Charles Gave reçoit Laurent Obertone pour son dernier livre "Guerre"
Laurent Obertone est ne dans le Jura en 1984, Laurent Obertone est l’auteur à succès de La France Orange mécanique et de la trilogie Guerilla. Après l’ère des constats, il apporte, à la suite d’Éloge de la force, une contribution frontale et plus tranchante que jamais à sa quête de solutions. Attention : cette Guerre ne fait pas de prisonniers.
Introduction et résumé du livre par Charles Gave 01:10 la naissance d'un véritable écrivain Ferdinand Bardamu? Le livre d'un moraliste Chrétien. 04:41 D'ou sortez vous? 06:51 L'écriture. 07:51 La première partie du livre de Laurent Obertone. Le péché et le crime. 13:20 La peur de tout en France. 17:00 La similitude dans les messages Européens. 22:00 La guerre du Logos 27:35 Les solutions individuelles.
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Et bien bonjour, vous êtes à l'Institut des Libertés et j'ai le plaisir, j'ai presque
envie de dire l'honneur de recevoir Laurent Auberton.
Alors, je vais vous expliquer pourquoi l'honneur, parce que je vous lis depuis un grand moment.
Vous avez commencé il y a dix-douze ans avec l'Orange Mécanique, là ?
C'est ça.
2013.
2013, ça c'est à peu près.
Puis vous avez écrit l'année dernière, on s'était parlé sur un document que vous
aviez fait sur la nécessité de la séparation des sexes, qui était aussi quelque chose
qui me tient à cœur.
C'était très intéressant aussi.
Mais là, cette fois-ci, ce livre que vous avez écrit, et bien c'est très bien, c'est
vraiment très bien.
Et je vais essayer de faire pour les auditeurs un petit résumé de ce que j'ai compris
de votre livre.
D'abord, je leur dis, ils ne savent pas que vous pourriez le lire, c'est que vous devez
le lire.
Il y a deux raisons, d'abord, ce que dit Laurent est très important, et ensuite, je crois
qu'on est en train d'assister à la naissance d'un écrivain, la vraie.
Et pour moi, c'est quelque chose de très puissant.
Donc, je vais essayer de vous dire ce que j'ai ressenti à la lecture de votre livre.
La première des choses, c'est que vous n'avez pas écrit un livre, mais deux, qui sont dans
le même.
Vous avez d'abord écrit comment on était dans une société imbécile que vous appelez
la secte, etc.
Donc, où l'individu est broyé, enfin, et là, aussi correct que ça paraisse, vous
m'avez rappelé Barzamu.
Vous savez, Céline, cette espèce de violence dans l'écriture qui est très colloquiale.
Là, vous avez une écriture très colloquiale qui essaye d'accrocher les gens en parlant
la langue de tous les jours.
Et vous avez une espèce d'indignation qui vous pousse, qui est de bonne facture.
Et donc, cette première partie est très intéressante, j'y reviendrai, on en reviendra
dans la discussion.
Et la deuxième partie, c'est que dans le fond, vous dites, nous sommes aujourd'hui
dans une espèce de société qui cherche à détruire l'individu, qui empêche l'individu
d'être libre, en quelque sorte, et vous donnez une série de recettes pour retrouver
votre moi, en quelque sorte.
Et là, vous retombez, si j'ose dire, c'est pas retomber, c'est s'élever dans tout
ce qui était un peu le stoïcisme chrétien.
C'est-à-dire, les gars, il faut du silence, il faut regarder, il faut respirer, il faut
rester à l'écart, il faut sortir des bruits.
Donc, si vous voulez, on retrouve Sénèque, on retrouve les mémoires d'Adrien, donc
c'est deux livres très curieux parce qu'ils sont l'un d'un côté de l'autre et vous
n'utilisez pas le même ton, c'est-à-dire que dans le premier, c'est un peu comme,
vous savez, je ne sais pas si vous avez écouté ça sur le téléphone, les quatre saisons
d'Ivaldi, quand il y a l'orage qui arrive, vous savez, vous avez un bruit pas terrible
et puis ensuite, ça se calme, ou la nuit sur le Mont-Chauve, il y a une petite cloche
qui sonne et puis tout s'arrête, et puis dans le deuxième, vous allez vers ce qu'il
faut faire.
Et donc, c'est un livre, je vais vous dire un truc qui pour moi est curieux, mais c'est
le livre d'un moral chrétien, d'un moraliste chrétien, et donc ça me touche très profondément.
Et c'est un livre qui est un chant à l'individu et une défense contre l'eux.
Donc, je voulais vous dire que c'est, d'abord, c'est un livre qui m'a beaucoup touché,
et aussi, si vous voulez, j'ai eu une grosse insomnie l'année dernière en me disant comment
on allait en parler, parce que je crois que c'est un livre important que vous avez écrit,
et je trouve que, dans le fond, vous mûrissez bien.
Donc, vous voyez ce que je veux dire ? Donc, je vous fais des tas de compliments, mais
en même temps, c'est ce que vous dites à un moment, je crois, noblesse oblige.
C'est-à-dire, si vous avez cette capacité à réfléchir sur les problèmes et d'abord
les exprimer et ensuite donner des solutions, on en manque.
Il n'y a pas beaucoup de gens qui font ça.
Donc, d'abord, je voudrais poser quelques questions sur vous.
Dites-moi, d'où vous sortez ? Personnellement, quelle est votre histoire ?
Parce que vous n'êtes pas une créature normale en France.
Non, non, non, mais c'est vrai que ça, ça me suit un peu, parce que je suis né en 1984
dans le Jura, dans une famille agricole.
C'est là que devient la sagesse ? Oui, oui, de cultivateur depuis, alors les
archives n'en remontent pas avant 1400-1500, mais voilà, ça a toujours été ça, une
famille de la terre.
Vous aviez lu ce livre admirable d'un gars qui s'appelait Le Bois du Templier Pendu,
où il racontait l'histoire d'un village avec des Templiers qui passent au travers
des siècles.
Moi, je pense que ça joue beaucoup dans ma façon d'être, on s'étonne souvent que
je sois très calme, mais moi, ça me paraît au contraire très étonnant ceux qui ne le
sont pas.
Donc, je ne me suis jamais senti à ma place dans le monde un peu médiatique, etc.
Je n'ai pas d'amis partout dans ce milieu.
Voilà, je tiens beaucoup à ma tranquillité, d'où mes difficultés pour arriver à l'heure
à un rendez-vous dans Paris.
Vous croyez que vous êtes toujours dans le Jura, mais vous habitez dans le Nord maintenant,
non ? Oui, j'habite vraiment en campagne extrêmement
reculée.
Donc, j'arrive avec ma voiture couverte de boue parce que c'est la période de l'ensilage
des betteraves.
Donc, j'amène un petit peu de ma terre avec moi ici à Paris.
C'est bien.
C'est ça.
Donc, vous êtes plutôt d'origine paysanne.
Du point de vue études, racontez-moi, qu'est-ce que vous avez fait ? Vous avez été martyrisé
par l'éducation nationale ?
Oui, ça a été tragique parce que je me suis tout de suite fermé complètement par
rapport à tout ce qu'on essayait de m'apprendre.
Et ça, c'est vraiment aussi une caractéristique qui fait que j'ai complètement raté ma scolarité.
Enfin, je n'ai même pas essayé de la réussir.
Donc, je ne peux pas vraiment dire que je l'ai raté si j'avais essayé.
Moi, j'ai redoublé ma quatrième, ma troisième et ma première.
Ah, très bien.
Et bien, j'ai fait vraiment le minimum pour avoir le bac à être débarrassé.
Et après, j'ai fait des études parce que, par hasard, histoire, tropologie, j'allais
un peu comme ça, droite à gauche.
Finalement, le journalisme, pareil, il n'y avait pas vraiment de conviction.
Je voulais voir ce que ça allait être.
J'ai vu.
Je n'ai pas été déçu du voyage.
J'attendais déjà un peu à ce que j'allais y trouver.
Et l'écriture, ce coup de chance, je ne sais pas.
Mais en tout cas, la France Orange Mécanique, le succès.
Et à partir de là, à plein temps, j'ai pu...
Vous avez pu consacrer à l'écriture.
J'ai essentiellement lu plutôt qu'étudié, en réalité.
Oui, c'est ça.
Vous faites partie de ces gens qui ont une bibliothèque.
Une belle, une belle bibliothèque.
Et d'ailleurs, pendant que je vitupérais sur Anne Hidalgo dans mes embouteillages ce
matin, j'ai écouté, enfin, et j'ai regretté de ne pas l'avoir fait avant d'écrire le
mien, votre dernier livre qui, je crois, a eu un succès.
J'en ai vendu, je crois, 30.000 par là, sans un mot dans la presse.
C'est ce qu'ils appellent un succès.
