Coliques du nourrisson : comment les apaiser ? - La Maison des maternelles #LMDM

La Maison des Maternelles
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23 Vues de vidéo·25 déc. 2024
Ils nous déchirent le cœur, ces cris inconsolables, ces spasmes.
C'est vrai que parfois c'est un petit peu difficile de les gérer au cours des premiers mois,
mais il y a beaucoup de bébés qui manifestent ce type de symptômes devant leurs parents.
On parle souvent des coliques du nourrisson ou bien des pleurs du soir,
mais est-ce qu'il s'agit uniquement de problèmes digestifs,
et puis surtout comment décoder ces pleurs, comment apprendre à les reconnaître ?
Pour répondre à toutes vos questions,
aux côtés de notre pédiatre, le docteur Pforsdorf, nous recevons Emmanuelle Bonnet.
Bonjour Emmanuelle, vous êtes puricultrice en PMI à Paris, merci de revenir nous voir.
Vous nous aviez parlé qu'au dodo la dernière fois que vous étiez venue.
Il faut croire que vous nous avez séduite, parce que vous êtes là de nouveau.
C'est un plaisir de revenir.
Docteur, on va démarrer avec vous.
On utilise le mot colique sans trop savoir à quoi ça correspond.
C'est vraiment un mot qu'on utilise un peu à tout va.
Est-ce que vous pouvez faire le point là-dessus ? Qu'est-ce que c'est des coliques ?
La colique, ça vient du mot colon.
Le colon, c'est une partie de l'intestin, c'est ancestral.
Comme on dit, on a mal au cœur, alors qu'en fait, ce n'est pas le cœur, c'est le ventre.
Les coliques, c'est un peu un fourre-tout dans lequel on met mon enfant,
il a des pets de travers, il a des remontées de lait, il est agité, il a mal,
donc c'est de la colique.
Chez les adultes, c'est la même chose.
Quand on a une diarrhée ou quelque chose qui ne va pas, on va dire on a la colique,
la dégoulinante, etc.
C'est un peu...
C'est une cierme.
Oui, c'est pas mal.
Vous avez l'un ou l'autre mot de vocabulaire ?
Oui, enfin bon, la dégoulinante.
Écoutez, on est avec un médecin.
Mais en tout cas, c'est un fourre-tout, la colique, ça vient du colon,
mais on ne sait pas toujours très bien de quoi ça vient.
Et c'est sûr que ça va se traduire, surtout chez un petit bébé,
par des pleurs, des cris.
Il va falloir qu'on démine et qu'on sache exactement de quoi ça vient.
Est-ce que ça vient vraiment de là ?
On a reçu pour vous une question de Laetitia
qui cherche à comprendre les différents symptômes entre colique et reflux.
Regardez.
Bonjour la maison des maternelles.
J'ai un fils de deux mois et demi qui pleure beaucoup au biberon.
Et en fait, je me demandais si c'était des coliques
ou bien des reflux internes qui brûlaient son oesophage.
Donc voilà, je voulais savoir comment différencier les coliques des reflux
et si leurs symptômes étaient identiques ou différents.
Merci beaucoup pour votre réponse et votre émission.
A bientôt.
Merci à vous.
Bonne question Laetitia.
Alors, c'est vrai que là, voilà un exemple.
On parle de reflux interne.
Mais le reflux interne, c'est un peu une invention du siècle.
C'est vrai, on peut avoir l'impression qu'il y a des remontées qui se font là
et puis on ne les voit pas en haut.
Donc on pense que c'est un reflux interne.
Et les vrais reflux, ça va remonter jusqu'en haut.
On va les voir, nous, quand on examine un bébé qui a un vrai reflux.
Après, sur la table d'examen, on a du lait un peu partout.
Donc c'est quelque chose de très visible.
Je dirais que le reflux, ça va se traduire plutôt chez un bébé,
il prend le sein ou il prend le biberon
et c'est à la moitié du repas qu'il commence à être agité.
