Beaucoup font le choix d'aller mourir en Belgique ou en Suisse faute d'une loi en France. Mais les choses évoluent à travers un projet de loi proposé par le gouvernement français sur la possibilité d'un suicide assisté dans notre pays. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose d'offrir ce choix ?
Pour en débattre, Jean-Pierre Gratien reçoit la journaliste et réalisatrice Céline Crespy, la psychiatre et philosophe Faroudja Hocini et le professeur émérite de médecine et ancien député Jean-Louis Touraine. Pour voir le documentaire : https://youtu.be/EV7RVVNzg74
LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
avec ce documentaire vous venez donc de
suivre cinq malades en fin de vie
demandeur d'un suicide assisté et faute
d'une loi le permettant en France ils se
sont donc tournés vers la Belgique ou la
Suisse pour programmer leur mort comme
d'ailleurs des dizaines d'autres
Français chaque année mais les choses
évoluent à travers un projet de loi
consacré à la fin de vie le gouvernement
propose lui aussi aujourd'hui la
possibilité d'un suicide assisté dans
notre pays pour se atteint d'un mal
incurable et est une bonne ou une
mauvaise option nous allons en débattre
maintenant avec nos invités présents sur
ce plateau de débadoc celle qui a
réaliser ce documentaire est avec nous
Céline Crespy bienvenue à vous Céline
Crespi vous êtes journaliste
réalisatrice au sein de notre chaîne la
Chaîne parlementaire et vous allez bien
sûr nous reparler nous parler hein de
l'aventure humaine appelons- cela comme
ça que vous avez vécu à l'occasion du
tournage de votre très mouvant film que
nous venons de voir on va y associer
d'emblé et je je sais que vous en êtes
d'accord pierre Yve de Hin qui était
derrière la caméra Frédéric Fournier qui
était au montage parce que ce film ne ne
contient pas de commentaires c'est un
film sans commentair c'est extrêmement
difficile en réalité à réaliser et puis
on va aussi y associer chantalalis pour
pour la rédaction en chef Jean-Louis
Touren est également avec nous bienvenue
à vous Jean-Louis Touren vous êtes
professeur émérite de médecine ancien
député la République en mar marche du rô
c'était durant la législature précédente
hein entre 2017 et 2022 vous êtes aussi
membre du comité d'honneur de
l'Association pour le droit de mourir
dans la dignité la DMD et vous êtes
l'auteur de ce livre pas tout seul
d'ailleurs un co-auteur plus exactement
qui s'intitule pour Sophie et tous les
autres enquête pour le droit de choisir
sa mort c'est un ouvrage publié chez
l'armatan qui était Sophie Sophie était
la femme de d'un des C oui le Hunter qui
est un journaliste franco-américain oui
et
elle est décédée d'une maladie de Charco
mais elle est décédée dans des
conditions particulièrement douloureuses
très difficile difficile pour elle
difficile pour son mari qui l'a
accompagné jusqu'au dernier moment et
elle aurait voulu une aide active à
mourir mais ça lui a été daigné en
France puisque le droit n'existait pas
encore et donc c'est ce parcours que
comme inter TER d'écrit et c'est une
motivation pour essayer d'aller plus
loin la maladie de Charco dont il est
question dans votre film c'est une crisp
puisque l'une des personnes que vous
avez suivi en
souffrait justement farouja aussini est
également avec nous bienvenue à vous
aussi vous êtes psychiatre psychanalyste
mais aussi philosophe vous travaillez au
sein des Urgences psychiatrique de
l'hôpital de Saint-Anne à Paris et votre
dernier ouvrage s'intitule tuer les gens
tuer la terre passion euthanasique et
crise écologique c'est un ouvrage qu'
écrit avec Bruno d'aporta et publié aux
édition des compagnons d'humanité
j'ajouterais que vous avez vous avez
fait part de votre hostilité au projet
de loi présenté par le gouvernement à
travers d'ailleurs une lettre que j'ai
sous les yeux vous avez envoyé à à