J'avais vu déjà qu'il avait été premier sur Amazon, etc.
Donc, c'est déjà, c'est signe que ça...
Et j'en étais justement à la partie qui expliquait que nous étions en guerre.
Et ça m'a vraiment, encore une fois, fait écho.
Et à chaque fois, je regrette parce que quand on sort le livre, on sait que c'est le produit
fini d'un moment et que la pensée va évoluer dans les mois qui arrivent.
Et on va regretter de ne pas avoir assimilé de nouvelles notions.
Oui, ça, c'est très important.
Alors, revenons à la première partie du livre, puis on traitera la deuxième partie
après, si vous voulez bien, parce qu'elles sont très différentes et elles ont des...
Elles éveillent surement des échos différents.
Donc, la première partie de votre livre, vous faites l'analyse, dans le fond,
que faisait, qu'ont fait un certain nombre de jeunes dans l'histoire.
C'est que la plupart des grands drames dans le monde d'aujourd'hui,
c'est des hérésies chrétiennes devenues folles.
Comme vous savez, c'était la phrase de C.S.S.
Dordogne. Donc, il y a une espèce dans le monde aujourd'hui de course vers une égalité
qui est suicidaire, qui est déjà la négation du vivant.
Qui est déjà la négation du vivant, puisqu'on a tous fait...
Il n'y aura qu'un Charles Gable, il n'y aura qu'un Laurent Roberton, et puis c'est tout.
On est complètement unique.
Donc, ma conviction, c'est que les sociétés qui cherchent la liberté,
en principe, ça amène souvent à des progrès économiques considérables
et à une réduction des inégalités, mais qui est la conséquence de la liberté.
Alors que si vous cherchez l'égalité, vous terminez dans des camps de concentration
avec tout le monde pauvre, des gens qui vous tirent des balles dans la nuque.
C'est vrai que la constante est souvent celle-là.
Les méthodes d'exécution diffèrent, mais on s'y retrouve à chaque fois.
On s'y retrouve à chaque fois, on s'y retrouve toujours avec la mirada, oui.
Donc, vous expliquez qu'on a, et vous appelez cette espèce de chose, la secte.
C'est-à-dire qu'il y a une secte qui a pris le pouvoir.
C'est-à-dire, et on arrive à une notion qui m'est chère aussi,
c'était celle d'Abelard, au XIème siècle, si je ne me trompe pas bien,
qui disait qu'il fallait faire la différence entre le péché, qui révèle la morale individuelle,
et le crime, qui révèle l'État.
Et dans le fond, ce qu'on est en train d'essayer de nous imposer,
si j'ai bien lu votre livre, c'est une morale collective.
Absolument.
Et pas du tout, donc toute la chrétienté a été portée par une morale individuelle.
Et la morale collective, c'est une chose qui ne peut pas exister.
C'est une abomination par définition.
Donc, est-ce que vous pouvez m'expliquer un petit peu ?
Parce que vous dites aussi, dans la première partie, qu'il n'y a pas de chef.
C'est une espèce de maladie diffuse.
Ça rappelle un peu, si vous voulez, la peste de Camus, ou l'urinocéros de Ionesco.
C'est-à-dire qu'on attrape ce truc-là, et on est obligé d'y aller, quoi.
On est presque, mais vous ne savez pas pourquoi vous êtes obligé d'y aller.
Beaucoup ne s'en rendent même pas compte.
Beaucoup sont des agents.
On est presque tous, à un moment, agents de cette chose-là,
sans percevoir à quel point c'est sournois, c'est pervers.
On s'attribue les jugements de valeur qu'elle a, qu'elle professe, etc.
Vous prenez une morale qui n'est pas la vôtre.
Exactement.
Et même si on s'y oppose, on en débat.
Parce que quand elle nous lance ces fameux sujets de société,
ces histoires de transgenres, etc.,
des trucs qui n'existaient pas du tout il y a dix ans,
eh bien, on passe notre temps à en discuter quand même.
Enfin, c'est elle qui fixe un petit peu l'agenda aussi.
L'emprise sur les esprits n'est pas totale, mais elle est considérable.
Elle est considérable et surtout dans le monde social.
C'est-à-dire que si vous commencez, c'est ce que dit Chantal Dalsol
dans un certain nombre de ses livres, elle a bien analysé ce phénomène.
Elle dit que ça vous mène à une excommunication.
À l'exclusion, oui, parce que vous disiez dans votre livre,
la dérision, l'exclusion, les deux armes fatales, la dérision,
on sent qu'on resserre les boulons.
On est bien plus sur l'exclusion, c'est le dernier recours.
Dernier recours, c'est-à-dire l'exclusion et enfin, si possible, l'exécution.
C'est-à-dire qu'on vous contraint au silence,
mais comme vous avez du talent, ça va être dur de vous contraindre au silence.
C'est surtout après les moyens de diffusion qui sont importants,
parce que si on n'avait pas eu Internet, moi, je n'existais pas.
Pour le coup, ce n'était pas du tout une question de...
Dans mon métier, mais je n'enregistrais pas en dehors de mon métier.
Ce n'était pour le coup pas qu'une question de réussir un coup.
Il fallait derrière qu'il y ait la diffusion
et qu'on n'arrive pas à nous empêcher de parler.
Et ça a fait beaucoup.
Je pense qu'ils s'y sont pris beaucoup trop tard pour contrôler ça.
Maintenant, c'est plus compliqué.
Et il y a beaucoup d'idées hérétiques qui ont fait leur chemin quand même.
Oui, hérétiques qui ne sont que les idées d'autrefois,
quoiqu'elles ne sont pas des idées hérétiques.
C'est le bon vieux bon sens, la sagesse des nations, etc.
Mais qui sont devenus épouvantables.
Vu de la secte, évidemment, vu de la secte.
Alors, donc, on prend cette secte.
Et alors, il y a quelque chose qui m'a beaucoup surpris,
moi, c'est que j'ai quitté la France en 1981 parce que je ne voulais pas vivre
dans un pays où il y avait des ministres communistes.
Et puis, je ne suis pas jeu du pot.
J'ai été à Londres et c'était pendant le début des années 70, Londres a explosé.
Donc, vous savez, une marée qui monte, ça monte tous les bateaux.
Donc, j'ai eu un coup de pot, c'est bien.
Alors que si j'étais resté en France,
c'est comme être un spécialiste du droit des gens sous Staline.
J'aurais pas été bien loin, quoi.
Genre, je serais pour la mort après ma retraite,
quelque part dans un coin dans le sud-ouest ou j'en sais rien.
Donc, quand je suis revenu en France, il y a 7 ou 8 ans,
je vais vous dire un truc très curieux.
C'est que j'ai vu un peuple qui avait changé et qui avait peur.
Moi, il y a une question qui m'intéresse beaucoup, c'est
pourquoi les Français ont-ils peur ?
Pourquoi ont-ils peur tout le temps ?
C'est un peuple qui était gai quand je suis parti en 81.
Et en l'espace de 30 ou 40 ans,
j'ai trouvé une nation où tout le monde avait peur de tout.
Parce que pour que ce système se maintienne,
il faut qu'ils engendrent la peur.
Et je ne réussis pas à comprendre pourquoi les Français ont peur.
De quoi ont-ils peur ?
J'ai des amis qui me disent, tu as du courage,
je leur dis, vous vous foutez de ma gueule ou quoi ?
Alors, la même, c'est pareil, vous avez beaucoup de courage.
Et à chaque fois, j'ai les yeux comme ça
parce que, mais pourquoi j'écris des livres depuis mon...
Pourquoi vous voulez être d'abord ?
Qu'est-ce que ça a de courageux de dire ça ?
En quoi ça a été courageux de dire que,
dans le fond, la morale ne peut être qu'individuelle ?
Oui, non, mais alors j'ai vraiment cette même question.
Moi, dans mon idée, c'était comme la vie,
ces dernières années, est un peu inédite par son aspect confortable,
son aspect, on élimine tous les petits désagréments,
les souffrances, les saletés.
Nous, en France, en tout cas, les guerres, etc.,
que finalement, les angoisses de la créature domestique dans sa cage
prennent le dessus et des angoisses sont beaucoup trop exagérées
par rapport à la réalité.
La bête qui commence à se mordiller toute seule, à tourner en rond
parce que, justement, elle est dans des conditions anormales d'absence de vie.
Il n'y arrive rien comme ça devrait.
Donc, à partir de là, il y a un délire un peu.
Et on peut, ces créatures, les terroriser avec n'importe quoi,
avec le climat, avec les ressources, et ça marche assez bien.
Et donc, c'est un résultat de l'absence de but, quoi.
C'est-à-dire, si on a un but...
Tout va bien. Si on a des projets, on est heureux, mais...
Si on a des projets, on est heureux, c'est un peu...
D'ailleurs, vous avez des échos qui ressemblent.
