Contrairement aux idées reçues, pendant l'Occupation, la collaboration n'a pas été l'apanage de l'extrême droite.
Aveuglés par leur pacifisme et leur anticommunisme, de nombreux hommes de gauche ont choisi de se rallier à la cause allemande. Images d'époque, archives sonores et explications d'historiens à l'appui, ce film propose un nouvel éclairage sur cette période de l'histoire.
Pour en débattre Jean-Pierre Gratien reçoit les historiens : Olivier Dard, Fabrice Grenard et Alya Aglan.
LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
après la défaite de juin 1940 beaucoup
d'hommes de gauche aveuglés par leur
pacifisme et leur antiommunisme ce sont
vous venez de le voir fourvoyés dans la
collaboration et parmi cela c'est dans
Paris occupé que se regroupe alors les
plus farouches partisans de l'Allemagne
Nazi autour notamment de Jacques Dorot
et Marcel DEA voilà ce que vient de nous
rappeler ce documentaire réalisé par
Floriant Léon et Christophe Weber un
film qui bouscule c'est vrai les idées
reçues et qui nous amèneent à nous
interroger maintenant plus au-delà en
compagnie de nos invités sur ce plateau
de débadoc sur ces personnalités de
gauche qui durant la Seconde Guerre
mondiale ont choisit le camp de la
collaboration on va commencer avec vous
Olivier d'art bienvenue vous êtes
historien et spécialiste de l'histoire
politique du 20e siècle votre dernier
ouvrage s'intitule Le Dictionnaire du
progressisme coécrit avec Christophe
Boutin d'une part et Frédéric Rouville
d'autre part est publié aux éditions le
SER FIA glan est également avec nous
bienvenue vous êtes historienne
spécialiste de la résistance auteur
entre autres de la France à l'envers la
guerre de Vichy publiée chez galimar et
à nouveau édité en édition de poche
Fabrice Grenard est enfin avec nous
bienvenue vous êtes historien directeur
scientifique de la Fondation de la
Résistance et vous êtes l'auteur entre
autres de ce livre le choix de la
résistance histoire d'hommes et de
femmes 1940 1944 édité au presse
universitaire de France puis on va
préciser que vous faites aussi partie
des auteurs de documentaires et qu'on
présentera l'un des documentaires que
vous avez écrit qui s'intitule les
traîtres dans la Résistance et ça sera
dès l'automne prochain dans cette même
émission des Badog je me tourne tout de
suite vers vous Olivier dard parce que
pour évidemment bien comprendre ce qui
s'est passé durant la fameuse période 40
44 qui nous intéresse aujourd'hui il
faut en venir à à l'entre de guerre à ce
pacifisme cet
antiommunisme qui alimentait un certain
nombre de personnalités de gauche de cet
entre de guerre alors effectivement le
pacifisme l'anticommunisme il en a été
beaucoup question dans le documentaire
j'ajouterai peut-être deux points qui
qui sont évoqués mais peut-être pas pas
autant qu'on pourrait c'est la
germanophilie nous sommes en présence de
gens qui on parle beaucoup de ganlucher
dans CEC
qui sont les admirateurs de l'Allemagne
du modèle allemand depuis vaimar jusqu'à
la suite et le deuxième élément c'est
l'européisme il en est question dans le
documentaire à travers la figure
d'Aristide brillant mais et là nous
sommes dans les années 20 voilà nous
sommes dans les années 20 mais la
thématique de l'Europe nouvelle va pour
ces hommes quoi qu'on puisse évidemment
en penser aujourd'hui l'Europe nouvelle
d'Hitler n'est évidemment par celle de
brillant mais Hitler va être présenté
par ses anciens brillandistes comme au
fond celui qui réussirait à faire
l'Europe et donc la question de l'Europe
nouvelle qui paraît parfois un peu
décalée à l'heure d'aujourd'hui est tout
à fait fondamental et permet de
comprendre comment en particulier grâce
à l'ambassadeur du Reich autoabets dont
il est aussi question dans le
documentaire et qui était un ami intime
de Jean-Luc cher de Bertrande Jouvenel
et cetera dans les années 20 et bien
comment finalement cette thématique peut
prospérer sous l'Occupation et donner
euh un certain nombre de raisons à ces
gens pour s'engager dans la
collaboration alors il y a plusieurs
périodes de rupture à l'intérieur de la
