Théodore Rousseau (1812-1867), qui a fait de la nature son motif principal, son monde et son refuge. Devenu chef de file de la colonie d’artistes qui fréquente le village de Barbizon et la forêt de Fontainebleau, il arpente la forêt, exécutant des esquisses sur le motif avant de réaliser ses œuvres définitives dans son atelier. L'engagement de Rousseau et d’autres artistes aboutira à la protection d’une partie de la forêt de Fontainebleau en 1853.
Pour vous accompagner dans l'exposition, suivez Servane Dargnies-de Vitry, conservatrice peinture au musée d’Orsay et commissaire scientifique de l'exposition.
Exposition "Théodore Rousseau. La Voix de la forêt" 5 mars - 7 juillet 2024 Petit Palais - Musée des Beaux-Arts de la ville de Paris
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alors bienvenue dans l'exposition
Théodore Rousseau la voie de la forêt
qui se tient au Petit Palais à Paris
jusqu'au 7 juillet 2024
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dans cette exposition les visiteurs vont
découvrir les œuvres d'un d'un peintre
d'un peintre de paysage du 19e siècle
Théodore Rousseau qui a traversé le 19e
siècle puisqu'il est né en 1812 et il
est mort en 1867 donc c'est un peintre
du milieu du du siècle et l'exposition
présente à peu près une centaine
d'œuvres des tableaux pints des toiles
des dessins et également quelques
documents d'époque des archives des
registres de salon des des journaux des
quotidiens du 19e siècle qui permettent
de donner un petit peu tout le contexte
de la réception de Théodore Rousseau
dans dans son temps alors Théodore
Rousseau c'est un un peintre qui est
formé d'abord à la à la peinture de
paysage dans l'atelier de Joseph Raymond
qui est un académicien prix de Rome en
paysage historique paysage historique
c'est un prix qui a été inventé enfin
créé au début du du 19e siècle et qui
récompense des peintre qui se forme au
paysage historique c'est-à-dire un
paysage où on va inclure une scène
humaine une scène par exemple
mythologique ou historique ou biblique
et donc la nature est une sorte de décor
en fait à cette action humaine et
Théodore Rousseau est formé à cela
depuis le son très très jeune âge et à
l'âge de 18 ans il doit passer le prix
de h et il va décider de finalement
renoncer à ce prix parce que il trouve
que c'est plus intéressant la nature en
soi en elle-même c'est plus intéressant
d'aller chercher des paysages réels
d'aller au cœur du de la nature pour
peindre plutôt que de de recomposer un
un paysage
idéalisé comme un décor presque de
théâtre et il a un petit peu envie
d'autre chose c'est un artiste qui fait
partie de la génération romantique il va
fréquenter à Paris toute la bohème
romantique Gérard de Nerval George Sand
Théophile toré har rich Cheffer des des
artistes qui qui vont le le vraiment le
le pousser dans cette direction du
romantisme même de la Croix va lui
rendre visite dans son dans son atelier
et donc c'est un artiste qui a un petit
peu un trait d'union entre la peinture
romantique et la peinture réaliste il a
il a une sorte il est un petit peu entre
les deux Charles baudler va dire de lui
c'est un naturaliste entraîné sans cesse
vers l'idéal donc il a il a un petit peu
ce ce mélange de de sentiment de voilà
qui est très romantique et en même temps
de volonté de d'aller au plus près du
réel et de peindre la nature telle
qu'elle est et non pas idéalisé
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nous nous trouvons dans la première
section de
l'exposition qui s'intitule
révolutionner la peinture de paysage et
devant une très grande toile de de
Rousseau qui est un un paysage du Mont
Blanc en fait une vue du Montblanc vue
depuis le col de la faossille donc avec
une très très grande plaine et le
Mont-Blanc dans dans le fond vraiment du
du tableau en fait cette section de
l'exposition présente les débuts de
Théodore Rousseau quand il renonce au
prix de Rome et décide plutôt que de
partir donc en Italie l'Italie c'est
vraiment le pays où l'on va depuis
évidemment la la Renaissance italienne
pour trouver une inspiration et les
peintres au 19e siècle vont encore en
Italie peindre des paysage italiens et
Théodore Rousseau il n'est pas le
premier mais il en est il est peut-être
le plus déterminé à ne pas peindre autre
chose que la nature qu'il a à sa
