00:00 la réunion des BRICS en Russie 1:50 la dédollarisation 8:40 les systèmes bilatéraux pour remplacer SWIFT 14:40 elections américaines 20:20 Etat par Etat 36:50 les règles de vote
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Bonjour à tous et bienvenue à l'Université de l'Epargne, bienvenue à l'Institut des
Libertés pour un nouveau Daily d'Opinion, aujourd'hui nous allons parler essentiellement
de sujets internationaux.
Alors déjà je voulais me poser la question, on est 8 octobre, et je suis en compagnie
de Charles Gave, on met bien toutes les infos au début.
Au début je voulais parler un peu de ce qui se passait avec Israël, le Liban, l'Iran,
c'est quand même un gros sujet, et puis en faisant les sujets de cette émission je me
suis dit on n'aura jamais le temps de le placer, donc soit cette émission dure une
demi-heure et on parlera un peu d'Israël après, soit effectivement on n'aura pas le
temps et ce sera plutôt je pense pour la semaine prochaine.
D'abord je voudrais parler de la réunion à venir des BRICS, on appelle ça maintenant
même les BRICS+, ce sera une réunion à Kazan en Russie du 22 au 24 octobre prochain,
la réunion inclura l'Iran, l'Egypte, l'Ethiopie, l'Arabie Saoudite, encore d'autres nations,
et puis évidemment les BRICS originelles.
Je crois aussi, oui c'est ça les BRICS originelles, le Brésil, l'Afrique du Sud.
Oui voilà, Brésil, l'Afrique du Sud, Russie, Inde, Chine, voilà c'est ça les BRICS, sachant
que les BRICS représentent donc désormais 45% de la population mondiale et un tiers
du PIB mondial, c'est une sorte de contre-pouvoir quand même aux Etats-Unis qui est un peu
en gain de puissance, et alors il y aura plusieurs enjeux dans cette réunion, déjà un des
enjeux c'est la bien nommée dédollarisation dont vous parlez depuis pas mal de temps maintenant.
Quelques années, oui.
Et alors est-ce que vous pensez que ce phénomène ne va faire que s'intensifier ?
C'est une question intéressante là, il faut décrire un petit peu le système qu'on avait
avant, de façon à comprendre ce qui va changer, je l'ai déjà expliqué à plusieurs reprises
mais je crois que c'est nécessaire de le réexpliquer à nouveau, c'est-à-dire que
le système qu'on avait avant c'était un système complètement centralisé, qui était
centralisé sur le dollar, c'est-à-dire c'était un petit peu comme un gros ordinateur des
années 70, vous aviez un ordinateur, on appelait ça un mainframe à l'époque, un gros ordinateur,
puis dans les entreprises tout le monde avait un écran qui envoyait toutes les informations
qu'il y avait sur l'écran central, et dans les grandes boîtes, les grandes banques,
c'était le département informatique qui, dans le fond, contrôlait les informations de tout le
monde comme ça, ils étaient aux commandes, il n'y avait rien de plus important que les gars
d'IBM, si vous parlez CCF dans les années 70, IBM c'était la vache sacrée, c'était par qui tout
passait, donc on avait un système comme ça, c'est-à-dire que c'était un système où tout
était en dollars, si vous vouliez faire du commerce entre l'Indonésie et la Malaisie qui sont à côté,
elle passait par le dollar, donc par ce système central, les règlements se faisaient en dollars,
et ça voulait dire que ceux qui contrôlaient le système par le système SWIFT des paiements,
plus le dollar, plus le département informatique qui contrôlait le tout, ils contrôlaient le commerce
entre l'Indonésie et la Malaisie, en tout cas, ils le contrôlaient, mais ils savaient très bien ce
que les autres faisaient, donc c'était un élément de pouvoir extraordinaire pour les Etats-Unis, et au début
des années 2000, après les attentats de Wall Street, ce qui s'est passé, c'est que les Etats-Unis ont dit
quiconque utilise les dollars en dehors des Etats-Unis, même si vous êtes de la Malaisie et de l'Indonésie,
que vous travaillez en dollars l'un avec l'autre, quand vous utilisez le dollar, vous n'êtes pas
cible du droit américain, c'est-à-dire que les Etats-Unis sont arrogés le droit de dire vous
pouvez faire du commerce avec celui-ci, mais pas avec celui-là, etc. Donc à l'époque, j'avais écrit
un papier en me disant, bon, mais c'est la fin du dollar, ça prendra du temps, mais ça ne peut pas ne pas
arriver, donc c'est en train d'arriver, et la question c'est, les gens me disent, j'ai des questions qui
arrivent immédiatement, c'est qu'est-ce qui va remplacer le dollar, et qui va contrôler le système, et
les réponses à ces questions, c'est, ni l'un ni l'autre, mon général, rien ne va remplacer le dollar,
mais on n'aura plus besoin de dollars, puisque vous ferez, et tout sera fait par des systèmes
complètement décentralisés, de commerce bilatéral, c'est-à-dire que la banque centrale indonésienne
aura un compte commun avec la banque centrale malaisienne, et puis ce sera comme une chambre de
compensation, puis on verra à la fin de la journée laquelle il y a de l'argent à l'autre, etc. Et alors une fois
qu'on a fait ça, qu'on a monté tous ces systèmes bilatéraux, arrive immédiatement la question, oui
d'accord, mais on compense avec quoi ? Dans le temps, on compense avec le dollar. Et là, ils vont dire, pourquoi ?
Alors, on peut compenser, soit la banque indonésienne accepte de la monnaie malaisienne qu'elle met en
réserve, et puis la banque indonésienne se dit, dans le fond, je ne suis pas très bien payé sur
la monnaie malaisienne, ce que je vais faire, c'est que je vais acheter des obligations malaisiennes,
donc on peut, ça nécessite à ce moment-là le développement de marché obligataire dans chacun des
pays pour pouvoir vendre du temps aux autres, ce qui était autrefois le privilège du dollar, le
seul qui contrôlait le temps, c'était les Etats-Unis, le dollar. Puis les malaisiens vont peut-être,
les indonésiens vont peut-être se dire, mais dans le fond, je n'en ai rien à foutre des obligations indonésiennes,
je vais peut-être leur demander, allez, de l'or, ou bien je vais leur demander peut-être, je ne sais pas, de la
monnaie chinoise. Et puis moi, en même temps, je sais que l'Indonésie a emprunté à la Chine de la
monnaie chinoise, donc je pourrais régler aussi avec la monnaie chinoise, ce qui me permettrait, avec
mon excédent, d'acheter des produits en Chine. Donc vous avez un système, à ce moment-là, qui devient
complètement décentralisé, complètement ouvert, et c'est un système qui est beaucoup moins efficace,
beaucoup moins efficient, mais beaucoup moins fragile, et beaucoup moins dépendant des fous
cas de politique des Etats-Unis. Et ça veut dire que, comme les Etats-Unis, comme je l'ai déjà dit,
contrôlaient le temps long, c'est-à-dire c'était eux qui contrôlaient les taux longs dans le monde
entier, c'est-à-dire que quand les taux longs américains montaient, les taux montaient partout, quand les taux
longs américains baissaient, les taux baissaient partout, et ça n'avait rien à voir avec les cycles
locaux, et tout à voir avec le cycle des Etats-Unis. Donc ça foutait un merdier dans le système pas
croyable, parce que il y avait des pays qui étaient obligés de monter leurs taux alors qu'ils étaient
en récession. Et donc ce que ça veut dire, c'est qu'on n'avait qu'un cycle mondial qui était
déterminé par la Banque Centrale Américaine, maintenant on va voir des cycles dans tous les
sens, et ça va devenir rigolo à nouveau d'investir de l'argent internationalement, parce que le but
sera d'acheter des actions au moment où l'économie va redémarrer à gauche, et de les vendre à droite au
moment où l'économie locale va se péter, et ce sera plus simplement d'essayer de comprendre ce que
la Fed va faire la semaine prochaine. Donc ça change complètement, par exemple,
ça va complètement changer mon métier. Il va falloir que je m'intéresse... Il y avait une banque
centrale qui était plus égale que les autres, et tout le monde regardait celle-là, et continue à regarder
que c'est là, mais ça n'a plus aucun intérêt. C'est-à-dire qu'on voit encore une espèce de
retard à l'allumage des systèmes d'information, qui continue à attendre. Quand on voit ce que
va dire la Banque Centrale des Etats-Unis, sans doute moi aujourd'hui je me contrefous, je me dis que ça n'a
plus aucune importance. Donc c'est un bouleversement total, et ça veut dire qu'on n'aura plus de
monnaie de réserve. Il n'y aura plus une monnaie de réserve dominante. Ça veut dire que toute la
monnaie de réserve dominante qu'étaient les Etats-Unis, plusieurs milliers de milliards de
dollars, 5 000 milliards de dollars je crois, en réserve aujourd'hui, dans les banques centrales,
ça ne sert plus à rien. Parce que vous ne pouvez rien acheter aux Etats-Unis, ils ne produisent pas grand-chose.
