Transporteurs de Dieu : quand la foi pousse à l'impossible

Ici et ailleurs voyages
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1 Vues de vidéo·5 janv. 2024
Certains chauffeurs sont prêts à braver tous les dangers de la route pour propager la foi, puisant leur courage dans leurs croyances religieuses. Mais malgré cela, ils ne sont pas pour autant protégés des nombreux risques qui se trouvent sur le chemin de leurs livraisons.
Accidents, glissades, falaises... les dangers sont multiples... et mortels !
Des camionneurs de partout dans le monde et de croyances religieuses diverses,
sont à bord de convoi d'une haute importance.
À bord de leur camion, ils surmontent les obstacles de la route,
pour contribuer à propager la foi.
Malgré tout, leurs croyances ne les protègent pas des risques des livraisons.
En Birmanie, Yan Win AUNG doit livrer de précieuses statues de bouddha en marbre.
Les livrer dans le temple du pays et leur éviter la moindre égratignure.
En Haïti, à travers les montagnes,
Sanel JEUDY doit transporter 25 pèlerins vaudou entassés dans son camion.
Jusqu'à la fête religieuse de Notre-Dame du Mont carmel.
Le transport de chargement, aussi délicat, nécessite des camionneurs habiles.
Ceux qui n'ont pas froid aux yeux,
pour affronter des conditions routières dangereuses et imprévisibles.
Sanel et Yan Win prennent leur mission au sérieux.
Ils ont remis leur destin entre les mains de la providence.
Ils sont à bord de convois à la grâce des dieux.
Nous sommes à Mandalay, en Birmanie.
Au volant, se trouve Yan Win AUNG, un chauffeur formé spécialement,
pour transporter des marchandises fragiles à bord de camions poids lourd.
C'est un camionneur scrupuleux.
Sa mission est de transporter des statues en marbre à l'image de Bouddha.
Des sculptures de la plus grande valeur.
La prochaine livraison n'est pas ordinaire.
Son patron l'a choisi pour livrer un Bouddha dans un temple prestigieux.
Il doit remettre la statue, personnellement, au moine en chef.
Quand je livre des statues de Bouddha en personne à un moine,
ou dans un monastère, ça m'apporte beaucoup de satisfaction.
Yan Win est honoré, mais stressé.
C'est une énorme responsabilité.
C'est un honneur de faire ce travail, mais ça me rend parfois nerveux.
Je ne veux pas que les Bouddhas s'abîment.
Je crois que c'est bon pour mon Karma et que ça me porte chance.
Yan Win arrive sur Marbor Road, l'avenue de Mandalay.
Des centaines d'artisans sculptent des bouddhas à même la roche.
Yan win vient y rencontrer Zaw Myint.
Celui qui a sculpté la statue qu'il doit livrer.
Super, tu es déjà là. -Bien sûr.
Le sculpteur veut s'assurer que Yan win sera prudent.
Qu'il fera tout ce qu'il peut pour que le Bouddha arrive intact.
-Qu'est-ce que tu as prévu pour mettre la statue dans le camion?
-Ne t'en fais pas, j'ai tout ce qu'il faut.
-Il faut en prendre soin.
-D'accord, allons dire aux hommes de l'approcher du camion.
-D'accord.
J'utilise ce camion.
C'est un camion avec une grue pour déposer les statues,
dans la boîte du véhicule de transition.
J'irai ensuite à l'entrepôt pour charger les statues dans le camion de livraison.
Yan win et ses assistants doivent maintenant réaliser une tâche complexe.
Si la grue cède. Si la statue frappe les côtés du camion.
Si elle est déposée trop brusquement et qu'elle se casse,
plusieurs jours de travail seront perdus pour les artisans.
Zaw Myint surveille la manœuvre de près.
La statue a été chargée sans problème.
Zaw Myint est rassuré et peut maintenant retourner à son travail.
Yan win se retrouve dans le trafic de la ville de Mandalay,
Il doit traverser pour rejoindre l'entrepôt de camion.
Une fois sur place, il faudra qu'il transfère la statue.
Dans le véhicule qui fera la livraison.
Yan Win circule prudemment pour éviter tout freinage brusque,
qui pourrait abîmer les bouddhas.
Je suis bouddhiste.
J'aime faire la livraison des statues de bouddha.
Bien entendu, j'ai une statue de bouddha à la maison.
Je crois que si je fais le bien envers les autres, cela me porterera chance.
