Dollars US, Manipulation du prix du baril, argent métal, Charles Gave répond à vos questions.

Institut des Libertés
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#charlesgave #france #interview #politique #podcast #QE #actions #Yuan
Dans cette émission, Charles Gave répond à vos questions,
02:32 Euro versus Yuan
04:32 Une hausse de misère
07:04 Le scénario du triple mérite
12:16 gestion du Cash par l'entreprise
16:24 Manipulation du taux du baril par les US
18:00 Qu'avoir dans sa boite à chaussure?
31:46 Investir dans les private Equity est idiot?
38:14 La différence entre la valeur et le prix.
42:25 Le Brésil.
44:05 L'argent métal.
46:00 PEA ET ETF
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Bonjour et bienvenue à l'Institut des Libertés où aujourd'hui nous allons
commettre une petite émission de questions, enfin vos questions, nos
réponses, ses réponses. Et avant de commencer je voulais vous
remercier d'avoir placé ce petit ouvrage en numéro un des ventes le
week-end dernier, enfin ce week-end, et ce week-end sur Amazon, bien sûr je n'ai
pas les résultats de tous les libraires de France et voilà ça nous a ça nous a
fait grand plaisir je dois dire. Et ça prouve que c'était nécessaire parce que
ça prouve que les gens se posent des questions et que peut-être il y a des
réponses là-dedans. Voilà alors j'ai vu dans des commentaires Amazon que des
gens enfin une personne désobligeante du reste disait oui mais je suis très
fâchée parce que je voulais apprendre en pratique comment gérer mais c'est
remarquable car nous avons en effet créé à cet effet l'université de
l'épargne qui vous permet d'apprendre en pratique comment gérer vos quelques
sous et que faire de votre épargne. Et il y a les gens qui vous vous posez des
questions à l'intérieur du forum et les gens sont très amicaux et se
répondent des uns aux autres et c'est quelque chose auquel je suis
particulièrement sensible parce que c'est bien ce que j'espérais.
Voilà donc il y a cette partie communauté où on essaie de s'entraider les uns les
autres et par ailleurs il y a une partie de cours qui ont été il y a plus de 55
heures aujourd'hui de cours avec lesquels vous pouvez vous former et qui
ont été réalisés par nos blanchemins. Voilà donc n'hésitez pas à aller voir
l'université de l'épargne www.université-de-l'-épargne.org et on vous
permettra comme ça de compléter votre votre formation si toutefois
s'occuper de votre propre argent vous intéresse comme le livre a semblé vous
intéresser. Alors aujourd'hui des petites questions.
Bonsoir Charles-Emmanuel, merci pour l'opportunité. Il y a quelque chose que
j'aimerais comprendre. Est-ce possible qu'un marché en action monte en même
temps que sa monnaie s'apprécie ? Je pense oui mais j'aimerais comprendre les
mécanismes derrière. En effet si on s'attend à une dévaluation de l'euro
versus le yuan, avoir des obligations chinoises serait judicieux non
plus pour les taux d'intérêt de ces dernières mais pour jouer le taux de
change à long terme ? C'est une très bonne question.
Alors je vais essayer de répondre. Il y a deux cas de figure. Pardon j'ai un
chat dans la gorge. Un troupeau de chats plutôt. Je vous demande pardon. Ils sont
plusieurs. Ils sont tous très mignons. Donc la première question c'est si vous
êtes un pays extraordinairement mal géré avec une monnaie qui ne correspond pas à
votre productivité etc. Qu'est ce qui va se passer ? Il va se passer qu'à un
moment ou à un autre le taux de change va devoir s'ajuster à votre productivité.
Dans un pays normal qui n'aurait pas des taux bloqués ? Qui n'aurait pas des taux
bloqués etc. Mais même ça ça finira par sauter. Donc à ce moment là qu'est ce
qui se passe ? C'est que vous avez un certain nombre de sociétés comme Air
Liquide au hasard ou Schneider ou des gens comme ça qui font la plus grosse
partie de leur chiffre d'affaires en dehors d'Europe. Et là ils sont dans un
monde concurrentiel. Ils sont concurrents etc. Les seuls coûts qu'ils ont en France
si on prend des gens comme Air Liquide etc. C'est grosso modo aller au total.
C'est grosso modo leur siège social, les employés qui sont en France plus une ou
deux petites boutiques ici ou là mais ça représente rien. Donc vous vous dites
ils ont 100 de cours en France et 1000 de mettons en dollars à l'extérieur.
100 euros et 1000. Si d'un seul coup l'euro disparaît ou se pète la gueule,
leurs coûts vont baisser et les 1000 vont devenir 1500 dans la monnaie
française à ce moment là. Si la France baisse de 50%.
Ce qui se passera c'est donc vous en tant qu'actionnaire vous êtes protégé
contre une dévaluation par le fait que vous possédez des sociétés qui ont la
plus grosse partie de leur chiffre d'affaires à l'étranger. Ils s'en foutent
donc les cours d'Air Liquide, de Total etc monteront à due concurrence de la
baisse de la monnaie. C'est ce qu'on appelait autrefois en
bourse le quatrième une hausse de misère. Tu vois parce que tu ne devenais pas plus
riche c'est simplement que tu avais investi soigneusement ton fric dans un
endroit qui était déjà investi à l'extérieur et qui bénéficie de
dévaluations. Donc ça c'est le deuxième cas, celui auquel est fait l'allusion.
Si vous avez à ce moment là des obligations chinoises,
elles monteront puisque la monterie chinoise montera contre ce qui sera le
franc français à l'époque et vous gagnerez d'autant. Donc avoir des
obligations chinoises ou avoir des Air Liquide c'est dans le fond dans les deux
cas de figure jouer, enfin bénéficier d'une dévaluation de la monnaie française.
Bon donc ça c'est le premier cas. Maintenant imaginez que vous ayez un
pays très bien géré et qu'il y a une monnaie qui soit sous-évaluée.
Peut-être la Chine aujourd'hui qui a des comptes courants, c'est à dire une balance
commerciale excédentaire de 80 milliards de dollars par mois.
C'est 1000 milliards de dollars par an quoi. C'est monstrueux, ça veut dire
qu'on a beaucoup parlé de la Chine, du fait que maintenant la Chine avait
réinvesti dans le domaine industriel. Il semble que la Chine soit en train de
régler ses problèmes de frontières avec l'Inde.
J'ai une question sur ça. Oui, on en reparlera. Mais ça veut dire que
probablement la Chine va pouvoir se brancher sur le développement indien et
donc ça va être un mariage tout à fait réussi. A ce moment-là qu'est-ce qui va
se passer ? Vous voyez un pays bien géré dans lequel la monnaie est sous-évaluée
et vous vous dites bon comment je peux en profiter ?