chacun des parlementaires de l'Assemblée
nationale chacun des députés ou vous
expliquer pourquoi vous êtes aujourd'hui
hostile à ce projet de loi on va bien
sûr en reparler ensemble sur ce plateau
c'est Cresp j'ai parlé d'une formidable
aventure humaine c'est vrai que votre
documentaire ne laisse pas indifférent
et il crée énormément d'émotions on n'en
sort pas indème de ce film j'imagine que
vous-même vous nêtes pas sorti
complètement indemne de ce tournage bah
effectivement cétait un tournage qui qui
était
d'abord très émouvant puisque on savait
qu'on s'adressa à des personnes qui
étaient très malades qui
désiraient qui dés dirait mourir et on
les a suivi pendant de nombreux mois ce
qui a créé aussi des liens affectifs
quelque part avec eux mais aussi avec
leur famille et je voulais aussi encore
une fois les remercier d'avoir accepté
la présence de notre
caméra pendant ce ces nombreux mois et
puis c'est un tournage qui permet
également de de se poser des questions
quant à la famille quant à l'acceptation
de la famille et de voir des nuances
dans un sujet où parfois on a
l'impression de d'avoir une une opinion
un peu toute faite voilà les cinq
personnes que vous avez suivi dans dans
ce film sont décédées aujourd'hui
absolument elles étaient
demandeuses d'un suicide assisté d'une
forme de suicide assisté elle mais
chacune d'entre elle n'a pas été au bout
de la démarche et et n'a pas pu
bénéficier de ce suicide assisté ni du
côté bel ni du côté suisse effectivement
donc nous avons Catherine qui était donc
atteinte de la malad dit charcoot qui
elle n'a pas pu en fait au dernier
moment matériellement aller en Belgique
ce qu'elle souhaitait au plus profond
d'elle-même estce que souhaitait sa
famille il y a eu Raymonde également un
peu pour les mêmes raisons et puis et et
là on le voit très bien à travers le
film il y a a il y a son mari aussi qui
qui a une forme d'incapacité à à essayer
d'accepter cette cette cette décision
euh voilà donc on a on a ces de deux
personnes qui final
sont mortes chez elle on va écouter
l'une de ces personnes que vous avez
suivi il est lui-même médecin et il
s'exprimait dans ce
documentaire moi je veux pouvoir choisir
de partir quand moi je veux et pas être
à la mercie de la décision d'un collège
de
généralistes qui sont censés me dire bon
bah c'est maintenant maintenant on va
arrêter les soins et puis on va vous
regarder mourir de FA et de soif ce qui
s'appelle la cestion profonde et
continue le serment d'Hippocrate c'est
pas de laisser les gens mourir de faim
et de soif serment d'Hippocrate c'est de
les accompagn jusqu'au bout c'est un
soin c'est un dernier soin le serment
d'ipacra c'est
Jean-Michel Jean-Michel est une
particularité c'est comme vous et vous
hein il est médecin et il est donc censé
de savoir de quoi il parle notamment
lorsqu'il parle du serment d'Hippocrate
c'est un dernier soin serment
d'Hippocrate c'est aussi ce terme he
qu'on avait retrouvé dans dans la bouche
du médecin belge que vous aviez
rencontré du côté de Bruxelles
qu'avez-vous pensé de de ce que dit
Jean-Michel à l'instant alors à vrai
dire j'étais également favorable à
l'euthanasie au suicide assisté
moyennant des conditions strictes et et
et voilà dans des conditions
exceptionnelles avec un contrôle très
strict
or j'ai rencontré le docteur Bruno
d'aporta qui est médecin et philosophe
qui m'a dit écoute arrête tes recherches
sur l'imagination le soin la poésie il
se passe quelque chose de grave c'estàd
qu'on est en train de lever l'interdit
de donner la mort et que les gens sont
dans une confusion extrême entre le fait
d'être soulagé au risque de la mort dans
les bonnes pratiques on le fait on
organise ça et le fait de procéder à une
un protocole de mort programmé où on
donne une pilule mortelle ou encore une
perfusion que la personne déclenche ou