Je ne sais pas si vous le suivez de temps en temps, si vous parlez l'anglais,
mais il y a Jordan Peterson qui tient des discours
qui ne sont pas tellement loin des vôtres, si vous voulez, quelque part.
Je pense qu'on va tous finir par s'y retrouver
parce que ça paraît assez...
Il y a une convergence d'un côté de l'hérésie, de l'autre côté de la secte.
Alors, à ce propos, d'ailleurs, je vais vous demander quelque chose.
C'est que je connais très bien un garçon qui s'appelle Paul Marshall,
qui est un des plus gros Hedge Fund à Londres.
Il a lancé un mouvement qui s'appelle ARC,
for Responsible Citizenship, vous savez, pour être...
Et il m'a demandé de lui présenter un certain nombre de gens
qui pourraient parler au prochain congrès de ARC à Londres, etc.
Où il y avait 3000 personnes.
C'est d'essayer de faire une espèce de contre Davos, vous savez, c'est...
Il vient de racheter le Spectator.
Enfin, c'est un type qui a réussi de façon extraordinaire
de quitter un vieil ami qui est le parrain d'une de mes petites filles.
Donc, j'en suis assez proche.
Donc, est-ce que, le cas échéant, vous seriez d'accord
pour aller faire un tour à Londres ?
Tout à fait, mon anglais est absolument désastreux, mais...
On peut parler en français, c'est pas de grave, les traduirons.
Oui, oui, pas de problème.
Les traduirons, c'est vrai.
Parce que, je veux dire, on voit l'émergence d'un certain nombre
de figures libres, en quelque sorte, un peu partout dans tous les pays du monde.
Là, il y avait deux ou trois anciens premiers ministres australiens.
Il y avait des dignitaires canadiens.
Il y avait... C'est tout le monde anglo-saxon qui est en train d'essayer de revenir.
Il y avait une femme extraordinaire qui a été monter une école
dans le quartier le plus pourri de Londres.
Et maintenant, c'est l'Amérique en Angleterre.
Il y a des files d'attente pas possibles.
C'est marrant. Elle était à moitié ghanéenne, à moitié indienne.
Elle sortait de nulle part. C'est incroyable, cette femme.
Donc, vous voyez, ce sont des gens qui ont fait des choses,
qui ont fait des choses et qui viennent parler de ce qu'ils sont en train de faire.
Et comme il y a un aspect global dans la pensée sectaire,
on voit aussi cette résistance globale un peu partout.
Et on voit des similitudes assez étonnantes de réflexion
entre certains Allemands, certains Anglais, le monde anglo-saxon, etc.
C'est pour ça, mon obsédition après, c'est une fois qu'on a fait le constat,
c'est la diffusion du message et de trouver des moyens
de faire en sorte qu'il y ait cette idée globale.
Il a créé une chaîne de télévision qui s'appelait GB News,
qui est l'équivalent de CNews, qui est en train de décroupir à tout le monde,
qui se fait attaquer, d'ailleurs, par les sociétés de contrôle anglaise,
comme il y en a. Et donc, c'est assez rigolo.
Donc, il a, si vous voulez, c'est un peu...
GB News, c'est l'équivalent de CNews.
Donc, lui, c'est un peu l'équivalent de Bolloré.
Mais lui, il est en train d'essayer de monter un contre Davos.
Donc, j'aimerais bien que le Canadien en en reparle.
Ça sera à faire en février l'année prochaine.
Mais voilà, c'est une des choses que je voulais vous dire.
Donc, moi, ce qui m'inquiète, c'est la peur.
Vous savez ce que vous dites, Jean-Paul II, n'ayez pas peur.
Et je crois que c'est le premier message que vous dites,
c'est bon, il ne faut pas avoir peur.
Bon, ça, c'est parce que dans le fond, quand vous avez peur, vous ne vivez pas.
Et puis, c'est le principe vraiment du ressort sectaire.
S'il y a peur, c'est qu'il y a l'emprise.
Et à partir de là, on se livre.
Et si on fait sauter ça, il n'y a plus rien.
Parce que la morale, l'excommunication et tout ça, elle repose uniquement là dessus.
Elle repose sur l'exclusion sociale.
Voilà, exactement.
Et parce que tout le monde le veut bien et parce que tout le monde suit le mouvement
et tout le monde se dit Oh là là, on est courageux.
Oh là là, moi, j'aurais pas dit ça.
Si on joue ce jeu, c'est nous qui prêtons la force.
C'est notre faiblesse qui fait leur force.
C'est ce que disait Solzhenitsyn.
Il disait, bon, il vivait dans une société qui était difficile.
Il disait Il ne faut pas que le mensonge passe par votre bouche.
C'est à dire que vous pouvez ne rien dire si la société est très dangereuse,
mais vous ne devez pas le répéter.
Oui, très juste.
Et c'est parce que si vous avez le mensonge dans votre bouche, vous en devenez complice.
Et je crois que c'est une des premières choses qu'il faut dire aux gens qui nous écoutent, c'est
vous n'êtes pas obligé d'être courageux,
mais vous n'êtes pas obligé aussi de voler au secours de ces gens là, quoi.
Donc vous vous taisez.
Exactement. Exactement.
Plutôt que de répéter ce...
Vous faites toute une série de trucs sur l'insécurité de ne rien dire.
Oui, oui, non, mais plutôt que de répéter ce baratin sectaire,
reprémâcher, etc.
Mais même des fois, on ne s'en rend pas compte.
Enfin, il faut réfléchir à ça et vraiment se garder,
effectivement, de consentir ou d'appuyer dans le même sens que le reste.
Même de façon inadvertante, quoi.
Oui, oui, mais c'est vrai que ça n'a l'air de rien,
mais c'est un combat de tous les instants.
Oui, c'est un combat de tous les instants.
Et la société a changé à un point que vous n'imaginez pas
parce que vous êtes beaucoup plus jeune que moi.
Quel âge vous avez?
Moi, j'ai 40 ans cette année.
Bah, encore.
Moi, je suis...
T'as revenu, tout le monde me dit, une vision prophétique,
mais pas du tout, jamais de la vie.
Moi, j'arrive, je chronique.
J'ai l'impression de passer après le...
Vous avez chroniqué, mais là, vous êtes en train de changer de braquet.
Ah, bah...
Je l'ai bien senti dans votre livre, donc si vous voulez, c'est...
Enfin, bref.
Donc, vous avez...
Moi, si vous voulez, quand on me racontait l'histoire des petits cochons
quand j'étais jeune,
vous savez, celui qui baisse la maison en pareil,
la maison en bois et la maison en...
Les deux premiers petits cochons, ils se faisaient bouffer.
Ils étaient bouffés, c'est-à-dire qu'ils n'allaient pas chez leurs frères
ou ils n'avaient pas de...
Ils se faisaient bouffer par le loup.
Et quand je raconte l'histoire des petits cochons
et des petits enfants où ils se font bouffer par le loup,
comme ils savent très bien que dans ce qu'ils ont appris,
ils ne se font pas bouffer par le loup, ils poussent des cris d'horreur
en disant, mais comment ils ne sont pas bouffés du tout ?
Si, si, je leur dis, dans la réalité, ils sont bouffés
parce que c'était comme ça qu'on apprenait aux enfants
que s'ils faisaient une maison en paille, ils allaient être bouffés, quoi.
Tous les contes de Perrault et tout ça n'étaient pas des plus réjouissants.
Ça finissait... C'était toujours épouvantable.
Il y avait des gamins abandonnés, massacrés.
Enfin, oui, c'était réaliste, quoi.
C'était réaliste et qu'ils devaient s'en...
Le petit poussé, il se démerdait pour s'en sortir à la place d'être bouffé.
Enfin, bref, c'était...
Donc, encore une fois, derrière cette peur,
il y a une description du monde qui est anormalement bénigne.
Vous savez, on vous dit non, non, le monde n'est pas cruel,
le monde n'est pas dur, mais si, on...
Ils sont gentils, tout le monde s'aime.
Tout le monde s'aime.
Oui, c'est vrai, c'est vrai.
Donc, si on commence à dire ça aux enfants,
quand ils arrivent à 18, 20 ans et qu'il commence à se passer des claques,
ils vont être un peu étonnés, non ?
Ben oui, oui, un peu perdus, oui.
Pour le moment. Comment ?
Ils m'aiment pas.
C'est pas qu'ils t'aiment pas, c'est qu'ils ont autre chose à foutre.
Et en plus, pendant un certain temps,
je trouvais qu'il y avait une tendance à réécrire le réel,
à dire mais non, ça n'existe pas, etc.
Maintenant, on a un petit peu dépassé ça.
On a un peu laissé tomber cette idée de maquiller.
Plutôt, on va essayer de détruire la réflexion
en accentuant vraiment la pensée débile, etc.