disposition en France et donc il il va
aller comme il dit fouiller le visible
fouiller le réel et aller un petit peu
dans toutes les régions de France à la
recherche de ses motifs qui sont des
motifs nouveaux dans l'art français le
paysage français n'existait pas en fait
au au 17e au 18e siècle on a on n pas
avant avant Coro en fait des des
paysages français dans dans la peinture
et Rousseau va partir dans d'abord en
auverne pendant 6 mois tout seul faire
un voyage où il va peindre sur le motif
recomposer des des tableaux en atelier
il va partir aussi dans le Berry dans
les Landes dans les Pyrénées dans le
Dauphiné voilà en Franche compté un
petit peu partout en Normandie également
et cette première section retrace un
petit peu son itinéraire en fait dans
ses région c'est essentiellement dans
les années 1830 donc Rousseau est encore
tout jeune il est né en 1812 donc il a
il a vraiment 20 20 ans 22 ans quand il
quand il fait ses tableaux 22 ans quand
il réalise celui-là en fait il est parti
avec le peintre Alcide lawence au col de
la fossille il y reste plusieurs mois et
il écrit à sa mère à cette époque on a
on a des lettres sa correspondance qui
nous donne un petit peu son état d'âme
il écrit justement je voilà je viens de
recevoir mes pinceaux et je brûle de
peindre cette nature que j'ai sous les
yeux qui est qui est tellement
extraordinaire il écrit je voudrais en
répandre les bienfaits sur de moins
heureux que moi donc il a cette idée de
transmettre un sentiment à la fois c'est
altruiste il a vraiment c cette envie de
partager son sentiment de la nature
voilà sur le le monde entier presque et
en même temps il y a ce côté très
romantique de l'artiste qui ressent
profondément euh voilà cette cet amour
de la nature et qui veut le le partager
on voit dans ce tableau que sa manière
est pas académique il a déjà une manière
très moderne une touche qui est flou
enlevé non fini c'est le le grand la
grande notion chez Théodor Rousseau
c'est celle du non fini de l'inachevé on
va lui reprocher cette cet aspect pas
lisse des choses cette aspect voilà non
fini et on le ressent très très bien
dans ce tableau qui va mélanger des
zones très floues très très aqueuse
presque où la matière tremble ou vibre
et des endroits où il va empatterer où
il gratte même la la couche picturale
pour créer des effets un petit peu
dynamiques et romantiques on est presque
dans dans un un tableau qui évoque le
romantisme allemand ou le romantisme
anglais notamment Turner avec cet effet
de tempête d'orage qui voilà qui rend
une image vraiment tourmentée de de la
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nature ici nous sommes dans dans la
deuxè section de l'exposition qui est un
peu ma
préférée qui s'appelle le grand refusé
Rousseau l'indiscipliné on est dans les
années 1830 et Théodore Rousseau qui a
commencé à exposer au salon en tant que
tout jeune artiste va être tout à coup
refusé à partir de
1836 au Salon officiel le Salon officiel
dans les années 30 c'est vraiment
presque le seul endroit où un artiste
peut véritablement se faire connaître où
il peut exposer où le public peut voir
ses œuvres où la critique peut la voir
également et la commenter et donc ne pas
exposer au salon dans les années 30
c'est très difficile pour avoir une
carrière d'artiste quand on n fait pas
partie de de des cercles officiels et en
plus quand on est refusé au Salon et
Rousseau présente un un grand tableau en
1836 à descendre des vaches dont vous
voyez ici derrière moi en fait deux
esquisses parce que le tableau d'origine
qui est d'un grand grand format comme
celui que vous voyez à droite et en fait
détruit c'est-à-dire qu'il est la couche
picturale à noirci à cause de
l'utilisation d'Asphalt par Théodore
Rousseau dans dans sa peinture et de
plusieurs phénomènes chimiques qui font
qu'aujourd'hui le tableau est tout noir
et quasiment invisible mais donc on a
voulu évoquer ce tableau par deux
esquisses qui montrre à quoi le tableau
ressemblait et aussi donc son format
d'origine ce tableau est refusé au Salon
et Harry Cheffer qui est un un artiste
un peu plus établi artiste romantique
qui a son atelier à l'endroit où se
trouve aujourd'hui le musée de la Vie
Romantique à Paris va organiser une
exposition pour soutenir Théodore
Rousseau donc dans son atelier il fait
exposer la descente des vaches et fait