encore que le médecin provoque donc les
les je crois qu'il y a quand même un un
grand problème de pédagogie sur ce qui
se passe passe pour avoir fait des
débats dans la cité des débats dans les
bares PMU un peu partout l'immense
majorité des gens confondent le fait
d'être soulagé au risque de la mort avec
la provocation d'une d'une mort avec un
produit à dose unique qui est un produit
mortel et qui vous fait mourir en
quelques second donc il y a déjà cette
question qui n'est pas clarifiée auprès
des gens et vous voyez bien tout ce
c'est un peu cet enfumage si je puis
dire autour des mots aide tout le monde
va être aidé et et moi-même quand
j'étais dans la confusion avant
d'étudier toutes ces questions de
débattre avec des collègues étrangers
voilà j'étais dans cette confusion donc
il faut appeler les choses par leur nom
jeanl Touren oui je dirait que avoir un
droit nouveau c'est évidemment laisser
la liberté à chaque personne en fin de
vie parce que nous parlons ici de
malades qui sont en fin de vie de
choisir leur modalité de décès alors
soit on peut attendre la fin naturelle
soit on peut demander un suicide assisté
à ce là on fait soi-même le geste soit
une euthanasie on demande l'aide de
médecin euh une une médecin justement
belge le docteur Corin vanost
franco-belge euh qui a écrit un livre
remarquable médecin catholique pourquoi
je pratique l'euthanasie euh a par
ailleurs indiqué que une société qui
admet l'euthanasie est une société qui a
gagné en humanité je crois que ça mérite
d'y réfléchir ça a gagné en humanité
c'est-à-dire que
euh une une personne humaniste comme
comme cette cet auteur médecin c'est
quel quelqu'un qui dit je veux laisser à
la personne en fin de vie le choix des
conditions où elle va partir c'est
quelque chose tout à fait important
parce que rien n'est imposé c'est un peu
comme le droit à l'interruption de
grossesse depuis la loi veille
1975 évidemment aucune femme n'est
obligée d'interrompre sa grossesse et
heureusement parce que si toutes les
femmes étaient obligées d'interrompre il
y aurait plus de naissance hein mais
celle qui se retrouve dans un conflit
interne important peuvent recourir à ce
droit là et bien une personne en fin
vous importe c'est de pouvoir proposer
ce droit une personne en fin de vie peut
demander cela et je vais ajouter quelque
chose c'est que statistiquement puisque
nous sommes un des derniers pays à
légiférer là-dessus donc il y a beaucoup
d'autres pays où on peut étudier les
résultat très bénéfique de
l'introduction de ce droit et bien ces
autres pays nous montrent quelque chose
d'intéressant c'est que le fait que ça
existe que ça soit disponible et
accessible fait que les gens ne sont que
moitié à peu près à y recourir de
fait parmi ceux qui avaient décidé cela
parce que ils savent que si les choses
tournent mal ils peuvent bénéficier
d'une euthanasie ou d'un suicide assisté
si par contre leur douleur n'est pas
insupportable ben ils peuvent attendre
le lendemain le surlendemain et puis en
définitive le leur fin de vie arrive
toute seule alors vous un de vos gros
arguments
hein que vous avez l'habitude de mettre
en avant c'est que vous dites si on
regarde les sondages il y a 80 %
des gens bien portants qui sont
favorables à à l'euthanasie et il ne
serait plus que 2 % dans les derniers
instants de leur vie au moment de de
côtoyer au plus près la mort et selon
vous ça justifierait le fait de de ne
pas justement donner ce droit offrir ce
droit au aux malades aujourd'hui alors
je revenir sur ce que disait monsieur
monsieur Touren c'est que donc
aujourd'hui il y a environ 100 personnes
qui partent à
l'étranger en Belgique ou en Suisse par
an par né et il y a 500 personnes par
jour qui meurent en France sans avoir eu
accès à des à des soins palliatifs ça
c'est la première question ensuite le
second point c'est celle des implicites