Vous pouvez acheter des armes si vous voulez, mais elles sont très chères, elles ne marchent pas si
bien que ça. Vous avez peut-être intérêt à aller acheter vos armes en Russie qui les font un meilleur
marché. Donc c'est la fin de la domination du dollar. Le vrai problème, ils se réunissent là,
c'est pour essayer de déterminer les règles qui vont permettre les compensations. Le problème c'est
comment on se met d'accord sur quoi. Est-ce qu'ils ont réussi à faire une sorte de contre-système à
SWIFT ? A peu de moment vous avez des systèmes bilatéraux. Vous n'avez pas besoin d'un système
centralisé. Vous pouvez avoir cinq systèmes bilatéraux, la Malaisie avec l'Indonésie, avec la Chine, etc.
et qui sont gérés à partir du premier étage de la banque en Malaisie. Ce n'est pas très compliqué.
Il ne s'agit pas vraiment de remplacer le système dominé par les Américains, il s'agit de défaire le système.
C'est exactement comme vous êtes passé d'un ordinateur central au PC. C'est-à-dire que tout le monde s'est dit
quand les PC sont apparus, il a dit ça n'a aucun intérêt ce truc là. Et donc ils ont complètement
renté à la révolution du PC. Et puis les Américains sont en train de dire ça marchera pas à votre truc.
Evidemment ce genre de truc c'est absolument fondamental pour eux, pour ces pays-là,
parce qu'on a vu ce qui s'était passé avec la Russie il y a deux ans. La Russie a un peu souffert
pendant quelques mois des sanctions occidentales. Aujourd'hui ça va mieux. Mais justement en se
prémunissant contre des sanctions occidentales avec justement l'importance du système SWIFT,
là, à l'avenir, s'il y a une guerre avec la Chine, ça ne leur fera plus rien.
Ça servira aux gens qui veulent continuer à ce que les Etats-Unis soient au courant de ce qu'ils font.
Je doute pas que monsieur Macron fera tout son possible pour que ça continue à passer par SWIFT.
J'espère qu'il est bien payé pour ça, mais ça n'a plus aucun intérêt. C'est un système obsolète.
C'est mort comme a été le grand ordinateur central. C'est fini.
Et alors, est-ce qu'il faudrait s'attendre à ce que de plus en plus de pays rejoignent justement les BRICS ?
Peut-être à terme la quasi-entièreté du pays ?
Il suffit simplement qu'ils disent, vous savez, mon commerce va de plus en plus passer par des accords bilatéraux.
Ça veut dire aussi qu'à partir du moment où il y a des accords bilatéraux comme ça,
on se demande encore une fois quel est l'avantage de l'euro.
Vous pourriez avoir un commerce bilatéral entre la France et l'Italie,
on n'a pas besoin de passer par une monnaie commune qui nous entrave tous les deux dans notre développement.
C'est une victoire très profonde des systèmes décentralisés sur un système centralisé.
Et tout le travail des hommes de Davos, c'est d'essayer de faire monter en puissance leur système centralisé.
Et là, en quelque sorte, l'outil sur lequel ils comptaient pour contrôler tout le monde,
il est en train de sauter. C'est très bien.
Il y a aussi autre chose qui me taraude, c'est la situation de l'Iran.
On parle un peu indirectement de ce qui se passe avec Israël,
parce que l'Iran est au milieu des BRICS maintenant.
Est-ce qu'il faut s'attendre à un soutien des autres pays des BRICS à la situation de l'Iran ?
La vraie question pour l'Iran, c'est que pour acheter des choses à l'extérieur,
ils aient quelque chose à vendre.
85% de leurs exportations, c'est du pétrole.
Mais si Israël fait sauter les ports pétroliers, il y en a un ou deux,
ce qui peut être fait en cinq minutes, ils n'ont plus rien à vendre.
À ce moment-là, ils retourneront à l'âge de pierre.
Je ne sais pas si le régime peut tenir.
Tout le monde se pose la question. Israël va sans doute taper sur l'Iran.
On peut le penser, ça n'a pas l'air d'être une grande nouveauté.
En tout cas, ils ont dit qu'ils allaient le faire.
La question c'est, est-ce qu'ils vont taper sur les installations portuaires
pour empêcher l'Iran d'exporter en ruinant l'Iran ? Hypothèse numéro 1.
Hypothèse numéro 2, est-ce qu'ils vont taper sur les installations nucléaires ?
Ou question numéro 3, est-ce qu'ils vont taper sur les deux ?
Oui, je pense que c'est assez probable qu'ils fassent un petit peu des deux.
À ce moment-là, si l'Iran n'a plus rien à vendre,
peut-être que la Chine lui fera des prêts, je n'en sais rien.
Mais les Chinois sont ainsi faits qu'ils ne sont pas des bienfaiteurs de l'humanité.
Ce ne sont pas des Américains. Il n'y aura pas un parapluie chinois sur l'Iran.
D'abord. Et ensuite, les Chinois diront,
on va bien vous vendre des produits pour que vous n'ayez pas de faim ou je n'en sais rien.
Mais nous, on prend le contrôle du port, le contrôle de ceux-ci qu'on rebâtira.
Et donc, ça sera une très belle perte de souveraineté pour l'Iran.
Oui, c'est sûr. C'est là qu'il faut comprendre qu'il n'y a pas vraiment de symétrie
entre le monde plus occidental de l'OTAN et celui des BRICS
où la Chine remplacerait en quelque sorte les États-Unis.
Non, non, non. En plus, les Chinois savent très bien qu'avoir une monnaie de réserve,
ça veut dire qu'elle sera toujours surévaluée.
Et donc, à ce moment-là, vous perdez votre base industrielle et vous vous appauvrissez à terme.
La monnaie de réserve, ça a ruiné d'abord l'Angleterre, ensuite les États-Unis.
Et maintenant, ils ne vont pas du tout.
Ils ne vont pas remplacer le dollar par du yuan.
Bien sûr que non.
Oui, c'est sûr.
Donc, voilà un petit peu ce que je voulais évoquer par rapport aux BRICS
parce que c'est vrai que c'est...
Mais ce sont des problèmes techniques. Ce ne sont pas des problèmes de fond.
Tout le monde est d'accord sur ce qu'on vient de dire.
Maintenant, il faut savoir comment on va faire les...
Quand j'avais parlé de ça avec un braquier central, justement en Indonésie, il y a longtemps,
il m'avait dit, oui, mais ce qui est embêtant, c'est que Swift, ça marche très bien.
On appuie sur un bouton et tout marche.
Et il dit, là, maintenant, il va falloir monter des programmes, monter des systèmes.
Donc, il faut réinventer la roue, c'est-à-dire remettre en place des routines.
Et ça, ça prend du temps.
Il faut changer de software.
C'est comme de passer de, je ne sais pas, de Cobol à je ne sais pas quoi.
C'était autre chose à Fortran.
C'était dans ma jeunesse.
Ça n'existe plus, mais c'est plus, plus, je n'en sais rien.
Et donc, il faut changer de software.
Et à changer de software, c'est toujours une galère.
Oui, c'est comme un type qui ferait du codage qui devrait coder dans une autre langue.
C'est un peu la même chose.
Et donc, ensuite, je voulais évoquer les élections américaines
parce que, mine de rien, on en parle depuis des mois.
On en parle depuis au moins l'an dernier.
Et à chaque fois, je l'évoque en me disant, bon, ça arrivera, mais c'est dans longtemps.
Mais là, maintenant, on y arrive.
C'est dans 28 jours.
Le 5 ou le 6 novembre, je ne sais plus.