Les bouddhas de marbre birman sont reconnus dans le monde entier.
Pour leur qualité, leur beauté et leur finesse.
Fiers ambassadeurs du pays, ils sont distribués dans toute l'Asie.
Grâce à des chauffeurs chevronnés comme Yan Win.
La Birmanie ou la République de l'union du Myanmar,
est située entre l'Inde et la Thaïlande.
L'économie du pays est précaire.
Les Birmans dépendent de l'exportation de leurs produits de consommation,
et de leur richesse naturelle.
Les bouddhas de marbre font partie des produits birmans d'exception,
qui sont exportés aux quatre coins de la planète.
La Birmanie compte 61 millions d'habitants dont 89 % sont bouddhistes.
La religion est pratiquée tant à la maison que dans les temples,
qu'on appelle ici les pagodes.
Les fidèles prient bouddha, qui peut prendre multiples formes.
Je sais dans ma tête et dans mon cœur que livrer des bouddhas,
contribue à faire prospérer le bouddhisme.
Le camion arrive enfin à l'entrepôt mais il fait déjà nuit.
Yan Win doit absolument faire le transfert de la statue ce soir.
S'il veut être prêt à partir demain matin.
La tâche sera difficile et risqué, en raison de la pénombre.
Uppa, le patron de Yan win l'attend sur place.
Il tient absolument à l'aider pour que le Bouddha soit déplacé,
le plus délicatement possible.
Une telle opération effectuée dans l'obscurité inquète Uppa.
C'est lui qui devra payer pour les dégâts si tout ne se déroule pas comme prévu.
Yan Win et ses assistants sont fatigués.
Ce n'est pas le temps de faire une erreur.
Yan Win est nerveux, il ne veut pas causer de problèmes à son patron.
Yan Win vérifie méticuleusement toutes les statues.
Il s'assure qu'elles n'ont subi aucun dommage.
Uppa confirme que tout est en ordre.
C'est un honneur pour lui de gérer la livraison de ces trésors birmans.
Il les remercie en leur dédiant une prière.
Les bouddhas sont bien installés à bord.
Yan Win peut aller dormir en paix.
Toutes les statues ont été chargées.
Maintenant, c'est l'heure de se reposer.
Les autres chauffeurs et moi, nous dormons dans nos camions à l'entrepôt.
Nous n'avons malheureusement pas beaucoup de temps à accorder à nos familles.
Il dort dans la cabine de son camion.
Tout près des bouddhas qui veillent sur lui dans son sommeil.
Nous sommes sur la côte sud d'Haïti.
Sanel JEUDY met lentement son camion en route.
C'est un véhicule qui n'est plus tout jeune.
Il a besoin d'un petit coup de main pour démarrer.
Le camion est en forme.
En forme, selon les standards haïtiens.
Sanel est un camionneur qui transporte principalement du charbon,
des produits alimentaires et des vêtements.
Aujourd'hui, il doit aller chercher un groupe de pèlerin.
Les conduire à une célébration religieuse qui n'a lieu qu'une fois par année.
Dans un village appelé Saut d'Eau.
Dimanche, on va faire un pèlerinage et voyager de Jacmel à Saut d'Eau.
Je vais transporter des passagers et on va passer par Port-au-Prince.
J'ai l'habitude de faire des pèlerinages et de transporter des gens.
Ceux qui vont dans des lieux saints pour prier.
Transporter des pèlerins lui permet de récolter des revenus supplémentaires.
De prendre part, lui aussi, aux cérémonies vaudoues.
Il y a des prêtres et des prêtresses vaudoues qui vont monter avec nous,
en plus des pèlerins.
On va demander la bénédiction pour eux aussi.
La religion fait partie intégrante du quotidien en Haïti.
Elle se reflète dans toutes les sphères de la vie.
Haïti est un pays des Antilles, situé sur l'Île d'Hispaniola.
Il abrite également la République Dominicaine.
C'est le pays le plus pauvre du continent américain.
Un pays qui tente tant bien que mal de se reconstruire.
Après plusieurs dictatures et catastrophes naturelles.
Haïti compte 80 % de catholiques et près de 20 % de protestants.
La majorité de la population pratique également la religion vaudoue.
Un premier groupe de pèlerin attend Sanel.
Parmi eux, Fanélion GILOT, qui est houngan c'est-à-dire, prêtre vaudou.
Je suis content d'aller faire un pèlerinage à Saut d'Eau.
C'est la première fois que j'y vais.