Automatiser pour vraiment que la culture,
on va laisser s'effondrer la culture.
Comme ça, on n'aura plus les moyens d'exprimer ce décalage.
On n'aura plus les mots, c'est ce que j'ai fait un certain nombre de fois.
Le langage que je viens d'entendre dans votre livre, c'est exactement ça.
Cette guerre au langage qui est faite,
à la capacité d'expression, de réflexion, d'utiliser des termes, etc.
C'est vraiment démonstratif.
Et des concepts, on les a...
Ben, vous savez, dans la Grèce antique,
ils disaient que le discours, il y avait le pathos,
le logos et l'ethos.
Et aujourd'hui, quand je vois, par exemple,
quelque chose comme Israël, j'ai droit qu'au pathos.
C'est affreux, il y a...
Bon, attendez une seconde, il y a aussi le logos et l'ethos.
Il y a peut-être des choses dont on pourrait essayer de structurer
une pensée autour d'un drame comme ça.
Rien du tout, j'ai...
Donc, on finit d'arriver dans une société où il y a les bons et les méchants.
Oui, uniquement tout sur l'aspect moral et émotionnel.
Et voilà, en espérant que ça prenne le pas sur tout le reste.
Ce que disait ce bon Richelieu, c'est que
on ne peut pas gouverner un royaume sans être damné.
Mais c'est vrai.
C'est-à-dire que le propre du gouvernement, c'est de temps en temps, ben...
de faire des choses qui entraînent damnation.
C'est pas gai.
Donc, si vous voyez cette première partie de votre livre,
c'est intéressant parce que vous décrivez bien
cette espèce d'atmosphère de crâne diffuse.
Je crois que de Gaulle disait dans ses mémoires
que la peur de tous les bourgeois français,
c'était de ne plus être invités dans les dîners en ville.
Et on sent que c'est ça le ressort derrière.
Ah oui, on a tous peur de quelque chose.
On imagine tous que la petite carrière,
que les petits efforts qu'on a faits,
on ne va pas les annuler comme ça.
Et puis, on s'est donné du mal pour être reçu chez le préfet.
Mais c'est sûr.
Et en France, beaucoup ont quand même ce sentiment ou cette sensation.
En plus, ceux qui lisent des livres, ceux qui s'intéressent à ces questions,
souvent ont des postes qui sont...
Et plus on est en haut sur l'échelle, plus on se fait mal en tombant.
Donc, on fait attention.
On fait attention.
Et il y a une autre conclusion,
c'est que dans les générations précédentes,
il arrivait à un dignitaire, à un ministre ou à un homme important
de donner sa démission quand il avait fait une boulette
ou quand il n'était plus d'accord.
Et ça, c'est une autre chose qui a disparu.
Plus personne ne donne sa démission.
On a vu des darmanins avec les pires bilans imaginables.
Enfin, pas que lui, mais quand il dit...
Et ensuite, avoir tout ce qu'il veut, c'est qu'il est monstrueux.
Bruno Le Maire, quand même, il devrait être passible de...
Enfin, je ne veux pas dire de quoi,
mais il devrait être passible d'un tas de choses désagréables.
En tout cas, il a fait des faux en écritant ce qu'il a fait.
Enfin, oui, c'est...
En principe, c'est passible de la cour d'assises, quoi.
C'est des faux.
Oui, et pour le résultat de l'ensemble de son oeuvre,
il mériterait quand même quelques petites investigations.
Et son patron aussi,
parce que le patron ne pouvait pas ne pas être au courant, lui.
Oui, mais maintenant, on est complètement sorti de ça.
On a cet extraordinaire.
Donc, ces gens qui poussent ces idées
sont devenus intouchables juridiquement.
C'est-à-dire qu'il n'y a plus aucun sens de l'honneur en France.
C'est curieux.
Oui, exactement.
Ça paraît toujours...
Le dernier qui a démissionné, c'est Chabannant.
...déplacé quand on parle de démission,
quand on parle de...
Alors, même la méthode japonaise consiste à aller encore un peu plus loin.
On regrette qu'il n'y en ait pas plus en France, d'ailleurs.
Oui, oui, parce qu'effectivement,
il y a cette sensation d'impunité totale
pour les petits acteurs communiquants de la vie publique
qui viennent, qui prennent tout, qui sont toujours là.
Et surtout, qui disent des choses qui détruisent des vies, par exemple.
Moi, j'ai été accusé d'antisémitisme
par un journal, un torchon qui s'appelle l'Opinion.
Si vous voulez, m'accusez-moi d'antisémitisme,
il ne faut pas déconner.
D'abord, j'ai deux petits enfants qui sont israéliens.
Donc, alors, c'est bon, vous direz.
Je les aime tout autant que les autres.
En plus, ils sont très mignons.
Ce sont deux petits garçons.
Mais enfin, je veux dire, par là, c'est qu'ils détruisent des vies.
Et jamais, ils ne s'excusent.
Oui, oui, jamais.
Parce que la calomnie fait partie de cette...
Oui, et puis, c'est aussi cette logique sectaire.
C'est qu'on va au bout, puisque de toute façon,
c'est pour le bien de tous.
Donc, au pire, si on écrabouille deux ou trois innocents en passant,
c'était quand même pour une cause supérieure.
Oui, c'est pour ça, le communisme a raté,
parce qu'il n'a pas tué assez de gens.
Voilà, voilà, voilà.
200 millions, ça aurait été le bon résultat.
La prochaine fois, ça sera mieux.
Donc, cette capacité de faire le mal
en disant que c'est pour le compte du bien,
ça, c'est la preuve que c'est littéralement satanique.
C'est satanique, exactement.
Mais c'est ce que je mettais aussi dans ce livre, c'est que...
On sent la présence, c'est-à-dire que dans mon livre,
c'est-à-dire qu'autrefois, il y avait l'empire du mal.
Maintenant, c'est l'empire du mensonge.
Mais c'est le même maître.
Oui, oui, c'est difficile de ne...
Oui, l'hypocrisie et le mensonge,
c'est difficile de ne pas voir derrière ce démon,
ce démon un peu total.
Ce démon total, c'est donc qu'on sent cette présence.
Alors ça, c'est la première version de votre livre
qui était dans le fond, elle est un pamphlet, vous voyez.
Bouf, vous en mettez plein le galop d'eau,
mais bon, on sent que vous vous soulagez, là.
Je vous dis, j'ai une passion pour Bernanos aussi,
qui écrivait comme ça.
De temps en temps...
Ah oui, de temps en temps, il marchait bien aussi, ouais.
Il marchait bien, il tapait dur, quoi.
Je ne sais pas si vous avez lu ses chroniques
qu'il avait écrites pendant qu'il était au Brésil, là.
Un journal brésilien qui les prenait
parce que le patron était francophile,
mais personnalisé, c'était en français.
Mais enfin, au Brésil, personnalisé, mais enfin...
C'est dans la pléiade, c'est remarquable.
C'était en 1942-1943.
Il écrit des lignes sur ce qui arrive aux Juifs en Europe,
alors qu'on ne savait pas à l'époque, là,
mais qui étaient absolument prophétiques, c'était...
Donc Bernanos, c'était un type
qui n'était pas comme tout le monde, non plus.
Ah oui, oui, oui, très apparent.
Et puis lui aussi, c'était un paysan,
les pieds dans la grêle, c'était un paysan picard,
mais enfin, c'est pas...
Donc surtout, être paysan picardiste,
c'est dur parce qu'il pleut tout le temps,
donc vous avez sans arrêt les pieds dans la bouche.
Surtout en ce moment,
ça fait quelques années que c'est assez terrible.
Donc ça, c'est la première partie de votre livre,
qui est très bien en tant que breflet.
Et puis vous passez à la deuxième,
et vous dites, de façon très claire,
il n'y a pas de solution collective,
il n'y a de solution qu'individuelle.
C'est à vous, chacun d'entre vous,
de sortir de ce piège individuellement.
Et ça aussi, ça me touche beaucoup
parce que c'est ce que je dis aux gens,
il n'y a pas de solution collective.
Améliorez-vous, faites le bien autour de vous,
essayez de vous dépatouiller,
mais surtout,
rangez votre chambre.
C'est le vieux truc de Jordan Peterson.
Commencez par ranger votre chambre,
puis ensuite, on verra pour la planète.
Ou faites votre lit, ou voilà.
Parce que je trouve qu'il y a dans cette attente
de la solution par quelqu'un d'autre,
l'assistanat mental déjà,
enfin, le degré zéro du socialisme un peu,
parce que ça implique l'administration,
et c'est une manière de se laver les mains
de ses responsabilités,
de se dire, moi, de toute façon,
moi, ça va, c'est les autres le problème.