Il arrête de prendre le sein, il veut reprendre,
il arrête de prendre le biberon, il le repousse.
Là, ça laisse supposer que c'est peut-être un reflux.
Il faut voir une chose, deux mois et demi,
c'est qu'un bébé est en pleine maturation.
Et les coliques, les histoires de coliques, c'est un ensemble de choses.
Et dans cette maturation, il y a la maturation neurologique,
c'est très compliqué.
Il y a la maturation du rythme veille-sommeil chez le bébé
et puis il y a la fameuse maturation du microbiote,
c'est-à-dire la constitution de ces millions de bactéries,
de bonnes bactéries qui vont se développer dans l'intestin
et qui vont permettre à l'enfant de digérer tout ce qu'on lui donne.
Donc tout ça, ça peut donner des difficultés,
de cris, de pleurs, sans qu'il y ait de véritables pathologies derrière.
Emmanuelle Bonnet, on parle souvent des pleurs du soir
et on confond souvent avec les coliques.
Pourquoi est-ce qu'on confond comme ça ?
C'est quoi la différence ?
En fait, le bébé est très sensible à la tombée de la nuit.
C'est souvent un moment où les parents sont eux-mêmes fatigués,
un peu moins disponibles et le bébé est très réactif à tout ça,
très sensible.
Du coup, c'est aussi un moment où il peut se mettre à pleurer.
Et bien souvent, quand un bébé pleure,
on lui propose un biberon ou bien le sein.
Donc s'il a un peu de difficultés digestives,
s'il a quelques coliques,
si justement il a un inconfort à ce niveau-là,
du coup, il va se mettre à pleurer à nouveau.
Et donc, on repropose à nouveau le biberon, le sein,
et hop, il pleure.
Et du coup, on rentre un peu dans un cercle vicieux
où on ne s'en sort pas trop parce qu'effectivement,
il y a un inconfort digestif et en même temps,
des tensions liées au soir qui tombe et à l'arrivée de la nuit
où effectivement, on est un peu moins disponibles pour gérer un bébé.
Il y a d'autres facteurs qui peuvent expliquer ces pleurs du soir, docteur,
parce que c'est vrai que ça arrive vers 3, 4, 5 semaines à peu près.
Est-ce qu'on les explique en dehors du fait qu'on est peut-être
un peu moins disponibles, comme le disait Emmanuel ?
Alors, c'est vrai que vers cet âge-là, il y a beaucoup de choses
qui se mettent en place.
Le rythme des selles évolue, change.
Le microbiote dont on parlait se met en place.
Et puis, il y a aussi tout ce qui est neurosensoriel.
Toutes ces fameuses hormones, l'ocytocine dont vous parliez,
qui est sécrétée lors de la suction,
qui va apaiser le bébé.
Il y a d'autres hormones.
Il y a la sérotonine, la dopamine, qui sont les hormones du bien-être,
et qui vont caler le bébé dans son environnement.
Et c'est pour ça que, très souvent, à partir de 3, 4 semaines,
un bébé commence à être un peu gîté, parce qu'il y a le stress environnemental.
Il y a le stress des parents, il y a la reprise du travail pour l'un,
il y a l'angoisse de mettre le bébé à la crèche,
il va y avoir la première visite chez le pédiatre,
il va y avoir les vaccins.
Bref, que vont sécréter les adultes ?
Du cortisol, qui est l'hormone du stress, et le bébé va le ressentir.
Le bébé, c'est un buvard, quoi.
Le bébé, c'est un buvard.
Et il pleure pour dire « rassurez-moi, rassurez-moi, faites-moi un câlin ».
Alors, en dehors de tout contexte de pathologie.
Mais les pathologies de cet ordre-là, les vraies pathologies, sont quand même rares.
C'est ça.
Il pleure pour dire « j'ai besoin que vous me rassuriez ».