venir le du monde pour faire connaître
Théodore Rousseau c'est la première
exposition un petit peu parallèle au
salon qui annonce c'est évidemment ce
qu'on ce qu'on va connaître par la suite
avec les impressionnistes avec le Salon
des Refusés avant les les
impressionnistes donc il y a déjà un peu
cette idée de l'artiste maudit l'artiste
bohème qui est ostracisé du salon de
manière injuste et en fait cette
histoire va se prolonger puisque
Théodore Rousseau va être refusé à tous
les salons de 1836 à
1841 et à la suite de ça il va décider
de ne plus rien envoyer au salon
jusqu'en 148 on est sous la Monarchie de
Juillet et il va falloir attendre la
République de 48 pour que la réception
de Théodore Rousseau se transforme et
que Rousseau soit à nouveau accepté au
salon en fait il y a une raison à cela
c'est que la peinture de Théodore
Rousseau est très ardemment soutenu par
les critiques républicains les critiques
démocrates socialistes comme Théophile
taoré comme Charles Blanc comme
sabaathti Hunger on a des des noms de
critiqu qui sont tous républicains donc
tous contre le régime actuel qui est la
Monarchie de Juillet et qui essayent
d'expliquer que l'art de Rousseau c'est
l'art de l'avenir c'est le paysage
moderne et derrière en fait il voit des
raisons politiques en fait à cette à
cette défense du du paysage moderne
c'est qu'il considère que peindre la
nature telle qu'elle est d'abord c'est
peindre quelque chose qui appartient à
tout le monde la nature et en même temps
c'est un art plus démocratique parce
qu'il est plus immédiatement
compréhensible par tous et donc ils
veulent défendre Rousseau contre contre
l'Académie et la critique euh à
l'inverse de l'Académie va se fonder sur
le côté non fini des œuvres de Rousseau
on lui reproche de faire des tableaux
trop esquissés pas assez léchés pas
assez fini et c'est aussi très
intéressant parce que ce côté esquissé
c'est aussi un signe de modernité
puisque vers la fin de la vie de
Rousseau dans les années 60 le marchand
du rang Ruel avec l'autre marchand
Hector Brah vont aller dans l'atelier de
Rousseau et lui achèent 90 toiles
particulièrement des esquisses qui vont
en fait être le goût de l'époque dans
les années 60 on va rechercher beaucoup
plus de manière beaucoup plus àide ces
esquisses qui ont
fait que Rousseau était refusé é dans
les années 30 donc on voit bien que
entre 1830 et 1860 le goût a changé et
on va plus vers un goût qui sera celui
de de la peinture impressionniste donc
Rousseau a été en cela une sorte de
précurseur des impressionniste il est
aussi très différent c'est pas c'est pas
un artiste qui va peindre des couleurs
pures sur sa toile c'est c'est un
artiste au contraire très très lent qui
va beaucoup retravailler ses œuvres qui
va rechercher le le fouilli de la nature
de faire vibrer de faire comme il dit de
faire circuler l'air autour de ses
arbres donc c'est un artiste de la
lenteur un artiste de la contemplation
il faut contempler longuement ses œuvres
pour entrer dedans à l'instar par
exemple de l'allée des châier qui est
une allée devant laquelle on se situe et
qu'on peut observer des heures on a
l'impression d'entrer dedans on est
aspiré à l'intérieur du du tableau donc
c'est pas un artiste impressionniste en
revanche il a certains traits qui déjà
annonce ce que va être l'impressionnisme
et notamment ce côté refusé ce côté
nonoficiel et puis bien sûr donc le le
nom fini qui qui caractérise ses œuvres
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donc en
1848 au moment où est instaurée la 2e
République Charles Blanc qui est
directeur des beauards et le dru Rolin
qui est membre du gouvernement
provisoire de 48 vont se rendre en
personne dans l'atelier de Théodore
Rousseau pour lui commander un paysage
donc ça marque vraiment une un un
retournement de situation pour Théodore
Rousseau qui qui va recevoir 4000 francs
pour une commande de tableau qui
correspond pour lui à 2 années de vivre
et par ailleurs euh au-delà de cette
commande ça va être aussi le retour de
Théodore Rousseau au salon après 13
années d'absence et donc en 1849 il
expose trois tableaux au Salon officiel
dont cette avenue en forêt de lî-adam
qui est un tableau conservé au musée
d'Orsay qu'il va choisir voilà pour son
retour au salon il va ensuite obtenir
plusieurs médailles en 1852 il va