de la famille de gauche he comme on l'a
vu dans dans dans ce film euh bien sûr
il y a le front populaire il y a Munich
hein évidemment euh qu'est-ce qu'on peut
dire de ces des fractures successives
qui ont eu lieu au sein de cette gauche
française pour en arriver à voir des
hommes de gauche finalement collaborer
avec le régime de bichy alors je pense
qu'il faut déjà euh oublier l'idée que
la résistance serait sortie toute armée
du crâne de de Gaul ou de quelqu'un
d'autre comme étant une idée de gauche
je pense que cette idée reçue vient de
tout simplement de de l'assemblée qui
est élue à la à la Libération et qui est
la Constituante il est vrai que la
droite est discréditée pendant un
certain temps mais va revenir dans la
représentation nationale pourquoi des
hommes de gauche vont épouser euh des
euh comment dirais-je des
trajectoires vers la collaboration ou le
collaborationnisme on a donné dans ce
documentaire un certain nombre
d'éléments le pacifisme
intégral très puissant tout vaut mieux
que la guerre hein le le le deuxième
élément rappelé par Olivier dart qui est
une forme d'européisme mais là aussi dé
voyer parce qu'au départ le grand rêve
brandiste d'états-unis d'Europe c'est
quand même à attaché à des valeurs
démocratiques mais c'est l'Europe malgré
tout l'Europe nouvelle complètement et
il soutient la SDN aussi hein
accessoirement qui a été créé bien sûr à
l'issue du traité de versaill la Société
des Nations est complètement discréditée
parce que sa vocation étant de maintenir
la paix elle elle n'a pas fait son son
son office et donc elle est discréditée
et au-delà de ça une critique de l'État
nation comme cadre périmé qui aurait
justement apporté l'autarsie la guerre
le totalitarisme et et cetera et donc si
vous voulez ceux qui profondément
européens pacifistes intégraux venus de
la de la gauche ont pu penser que la
collaboration dans le cadre d'une Europe
nouvelle
pouvait faire un espace unifié
économiquement et politiquement et que
finalement la dimension nazi et bien
culturellement elle serait noyée parce
que dans cet ensemble et bien les
positions de vainqueurs et de vaincus
serait tout simplement aboli et ce que
le nazisme à part ceux qui sont vraiment
des des fanatiques d'Hitler mais mais il
y en a mais ils ne le sont pas tous et
bien d'une certaine manière on pourrait
acclimater le nazisme à la culture
européenne où la France évidemment
aurait à jouer un très grand rôle donc
donc tout ça ce sont évidemment des
illusions mais qui ont eu leur force si
on comprend qu'à la sortie de la
première guerre mondiale qui a quand
même été un traumatisme pour les
sociétés européennes pour la jeunesse
européenne
des sociétés marquées hein par des
orphelins des veuves de
guerre fameuses gueule cassée et bien il
y a deux idéologies qui ont été
extrêmement
attractives le communisme que même
Jacques maritin appelle la jeunesse du
monde
et le fascisme dans évidemment sa
variation nazie qui est aussi
extrêmement attractive je voudrais
revenir sur 1936 parce que bon
évidemment c'est une marque on peut peu
plus marquante he dans l'histoire de de
la gauche française est-ce que Marcel
DEA Jacques Dorot quel était leur leur
position en 36 à ce moment clé de
l'histoire de la gauche française
d'avant-gerre j'ajouterai un élément par
rapport à ce qui a été dit et ça
concerne véritablement 36 aussi il y a
les événements internationaux bien sûr
qui obligent à prendre position mais il
y a surtout la crise économique et
sociale des années 30 qui va fracturer
la gauche notamment les les les deux
grands partis qui sont le parti
communiste et le parti socialist SFIO
pourquoi parce que vous avez ceux plutôt
dominants qui veulent toujours mettre en
place ce qu'on appelle les vieilles
recettes le marxisme pour les
communistes le jorésisme si vous voulez
pour les socialistes et puis dans ces
partiesl vous avez aussi des gens qui se
disent mais tout ça ça marche plus on
narrive pas à sortir de la crise il faut
se tourner vers de nouveaux modèles et
dans ces nouveaux modèles il y a la
place de l'État il y a des des des
nouveaux concept comme la planification
