Lors de ses 15 saisons passées à Europe1 (1983-1998), le comédien Jean-Claude Brialy a enregistré une magnifique collection de portraits d’artistes dans ses émissions quot;Histoire de star quot; et quot;Il était une fois les stars quot;. Inépuisable pourvoyeur d’anecdotes, l’acteur des quot;Cousins quot; ou du quot;Genou de Claire quot; était aussi un excellent conteur, donnant à ses récits une précision et une chaleur uniques.Dans cet épisode, Jean-Claude Brialy revient sur le destin extraordinaire de Catherine Deneuve, l’actrice mythique de quot;Belle de jour quot; ou des quot;Demoiselles de Rochefort quot;, qui fête ses 81 ans en ce mois d’octobre. Crédits : nbsp;Réalisation : Julien Tharaud nbsp;Production : Raphaëlle MariattePatrimoine sonore : Sylvaine Denis, Laëtitia Casanova, Antoine ReclusCréation du visuel : Sidonie Mangin nbsp;Promotion et distribution : Marie Corpet
Catherine Deneuve a été élevée dans une famille de comédiens.
Sa mère, Renée Simonneau, a été pensionnaire au Théâtre de l'Odéon,
et son père, Maurice Dorléac, jouait au théâtre et au cinéma.
Il faisait aussi beaucoup de doublages.
Mais en famille, on vivait comme dans n'importe quelle famille nombreuse.
D'abord, mon père partait le matin et rentrait le soir tard.
Catherine Deneuve.
Et d'autant plus tard qu'il jouait au théâtre.
Et moi, je vivais beaucoup plus avec mes soeurs à l'école et avec ma mère
comme finalement d'autres enfants.
Beaucoup d'enfants. Qui a vraiment connu son père étant enfant ?
Peu d'enfants, sauf celles qui ont la chance d'avoir un père écrivain ou peintre.
Il y a peu d'hommes quand même qui rentrent tôt le soir à la maison.
Et moi, ma vie, c'était plutôt l'école, mes soeurs.
Et du fait qu'on était nombreuses, on était très bavardes,
on se disputait beaucoup, on faisait énormément de choses.
On n'était pas coupées, mais ça se passait à côté.
Catherine est née en 1943, au mois d'octobre, sous le signe de la balance.
Moi, j'ai connu Catherine alors qu'elle était encore toute petite.
Elle s'appelait Catherine d'Orléac.
Deneuve, c'est le nom de jeune fille de sa mère.
Et elle vivait avec ses trois soeurs à Paris.
Danielle, Françoise et Sylvie.
Un peu comme les quatre filles du docteur March.
Oui, c'est ce qu'on disait toujours à mon père.
Il était ravi parce qu'il n'aimait que les femmes.
Il disait qu'il n'aurait pas su quoi faire avec un garçon.
Il était ravi d'être dans une famille de cinq femmes.
Je tournais avec un moyen métrage avant mon premier film.
J'avais engagé Françoise d'Orléac,
qui à l'époque faisait juste du doublage avec son père.
Et il était d'accord, à condition qu'il vienne la chercher le matin,
la reporter le soir.
Reporter, ce n'est pas très joli comme mot, mais enfin, la ramener le soir.
Évidemment, tous les matins, je la réveillais plus ou moins.
Je réveillais avec une petite fille de 10 ou 11 ans.
Je ne sais pas quelle différence d'âge elle avait.
Elle était déjà plus blonde.
Et qui était Catherine, en fait.
Quand je l'ai vue pour la première fois, elle était une jeune fille.
Jean-Paul Rapneau.
Je dois dire qu'elle était un petit peu dans l'ombre de sa sœur.
Sa sœur lui faisait de l'ombre, plutôt.
Il y avait une telle force chez Françoise d'Orléac
qu'on remarquait moins, bien qu'elle fût si belle,
la personnalité qui semblait plus effacée de Catherine.
À l'époque, je pensais qu'elle était timide.
Peut-être qu'elle l'était.
D'ailleurs, je pense qu'elle l'est encore.
C'est aussi une des choses qui font que je l'aime beaucoup.
Je me suis frappé de ça.
C'est une personne qui a fait des progrès.
Elle a acquis une connaissance des choses,
d'une part dans son métier, mais aussi...
Elle est très cultivée.