obtenir la Légion d'honneur il va
exposer à l'Exposition universelle de
1855 à tous les salons du Second Empire
donc sa carrière a vraiment pris un tour
en 1848 avec l'arrivée de la République
et ce tableau est très intéressant
également parce que il est typique des
compositions de Théodore Rousseau qui
cherch à inclure le regardeur
l'observateur dans son tableau et donc
le met toujours au même point de vue que
lui comme si on était sous les arbres
dans la forêt on n'est jamais en
surplomb d'une forêt on n'est jamais
devant un paysage grandiose et un peu
pris de loin et et surplombant le plus
souvent dans les tableaux de Rousseau on
est à l'intérieur de la forêt dans le
sous-bois avec des arbres qui
enveloppent en fait le le l'observateur
donc vous voyez ici la la composition en
ellipse avec un une percée lumineuse au
centre du tableau invite vraiment le
regard à entrer dans dans cette forêt et
par ce procédé Rousseau veut vraiment
nous inclure nous faire ressentir ce
qu'il disait un petit peu ce que ce que
lui-même ressent devant la nature nous
nous mettre en empathie avec cette cette
nature et c'est ces procédés là qui vont
après permettre au public de comprendre
aussi le combat de Théodore Rousseau
pour la protection de cette forêt
d'abord il y a il y a vraiment cette
idée d'immersion d'empathie et puis
ensuite de de combat
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alors ici nous sommes dans la 3è section
de l'exposition petite section qui
présente la colonie d'artistes de
barbison en fait barbison est un village
qui se situe en lisière de la forêt de
Fontainebleau une forêt qui est déjà
mythique quand Théodore Rousseau s'y
installe en 1847 puisque de nombreux
artistes sont déjà passés par la forêt
de Fontainebleau notamment corau ça
devient un petit peu le passage obligé
du peintre de paysage au milieu du 19e
siècle donc Théodore Rousseau s installe
en 1847 à l'époque barbison c'est
vraiment un tout petit hameau ce n'est
qu'une rue une rue principale et il s'y
installe à la suite d'une rupture
amoureuse il était fiancé avec la nièce
de George Sand Augustin BR et à la suite
de de cette rupture il va un petit peu
se réfugier à barbison il y a vraiment
cette idée de la forêt refuge aussi pour
Rousseau c'est une forêt qui est un
petit peu entre entre deux temps
c'est-à-dire que on commence à y percer
des sentiers de randonnées
l'entrepreneur Claude François d'encour
publie les premières cartes pour les
randonneurs pour les touristes des
premiers guides de la forêt de
Fontainebleau et en même temps c'est une
forêt qui est en c assez sauvage où il y
a encore des bosquets très denses où
Rousseau aime aller où il se perd à la
fois barbison c'est le tout petit
village de paysan donc qui s'oppose
aussi à la à la forêt
royale et et Rousseau s'y installe avec
vraiment cette idée de passer sa journée
en forêt de se perdre dans dans dans ces
dans ces lieux qui deviennent tous très
poétiques aussi Franchard la marofé
on a toute une toponymie comme ça qui
évoque comme dit Théophile taoré
barbison est un nom assez velu il y a le
il y a le mot bison qu'on entend dans
dans barbison il y a vraiment cette idée
d'une forêt danse et sauvage voilà que
Rousseau veut veut restituer à barbison
il va rencontrer de nombreux artistes
notamment met qui est peintre également
qui s'installe à barbison en 1849 met
arrive à barbison à cause de l'épidémie
de choléra qui s'estvit à Paris en 1849
donc encore une fois cette idée de la
forêt comme refuge aussi hein on peut
fuir une rupture amoureuse on peut aussi
fuir la révolution on peut fuir la
maladie il y a cette idée de de barbison
comme voilà un petit peu zone de refuge
non loin de Paris le train commence
aussi à arriver avec la ligne
paris-melin on va avoir un certain
nombre de promeneurs du dimanche qui qui
viennent se promener en forêt de
Fontainebleau donc c'est un lieu de
passage c'est un lieu vraiment de de R
contre rousseau va devenir l'ami très
proche de millet d'autres artistes
également comme Barry comme Troyon comme
Charles Jacques comme Diaz narcis Diaz
de la peenia tous ces artistees qui
forment ce qu'on appelle la colonie de
barbison ou l'école de barbison parfois
mais ce n'est pas une véritable
école en tout cas c'est des peintres qui
se fréquentent qui ne peignent pas
