faire du mix forcément.
On va faire à la maison un peu de DME quand on a le temps.
À la crèche,
ils ne font pas encore. Il faut attendre d'avoir le recul de deux mois.
En fait, les parents, je pense qu'ils flippent
en se disant, j'ai fait de la DME,
du coup, je ne sais pas s'il a eu assez
de vitamines, de protéines.
Il faut faire confiance à l'enfant.
S'il n'a plus faim, il n'a plus faim.
Après, il prendra un dessert,
et on peut toujours donner un complément,
soit un yaourt, soit un petit suisse.
On peut faire du mix.
En général, une fois que l'enfant...
Je vois tous les enfants que je vois qui sont en DME,
les parents reviennent me voir un mois après en me disant
c'est top, il veut plus que ça.
Evidemment, le yaourt, il va continuer de le prendre
parce qu'il y a des textures qu'on ne peut pas faire en DME,
la compote et tout ça,
mais les morceaux,
ce sont des enfants qui prennent confiance en eux et avec lesquels,
on disait tout à l'heure,
on a moins de problèmes de néophobie alimentaire quand ils ont deux ans.
C'est vachement important.
Est-ce qu'il y a quand même des aliments qu'on ne doit pas donner,
des aliments à éviter ?
Les petits aliments, un raisin,
la cacahuète, je n'en parle pas,
mais les petits aliments qui peuvent aller se coincer
quelque part, les aliments qui sont trop fibreux,
qu'il faut éviter,
ce qui est trop huileux.
Par exemple, l'avocat, je l'ai mis, mais à condition que ce soit un avocat
un peu mûr, que l'enfant puisse saisir.
Il ne faut pas que ça glisse, sinon ça va tomber.
Et puis, on va passer la balayette
après, parce qu'évidemment, l'enfant,
il va en mettre un peu partout.
Il y a d'ailleurs des trucs qu'on met autour,
et puis on peut récupérer pour donner un peu plus tard.
Et l'enfant fait vraiment
une découverte, c'est très stimulant
pour l'enfant.
Marie, sur lamaisondematernelle.fr,
vous proposez plein de tutos, justement,
pour pouvoir en mettre partout.
Il y a des super serviettes,
des protège-tables.
C'est vraiment beaucoup développé,
parce que la DME se développe beaucoup.
On a une question au sujet de l'état, justement, d'Elodie,
qu'on a reçue en vidéo.
Bonjour, Lamaison Dematernelle.
Ma fille va bientôt avoir 4 mois. Elle présente une intolérance
aux protéines de lait de vache.
Comme bientôt, c'est le début de la diversification alimentaire,
j'aurais voulu savoir comment ça allait se passer
pour l'introduction des produits laitiers dans son alimentation.
Merci à vous. Au revoir.
Alors là, je ne peux pas répondre.
Une allergie aux protéines de lait de vache, d'abord,
il faut être sûr qu'elle soit prouvée et avérée.
Si c'était une allergie avec des signes importants,
troubles respiratoires ou autre,
ne rien faire à la maison, on réintroduit
en milieu hospitalier quand il y a un risque
allergique important.
Sinon, c'est son pédiatre qui lui dira comment faire,
petit à petit.
Mais ça pourra s'envisager, bien entendu,
parce que l'allergie aux protéines de lait de vache, ça ne dure pas trop longtemps.
Il faut qu'on parle des céréales infantiles.
C'est justement une question que nous a envoyée Léa.
Non, pas vidéo.
Elle n'est pas en vidéo.
Il a la flamme aujourd'hui.
J'avais envie de voir Léa en vidéo.
Donc Léa vous dit, j'ai essayé les céréales à 5 mois
dans le bubon du soir avec ma fille
qui mangeait encore moins par jour, environ 150 ml.
J'ai donc arrêté. Elle a maintenant 6 mois.
Les céréales sont-elles indispensables ? Dois-je réessayer ?