Tu te dis la monnaie va monter. Si la monnaie monte, le pouvoir d'achat
international du consommateur chinois va monter. Il va pouvoir aller prendre ses
vacances à Bali pour moins, etc. Donc tout ça ça va monter aux Philippines,
à Hong Kong. Et donc à ce moment-là vous vous retrouvez dans un pays où les
valeurs de consommation, c'est-à-dire les valeurs internes, pas les liquides
locales, mais les valeurs internes, tu vois, vont bénéficier de la hausse du
pouvoir d'achat des Chinois. Et tu auras une monnaie qui monte avec des valeurs
de consommation qui montent et des taux d'intérêt qui vont baisser puisque le
capital arrivera de tous les pays du monde pour s'investir là-dedans, ce qui
fera baisser les taux d'intérêt. Et ça s'appelle en jargon boursier, non pas une
hausse de misère, mais un scénario du triple mérite où tu as à la fois la
monnaie qui monte, les taux d'intérêt qui baissent et les valeurs de
consommation qui montent. Et grosso modo, c'est ce que j'attends pour toute l'Asie
par rapport à l'Europe et par rapport aux Etats-Unis. Donc oui, les deux cas sont
possibles, mais tu joues pas tout à fait la même chose dans les actions.
Tu vois, dans un cas tu joues plutôt les valeurs de consommation, dans l'autre tu
joues plutôt les valeurs qui font un chiffre d'affaires à l'étranger.
D'accord, oui. C'était une très bonne réponse que j'ai faite. Je suis très content de moi.
Alors, je te la pose quand même. Concernant la Chine qui passe,
c'est quelqu'un d'autre, concernant la Chine qui passe progressivement d'un
marché de production à un marché de consommation, n'est-ce pas le début du
scénario d'effondrement qu'a vécu l'URSS, que vit l'Europe, qui sera rejointe par
les USA avec la chute du dollar, vieillissement, mortalité et
embourgeoisement de la population, crise immobilière. À quelle échelle de
temps cela peut-il se produire ? Les cycles longs semblant se raccourcir à
chaque période. Ou alors, est-ce contradictoire avec le fait que la
Chine stocke de plus en plus d'or et tente une relance par la production, mais
dont les politiques ressemblent de plus en plus à des mécaniques libérales ?
Oui, il y a beaucoup de questions. Libérales, je ne sais pas, mais capitalistes, oui.
Capitalistes, certainement. Libérales, oui. Enfin, le libéralisme, c'est quand même, pas seulement,
mais beaucoup, laisser les gens qui doivent faire faillite, faire faillite.
C'est-à-dire la création destructrice. C'est quand même la base du
capitalisme et donc du libéralisme. La prise de risque, si vous vous trompez,
vous perdez tout. Et ça, la Chine le fait très bien. Oui, mais il y a un autre
problème si tu regardes le libéralisme du point de vue de son humanisme. Tu as
aussi besoin, pour avoir un véritable libéralisme, d'avoir une protection de
l'individu devant l'État. Je ne me rends pas forcément compte de toute
l'emprise juridique de la Chine, mais je ne sais pas si la protection de
l'individu au niveau habeas corpus est à son meilleur en Chine aujourd'hui.
La Chine, on en a souvent parlé. Dans une société, la liberté peut s'exercer,
mettons, dans trois domaines. C'est le domaine économique, acheter, vendre,
embaucher des gars, les virer. Tout ça, ça fait partie de la liberté économique.
La liberté sociologique, c'est-à-dire que tu vas... On t'embête pas si tu vas à la
messe ou des trucs comme ça. En Chine, c'est un peu moins. Et puis, la liberté
politique, tu votes et tu choisis les dirigeants. Et ce qu'avait fait
Lee Kuan Yew en Singapour, quand il a pris le contrôle de Singapour dans les années
50, c'est qu'il y avait des famines à Singapour. C'était un pays
extraordinairement pauvre. Il a dit, écoutez, la liberté économique, vous l'avez.
La liberté sociale, on va y bosser, mais ça prendra du temps, etc.
La liberté politique, on se revoit dans 40 ans, vous voterez tout le temps, mais
vous aurez le droit de voter pour moi. Et ça a très bien marché.
Donc, aujourd'hui, la Chine a une liberté économique, capitaliste, capitalisme assez
dur, d'ailleurs. Elle a une liberté sociologique qui s'améliore, c'est-à-dire
que, par exemple, le droit de propriété est de plus en plus protégé par les
tribunaux. Ça se passe pas parfaitement, mais c'est mieux.
Quant à la liberté politique, on se revoit dans 40 ans. Ils n'ont pas le temps
de s'occuper d'être populaire. Je crois, honnêtement, qu'aujourd'hui,
le citoyen chinois est plus libre que le citoyen français. Parce qu'en France,
nous n'avons pas de liberté économique, ou plus aucune. La liberté sociologique,
il n'y a qu'à voir le nombre de fois que je suis invité sur les radios d'État.
C'est pour se rendre compte qu'il y a des gens qui ne sont pas invités, quoi.
Et la liberté politique, si je comprends bien, j'ai le droit de voter pour Fabius
ou pour Juppé, qui sont des clones. Sinon, je suis immédiatement considéré
comme un type d'extrême droite, et donc mon vote n'est pas recevable.
Donc, ces histoires de démocratie et tout, il n'existe qu'un pays démocratique
au monde, vraiment, aujourd'hui. Alors, actuel, c'est la Suisse, puisque c'est
les gens qui votent eux-mêmes, sinon, et libéral aussi, d'ailleurs.
Le fait de me dire que la France est une démocratie, j'écoute ça avec beaucoup
d'intérêt, mais j'ai de moins en moins la sensation qu'on vote en fonction
des intérêts et des demandes de la population. Le gouvernement n'est pas fait
dans cet esprit-là, quoi. Il est fait pour nous créer une Europe dont personne
ne veut. Mais à part ça, je n'ai pas vraiment de mots à dire, quoi.
Alors, Kylian te demande, d'abord, te remercie pour tes précieux conseils, et te
demande la chose suivante. Petite question d'épargne, mais depuis une autre
perspective. Indépendant, avec une entreprise qui possède pas mal de cash
en banque, des centaines de milliers, que conseillez-vous en termes de gestion de
cash et d'investissement hors France, vu la situation économique et politique
actuelle ? Un volet université de l'épargne d'entreprise pourrait être
très intéressant, vu le nombre croissant de freelancers et indépendants
aujourd'hui. C'est vrai que si tu as du cash, d'ailleurs on est maintenant dans
ce cas-là, et que tu te places dans un temps long en disant, je sais pas, t'as
300 cas, 400 cas auxquels tu vas pas toucher, tu les mets où ? Tu fais quoi
avec ? Alors là, c'est une très bonne question. Il faudra en effet qu'on y
réfléchisse. On a développé avec Didier un certain nombre d'outils qui peuvent
permettre de gérer du cash en fonction des taux de change. Tu sais, c'est
simpliste, c'est même un peu simplé, mais ça marche plutôt bien. C'est-à-dire, tu te
dis, j'ai le choix entre 4 ou 5 monnaies. Mettons, tu te dis, je vais mettre en
sterling, en dollars, en euros, en yens, ou je sais plus. Et vous jouez le forex ?