Le 6 novembre.
Et alors, je voulais en parler parce qu'on y arrive.
Et donc, depuis quelques jours, quelques semaines même,
Kamala Harris est plutôt l'underdog maintenant.
Elle a eu un petit quart d'heure de gloire cet été
lorsque elle a annoncé sa candidature, que Biden était out.
Elle était plutôt bien placée dans les sondages.
Alors, au niveau national, elle est toujours donnée devant Trump.
Mais bon, ça, c'est rien d'affolant.
Trump garde quand même un collège électoral déjà très fort.
Et puis aussi, il est souvent sous-estimé par les sondages.
J'ai regardé la différence état par état
entre ce qu'on lui donnait comme score un mois à peu près avant les élections
et le score qu'il a eu au final dans ses états.
Et il y a souvent une grosse différence.
Donc là, je voulais faire un petit tour d'horizon.
Avant que vous commenciez, je voudrais dire quelque chose qui me paraît important.
C'est que j'ai dit il y a quelques mois que les instituts de sondage,
ils étaient douteux parce qu'ils étaient un peu quand même,
qu'on le veuille ou non, dans les mains de l'État profond.
Parce que c'est eux qui les payent, il ne faut pas se tromper.
Ma thèse, c'était qu'on allait nous annoncer que Kamala Harris était en tête
pour essayer de créer un mouvement d'opinion en sa faveur.
Et qu'au fur et à mesure qu'on se rapprocherait de l'élection,
on aurait les chiffres de plus en plus vrais.
Parce que les sondages ne veulent pas se déconsidérer complètement.
Ils veulent bien.
Ils disaient, il y a trois mois, elle était populaire.
Maintenant, elle ne l'est plus.
Donc ça, ça peut arriver.
Et donc je disais, ce qui va se passer, si j'ai raison,
c'est qu'on va d'abord avoir Kamala Harris qui va être en tête.
Et puis ensuite, au fur et à mesure qu'on se rapprochera de la date,
les vrais sondages commenceraient à sortir.
Et on verrait Kamala Harris sera tatinée.
Tout à fait.
Donc j'ai l'impression que c'est un peu ce qui est en train de se passer.
C'est un peu ce qui se passe.
J'avais fait déjà un petit tour d'horizon, état par état,
il y a deux ou trois semaines.
Et on notait que les chiffres étaient extrêmement serrés.
C'est-à-dire qu'à chaque fois, il y avait des marges de 0,1, 0,2 %.
Et là, c'est encore très serré dans tous les états.
Mais on commence à voir des tendances quand même.
Notamment Arizona, Caroline du Nord et Géorgie,
c'est plutôt à la faveur de Trump.
Nevada, Wisconsin, Michigan, c'est un peu plus à la faveur de Kamala Harris.
La Pennsylvanie serait, selon toute vraisemblance, une égalité parfaite.
Sauf que c'est un petit peu ce dont je voulais parler.
C'est qu'il y a des différences entre ce qu'on annonce historiquement
un mois avant l'échéance et le jour de l'échéance.
Je voulais présenter une carte.
Si on prend les sondages trop au sérieux,
ce qui va être mon cas dans un but purement hypothétique,
la carte électorale ressemble aujourd'hui à peu près à ça.
C'est-à-dire qu'il n'y a vraiment que la Pennsylvanie
où là, pour le coup, c'est une égalité parfaite.
Et c'est hyper décisif parce que ça donnerait,
donc encore une fois, je prends l'hypothèse,
ce qui n'est peut-être probablement même pas ce qui va se passer le soir de l'élection,
mais ce qui nous donnerait Kamala Harris avec 257 grands électeurs
et Trump avec 262.
Donc la Pennsylvanie, c'est 19 grands électeurs.
C'est hyper important.
Et donc, ça va être vraiment peut-être le seul état clé au final de cette élection.
Et ensuite, je voulais faire un petit rappel, état par état,
parce que, par exemple, en Arizona, les sondages,
moi je regarde les sondages agrégés,
parce que si on regarde sondage par sondage,
en fait, rien ne veut rien dire.
Il y a des sondages qui sont commandés par la Fox,
qui sont plutôt favorables à Donald Trump,
d'autres qui sont commandés par le New York Times,
qui sont plutôt favorables à Kamala Harris.
La culture des sondages aux Etats-Unis, elle est vraiment très bancale.
Donc j'ai du mal à les croire individuellement.
C'est très difficile, parce que ça dépend complètement du...
Vous savez, aux Etats-Unis, vous avez trois catégories.
Vous avez les républicains qui sont inscrits,
les démocrates qui sont inscrits,
et vous avez les gars qui ne sont ni l'un ni l'autre,
qui ne sont pas inscrits.
Tout à fait.
Et donc, si vous voulez faire un sondage favorable à Trump,
vous surponderez dans votre sondage la partie républicaine.
Et puis, vous sous-ponderez la partie démocrate.
Et à ce moment-là, vous avez un résultat qui montre que
Trump est élu, ou le contraire, si c'est un sondage démocrate.
C'est pour ça que je suis persuadé qu'on a toute une série de sondages aujourd'hui
qui ont, depuis quatre, cinq mois,
depuis l'arrivée de Kamala Harris, favorisent Kamala Harris.
Mais c'est maintenant qu'on va voir la vraie évolution des ciné,
parce que pour les firmes qui s'amuseraient à surpondérer les démocrates,
pour essayer de faire arriver Kamala Harris,
ils risquent de perdre la clientèle pour la fin d'après,
s'ils sont entrepris partout trop haut.
Donc, automatiquement, ils vont tous, maintenant,
essayer d'avoir des sondages mathématiquement plus exacts.
Ils vont aplanir la courbe, effectivement.
Par exemple, à chaque fois, je prends les sondages agrégés.
En Arizona, on donnerait plus 1,4 point à Trump,
sachant qu'en 2020, les mêmes sondages agrégés
donnaient, un mois à l'avance, plus 3,1 à Biden
et plus 0,7 à Trump en 2016.
Alors sachant, on repart en 2020,
sachant que Biden était donné avec trois points d'avance à un mois du scrutin,
et bien, en fait, il a, au final, obtenu 0,3% de plus que Trump.
Il a quand même gagné l'État avec 2,7, même 2,8%.
Et beaucoup de contestations.
Beaucoup de contestations.
Parce que la graine de question, c'est aussi,
il y a eu des tas de choses qui n'étaient pas tout à fait normales
dans la dernière élection.
Et je ne crois pas que les républicains s'attendaient à ce qui s'est passé.
Donc, il est probable que, cette fois-ci,
il va y avoir des armées d'avocats qui vont être partout.
Et que, par exemple, il y a quelque chose d'extraordinaire
qui s'est passé à Californie.
C'est le gouverneur de Californie
qui a décidé qu'il interdisait de réclamer une carte d'identité
à celui qui allait voter.
Donc, c'était vraiment dire...
Je ne sais même pas si c'est constitutionnel de dire ça, d'ailleurs.
Mais, j'en sais rien.
Mais, en tout cas, il l'a pris.
Donc, aujourd'hui, en Californie,
vous pouvez vous appeler Joe Smith,
vous allez voter tranquillement,
et vous avez passé la frontière la semaine d'avant.
Donc, c'est quand même un petit peu curieux.
Et donc, on voit bien que les démocrates
sont arrivés à un point de désespoir.
Où, dans le fond,
parce qu'aux Etats-Unis,
vous ne pouvez pas louer une voiture,
vous ne pouvez pas prendre un avion
si vous n'avez pas une pièce d'identité.
Donc, prétendre que les Noirs...
On ne peut pas prendre de l'alcool avant 21 novembre.
On ne peut pas prétendre que les Noirs
n'ont pas de pièces d'identité
ou qu'ils ne sauraient pas les présenter.
C'est une insulte faite aux Noirs.
Donc, tout ça, c'est quand même assez bizarre.
C'est qu'on sent bien une espèce de désespoir.
Et je voudrais ajouter quelque chose.
C'est que, quand vous regardez,
autant les équipes de Trump, la première fois,
étaient médiocres,
autant, cette fois-ci,
les entourées de personnalités absolument imminentes.
— Oui, oui.
Moi, je suis assez fan de son vice-président.
— D'abord, le vice-président est très bien.