forcément ensemble Millet d'ailleurs
donc on voit ici derrière derè moi un un
paysage a plutôt l'habitude de peindre
les paysans du village de barbison on
dit que met se tourne côté plain quand
Rousseau se tourne côté forêt puisque le
le hameau de barbison est une rue
justement entre la plaine et la forêt
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ici nous sommes dans la 4e section de
l'exposition qui s'appelle Fontainebleau
une forêt refuge et notre idée c'était
de montrer le parcours de Théodore en
forêt puisqu'il avait l'habitude de
l'arpenter de long en large il la
connaissait très bien malgré des
endroits très denses il cherchait
d'ailleurs les lieux les plus reculés de
de la forêt de Fontainebleau comme il
avait l'habitude de s'y promener du
matin jusqu'au soir et à toutes les
saisons on a évoqué dans cette section
en fait comme une journée comme une
promenade en forêt du matin jusqu'au
soir donc on commence par le petit matin
et vous allez terminer la section par
voilà des couchés de soleil en forêt
l'hiver puis puis que Rousseau avait
pour habitude de de s'y promener
également l'hiver ce qui donne des
paysages parfois assez lugubres et très
romantique la forêt de Fontainebleau par
ailleurs c'est une forêt qui présente
des paysages très variés on n pas du
tout un seul type de paysage on a des
endroits qui ressemblent à des déserts
des sous-bois des zones très denses et
des clairières c'est voilà une forêt
très variée la forêt qui les résume
toutes et je me trouve devant un tableau
qui représente les gorges d' Premont qui
est un endroit que Rousseau apprécie
vraiment pour son côté farouche on voit
ici des des rochers particulièrement
âpre et en fait c'est un un lieu qui
était menacé notamment dans les années
60 au moment où où Rousseau peint ce ce
tableau par la plantation massive de
pain Sylvestre en fait on plante des
pains pour l'industrie parce que c'est
du bois qui va pousser plus vite qu'on
va pouvoir exploiter et cette plantation
de pain désole les artistes alors on dit
même que ils arrachaient des petites
plantations de pain comme des activistes
pour éviter que le pain ne colonise leur
leurs forêt gauloisees et je choisis ces
termes à dessin puisque dans la lettre
que Théodore Rousseau va écrire au duc
de morni il écrit le pain va faire que
notre forêt gauloise va ressembler à la
forêt russe qui a un peu un un souvenir
politique évidemment pour titiller
Napoléon II bien sûr sur ce sur ce sujet
donc les artistes détestent les pains
d'ailleurs Rousseau ne peint jamais cet
arbre à part au tout début on l'a vu
dans les années 1830 quand il est au col
de la fussie où on voit un sapin émergé
de de terre sinon dans la forêt de
Fontainebleau ce sont les les chaînes
qui l'intéressent principalement les
êtres tout autre type d'arbre que le
pain et en fait Alfred sanciier qui a
écrit la biographie de Théodore Rousseau
nous explique qu'au moment où Rousseau
peint les gorges d'Apremont il le peint
en fait pour conserver la mémoire d'un
paysage qui bientôt n'existera plus
effectivement cette vue des gorges
d'Apremont presque sans arbres c'est
déjà un paysage qui ne ressemblait sans
doute pas à ça dans les années 60 mais
qui permettait à Rousseau de de
conserver presque par nostalgie
anticipée
nostalgie
projeté un paysage qui était en train de
disparaître
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ici nous sommes dans la 5e section de
l'exposition intitulée la voie des
arbres qui nous vient directement de
Théodore Rousseau qui avait dit à
sanciier je le cite j'entendais la voix
des arbres à force voilà de se promener
dans la forêt de d'observer ces arbres
il explique qu'il avait compris le
langage des forêts c'est vraiment
l'homme qui qui parlait aux arbres et la
spécificité de de Rousseau c'est qu'il
s'intéresse à l'arbre non pas en tant
qu'espèce mais vraiment en tant
qu'individu chaque arbre est unique
chaque arbre se distingue par son
unicité et ça c'est un concept aussi
très romantique le l'individu l'unicité
du vivant il y a vraiment une une
attention à chaque être vivant et et
l'arbre en fait partie et chez Rousseau
les arbres deviennent véritablement
voilà des individus auxquels il parl et
dont il fait des portraits donc on a ici
un certain nombre de dans cette section
de portrait d'arbre alors le portrait