Et c'est beaucoup plus facile de gueuler
sur Macron et compagnie,
plutôt que de soi-même se dire,
en réalité, j'ai plus d'impact sur ma vie
que Michel Barnier,
et je veux que ça reste comme ça
et je vais le prouver.
Et malheureusement,
il n'y a pas grand monde pour entendre
encore ce discours pour l'instant.
J'espère que ça va changer.
Si j'ose dire, c'est un discours tout à fait classique.
C'est le discours d'Auguste d'Anciennac
qui dit, je suis maître de moi comme de l'univers.
Il a beau être empereur,
il veut d'abord être maître de lui.
Et puis ensuite, on verra pour le reste.
Mais si vous n'êtes pas maître de vous...
C'est complètement Marcorel.
Oui, vous êtes perdu.
Vous êtes perdu.
Donc vous dites,
reprenez le contrôle de vous-même.
Et là, vous posez un certain nombre de jalons.
Vous dites de faire des choses complètement insensées
comme de prendre une douche froide.
Mais enfin, tous les matins,
à mon avis, vous allez un peu loin.
Moi, déjà, prendre une douche pendant des années,
je trouve que...
Mais enfin, c'est donc la douche froide,
de faire du sport, d'aller dans la forêt,
de respirer, de regarder les feuilles,
de regarder les mètres.
Couper du bois en passant un petit peu.
Couper du bois, ça c'est très bien.
Vous connaissez l'histoire du Canadien
qui coupe du bois ?
Avec l'intérêt généreux, il est génial.
Voilà, on va le raconter un jour
quand on aura cinq minutes.
Enfin, c'est exactement ça.
Vous coupez du bois, donc il va faire froid.
L'homme blanc dit, oui, oui.
L'homme blanc coupé du bois, il fera froid.
L'hiver très rigoureux.
C'est exactement ça.
Donc, ça, c'est coupé du bois.
Donc, faire des activités, c'est un peu
la méthode des moines.
C'est vrai qu'il y a une vision monastique.
Il y en a souvent qui dit ça.
C'est une vie de moine, ce truc un peu austère,
un peu, on se lève, on médite,
on a un rythme très calqué sur ça,
sur cette réflexion avec la nature,
le développement.
Oui, en effet.
Et ce que j'essaie d'expliquer,
c'est que c'est la règle sablonnoise,
la plus longue de toutes.
Oui, oui, exactement.
Exactement.
Et que si on ne parvient pas à avoir
une influence un peu plus importante
sur notre environnement, sur les autres, etc.
Au moins, on se sera rendu service.
On se sera fait du bien.
On se sera amélioré.
Et oui, c'est ça.
Les petites choses,
si vous faites des tas de petites choses,
à la fin de la journée,
vous pouvez avancer beaucoup.
Si vous restez dans votre canapé.
Oui, exactement.
Et moi, autant le discours qui a toujours
été consisté à s'en remettre à un autre
en disant nouveau de Gaulle ou je ne sais pas quoi.
Ah non, l'empereur de l'ancienne,
c'est la catastrophe.
Ah oui, c'est la catastrophe.
C'est une autre manière de dire tout est foutu
avec un espoir un peu délirant.
Mais finalement, ça revient à rien faire, quoi.
Se dire, de toute façon, c'est plié.
On ne fait rien.
Oui, c'est plié. On ne fait rien.
Et du coup, on met son espoir dans quelqu'un d'autre.
Et ça, ça crée toute une série de personnages
qui sont de croyances,
qui sont des personnages extrêmement douteux
et qui se présentent justement comme le sauveur.
Une nouvelle idolâtrie,
parce qu'on est obligé de renoncer un peu
à son intelligence et à son scepticisme
pour faire ce, pour jouer à ça.
Et on imagine que ces gens doivent être un peu plus...
On les imagine surhumains.
Oui, oui, malheureusement.
On les imagine surhumains.
Et on enchaîne les désillusions.
Et ça aussi, malheureusement,
une capacité d'oubli, je trouve,
qui est assez remarquable.
On croit voter pour Napoléon,
ce qui n'était pas cadeau, pour Bonaparte.
On croit voter pour Bonaparte
et on vote pour Boulanger en général.
Le général Boulanger, c'est un peu tristouné, quoi.
Et oui, mais t'imagines,
moi, j'avais cette image du gars
qui a la machine à sous et qui indéfiniment,
alors il est en train de paumer tout son fric
et il continue, il continue, il continue
en disant je vais finir par gagner.
Mais à la fin, c'est le casino qui...
C'est comme ça, c'est le casino qui...
Et donc, oui, c'est un jeu à somme nulle.
En fait, à somme négative, le jeu.
Alors que si vous faites des choses pour vous-même,
c'est un jeu à somme positive.
Donc automatiquement, vous en sortirez mieux.
Comme ce que vous dites dans votre livre,
la promesse, le politique, lui, la promesse,
il en a autant qu'il veut.
C'est le seul truc qui n'est pas limité,
contrairement aux biens économiques réels.
Donc, et malheureusement, tant qu'on ne comprend pas ça,
on va finir avec des bataillons de Piketty
et des compagnies qui...
Il y en avait gros, d'ailleurs,
vous n'aimez pas beaucoup Piketty
et vous n'aimez pas beaucoup Strauss-Kahn.
Il y en a deux que vous alignez avec beaucoup de bourreaux.
Ils reviennent fréquemment dans votre livre.
Mais après, il y en a tellement d'exemples,
mais disons que ce sont des exemples
particulièrement bons, je trouve.
Oui, c'est vrai, de nuisance.
Alors, dans la deuxième partie,
là, il y a quelque chose qui m'amuse beaucoup,
c'est que dans le fond,
on a dû avoir des lectures un peu similaires,
parce que je retrouve le seigneur des anneaux,
je retrouve du pouvoir de Jouvenel,
je retrouve aussi plus du Bastiaque, du Marx dans l'économie.
Vous parlez assez peu d'économie
parce qu'on sent que ce n'est pas votre domaine préféré.
Non, exactement.
Mais en même temps, ce que vous en dites n'est pas idiot.
Mais alors, merci beaucoup.
J'espère, parce que ça aussi, c'est une préoccupation de se dire,
c'est très bien parce qu'on a aussi cette perspective
d'un effondrement un peu plus ou moins généralisé.
Mais si derrière, c'est pour relancer la machine
avec un bataillon de Piketty et de Strauss-Kahn,
on n'est pas sortis du cercle.
Malheureusement, en France, il y avait du chemin à faire sur la question.
Beaucoup, mais j'ai l'impression que le chemin est en train d'être fait quand même.
Les gens, en tout cas,
vous savez ce que je me tue à expliquer aux gens,
c'est que ce qui compte en économie, c'est la création de valeurs.
Quels sont les gens qui créent de la valeur ?
Parce que c'est un peu comme les artistes, il n'y en a pas tant que ça, des vrais.
Et donc, la valeur s'est distribuée sur un truc qui s'appelle la loi de Pareto,
c'est-à-dire que 80% de la valeur est créée par 20% des mecs.
Et dans les 20% des mecs, 80% de la valeur que ces gars-là créent
est créée par 20% des mecs.
Donc, vous avez 4% des gars qui créent 64% de la valeur.
Donc, par définition, c'est une société inégale,
puisqu'ils ont cette capacité extraordinaire de créer à partir de rien.
Et ce qu'on a trouvé, les Piketty de ce monde,
c'est de vous expliquer qu'il n'existe pas ces autres tout à fait spéciaux.
C'est comme si vous disiez que le peintre du dimanche, c'est Picasso, c'était pareil.
C'est pas vrai.
Picasso crée des choses neuves, les autres ils créent rien du tout.
Et donc, une société harmonieuse, c'est celle, par exemple,
dans les pays d'Europe du Nord, où ces types, on les laisse travailler,
et ensuite, on prend une partie raisonnable de leur pognon,
et on leur donne des nannes.
Mais on fait tout pour aider ces gars-là,
à la place de faire tout pour les détruire.
En France, on essaye de les détruire, donc ils vont créer leurs...
Par exemple, moi, j'ai vécu à Hong Kong dix ans.
Quand j'étais à Hong Kong, il y avait 3 ou 4 000 Français.
Maintenant, il y en a 20 000.
Ils sont tous des entrepreneurs.
C'est étonnant.
Donc, en France...
C'est le climat, peut-être.
C'est le climat, sûrement, qui n'est pas terrible.
D'ailleurs, Hong Kong, surtout en été, il fait un peu chaud.
Mais ce que ça veut dire, c'est que,
à force de martyriser ces gens qui ont des talents,
on exporte des bacs plus 7 et on importe des bacs moins 7.
Et on se demande pourquoi ça ne marche pas.
Donc, si vous voulez, ça fait partie de ce secte,
un effort énorme pour tuer tous ceux qui dépassent.
Ils recherchent l'égalité dans la médiancrité.