Oui, tu te mets en dépôt dans les différentes monnaies.
Tu vois, tu peux avoir le forex. Et ce qu'on fait, c'est qu'on fait un classement.
On dit, quelle est la première monnaie sur 12 derniers mois ?
Quelle est la deuxième ? Quelle est la troisième ? Quelle est la quatrième ? Quelle
est la cinquième ? Et on investit toujours dans les deux premières monnaies.
Et tu te retrouves avec quoi, du coup ? Tu te retrouves avec 8 ou 9% par an,
avec une volatilité assez faible. En général, la première monnaie, ça va être
quoi ? Dollars, francs suisses ? Non, non, ça change. Ça change ? Ça change, ça change.
Compte tenu des taux d'intérêt qu'elles versent. Donc ça change. Et de
temps en temps, tu te retrouves parfois avec, on a rajouté l'yohann aussi, et ça donne des
résultats pas mauvais. Donc ce à quoi peut s'amuser la personne, c'est, si elle sait
faire tourner un tableau Excel, ce qu'elle doit savoir faire si elle est dans une entreprise,
c'est de faire ce petit classement, elle-même, tu sais. Et puis d'investir,
de ne pas investir dans les deux ou trois dernières monnaies. Et d'investir dans les
deux premières. Et ça marche très bien. Ça marche très bien. Ça te donne, et c'est un
truc bête comme chou. Ça veut dire qu'il y a une espèce de... C'est les gens qui achètent,
c'est le momentum. Quand quelque chose a été bon en un certain temps, il y a tout un tas de gens
qui suivent, qui sont des suiveurs. Et ça, c'est une espèce... Donc l'avantage, c'est que tu n'as
pas de risque du tout sur ça. Ben, tu as des risques de variation des taux de change, oui.
Oui, mais tu peux... Il n'y a rien qui peut t'arriver, mais tu as des dépôts à toi,
dans une banque. Il faut simplement que tu aies une banque qui permet de passer facilement d'une
monnaie à une autre. Mais ça, tu vas chez... Mais sur Revolut, ils font ça. Tu peux changer
sur You aussi. Tu peux changer sur Swissquot. Tu peux changer sur la carte qui est en Revolut. Tu
peux faire ça facilement. Donc, il faut simplement... Nous, on ne l'a pas mis à la disposition des
clients parce qu'on ne le fait pas nous-mêmes d'ailleurs. Enfin, si, on l'a fait en théorie,
mais on ne l'a pas fait en pratique. Mais il va peut-être falloir qu'on le fasse. Oui,
c'est peut-être un... Mais cette idée de créer des cours pour les gens qui doivent gérer du cash à
court terme... Ben, tu vois, comme ça... Pourquoi pas ? On va y réfléchir. Nicolas Pichon te pose
la question suivante. Bonjour Nicolas. Le cours du baril du pétrole reste à 70 dollars malgré
des diminutions de production de barils et malgré les guerres. Pourquoi, à votre avis ? Est-ce que,
comme de plus en plus de ventes d'énergie se font sans dollars, cela a-t-il un impact pour vous
justement sur le prix du baril en dollars ? Alors, oui, c'est une très bonne question. Encore une
fois, c'est fou ce que les questions sont bonnes. Le fait que beaucoup de transactions ne se fassent
pas en dollars fait que, sans doute, le marché du pétrole est plus facilement manipulable. C'est
à dire qu'autrefois, si tu veux, quand la Chine achetait sur le marché spot ou quand l'Inde
achetait sur le marché spot en dollars, les volumes étaient tels que c'était difficile.
Maintenant, il est probable que les autorités américaines ont tout fait pour que le prix du
pétrole ne dépasse pas 70 puisqu'on avait des élections qui arrivaient et qu'il ne fallait
pas que le prix de l'essence monte. Que ça se termine dans 2-3 jours, ça, on va voir ce qui
se passe après. Donc ça, c'est la réponse à la première question. Est-ce qu'il va rester là
longtemps ? J'en sais plutôt rien. Ce qu'on peut dire, c'est qu'on ne trouve pas d'énormes
gisements de pétrole. Apparemment, les Russes viennent en trouver un énorme dans l'Arctique
ou l'Antarctique, je ne sais plus où, qui compte en milliards de barils. Là-haut. Enfin,
Sakhaï. Il est possible qu'on ait trouvé un gros gisement de pétrole récemment,
les Russes. Mais on trouve du gaz partout. Vraiment partout, on en trouve. Et c'est un
substitut. Donc il y a peut-être un effet de substitution du pétrole au gaz qui maintient
le prix du pétrole bas. C'est possible. Mais pour l'instant, c'est tout ce que je peux dire.
Mais en même temps, le gaz, ce n'est pas du tout aussi fongible que le pétrole par là. C'est qu'il
faut le contre-presser, le mettre dans des bateaux spéciaux, l'envoyer à l'autre bout du monde.
C'était bien quand on avait le gaz qui arrivait par des pipelines de Russie. Mais je me suis
laissé dire que les Russes avaient été assez bêtes pour faire sauter leurs propres pipelines.
Oui, ils ne sont pas très malins. Non, ils sont très bêtes les Russes. C'est terrible ça. D'ailleurs,
tout ce que dit la fraise française tout le temps. Voilà. Alors, on te demande. Bonjour à
vous tous. J'ai plusieurs questions sous la main. Qu'avoir dans sa boîte à chaussures ? Hors physique,
cash en euros, malgré une faillite de l'euro. Dans votre livre, c'est « C'est de vous faire
avoir ». Au page 17-18, vous indiquez que vous expliquez l'actif du cash. Mais il s'agit de
l'explication des bons du trésor à trois mois. Le cash est alors un bon du trésor. Quels sont
les risques de contrôle d'échange ? L'argent placé est-il soumise à cela ? Signé un élève
de l'université de l'épargne. C'est très bien. Alors, première réponse, contrôle d'échange. Ça va
être extrêmement difficile de mettre un contrôle d'échange, si j'ose dire, quand il y a le bitcoin.