Oui, parce qu'il ne peut pas parler, ça paraît bête,
mais rappelez-vous bien qu'un bébé ne peut pas parler.
Dommage.
Il pleure, c'est dommage.
Il ne peut que s'exprimer comme ça.
On a reçu une question, docteur Dalline,
au sujet d'un éventuel rapport entre les coliques et la vitamine D.
On la regarde.
Bonjour, la maison des maternelles.
Je m'appelle Aline, je suis la maman de Léa.
Je voulais savoir si la vitamine D pouvait amplifier les coliques.
J'ai lu plusieurs témoignages à ce sujet et j'aurais voulu avoir votre avis.
Merci pour votre émission, vous êtes super. Au revoir.
C'est vous qui êtes super.
Alors, c'est vrai que la vitamine D, c'est un peu tendance ces derniers temps.
La vitamine D, elle est très importante pour les enfants, les bébés,
pour la croissance, le calcium, les oeufs, tout ça.
Et on fait une supplémentation en forme de gouttes.
C'est du colic calciférol.
On donne ça tous les jours.
Et c'est vrai qu'il y a beaucoup d'excipients.
Et maintenant, on s'interroge.
Il n'y a pas encore beaucoup d'études faites là-dessus,
sur le rôle de ces éventuels excipients,
qui peuvent parfois, et très rarement, je le rappelle, très rarement,
favoriser les coliques.
Soupir, c'est terrible.
Mais moi, honnêtement, quand j'entends ça...
On donne du coup, maintenant, moi j'ai tendance à prescrire
plutôt des vitamines plus bio,
ou par exemple, extrait de l'huile de colza,
où il y a beaucoup moins d'excipients.
Mais c'est quand même...
Cela dit, on leur donne quand même pas.
C'est pour ça que j'entendais souffler Benjamin,
moi je soufflais intérieurement,
parce que je me voyais, avec mes deux bébés,
donner le fameux Zimané,
trois gouttes par jour.
T'as oublié de le donner hier, mon dieu !
Oui, la catastrophe, parce qu'on a oublié de donner.
C'est pas grave, c'est pas grave.
Du coup, on l'a donné tous les jours pendant des années.
J'ai jamais donné, moi.
C'est vrai ?
T'as peut-être bien fait.
Est-ce que vous avez des astuces pour prévenir ces coliques ?
Parce que c'est ça que les parents veulent entendre, évidemment.
En fait, il n'y a pas de solution miracle.
Si j'avais la solution miracle,
je serais sûrement riche et célèbre.
Mais il y a quand même des petites choses qui peuvent aider
et qui peuvent soulager le bébé.
Notamment, les massages.
C'est vraiment quelque chose qu'on peut proposer à son bébé.
Je vais prendre le petit poupon pour vous montrer.
Oui, parce qu'il y a plein de choses.
Il y a les petits massages qu'on a vus sur l'écran.
Et puis, si les pleurs sont déjà arrivées.
On recroqueville les jambes de son bébé comme ça.
Et on tourne dans le sens des aiguilles d'une montre.
D'accord.
Lentement.
Tout doucement.
Vraiment lentement.
Sur la table à langer.
Oui, exactement.
Mais on appuie quand même suffisamment sur le ventre de son bébé
pour que ce soit efficace.
En fait, le fait de faire ce mouvement,
ça ouvre bien les hances intestinales sur le côté.
Et ça permet au gaz et au sel de circuler dans le tube digestif.
Et ça évite que le bébé se tortille parce qu'il est ballonné.
Ça marche.
Ça marche vraiment.
C'est génial.
Il est assez sympa.
On peut le porter aussi.
On peut le porter.
Oui, tout à fait.
Soit avec un porte-bébé physiologique,
soit avec une écharpe de portage.
En fait, en le mettant en position.
Je n'ai pas l'écharpe et je n'ai pas le porte-bébé.
Vous avez un micro, surtout.