en fait alors avant le second point je
dirais la question de l'IVG la question
de l'IVG l'IVG réouvre les horizons
d'une femme on est tous d'accord avec ça
quels horizons on réouvre quand on
neethanasie à sa demande une jeune femme
de 23 ans comme chantil de cororté qui
présentait une pression borderline n on
connaît très bien ça ce sont des
dépressions effectivement sévères
difficiles et des femmes qui ont tout à
fait leur discernement mais qui
traversent un tunnel donc elles ont un
discernement du tunnel et une fois
qu'elles ont traversé ce tunnel où elles
voulaient mourir c'est très très
cohérente et cetera et bien ell vous
disent merci de ne pas m'avoir écouté
merci d'avoir tenu bon de ne pas m'avoir
abandonné or la France comme la Belgique
la France comme la Belgique à l'époque
s'engageait fermement à ne pas
considérer les mineurs à à protéger les
personnes souffrant de trouble psychiqu
et à à protéger les personnes souffrant
de troubl cognitifs or au bout de 5 ans
10 ans 20 ans une fois que vous avez
levé l'interdit de donner la mort et
bien ces indications s'élargissent donc
ma question c'est actuellement bon selon
vous en gros on ouvre une boîte de
Pandor alors c'est c'est c'est plus que
ça on lève l'interdit de donner la mort
et on va fragiliser l'édifice entier
c'est-à-dire actuellement nous avons un
dispositif qui est envié à l'étranger
nos lois de 2005 nos lois de 2016 c'est
comme un grand édifice un grand immeuble
et si vous rajoutez cet étage
supplémentaire ça va faire menacer
l'ensemble com vous expliquez que les
pays européens et parce que nous ne
sommes pas les premiers en la matière
les précurseurs loin de là on a évoqué
la Belgique dans dans ce film il y a
l'Espagne le Portugal l'Allemagne je
pourrais citer d'autres pays européens
en dehors de l'Europe la Suisse la
Grande-Bretagne com vous expliquz que
ces pays eux ont fait évoluer leur
législation en la matière oui alors et
que nous euh on on devrait peut-être en
rester à ce qui existe alors peut-être
considérez-vous que la législation
existant en France suffit alors les
moyens n'ont pas été donnés c'est-à-dire
que nous avons fait des débats auprès
des médecins eux-mêmes ne pratiquent pas
les bonnes les les les les les bonnes
pratiques soignantes parce que la loi de
2005 n'a pas été enseignée c'est-à-dire
beaucoup confondent par exemple le fait
de de toute personne aujourd'hui dans la
loi de 2005 a le droit de décider
d'arrêter ses traitements et le médecin
de l'accompagner et or la plupart des
gens confondent ça par exemple ne
respectent pas cette question et le
médecin a le devoir de de le respecter
ce que je veux vous dire la loi de 2005
à laquelle vous faites référence c'est
la loi leoneetti hein euh qui encadrait
les conditions de fin de vie et
interdisait l'acharnement thérapeutique
c'était ça la véritable nouveauté euh de
cette loi à l'époque hein absolument et
donc quand je vous parle de l'édifice
c'est que alors d'abord c'est pas tous
les pays du monde moi aussi je pensais
que c'était un progrès quand j'ai étudié
profondément cette question je peux vous
dire qu'il y a des incidences à long
terme c'est-à-dire aujourd'hui on
focalise sur les cas particuliers
extrêmement émouvants et on oublie le
collectif on oublie le long terme donc
ce serait très intéressant que vous
regardiez cette ce sondage d'opinion au
Canada je pense que vous en avez entendu
parler de research co c'est un sondage
d'opinion publique qui pose cette
question au Canadiens seriez-vous
d'accord pour élargir l'euthanasie aux
personnes qui le demandent parce qu'elle
souffre de précarité sociale ou de
pauvreté et bien 28 % des des des
personnes interrogées répondent oui
précisément parce que les en fait ça
sculpte n on trouve ça normal au bout
d'un certain temps de pouvoir décider de
soi-même si on souffre queles que soient