Oui, mais il faut aussi être réaliste. Le bitcoin, si tu veux, les gens qui l'utilisent sont
univers masculin, relativement citadins, encore qu'il peut y avoir des épiphénomènes. Et ça
touche un public qui, pour l'instant, est relativement epsilon en France. Si il y a des
contrôles d'échange, ça va aller très vite. Mais je ne suis pas persuadé que là où on est
allé à Saint-Martin-du-Gré, les gens soient hyper bitcoin. Non, ce n'est pas impossible. Mais le
bitcoin, ça rend la chose difficile. C'est une machine, dans le fond, à empêcher le contrôle
d'échange de bitcoin. Alors, pour l'instant, les gens n'en ont pas besoin puisqu'il n'y a pas de
contrôle d'échange, mais il pourrait se développer très vite s'il y en avait un. Sinon, dans la boîte
aux chaussures, qu'est-ce qu'il faut avoir ? Moi, j'ai un vieil ami qui est d'origine juive et dans
sa boîte aux chaussures, parce qu'il y a une histoire fabuleuse. L'histoire veut que les pauvres,
ils aient eu à bouger souvent et rapidement. Et qu'ils aient eu besoin d'avoir. Et son père lui
disait toujours, il faut que tu aies toujours 2000 francs suisses dans ton portefeuille. C'est une
famille aisée pour pouvoir te barrer à toute allure. Je crois que si vous devez avoir des
billets dans une boîte à chaussures chez vous, c'est à la limite aussi bien. Mais les Napoléons,
si vous passez à la douane avec vos Napoléons, vous allez vous faire choper avec les trucs qui
vont les voir. Donc, le franc suisse, c'est un bout de papier. Vous n'avez pas d'interdiction
d'avoir des francs suisses sur vous. Donc, c'est les deux plus gros billets au monde. C'est le billet
de 1000 francs suisses, je crois. J'en ai vu un ou deux. C'est très bon. Je crois qu'il y en a un de
Singapour qui est très gros aussi. Il y a un 1000 dollars de Singapour qui est bien aussi. Je n'ai
jamais vu. Moi non plus, j'ai jamais vu. Donc, vous avez les deux plus gros billets. Je ne sais
pas. Avoir quelques billets, quelques billets en franc suisse dans sa boîte à chaussures, c'est
pas puissant. J'en profite d'ailleurs pour vous dire la chose suivante. Certains d'entre vous
disent oui, mais je ne comprends pas. Quand vous parlez à l'université de l'épargne d'acheter des
ETF, que ce soit Asie ou Energies, vous les achetez en euros alors que vous nous dites que
l'euro va tomber. Mais on ne vous fait pas acheter l'euro. On vous fait acheter des valeurs de
croissance. Que votre euro, enfin que votre ETF soit libelé en euros au moment où l'euro va se
péter la gueule. Il vendra d'autant ses commères liquides. Voilà, c'est-à-dire que vous aurez
beaucoup plus. Beaucoup plus d'une monnaie qui vendra de moins en moins. Mais votre ETF sera
toujours par rapport au dollar valorisé autant. On ne joue pas l'euro dans cette valeur ETF. On
joue la croissance mondiale. Que ce soit libelé en euros n'a absolument qu'une incidence. Donc,
arrêtez de poser des questions du style oui, je vais convertir en livres ou je vais convertir.
Ça ne change rien là, pour le coup, une fois que vous achetez un tracker.
Si vous achetez Exxon, par exemple, et que dans le temps, c'était le cas, mais ça ne l'est plus.
Exxon, dans le temps, était coté à Paris. En plus d'être coté à New York. Bien sûr,
Exxon, c'est la plus grosse valeur pétrolière du monde. Et bien, si le franc franc serait dévalué,
Exxon montait du prix de la dévaluation. Et donc, le fait que vous soyez coté en franc n'avait
aucune valeur sur l'action Exxon coté à Paris. Mais bien sûr. C'est juste une unité de compte,
en vérité. Mais vous, la valeur structurelle de l'action, c'est Exxon. C'est les puits qu'il y a
là partout. On te demande, bonjour M. Ghiaf, pourriez-vous nous donner, dans l'histoire
économique, un exemple de bouleversement technique choumpétérien qui serait comparable à ce qui
pourrait se passer avec l'intelligence algorithmique, l'IA, et son effet sur l'emploi,
les paris, la productivité ? Ah oui, j'ai écrit, pour ceux qui s'intéressent à ce genre de questions,
j'ai écrit, quoi, il y a une vingtaine d'années, oui, par là, je pense, vous savez un peu moins,
un livre qui s'appelait « C'est une révolte, non sire, c'est une révolution », dans lequel j'ai
expliqué qu'on rentrait, il y avait eu trois grandes révolutions dans l'histoire de l'humanité.
La première, c'est qu'on est passé de la cueillette à la agriculture, si vous voulez, ça a créé les
villes, etc. Et puis, il y a eu la révolution industrielle qui s'est passée en Angleterre au
18e et au 19e, et pour ça, c'était des... la révolution industrielle, ça permettait de
multiplier par un facteur puissant la force mécanique de l'homme, c'est-à-dire que vous
aviez les machines à vapeur qui pouvaient porter des choses beaucoup plus loin, etc.
Et puis, dans ce livre, j'indiquais qu'on était en train de rentrer, c'était il y a 20 ans,
dans une troisième révolution qui était la révolution de la pensée, où les machines allaient
d'un seul coup nous donner des informations beaucoup plus rapidement que ce qu'on n'avait
jamais fait. Donc, c'était la révolution de la connaissance. On rentrait dans une économie de la
connaissance. Et donc, c'est la troisième dans laquelle on était en train de rentrer. Pour
l'instant, c'est très intéressant, Scandi Musk, qui est certainement l'un des observateurs les
plus remarquables de cette nouvelle révolution, et l'un des acteurs aussi, il dit que le problème
avec l'intelligence artificielle, c'est qu'il faut l'éduquer. C'est-à-dire, il dit que le
problème, c'est que vous prenez quelqu'un comme Google, ils ont dépensé plein de pognon là-dedans,
et ils ont éduqué leur intelligence artificielle de façon stupide. Par exemple, on a posé une
question à Google qui était, donnez-moi des troupes d'élite qui soient acceptables,
moralement, et elle vous avait sorti des photos de SS noires. Vous voyez, c'était parce que les SS
c'était des troupes d'élite, et noires c'était... Donc, ce que dit Trump, il dit qu'il faut faire
très attention à l'intelligence artificielle parce qu'on va automatiquement mettre au départ
des espèces de jugements de valeurs, et si vous mettez des jugements de valeurs qui sont faux,
vous aurez des résultats idiots. Donc, c'est quelque chose qui calcule à la vitesse de la
lumière, mais qui, si on lui a mis une fausse hypothèse au départ, va t'emmener dans des
imbécilités foudroyantes. Donc, par exemple, nous ici, ça fait longtemps qu'on travaille avec des
choses d'intelligence artificielle, et ce qu'on essaie de faire, c'est de trouver des réponses qui
ne soient pas précises, mais qui soient robustes. Parce que le danger avec ça, c'est que tu cherches
à avoir des réponses extrêmement précises et qui seront fausses. Je te donne un exemple, c'est...