Donc, attention.
Oui, pardon.
Le dos bien arrondi, contre soi,
et les jambes recroquevillées.
De cette façon-là,
le dos bien arrondi,
les jambes bien recroquevillées.
Je veux être sûre qu'on vous entend bien
parce que ce moment-là, c'est très important.
Allez, Alberic, sois sage.
Cette position-là,
dans une écharpe ou un porte-bébé,
diminue bien les coliques.
Ça, ça marche bien.
C'est le miracle parce que le soir...
Quand on a besoin d'avoir ses deux mains libres
et qu'on a des aînés en plus,
c'est quand même pas mal.
Donc là, on prévient un peu les pleurs,
mais si jamais ils ont déjà démarré,
que c'est...
Il y a des positions de portage
qui marchent très bien aussi.
Alors, je vous en montre une première.
On peut mettre son bébé ainsi,
comme si vous lui faisiez faire pipi, finalement.
Toujours le dos bien arrondi,
contre le ventre du porteur.
Ça, normalement, ça devrait...
Et on peut verser un petit peu.
Ça, ça marche vraiment bien.
Je ne dis pas que ça marche des heures,
mais ça marche vraiment bien.
Un bébé qui pleure, souvent, ça fonctionne.
Il y a cette position-là
et puis il y a la position aussi
où il peut être sur l'avant-bras du porteur.
Ainsi.
Et alors, souvent, quand il a mal au ventre,
souvent, il saute en arrière comme ça.
Il ne faut pas le laisser se cambrer.
Il faut bien ramener ses jambes contre lui.
C'est ça.
Comme ça.
Il ne faut pas le laisser s'allonger.
Il faut qu'il se recroqueville.
Oui, exactement.
D'accord.
Il y a un truc aussi qui marche hyper bien,
c'est de faire des squats, Marie,
parce que vous êtes plus sportive que moi.
Des squats.
Des squats, c'est faire...
Comme ça, avec son bébé.
Non, mais c'est vrai ?
Ça, c'est un truc magique.
Non, mais ça marche deux secondes.
Doucement, doucement.
Oui, bien sûr.
Non, vous inquiétez pas.
Je le faisais tout doucement,
mais c'est vrai que c'est assez magique.
Comme vous l'avez dit souvent,
ce qui marche pour un bébé,
évidemment, ne marche pas pour un autre.
Aussi, docteur Pferzer,
vous allez nous montrer d'autres postures
qui aident à calmer les tout-petits.
On va prendre la direction
de la maternité de la Clinique Sainte-Anne
à Strasbourg,
où nous vous retrouvons tout de suite
lors d'une consultation de sortie.
On adore vous voir quand vous bossez, docteur.
C'est un reportage de Fleur Mangy.
Comme tous les nouveaux-nés,
Nathael, Anne et Gabriel
s'expriment par des pleurs.
Mais certains sanglots sont liés à des angoisses
ou à des maux de ventre
que des positions particulières
peuvent aider à soulager.
Ce qu'il faut savoir,
c'est qu'un bébé sur le dos,
c'est un petit peu comme un cosmonaute
qui revient de l'espace.
Il est un peu perdu.
Vous voyez, les mains,
ils ne savent pas comment le faire.
Elles partent un peu dans tous les sens.
Mais une position que les bébés aiment beaucoup,
c'est simplement de le retourner
et de le mettre sur le ventre, comme ça.
Simplement le mettre sur le ventre.
Il va bouger les jambes,
et ça, c'est formidable,
parce qu'en bougeant les jambes,
il va se masser le ventre là-dessus.
Et c'est tout l'intérêt,
c'est qu'en se massant le ventre,
il aura moins mal,
moins de crampes,
donc il aura moins de pleurs.
Vous pourrez le laisser
pendant 5 minutes, 10 minutes,
sous surveillance, pas plus.
Ça va vraiment lui faire du bien.