Je peux me faire votre petite tête
avant que vous répondiez.
On écoute Léa tout de suite.
Et puis deux secondes après.
Mais voilà, la tête d'aubergine.
Pardon, je vous ai interrompu.
Est-ce qu'on répond à Léa ou pas ?
Je ne sais plus la question.
Les céréales.
On commence à 4-5 mois.
On peut.
Pourquoi ? Parce que ça apporte des glucides complexes.
Autrefois, on appelait ça les sucres lents.
C'est bien, les pectines, l'amidon.
C'est très utile pour la diversification.
Ce n'est pas indispensable.
Si elle n'en veut pas, elle n'en veut pas.
De toute façon,
elle a un âge qui est déjà un peu plus avancé.
Elle a 6 mois.
Donc là, elle prend déjà pas mal d'autres choses.
Et puis, on pourra toujours retenter un peu plus tard.
Ça apporte du goût aussi, les céréales.
Il y a le goût.
Mais je rappelle aussi qu'un enfant a besoin
de sucre, des glucides complexes.
Il a besoin de gras.
Il ne faut pas oublier la petite cuillerée d'huile
dans les petites purées.
Il faut donner du gras.
Et vous aussi, vous le martelez.
Docteur, ça arrive quand même que son bébé
refuse certains aliments.
Parfois même à la cuillère.
Qu'est-ce qu'on fait dans ce cas-là ?
C'est très angoissant pour les parents.
Alors, c'est complexe.
Mais le refus alimentaire, d'abord,
il ne faut jamais forcer un enfant.
Il faut le mettre en confiance, il faut diversifier.
On va le donner à la belle-mère.
Parfois, ça se passera mieux. Il faut l'accepter.
Ou aux grands-parents, ou à la crèche.
Le lieu aussi peut jouer.
Parfois, un enfant, mince,
on le récupère le soir à la crèche.
Il a très bien mangé.
Il a mangé le Darpichaud à la maison.
Il faut diversifier.
Il faut qu'il voit un autre enfant faire aussi.
Il va vouloir imiter.
En tous les cas, il ne faut jamais être dans le forçage.
Pas dans le forçage, pas être dans le truc.
Tu termines ton plat, sinon tu n'auras pas ton dessert.
Il faut prendre le temps.
En général, ça se fait avec le temps.
Il y a un moment quand même où on s'inquiète ?
Vous parliez tout à l'heure des troubles de l'oralité.
Est-ce qu'il se voit déjà dès le bébé ?
Les troubles de l'oralité, c'est vraiment si on force l'enfant,
si on est trop punitif,
si on n'est pas dans la bienveillance de l'enfant.
Tu vois, ton frère, lui, il mange avec lui.
Il n'y a pas de problème.
Des trucs comme ça, il faut éviter à tout prix.
Là, on peut tomber dans des troubles de l'oralité.
Mais ce n'est pas toujours à cause de ça.
Ça va culpabiliser les autres parents.
Avant de tomber dans les troubles de l'oralité,
il ne faut pas forcer un enfant.
Il faut lui laisser le temps de découvrir les saveurs.
On a le droit de ne pas aimer les huîtres.
Un enfant a le droit de ne pas aimer quelque chose qu'il aimait avant.
Il y a suffisamment de choses à manger
pour diversifier.
Si il y a un refus, on essaye autre chose.
Et surtout, je crois qu'il faut se détendre.
Je me souviens de moi
me réveillant la nuit en me disant
« Je n'ai pas mis la petite cuillère d'huile d'olive dans sa purée ! »
En vrai,
j'en tremblais.
Après,
quand il a été chez une assistante maternelle,
il m'a dit « Non, si elle ne lui donne pas, c'est la catastrophe.
Je lui aurais pété 150 fois. Il faut arrêter. »
Il y a le lait qui est là comme support.
Le lait apporte beaucoup de choses.
Il faut être cool.