Moi, dans mon métier, la question la plus importante, c'est par exemple, est-ce que les
intérêts vont monter ou baisser ? Ça, c'est... Si j'ai une intelligence artificielle qui me dit,
avec relativement de certitude, ils vont monter ou baisser, c'est très très bien, je suis très
content. Mais maintenant, ça marche si les taux français vont passer de 3 à 3,54. Si je demande
ça à l'intelligence artificielle, elle va me dire... Elle va me trouver un truc à 3,54, mais ça sera
idiot. Donc il faut se servir de cette intelligence pour faire tous les travaux idiots. Par exemple,
je pense que ça va être un sale coup pour beaucoup d'avocats qui étaient très bien payés pour aller
chercher les jurisprudences. Mais l'intelligence artificielle, elle va chercher les jurisprudences
sur le cas. Je pense que surtout, ça va être un sale coup pour les traducteurs de livres. Pour
les traducteurs de livres, pour les avocats qui cherchent... Pour tout ce qui peut être fait
rapidement et mécaniquement. C'est-à-dire que tout ce qui est écorporate, un petit peu rédaction
des statuts, ce genre de choses, où on avait en général trois personnes en interne qui
refaisaient du contrat... Voilà, ça, ça va être fait assez rapidement. Les jurisprudences, je ne sais
pas, parce que quelquefois, en vrai, quand tu fais des recherches jurisprudentielles, la force, c'est
la capacité que tu as. Par exemple, moi, je sais que j'avais un cas. On devait, pour l'Europe,
prouver que les capsules Nespresso pouvaient pas être... Bon, on a perdu, mais on pouvait pas mettre
des capsules Nespresso différentes que la marque Nespresso. Du coup, il fallait aller chercher des
jurisprudences de tout ce qui pouvait être des cartouches. Donc, tu dois réfléchir à tout ce
dans quelle mesure ça pouvait endommager l'appareil. Et on avait eu des jurisprudences avec les fusils,
justement, qui disaient que oui, si vous n'utilisez pas une marque ou des cartouches qui ont été,
l'appareil va être endommagé. Et donc, ceci, cela, voilà. Donc, quelquefois, c'est...
Mais aller chercher ces jurisprudences aurait été plus rapide.
Non, mais ce que je veux dire, c'est que c'est la capacité humaine à faire des liens sur des
choses sur lesquelles tu ferais pas forcément des liens, parce que tu tords un tout petit peu
la vérité. Tu t'es un peu amusé avec le droit, on a l'habitude. Alors, par exemple, je te donne un exemple,
c'est que j'ai entendu parler d'un gars qui est un spécialiste, tu sais, des ressources humaines dans
une très grande boîte. Alors, imagine-toi maintenant que les ressources humaines, une grosse partie de
leur boulot, c'est d'intégrer dans leur truc de ressources humaines toutes les directives qui
arrivent de Bruxelles, du département du travail, etc. Et donc, quand ils font un appel d'offres,
ils doivent donc rentrer... Alors maintenant, ils le font faire par l'intelligence artificielle qui
va chercher tous les trucs. Donc, l'intelligence artificielle remplit le dossier du gouvernement à
la perfection. Et donc, le seul reboulot des ressources humaines à ce moment-là, c'est de
relire qu'il n'a pas fait une grosse bêtise, tu vois, rapidement avec un crayon à la main. Donc,
on en arrive dans un monde où ça va être une intelligence artificielle dans le gouvernement
qui mettra au point un questionnaire qui sera rempli par une autre intelligence artificielle,
et ça sera un gain de productivité totale parce que tout le monde s'en fout finalement, tu vois, c'est...
Mais de temps en temps, il faut quand même relire, il faudra qu'il y ait un type qui relise. Mais à la
place de passer 24 heures à remplir le truc et à vérifier tous les textes de loi, ça sera fait
automatiquement. Donc, tous les travaux complexes et emmerdants vont être de plus en plus faits par
ces trucs-là. Oui, ça, c'est plutôt une bonne nouvelle pour moi. Oui, c'est comme les poissonneurs
de mécro, le poissonneur de tickets. C'était un très joli film d'ailleurs avec Brassens. C'était
la chanson, c'était le poissonneur... Voilà, c'était pas assez vrai des métiers. Mais c'est
marrant parce que tu vois, quand on est arrivé à Londres, quand j'étais petite, donc on est en
80, dans le bus, il y avait encore deux personnes. Il y avait le conducteur et tu avais le type qui
passait avec une sorte de machine qui tournait tout ça... Animal Fares, please! Animal Fares!
Toi, tu étais là, tu te donnais tes 15 pences, genre... Et quand on les filait à ton frère les 15 pences pour prendre le
bus, lui, il allait à pied au lycée pour garder les 15 pences. Oui, pour garder les 15 pences, ce qui était
un franc 50, juste pour reciter. Après, c'est passé à 20 pences. C'était la toute petite pièce octogonale.
Donc, il faut... Il y a 5 20 pences to make a pound. Voilà, il fallait 5 fois 20, ça fait...
Maintenant, je crois que c'est 1,20. Mais ce qui se passe en Angleterre, ce qui n'est pas bête,
c'est que maintenant, quand vous devez aller prendre le métro, vous mettez votre carte de crédit et vous
n'avez pas besoin d'acheter un ticket. Oui, partout. Il n'y a qu'en France où c'est très compliqué.
Alors, dernièrement, ils ont quand même fait un système où tu peux dématérialiser ta carte
paie libre, mais t'es quand même obligé... Mais tu vas à Madrid, tu vas où tu veux, tu passes ta carte
comme ça. Londres, ça fait déjà 5 ans où tu passes ta carte. Enfin, la plupart du temps, tu peux l'avoir dans ton téléphone.
Et ils prélèvent quand tu sors. Oui. Ils te donnent un ticket, tu l'ordonnes et à ce moment-là, pof, ils prélèvent.
Alors, Maxime a une question pour toi. Cher Charles, dans une conférence publiée par leur chaîne YouTube,
Grand Angle, M. Gaev a dit qu'investir dans les private equity, c'était idiot. Pourrait-il expliquer pourquoi ?
Alors que le rendement sur 10 ans s'approche de 10% en déduisant l'inflation.
Alors, le private equity, c'est des gens qui vous disent, écoutez, je vous allais me donner votre argent,
je vais le garder 10 ans et avec ça, je vais acheter des entreprises et avoir des bien meilleurs résultats que la bourse.
Bon. Mais comment ils y arrivent ? Eh bien, ils y arrivaient avec un truc assez simple, c'est que les taux d'intérêt
étaient extraordinairement bas. Donc, si vous empruntez, allez, à 1 et que vous achetez des affaires qui rapportent du 5
et que vous mettez simplement 25% de capital et 75% d'emprunts que vous avez fait à la banque, bien sûr que vous ferez du 10.
Donc, le private equity, c'est un machin qui ne marche que si les taux d'intérêt sont anormalement bas.
Mais si les taux d'intérêt retournent à un prix de marché, ils ne gagneront pas un rond, ils feront beaucoup moins bien que la bourse,
et en plus, ils prennent 2% par an. Donc, les private equity, ce n'est qu'un résultat de taux d'intérêt imbécile
qui a existé, qui a ruiné nos pays.