Autre bébé, autre pleur
dont il va falloir trouver la cause.
Avec le temps,
vous allez apprendre à décrypter ces pleurs,
parce qu'il y a le pleur de faim,
et il y a le pleur parce qu'il y a un gaz
qui ne passe pas.
Et pour soulager Nathael,
le pédiatre propose au papa
de tester une autre position magique,
celle du Bouddha.
Rassemblé sur lui-même,
Nathael se calme immédiatement.
Vous pouvez le pencher encore un peu plus.
En effet, dans cette position,
ses jambes repliées
créent un léger massage de l'abdomen
qui facilite son transit.
Et si cela ne fonctionne pas,
il reste encore une autre position
plus technique,
celle du Pharaon.
On prend bébé qui pleure,
et on met ses deux bras croisés
sur le thorax, comme ça, vous voyez,
et on bloque avec la main.
Et je le penche
en gardant les bras contre son thorax,
et ça le calme instantanément.
Et on le prend,
et on tourne le bassin.
Le fait de bouger le bassin
le rassure,
et lui rappelle un petit peu
la position quand il était dans votre ventre.
Des positions miracles
pour les bébés et leurs parents,
mais fonctionnent-elles
sur tous les nouveaux-nés ?
À 15 jours,
la petite Anne pleure sans cesse,
sans raison apparence.
C'est des gros scolaires.
Des fois, on ne comprend pas trop pourquoi.
Ça nous angoisse un petit peu.
On est dans l'heure d'un repas ou quoi ?
Elle a mangé à 10h.
À 10h, donc c'était il y a une heure.
Donc elle n'a pas vraiment faim pour le moment.
On ne sait pas pourquoi elle pleure.
On va essayer de comprendre.
Première tentative,
la position ventrale.
Sans succès.
Deuxième essai,
celle du Bouddha,
en vain.
Elle est énervée.
Dernière chance
avec la position du Pharaon.
Mais rien ne parvient à calmer Anne.
Il s'agit d'un problème de reflux
plus que de manipulation.
Le bébé a besoin
d'un traitement médicamenteux.
Là, on peut essayer n'importe quoi.
Ça ne va pas marcher.
Là, il faut lui trouver
un traitement adapté.
Je vais vous prescrire ça.
Les positions mécaniques
pour calmer le bébé,
c'est vraiment en dehors
de tout contexte de pathologie.
Pour Anne,
le diagnostic est posé.
Ses pleurs seront bientôt soulagées.
Magique,
mais pas sur tous les bébés.
Là, c'est peut-être
parce qu'il y a quelque chose
à creuser.
C'est peut-être, j'imagine,
un indicateur supplémentaire
pour vous,
médecin,
quand ça ne marche pas comme ça.
Oui.
On en parlait juste avant.
Je crois qu'il faut
que les futurs parents
se préparent avant
l'arrivée de bébé.
C'est ça.
C'est clair.
Trop souvent,
j'entends un papa ou une maman
qui dit que c'est des caprices,
qu'il faut laisser pleurer,
tout ça.
Je dis, ça prend trois mois.
Il faut prévenir.
Je pense que c'est notre rôle
à tous de dire,
vous attendez un enfant,
oubliez les nuits.
Ça va être rock'n'roll, les gars.
Les nuits, ça va partir
de votre vocabulaire.
Pendant trois mois,
vous n'aurez plus de nuit.
Vous allez faire des siestes
dans la journée,
parlez-en à votre patron,
blablabla,
mais c'est un autre rythme.
Vous allez vous caler
sur le rythme d'un enfant.
C'est essentiel.
Et un bébé, ça pleure.
Pas de caprices,
c'est important de le marteler.
Pauvre chou.
Emmanuelle Bonnet,
est-ce que vous avez des parents
qui viennent vous voir en PMI
et qui, justement,
ont du mal un peu
à faire ses massages ?