Et c'est donc la seule façon de sortir, encore une fois,
c'est d'être indépendant.
Égalité impliquant administration,
donc tyrannie, fiscale, etc.
Contrôle, réglementation à l'infini.
C'est vraiment la grande différence.
C'est tout à fait.
Et ce que dit Raoult, que j'aime bien,
il dit qu'il y a deux formes d'organisation.
C'est celles qui sont fondées sur la compétence
et celles qui sont fondées sur l'obéissance.
Et celles qui sont fondées sur l'obéissance
essaient toujours de détruire celles qui sont fondées sur la compétence
parce que c'est les févraires, ces gars qui disent non.
Non, non, vous êtes nuls.
C'est Raoult qui me fait rigoler.
Et donc, vous voyez que, par exemple,
dans le système hospitalier français,
vous avez eu une victoire de l'obéissance sur la compétence
et qui a détruit notre système hospitalier en l'espace de 20 ans.
Et vous le voyez dans les lettres.
Donc, il faut supprimer le ministère de la Culture.
Tout ça, c'est simple parce que je veux dire,
c'est la première fois dans l'histoire de France,
depuis qu'on a un ministère de la Culture,
qu'on n'a plus un seul grand intellectuel français.
C'est abominable.
C'est vrai que le résultat est particulièrement édifiant.
Et la nuisance s'étend évidemment au cinéma, à toutes les œuvres culturelles.
De toute façon, voilà tout ce qui va à un moment dépassé
sera rattrapé par ça et digéré par la machine.
C'est pour ça qu'on a des francs-tireurs ou rien.
Parce que sinon, on se fait avaler par le...
Ou on est tout seul dans son coin et on dit
« j'ai raison et tout le reste du monde, j'ai pas tort et je vous emmerde »,
avec beaucoup de constance,
qui est un peu dans le caractère français.
Donc, il en reste ça.
Parce que le problème, c'est que souvent, on me pose la question
« Est-ce que vous ne pensez pas qu'on aurait un meilleur temps
de rentrer là-dedans et de prendre une position importante ? »
Et ensuite, une fois qu'on est là,
on en profite pour dire ce qu'on a envie de dire.
C'est pas possible.
Soit on consacre tellement de sacrifices et d'efforts
pour faire ce machin qu'on se fait bouffer comme tous les autres.
Et on devient des autres.
On devient des autres, c'est encore pire.
C'est hyper-culté, on devient des autres.
Et ça, je pense que l'effet de groupe là-dessus
bouffe complètement les cerveaux,
même aux départs qui sont plutôt originaux.
Ou alors, on a cette petite minute de gloire,
la supernova, boum, qui brille un coup dans la nuit
et on disparaît après de la circulation.
Vous êtes très populaire pendant 24 heures.
C'est vachement bien ça, c'est remarquable.
Et donc, la solution que vous trouvez à tous nos problèmes
pour redevenir indépendants et tout, c'est d'écrire.
Et là, je suis assez d'accord avec vous,
parce que moi, j'ai eu des tas de problèmes dans ma vie
et pendant une perte, c'était pas le sujet.
Et donc, une des façons de s'en sortir, c'est d'écrire
parce que quand on écrit, on met les choses sur papier
et je suis persuadé que ça fait appel à une partie différente du cerveau.
Parce que parfois, j'écris des trucs, je ne savais même pas que je les pensais.
J'en regardais un et je me disais, mais d'où ça sort ?
Je suis absolument d'accord et j'ai toujours trouvé
que la façon de parler, l'intelligence verbale n'était pas la même.
C'était un processus très différent.
Je me souviens que moi, Orange Mécanique, on me disait,
c'est un livre qui est vraiment très bien écrit.
Par contre, qu'est-ce que vous parlez mal, c'est affreux.
Vous l'avez fait écrire par quelqu'un et j'essaie d'expliquer,
mais c'est pas du tout le même exercice,
surtout quand on est chez Ruquier et compagnie
avec tout l'artifice qui va avec.
Et c'est vraiment un processus très, très différent
qui va nous permettre de dénicher des choses très profondes
dont on ne soupçonnait même l'existence.
On ne soupçonnait pas l'existence.
Et c'est ça qui est passionnant.
C'est quand vous écrivez, c'est votre vrai moi qui sort.
Exactement.
C'est parce que vous ne pouvez pas...
Moi, j'ai écrit cinq ou six livres.
Et puis le premier qui s'appelait Des Lignes emmenées par Diane,
puis le deuxième qui s'appelait Un libéral nommé Jésus.
Et un, je ne sais pas pourquoi je l'ai écrit, je ne sais pas d'où ça sort.
Et ensuite, quand je le relis, je me dis mais d'où ça sort ces trucs que j'ai écrits ?
Donc, je savais ces choses-là, mais je ne les avais pas exprimées.
Et les choses qui étaient dans ce livre, c'était que,
dans le fond, Jésus était un personnage inimaginable
parce qu'il disait que Dieu ne s'est compté que jusqu'à un.
Et deuxièmement, si tu ne prends pas de risques,
tu vas t'emmerder et t'ir en enfer.
Et c'est la base de notre société, c'est-à-dire pour la prise de risques
et l'individualisme qui n'est pas l'égoïsme.
Donc, si vous voulez, je trouve ça fascinant
que vous ayez trouvé comme solution aux misères du monde d'aujourd'hui,
à la solitude intellectuelle, de vous confronter à l'écriture.
Je trouve que c'est très bien.
C'est pour ça que j'ai bien aimé la deuxième partie de votre livre,
c'est que vous offrez la vraie solution.
Et il n'y a plus tellement d'écrivains aujourd'hui en France, de vrais.
C'est sûr que l'espèce s'est raréfiée.
Enfin, c'est plus une industrie comme une autre,
avec la rentrée littéraire.
On a 500 ou 600 nouveaux machins qui arrivent.
Les libraires eux-mêmes ne savent pas du tout de quoi on parle.
Ils en connaissent peut-être une dizaine parce qu'on leur dit
que ceux-là vont mieux aux ondes que les autres.
Et c'est tout.
C'est vrai que c'est plus du tout le même.
C'est plus du tout le même processus intellectuel.
Donc, écoutez, encore une fois, d'abord, je vous remercie d'être venu.
Et puis, je vous remercie aussi d'avoir écrit ce livre
parce que Vogue clamente une désertie.
Vous avez les voix qui crient dans le désert.
Maintenant, il y a une voix de plus qui crie dans le désert et c'est la vôtre.
Avant, vous existiez, mais vous existiez plutôt comme un journaliste d'opinion,
si j'ose dire.
Vous découvriez des faits, vous les commentiez et c'était très bien
parce que vous nommiez les choses.
Non seulement, vous les nommez aujourd'hui, mais vous les expliquez
et vous donnez une solution.
Donc, ça vous a fait, je ne sais pas si vous vous rendez compte,
vous avez fait un progrès énorme.
Non, mais c'est sûr que c'était une évolution difficile
parce que souvent, je me suis cantonné à me dire ce côté un peu lâche.
On dit, il est fait, c'est bien.
Le constat, déjà, c'est bien.
Mais après, est-ce que j'aurais de quoi, derrière, répondre à l'attente ?
C'est évidemment le fameux que faire ?
Question de Lénine, mais pas que.
Et que faire ?
Voilà, d'essayer de trouver, d'apporter des premières pistes.
Alors, c'est pareil, c'est prudent parce que j'ai 40 ans,
parce que beaucoup d'autres sont déjà passés.
Vous avancez lentement, vous vérifiez si on peut semer.
C'est exactement ça, c'est vraiment un petit,
j'apporte un petit point de sagesse des nations
qui doit venir du fin fond de nos bons vieux cultivateurs.
Et c'est tout.
Mais c'est déjà, ça peut déjà être beaucoup dans le monde actuel.
Eh bien, ça peut être beaucoup.
Et puis, ça nous ramène à quelque chose d'essentiel.
C'est ce que dit le cardinal Sarah.
C'est que si vous enlevez les racines du plus grand arbre,
ils crèvent.
C'est-à-dire ce que vous dites,
et nos racines, elles sont là, elles ne sont pas ailleurs.
Vous faites quelques pages très jolies.
On parlait de couper du bois tout à l'heure.
C'est exactement ça.
Mais vous avez un très joli moment quand vous allez visiter Bruges.
Ah oui, oui.
Vous avez quelques bonheurs d'écriture en ce moment-là.
C'est assez bien, c'est très bien vu.
C'est Bruges qui était très inspirante.
Et surtout, c'est comme quand je visite la Sainte-Chapelle ou des choses comme ça.
Si vous voulez vous rendez compte qu'on dit que la civilisation a commencé avec la renaissance et n'importe quoi.
Mais les années 12-13-15, c'était d'une beauté, c'était d'une spiritualité.
C'était incroyable ce qui s'est passé en Europe à ce moment-là.