Je vais aller faire une prière pour améliorer mes pouvoirs vaudous.
Lorsqu'on va à un pèlerinage, c'est pour y chercher une certaine énergie.
Avant de faire le voyage Fanélion a procédé à une cérémonie.
Il a fait appel aux esprits vaudous, les Lwas, pour avoir leur bénédiction,
lors du voyage vers Saut d'Eau.
Le vaudou est une religion par laquelle l'homme fait appel aux forces,
et à la bienveillance des puissances surnaturelles.
Bien plus qu'une religion en Haïti, c'est en fait une culture,
un héritage, un art de vivre.
Sanel et les pèlerins se mettent en route.
C'est le début d'un trajet hors de l'ordinaire,
qui nécessite une tenue particulière.
C'est une habitude que j'ai quand je pars en pèlerinage.
Je suis un apprenti vaudou, je suis un serviteur.
Je dois toujours mettre un chapeau.
Bientôt, Sanel ralenti.
Une complication survient, la route est barrée.
Il doit aller chercher d'autres pèlerins dans le village voisin.
Des citoyens en colère ont érigé des barricades au beau milieu de la route.
Sanel n'est pas content.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Mon camion doit passer. Je suis pressé.
Il y a des gens qui m'attendent.
je dois faire mon travail.
Il y a maintenant quatre jours que la région est privée de courant.
Les gens bloquent les routes faute d'autres moyens de pression.
Une situation qui nuit à Sanel, risquant de mettre en péril le pèlerinage.
Ça arrive assez régulièrement.
C'est ce que les gens ont trouvé de mieux pour faire leur revendication.
Quand il y a un problème dans la communauté,
ils se réunissent et bloquent les routes.
Après quelques échanges musclés,
Sanel convainc les manifestants de le laisser passer.
Le respect de la tradition vaudoue joue en sa faveur.
Il continue son chemin en espérant que les pèlerins l'attendent toujours.
Il est six heures du matin en Birmanie et la vie fourmille déjà à Pijim In galar.
L'entrepôt de camions le plus important de la province de Mandalay.
Trois cent vingt-huit compagnies de livraison et d'import export.
Il charge et il décharge des camions tous les jours.
Les chauffeurs font la livraison entre Mandalay, la capitale culturelle,
et Rangoun, la capitale économique du pays.
Ils iront jusqu'en Chine, en Inde et en Thaïlande.
La marchandise qui est expédiée dans cet entrepôt est éclectique.
Elle va de la cosmétique à la nourriture birmane,
en passant par les statues de bouddha.
Yan Win et son patron font le point avant le départ.
Quand tu arriveras au monastère,
n'oublie pas que tu devras décharger le bouddha sans la grue.
Pour le déposer dans un endroit sûr.
Yan Win est toujours sur la route.
Sa femme et lui n'ont pas souvent l'occasion de passer du temps ensemble.
Ce matin, elle est venue le voir à l'entrepôt.
Pour prendre le thé et lui souhaiter bon voyage.
Ma femme est venue me rejoindre à l'entrepôt car elle m'aime beaucoup.
Comme tous les matins, Yan Win ne manque pas de faire le rituel bouddhiste.
Le rituel de purification et de bénédiction sur son camion.
C'est une habitude très importante.
Ce qui lui permet de s'assurer que son camion et lui,
seront sous la protection de Bouddha lorsqu'ils se retrouveront sur la route.
Avant le départ, j'asperge le camion d'eau bénite pour éviter les accidents.
La plupart des chauffeurs font ces rituels avant de partir.
J'ai purifié le camion, j'ai fait mes prières.
On est maintenant béni.
On peut démarrer et partir vers Rangoun.
Yan Win roule doucement pour s'assurer que le chargement tienne la route.
Rassuré, il prend de la vitesse.
Il quitte Mandalay en direction sud.
Il roule sur la nationale 1, la route secondaire la plus empruntée au pays.
Une autoroute toute neuve et mieux pavée relie pourtant Mandalay à Rangoun.
Les camions poids lourds comme le sien y sont interdits.
Le monastère où il doit livrer la statue de bouddha se trouve à Meiktila.
À quelques heures de route au sud.
C'est un trajet que Yan Win n'a pas l'habitude de parcourir.
Il est inquiet, car il connaît mal cette voie.
Et les difficultés qu'il pourrait rencontrer.
Lorsqu'on transporte des bouddhas,
ce sont les oreilles, le nez et les mains qui risquent d'être endommagés.