Elle connaît beaucoup de choses et elle en connaît de plus en plus.
Les sujets qui l'intéressent, elle les connaît à fond.
Elle ne reste pas à la surface.
Ce n'est pas quelqu'un de superficiel du tout.
François Truffaut a dit quelque chose de charmant à propos de Catherine Deneuve.
Il disait, elle parle vite parce que dans sa famille ils étaient nombreux
et il fallait s'imposer quand on avait quelque chose à dire.
C'est vrai, je suis sûre que c'est vrai.
C'est la même chose chez moi aujourd'hui, c'est pareil.
Les amis qui nous voient à table chez moi parler sont sidérés.
On se coupe la parole tout le temps.
Mais c'est incroyable, vous ne vous écoutez jamais,
vous vous coupez la parole tout le temps et c'est vrai.
Catherine Deneuve a toujours gardé ce goût pour la vie de famille
et a, par exemple, attaché beaucoup d'importance à l'éducation de ses deux enfants.
Christian Vadim, qui est aujourd'hui acteur,
et sa fille Chiara Charlotte, dont le père est bien sûr Marcello Mastroianni.
Avant tout, avant le cinéma, avant les robes, avant les voyages,
avant tout ça, avant la star, il y a les enfants.
C'est vrai que Catherine Deneuve est une mère exemplaire.
Et pour moi la famille c'est ma famille proche,
donc mes soeurs et les gens de ma famille réelle.
Et puis c'est ma famille d'amis.
Et c'est vrai que c'est bien 50% de mon temps
parce que plus ça va, plus je trouve que c'est le temps qui nous manque.
Et donc je trouve qu'on ne voit jamais assez ses amis
et qu'on a toujours un sentiment quand on est très attaché aux gens
qu'on ne les verra jamais assez,
on n'aimera jamais assez les gens et on ne leur dira jamais assez.
C'est vrai qu'on est tous irremplaçables,
mais quand on a eu malheureusement le chagrin de perdre des gens auxquels on tient énormément,
c'est vrai qu'après on est extrêmement, je trouve,
attentifs à la présence des gens qu'on a envie de voir.
Catherine et Françoise en commun, elles adorent les animaux,
ça c'est vraiment une passion.
Jusqu'à la révolte quand on les fait souffrir.
Surtout Françoise, elle était comme Brigitte Bardot,
si on touchait une fourmi ou une libellule,
elle possédait hurlement, il fallait la laisser vivre,
il fallait l'emmener chez le docteur Klein,
comme si on pouvait emmener une libellule chez le docteur Klein.
J'avais une souris apprivoisée qui était adorable,
et c'est vrai, elle venait quand on l'appelait,
mais c'était à moi, ça c'était une petite souris à moi,
qui s'appelait Bonnie, qui était tout à fait...
C'est pour ça que j'adore les rongeurs, j'adore tous les rongeurs,
même les rats, j'adore les souris.
Et cette petite souris, malheureusement,
elle était toujours dans une boîte ouverte avec moi,
elle n'avait pas une cage fermée,
et puis un jour on a pris, en réalité ce n'était pas un autre chat,
c'était le chat d'une amie qu'on avait gardé pour les vacances,
et elle ne s'est pas méfiée, elle est sortie comme d'habitude.
Le chat lui a coupé la tête !
J'ai retrouvé le corps et la tête de l'autre côté dans ma tête,
c'était énorme.
Ah oui, fou, parce que c'est une petite souris que j'avais eu pendant deux ans,
et qu'un jour ma mère avait ranimée,
c'est vrai qu'on l'avait retrouvée raide de froid,
je ne sais pas pourquoi, où elle avait été,
et ma mère l'avait ranimée, ça c'est vrai.
Non mais c'est vrai que ça fait un peu saugrune, on a l'impression qu'on vivait comme des...
Mais c'est vrai que c'est une anecdote, donc je me souviens,
cette petite souris, parce que...
C'est-à-dire qu'elle devait être simplement endormie, raide,
elle avait pris un coup de froid très sérieux,
et ma mère l'a massée, elle l'a ranimée, oui.
Catherine, c'est aussi une femme qui aime la nature,
les plantes et le jardinage.
Je ne crois pas que j'ai vraiment la main verte,
mais en tous les cas, les plantes ont beaucoup de reconnaissance envers moi,
parce que j'aime beaucoup nettoyer les jardins.