Et justement, le gifle d'humilité qu'on reçoit quand on voit ça,
quand on voit ce qui a été fait, quand ça a été fait, comment, par quels moyens, c'est vraiment génial.
Personne ne signait.
C'est fou.
Le beau-dieu Damien, personne ne sait qui l'a fait.
Donc si vous voulez, c'était à la fois la statuaire du Moyen-Âge...
Et bâtir sur plusieurs générations aussi.
Important ça.
Le gars commençait, il mourait, il avait faim le début.
C'est la vieille blague.
Un ouvrier qui est là devant un tas de pierres,
le premier, on lui demande, qu'est-ce que tu fais ?
Il dit, je mets les pierres en ordre.
Le deuxième, je fais un mur.
Et le troisième, il dit, je fais une cathédrale.
Si vous voulez, toute notre civilisation a été menée par des gens qui s'étaient fermés toute pente de sortie.
Vous voyez, c'est-à-dire qu'ils avaient une espèce de soif d'absolu.
Bon, ils feraient ça toute leur vie.
Quand j'étais enfant, il y avait toute une série de gens qui avaient pris une décision qui enrègerait toute leur vie pour toujours.
Aujourd'hui, il n'y en a plus.
On est tous retournés dans une espèce de...
Ah oui, mais enfin...
S'il y a une jolie femme qui est faim...
Oui, la relativisation de tout...
Donc on n'a plus cette espèce de point d'or.
Oui, c'est sûr.
Et spirituellement aussi.
C'est pour ça que c'est très utile et que je vous fais des rappels là-dessus aussi.
Se poser ce genre de questions,
des choses qui étaient là depuis toujours,
ce qui dure, ça a toujours de bonnes raisons de durer en général.
Et pourquoi d'un coup,
les choses cesseraient de durer,
certaines choses,
et d'autres arriveraient de partout
et devraient changer la vie chaque jour.
J'avais des discussions avec un homme politique il y a quelques années
qui faisait passer une mesure que je trouvais abominable.
Il m'avait dit
« Oui, mais tu sais, on ne peut pas s'opposer
aux changements. »
Et je lui avais dit « Et pourquoi ? »
« Tu sais que c'est un mauvais changement. »
Par exemple, quelque chose qui me fait rigoler,
c'est qu'aujourd'hui, paraît-il,
il y a 10% des promotions de polytechnique
qui sont marocains.
Bon, très bien, très content.
Mais j'ai posé la question à des Marocains « Pourquoi ? »
Ils m'ont dit « C'est pas difficile, vous nous avez fait des Jules Ferry
avec cruauté, là. »
Et on n'a jamais rien changé.
Les coups de pied dans l'arrière, les coups d'oeil sur les doigts.
Et du coup, maintenant,
ils ont deux ans d'avance sur nous,
et ils rentrent en polytechnique.
Donc,
toutes ces réformes de l'éducation,
ça nous a fait une fabrique de crétins,
comme les brigaliers.
Donc, eux, ils n'ont pas eu de bourdieux,
ils n'ont pas eu tout ça.
C'est assez marrant.
Oui, ça aussi, cet effondrement général
du niveau est vraiment
un segment du désastre
qui est particulièrement saillant,
de voir un peu comme...
Parce que maintenant, en polytechnique,
on doit en être à faire d'éliminer
les concours
et donner du temps de parole
ou faire des entretiens.
Sciences Po fait ça, par exemple.
On a viré tout ce qui était un peu compliqué
où il fallait apprendre des choses.
Et maintenant, on se contente d'un entretien sur les motivations
du candidat. Comme ça, c'est plus facile
de promouvoir
le issu d'eux,
celui des quotas.
Les Américains sont en train de sortir.
La Cour suprême a décidé qu'on n'avait plus le droit
d'avoir des quotas.
C'est déjà parce que c'était
une atteinte à
l'égalité de tous devant la loi.
Pourtant, il y en avait des fameux. Pendant longtemps,
les universités américaines, là-dessus, étaient...
Oui, mais c'était elles qui poussaient le plus.
C'est elles qui poussaient le plus.
Donc, alors maintenant...
Il fallait éliminer. Il y avait trop d'Asiatiques en haut des
barèmes, alors il fallait en virer.
Les Asiatiques,
il fallait qu'ils fassent 1500 au recettease,
c'est-à-dire le maximum.
Puis d'autres, ils pouvaient passer avec 800.
C'était quand même assez étonnant, c'est-à-dire juste la moyenne.
Alors maintenant qu'on a fait tout ça,
où on va ?
Bonne question.
L'obsession étant d'offrir
une alternative à la
jeunesse.
Améliorez-vous vous-même.
Ça ne va pas être un mouvement machin où on pourra signer
là, adhérer, tout ira bien.
Non, ça ne va pas être comme ça. Et c'est ça, il faut offrir
à nos forces vives.
Autre chose, parce que pareil,
oui, la jeunesse écoute de la
merde, machin, etc. Oui, mais
qu'est-ce qu'on apporte, nous, pour
revivifier tout ça ? Et ça, c'est
encore le combat d'encore un peu après.
C'est le combat d'un peu après.
Et ce qui est intéressant, c'est que moi, ici, je reçois
des tas de jeunes, parce que je suis un
vieux crampe-là, qui me disent de l'heure ce que je dois faire et tout.
Je vais vous dire quelque chose qui me surprend beaucoup,
c'est que la plupart de ces gamins qui viennent me voir,
qui ont 25 ans, 27 ans,
sont extrêmement intelligents,
extrêmement bien formés.
C'est-à-dire que
si j'essaye d'analyser l'effondrement
de l'éducation,
je me dis que ça épargnait les 10%
les meilleurs. Je suis assez d'accord.
Il y a une survie, ils sont passés
à travers. Il y a des gars, il y a une 10%
à peu près, qui sont passés au travers
et qui sont étonnants, même, parce
qu'ils en savent beaucoup plus que moi, j'en savais à leur âge.
Alors, j'ai vraiment le même
constat, parce que Orange Mécanique,
à cette époque-là, ceux qui s'intéressaient
à ces questions, il y avait une grosse part
d'un peu marginaux, en se disant
ça a l'air d'être bien parce que c'est sulfureux
et on se tapait quand même pas mal
de déglingués.
Et maintenant, au contraire,
on a vraiment un public très jeune, formé,
structuré, qui s'intéresse à ça
et qui a déjà compris vraiment beaucoup de choses.
Donc, à mon avis, le relais,
le passage de témoin n'est pas loin, tant mieux.
J'espère vraiment qu'on, comme dit
Paul Valéry, on travaille pour ceux qui viennent après
et que ceux-là seront,
seront encore meilleurs.
En tout cas, il y en a dans cette génération qui savent.
Alors qu'il y a 40 ou 50 ans,
par exemple, moi, quand j'ai été étudiant à Toulouse,
on m'avait demandé, à Toulouse,
combien veulent travailler dans le secteur privé,
combien veulent travailler dans le secteur public
et j'avais élevé la main avec enthousiasme.
J'étais seul, j'étais seul tous les jours.
C'était une erreur, une erreur très grave.
Je regardais, je me disais, mais pourquoi
ils veulent travailler dans un truc, ils vont s'emmerder toute leur vie.
C'est effrayant, c'est...
Et ça aussi, ça vraiment, pour le coup,
je pense qu'il y a quand même un changement
de nos jours, on n'en est plus là, quand même.
Et il faut espérer, parce que...
Les gens veulent essayer de travailler dans un truc
qui les motive, quoi.
Et ils le peuvent, parce qu'on arrive dans des sociétés
qui sont quand même très déhiérarchisées.
Donc, ça sera beaucoup plus facile que...
Moi, j'avais le choix d'aller à Saint-Gobain ou dans une banque.
Mais maintenant, vous pouvez vous amuser
à monter un truc comme l'Institut des Libertés.
Et puis, qui sait, vous pourrez...
Et puis, il y a l'aspect challenge,
de survivre à l'État français,
c'est quand même celui qui y arrive,
les fameuses ressources, quand même.
Ah oui, c'est celui qui y arrive.
Et c'est pour ça que je le dis toujours aux gens,
vous avez un pot noir en France,
puisque de temps en temps, je parle comme si je n'étais pas français,
c'est que vous avez des entreprises françaises
qui ont survécu à la concurrence
et à l'État français.
Donc, c'est des types qui sont dans une forme...
Mais on est à paix.
Question anti-fragilité, comme vous le dites souvent, on est bien.
Là, on a bâti des trucs...
Ça me fait rigoler, mais...
C'est tellement vrai, mais vous n'imaginez pas
les...
les histoires que j'ai avec les...
les hauts fonctionnaires, etc.
C'est qu'ils ne comprennent rien.
Ils sont vraiment persuadés
que c'est vraiment...