Parce que c'est vrai
que ça fait un peu flipper
quand on n'a pas l'habitude
de manipuler les nouveaux-nés.
Les parents ne sont pas
toujours très à l'aise
pour manipuler leur bébé,
mais faites-vous accompagner
par les professionnels de santé.
Il y a des ateliers dans les PMI,
des ateliers massage, portage.
Vous pouvez trouver
ce genre de choses.
Et puis après,
il y a aussi beaucoup
le discours qu'on entend
effectivement,
où c'est des caprices.
Parfois, les grands-parents
disent, voilà,
tu vas l'habituer au bras,
essaye de ne pas le porter,
mets-le à distance.
Non, en fait,
il n'y a pas de caprices
à cet âge-là.
Connaissez mon père.
Le besoin d'être porté,
c'est un vrai besoin.
Pendant neuf mois,
il était porté en continu
dans le ventre de la maman,
alimenté en continu
à température ambiante.
Puis d'un seul coup,
il se retrouve à l'air libre
et il a besoin de retrouver
cette réassurance,
ce portage,
qui est physique
mais qui devient psychique aussi.
Et justement,
pour mieux pouvoir
se détacher après,
un bébé a d'abord besoin
d'être bien attaché.
Oui, c'est ça.
Donc, il faut répondre
à ses besoins,
c'est très important.
Un pleur égale un besoin,
on peut dire ça.
Et donc, il faut y répondre
en tant que parent.
Docteur Forsdorf,
est-ce qu'il y a un lien
entre colique
et mode d'allaitement ?
Alors, c'est vrai
que le lait de la mère
est quand même
ce qu'il y a de mieux
pour le bébé,
c'est certain.
Et c'est ce qu'il faut favoriser
quand on le peut.
Mais,
il peut arriver
d'avoir des bébés
qui ont des coliques
alors qu'ils sont
entièrement allaités.
Ça peut arriver.
comme on le disait avant,
il faut qu'on cherche.
Parfois,
ça peut être
une simple mauvaise position
par rapport au sein.
Il y a le bébé
qui va avaler un peu d'air.
Ça peut être
des repas trop nombreux.
On connaît bien
ce problème-là.
Le bébé pleure,
on lui donne le sein
tout de suite.
Évidemment, c'est commode
parce qu'en suçant,
il va fabriquer
des endorphines.
Il va faire
ces petites lignes de chutes
là d'endorphines.
Les endorphines,
ça va le calmer,
ça va l'apaiser.
Sauf que
ça ne va pas régler
son problème.
Son problème,
c'est peut-être autre chose.
Il va manger trop
et après,
il va avoir des coliques
à cause de se trop manger.
Il faut le porter,
le portage,
le rassurer.
Parfois,
plus rarement,
on voit un peu
avec la maman,
s'il n'y a pas
certains aliments
qu'elle mange,
ça peut jouer.
C'est rare,
du chou,
des asperges,
du chocolat.
Parfois,
je retrouve ça
chez certains bébés.
Encore plus rarement,
on en arrive à dire,
on va faire un test
pendant un mois,
ne prenez plus
de laitages.
Mais c'est que
dans certains cas
avérés
sur indications médicales.
Il ne faut pas prendre
d'initiatives
de ce genre.
Toujours consulter
son médecin.
On a une question
de Marina à l'instant
qui nous demande
si les coliques
peuvent être dus
au biberon
ou au lait
que l'on utilise.
On a parlé
de l'allaitement
et du coup,
est-ce que
les préparations infantiles
pour nourrissons
peuvent être aussi
à l'origine de coliques
ou le biberon ?
Oui.
La preuve,
c'est que
tous les fabricants de lait
fabriquent des laits
anti-coliques
qu'ils appellent AC.
Après, ça devient
un peu marketing.
Ça marche
ou ça marche pas.
Le truc vraiment
qu'il faut que les parents
retiennent,
c'est que dès l'instant
où on parle plus
de lait infantile,
on parle de préparation
pour nourrissons.