les raisons donc en fait il faut penser
le long terme et l'ensemble et les plus
précaires particulièrement Jean-Luc
Touren vous répondra peut-être tout à
l'heure simplement je pour que les gens
qui nous regardent comprennent bien de
quoi on parle avec ce texte de loi que
présente aujourd'hui le le gouvernement
que prévoit ce texte de loi et ben il
prévoit bel et bien une aide au suicide
une aide à mourir c'est c'est le le
terme choisi par le gouvernement il
parle pas de de de suicide assisté les
conditions pour avoir accès à ce suicide
assisté le patient devrait être atteint
d'une pathologie incurable qui menace
ses jours à court ou moyen terme ensuite
le patient devrait être parfaitement en
mesure d'exprimer sa volonté c'est le
seul patient qui pourra être demandeur
de d'un suicide assist cela d'ailleurs
au passage exclu les les malades
d'Alzheimer par exemple ou d'autres
formes de de démence c'est une procédure
par rétable je ne vais peut-être pas la
détailler he c'est un médecin référent
et ensuite deux autres médecins qui
devront accompagner cette procédure
auprès du du malade et puis enfin si la
vie du médecin référent on va appeler
les choses comme ça est positif le
patient devra encore attendre 2 jours
pour confirmer son propre choix et il
aura 3 mois pour accomplir son geste
parce que le suicide assisté consiste à
à s'injecter soi-même hein la dose
fat parmi les C personnes que vous avez
suivi dans ce reportage quelles sont
celles qui rentrent dans le cadre de la
loi tel qu'elle est prévu aujourd'hui
par le gouvernement alors Raymonde donc
qui finalement est mort d'une sédation
aurait sans doute eu droit puisque son
concert était quand même en phase
terminale elle aurait eu droit à à à ce
dispositif
euh Jean Jean-Michel également celui
qu'on suit jusqu'au bout euh et et à qui
on pratique une euthanasie en Belgique
et qu'on a entendu il y a un instant oui
absolument euh en revanche euh bah par
exemple Sylvain qui est atteint d'une
sclérose en plaque n'y aurait pas eu
droit c'est-à-dire qu'il a 39 ans il
peut vivre encore avec sa sclérose en
plaque pendant 10 15 20 ans que sais-je
et lui il ne rentrera pas dans le
dispositif et d'ailleurs c'est un un
passage que je n'ai pas mis mais ses
frères sont très remontés en fait contre
le projet de loi actuel en disant mais
mais pour pourquoi parce que ce qu'il ne
faut pas oublier moi ce que j'ai
vraiment ressenti à travers les
témoignages de ces personnes c'est que
il ne s'agit pas simplement d'éviter une
souffrance physique mais il s'agit aussi
de décider de son propre corps et de
décider de ne pas aller dans des niveaux
de dépendance c'est-à-dire que leur leur
leur discours c'est de dire moi je
décide de ne pas être dépendant je ne
veux pas être dépendant à tel point de à
à à ce niveau-là et je pense que ça il
faut l'entendre c'est-à-dire qu'au-delà
de la souffrance physique effectivement
aujourd'hui les soins palliatifs si on
développe les soins palliatifs et C vu
hein par ce texte de loi parilles
absolument et ça va toujours de paire et
en fait quand on oppose soins palliatifs
et aide à mourir c'est une erreur en
fait parce que même en Belgique où il y
a eu une ouverture à l'euthanasie il y a
eu un développement extraordinaire des
soins palliatifs tout à l'heure vous
disiez madame on a une que vous demandez
hein bien entendu hein le
développement complexe tout le monde est
racord tout le monde racord choses et
c'est ce qu'on entend dans ce que vous
nous avez dit absolument et vous disiez
tout à l'heure madame on a un dispositif
législatif très bien avec la sédation et
cetera moi je ne connais aucun belge qui
vient mourir en France alors que
l'inverse est vrai donc après pour
revenir à votre question Jean-Pierre on
aurait eu aussi cette cette dame qui
décide d'aller mourir en Suisse et à