Tu leur parles ?
Tu fais toi même ça.
Je me parle toute seule, ce qui est déjà pas mal, je les touche beaucoup.
Elles sont contentes.
Et puis je les libère, je taille, je coupe,
enfin je les mutile, des fois il faut bien dire les choses comme elles sont,
mais enfin bon, ça c'est ma brusquerie.
Son amour des maisons, son amour des jardins,
de la nature,
elle fait ça à fond.
Jean-Paul Rapneau.
Elle aime la beauté,
elle est entourée par des choses très belles,
et elle a un goût
dans ses choix,
sans faille.
C'est aussi une des choses qui me font l'aimer,
c'est que pour moi,
elle est française.
Elle est française,
elle ne pourrait pas être
d'un autre pays.
Alors française,
ça veut dire quoi ?
Ça veut dire,
elle pourrait être une héroïne
classique,
de tous les grands romans français.
Moi je peux l'imaginer
en Madame de Rénal
dans Le Rouge et le Noir,
en Madame de Morceau dans Le Lys dans la Vallée,
en Yvonne de Galet
dans Le Grand Maul.
Pour moi, elle se rattache à ça,
à une tradition française.
Les vrais débuts de Catherine Deneuve
au cinéma ont eu lieu en 1960.
Elle avait 17 ans,
le film s'appelait Les Portes au Cac,
et il manquait une jeune fille pour la distribution,
le rôle de la sœur de l'actrice principale,
Françoise Dordéac.
En fait, on a demandé à Catherine
simplement de jouer la sœur de sa sœur.
Je n'étais pas emballée,
et puis il se trouve que j'ai fait des essais pour un autre film pendant le tournage.
On m'a demandé de faire des essais
pour un film avec Mel Ferrer,
et j'ai fait le film, et puis après, voilà.
Ce film a été lu par Jacques Demy,
qui a écrit les paroles.
A la même époque, un événement important a bouleversé la famille Dordéac.
Catherine quitte sa famille,
ce qui était extravagant
pour l'époque.
Elle vit avec un homme,
elle est toute jeune,
ses parents n'étaient pas des bourgeois,
puisqu'ils étaient des comédiens,
mais elle a décidé de vivre à part
avec son fiancé, son homme,
c'était Vadim.
Tu es partie de chez moi, oui.
C'est formidable, parce que tu aimais ta famille.
J'aime toujours ma famille,
mais c'est vrai que je suis partie de chez moi,
et que ça a été assez difficile.
Alors que Françoise n'a jamais quitté sa famille.
On pense que c'est Françoise
qui était plus extravagante,
qui avait l'impression d'être une femme plus libre,
plus moderne,
et c'est Catherine qui...
C'est moi qui suis partie, oui.
C'était moi le mouton noir.
Ça prouve le caractère que tu as.
Oui, à tous les cas, ça prouve que,
sans ne pas parler, il y a des choses qu'on ne savait pas sur moi.
En même temps,
il y a quand même 15 ou 20 ans,
c'était une chose...
C'était un petit drame dans ma famille.
C'était un drame, parce qu'aujourd'hui...
Parce que j'étais mineure,
déjà, donc c'était quand même assez grave.
En plus, c'était un homme qui était plus âgé que moi,
qui était marié et divorcé deux fois,
qui avait un enfant,
donc évidemment que pour des parents,
ça je comprends bien,
moi je me rends bien compte.
Aujourd'hui, mon fils, bien qu'il soit majeur,
me présenterait aussi les choses
sous une façon similaire.
C'est vrai que je ne serais pas un balai en tant que mère,
ça je comprends très bien aujourd'hui.
Avec Roger Vadim, Catherine Deneuve continue
ses premiers pas d'actrice.
Ils tournent ensemble
« Vice et la Vertu »,
puis sous la direction de Claude Chabrol,
elle fait une apparition dans un film
qui s'appelle « Les plus grandes escroqueries du monde ».
Là, j'ai tourné quelques jours pour lui rendre un service,
parce qu'il voulait absolument une femme enceinte dans le film.
Et Stéphane Audran,
qui était sa femme,
était enceinte, mais a eu le malheur d'accoucher
huit jours plus tôt que prévu.