d'arbre c'est un exercice aussi assez
courant chez les chez les peintres de
paysage qui est plus ardu qu'il n'en a
l'air parce que sans sans allégorie sans
histoire on est obligé de de se
confronter à la matérialité de l'arbre
et Rousseau le fait de manière admirable
puisqu'il se concentre pendant des jours
des heures sur un arbre sans si dit
qu'il ne s'arrête que quand il a
suffisamment buriné l'état civil de son
sujet on est vraiment dans le
l'anthropomorphisme poussé à son comble
et ici on se trouve devant un arbre qui
s'appelle le chîne de de la Reine
Blanche on n jamais devant un chîne avec
Rousseau c'est toujours un chaîne précis
identifié et nommé et le chîne de la
Reine Blanche est dessiné en fait au
fusin sur toile c'est une technique que
Rousseau a beaucoup pratiqué qui est
assez étonnante puisqu'on est dans du
dessin sur toile un dessin sur toile qui
est conservé à la Fondation Custodia qui
lui permet de faire des dessins en grand
format avec quelques rehaut de cris
blanche pour marquer les les zones de
lumière et cet arbre est très
impressionnant on sent toute la
musculature du Tron les nœuds la force
vitale en fait de cet arbre et c'est ça
que que Rousseau restitue à merveille
une des particularités de Théodore
Rousseau qui explique aussi pourquoi il
fascine beaucoup les artistes
d'aujourd'hui les artistes actuels c'est
que c'est un artiste très expérimental
très exploratoire il va beaucoup
expérimenter souvent un petit peu
annuler les frontières qui existe alors
entre peinture et dessin il fait du
dessin sur toile de la peinture sur sur
papier il mélange les techniques on a
parfois des œuvres qui ont l'air d'être
des des plumes sur papier et en fait
quand on s'approche c'est de l'huile sur
toile et ce ce côté très expérimental et
est intéressant parce que il montre une
grande diversité on a peut-être l'idée
que Théodore Rousseau va être un artiste
qui a un petit peu toujours fait la même
chose mais pas du tout et je crois que
l'exposition le montre en tout cas
c'était notre volonté de le montrer au
contraire c'est un artiste qui se
renouvelle toujours qui est jamais dans
une seule manière et quand on va lui
reprocher de de de pas finir ses
tableaux il va se mettre à faire des
choses très très finies presque par
petit point comme ça vers la fin de sa
vie ensuite il revient à son style
d'avant il il mélange vraiment beaucoup
de beaucoup de manières et quand il
meurt en 1867 on retrouve dans son
atelier plus de 1000 dessins qu'il ne
montrait pas de son vivant des feuilles
voilà vraiment très très nombreuses qui
sont toutes très très différente et ça
mérite vraiment le le coup d'œil
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ici nous sommes dans la dernière section
de l'exposition intitulé Rousseau
écologiste point d'interrogation de
manière un petit peu provocatrice l'idée
c'était de d'expliquer en fait à quel
point des artistes et notamment en
particulier Rousseau ont pu participer
de l'émergence d'une certaine conscience
écologique occidentale je vais donc
expliquer pourquoi dès les années 40 un
certain nombre d'artistes et d'écrivains
se rendent compte que la forêt de
Fontainebleau est en péril en fait elle
est menacée par plusieurs mots don on a
déjà évoquer quelques quelquesuns de de
ces mots le premier c'est des coupes
massives d'arbres pour l'industrie
puisqu'on est en pleine
Industrialisation en France qui demande
énormément de de bois et donc rousseau
va assister à de nombreux défrichements
pas seulement en forêt de Fontainebleau
aussi sur l'île de croae par exemple et
euh
l'autre mal qui menace la forêt c'est à
l'inverse la plantation de pain pour
l'industrie également qui dénature le la
la forêt selon ces ces artistes un
troisième mal qui menace la forêt c'est
le développement du tourisme et
notamment à cause de de l'entrepreneur
Claude François dencour qui est un un
homme absolument incroyable qui a
vraiment fait beaucoup pour la la
connaissance et voilà le le
développement de guide touristique en
forê la création de de du concept
d'arbre remarquable c'est lui mais
Rousseau ne l'apprécie pas du tout il le
il le traitera de vieillard maniaque
épris des beautés de la forêt parce que
selon lui la forêt n'est pas faite
justement pour y percer des sentiers
parce qu' on va forcément la dénaturer
en faisant cela et donc ces trois