Elon Musk est très bien.
Tulsi Gabbard est très bien.
C'est une fille qui a été colonnelle dans l'armée.
Elle est passée aussi du Parti démocrate.
Elle avait été candidate
pour être présidentielle américaine,
la fois avant.
Vous avez toute une série géante autour de Trump
qui, aujourd'hui, sont d'une qualité tout à fait...
Et dont la moitié, sans parler de Kennedy,
sont d'anciens démocrates
et d'anciens du Parti démocrate d'autrefois.
C'est-à-dire celui que j'aimais moins.
C'est-à-dire des gens qui s'intéressaient aux petites gens
et pas à l'industrie pharmaceutique
et à l'industrie de l'armement
pour savoir comment ils allaient payer leur retraite.
— Oui, oui.
Par exemple, Philip Fabry analyse ça
en disant, finalement,
c'est une sorte de retour à un ancien clivage
qu'on avait déjà, par exemple, à la Rome antique
entre les Populares et les Optimates.
— Oui, c'est ça.
C'est ce que j'appelle, moi,
les hommes des arbres et les hommes des bateaux.
— Oui, voilà. On peut l'appeler comme on veut.
C'est la même chose.
— Et autrefois, dans la Rome antique,
il y avait les tribuns du peuple
qui étaient chargés de représenter
les intérêts du peuple auprès des Optimates,
les sénateurs ou les chevaliers.
Et on peut se dire qu'aujourd'hui,
on a d'un côté les tribuns du peuple
qui sont autour, maintenant, de Trump
et puis les Optimates,
parce que Mme Harris n'a pas été élue
dans les primaires.
Elle a été désignée.
— Elle a été désignée, oui.
— Comme l'avait été Biden.
Donc, c'est un petit peu curieux
de voir que les Républicains,
ils vont se bagarrer entre eux
pour savoir qui va être le candidat.
Les Démocrates ont dit,
ne vous inquiétez pas,
on va vous en trouver un qui sera convenable.
C'est pas du tout la même chose.
— Effectivement.
Et donc, si je reprends mon historique,
évidemment, je raisonne aussi en admettant
qu'il n'y ait pas eu de fraude électorale,
parce qu'encore une fois, en Arizona,
il y a 10 000 voix d'écart seulement.
Donc bon, il peut y avoir eu quelques magouilles.
Il y a des types qui disent
qu'ils ont voté 62 fois.
Parce que pareil,
si vous n'avez pas présenté votre carte d'identité,
vous pouvez aller dans un bureau de vote,
puis à celui d'à côté, puis à celui d'à côté.
Ça fera peut-être un petit peu cher
la journée en essence,
mais vous pouvez le faire
si vous êtes très militant.
Donc à chaque fois, en Arizona,
on observe que Trump fait à peu près
2 à 3 points de mieux
que ce que les sondages donnent
à un mois de l'élection.
Dans le Nevada, en revanche,
c'est un peu moins intéressant.
Les sondages, en général,
sont un peu plus proches des résultats finaux.
C'était à peu près le cas en 2020.
C'était à peu près le cas en 2016 aussi.
Clinton avait même eu une meilleure marge
que prévu.
C'était le seul État dans lequel c'était le cas.
En revanche, derrière,
vous allez avoir, par exemple,
le Wisconsin.
Alors le Wisconsin, c'est intéressant.
Aujourd'hui, le Wisconsin,
il est donné à 0,8% de marge,
c'est-à-dire quasiment rien à Kamala Harris.
En 2020, il était donné à 5,5% de marge
en faveur de Biden
et à 5,7% pour Clinton en 2016.
Donc malgré une grosse marge
annoncée quand même en faveur des démocrates en 2020,
la marge de Biden était passée
de 5,5% à 0,6%
pour un écart total de 20 000 voix.
Donc on passe vraiment d'une grosse marge initialement,
5,5% à 0,6%.
En 2016, on était passé d'une marge annoncée
de 5,7% en faveur de Clinton
à 0,8% en faveur de Trump.
Il avait remporté l'État.
Donc là, on a une grosse différence
sur un mois passé de 5,7% à moins 0,8%.
C'est vraiment beaucoup.
C'est probablement que les gens mentent
quand ils sont en particulier les troisièmes.
Ils disent, moi, je ne sais pas pour qui je vais voter
ou je vais voter pour le candidat convenable,
c'est-à-dire le démocrate.
Et puis quand ils arrivent dans la boîte,
ça s'est passé pendant longtemps
avec le Front National
et le Rassemblement National en France.
Oui, tout à fait.
Il y avait le fameux vote caché.
Les gens se disaient,
je ne vais pas dire que je vote.
Oui, effectivement, on observe ça avec Trump.
C'était le cas en 2016.
C'était le cas en 2020 aussi.
C'est ce que je trouve intéressant.
C'est qu'en 2016, on aurait pu se dire
peut-être que les instituts de sondage
ne mesuraient pas assez bien l'effet Trump.
Ils auraient dû se corriger en quatre ans.
Et ils ont quand même galéré à le faire.
C'est-à-dire qu'il y a encore des énormes écarts
entre les sondages de 2020 et les résultats.
Mais tout en tendance,
ça allait toujours dans le même sens.
Oui, tout à fait.
C'est-à-dire que historiquement,
on a un biais plutôt en faveur du candidat sortant.
Mais là, on a aussi un énorme biais en faveur de Trump.
C'est vraiment ce que je souhaite vous montrer état par état.
Pareil, dans le Michigan,
aujourd'hui, Harris est donnée gagnante avec 0,7 %.
Pareil, c'est rien.
En 2020, c'était Biden qui était donné gagnant avec 6,2 %.
Sachant que le jour du scrutin, ça a été réduit de moitié.
Il a gagné avec 2,8 % de marge.
Et en 2016, c'était Clinton qui était donnée gagnante avec 6,8 %.
Et le jour du scrutin, c'est Trump qui l'a emporté avec 0,23 % de marge.
Alors 0,23, c'est vraiment rien.
Sauf que quand vous passez de 6,8 à 0,23,
ça fait une différence de 7 %,
ce qui, encore une fois, sur un mois est absolument énorme.
En termes de sondage, c'est monstrueux.
Parce qu'en principe, ces sondages,
s'ils sont faits statistiquement de façon correcte,
ils ont une erreur moyenne d'estimation d'à peu près 1,5 %.
C'est-à-dire que c'est plus ou moins 1,5 %.
Donc si on vous dit que vous êtes à 7,
ça veut dire que l'État est à vous.
Mais en réalité, non.
Il y a eu une chute de 7 points.
Donc c'était trois fois ce à quoi on s'attendait.
Ce qui, en termes statistiques,
veut dire qu'on était dans les 0,1 % des cas.
Donc voir quelqu'un gagner 4 ou 5 points
entre le moment du vote et le moment du sondage,
ça veut dire qu'il y a un loup dans les sondages.
Et encore une fois, je prends les sondages agrégés,
c'est-à-dire que je ne prends pas les sondages les plus fandaisistes
qui donnaient vraiment les scores les plus élevés en faveur des démocrates
pour vous dire, regardez, il y a une grosse différence
entre les sondages pro-démocrate et la réalité.
Il faut se dire que Time Magazine avait préparé sa première page
au moment de Clinton, de Mme Clinton,
avec Mme Clinton élue.
Tout le monde pensait, quasiment tout le monde pensait
que Clinton allait être élue, effectivement.
Pareil, derrière, en Pennsylvanie,
parce que la Pennsylvanie, c'est l'État le plus important.
Aujourd'hui, les sondages disent que c'est plutôt un tie,
une égalité parfaite.
En 2020, c'était Biden qui était donnée gagnante
avec 7,1% de marge.
Et au final, il a gagné en 2020, mais avec 1,16% de marge,
soit 6% de moins qu'annoncé.
Encore une fois, c'est énorme.
Vous voyez que c'est souvent les mêmes chiffres,
5, 6, 7% de différence,
plutôt en faveur de Trump d'ailleurs.
Et en 2016, Clinton était donnée gagnante avec 7,5%.
Et le jour du scrutin, c'est Trump qui a gagné
avec 0,7% de marge.
Encore une fois, c'est pas beaucoup.
Mais la différence entre les sondages est absolument énorme.