Il voulait une femme vraiment enceinte,
enceinte de huit mois et quelques semaines.
Et toi, tu étais enceinte de Christian.
Et moi, j'étais enceinte de mon fils,
et il n'était absolument pas prévu que je tourne à ce moment-là.
Bien évidemment, j'étais enceinte de huit mois et demi aussi.
Et j'ai remplacé Stéphane,
qui a accouché 15 jours trop tôt pour lui dans le film.
J'ai tourné deux jours.
En juin 1963, Catherine a 20 ans,
elle accouche d'un petit garçon,
Christian.
Oui, enfin, il était assez laid, il faut le dire.
Il s'est bien rattrapé depuis, il était assez laid.
Ah, quand il est né, il n'était pas joli ?
Oh non, vraiment.
Tu pensais à autre chose alors ?
Non, non, c'est pas ça,
mais il était très maigre et très grand.
C'était bizarre. Franchement, je ne m'attendais pas vraiment à ça.
Ah bon, alors tu as été un petit peu déçue
quand il est arrivé ?
J'ai eu un petit choc quand même.
Il paraît qu'on a souvent un petit choc, de toute façon,
après la naissance d'un premier enfant.
Un bonheur n'arrive jamais seul.
La même année que la naissance de Christian,
Jacques Demy demande à Catherine Deneuve
d'être son interprète dans la comédie musicale
Les Parapluies de Cherbourg.
C'est un beau souvenir pour Catherine.
C'est un beau souvenir et ça a été vraiment un film très important.
C'est vraiment un film clé pour moi.
Qui a déclenché tout.
Oui, vraiment, tout.
Prix de Palme d'Or à Cannes, prix de Luc,
tu as eu un grand prix à l'Académie du cinéma.
Et ça a été un film très important.
Oui, très important.
Et puis c'est vrai que c'était un film qui a voyagé beaucoup,
avec lequel j'ai beaucoup voyagé,
avec Jacques Demy, que j'aimais beaucoup.
Et le fait d'aller comme ça à l'étranger,
de le présenter, ça nous a beaucoup rapprochés.
Ce qui fait qu'on a refait d'autres films après ensemble.
Et c'est vrai qu'il a été important
parce qu'indépendamment de la réussite
du film et du succès du film,
c'est vrai que j'ai eu une révélation en faisant ce film avec lui.
C'est-à-dire que lui en tant que metteur en scène
m'a vraiment appris et dit des choses.
Oui, d'une certaine façon, oui.
Donné confiance et puis appris des choses
qui m'ont été révélées
que je n'avais jamais vues.
C'est comme si j'avais été un peu endormie
avant, des choses que je ne voyais pas.
Peut-être simplement parce qu'il a pris la peine
de me les dire.
Comme les princes dans les contes.
Tout à fait, moi je vois ça comme ça.
En plus c'est un film musical,
je vois ça comme un conte de fées.
Oh là, qu'est-ce que je vais entendre
Je devrais me maquiller
Tu ne trouves pas
Non, tu es très jolie
Comme ça
Un peu ici
Où ça ?
Là
Nous vendrons des parapluies
Et puis non
Pas des parapluies
Nous vendrons le magasin
Nous achèterons
Une station service
Pourquoi ? Quelle idée
Toute blanche
Avec un bureau
Tu verras
Tu sentiras l'essence
Toute la journée
Quel bonheur
Nous serons très heureux
Et nous resterons amoureux
Mon amour, mon amour
Tu n'as rien dit à ta mère
Pas encore
Pourquoi tu es là ?
Il ne faut pas que tu te fâches
Mais je sais
Ce qu'elle me répondra
Quoi ?
Ma petite fille, tu es folle
Est-ce qu'on pense au mariage à ton âge ?
Ma petite fille, tu es folle
Est-ce qu'on pense au mariage à 16 ans, 17 ans, amoureuse ?