par exemple et des gens comme Dorio des
gens comme DEA sont des gens qui vont se
placer en rupture à l'égard de leur
famille politique d'origine et alors oui
ils sont originaires de la gauche mais
il faut bien dire que au moment de de la
guerre ils sont plus à gauche déjà
effectivement le basculement
s'effectue dès dès 34 36 pour Marcel DEA
un peu plus tard pour pour Dorio mais ce
sont des gens qui ont qui ont basculé
dans l'autre camp avec dans dans le
terme national socialisme il y a
socialisme
euh c'est un élément important c'était
un j'imagine un élément important
élément important parce que au moment du
Front populaire quand même n'oublions
quand même pas que da est au
gouvernement hein donc attention mais de
ce point de vue effectivement le
socialisme compte et Fabrice Grenard a
tout à fait raison d'insister sur le
fait que la construction du disocialisme
devrait passer par autre chose que les
vieilles recettes et Marcel DEA est
l'héritier de ce qu'on appelle les
néosocialiste dont le mot d'ordre était
le documentaire le rappelle bien ordre
autorité nation mais je voudrais
insister pour nos téléspectateurs sur un
point qui est très important c'est la
nécessité de ne pas surdéterminer les
attitudes par rapport effectivement aux
années 30 parce que chez les
néosocialistes s'il y a effectivement un
certain nombre de gens comme d et
Marquet qu'on voit dans le film que l'on
retrouve dans la collaboration il y en a
d'autres Paul Ramadier par exemple qui
ont un tout autre itinéraire de ce point
de vue ces acteurs réagissent en
fonction des conjonctures qui sont
celles de la fin des années 30 et de la
défaite bien entendu alors moment clé de
cette histoire d'avant-guerre c'est
l'académicien Pascal Ory qui nous en
parle dans cet extrait du documentaire
les pacifistes sont de moins en moins
nombreux mais ils sont de plus en plus
pacifistes les syndicalistes postiers
instituteurs René Belin campe sur
l'pposition et même au moment de Munich
c'est l'argumentation plutôt une
mauvaise P qu'une bonne guerre quoi donc
il faut bien voir que la France qui
entre en guerre en 39 est complètement
démentibulée aucun parti politique n'a
résisté à la mononté des périls et
munique annonce à peu près les clivages
c'est-à-dire qu'en dehors des
communistes vous pouvez photographier la
situation politique de la France au
moment de Munich vous avez les futurs
résistants les futurs col là c'est c'est
clair vous pouvez photographier la
situation politique de la France au
moment de Munich vous avez les futurs
résistants et les futurs collabos là
c'est clair voilà ce que nous dit Pascal
or dans ce documentaire vous êtes à peu
près d'accord avec ça pas vraiment
semble-t-il oui et non parce qu'en
réalité Munich est un petit peu plus
compliqué que ça tout le monde a été
quasiment muniois au momentmême des
accords de Munich mais en fait c'est au
cours de la des mois qui suivent que les
choses vont effectivement évoluer entre
ceux qui ont été des des munikois d'un
jour mais qui comprennent que Munich
doit être la la la dernière reculade
face à Hitler et que maintenant il faut
faire preuve de fermeté et ceux qui
considèrent au contraire que muniich la
position de Bloom par exemple c'est ça
et ceux qui considèrent là c'est le cas
de de Paul Fort par exemple que Munich
non c'est c'est la logique qu'il faut
mettre en uvre il faut accepter de
réviser les traités de 1919 il il faut
accepter effectivement d'accepter un
certain nombre de revendications
d'Hitler pour sauver la paix parce qu'il
faut à tout prix éviter un nouveau
conflit nouvelle déflagration comme 1418
alors on a eu l'occasion de de faire une
émission avec vous aussi sur l'extrême
droite qui cette fois résistait quel
rôle quel poids avaient ces hommes de
gauche qui avaient décidé de collaborer
au moment de la mise en place du pouvoir
à Vichi alors il faut distinguer
plusieurs Vichi il y a il y a plusieurs
épisodes dans la constitution de Vichi
le premier Vichy je dirais c'est celui
de la Révolution nationale où on peut
penser euh qu'on vienne de la gauche que
on peut trouver des solutions
euh parfois technique au problème du