Là aussi, il y a des raisons de penser qu'en Pennsylvanie,
si les sondages donnent les deux à égalité,
c'est plutôt bon pour Trump.
C'est le genre de...
En plus de ça...
Et on est encore en mois de l'élection, donc ils ont le temps de corriger.
Tout à fait.
Et il faut rappeler, spécifiquement pour la Pennsylvanie,
c'est là que Trump s'est fait tirer dessus.
Oui.
C'est là qu'il est revenu, le week-end dernier,
pour faire un meeting d'ailleurs, c'était absolument...
Avec Musk.
Avec Musk, d'ailleurs.
C'était absolument légendaire.
Il est arrivé sur l'estrade,
et il a remis le graphique sur l'immigration illégale
qu'il était en train de regarder au moment où il s'est fait tirer dessus.
Et donc, il met le graphique,
regarde tout le monde et il dit
« So, as I was saying... »
C'est absolument légendaire.
J'ai été interrompu.
J'ai été interrompu par un événement extérieur indépendant de ma volonté.
On reprend le meeting.
C'était à l'exact endroit où il s'est fait tirer dessus.
Et d'ailleurs, il va continuer de faire des meetings en Pennsylvanie pendant la semaine
parce qu'il a très bien compris que c'était la grosse clé de l'élection.
Et donc là, je vous avais dit, en 2020,
il y a eu une différence de 6% entre les sondages et la réalité.
Et en 2016, c'est encore plus,
puisque c'était 7,5% pour Clinton.
Et au final, Trump a gagné avec 0,7% de marge.
Et il faut se souvenir que c'était à l'époque que Mme Clinton avait dit
qu'il y avait tous ces gens qui votaient pour Trump
qui étaient des déplorables, des deplorables,
c'est-à-dire vraiment des crétins,
et qu'elle ne s'intéressait pas aux crétins, qu'elle n'allait pas faire campagne chez les crétins.
Et ça avait fait un effet profond sur l'électorat de crétins
qui avaient tous du coup décidé de voter pour Trump.
En force de prendre les gens pour des imbéciles.
Surtout sur un État aussi important que la Pennsylvanie.
Trump parle beaucoup à ces gens-là
parce que toute sa volonté de réindustrialiser l'Amérique,
de renvoyer le pouvoir vers la base,
de remettre des usines, etc.
Le vrai truc de Trump, c'est qu'il n'arrête pas de dire
écoutez, on est gouverné par des gars à Washington
qui ont été achetés, et c'est le cas,
par l'industrie pharmaceutique, par l'industrie, c'est ce que dit Kennedy aussi,
par l'industrie de l'armement, etc.
Et ils prennent des mesures qui n'ont rien à voir avec votre intérêt.
Donc on va dégonfler l'État.
Ce que disait Milton Friedman, c'est
si vous vivez mal, je ne sais pas où,
dans le Colorado, c'est parce qu'ils vivent trop bien à Washington.
Et ça, je crois que tous les Américains en sont convaincus.
Donc vous dites, si vous voulez vivre bien,
il faut peut-être que l'immobilier baisse à Washington.
Oui, effectivement.
Et bon, derrière, il y a la Caroline du Nord.
La Caroline du Nord, il y a de fortes chances que Trump la gagne.
Caroline du Nord, c'est aussi là où vivent beaucoup de gens,
à Washington, justement.
Et pour certains, la Caroline du Nord,
ce n'est même pas un swing state,
tellement Trump y est favori,
même s'il n'est donné qu'avec 0,6% d'avance dans les sondages.
Pareil, historiquement, il y gagne pas mal de points le jour du scrutin.
Donc là, il n'a même pas besoin de gagner des points.
En fait, quand vous regardez votre carte, qui est intéressante,
vous voyez que les États qu'a Madame Harris,
c'est des très gros États qui ont énormément de voix.
Par exemple, la Californie qui fait 53 voix, 54 voix, c'est énorme.
L'État de New York qui en fait 26.
Donc, quelque part, on peut dire que
Harris est en tête dans tous les États
qui sont, on peut dire, gérés par les démocrates
et c'est là où il y a les principales prestations sociales, etc.
D'ailleurs, la population file de ces États pour aller vers les autres.
Et tout le monde quitte la Californie pour aller au Texas en ce moment, par exemple.
Et Trump est largement majoritaire
dans les États où il y a peu de monde.
C'est-à-dire que c'est vraiment la lutte
des villes contre les campagnes.
Et on observe le même phénomène à l'intérieur même des États.
Par exemple, je voulais parler de la Géorgie.
À la fin, la Géorgie aussi c'est un État assez important.
C'est là qu'il y a Atlanta.
Il y a 16 grands électeurs, c'est là qu'il y a Atlanta.
Pourquoi c'est un État important ?
C'est parce que c'est devenu un peu un swing state
alors qu'on ne pouvait pas s'y attendre.
Historiquement, c'est un État vraiment très républicain quand même.
Mais pas Atlanta.
Mais pas Atlanta, effectivement.
Alors, il y a plusieurs villes,
plusieurs métropoles qui sont assez bleues.
Plusieurs agglomérations.
Il y a Atlanta, il y a Augusta, Savannah et Columbus.
Et c'est un État qui s'urbanise pas mal.
Et donc, plus vous vous éloignez de ces quatre villes,
plus vous êtes dans des coins où ça vote à 80-90% pour Trump.
Il n'y a vraiment pas de débat.
Mais la taille que prennent ces énormes villes
peut faire basculer le vote en faveur des démocrates.
Et ça a été le cas, justement, aux dernières élections.
Alors, avec une marge extrêmement faible.
La géorgie est aussi très discutée, effectivement.
La géorgie, c'est énormément d'habitants.
Mais la différence de vote en 2020,
c'était 12.000 voix en faveur de Biden,
si on en croit les chiffres officiels.
Alors aujourd'hui, Trump est quand même donné gagnant dans cet État.
1,5% de marge en sa faveur, selon les sondages agrégés.
Pareil, si je regarde sur Polymarket,
64% des gens pensent que Trump va gagner l'État.
Donc il est quand même assez largement favori là-dedans.
Mais voilà, il y a toujours un doute,
parce que c'est un État qui, quand même,
compte de plus en plus de minorités.
À la fin des années 80, 70% des habitants de la géorgie
étaient des Blancs non hispaniques.
Contre 51% aujourd'hui.
C'est un État qui a gagné 1 million d'habitants depuis 10 ans.
Et puis, encore une fois, ça s'urbanise.
Les villes sont de plus en plus grosses.
Alors si vous voulez rigoler,
vous voyez la carte que vous verrez sur l'apparatus de votre écran.
Vous partez de la New Orleans.
Vous avez la New Orleans qui est là-bas.
Et vous remontez vers Toulssin-Laurent, vers le Canada, comme ça.
Et vous avez tout ce qui était la partie française.
C'est-à-dire que tout ce qui était la partie française,
ça vote Trump.
La Louisiane historique, ouais.
La Louisiane historique, ça remonte comme ça.
Ça vote Trump dès demain.
Et puis, vous avez les Quaker et tout à droite.
Et puis les Bobos à gauche qui votent tous.
Donc on peut dire que c'est la partie historique française,
celle que Napoléon a vendue,
contre la partie...
contre les colonies de départ.
Et puis les FADRA.
Il y a un peu de ça, oui.
Alors effectivement, toute la partie de la Nouvelle-Angleterre,
c'est plutôt démocrate.
Ils sont tous démocrates.
Et la partie française, effectivement, est plutôt républicaine.
C'est vrai, j'avais pas fait cette observation.
Vous remontez comme ça, vous retrouvez toute la partie française.
Quand vous allez par exemple dans le Minnesota, etc.,
c'est Marquette.
Marquette, c'était un des explorateurs français
qui avait créé Minneapolis.
Donc tout ça, c'est rigolo, parce qu'on voit bien
toute cette immense arc, c'était...
Ouais, c'est intéressant.
Et alors encore, toujours sur la Géorgie,
pareil, parce qu'on parlait de cette...
des législations pour aller voter,
parce que c'est quand même une clé de cette élection,
parce qu'il y a eu tellement de...
Le Covid a beaucoup pédé,
parce que les votes par correspondance...
Par exemple, Trump l'avait largement apporté
par les votes physiques.
Et quand on a mis les votes par correspondance,
il a perdu.