catastrophes vont appeler à un sursaut
de la part des artistes et à une
protection
de la forêt Théodore Rousseau va être le
premier à à en parler en fait il le fait
de deux manières d'abord en 1852 il va
peindre ce tableau qui est un abattage
d'arbre dans l'île de croae et qu'il va
sous-titrer le massacre des innocents
évidemment pour un peintre qui parlait
aux arbres qui considérait les arbres
comme des individus abattre un chînne
c'était massacrer un innocent donc
évidemment avec une référence au
massacre des bébés par le roi h rode
dans la Bible donc il y a cette déjà cet
anthropomorphisme poussé à l'extrême et
il veut faire prendre conscience au
spectateur de ces massacres donc on voit
ici un abattage d'arbre avec un premier
Tron qui git au sol comme un cadavre qui
barre un petit peu le chemin et puis
vous voyez des bûcherons alors on les
distingue assez mal car le tableau est
très flou très laissé voilà inachevé et
ici donc deux bûcherons qui tirent une
corde qui est en train de faire tomber
un arbre et puis un deuxième innocent
qui s'apprête à tomber sous les coups
des bûcheron avec un bûcheron en train
de d'attacher une corde dans le prochain
arbre qui va ensuite être abattu ce
tableau va être suivie d'une lettre
écrite par Théodore Rousseau et Alfred
sanciier transmise au compte de mornique
et le ministre de l'Intérieur de
Napoléon 3 donc lettre qui date de
1852 dans laquelle il fait un petit peu
un historique de ces MUXs qui menacent
la forêt également un historique des
peintres de barbison de tous ces
artistes qui ont peint la forêt et il
explique en fait ces arbres que vous
coupez ce sont nos sujets de tableau
donc vous pouvez pas nous dénaturer nos
nos n nous enlever en fait notre travail
de la sorte et donc il demande
explicitement il dit je demande au moins
que l'art ait sa place dans cette grande
exploitation de la forêt de Fontaine
Blau qui demande que l'art soit reconnu
à sa juste place et il dit je voudrais
qu'on crée une zone dans la forêt alors
il est il les dit très précisément c'est
les gorges d'Apremont les rochers de
francha on va retrouver un petit peu les
titres de ces tableaux dans la liste des
lieux qu'il demande de protéger et je
voudrais qu'on protège ces lieux pour
les artistes pour que nous aussi on
puisse voilà continuer à travailler
alors ce qui est extraordinaire c'est
que son appel va être entendu et que dès
1853 on crée
une réserve naturelle qui va être créée
au nom de l'art donc elle va prendre le
nom de série artistique parmi toutes les
séries de la forêt fonane on a la série
artistique c'est un ensemble de de plus
de 600 hectares qui est exempté de toute
coupe pour l'usage des artistes et cette
série artistique est officialisée par
décret en 1861 c'est la toute première
réserve naturelle au monde donc on a
vraiment ici une histoire très S
ulière puisque c'est par l'art par
l'esthétique par l'attention que les
artistes ont donné à cette forêt pour
leur tableau qu'ils ont senti peut-être
avant tout le monde qu'elle était
menacée et ont demandé sa protection
[Musique]
donc après la mort de Rousseau en
1867 va être créé en 1873 le comité de
protection artistique de la forêt de
Fontainebleau présidé par millet et ce
comité va créer une nouvelle pétition en
fait c'est le début d'une longue
histoire pour la protection de la forêt
de Fontainebleau que Rousseau a initié
et qui va se prolonger après sa mort et
cette nouvelle pétition va être signée
notamment par George Sand par Victor
Hugo par Mony également par Rosa bonneur
il y a il y a vraiment un une suite en
fait de cette de cette histoire de la
forêt de Fontaine bow et de sa
protection et donc on a voulu évoquer en
conclusion de de cette
exposition l'histoire de la forêt depuis
le 19e siècle et jusqu'à nos jours et
notamment l'histoire de des lien des
artistes avec la forêt et de de sa
protection puisqu'elle est aujourd'hui
candidate au patrimoine mondial de de
l'UNESCO l'exposition se termine le 7
juillet il y a encore quelques
conférences liées à l'exposition dont
vous pouvez retrouver le programme sur
le site internet du petit palalais
notamment une conférence avec Chantal
Georgel une conférence de Chantal
Georgel qui est la grande spécialiste de
de barbison de M qui a écrit un
passionnant article dans dans notre
catalogue
[Musique]