laquelle la Belgique n'a pas répondu
favorablement qui elle décide d'aller
mourir pour des questions psychologiques
et là on voit bien qu'il y a une
barrière que ça peut heurter euh moi je
ne vous cache pas que ça m'a heurté
d'aller interviewer cette dame
effectivement elle ne rentrerait pas
dans le dispositif de toute façon la loi
française puisqueaujourd'hui les
souffrances psychologiques et uniquement
psychologiques ne sont pas prises en
compte pour pour donner un droit l'aide
active à mourir Jean-Lou tourenou un mot
sur ce cadre les critères notamment qui
vont faire probablement débat dans la
communauté
médicale moi sur ce point-là je respecte
parfaitement ce que dit ma ma consur sur
avec un point de vue différent mais
euh ce je me battrai même s'il le faut
pour que son point de vue soit respecté
et que pour elle cela s'applique comme
elle le désire pour ses proches
également mais pourquoi vouloir que
cette minorité d'un peu moins de 10 % en
France de gens qui sarcoboutent contre
cette évolution sociétale interdisent au
90 % des Français qui aspirent au même
progrès que les autres pays développer
dans notre dans le monde pourquoi les
empêcher je je pense quand même que on
est obligé de reconnaître que comme l'a
dit Madame il y a pas un seul Belge qui
vient en France pour terminer ses jours
on est aussi obligé de reconnaître que
notre système actuel je suis navré cher
conceur si si je dém ce que vous avez
dit mais le système en France ne
convient pas s'il y a des centaines non
pas une mais des centaines de patients
qui vont dans des pays étrangers pour
terminer leur jour chaque année s'il y a
quelques mil
d'euthanasie clandestine effectué chaque
année en France clandestine hors la loi
dans des conditions qui sont évidemment
pas bonnes puisque elles sont faites
sans contrôle et dans l'illégalité c'est
bien que notre système est incomplet si
la sédation profonde et continue telle
qu'elle a été instaurée par la dernière
loi est moins appliqué aujourd'hui
qu'elle ne l'était avant la loi
elle-même c'est bien que tout ça ne
convient pas donc il nous faut compléter
notre arsenal et l'argument qui consiste
c'est-à-dire ne faisons pas ce progrès
puisqu'il s'agit d'un progrès sociétal
ne faisons pas ce progrès là parce que
demain il pourrait y avoir des
ouvertures supplémentaires sur d'autres
choses que qu'on n'est pas sûr de
vouloir accepter si on prenait ce
raisonnement là mais nous serions encore
à l'âge de pierre alors puisque aucun
progrès n'aurait jamais été introduit
dans l'humanité ouais juste un point sur
ce que vous venez de dire euh
l'assédation profonde et continue ça
c'est la loi Cless neonetti 2016 oui ça
ne marche pas ça ne fonctionne pas non
ça marche dans un estce qu'on souffre
lon a une sédation malade et dans ces
dernières 24 heures de vie quand il est
vraiment à la dernière extrémité il va
mourir à ce moment-là c'est une très
bonne chose que de pouvoir appliquer
cette sédation porfue parce que elle
évite certains phénomènes qui chez
certains malades en fonction de leur
maladie peuvent survenir des convulsions
des asphyxies des douleurs
insupportables des des des des de de de
de produits divers enfin des des
mouvements terminaux qui sont très
pénibles pour le malade lui-même et pour
son entouage donc c'est très bien de
calmer ces dernières heures de vie mais
quand il s'agit de quelqu'un qui a
encore quelques semaines à vivre et bien
la sédation est introduite et en même
temps comme ça été dit dans le reportage
en même temps on arrête l'alimentation
et l'hydratation et donc on induit une
insuffisanceal aigu mortel c'est quand
même étrange on ne veut pas faire une
euthanasie mais on induit une maladie
mortelle qui va tuer le patient en
l'espace de de semaines qu' a-t-il comme
avantage sans souffrance ou ou on a une
inconnue encore à ce stade alors là