temps hein donc la la la veine
technocratique elle est très importante
quelqu'un comme René Belin vient d'une
tendance la CGT de la CGT qui qui est la
tendance syndicat et qui est la tendance
antiommuniste hein puisque la CGT si
vous elle a été
euhelle elle a eu une histoire assez
rocambolaise notamment à cause du pacte
germano-soviétique elle s'était
réunifiée puis elle s'est à nouveau euh
euh euh divisée sur cette question euh
donc l'anticommunisme est une est une
idée importante mais l'idée qu'on peut
apporter des solutions au problème du
temps en étant à l'intérieur du
gouvernement de Vichy même si on a été
évidemment républicain euh et et qu'on n
absolument pas fasciné par la figure
d'Hitler c'est le cadre nébelin il va
pas rester très longtemps à Vichy donc
il y a plusieurs Vichy a des renouveaux
et c'est pas le vichy milicien hein de
la fin de l'année 43 et de l'année 44
quand justement Marcel Déa entre au
gouvernement comme ministre du Travail
en mars 1944 c'est pas le même Vichy
parce que ça c'est un Vichy qui est
complètement satellite où les Allemands
désignent eux-mêmes le gouvernement
donnent leur mot à peu près depuis le le
retour de l'aval au pouvoir en avril 42
c'est eux qui dictent qui reste au
gouvernement comment on est pur
l'entourage du maréchal et comment quand
il a envie de faire une
déclaration pour annoncer une nouvelle
constitution et bien on on on l'interdit
d'antenne et et et donc voilà on le
laisse même pas s'exprimer jusqu'à
smingen où là il est plus du tout
question de de droite ni de gauche mais
de de de prnazisme effrainé hein puisque
euh la la ce gouvernement de sigmaringan
enfin cette commission ne tient que euh
à l'idée que peut-être le rage va gagner
la guerre on on en reparlera peut-être
de ce gouvernement fantoche he pour on
va dire les choses comme ça de SIG
maring gen euh il y en a un dont on a
pas beaucoup parlé vous en étonniez
d'ailleurs un peu alli Aglan c'est
Pierre Laval he Pierre Laval il vient d'
rendre la gauche et c'est peut-être pas
assez souligné hein dans ce film alors
il vient effectivement des rendre la
gauche tout en c'est un ancien
socialiste hein tout en ayant été au
tournant des années 30 une des figures
dans la droite parlementaire mais ce qui
est intéressant chez Pierre Laval c'est
son pacifisme Pierre Laval a évolué sur
beaucoup de points mais sur un il est
resté j'allais dire assez fidèle à
lui-même c'est dans son rapport à la
paix et de ce point de vue Pierre Laval
est un homme qui refuse la guerre et qui
va chercher par tous les moyens par tous
les moyens à trouver la voie d'une
conciliation avec l'Allemagne parce
qu'encore une fois la question du
pacifisme elle est absolument
fondamentale pour comprendre
l'itinéraire de ces gens mais il y a un
autre point de vue qui n'est pas assez
souligné c'est aussi l'opportunisme ils
sont avides de pouvoir on parle de DA de
Dorio et de l'aval ce sont quand même
des gens qui qui tout est soumis à cet
impératif de prendre le pouvoir et de le
garder enfin DEA passe son temps da
d'ailleurs propose la Constitution je
crois d'un parti unique Pétin le
repoussera cette option à l'été 40 ils
sont plusieurs à être Avichi à demander
un un parti unique ce dont personne ne
veut même pas les Allemands qui
préfèrent des groupuscules
collaborationnistes qu'il divisent qu'
le finance qu' le flatte qui voilà qui
manipule autant que faire ce peu c'est
ce que dit Oto abets mais je trouve que
ce qui manque un peu dans ce
documentaire c'est que au-delà de toutes
les explications pacifisme intégral
européisme antiommunisme qui sont très
importante hein par rapport à ses
positionnements il y a quand même enfin
une avidité pour le pouvoir qui est
quand même la marque de fabrique d'orot
c'est c'est jusqu'au bout DEA c'est
jusqu'au bout et la valal aussi et
Lucher est aussi donc ils sont ivres de
pouvoir ces gens-là il y en a un autre
he dont il n'est pas question dans ce
documentaire on va juste expliquer
pourquoi c'est François miteran parce
que certains nous en voudraient
peut-être de ne pas évoquer le cas de