Que le contrôle, c'est la solution.
Vous parlez à David Dissner à Cannes,
il vous raconte l'histoire, ça se tape à l'intérieur par terre.
C'est effrayant.
Donc...
Et là, c'est là où on a problème, parce que quand je suis dans le monde anglo-saxon,
dans le monde anglo-saxon, la moitié de la population
pense vraiment profondément que
l'ennemi, c'est l'État.
Bon, il est nécessaire, mais il faut quand même s'en méfier,
parce qu'il va... Mais quand vous arrivez en France,
90% des Français ne se font pas s'adrer que
l'État est bon, et veut leur bien.
Donc il faut les convaincre
qu'ils ont affaire à une créature abominable.
Et même, déjà,
leur faire prendre conscience, cette créature,
parce que l'État est tellement total dans le paysage
français, que ça fait vraiment... C'est la France,
c'est comme ça, c'est...
Et il y a déjà, une fois qu'on l'a bien
perçu, qu'on a bien compris ce qu'il faisait, ce qu'il faisait pas,
ce qu'il faisait mal, ce qu'il...
Là, ça va déjà mieux, quand même. On commence à entrevoir
le problème.
Donc, on a un vrai problème, c'est un État
qui est devenu dysfonctionnel.
Et qui n'a
plus aucun contrôle.
Puisque, apparemment, si vous voulez,
pendant quelques semaines, là, ils ont cherché 100 milliards,
ils savaient pas où ils étaient, quoi.
Et puis, tous les ministres menacent de démissionner
si on leur augmente pas leur propre petit
crédit à eux, et on voit bien que c'est
toujours le même...
J'ai une idée. 41 ministres,
ça me paraît un peu trop.
S'il y en avait la moitié qui démissionnaient,
moi, j'ai jamais compris pourquoi.
Par exemple, en Suisse, je crois qu'ils ont 5 ministères.
Enfin, les trucs régaliens.
Puis, je vois pas pourquoi on a besoin de ministres ailleurs, quoi.
Mais...
Il y a beaucoup de promotions à occuper.
Des narcs à mettre un peu partout.
De type, quoi, recasés.
Et de conseils.
Il y a les API, les machins.
Les autorités, les grands conseils, tout ça.
Donc, pour résumer,
il naît de celui
dans l'individu.
Vous êtes un individu.
Vous faites pas partie d'une classe. Vous faites pas partie d'une race.
Vous êtes un individu unique.
Vous avez un projet qui a été conçu pour vous.
Et c'est à vous de le trouver.
Et c'est pas facile. C'est l'histoire d'une vie.
Pourquoi ai-je été mis sur Terre ?
Il y a probablement une raison. Et donc, c'est à vous
de la trouver.
Et personne ne vous aidera dans cette tâche.
Au contraire, même.
Et le pire,
c'est que si vous réussissez...
Par exemple, moi, j'ai été...
Bon, je faisais mon boulot à Londres.
Et puis, il y a des gens qui m'ont demandé de les gérer à l'argent.
J'ai créé une société qui gérait
10 milliards de dollars.
Qui était un énorme succès. Tout le monde réussissait.
J'ai été beau. J'avais de beaux enfants.
J'avais une jolie femme.
J'avais de l'argent. J'étais là.
L'autre type qui avait un touret ici.
Et j'ai fait... J'ai vendu ma société.
Parce que je commençais à...
Et j'ai fait une dépression
qui m'a tenu 6 ans
sans que je puisse bouger pied ou patte.
J'étais mort.
Donc, je me suis rendu compte, en sortant de ça,
avec l'aide de ma famille, etc.,
que finalement,
je faisais quelque chose
pour lequel je n'étais pas fait.
Je le faisais avec
beaucoup de succès.
Tout le succès, si vous voulez.
J'ai géré plus d'argent que Soros.
J'étais vraiment là.
Et puis, ça me rendait malheureux comme un caillou.
Et je crois
que j'ai été mis sur terre pour essayer
de communiquer avec les gens
ce que j'ai compris.
Et pas de gagner de l'argent avec. C'est curieux.
Mais ça, ça me rend heureux.
Une belle expérience.
Pendant 6 ans,
j'ai été une serpillère.
Donc, vous pouvez
faire tout ce que le monde considère
comme des succès
et être malheureux comme un caillou.
C'est très curieux.
J'évoque ça,
en plus, dans la deuxième partie,
cet aspect mission
au-delà de certaines règles
habituelles, parce qu'il y a toujours des règles
de compétition, mais il y a aussi
des missions qui ont l'air d'être
un peu plus profondes
que ça, un peu plus transcendantes.
Et c'est important, oui,
d'être attentif à ces lignes de vie.
Et si vous ne l'êtes pas,
comme vous le lisez ensuite,
dans le fond, j'ai été Job.
Vous savez, Job sur son tas.
Le livre de Job, c'est une description
incroyable d'une dépression
qui est faite parce que
il ne faisait pas ce qu'il devait faire.
Et ça, je trouve ça très curieux
parce que, finalement,
on n'explique plus
aux gens que si
leur vocation, c'est d'étudier
des manuscrits du XIIe siècle,
ils ne gagneront pas un an,
mais ils seront heureux.
Vous voyez ce que je veux dire ?
On n'est pas obligé de réussir selon les critères du monde.
Et malheureusement,
il faut se faire violence et prendre
le risque de se regarder en face.
Il y en a énormément qui vont choisir
la fuite et qui vont essayer
d'éviter cette confrontation avec eux-mêmes
tout le temps, jusqu'à
l'implosion.
C'est l'implosion.
Et c'est ça que j'essaie d'expliquer aux gens.
Si vous faites quelque chose qui ne vous plaît pas,
même si vous réussissez très bien,
arrêtez.
Réfléchissez, faites autre chose.
Je crois que c'est un signal
qu'on vous envoie que vous n'êtes pas
très bien là où vous êtes. Vous n'êtes pas à votre endroit.
Et c'est pour ça que
j'ai aimé votre livre, c'est qu'il y avait cet appel aussi
à regarder un peu plus haut
ou regarder un peu plus loin.
Marchez pas en regardant vos chaussures.
Ça implique donc de faire face à la peur
à nos peurs, quoi.
La peur de la dégradation,
de la...
Je peux vous rassurer un truc, c'est qu'on va tous crever, ça c'est sûr.
Ça c'est certain. Mais c'est un bon principe
parce que malheureusement aussi, on essaie
d'oublier cette réalité de fuir
de fuir les choses.
On va se piqure tranquille,
ça va bien se passer, vous allez être très heureux.
Mais non, c'est la vie, la vie c'est un combat.
Il faut regarder ça en face et
il faut justement...
Si on a peur de la mort, on n'a qu'à faire
quelque chose de sa vie plutôt que d'attendre
de rater tout.
C'est ça.
À force de précaution, on ne vit plus,
c'est ça.
Donc prenez des risques, c'est vous la gueule.
Lisez des livres interdits comme celui-là
d'ailleurs, qui va bientôt être interdit.
Justement, celui qui prend des risques est dangereux
donc c'est une bonne chose.
D'abord, ça m'a fait plaisir de vous recevoir
et je vous ai fait quelques compliments,
j'espère que vous y avez été sensibles.
Je voulais vous poser une question, à un moment vous me citez, pourquoi ?
Je crois que c'est
vers le début en expliquant
comment l'hérésie arrive
dans un monde où
la pensée sectaire est dominante.
Justement,
le déclic, ce qui va faire que
souvent des jeunes à force vive
qui sont déjà partis
dans le truc sans trop réfléchir et qui se disent
il y a quand même des trucs qui ne vont pas, etc.
Et d'un coup, ils vont tomber
sur par exemple une vidéo de Charles Gave.
Et ça, ça peut faire un...
ça peut faire un...
Ah oui, oui, j'en connais pas mal de mes lecteurs
qui m'ont déjà dit
ça a commencé comme ça,
la pente fatale, la vidéo de Charles Gave
et après il déroule la pente.
Alors, c'est pas toujours
confortable parce qu'on sent bien que certains
ont eu du mal
à admettre
qu'ils étaient en train de se planter avec
tout le reste, avec tous les autres
et qu'il fallait
se faire violence en regardant
tout ça en face. Ça fait pas plaisir, la vérité,
mais après,
ça amène aussi des satisfactions qui n'ont pas
d'équivalent quand on a décidé
d'aller dans ce sens-là.
Ben voilà. Le chemin étroit
et grimpant, rempli de cailloux,
c'est pour l'autoroute.
Mais merci beaucoup,
ça me fait vraiment plaisir.
Bon, on a parlé
de choses et d'autres, mais enfin, c'est un livre
que vous devez lire et avoir sur l'étage
de votre bibliothèque en haut parce que
c'est la naissance d'un grand écrivain que je salue.
Merci beaucoup.