c'est débattu ouais puisque la sédation
diminue les souffrances mais elle ne les
abroche pas à 100 % par contre il est
très difficile de le définir déjà la
souffrance individuelle n'est pas
définie par le médecin vous le savez
quand quelqu'un a des douleurs on lui
demand demande à lui malade de dire s'il
se met dans une échelle de douleur en
bas ou en haut puisque le médecin ne
peut pas savoir la même maladie est
perçu par un malade comme très
douloureuse et par un autre malade comme
avec une douleur supportable donc il en
va de même pour ces gens endormis vous
savez la sédation profonde c'est un peu
comme une anesthésie générale quand on
se réveille d'une anesthésie quelquefois
on a entendu certains propos qui se sont
tenus dans la salle d'opération on a
perçu quelques phénomènes on n pas
éprouvé les douleurs de la même façon
mais on n pas été totalement hors
circuit alors moi je souhaiterais quand
même rappeler que il faut aujourd'hui en
France et faites l'essai demain 6 mois
d'attente pour obtenir un rendez-vous en
centre antidouleur 6 mois d'attente ces
protocoles de mort programmé vont être
beaucoup plus rapidement accessibles
c'est la première chose la seconde c'est
que l'hôpital est en grande souffrance
aujourd'hui comme vous le savez euh avec
des infirmières qui partent une
difficulté
de non non non mais ça a un lien
considérable justement c'est extrêmement
lié c'est extrêm lié parce que si vous
n'avez pas eu accès à l'hypnose
antalgique au massage antalgique qui
sont coûteux si vous n'avez pas eu accès
à des soins de qualité à consulter un
psychiatre je pense à votre documentaire
et cette dame qui est extrêmement
touchante qui a manifestement une
dépression associée est-ce qu'elle était
accompagnée suivie est-ce une dépression
chronique d'ailleurs oui oui ou ou même
parfoisors je je parle à dame qui avait
un cancer ou ou même ce couple est-ce
qu'il a été accompagné est-ce qu'il y a
eu des verbalisations aujourd'hui
consulter un psychiatre c'est
extrêmement difficile il faut pour
prendre rendez-vous le milieu de la
psychiatrie est extrêmement extrêmement
en grande abandon par les pouvoirs
publics il y a des tentatives de suicide
il y a 900 il y a 9000 morts par an par
suicide et ce ces protocoles sont une
menace aussi pour la prévention du
suicide si en effet on peut décider de
de de de de de de mourir pour des
raisons psychologiques comme cette dame
l'indique nous avons les moyens parfois
nous avons des surprises extraordinaires
de gens qui voulaient farouchement
mourir qui se jette du 6e étage et puis
qui après vous disent mais en fait je je
réalise que je veux vivre parce que je
ne voulais tuer qu'une partie de
moi-même et qui et qui retrouve la vie
ENF en l'occurrence ça a été précisé
cette femme ne serait pas rentrée dans
les critères tels qu'ils sont prévus
aujourd'hui dans le projet de loi du
gouvernement he oui mais comme je vous
l'ai dit au bout de 5 ans 10 ans les
choses les choses s'ouvrent mais ce
n'est pas une crainte c'est déjà validé
dans différents pay c son démocra
libéral libéral ce sont pas des démocra
solidaires au sens où ceocole est
beaucoup plus économique que de réparer
le monde du soin de réparer notre monde
commun il y a une autre séquence qui est
frappante c'est la fin de vie d'une des
personne que vous avez suivi qui a Liu à
domicile j'ai pas le temps de passer cet
extrait du documentaire mais en réalité
ces enfants après coup disent on a été
mis face à nos responsabilités et en
réalité ils nous disent à demiot qu'ils
ont tué tu leur leur mère bah ils ont
déjà essayé domicile ils ont déjà essayé
de la soulager parce que c'était son
souhait et de respecter sa leur parole
en fait et sa volonté et en effet ils
ont un peu poussé les seringues en terme
nontalgique en terme de morphine et
voilà le cœur à lâché donc effectivement
ils ont le sentiment si vous voulez