— C'est ce que tu expliques souvent aussi dans l'allocation du capital, c'est que les taux... Pardon.
Jeeves, tu te tiens bien. Viens ici, chéri. Ça suffit. — Non, non, on s'en va.
— Ça a mené à une mauvaise allocation du capital, justement, en ne permettant pas de nouvelles croissances.
C'est-à-dire, la plupart du temps, quand tu as des taux zéros... — Tu vas acheter des affaires existantes.
— Et tu vas faire des montages financiers à n'en plus finir. — Et tu vas virer la moitié des employés.
— Voilà. Et alors que dans un business normal, tu aurais eu X personnes qui, à un instant T, auraient lancé, je sais pas,
une parfumerie, un de ceux-là aurait un peu trop acheté de machines, aurait un peu trop... Voilà.
Et donc toi, tu attendrais paisiblement de racheter ton concurrent. Et voilà. Et ça, ça ne permet plus ça.
— Mais je suis pas le seul à le dire. Warren Buffett dit exactement la même chose que moi. C'est-à-dire il dit
« le private equity, c'est l'une des plus grandes escroqueries qui ait jamais existé ».
Mais l'avantage aussi... Là, j'ai un employé qui en a bouillé beaucoup. C'est que si tu achètes du private equity,
que tu es un grand fonds de pension américain, tu vas mettre comme valorisation la valorisation du portefeuille
que te donne le private equity. Tandis que si tu achètes des actions, il faut prendre la valeur des actions qui sont là.
Donc les fonds de pension disent « c'est merveilleux, mon truc monte de 10% par an, il lui arrive rien ».
Mais si un jour, c'est simplement à la sortie qu'on verra... — Qu'il y avait un maillot de bain.
— Qu'il y avait un maillot de bain. J'ai pas du tout certain qu'on sorte. On t'a dit « vous avez fait 10% par an ».
Et puis, les dernières années, c'est ce qui s'est passé pour les SCI en France. Tu sais, on nous expliquait qu'il n'y a pas de risque.
Les SCI, c'était les sociétés civiles immobilières. Et puis d'un seul coup, au moment où tu veux la vendre, on t'a dit
« ah bah oui, malheureusement, l'immobilier a baissé. Il y a une décote de 40% maintenant ». Mais pendant des années,
on t'expliquait que les SCI pouvaient pas baisser puisque l'immobilier ne baisserait jamais. Bah il a baissé.
— Alors Hicham te demande si tu peux nous expliquer la bulle des actifs japonais dans les années 80 et son éclatement dans les années 90
et son impact sur le Japon depuis. Et quel est le rôle des États-Unis dans cette manœuvre ?
— Ouh là, bah là, il faudrait écrire un livre. — En gros. — En gros. Alors pour ceux que ça intéresse, j'ai écrit ce livre.
Ça s'appelait « Des lions menés par des ânes ». Et j'ai expliqué l'imbécilité qui s'était passée au Japon.
Bon. Faire une histoire courte, une histoire longue assez courte. Le Yen, au milieu des années 80, le Japon était
extraordinairement compétitif. Le Yen n'est pas trop élevé, etc. Et M. Balladur, etc., avec les autres, avec M. Baker,
je ne sais plus qui d'autre, je ne sais plus, en Allemagne, ça devait être Kohl qui était là, décide qu'on va stabiliser les monnaies.
On va faire les accords de Paris. Il va y avoir un taux de change fixe, ou presque fixe, entre le Yen, le marque et le dollar.
Très bien. Et à ce moment-là, qu'est-ce que font les États-Unis ? Ils se mettent à imprimer du pognon parce qu'il devait y avoir
une élection, on ne sait rien. Et tout le monde achète du Yen en se disant, ben, c'est la monnaie la moins chère, c'est les plus compétitifs,
maintenant, ils vont gagner de l'argent gros comme eux, puisqu'ils vont rester sous-évalués. Donc, il y a des masses de capitaux gigantesques
qui arrivent pour s'investir en Yen. Une fois que tu es en Yen, tu te dis, qu'est-ce que je vais acheter ? Ben, tu achètes des actions,
ou de l'immobilier, ou des terrains. Et donc, le prix des actifs au Japon, sous cette masse qui arrive de l'extérieur, se met à monter comme une fusée.
Ce qui fait qu'en 1989, le palais impérial de Tokyo, qui est grand, avait une valeur immobilière supérieure à toute la Californie.
— Oui. Mais subjective. — Ben, c'est-à-dire que si tu mesurais là... — Non, mais je veux dire, c'est parce qu'à cause du phénomène que tu viens...
— C'est-à-dire qu'il y avait trop de pognon, quoi. Ça n'avait plus aucun rapport avec la réalité. — Non, je dis ça parce que quelquefois, en France,
j'ai cette impression, quand je vois des appartements de 150 m² à 8,9 millions... — Tu te dis... Il y a quelque chose qui n'est pas bien.
Et à ce moment-là, les banques se mettent à prêter massivement à l'immobilier, qui ne peut pas baisser, qui se met à monter comme une fusée.
Ce qui fait qu'en 1990, sur les 10 plus grandes sociétés du monde, il y avait 2 banques japonaises et 2 ou 3 sociétés immobilières japonaises.
Mais c'était vraiment le truc... Tu sais, comme on dit souvent ici, si le prix d'un 300 m² à Paris double ou triple, personne ne s'est enrichi.
Il n'y a plus... Il n'y a toujours que 300 m². — Les gens ont du mal avec ce concept alors que... — Il y a une différence entre la valeur et le prix.
— Voilà. Et ça, c'est très important. Et ça rejoint aussi la plupart du temps, quand on parle des fonctionnaires, en disant qu'il n'y a pas de création de richesse.
Les gens prennent ça mal en disant « Mais est-ce qu'une infirmière, est-ce qu'une institutrice... » Bien sûr. Mais bien sûr que ces emplois sont nécessaires.
Et d'ailleurs, du reste aussi, c'est très important de dire que quand Charles râle sur les fonctionnaires, c'est le millefeuille territorial qui est en cause.
On ne remet évidemment pas en cause... — Le travail de chacun. — Le travail de chacun. C'est simplement que la multiplication d'emplois dans le public, qui est beaucoup trop grand...
— Et qui est payée par la dette. — Et qui est payée par la dette. Et ça n'est pas la faute des individus qui les constituent. Et ça n'est pas créateur de richesse au sens économique.
Ce qui ne veut pas dire que ça n'a pas de valeur. Encore une fois, ton père était dans l'armée. À ce titre... — Comment vous mesurez la valeur d'un officier ? J'en sais rien, moi.
— Voilà. — La valeur économique d'un officier, vous dites. C'est ce qu'on appelle les fonctions régaliennes. Par définition, la communauté décide qu'elle doit avoir...