François mitteran durant cette période
très précisément mitteran il il rejoint
Vichy en en en 42 au printemps 1942 en
juin 19 42 il reçoit même la la
francisque qui était la la la plus haute
médaille hein décernée par le pouvoir de
Vichy en avril
1943 il faut tout simplement préciser
que miteran à l'époque n'était pas
socialiste il n'était pas un
personnalité de gauche et quiait il
avait 25 ans lorsqu'il a rejoint Vichy
et 26 ans lorsqu'il a reçu la la
francisque avant de choisir lui-même la
résistance à partir de novembre 1943
c'est bien ça oui il bascule en il
bascule en 43 mais il devient aussi un
authentique résistant suite euh c'est
particulièrement recherché chef chef de
réseau et et là on a je dirais une
trajectoire inverse c'est-à-dire c'est
quelqu'un qui vient plutôt d'une droite
nationaliste il a pu florter dans sa
jeunesse un peu avec avec les Croix de
Feu effectivement plutôt attiré par la
Révolution nationale par Vichi lors de
du premier Vichi 40 42 mais ensuite
patriote et résistant entre 43 44 et qui
à la fin de la guerre on peut le classer
euh au centre il va évoluer sur la 4e
République un petit peu vers le vers le
centre gauche pour finalement dans les
années 70 apparaître comme celui qui va
unifier la gauche et et prendre la tête
du du Parti socialiste néanmoins se
passer un demi-terran sous cette période
il a fallu attendre
1994 et le livre de notre confrère
pierre Péant hein pour pour lever le
voile hein sur cette période où miteran
était était Avichi il semble qu'il y ait
un moment de radicalisation chez ces
hommes et et sans doute aussi ces femmes
qui avaiit choisi de C Boré Vichi c'est
justement l'occupation de de la zone
libre on est après le débarquement de
novembre 1942 et ce ce film nous parle
d'une
radicalisation notamment de d'orot desa
des noms qu'on a déjà évoqué dans notre
échange depuis le début vous confirmez
il y a vraiment une forme de
radicalisation à ce moment-là il y a
j'appellerai pas ça forcément une
radicalisation j'appelleraai plutôt ça
une forme de jusqu'au boudhisme parce
qu'en réalité si vous voulez quand on
regarde cette presse collaborationniste
notamment la presse de Dorio il avait un
journal qui s'appelait le cri du peuple
on voit déjà dès l'automne 1940 un
certain nombre de références tout à fait
inhabituelles dans la presse française
en particulier quand au référence
allemande il y a et j'insiste sur ce
point un processus de nazification on
parle très souvent du fascisme français
je crois que là on n'est pas en présence
d'un fascisme on est en présence d'une
forme de nazification alors
effectivement avec le temps les choses
se radicalisent pourquoi parce que il y
a en 41 2041 l'invasion de l'Union
soviétique et le fait et le documentaire
le montre qu'un certain nombre d'entre
eux s'engagent les armes à la main pour
aller combattre sur le front de l'Est et
il est question notamment de Marco giier
le futur Saint-Loup mais ajoutons aussi
que ces acteurs sont à la fois
conscients et pas conscients à partir de
43 44 que la guerre est peut-être perdue
mais en même temps ils s'accroche
désespérément à l'idée qu'ils peuvent
s'en sortir et ce qui est quand même
tout à fait frappant c'est de voir que
en 44 avant de partir ou plutôt d'être
amené à Sigmaringen et même à
Sigmaringen soi-même il continue
toujours les uns et les autres à se
battre pour prendre le pouvoir dans une
situation et dans une configuration
totalement improbable alors vous nous
parlez de singen il en a aussi été
question dans ce film on revoit cet
extrait en février 45 la première armée
française de de lâtre de Tassini pénètre
en Forêt
Noire à quelques kilomètres de là à
zigmaringen petite ville du sud-ouest de
l'Allemagne dominé par son château
d'opérette s'est réfugié la fine fleur
de la collaboration parisienne et
vigissoise depuis des mois leur monde
s'effondre autour d'eux mais tous
faignent de croire qu'un semblant d'État
existe Lucher lance un quotidien pour
les
réfugiés Dorio et DEA continuent de se
battre pour la moindre parcelle de
pouvoir finalement les troupes de delâre
entrent dans la ville le 23 avril