C'est-à-dire que, comme disait Pompidou,
quand même, le vote par correspondance,
c'est quand même la meilleure façon de frauder.
Oui, oui, tout à fait.
Ce qui l'avait interdit, d'ailleurs.
Ouais, mais c'est...
C'est normal.
Même en admettant que tous ces votes par correspondance
sont vrais,
ça ne favorise pas la confiance dans la démocratie.
Évidemment, on peut toujours se dire
qu'il y a eu des bidouillages.
Mais en plus, si vous voulez,
le Covid avait forcé le vote par correspondance,
parce que les gens ne voulaient pas aller faire d'accueil,
ils allaient attraper la maladie,
ils allaient mourir.
Et donc, il y a des gens qui ont dit
que c'était arrivé juste à point
pour que Trump soit battu, le Covid.
Donc, il y a déjà une bataille
qui est engagée en amont,
c'est justement toutes ces règles électorales
pour savoir comment on va voter.
Et donc, justement, en Géorgie,
il y avait eu pas mal de polémiques
sur ce qui s'était passé le jour du vote.
Et alors, depuis, les règles ont un peu évolué.
Il y a eu une loi qui a été votée en Géorgie,
la loi SB02.
Donc, la loi SB02,
c'est contrôle strict des pièces d'identité,
interdiction de donner aux citoyens de l'eau
ou de la nourriture aussi
à moins de huit mètres de la queue
devant les bureaux de vote.
Sachant que souvent, en plus de ça,
les queues les plus longues,
c'est souvent dans les quartiers suburbains,
quand même assez peuplés de minorités.
La loi prévoit aussi une hotline gratuite
pour dénoncer les fraudes et les irrégularités,
ce qui fait que les résultats de l'État
seront sans doute un peu tardifs le jour du vote,
parce que s'il y a pas mal d'appels,
forcément, ça retardera le call définitif.
Alors que toutes ces lois ont été complètement interdites
dans l'Ouest,
c'est-à-dire aussi bien dans l'Oregon
que dans la Californie.
Donc tout ça, si vous voulez,
on peut se penser qu'il y a quand même des gens
dans le Parti démocrate
qui trouvent que c'est plus facile
de gagner des élections
si on fait ce qu'il faut pour ça.
Oui, c'est sûr.
D'ailleurs, je trouve que c'est assez révélateur
se dire qu'il ne faut absolument pas
regarder les pièces d'identité.
Moi, je me méfierais quand même d'un parti politique
qui serait autant à cheval sur ce point-là.
Je me dirais, évidemment, il faut vérifier.
Il faut expliquer ça historiquement.
Il y avait des lois, le Jim Crow Law,
qui était dans le sud des États-Unis
après la guerre de sécession et tout,
où les démocrates à l'époque déjà,
puisque c'était les démocrates
qui contrôlaient tout le sud des États-Unis,
avaient fait passer des lois
pour que le type qui ne savait, par exemple,
pas très bien lire ou écrire
ou qui ne pouvait pas professeur d'identité
ne pouvait pas voter.
Et il se trouve que c'était souvent des noirs.
Alors, quand vous faites des contrôles importants
sur les gens qui votent,
maintenant, aujourd'hui, les démocrates disent
vous voulez faire repasser les lois Jim Crow.
Mais la réalité, c'est que c'était déjà
les démocrates qui faisaient ça.
Parce qu'il ne faut pas oublier
que le parti républicain,
c'est celui qui était contre l'esclavage.
Et les démocrates, ils étaient tous dans le sud.
C'est ça, comme Candice Owen dit
que le but des démocrates,
c'est toujours de maintenir les noirs dans la plantation.
C'est-à-dire qu'on les arrose
et comme ça, ils font ce qu'on leur dit.
Je vous explique un petit peu
cette histoire des lois anciennes.
Dès que quelqu'un veut contrôler les élections,
les démocrates disent
ça y est, vous voulez empêcher les noirs de voter.
Alors que c'était eux, les démocrates,
qui les empêchaient de voter.
C'est quand même rigolo.
Ils rappellent leurs crimes.
Et puis bon, comparer des tests comme ça
avec juste demander une carte d'identité.
Mais vous ne pouvez pas louer une voiture.
Les actes civils les plus anodins,
il faut avoir sa carte d'identité.
Vous pouvez avoir de l'avion
si vous ne montrez pas une pièce d'identité.
Et puis tout le monde a un permis de conduire aux Etats-Unis.
Oui, vous faites contrôler sur la route,
vous devez montrer une pièce d'identité.
Bien sûr.
Je ne vois pas exactement où est le problème
de demander aux gens de justifier
qu'ils sont inscrits sur une liste.
Et en Californie, ils ne vérifient même pas
si le gars qui est inscrit sur la liste est citoyen.
Encore, on a envie de se dire
en Californie, on sait déjà quel va être le résultat.
Evidemment, ce n'est pas correct,
mais à la limite, ça ne changera rien.
Mais en revanche, justement,
sur tous ces Etats-clés, sur la Géorgie,
sur la Pennsylvanie, sur tous ces Etats-là.
Il y a aussi autre chose qu'on me dit tout le temps,
c'est que les Etats-Unis, ce n'est pas une démocratie
parce que le type qui a eu le plus de voix,
il n'est pas toujours élu.
Attendez une seconde,
vous avez ces grands Etats, New York, la Californie,
l'Oregon, etc., qui ont plein de voix.
Si vous êtes un républicain,
vous pouvez aller voter pour votre local,
votre sénateur ou je ne sais pas quoi,
mais ça ne sert à rien de voter pour le président
puisque de toute façon,
ce sera un démocrate qui gagnera.
Donc, si on passait un système
où c'était celui qui a le plus de voix qui était élu,
je suis bien sûr, c'est-à-dire que les républicains
qui ne vont pas voter parce que ce n'est pas la peine,
ça ne sert à rien.
C'est comme de voter pour le Rassemblement National
dans le 16e, si vous voulez.
Et encore dans le 16e,
c'est déjà plus utile que dans le 12e.
Donc, vous vous retrouvez,
vous avez tout de suite 2% des voix qui voteraient
parce que ce n'est pas la peine d'aller voter.
Donc là, vous avez tout le sud,
tout l'ouest et tout l'est
où les républicains ne vont pas voter,
ça ne sert à rien.
Mais ils voteraient à ce moment-là.
Et donc, c'est, encore une fois,
prendre une situation donnée
et en tirer une conclusion
qui est infirmée
par la façon dont elle s'est organisée.
Donc,
les performateurs des Etats-Unis
ont décidé, pour éviter que,
à l'époque aussi, quand ça paraisse,
que la Virginie, qui était l'État
le plus peuplé, ne domine complètement
les Etats-Unis,
ils ont fait cette histoire de
il y aura tant de voix par la population, etc.
Donc, pour maintenir
les privilèges des minorités.
Moi, je trouve ça bien.
Oui, mais en même temps,
c'est les Etats-Unis d'Amérique.
Chacun des Etats doit être représenté.
Et si, dans le fond,
le gouvernement des Etats-Unis était toujours
présidé et par la côte ouest
et par la côte est, et que les autres
n'étaient jamais un président élu,
à ce moment-là, le Texas ferait sécession.
Si vous voulez éviter la sécession,
la seule façon, c'est que...
Oui, il y aurait peut-être une sécession
de toute la Nouvelle-France.
Oui, ce qu'on devrait faire, c'est
financer, avec toutes les ressources
monstrueuses que la France dispose,
le mouvement de retour à la France,
de toute la zone,
de toute l'ancienne Louisanne française
qui est remontée jusqu'à la frontière canadienne.
Et puis là, on aurait un bel allié.
Oui, tout à fait. Ce serait intéressant.
Oui, mais avec ce qui passe en France,
on aurait plus de facilité à fusionner
avec les deux autres, nous.
Oui, effectivement.
C'est sûr que l'inclination
politique pour la France
n'est pas tellement favorable.
Si vous parlez aux Texans
de l'éthique française en ce moment,
ils sont un peu litigés.
Même le Rassemblement National
trouve Trump un peu extrémiste.
Le Rassemblement National,
il me fait beaucoup de peine,
parce que maintenant, il est pour l'Europe,
il est pour l'euro,
il est pour l'OTAN,
et...
j'ai du mal à comprendre
exactement...