— X commandants, X généraux, X lieutenants, X... Voilà. Et on l'a tous décidé en commun. Et on s'est dit « Voilà, on va faire de la même façon qu'on va décider qu'on veut des professeurs d'université,
qu'on veut des instituteurs et qu'on veut des infirmières et des médecins ». Et c'est très bien. Le problème, c'est qu'on... Et ça n'est pas trop de médecins ou trop de professeurs,
aujourd'hui, le problème. On sait bien que c'est trop d'employés de la mairie qui font je sais pas quoi. C'est trop d'employés de comités théodules...
— Qui servent à rien. Mais c'est ce que dit Millei. Millei, il a une phrase magnifique. Il dit « C'est pas en doublant... Doubler la quantité de monnaie pour enrichir les gens,
c'est à peu près comme doubler la quantité de diplômes pour rendre les gens plus intelligents ». C'est pas parce que vous doublez la quantité de diplômes que vous aurez plus de gens intelligents, quoi.
C'est pas si vous doublez... Donc ils ont créé de la monnaie sans contrepartie de valeur. Quand la bulle a éclaté au début des années 90, ce qui s'est passé à ce moment-là, c'est que les valeurs ont été détruites.
Comme il y avait eu énormément de pognon qui avait été prêté contre ces valeurs, les banques ont sauté, les compagnies d'assurance ont sauté, et on est rentrés dans ce que Irving Fischer appelle une « déflation par la dette ».
Et je vous renvoie à l'article qui avait été écrit en 1934 par Irving Fischer qui s'appelle « La théorie de la déflation par la dette » d'Irving Fischer. Vous en trouverez des traductions...
— C'est un peu velu, hein. — Vous en trouverez des traductions sur le net. Mais c'est très bien fait. C'est-à-dire qu'il dit que les grandes dépressions arrivent quand vous avez
C'est le secteur public. Et donc le vrai problème qu'on a, c'est qu'on sait pas très bien qui on va mettre en face de la bulle quand elle va éclater, puisque l'État est ruiné.
Normalement, c'est l'État qui prend la succession du secteur privé en disant que c'est moi qui prends les dettes à mon... Voilà. Mais là, on pourra pas le faire. Donc on a un vrai problème en France.
Mais c'était donc un truc tout à fait classique. C'était la déflation par la dette.
— Alors Joseph M. dit... Bonjour. Merci pour vos émissions. Vous parlez toujours de l'Europe et de l'Asie. Mais pourquoi ne parlez-vous jamais de l'Amérique du Sud ? Et pourquoi est-ce complètement oublié ?
— Alors on parle un petit peu de l'Amérique du Sud. — Bon. Alors déjà, Joseph, on ne peut pas avoir une compétence dans tous les domaines. Et de la même façon, vous êtes nombreux à nous dire
« Vous ne parlez jamais de l'Afrique », parce qu'encore une fois, on est complètement incompétents sur ces questions-là. — C'est très gros, l'Afrique. C'est très grand. Les gens regardent...
— Donc je sais qu'un peu chez Gafkell-Walt, il travaille avec le Botswana. — Oui. On a quelques contacts et tout. Mais pour revenir à votre question de l'Amérique latine, c'est très intéressant,
parce que vous avez aujourd'hui une série de pays en Amérique latine qui commencent à avoir une gestion convenable de leurs affaires. C'est-à-dire c'est le Pérou, le Chili, d'une certaine façon le Brésil...
— Et maintenant l'Argentine. — L'Argentine, qui a l'air de tourner le virage, et le Mexique. Donc si vous voulez acheter ce que j'appelle des contrats, c'est-à-dire des obligations de pays,
où vous êtes bien payé pour le risque que vous prenez, vous pouvez regarder des choses comme les obligations brésiliennes. Je sais pas si elles sont faciles à acheter, mais vous avez des obligations brésiliennes
qui vous donnent du 4% ou 5% en termes réels après inflation, ce qui est tout à fait exceptionnel. Donc je me dis que quelqu'un qui voudrait acheter des contrats, vendre des obligations à 3% nominale en France,
c'est-à-dire à 0% réel, pour acheter des obligations brésiliennes à 5% ou 6% réel, c'est pas complètement idiot.
— Alors, je pense que ça sera probablement notre dernière question. Michael te demande... Bonjour, je suis arrivée il y a peu sur votre chaîne, et j'ai bien compris votre grand engouement sur l'or.
Alors ça n'est pas un grand engouement sur l'or, c'est parce que tous les autres sont débiles. — On y arrive par défaut.
— On y arrive par défaut, parce que vous auriez pris le coco en 2012-2014. J'ai un peu spécialement engouement sur l'or, c'est juste parce que tous les autres sont crétins.
J'aurais aimé savoir votre point de vue que je ne trouve pas sur l'argent métal. Alors écoutez tous, parce que vous me posez souvent cette question, on y répond aussi souvent, mais visiblement, ça ne rentre pas dans le coco.
Alors on recommence sur l'argent métal. — Alors l'argent métal, ça vient de très loin, puisque l'or étant très rare et très cher à trouver,
on a beaucoup de systèmes qui étaient indexés sur l'argent. Par exemple, la Chine, pendant tout le XIXe, sa monnaie était fondée sur l'argent métal, non pas sur l'or.
Donc c'est un métal qui a une histoire économique monétaire. Donc il y a beaucoup de gens qui s'y attachent. La réalité avec l'argent, c'est qu'on s'en sert beaucoup dans l'industrie.
Alors imaginez que vous ayez un grand boom industriel, le prix de l'argent va monter, comme le prix du cuivre. C'est un peu pareil. Ils vont tous les deux monter beaucoup.
Et puis, s'il y a une récession, paf, le prix de l'argent va se péter la gueule. Donc le contenu monétaire de l'argent, qui varie en fonction, à l'inverse des autres monnaies, en quelque sorte,
c'est à peu près 40%. Alors que l'or, c'est à peu près 90%. Donc si vous voulez prendre une position à découvert sur les banques centrales qui gèrent notre pognon comme des cochonnes,
vous prenez de l'argent, de l'or, ça marche. 90% c'est ce que vous voulez faire. Vous prenez de l'argent, c'est simplement 40 ou 50% à tout casser.
Donc ce qui m'embête avec l'argent, c'est que ça sert à quelque chose. L'or, ça ne sert à rien d'autre, si ce n'est à jouer contre les banques centrales.
Et du coup, ton avis sur le palladium et le platine ?
Mon incompétence ne le dit plus que de mon ignorance.
Mais ce sont des marchés aussi...
Très, très étroits.
Avec des compétences de terrain, de courtier qui font que ça.
S'il y a un nouveau concurrent qui apparaît à l'or, c'est peut-être le bitcoin, on en a souvent parsé ici.
Mais je le regarde avec beaucoup d'intérêt parce que c'est la première fois dans l'histoire qu'on essaie de créer une réserve de valeur qui ne soit appuyée ni sur un état, ni sur l'or.
Et ça, je trouve ça assez rigolo parce que ça n'a jamais été essayé.