Tout ce qu'on donne
comme lait
jusqu'à six mois,
c'est préparation
pour nourrissons.
Il faut bien choisir son lait.
Si on a déjà eu
un premier enfant,
on ne va pas hésiter
à prendre le même
si ça a bien marché.
Après, ne pas faire
de changement.
Aller à la pharmacie
le soir
et prendre un lait,
on va changer
parce qu'on pense
qu'il a vallé mieux.
Après, on tombe
dans une espèce
d'escalade.
La pharmacie
des Champs-Elysées,
23 heures,
un dimanche soir,
elle est ouverte 24 heures.
C'est le drugstore
des champs, bien sûr.
Je suis arrivé en catastrophe
en me disant
qu'il faut que je change
pour voir si ça va mieux.
Ça n'a rien réglé du tout.
J'étais un couillon,
vous pouvez le dire.
Vous n'étiez pas encore
dans la maison
La parole est d'or.
On parle aussi beaucoup
de pleurs de décharge
pour évacuer
les tensions de la journée.
Est-ce qu'il est possible
de prévenir
ou de limiter
ces pleurs ?
Ce sont les plus déchirants.
On parlait tout à l'heure
avec Emmanuel.
C'est vrai, Emmanuel
en parlait avant.
Les pleurs de décharge,
ça va de 18 heures
à minuit,
à la louche.
C'est un peu
les fins de journée.
On se demande pourquoi
et pourquoi on donne tout
à son enfant
et il se met à pleurer.
Ce n'est pas tout de suite
les premiers jours
ni les premières semaines.
C'est au bout de trois semaines,
un mois.
C'est tout ce qui est
en train de se mettre en place.
Le changement de rythme.
À trois, quatre semaines,
on change de rythme déjà.
On va faire des courses,
on sort avec bébé.
Ça n'a l'air de rien,
mais quand on emporte bébé
pour faire des courses,
il entend.
Il y a le bruit.
Ça impacte la vision,
ça impacte l'audition,
ça impacte beaucoup de choses.
Après, il doit apprendre
à se gérer.
C'est ce qu'on appelle
l'intégration neurosensorielle.
C'est complètement
une tendance.
On en parle,
on fait beaucoup d'études.
Les neurosciences,
c'est passionnant
tout ce qu'on est en train
de découvrir là-dessus.
Je dirais que pour ces enfants,
toujours pareil,
savoir que ça existe,
ne pas paniquer.
Le cri, c'est juste
un mode de communication
pour l'enfant.
Il va certainement très bien.
Il faut prendre du temps.
Il ne souffre pas.
On a toujours peur
qu'il ait mal.
Il faut faire des câlins.
C'est ça la solution.
Le câlin.
Ce n'est pas le même pleur
quand ils ont mal.
Ce n'est pas le même pleur.
À trois, quatre semaines,
on commence en tant que parents
à faire la différence.
On entend ça,
c'est un pleur de faim,
ça, c'est un pleur de sommeil
parce qu'il y a les pleurs
de sommeil.
Le bébé qui pleure
parce qu'il a sommeil,
ça existe.
Le pleur de douleur.
Un peu plus un râle
pour le pleur de sommeil.
On commence à décrypter.
Je le fais bien, non ?
Parfait.
Il a l'air fatigué.
Gabrielle, Emmanuel Bonnet,
il y a Gabrielle
qui a une question pour vous.
Regardez.
Bonjour à tous.
Ma fille a trois semaines
tous les soirs
pendant au moins trois heures.
Elle nous fait
ses fameuses décharges nocturnes.
Elle ne veut pas dormir.
Elle ne veut quasiment pas manger.
Elle pleure.
Elle gigote.
Elle s'énerve.
Elle hurle.
Malgré beaucoup de câlins,
il y a peu de choses
qui la calment
hormis prendre le bain.