Où est-ce qu'on va ?
Où ils vont, eux ?
Parce que
si le Rassemblement National
ne se bat pas
pour la souveraineté,
j'ai des doutes.
Pourquoi est-il national ?
On devrait appeler ça le Rassemblement des corneaux.
Comme ça, tout le monde serait d'accord.
C'est en fait ce que pensent les autres.
C'est pas moi qui pense ça,
j'aime bien les gens du RN.
Je ne comprends pas la politique du RN aujourd'hui.
Non, moi non plus. Je ne suis pas dans les petits papiers,
malheureusement.
C'est vrai que j'ai du mal à comprendre la stratégie.
La stratégie, c'est de remplacer le RPR
de façon à être certain d'être liquidé ?
Oui, et encore, être un peu plus à gauche
que les RPR des années 80, déjà.
Je pense que quelqu'un...
Si on remettait Pasqua
dans ses plus belles années aujourd'hui...
Il n'irait pas au RN ?
Je pense qu'il se dirait que le RN,
c'est un peu trop sympa,
un peu trop doux.
Effectivement, nous avons ce problème-là
en France, qu'ils ont moins.
Grâce à cette politique,
ce clivage, justement,
entre ces deux grands partis,
on peut, aux Etats-Unis,
c'est ce qu'a fait Trump, on peut prendre
d'assaut le parti républicain et en faire
à peu près ce qu'on veut.
Mais il a complètement transformé
la psyché américaine,
parce que, logiquement,
le parti qui aurait dû être en bleu au centre,
c'était le parti de la classe moyenne, travailleuse et tout,
c'était les démocrates.
Et puis là-bas, il y avait les FADA,
les républicains bien élevés,
qui étaient les hommes d'affaires.
Et puis Trump, il a réussi
à inverser la couleur de la carte,
c'est-à-dire qu'il pose maintenant le parti républicain
comme le parti des petits gens.
Ce qui n'était pas du tout le cas
quand j'avais 20 ans.
Il suffit de regarder
quels étaient les swing states,
par exemple, en 2008,
dans les années 2000 ou 2008-2012.
Et il y a des états
qui sont devenus des états-clés
en 2016.
L'Ohio, par exemple,
c'était le cas.
L'Ohio, il est toujours rouge.
À la fois, il passait de rouge à bleu.
Aujourd'hui, ce n'est même plus un swing state.
Ou, inversement,
par exemple, avant, la Floride était un swing state.
Aujourd'hui,
c'est un état rouge.
On ne regarde même plus ce que va voter
la Floride aujourd'hui.
Le Texas passait de temps en temps de l'un à l'autre.
Johnson, qui a été le président,
il était texan.
C'était très curieux.
Tandis qu'aujourd'hui,
le texan...
Il y a un drame. Les texans sont très fâchés, d'ailleurs.
J'en connais un certain nombre. Il y a tous les corneaux qui filent de Californie
parce qu'ils ont voté comme des cons.
Et qui viennent de Texas, ils continuent à voter comme des cons.
Ça énerve beaucoup les texans.
Ils disaient que si vous votiez chez nous,
vous ne pourriez pas voter comme nous.
Le Texas, aujourd'hui,
c'est dans l'identité de l'état
d'être républicain.
Pareil, encore une fois,
il y a les grandes villes. Il y a Houston, San Antonio...
Il y en a une, c'est Austin. Austin est plutôt démocrate
parce que c'est la grande ville universitaire.
Donc là où il y a des professeurs,
il y a de la gauche.
Voilà, exactement. De toute façon,
là où il y a des grosses villes, en général,
c'est là où c'est le plus démocrate.
Mais effectivement,
sur tout le reste de l'État,
c'est Trumpiste à mort. Il n'y a même pas de question.
C'est une évidence.
Juste au-dessus, il y a l'Oklahoma.
Et là aussi, c'est bien l'Oklahoma.
C'est toujours rouge vif, ça.
Quoi qu'il se passe.
Les démocrates essayent d'inverser ce processus,
notamment par le biais de l'immigration.
C'est ce qui énerve beaucoup les républicains.
L'immigration, ceux qui reçoivent le plus dans
les immigrés, c'est tous les États bleus.
En fait, plus vous mettez l'immigration,
plus ils vont dans les États bleus,
parce que c'est là qu'il y a les subventions,
et plus les États bleus font faillite.
Et donc, c'est une victoire à l'appui russe.
Le pauvre Texas,
qui est né dans la frontière avec le Mexique,
il en reçoit un paquet aussi.
Mais là, je ne crois pas qu'il soit autorisé à voter.
Justement, c'est pour ça que c'est d'autant
plus une question, la question
de vérifier l'identité.
Parce que quand vous avez plus de 6 millions
de personnes...
L'élection s'est faite à 70 000 personnes
la dernière fois.
Quand je vous ai rappelé qu'en 2020,
par exemple en Géorgie, il y a 12 000 voix
d'écart entre
Biden et Trump.
Quand je vous dis que dans le Wisconsin,
il y a eu un écart de 20 000 voix,
c'était quoi aussi ? C'était dans
l'Arizona, il y a eu
un écart de 10 000 voix. Vous voyez bien que c'est
des États qui sont hyper importants.
Mais l'élection américaine
la dernière fois, c'est faite à 70 000 voix.
Oui, voilà, c'est en additionnant tout ça.
Vous mettez des bus
pour les immigrés pour qu'ils aillent voter
sans papier d'identité, c'est bon.
Ils votent des bus
et ils font 5 ou 6
bureaux de vote.
Dans la journée, tu n'as qu'à faire.
On peut faire le tour de l'État.
On peut faire un state tour, bien sûr.
On y va.
Je voulais faire un tour d'horizon
pour que vous soyez vraiment au courant de ce qui se passe.
Il y a aussi autre chose,
c'est que dans tous ces États du Sud,
il y a beaucoup de Mexicains,
de Latino-Américains
qui sont arrivés légalement depuis des années.
Croyez-le ou pas,
mais ils sont assez fâchés de voir arriver les nouveaux
Latino-Américains parce que
ça fait baisser terriblement leur salaire.
Les Latino-Américains qui votaient
à 80% démocrate
sont en train d'arriver à 50%.
On voit bien que les Latino-Américains
installés, qui sont arrivés légalement,
la politique des démocrates,
ça ne les stimule pas énormément.
Effectivement, il faudrait
qu'ils aient des indicateurs pour voir
si c'est des Latinos qui sont
arrivés il y a 20 ans, il y a 30 ans, il y a 40 ans.
Je peux vous dire que
tous ceux qui sont arrivés de Cuba, qui sont tous en Floride,
là, ceux-là,
il ne faut pas leur raconter des conneries sur les démocrates.
C'est-à-dire que les Latinos
globalement votent plus démocrate que républicains.
Mais pas en Floride. Pas les Cubains.
Pas en Floride.
Et c'est de moins en moins le cas.
Trump arrive quand même à limiter cet effet-là
des immigrés qui votent automatiquement
pour les démocrates.
C'est un peu le cas, même si les Noirs votent
très majoritairement pour les démocrates.
Il semblerait que ce sera un peu moins le cas
en 2024.
Il passera de 70% de Noirs
à 45%, quelque chose comme ça.
Il a fait aussi...
C'est aussi correct que ça parait.
Les Latinos, et un peu les familles noires aussi,
sont très conservateurs.
Du point de vue sociétal.
C'est-à-dire la famille et tout ça.
Les Noirs, un peu moins. Mais les Latinos, beaucoup.
Et très chrétiens, ils vont à la messe et tout.
Et donc, ce qui se passe,
c'est que tous les trucs des woke,
de raconter des conneries dans les écoles et tout...
Oui, ça, ça leur parle.
Ils n'aiment pas du tout.
C'est pour ça qu'ils vont vers Trump.
C'est du point de vue sociétal.
C'est qu'ils n'aiment pas ce qu'on leur raconte.
En Floride, pour le coup,
comme il s'appelle, Ron DeSantis
a fait un travail énorme, justement,
pour se mettre les Latinos dans la poche avec ce genre de trucs.
Il a énormément lutté contre le wokisme
à l'école et dans les universités.
Il y a les deux sénateurs de Floride, d'ailleurs, dont les parents étaient Cubains.
Qui sont arrivés de Cuba.