Donc, je regarde ça, je ne sais pas si ça va marcher, mais en tout cas, ça m'intéresse beaucoup.
Alors, on te demande aussi, là, de faire un point sur le portefeuille idéal.
Alors, il ne vous aura pas échappé que nous avons monté l'université de l'épargne...
À cause du portefeuille idéal ?
À cause du portefeuille idéal.
Puisqu'on a eu plein de questions, on s'est dit bon...
Et en réalité, donc, le portefeuille a bougé il y a peu, je l'avais mis sur Twitter, mais on va donc en reparler.
On est sortis des dix grandes valeurs, quoique, quoique, je te laisse commencer.
Alors, le portefeuille idéal, ce que j'avais fait il y a 4-5 ans, 4 ans je crois, je ne sais plus très bien,
c'est qu'il y avait dix valeurs françaises qui n'avaient rien à voir avec le gouvernement, qui étaient dans tous les domaines.
Alors, ces dix valeurs françaises, parmi celles-ci, il y en a un certain nombre que je garderai certainement.
Et les trois qui sautent aux yeux, c'est Total,
c'est Schneider,
et c'est Air Liquide, qui sont des valeurs industrielles qui bénéficieront du boom asiatique.
Les autres, elles sont plus sensibles à la consommation mondiale, elles sont plus sensibles au tourisme, etc.
Bon, il n'y a pas vraiment de raison de les garder, tant plus que le portefeuille a très bien fait.
L'autre moitié du portefeuille, c'était à peu près 17% en or, ça vous gardez,
et 33% en obligations chinoises.
Les obligations chinoises ont bien rempli leur office, elles ont monté de 25% en euros à peu près sur la période,
contre les obligations françaises qui ont baissé de 25%, donc ça vous fait une différence de 50%.
Mais là, à 2% de rendement, je me dis qu'il n'y a plus grand-chose à gagner,
et ça ne m'intéresse pas tellement.
Donc, on a remplacé les obligations chinoises par du Yen, qui est traité très sous-évalué,
et pour ceux qui ont pu le faire, on a remplacé les actions françaises, les 10,
par un ETF sur l'Asie avec Japon.
Et on a mis ce qui restait en un ETF énergie.
Donc on a énergie, cash en Yen, or, et actions Asie avec Japon.
Alors, beaucoup d'entre vous reviennent, que ce soit à l'Université de l'Épargne ou là,
vont revenir en me disant, ah mais oui, mais moi c'est dans le cadre d'un PEA,
comment je peux choper un ETF asiatique ou des ETF or ?
Le problème, c'est que dans le cadre du PEA, les ETF auxquels vous pouvez prétendre,
type Amundi, ne sont pas super pour moi, et sont assez moyens.
Donc la véritable question va être, est-ce que vous choisissez de quand même
jouer ces ETF au travers de votre PEA ?
Ou alors, comme vous faites le choix de rester dans le cadre de votre PEA,
et dans ces cas-là, vous gardez les 3 actions type total, dont Charles a parlé.
Parce que la limite de l'exercice, c'est que nous, les ETF qu'on a regardés,
encore une fois, ne sont pas accessibles depuis vos PEA,
ceux qui le sont, sont moyens.
Et je voudrais dire quelque chose, n'oubliez jamais que si l'État vous donne
un avantage fiscal, c'est qu'il veut vous forcer à acheter des trucs en France,
il veut forcer, alors il y a des choses en France qui sont très bien,
ce que j'avais essayé de montrer la dernière fois, mais c'est qu'ils vont,
en faisant ça, ils limitent votre choix, ils limitent votre liberté,
et vous risquez, pour un avantage fiscal, de prendre une gamelle
que vous n'auriez pas prise si vous étiez mis ailleurs.
L'avantage fiscal, je me méfie toujours.
Ce que vous avez, en plus il y a des critères USG dedans, donc...
Ah non, surtout pas. Les critères USG, vous ne prenez pas.
Donc, tout ça pour dire que si vous voulez jouer, comme on le dit,
l'or en ETF, l'Asie et les valeurs énergétiques, faites-le à partir d'un CTO,
ayez votre compte-titres à vous, et faites passer vos ordres,
on vous donne quelques pistes à l'Université des Pays-Bas,
mais faites-le avec la possibilité de la fourchette vraiment étayée,
et à la rigueur, et dans ces cas-là, si vous devez le faire,
et c'est ce que je pense, depuis votre PEA,
et bien dans ces cas-là, ne jouez que les petites actions
dont on parlait tout à l'heure, parce que sinon, ça part en cacahuète,
et je me rends compte que ça va vous mettre un petit mal.
Dites-vous bien que le gouvernement a fait des avantages fiscaux
de façon à vous empêcher de déployer librement votre capital,
et je ne sais pas si vous vous souvenez, Sarkozy avait fait
des textes de loi pour favoriser le référendum d'initiative populaire,
c'est un de mes amis qui avait été chargé de ça, qui était député à l'époque,
et il avait comme consigne formelle de Sarkozy de faire un texte
qui soit inapplicable.
C'est-à-dire que, tu vois ce que je veux dire ?
On vous disait, vous pouvez faire un référendum d'initiative populaire,
mais les conditions qu'on y mettait étaient telles que
il n'y avait pas la moindre chance que vous le fassiez.
Et donc, ce qu'il cherche à faire là, c'est vous mettre des avantages fiscaux
qui vous garantiront que vous ne gagnerez pas d'argent à l'arrivée.
Donc, ce ne sont pas des avantages fiscaux,
c'est des désavantages fiscaux.
Voilà. Écoutez, j'espère que ces petites questions vous auront intéressé.
On a fait un petit tour, là.
On a fait un petit tour, mais l'idée de basse, encore une fois,
c'est de retrouver notre liberté.
Donc, vous ne pouvez pas courir le 100 mètres des Jeux olympiques
si on vous colle, dès le départ, 40 kilos sur le dos.
Ce n'est même pas la peine.
Alors, vous devrez payer des impôts, mais j'ai tellement de mes amis
qui vivent comme des rats depuis des années à l'extérieur de France,
dans des pays qu'ils n'aiment pas, à des endroits où ils s'emmerdent,
pour ne pas payer d'impôts en France que,
sauf si ça devient complètement punitif,
il vaut mieux payer ses impôts et être libre
que de rester dans des structures qui vous empêchent de gagner de l'argent.
C'est triste, hein ?
Eh oui. Voilà.
Écoutez, merci énormément de nous avoir suivis.
On vous dit, mais n'hésitez pas à mettre des petits commentaires en dessous,
à liker nos vidéos, à mettre des pouces.
Et on n'arrive pas à 500 000, on n'y arrive pas.
Non, 400 000.
C'est progressif, c'est à peu près 1200 tous les mois,
donc on va arriver.
Je vous remercie beaucoup de nous suivre et je vous dis à très bientôt.
Merci, au revoir.
Merci beaucoup.