45 pour beaucoup comme jean-lucher qui a
été arrêté dans sa fuite c'est le retour
en France où les attendent les cours de
justice alors sinen c'est un bourg du
bas de witenberg bien sûr en Allemagne
avec un gouvernement dit en exile en
fait c'est un gouvernement fantoge qui
est mis en place par par les Allemands
puis alors
Pétin et son gouvernement font la grève
hein c'était la la évidemment
l'expression utilisée par Pétin qui à
partir de ce moment-là considère qu'il
n'a plus la main et refuse de de diriger
ce gouvernement fantoche il y aura tout
de même 1000 français collaborateurs sur
place un millier environ et tout cela se
passe entre septembre 1944 et avril
1945 c'est là que se trouvve les hommes
de gauche qui ont choisi de collaborer
pour la plupart pour les plus importants
d'entre eux comment comment est-ce
qu'ils vivent cette période pour ce
qu'on en sait alors c'est pas une
histoire attachée à l'histoire de la
gauche SIG maringanin c'est plutôt le
dernier avatar de Vichy en fait on y
retrouve desa on y retrouve dor bien sr
bien sûr ça faits qui ne sont plus de
gauche ce qu'on avait appelé les
fororistes HE qui étaient tout un
courant de la SFIO qui avait suivi Vichy
n'est pas jusqu'au bouhiste comme Cuxa
et comme Olivier d l'a rappelé ceuxl à
l'entrée en guerre ne sont ne sont plus
de gauche depuis un certain temps dans
sigmingan ce qui est très intéressant
c'est justement cette cette espèce de de
d'irréalité dans laquelle se réfugie
alors pas seulement ce gouvernement où
ce qu'il en reste les miliciens et leurs
familles sont dans les petites villes
autour Dorio qui n'a pas renoncer à
créer des écoles de sabotage qui vont
faire des des coups de main de l'autre
côté de la frontière et une sorte de
posture générale
Gauliste avec une référence très claire
à la France libre et bien comme la
France libre en exil à Londres nous on
est un gouvernement en exil à
Sigmaringen mais on reviendra prendre le
pouvoir dès que le 3è Reich aura inversé
le rapport de force et donc là on est
plus dans une histoire qui est
spécialement celle d'une dérive fasciste
de la gauche ils sont bien au-delà du
fascisme à et on voit bien aussi le côté
marionnette marionnette au service des
Allemands parce que ces gens-là d d'Orio
dans le premier Vichi ils sont en fait
ceux qui critiquent le plus le régime
parce que eux ils veulent une alliance
totale avec l'Allemagne pour eux est un
régime réactionnaire effectivement il
voudrait une une nasification en France
que ne fait pas le premier Vichi 40 42
et on voit bien là qu'à la fin de la
période bon ben ce sont eux qui sont
manettees mais uniquement parce que ce
sont les Allemands qui les ont mis là
même même le maréchal Pétin se réfugie
dans une sorte de de silence un peu
réprobateur bon mais voilà et et
jusqu'au bout ils auront été
instrumentalisés par les Allemands
d'abord les Allemands les ont quand même
financé et utilisé pour essayer de de
fragiliser un peu Vichy au début de la p
période et puis à la fin ben il tente
d'en faire effectivement des des chefs
de la France collaboratrice jusqu'au
jusqu'au bout de la guerre est-ce que
c'est à cause de ces hommes et ces
femmes de gauche qui ont basculé dans la
collaboration qu'on parle aujourd'hui
encore des rouges brun ils y trouvent sa
source les rouges bruns cette cette
notion de rouge brun est-ce que ça a du
sens est-ce que c'est là que se trouve
la source de cette
expression à mon sens ça n'a guerre de
ça n'a guerre de rapport ça n'a guerre
de rapport direct si vous voulez je
crois que le produit de l'histoire de
ces gens c'est bien le produit de
l'histoire de l'entre de guerre avec
quand même ce contexte propre à
l'occupation qu'on voit bien dans le
documentaire on voit la vie à Paris on
voit les fêtes et cetera on parlait de
jeanlucher tout à l'heure c'est lui qui
a la haute main parisien voilà qui a la
haute main qui qui a la haute main sur
la presse mais qui est aussi un
personnage vénal et corrompu depuis les
années 30 hein où il servait d'ailleurs
un certain N nombre de gouvernement et
on voit très bien dans son journal qui
s'appelait notre temps comment en