Catherine Deneuve a fait trois films
avec Jacques Demy et Michel Legrand
Les Parapluies de Cherbourg
qui a été un succès mondial
Les Demoiselles de Rochefort
Elle partageait la vedette avec sa sœur
avec Françoise Orléac
Et il y avait aussi Gene Kelly et Jacques Perrin
Et puis Podale en 1970
où il était entre
Jean Marais et Delphine Siering
Nous sommes deux sœurs jument
Mais sous la cignette des jumeaux
Mi face à l'âme, mi ré
Ré mi face à l'sol, sol ré do
Toutes deux demoiselles
Ayant eu des amants très tôt
Mi face à l'âme, mi ré
Ré mi face à l'sol, sol ré do
Nous fûmes toutes deux
Élevées par maman
Qui pour nous se priva
Travailla vaillamment
Elle voulait de nous faire
Des érudites
Et pour cela vendit
Toute sa vie des frites
Nous sommes toutes deux
Nés de pères inconnus
Cela ne se voit pas
Mais quand nous sommes nus
Nous avons toutes deux
Au creux des reins ces fous
Là un grain de beauté
Qu'il avait sur la joue
Nous sommes deux sœurs jument
Mais sous la cignette des jumeaux
Mi face à l'âme, mi ré
Ré mi face à l'sol, sol ré do
Et mon mari tourne
Les calembours et les bonbons
Mi face à l'âme, mi ré
Ré mi face à l'sol, sol ré do
Nous sommes toutes deux
Joyeuses et ingénues
Attendant de l'amour
C'est qu'il est convenu
D'appeler coup de foudre
Au sauvage passion
Nous sommes toutes deux
Prêtes à perdre raison
Nous avons toutes deux
Une âme délicate
Artiste passionné, musicienne
Acrobate
Cherchant un homme beau
Bref un homme idéal
Avec ou sans défaut
Nous sommes deux sœurs jumelles
Mais sous la cignette des jumeaux
Mi face à l'âme, mi ré
Ré mi face à l'sol, sol ré do
Du plomb dans la cervelle
De la fantaisie à gogo
Mi face à l'âme, mi ré
Ré mi face à l'sol, sol ré do
Je n'enseignerai pas toujours
L'art de l'arpège
J'ai vécu jusqu'ici
De leçons de solfège
Mais j'en ai jusque là
La province m'ennuie
Je veux vivre à présent
De mon art à Paris
Je n'enseignerai pas
Toute ma vie la danse
À Paris moi aussi
Je tenterai ma chance
Pourquoi passer aux dents
A enseigner des pas
Alors que j'ai envie
D'aller à l'opéra
Nous sommes deux sœurs jumelles
Mais sous la cignette des jumeaux
Mi face à l'âme, mi ré
Ré mi face à l'sol, sol ré do
De coeur qu'attrape une aile
Ré do, mi face à l'âme
Mi ré, ré mi face à l'sol, sol ré do
Jouant du violoncel
De la trompette ou du banjo
Aimant la ritournelle
Les calembours et les bombeaux
Du blanc dans la cervelle
De la fantaisie à gogo
Nous sommes deux sœurs jumelles
Mais sous le cygne des jumeaux
C'est-à-dire que moi j'ai connu
Je l'avais rencontré comme ça avant
On se saluait
Mais j'avais jamais travaillé avec elle
Et j'avais pas de...
Jean Carmé
Je la connaissais peu dans la vie
Je l'avais rencontré au restaurant
Puis j'avais beaucoup d'amis
Qui me parlaient d'elle
Puis je l'ai rencontré uniquement comme ça
Sur le plateau de la Reine Blanche
Puis j'ai parlé un peu avec elle
Avant de commencer
J'ai remarqué qu'au-delà de sa discrétion
Elle a une discrétion assez étonnante
Mais elle a une grande curiosité
Quelque chose qui se...
Une espèce de jubilation
C'est une chose qui m'enchante
Une santé
Il y avait quelque chose de très...