C'est Rubio, je crois.
Rubio, ses parents étaient Cubains.
Il est arrivé les pionniers, quoi.
Non, mais c'est vrai que dans ces états-là,
il y a ce phénomène,
effectivement, des Latinos
qui deviennent
très Américains
et qui s'assimilent
un peu à la culture.
Parfois, ça parle un petit peu latino à la maison.
Enfin, espagnol.
Mais ça ne gêne pas.
Ce n'est pas grave de parler deux langues.
Il n'y a qu'une seule langue officielle.
En France, jusqu'à à peu près l'installation
du service militaire
par la Troisième République,
tout le monde ne parlait pas trop local.
Et puis,
on apprenait les Français à l'école.
D'ailleurs, ils étaient vachement bons.
Quand ils ont passé le certificat d'études,
ils étaient vachement bien les mecs. Ils savaient tous parler un français parfait.
Et moi, je me souviens,
dans une partie de ma famille qui était dans le Béarn
il y a longtemps,
les mères mettaient une raclée
à leurs fils ou à leurs filles
dès qu'elles les entendaient parler pas de toi.
Parce que
c'était dire qu'ils allaient rester toujours
bloqués à la campagne.
La façon de monter,
c'était de se mettre à parler le français
et de passer des diplômes.
C'était l'école républicaine.
J'imagine que c'est la même chose aux Etats-Unis.
Oui, je pense que dans certaines familles,
oui, quand même.
Pour les latino-américains, oui.
Effectivement, c'est une démographie.
Alors, les immigrés très récents
votent plutôt, même très majoritairement
démocrate, mais
les familles installées depuis plus longtemps
penchent de plus en plus
en faveur des républicains, en tout cas
en faveur de Trump.
Ça, c'est assez clair.
C'est un truc qu'on peut observer.
Donc voilà, je pense
qu'on a fait un gros tour, quand même,
sur ces élections américaines.
Quatre semaines, à peu près,
du scrutin. Je voudrais, je te dis quelque chose,
c'est que pour moi, aujourd'hui, c'est une élection extraordinairement
importante. Pour nous, c'est très simple.
D'un côté, vous avez un candidat qui est présenté,
qui est soutenu par
de grandes sociétés, etc.
Et de l'autre côté, vous avez une espèce
de fada Trump, mais qui cette fois-ci s'est
entouré de Kennedy, qui a
vraiment des sujets importants sur la santé,
les enfants, etc.
De Musk, qui va nettoyer
l'État américain,
qui sera chargé d'enlever
tous les gars qui servent à rien, quoi.
Ils sont payés à ne rien foutre et à emmerder les autres.
Vous avez Tulsi Gabbard,
si elle pouvait être nommée ministre de la Défense,
ce serait le pied. Donc, il est entouré,
contrairement à ce qu'elle était la dernière fois, où il avait
une série de crétins autour de lui
qui étaient tous des vatanguers
du style de Bolton et compagnie.
Là, il est entouré d'une équipe
qui fait envie, quoi.
La dernière fois, il était entouré
des classiques
du parti républicain.
Ils étaient tous des néoconservateurs, c'est-à-dire qu'il fallait les casser
la gueule.
Louis était à une conférence
avec John Bolton, le fou,
qui avait été nommé
par Trump son conseiller
pour les affaires internationales, donc c'était une folie.
John Bolton
avait parlé après Louis et John Bolton sortait
et disait, il faut bomber l'Iran,
il faut bomber l'Iran, il faut bomber l'Iran.
Donc, le mec, il pensait qu'à bomber l'Iran,
bomber...
C'était des grands mal, alors que Trump, c'était pas tellement dans ses idées.
Lui, il est pas tout à fait pour les guerres, quoi.
Donc, il les a tous virés.
Le vice-président,
c'était un...
— Non, j'allais dire McCain, c'est Pence.
— Pence, ben, il était aussi...
Il fallait faire la guerre à tout le monde, on n'avait pas livré
assez d'armes
à l'Ukraine, et donc...
Donc, il est arrivé avec un va-t-en-guerre
poussé par le... Enfin,
ayant choisi des gens du complexe
méditerranéen industriel, et là,
pas du tout.
C'est-à-dire que c'est toute une partie intelligente du Parti démocrate
qui devrait se dire, comme il y a la moitié
de son équipe qui sont des anciens démocrates,
et des non. Parce qu'Humnesco aussi
était un démocrate. Donc, je me dis,
si les États-Unis, si Trump
perd cette fois-ci,
c'est que vraiment, on le verrait dans le fruit
et à ce moment-là, on est mal barrés, les mecs.
— Oui. Oui, oui. Et, ben,
encore une fois, il y a...
Dans cette élection,
il y a, pour beaucoup de Républicains,
un enjeu quasiment définitif.
— Oui. — C'est-à-dire qu'ils disent,
si Kamala Harris a encore le pays pendant
4 ans, peut-être que le pays
ne pourra jamais revenir...
— Non, c'est-à-dire que l'État profond a pris tellement de positions
qu'on pourra plus les virer. — Oui, oui.
— Mais déjà, ils ont pris le contrôle de la justice.
Le ministère de la Justice, on a vu ce qu'ils en ont fait.
— Oui. — Donc, il faut...
Il faut retransformer...
Je vous raconte... — Donc, c'est... Comment dire ?
— Il faut retransformer les États-Unis en une démocratie.
— Oui. — Ce qu'elle n'est plus.
— C'est-à-dire que, voilà, c'est un enjeu, déjà, au-delà
des programmes, des...
— Il n'y a pas de programme, sauf de débarrasser
de l'État profond.
— Il y a un enjeu démocratique, effectivement,
parce que beaucoup de gens pensent que, si Kamala Harris
gagne, le pays
sera peut-être condamné à être démocrate.
— Et surtout, c'est pas elle qui gouvernera.
— C'est peut-être... Voilà. — Parce qu'elle a un pauvre enfant.
— Oui.
— Elle a le QI d'un escargot.
— Voilà. On pensait parfois
que... Enfin, on aurait pu penser que
pendant le mandat de Joe Biden,
c'était Kamala qui était derrière, mais...
— Ah non. Il pouvait pas la voir,
d'ailleurs, parce qu'il avait mis... Il la voyait jamais.
Il y avait jamais de rencontre.
— Et alors que
si Trump gagne, il y aura toujours une possibilité
derrière de revenir
au démocrate. Donc, voilà.
— Mais pas les mêmes. — Peut-être pas les mêmes.
— Parce que le Parti démocrate s'est fait capturer
par une espèce de groupe
qu'on connaît tous. Et la grande question,
c'est si le Parti démocrate perd là,
surtout s'il perd en plus les deux chambres,
à ce moment-là, il va y avoir un sacré
nettoyage dans le Parti démocrate, quoi.
— Ouais. C'est une possibilité. — Parce qu'ils ont...
Pour en parler clairement, on peut dire que
les Trotskistes ont pris le contrôle du Parti démocrate, quoi.
— Ouais. Ouais.
Et donc, voilà. Je sais pas trop
ce que... — Je sais pas ce que ça va donner,
mais en tout cas, je peux vous dire que si jamais
c'est les démocrates
qui gagnent, ça va secouer.
— Ouais.
C'est sûr qu'on préférerait
que ce soit le bon Donald.
Donc, voilà.
On en reparlera, j'imagine,
d'ici la fin du mois.
Cette élection arrive à grands pas.
Donc, voilà. Il y a quand même
plusieurs sujets en ce moment. Israël, le budget
et les élections américaines.
Donc, voilà. J'espère que
vous avez bien tout compris ce que j'ai essayé
de vous raconter. Et puis, je vous remercie,
bien sûr, comme d'habitude, pour votre attention,
si vous êtes abonnés
à la page, tout ça.
Et je vous dis à très bientôt pour un nouveau
Daily d'opinion. Merci. — Vous savez ce que disait
Greenspan, qui était le banquier central,
quand il donnait des explications sur sa politique monétaire ?
Il disait toujours
« Si vous avez compris ce que j'ai dit, c'est que je me suis mal exprimé. »
— Voilà.
J'espère quand même que vous avez compris,
parce que j'espère m'être bien exprimé.
Je suis pas un banquier central.
— La femme faisait poil
quand elle disait ça.
— Bon. Merci beaucoup.