fonction des sommes qu'il recevait il
menait la politique ou il défendait une
politique ou une autre donc je crois
qu'on est autre dans autre chose que des
configurations actuelles ou des
suputations sur ces logique rougebrun on
est à travers le produit d'une histoire
mais qui effectivement avec l'épisode de
sigmingen signifie au fond bah la fin à
la fois d'illusion et en même temps euh
sur Hol pquy alors qui lui vient pas de
la gauche c'est le moins qu'on puisse
dire mais avait appelé ça illusion des
illusions et je crois qu'on est au cœur
on est au cœur de cela à maringan sur
cette éventuelle porosité entre entre
rouge et brun avec cette fameuse
expression rouge brun qu'on qu'on entend
régulièrement encore aujourd'huion y
trouve sa source ici elle non elle
s'applique pas tellement à la période si
le rouge brun désigne une forme de
synthèse je dirais des extrêmes elle est
c'est c'est c'est c'est une des grandes
idées des années 30 c'est de pouvoir
faire des synthèses entre ce qui n'est
pas compatible non là ce à quoi on
assiste plutôt je suis plutôt d'accord
avec Olivier d c'est c'est ceux qui sont
jusqu'au bouhistes sont euh oui des des
des des des supposs du nazisme et le
défendent comme quelque chose qui qui
qui s'est déjà euh abondamment éclairé
au moment de la croisade contre le
bolchevisme he quand après l'opération
Barbarossa euh il y a des contingents
qui partent alors c'est autoabaisse qui
qui qui a qui souffle à l'oreille d'être
parti collaborationniste ce serait bien
si vous partiez combattre sur le front
de l'Est cette Légion des Volontaires
contre le bolchevisme c'est quelque
chose qui est finalement le seul
programme qui qui met ensemble tous ces
collaborationnistes alors qu'ils vont
sur le fond de l'Est se disputer entre
eux hein comme à sigmaaringen d'ailleurs
donc c'est aussi une vitrine politique
donc cette croisade contre le
bolchevisme je pense que c'est ce qui
lestient ensemble comme des des chiens
et des chats enfin à SIG maringan c'est
c'est quand même un épisode où ils vont
se disputer du matin au
soir ne pas se parler faire des
promenades alternatives et et et et et
et donc on n'a pas non plus une idée
très très idéologique de leur ils sont
presque otage et et et assez marionnette
je suis d'accord est-ce que ils ont payé
ces hommes et ses femmes pour leur
collaboration avec l'ennemi nazi à la
fin de la guerre on a vu la fin de
parcours d'un certain nombre d'entre eux
euh qu'est-ce qu'on peut dire de du
jugement auquel ont eu droit ces ces
hommes et ces femmes qui ont collaboré
qui venaient de la gauche ce sont des
cyes de l'épuration très importantes
pour ceux du moins qui n'ont pas réussi
à s'échapper d'une façon ou d'une autre
c'est le cas de de Marcel da qui lui
arrivera à à à rester caché à à quitter
à quitter la France mais pour pour il m
en Italie c'est ça mais pour ceux qui
ont pu être arrêtés et jugés ils seront
jugés ou par la haute cour de justice
pour ceux qui avaient eu des
responsabilités ministérielles à Vichi
ou par les cours de justice he qui dans
tous les départements jugaient les les
collaborateurs et ils feront partie de
ceux qui seront les plus sévèrement
condamnés même si vous savez le problème
de l'épuration c'est une question de
temps si vous êtes jugé tout de suite
après la guerre en général vous avez peu
de chance d'échapper à la peine de mort
si vous avez vraiment été très engagé
dans la collaboration si vous êtes vous
avez pu échapper un petit peu à la
justice et que vous êtes jugé un petit
peu plus tard à la fin des années 40 les
peines sont un petit peu plus
clémentente il y a le cas d'Albertini
qui lui survivra évidemment il aura été
condamné à 5 ans de prison il en fera 3
ans et demi puis dans sa prison il fera
la rencontre d'un héritier de la banque
Vorms oui fait la rencontre d'ppol V
ensuite il aura une longue carrière à la
fois sur le plan
économique journalistique et politique
voilà quelqu'un qui va rester dans dans
le décord de la politique française
jusqu'à quasiment Valé giscardestin tout
à fait ce qui est très intéressant chez
Albertini c'est qu'en réalité par