De très sain
Qui se dégageait d'elle
Quand je parlais
Je me suis dit
Ça va être là le terrain d'entente
Puis ça a été extrêmement facile
Sans après
Sans définir avant les scènes
Ce qu'on allait faire
J'aime beaucoup ça
Trop avoir une prise
C'est se priver du plaisir
De la surprise
Surprendre le public après des années de carrière
C'est une question qui se pose toujours Catherine Deneuve
C'est vrai que
Quand on est entré comme elle
Dans la légende d'une star
On la compare
A Greta Garbo
Alors évidemment
Les réalisateurs
Les producteurs ont tendance
A la sublimer
L'idéaliser
Et Catherine heureusement
Nous surprend souvent
Parce qu'elle peut jouer une femme très belle
Avec une grande histoire d'amour
Mais elle a su nous prouver qu'elle pouvait jouer la comédie
Avec Rapneau
Et qu'elle pouvait être une femme
Comme tout le monde
Dans sa traîne blanche
Donc ce qui est important pour elle
C'est d'essayer d'enlever cette étiquette
Qui lui colle à la photo si j'ose dire
Et là je pense que le film qu'elle fait
Avec Régis Varnier
Va réconcilier à la fois le public
Qui l'aime parce qu'elle est belle
Et parce qu'elle peut être émouvante
Et touchante
J'aime bien surprendre parce que je trouve que c'est très difficile
Quand on fait des films comme moi depuis si longtemps
De surprendre
Et je pense que pour continuer à travailler avec des gens
Qui moi m'intéressent, des auteurs
Le seul, le but vraiment
C'est de surprendre
Il y a son émotion qui venait
Qui me surprenait toujours
Je ne la trouvais jamais exactement
A l'endroit où j'attendais
Cette émotion
C'était toujours très imprévu
Et ça entretient la fraîcheur
Et puis c'est quand même un sentiment délectable
De parler à de très beaux yeux
Et d'avoir sur ces beaux yeux
Momentanément du pouvoir
Dans la comédie et par l'imaginaire
Il aura fallu
Qu'on nous jette un sort
Mais qu'allons-nous faire
De tant de bonheur
Le montrer
Ou bien le taire
Où de nous ferons
Ce que d'autres
N'ont jamais su faire
Nos amours resteront
Légendaires
Et de tout cet amour
Le montrer
Ou bien le taire
Nous ferons
Ce qui est interdit
Nous irons ensemble
A la buvette
Nous fumerons la pipe
En cachette
Nous nous gaverons
De pâtisseries
Mais qu'allons-nous faire
De tous ces plaisirs
Il y en a tant
Sur Terre
Nous irons ensemble
A la buvette
Nous nous gaverons
De pâtisseries
De tous ces plaisirs
Il y en a tant
Sur Terre
Nous ferons bien sûr
Des tas d'enfants
Nous vivrons ensemble
Un conte de fées
Charmant
Jean Carnet
Jean-Paul Rapneau
Elle n'avait à l'époque pratiquement fait que des parapluies de Cherbourg où elle chantait mais ça n'était pas sa voix donc je me posais mille questions.
Et en réalité, il y avait un turbo dans cette femme.
Quand je l'ai lancée dans cette comédie qui était la vie de château, elle a été extraordinaire.
Elle s'est révélée d'un entrain, d'une vivacité qu'on ne devinait pas sous la personne placide qu'elle semblait être.
La vie de château obtient le prix Louis Deluc et Catherine conserve de très bons souvenirs de Marie Marquès qui était une actrice à la personnalité un peu fantasque.
Quelle femme étonnante !
On tournait dans un château à Gambay, dans des loges aménagées très simplement,
puisque ce n'était pas du tout habité, on était dans les combles du château.
On avait des petits radiateurs électriques, une table en formigas, c'était vraiment le strict minimum.
Et je la reverrais toujours, elle était là, elle avait une chaise longue,
elle ne venait jamais déjeuner avec nous sous la tente où mangeait toute l'équipe.
Elle ouvrait un paquet et elle prenait du champagne et du saumon fumé toute seule dans sa loge dignement.
Ça m'avait toujours frappée parce que dans ce décor absolument incroyable, désertique et froid,
elle était là en train de manger son saumon fumé.
Comme une star, démulée.
Ah oui, merveilleuse, c'est un personnage.
J'adore ce genre d'actrice.
Le milieu des années 60 va être un mélange de rencontres heureuses et d'événements douloureux.
En 1965, elle se marie avec le grand photographe anglais David Bailey.
La nuit suivante, elle tourne Belle de Jour sous la direction de Louise Bunuel,
un film qu'elle a accepté de faire sans même avoir lu le scénario, le film Elion d'Or à Venise.
C'est vrai que ça reste un très grand souvenir, Belle de Jour,
et un grand souvenir assez douloureux quand même, ça a été un tournage assez difficile.
Autant sur Tristana ça a été formidable, autant Belle de Jour ça a été plus difficile,
c'était des rapports tendus, mais c'est vrai que le film était difficile quand même.