Quand ça arrive, Ça me brise le cœur.
Je fais tout ce que je peux pour éviter cela.
Je suis soulagé quand la livraison se passe sans problème.
Uppa, le patron de Yan Win sait qu'il peut compter sur la vigilance,
et le sérieux de son chauffeur.
Le camion est parti tôt ce matin. Le bouddha est en route.
Yan Win est un bon partenaire d'affaires, il est honnête, ne boit pas, ne fume pas.
On s'entend très bien.
Le respect est mutuel.
J'aime beaucoup travailler avec Uppa.
C'est mon aîné, j'ai du respect pour lui.
Tout se passe très bien quand on travaille ensemble.
Je lui suis reconnaissant de m'avoir choisi pour livrer des bouddhas.
Yan Win ne veut surtout pas décevoir son patron en abîmant une statue.
Le respect de l'autorité des aînés est sacré.
Je dis souvent à Yan Win et à mes autres employés,
de bien prendre soin des statues.
C'est moi qui dois payer quand il y a des dommages ou des égratignures.
Comme ça, je m'assure d'avoir la confiance de mes clients.
Uppa sait que la facture peut être salée.
En fait, le bouddha que Yan win doit livrer au monastère,
vaut à lui seuls cinq millions de Kyat, soit 5 500 dollars.
En Birmanie, on croit qu'avoir un Bouddha à bord du véhicule nous apporte la chance.
Il nous protège du danger.
Je pense aussi que c'est parce que je transporte ces statues,
que j'ai du succès avec mon entreprise.
Yan Win continue sa route prudemment,
conscient qu'il est responsable de la réputation de Uppa et son entreprise.
De retour en Haïti. Sanel va chercher un dernier pèlerin.
Un homme qui est à la fois son ami et son maître spirituel.
On va aller chercher un autre prêtre vaudou, Salomon.
C'est un maître en la matière.
Salomon Frantz a aussi organisé une grande cérémonie.
Une cérémonie avec ses fidèles, avant le départ.
C'est un homme en qui j'ai vraiment confiance.
Dans ses paroles, son langage, ses rituels et ses cérémonies,
on peut voir qu'il connaît très bien les rites.
Même si on a grandi dans la philosophie vaudoue,
il y a toujours certaines choses que l'on ne pourra jamais comprendre.
Il n'est pas rare qu'une divinité vaudoue rende visite à un initié.
Elle se manifeste à travers lui.
Salomon vient d'être possédé par l'esprit de Kriminel.
Une divinité puissante qui mange du verre.
Le Vaudou m'apporte beaucoup de choses.
Si je n'avais pas le Vaudou, je serais sans doute fou ou très différent.
En ce moment, le vaudou est mon seul espoir.
Salomon est fidèle au rendez-vous.
Je l'ai choisi comme parrain et c'est lui qui m'a baptisé dans la religion vaudou.
Quand j'étais Kanzo, c'est-à-dire apprenti vaudou,
il m'a rendu de nombreux services.
Le rhum est un ingrédient essentiel au rite vaudou.
Tout en buvant, Sanel, Fanélion et Salomon partagent l'alcool avec les esprits.
Même s'ils ne peuvent pas les voir,
ils savent qu'ils sont aussi à bord du camion.
Sanel utilise ce qu'il reste du rhum pour bénir son véhicule,
avant de faire le long voyage.
C'est le camion qui permet de se rendre au lieu pèlerinage.
Si j'offre de l'alcool aux esprits, je dois aussi en offrir aux camions.
Ensuite, on pourra poursuivre la route.
J'ai fait le signe de croix avant de partir.
Pour demander au bon dieu de nous ouvrir la route.
C'est autant pour le bon dieu que pour les esprits du vaudou et le diable.
Pour se rendre à Saut d'Eau, Sanel s'engage sur la route de l'Amitié.
Une voie très escarpée en montagne reliant Jacmel à Port-au-Prince.
Il passera ensuite par les terres pour se diriger vers le centre du pays.
Je pense qu'en six heures, on aura le temps d'y se rendre.
Quand il n'y a pas trop de problèmes sur la route ni traffic à Port-au-Prince,
ça peut prendre trois ou quatre-heures pour traverser la ville.
Quand je transporte des marchandises,
le camion est lourd, je ne peux pas aller vite.
Avec des passagers, je peux me permettre d'augmenter la vitesse.
Le camion est plus léger.