d'avoir pris sur eux et d'avoir fait
quelque chose qui n'était pas de leur
ressort avec évidemment la volonté de
soulager leur mère et et et et son
accord et son accord à elle oui c'est
Catherine qui avait une maladie
donc des suicides assistés euh à
domicile complètement illégaux à ce
stade bien sûr ça existe mais bien sûr
et ça existe aussi à l'hôpital et vous
le savez en fait vous le savez oui mais
vous savez aussi que en Belgique non
seulement ça n'a pas diminué les les
euthanasie clandestine mais aussi le le
contrôle est à postériori c'est-à-dire
qu'en fait la commission fédérale de
contrôle hein c'est tout à fait visible
sur Internet vous tapez ça et vous
trouvez les les les les chiffres qui
sont en perpétuelle augmentation et bien
en fait les la commission de contrôle
est constitué essentiellement de membres
de la DMD hein de cette association dont
on a parlé extrêmement militante pour
l'ethanas et suicide assister et très
très peu de dossierers remontent au
procureur de la République puisqu'il
faut plus de 2 tiers des personnes or
les 2 tiers sont tous des d'activistes
militants ce que je veux vous dire c'est
les conséquences psychologiques pour ces
personnes un médecin aurait dû prendre à
sa charge la responsabilité
effectivement ce que je veux vous dire
c'est que aucun médecin en Europe n'a
été embêt é au plan légal s'il a
pratiqué ce ce ces
gestes d'accord il vaut mieux que ce
soit un médecin que ce soit le corps
soignant qui accompagne les derniers
instants du malade la famille est en
présente autour pour témoigner son
affection mais pas obligé d'être elle
même faire ce geste terrible et et ce
que dit ma conur qu'elle sous-entend
c'est que si on développait bien les
soins palliatifs il y aurait beaucoup
moins de demande d'aide à qui vient
mourir tous les soins so pas que les
soins P très bien tous les soins ça a
été étudié par une très bonne équipe
très
rigoureuse celle du du du professeur
Aubri qui initialement était opposé à
l'aide active à mourir et puis il s'est
rendu compte d'une chose c'est que quand
on demande aux gens qui sont entrés dans
son service où il y a des soins
remarquables un des meilleurs service de
France les une semaine plus tard ceux
qui demandaient l'aide active à mourir
une semaine plus tard ils sont
interrogés on leur dit maintenant que
vous
avez une bonne résolution de la douleur
que vous êtes bien prise en charge que
il y a des infirmières et des soignantes
qui qui qui sont près de vous que votre
famille vous renvisite tous les jours
est-ce que vous maintenez est-ce que
vous maintenez oou est-ce que vous êtes
soulagé et bien plus de la moitié disent
oui oui oui nous voulons une ad qui va
mourir et parmi
ceux un peu moins de la moitié qui ne le
demande pas al le dit mais pourquoi
maintenant vous avez changé d'avis non
nous n'avons pas changé disent certains
mais on a vu que nous nous tapions la
tête cont contre les murs puisqu'on sait
que ce n'est pas possible en France que
c'est interdit et donc nous nous sommes
résignés mais nous voulons terminer nos
jours ça sera le mot de la fin hein on
vous mettra pas forcément d'accord à
l'issue de cette émission mais en tout
cas vous avez échangé vos arguments un
grand merci donc à vous trois
spécialement à vous c'est le cré pour ce
formidable documentaire s'en aller je
rappelle que vous faites partie de
l'équipe de de LCP vous êtes journaliste
et réalisatrice vos réactions ça sera
sur hashtag desbadoc quelque chose me
dit qu'elle risque d'être nombreuse je
compte aussi sur vous pour réagir à ce
que sont ces réactions sur les réseaux
sociaux à cette adresse merci à
féliciter Gavalda et mampf qui m'ont
aidé à préparer cette émission et moi je
vous donne rendez-vous pour un prochain
débat doc et ça sera bien entendu avec
son documentaire et son débat à très
bientôt
[Musique]