Et je crois que c'est sans doute le film qui m'a le plus, moi pas personnellement,
mais dans ma cas, je pense que c'est le film qui m'a le plus marquée.
Mais le 26 juin 1967 reste un grand drame dans sa vie.
Sa sœur Françoise d'Orléac se tue dans un accident de voiture.
Lorsque Catherine Deneuve tourne son premier film en anglais,
Maya Ling, mettant en scène Terence Young, elle a pour partenaire Ava Gardner.
J'ai un grand souvenir, Belle, comme vraiment une des plus belles femmes que j'ai vues,
d'une nervosité, d'une inquiétude incroyable.
Et je me souviens sur le plateau, elle arrivait, elle avait ses perruques,
ses costumes magnifiques, son maquillage extraordinaire.
Elle était très, très nerveuse. C'était une femme très inquiète.
Et alors on savait que ça allait être très difficile.
Il y avait un signe qui était absolument rédhibitoire.
On savait que la journée allait être difficile.
Elle arrivait en costume corsedé et d'un seul coup, elle enlevait ses chaussures.
Et alors on savait qu'elle était dans un état de nervosité,
de tension très, très grande et que c'était vraiment une journée difficile.
Il se passait quoi ?
Eh bien, on répétait, puis on remontait dans les loges,
et puis j'arrivais dans ma loge, on prenait un peu de champagne.
Enfin, c'est arrivé quelquefois, mais c'était devenu une chose...
Comme un rythme ?
Oui. Mais quelle belle femme !
En 1971, les Américains consacrent Catherine Deneuve la plus belle femme du monde.
Eh bien écoute, franchement, je me suis regardée différemment dans la glace.
Tu sais, encore une fois, quand on est dans une famille nombreuse,
moi j'ai toujours entendu dire ça quand on était petite, vous êtes jolie.
Il ne faut pas croire trop les gens quand on vous fait des compliments.
Et on se serait bien gardé quand même de ma faillite de me laisser monter trop haut si j'avais...
On t'aurait ramenée à...
Ah oui, à la réalité, à la dure réalité.
De toute façon, ce n'est pas tellement dans ma nature.
C'est vrai que ça fait plaisir,
mais on ne s'aperçoit pas que c'est souvent assez lourd à porter.
En 1975, Catherine retrouve Jean-Paul Rapneau pour tourner Le Sauvage avec Yves Montand.
En 1980, c'est Le Dernier Métro qui est un énorme succès.
César d'interprétation de la meilleure actrice.
Et François Truffaut a compté beaucoup dans la vie de Catherine Deneuve.
Il m'a appris beaucoup de choses.
Parce que François, d'abord, c'est quelqu'un qui aime beaucoup expliquer.
Il aimait beaucoup raconter.
Et il aimait beaucoup qu'on comprenne.
Oui, et puis il aimait bien expliquer aux acteurs.
Autant sur le tournage, il n'aimait pas...
Oui, il écrivait des lettres.
Il écrivait avant.
Il pouvait même écrire pendant les tournages.
Et après même.
Et puis, c'est vrai, c'était une façon de se voir comme ça avant et en dehors du tournage.
Permettre de se dire moins de choses sur le tournage.
Il avait des rapports tout à fait privilégiés avec les acteurs, je trouve, en général.
C'est un animateur en scène qui aimait le mieux les femmes.
Ah oui, les femmes et les femmes au cinéma.
Les actrices.
Oui, oui.
Parce que...
D'ailleurs, je me suis souvent frappée quand je lis les interviews des actrices américaines.
C'est presque toujours le nom de François Truffaut qui revient.
A Bikini, vous tournez avec François Truffaut.
Ah oui, François Truffaut, oui.
Oui, oui.
C'est un regret aujourd'hui.
Je l'ai lu encore récemment.
Catherine Turner qui disait, je regrette, j'aurais aimé tourner avec François Truffaut.
C'est vrai que c'est quelqu'un qui aimait beaucoup les femmes.
François Truffaut a dit de Catherine, on pourrait la comparer à un vase
dans lequel on pourrait mettre toutes les fleurs.
Oui, ça veut dire que je suis quelqu'un de tout à fait disponible
et qu'il suffit de me donner le bon...
Je crois qu'il veut dire par là que j'étais assez...
Comment dire ?
Influençable, ce n'est pas le mot.