Assis à l'arrière du camion, Salomon a confiance en Sanel.
Pour eux, ce voyage ne les unit pas que sur la route,
mais aussi sur la voie du vaudou.
On peut avoir confiance en quelqu'un comme Sanel.
Il est comme mon initié et nous nous suivons l'un l'autre.
Même s'il conduit le camion devant pendant que je suis assis derrière,
nous faisons le voyage ensemble.
Je fais ce pèlerinage avec tout mon cœur.
Sanel roule très vite.
Les pèlerins ne doutent pas de ses compétences de chauffeur.
Pourtant, les routes sont particulièrement dangeureuses.
De retour en Birmanie, Yan Win, lui aussi, roule trop vite.
Les bouddhas s'entrechoquent.
Il veut respecter son horaire et il n'a pas le temps de s'arrêter,
pour vérifier l'état des statues.
La plupart des chauffeurs sur les routes birmanes,
tentent de toujours rester alerte.
Surtout, quand la livraison est importante ou urgente.
Nous sommes plus vigilants.
Quand ce n'est pas le cas, il nous arrive de faire moins attention.
Pourtant, Yan win respecte énormément le travail des sculpteurs de bouddha.
Les sculpteurs sont très talentueux, ce sont des artistes.
C'est une profession très honorable.
Ils ont le talent pour la sculpture et en sont très fières.
Alors que Yan Win livre sa statue,
le sculpteur s'affaire toujours à la tâche.
Za Myint est sculpteur de bouddha depuis 20 ans.
Il poursuit ainsi la tradition familiale.
Plusieurs étapes sont nécessaires à la fabrication d'une telle statue.
La création du visage étant la plus délicate.
C'est la spécialité de Za Myint.
Lorsque les gens prient, leur attention se porte sur le visage du Bouddha.
Il doit donc être souriant ou heureux.
La beauté de la statue tout entière dépend de son visage.
C'est justement la tête du bouddha qui risque d'être abîmé,
à bord du camion de Yan Win.
J'ai une très bonne relation avec Yan Win.
Nous sommes très heureux de ce rapport de confiance.
Nous sommes des amis en plus d'être des partenaires de travail.
Les chauffeurs ont une grande responsabilité.
Une Responsabilité énorme !
Ils ne doivent pas abîmer les statues au cours du trajet.
Ils doivent en prendre grand soin, c'est très important.
Une de mes statues s'est retrouvée dans un accident.
Heureusement, la statue et le camion s'en sont sortis indemnes.
Je crois fermement que nous sommes protégés par Bouddha.
Yan win poursuit en compagnie de la statue de Za Myint.
Il est à présent à mi-chemin.
Il y a de nombreux dangers sur la route.
S'endormir en volant, par exemple.
On doit aussi faire attention aux arbres qui bordent la route.
Il faut toujours être attentif aux voitures autour de nous.
Surtout, quand un véhicule nous dépasse.
Il faut continuellement garder les yeux bien ouverts.
Être vigilant en tout temps.
Si quelque chose, même une toute petite chose, tourne mal,
cela peut causer un grave accident.
Ce n'est pas en livrant des Bouddhas, que je suis protégé contre tous les dangers.
Ceux qui peuvent survenir sur la route.
Ça dépend aussi de nous, de notre vigilance.
Sanel et ses passagers auront bientôt traversé les montagnes.
Le chauffeur n'est pas fatigué, il est aime être au volant de son camion.
Un camion qu'il a acheté récemment,
et dont l'inscription à vendre n'a toujours pas été effacé.
J'aime beaucoup conduire des camions.
J'ai l'habitude puisque j'ai en conduit depuis longtemps.
Mon père, mon grand-père et mes frères conduisaient plutôt des bateaux.
J'ai décidé de conduire des camions.
Il n'y a pas vraiment de chauffeur meilleur que d'autres.
C'est une question de prudence.
C'est seulement le bon dieu qui est le meilleur.
Sanel croise un petit monument orné d'une croix blanche.
Une camionnette des nations unies est tombée dans le ravin à cet endroit.
Il y a beaucoup d'accidents sur cette route de montagne.
D'abord, parce qu'elle est dangereuse et les voitures, ils brisent leur frein.
Les gens n'y sont pas habitués.
Il y a aussi beaucoup d'excès de vitesse.
En 2012, un camion comme celui de Sanel transportait 22 pèlerins,
vers une fête religieuse dans le nord-ouest du pays.
Il a quitté la route et s'est écrasé dans un précipice.