Sauf qu'on ne va pas faire
un bain tous les soirs.
La tétine la calme aussi
mais on n'est pas trop
fan de l'idée.
Comment est-ce qu'on peut
la calmer
et jusqu'à quand ça va durer ?
Merci beaucoup.
Déjà, est-ce qu'on peut
faire un point bain ?
Après tout, si ça la calme...
Après tout, si ça la calme,
on peut prendre un bain
tous les soirs.
Il n'y a aucun souci.
Chaque bébé va être différent.
Donc, on va trouver
pour chaque enfance
ce qui marche.
Pourquoi pas la tétine non plus ?
Là, on a des réfractaires
à la tétine.
C'est un autre sujet.
Le réflexe de sucion...
parce qu'il y a
un gros bruit de sucion.
Les bébés ont des réflexes
de sucion qui sont normaux
au moment de la naissance.
Donc, les premiers mois,
c'est normal d'avoir besoin
de prendre une tétine.
Ce n'est pas pour ça
qu'il l'aura à 5 ans
dans la bouche
toute la journée.
Juste un petit peu
pour la tétine.
Qu'est-ce que vous conseillez ?
Vous conseillez d'attendre
qu'il la réclame
plutôt que de lui donner ?
Il n'est pas obligé
de la mettre de façon systématique.
Mais si on voit qu'on a un bébé
qui a un réflexe de sucion important
et que ça la pèse,
on ne va pas s'en priver,
franchement.
Il y a ce qu'on peut faire
pour les pleurs du bébé.
Ce qu'on a dit tout à l'heure,
le portage, le massage,
le bain, la tétine,
ce qui va marcher
avec chaque enfant.
Après, il y a aussi
la façon...
Parfois, on ne trouve pas
de solution.
Parfois, le bébé pleure
quand même un peu.
On va pouvoir agir
sur le parent,
comment il va pouvoir
accueillir les pleurs
de son enfant.
Pour pouvoir bien accueillir
les pleurs de son enfant,
il va falloir qu'il soit
un minimum reposé.
Il va falloir qu'il dorme
dans la journée,
qu'il lâche prise
sur certaines choses
et qu'il se repose.
C'est la première chose.
La deuxième chose,
c'est qu'il ne reste pas tout seul.
Quand on est enfermé
toute la journée
avec un bébé qui pleure
à la maison,
c'est très sclérosant
et on est fatigué,
on n'en peut plus,
on devient à bout.
Il faut vraiment
se faire entourer.
S'il y a une grand-mère
qui vient pour gérer
l'intendance,
c'est super.
Si le papa peut prendre
séjour paternité
à ce moment-là,
c'est le mieux
parce que ce n'est pas
quand l'enfant a six mois
qu'il faut les prendre.
Se faire entourer,
ne pas rester seul,
ne pas oublier de s'alimenter
parce qu'il y a des mamans
qui ne se douchent plus,
qui ne mangent plus.
C'est aussi important
d'arrêter de manger.
Il ne faut quand même
pas sauter de repas.
C'est une source d'énergie
l'alimentation.
Il faut pouvoir gérer
Il y a la PMI aussi.
Il faut le dire quand même.
On n'y pense pas.
On n'est pas assez informé.
Il ne faut pas rester
chez soin fermé
toute la journée.
Il faut sortir.
Il faut aller voir du monde.
Les PMI, effectivement,
c'est un excellent lieu
pour se faire entourer,
participer à des ateliers,
rencontrer d'autres parents,
se faire accompagner
par les professionnels.
Ne hésitez pas.
Vous avez
La Maison des Maternelles.
Elle est ouverte 24h sur 24
grâce au site
lamaisondesmaternelles.fr
Autopromo.
Merci Docteur Fersdorf.
Merci Emmanuel Bonnet
d'avoir participé
à ce dossier.
C'est un dossier
préparé par Julie Martin.
Un dossier vraiment important
pour les jeunes parents.