Mais selon les circonstances et les gens avec qui je travaillais,
je pouvais être très différente sans être vraiment différente.
Je ne suis pas quelqu'un qui fait tellement de rôles de composition.
Je ne suis pas quelqu'un qui me transforme réellement.
C'est intérieur.
Oui.
Non, c'est intérieur.
Oui, mais en même temps, le fait que je ne me transforme pas tellement
fait que les gens, peut-être, peuvent rêver davantage sur des choses
ou en tout cas imaginer des choses.
Je n'impose pas tellement de choses aux spectateurs, je crois.
C'est quelqu'un d'extrêmement discret, mais de...
Jean Carmé.
Mais j'aime assez sa discrétion
parce que derrière ses discrétions, il y a une espèce de curiosité.
Puis, un regard d'humour.
Il y a de l'humour.
Il y a une espèce de goguenardisme.
Ce n'est pas une actrice qui a un accent.
Ce n'est pas une actrice qui a un milieu.
J'ai l'impression que dans l'esprit des gens, par son succès,
par l'impression de sa beauté qu'elle donne,
ça la condamne à une image.
Ça la condamne.
Je n'ai pas voulu me laisser condamner à cette image-là.
Moi, j'ai trouvé...
Je pense que j'ai...
Elle m'a fait travailler l'imagination.
Vous voyez ce que je veux dire.
Bien qu'elle joue le rôle d'une directrice de théâtre dans le dernier Métro,
Catherine ne fera jamais de théâtre parce qu'elle aura trop peur.
Mais je ne désespère pas parce que Michel Morgan a attendu 30 ans.
Donc, on attendra quelques années avant que Catherine ait moins peur
et qu'elle puisse venir nous réjouir sur une scène.
Ce n'est pas que je n'ai pas envie.
Parce que quand je vais au théâtre et que je vois un beau spectacle
comme lorsque j'étais voir Nicole Garcia et Jacques Weber,
par exemple, dans Deux sœurs balançoires,
c'est vrai que je dis que c'est merveilleux.
Pas seulement le succès,
mais la performance de deux acteurs comme ça,
c'est formidable.
Mais en même temps, je sais qu'il suffit de m'imaginer 5 minutes
arrivant au théâtre.
Ce n'est même pas d'être sur scène.
C'est avant toute la journée que je ne pourrais plus vivre.
Tous les moments avant et après.
L'angoisse.
La peur.
Plus ça va, plus j'ai peur.
Je vois bien quand c'est à la télévision
ou quand je dois faire des interventions en direct.
C'est effrayant.
Il ne faut pas trop que j'en parle,
parce que ça va être encore plus difficile.
Je pensais que c'était moi par rapport à une idée que je me faisais.
Puis j'ai su un jour qu'on m'a dit que Sophie Desmarais
avait beaucoup souffert du tracle
et qu'elle avait fait énormément de théâtre.
Jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'elle arrête de faire du théâtre,
elle en a toujours souffert.
Le choix de Catherine se fait à partir des personnages.
Elle aime les auteurs.
Oui, j'aime bien parce que c'est vrai
que les histoires qui m'intéressent le plus
sont des histoires où j'ai l'impression
que mes télans scènes sont particulièrement attachées.
Les films qui m'intéressent
sont les films où il y a des personnages
et où les personnages
sont vraiment suivis de près
et qui ne sont pas seulement
comme ça, filmés comme des éléments d'une histoire
mais qui sont filmés comme des gens.
Il faut que ce soit charnel pour moi le cinéma.
Il faut que ce soit palpitant.
Tu es mon maître après Dieu
Dieu est un fumeur de l'avare
C'est lui-même qui m'a dit
que la fumée envoie au paradis
je le sais ma chérie
Tu n'es qu'un fumeur de gitane
Sans elle, tu es malheureux
Au clair de la lune, ouvre les yeux
L'amour de Dieu
Tu es un fumeur de havane
Près de toi, loin de lui
J'aimerais te garder toute ma vie
Comprends-moi, ma chérie
Et la dernière, je veux
L'avoir briller au fond de mes yeux
L'amour de Dieu
Dieu est un fumeur
Tout près de toi, loin de lui
J'aimerais te garder toute ma vie
Et la dernière, je veux
L'avoir briller au fond de mes yeux
Aime-moi, nom de Dieu
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