Ça m'est vraiment resté dans la tête. C'était un bon chauffeur de camion.
Il a eu un accident. Ça fait réfléchir.
J'en ai conclu qu'il faut toujours être prudent.
Tous les chauffeurs sont comme des frères.
Non, je n'ai jamais eu d'accident.
Il y a beaucoup de passagers qui aiment voyager avec moi.
Quand ils voyagent avec moi, ils me font confiance et ils n'ont pas peur.
Je crois qu'ils savent qu'ils sont avec le meilleur chauffeur, après le bon dieu.
Comme le bon Dieu, Sanel veille sur ses passagers.
J'en suis responsable.
Quand je suis avec eux, je deviens leur père et leur mère.
Le périple est long et la faim commence à se faire sentir.
En traversant une petite ville, Sanel en profite pour s'arrêter manger un peu.
Gérer tout le groupe n'est pas de tout repos.
Voulez-vous manger de la friture, du riz ? -Du riz, du riz !
Au menu, riz, fève, et banane plantain.
On va acheter 18 repas ici et dix de l'autre côté.
Moi, je ne veux pas de riz. -Dans un contenant, c'est 15 dollars.
-On ne mangera pas ici, c'est trop cher. -D'accord, Cinq dollars.
-Non, on va aller les chercher de l'autre côté.
Chacun reprend sa place à bord pour manger, car il faut bientôt repartir.
Yan Win arrive maintenant à un poste de péage.
Pour se rendre à Meiktila, là où se trouve le monastère,
il lui faut payer 8 300 Kyat, soit neuf dollars.
C'est une somme énorme en Birmanie.
Sans compter que c'est Yan Win qui devra assumer les coûts.
S'il arrive quoi que ce soit aux statues.
Il roule avec précaution.
Il garde toujours un œil sur les bouddhas dans son rétroviseur.
Lorsqu'il se déplace vers Rangoun,
Yan win traverse trois régions différentes de la Birmanie.
Chacune avec des routes et des paysages variés.
Lorsque Yan Win croise une pagode sur la route,
il ne manque pas de faire un signe de prière en respect à Bouddha.
Sur la route qui mène à Rangoun, je peux apercevoir des fermiers Birmans.
Ce que nous voyons là-bas,
ce sont les montagnes de Shan yoma, dans l'état de Shan.
J'aime les regarder en conduisant.
Quand je passe par ici pour effectuer mes livraisons,
je dois parfois m'arrêter pour donner un peu de répit au camion.
Et pour que je puisse aller aux toilettes.
J'essaie de choisir des endroits où il y a de l'ombre et les paysages sont agréables.
Yan Win est fatigué et il a peur de provoquer un accident.
Il ne veut pas prendre ce risque.
Il s'arrête donc lorsqu'il voit un restaurant sur le bord de la route.
Quand le véhicule est arrêté, je vérifie l'état du camion et des statues.
Yan Win monte dans la boîte du camion et inspecte les statues.
Il veut s'assurer que les bouddhas n'ont pas bougé.
Et qu'ils n'ont pas été abîmés.
Tout semble être en ordre.
Pour prendre des forces et rester alerte sur la route,
Yan win commande une boisson énergisante.
Pour se tenir éveillé, la plupart des camionneurs préfèrent mâcher du bétel.
Une préparation de noix d'arec broyé.
Mélangée avec des épices, de la chaux et du tabac.
Yan Win reprend la route.
Il en a encore pour quelques heures avant de se rendre au monastère.
De retour en Haïti, le camion arrive dans le chaos de la capitale.
Sanel n'aime pas circuler en ville, mais il n'a pas le choix.
Il doit traverser Port-au-Prince pour se rendre au Saut-d'Eau.
Port-au-Prince, il y a beaucoup de voitures et de gens dans les rues.
Il y a toujours du trafic, même si on tente de l'éviter.
Sanel ne perd pas de temps dans les bouchons de circulation.
Il fait demi-tour et prend une autre voie.
Mais, le trafic n'était pas le seul problème.
Il y avait des policiers qui faisaient des inspections.
Quand on voit des policiers, on ne veut pas passer par là.
On fait demi-tour ou on prend une autre route.
Avec tous ces pèlerins à bord,
une vérification policière serait interminable.
Le camion sort de la ville et se dirige maintenant vers la vallée.
En direction de la ville sainte.
On peut arriver à bien-vivre même si on ne croit en rien.
