Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
prennent des hormones, alors que beaucoup
plus en auraient besoin.
- A.Lecaron: Je m'en étouffe.
Laissez-moi seule avec ma ménopause!
Tout de suite, le SAV de M.Perarnau.
- Toujours au service des parents...
- H.Loussaief: A chaque fois, je vous sens investie
par des sujets.
Pourquoi vous n'avez pas fait médecine?
- M.Perarnau: Ce qui a motivé l'écriture de cette chronique,
c'est un article que j'ai lu sur l'hyperparentalité,
qui rapporte une étude de William Bird, un Britannique,
qui dit que la zone de sécurité s'est rapetissée.
La zone de sécurité, c'est la distance à partir de laquelle
le parent d'un enfant de moins de 12 ans s'inquiète.
En 2007, c'était 300 m.
Ce n'est pas énorme.
Elle était de 1,5 km juste après la guerre et de 10 km
avant.
Le gamin partait pêcher à 10 bornes et personne ne s'inquiétait.
C'est la montée en puissance des hyperparents.
On peut leur donner plusieurs noms.
Le plus connu, c'est le parent hélicoptère.
C'est un parent qui survole autour de son enfant.
Il y a aussi le "parent curling", qui nettoie devant son enfant,
le "parent bulldozer", qui vient tout enlever...
C'est un peu le même genre.
Il y a le "parent droit", qui va veiller à la satisfaction
des moindres besoins de son enfant.
Il y a tous ces petits travers.
C'est un chercheur belge, Stjin Van Petegem, qui parlait
de l'hyperprotection.
Il disait que la limite est ténue mais que c'est un comportement
parental qui n'est pas adapté au développement de l'enfant.
Vous, Houssem, votre enfant qui a 3 ans, vous ne laissez pas
sortir tout seul à la boulangerie.
- H.Loussaief: Si...
- M.Perarnau: C'est de la protection.
En revanche, s'il a 12 ou 13 ans, ça devient de l'hyperprotection.
C'est la limite entre protéger son enfant, ce qui fait partie
de la convention internationale des droits de l'enfant,
le seul texte avec lequel j'élève mes enfants, c'est-à-dire
ce que je leur dois: la protection.
Il faut mettre en balance le fait que les enfants ont aussi
leur libre arbitre.
- H.Loussaief: Est-ce que c'est une question d'âge
ou de réponse de l'enfant?
- M.Perarnau: Un de mes enfants, à 10 ans, a été au collège
tout seul en changeant de tram.
L'autre, on attendu qu'il ait 15 ans.
Les enfants ne font pas attention aux mêmes choses, ne sont pas
vigilants pareil.
Ma grosse phobie, c'est les voitures.
Un enfant qui ne sait pas traverser une route ne part pas tout seul
à l'école.
J'avais fait quelques petites phrases pour voir
si vous étiez des hyperparents.
La 1re des choses, c'est si vous parlez au pluriel de vous
et de vos enfants.
"On a des devoirs ce soir.
On a un exposé à faire."
Ca peut m'arriver, par exemple.
Est-ce que vous avez davantage peur qu'il arrive quelque chose
à votre enfant quand il n'est pas sous vos yeux?
- OUI.
- M.Perarnau: Vous avez activé un outil de géolocalisation
pour vous déstresser?
- A.Lecaron: La montre connectée...
"Où est ton frère?
Qu'est-ce qu'il fait?"
- M.Perarnau: Tout cela, ça va dépendre de notre vécu,
des actualités...
Il y a des faits divers plus ou moins glauques.
Ca dépend de la responsabilité qu'on vous fait porter.
La parentalité arrive plus tard.
Parfois, on choisit d'avoir un enfant.
Ce n'est plus comme avant.
On se dit qu'on a convoqué un enfant à naître, et ce n'est pas
pour qu'il soit malheureux.
On se sent plus responsable de ce qui arrive à cet enfant
que les générations précédentes.
Il y a des bonnes choses à ce surinvestissement parental.
Les parents sont présents, ils les accompagnent scolairement.
Mais il y a aussi des parents qui vont empêcher leur enfant
de vivre.
Ce qui est magnifique, dans la vie, c'est l'inattendu, l'imprévisible.
Nous, parents, il faut se poser des questions
si on se sent un peu hyperparents.
Quelle est la différence entre le risque et le danger?
Ce qui est important pour notre enfant,
c'est de prendre des risques.
C'est quand il nous arrive quelque chose qu'on se construit.
C'est là qu'on développe nos compétences.
C'est dans les moments où on risque quelque chose qu'on sort
le meilleur de nous-mêmes.
Notre boulot, en tant que parents, c'est d'éviter le danger.
Un enfant qui construit un barrage dans un ruisseau, il va se tremper
les pieds, s'en mettre partout, c'est sympa.
Traverser une rivière avec un courant énorme,
c'est un danger.
A nous d'être vigilants sur si c'est un risque
ou un danger.
Sur des petites choses, il faut arriver à lâcher prise.
L'inquiétude arrive tout de suite.
Les parents qui mettent des petits casques à leur bébé
pour ne pas qu'ils se cognent partout,
qui mettent des harnais dans la rue...
L'idée est de les accompagner jusqu'à l'âge adulte.
C'est très long si on n'arrive pas à lâcher prise
sur des petites choses.
Ca se voit à l'adolescence quand ils vont partir en soirée
avec des copains.
"Je prends le risque qu'il parte avec un copain qui vient juste
d'avoir le permis,
mais j'écarte le danger en lui disant que je viens
à n'importe quelle heure si le copain a bu."
- A.Lecaron: C'est tellement ça!
On est là pour les propulser vers la vie, vers le bonheur.
Il faut les écouter, aussi.