rapport au premier documentaire sur
l'extrême droite il n'a aucun contact
avec eux après la guerre il est en
contact avec ses anciens amis
socialistes il va être en contact avec
les sper du pouvoir et les milieux
économiques et patronaux c'est tout à
fait intéressant de voir comment cet
homme va jouer la carte ou essayer de
jouer et pas pas trop mal la jouer
d'ailleurs la carte de l'influence c'est
tout à fait intéressant avec chez lui
d'ailleurs une ligne de conduite qui est
l'anticommunisme parce que après la
guerre il y a un élément qui évidemment
va permettre le
retour d'un certain nombre d'entre eux
c'est la question de l'antiommunisme il
y a le temps comme le disait Fabrice
Grenard il y a aussi l'importance de
l'anticommunisme qui permet évidemment
dans une toute autre configuration de
revenir ou de faire permettre le retour
d'un certain nombre de figures et
Albertini en est un exemple tout à fait
frappalbertini contribuera d'ailleurs à
la mise en place de Force Ouvrière une
cission de la la CGT qu'est-ce qu'on
peut dire de cette épuration du côté de
ces hommes de gauche qui avaient
collaboré à votre avis vous alors elle a
été très sévère au sein de la SFIO parce
que il était évidemment pas question de
de se présenter devant les électeurs
avec des des des gens
compromis il y a il y a une très grande
et et très sévère épuration de tous les
partis politiques certains qui qui avait
euh migré on va dire du Parti communiste
euh vers euh la collaboration ben ont
perdu la vie pendant pendant
l'occupation donc il y a une très sévère
épuration et puis ensuite il y a alors
du côté du Parti communiste euh une
épuration de l'épuration c'est-à-dire
que ce sont les les chefs historiques de
la résistance
euh communistes qui vont euh de grré ou
de force passer la main euh au moment où
Maurice tores va reprendre en main euh
le parti donc euh bistess qui lui
entre-temps hein durant la Seconde
Guerre mondiale était parti à Moscou
était à Moscou était le le numéro 1 du
du Parti communiste français bien sûr et
qui a passé toute la guerre à Moscou
effectivement donc donc voilà ces
itinéraires de gauche et si vous voulez
après la guerre le en terme de de poids
électoral c'est le parti communiste qui
est le le premier parti de France avec
la SFIO juste après donc il fallait
évidemment trier le bon grain de livré
et et ne pas laisser passer mais aucun
parti n'a été d'un bloc ou résistant ou
collaborationniste et ça sera ma
dernière question est-il un temps soit
peu possible d'estimer le nombre
d'hommes qui qui étaient justement de
gauche et qui avaient choisi de
collaborer oou est-ce qu'on parle d'une
extrême minorité ou
ou ou pas c'est peu de monde mais déjà
je pense vraiment qu' il faut insister
sur le fait que oui ils ont été de
gauche à un moment donné dans leur vie
mais au moment où ils sont à Vichi ù ils
soutiennent Vichi ils ne sont plus il
sont plus dans tous les cas on le voit
sur les les trajectoires qui sont
montrées dans le dans le documentaire
donc c'est très peu de monde c'est très
peu de monde c'est très peu de monde
mais oui c'est très peu de monde parce
que la le le collaborationnistme c'est
déjà très peu de monde la résistance
c'est aussi très peu de monde mais c'est
pas équivalent hein euh et et et et les
itinéraires dont on parle d'ailleurs on
parle plus d'itinéraires individuels que
de groupes qui seraient passés de de de
l'un à l'autre g pas leur parti
d'origine de toute façon donc ça sera le
mot de la fin vraiment un grand merci
hein à tous les trois d'avoir participé
à cette émission je rappelle qu'on vous
retrouve aussi pour parler de l'autre
volet hein de ce documentaire où on
parlera ensemble cette fois de ces
hommes et ces femmes d'extrême droite
qui avaient eux choisi de résist hein
durant cette cette fameuse période de la
Seconde Guerre mondiale vos réactions ça
sera bien sûr sur hashtag desbadoc sur
Twitter merci à selmaali qui comme elle
accoutumé m'a aidé à préparer cette
émission puis je vous donne tout
simplement rendez-vous pour un prochain
Badoc avec bien sûr son documentaire et
son débat à très
[Musique]
bientôt