Il y a des gens qui ne croient rien.
Ils ne sont ni chrétiens ni adeptes du vaudou.
Ce sont simplement des catholiques.
Ce n'est pas parce qu'on est vaudou qu'on ne croit pas en Dieu.
Si quelqu'un ne croit pas en Dieu, il est fou.
Puisque le bon Dieu, c'est lui le maître éternel.
Il a créé les hommes et la terre, il a créé les fruits,
et toutes les choses sur terre pour vivre, manger, faire de l'argent.
C'est le bon Dieu qui t'a créé. qui d'autre pourrait t'avoir créé ?
Personne !
Si Quelqu'un ne croit pas en Dieu, C'est qu'il est fou.
Sanel est impatient d'arriver à destination.
Ils décident de prendre un raccourci.
Plutôt que de continuer de rouler sur les routes pavées.
Cette voie ne simplifie pas le voyage.
Les pèlerins se retrouvent couvert de poussière.
Chaque personne qui fait le voyage a un objectif différent.
Ils ont tous leur propre destination.
Je suppose que la plupart d'entre eux vont à Saut d'Eau.
Sanel s'arrête près d'un petit marché pour leur permettre de prendre une pause.
Certains pèlerins sont en colère.
On est sale ! quand on arrivera là-bas, les gens vont nous croire pauvres.
Tout va bien, il y a beaucoup de poussière.
Il faut faire des sacrifices, si on veut obtenir quelque chose et pouvoir s'amuser.
C'est l'heure de partir.
Sanel regroupe les pèlerins et les fait remonter à bord.
Il ne reste qu'un tout-petit bout de route à faire.
C'est la première fois que je vais là-bas.
Je vais visiter, je vais découvrir l'endroit et prier un peu.
Je ne souhaite rien en particulier.
On va demander au saint toutes les choses dont on a besoin.
Je ne souhaite rien, en particulier.
Moi, j'ai plusieurs souhaits. Je vais leur demander ce dont j'ai besoin.
Le camion arrive maintenant dans la région de Saut d'Eau.
Il reste un arrêt essentiel avant de pouvoir rentrer au village.
On n'est pas encore arrivé, mais on en est à la première étape,
celle de l'Eau à Saut d'Eau.
Les pèlerins vont se baigner et changer de vêtements.
Les femmes vont se baigner ici, les hommes plus hauts.
Sanel a mené tout le groupe à bon port sans incident majeur.
Il peut maintenant se détendre et plonger lui aussi dans la rivière.
Je suis bien content qu'on se soit rendu à destination.
On a demandé au bon dieu et à Saut d'Eau que tout se passe bien.
Sans accident et sans maladie.
On est heureux, maintenant, c'est le bain.
Pour aller prier, il faut être propre.
Sanel sait que les pèlerins et lui, représentent la région de Jacmel.
Il est orgueilleux !
Tout le monde va nous regarder.
On forme une belle congrégation, fraîche et propre.
Les gens vont voir qu'on vient d'un endroit respectable.
Les pèlerins sont heureux, car ils sont arrivés à Saut d'Eau.
Sains et saufs.
Ils célèbrent en chantant une prière à la vierge au miracle.
La nuit tombe au moment où le camion s'apprête à entrer dans le village.
Le village de Saut d'Eau.
On va demander s'il est possible de se rendre plus haut avec le camion.
Ce n'est pas toujours possible.
On prévoit d'utiliser le camion pour dormir. Ce sera notre lit.
Sanel doit se frayer un chemin dans le village bondé.
Trouver un endroit pour se garer et passer la nuit.
Ce n'est pas gagné d'avance, la route a été longue et dure.
Le groupe a besoin de repos. Et demain, c'est jour de fête.
En Birmanie, Yan win est stressé et impatient d'arriver.
Ce village s'appelle Kume.
La route passe à une seule voie.
C'est plus étroit, il n'y a pas beaucoup d'espace pour mon camion.
Le camion fait son entrée dans une petite ville.
Yan Win nous demande d'arrêter de lui poser des questions.
Il veut se concentrer. La chaussée est irrégulière.
Le chauffeur tente d'éviter les crevasses du mieux qu'il peut.
Les bouddhas ont subi les difficultés de la route.
Notre chauffeur espère qu'ils ont tenu le coup.
Yan Win arrive finalement à Meiktila.
Il se dirige vers la pagode de Shwe In Tin.
Le moine en chef, attend son bouddha avec impatience.
Il reste une dernière manœuvre complexe à effectuer.
Il faut maintenant décharger la statue du camion, mais cette fois sans la grue.
Six hommes, en plus de Yan win,
sont nécessaires pour soulever cette sculpture de marbre de 500 kilos.
Le moine les observe et ne quittent pas le Bouddha des yeux.
Yan Win est nerveux, ce n'est vraiment pas le temps d'échapper la statue.
Ils ont réussi à installer le bouddha.
Il faut maintenant s'assurer que la statue est en bon état.
Yan win enlève la cage de bois qui protège le Bouddha.
Ainsi que le plastique qui recouvre son visage.
Le chauffeur examine les oreilles, le nez et les mains de la statue.
Heureusement, le Bouddha est intact.
Yan Win est soulagé.
Il remercie le moine de lui avoir accordé l'honneur de livrer cette précieuse statue
Tu es parvenu à livrer la statue sans encombre.
Je sais que, dans ton cœur, tu es heureux et que tu as la conscience tranquille.
Je te souhaite d'être à l'abri des dangers lors de tes voyages.
Le moine est satisfait du travail de Yan Win.
Il le félicite d'avoir livré le Bouddha en un morceau.
Notre chauffeur peut repartir le cœur léger et l'âme en paix.
La statue de Bouddha que j'ai livré de Mandalay n'a subi aucun dommage.
Il n'y a pas la moindre égratignure. Je suis très heureux.
Je vais pouvoir livrer le reste des statues et la marchandise à Rangoun.
Au revoir !
Le camion part vers Rangoun, chargé des autres Bouddhas.
Ils poursuivent la route sous les soins attentionnés de Yan Win.
La fête bat son plein en Haïti.
Comme dans toute célébration vaudoue, les rythmes rara sont au rendez-vous.
Les musiciens forment le cortège.
Les pèlerins rejoignent pour chanter et danser.
Sanel et Salomon n'hésitent pas à se joindre à la fête.
On va suivre le groupe, danser avec salomon et les pèlerins.
Il y a du plaisir dans la rue, le plaisir de la musique est à Saut d'Eau.
C'est ce qui est bien en venant prier ici, il y a une belle ambiance.
Les milliers de pèlerins réunis à Saut d'Eau.
Ils proviennent des quatre coins du pays.
La plupart d'entre eux sont arrivés en camion.
Il y a de la fébrilité dans l'air, car aujourd'hui on va prier à la chute.
La chute de Saut d'Eau est un lieu sacré depuis 1948.
L'année où un vieil homme aurait aperçu la vierge Marie.
Salomon rassemble les pèlerins pour faire la prière de circonstances.
Avant de se baigner dans la chute qui exaucera leur souhaits.
Ils dessinent un Vévé sur le sol avec de la farine de manioc.
Ces symboles représentent différents esprits vaudous.
Qui sont invités à se manifester.
On va le faire ensemble. Au nom du père et du fils et du Saint-Esprit. Amen !
Je vous salue Marie, pleine de grâce ! Le seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes.
Chaque pèlerin tient une bougie qu'il va offrir aux divinités vaudoues.
Grâce à laquelle il pourra faire un vœu.
Aujourd'hui, on est venu pour danser.
Se baigner et demander la délivrance pour nos frères, nos sœurs et nos amis.
À son tour, Fanélion récite une prière.
Dans laquelle, il remercie les gens qui l'entourent.
Béni soit Dieu pour tout ce qu'il a fait pour nous.
Bénis soit mes patrons, mes parents.
On vous bénit, le père et l'esprit saint.
C'est le moment tant espéré.
L'heure de plonger enfin dans la chute sacrée de Saut d'Eau.
Cette occasion ne se présente qu'une seule fois par année.
Les prières doivent être bien choisies pour être entendus.
Sanel se mêle aux pèlerins, il se précipite sous l'Eau,
pour prononcer ses souhaits.
Tous les gens qui sont ici, tous les invités, sont tous différents.
Ils servent tous une divinité et n'ont pas le même but ni la même destination.
Ils cherchent tous une guérison ou quelque chose qu'ils n'ont pas.
Grâce à leur camion, Sanel et Yang-Win sont fiers de pouvoir pratiquer,
et partager leur foi, leur religion et leur tradition.
Malgré les dangers, les soucis de leur métier.
Ils roulent avec passion et confiance.
Ils savent qu'ils ne sont pas seuls derrière le volant.
Les dieux sont toujours à leur côté.
