Pouvoir d'achat, dette de la France, Baisse du niveau de vie avec Charles et Emmanuelle Gave

Institut des Libertés
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29 déc. 2024
Bonjour et bienvenue à l'Institut des Libertés pour cette dernière émission avant la Trêve des Confiseurs.
Voilà.
Donc, vous voyez, je tenais à vous souhaiter un joyeux Noël, une très bonne année,
et tout ce qui va avec dans cette ambiance festive d'aujourd'hui.
Alors, en revanche, je vais devoir enlever ça, sinon je vais loucher comme Dalida pendant toute l'émission.
Mais l'idée est là, c'était pour vous le souhaiter, et vous remercier de nous avoir suivis toute cette année avec la ferveur qui est la vôtre.
Ceux qui ont pris l'abonnement à l'Université de l'Épargne aussi, on vous remercie.
Ceux qui ont acheté le livre de Charles, on vous remercie aussi.
Il est encore temps de le faire.
Absolument.
Pour vos petits souliers, enfin du moins je l'espère.
Et ce qu'on aimerait faire dans cette dernière émission avant la proverbiale fête Trêve des Confiseurs,
c'est un petit peu revenir sur plusieurs choses.
Alors, moi, j'aimerais qu'on revienne déjà au début sur une notion qui est beaucoup utilisée par nos politiques aujourd'hui
et qui est une sorte de mou pour Charles en ce qu'il n'arrive pas à la définir et qu'on aimerait justement nous définir,
qui est le pouvoir d'achat.
Alors, c'est une notion très importante sur laquelle Charles va s'exprimer.
Et ensuite, dans une seconde partie, j'aimerais bien qu'on fasse un peu un tour d'horizon.
Bam, il n'est pas d'accord, le livre est tombé derrière.
Un tour d'horizon de ce qui s'est passé et ce vers quoi 2025 va s'ouvrir,
c'est-à-dire les Etats-Unis, ce qui se passe, la Chine, ce qui se passe,
et voir un peu ce qui va se passer.
Enfin, on n'est pas Madame Myrma, mais quels sont les jalons qui vont constituer début 2025 ?
Alors, revenons d'abord sur le pouvoir d'achat.
Revenons d'abord. Et avant le pouvoir d'achat, je veux dire que certains d'entre vous à l'Institut des Libertés
ont peut-être craint que l'Université de l'Épargne ne nous fasse perdre un petit peu de notre enthousiasme
pour l'Institut des Libertés.
Pas du tout, je suis en train de travailler avec Emmanuel et d'autres sur des programmes
qu'on va ajouter à l'Institut des Libertés, et en particulier dans le domaine de la sécurité.
Parce que c'est quand même une des grandes questions en France,
et on va essayer de créer une espèce d'endroit où on parlera que de la sécurité,
et ce sera la grande innovation de 2025.
Voilà, et je ferai ça sans doute avec Xavier Roffert,
que beaucoup d'entre vous connaissent, qui a été très souvent ici avec Hervé Juvin,
et qui connaît bien les problèmes de sécurité.
Et aussi sans doute avec Conflit.
Vous savez, le journal du groupe Causeur,
qui est spécialisé dans tous les problèmes justement de géopolitique, de sécurité et tout.
Donc, on est en train d'essayer de réfléchir à comment vous présenter
les problèmes de la sécurité et les solutions.
Nous, on a plutôt fait l'économie, la politique, la géopolitique,
mais on n'a jamais vraiment abordé les problèmes.
On a reçu Aubertan, mais voilà, c'est à peu près tout.
Alors, le pouvoir d'achat.
Le pouvoir d'achat, c'est un petit peu une espèce de tarte à la crème.
Je vois beaucoup d'hommes politiques qui disent
« je me battrai sur le front du pouvoir d'achat, il ne baissera pas ».
Si je peux me permettre, ils n'y peuvent rien,
puisqu'ils ne créent par définition aucune valeur marchande.
Ils sont peut-être très utiles, les politiques, je n'en doute pas,
mais la valeur marchande qu'ils créent n'est pas évidente.
Et donc, qu'est-ce que c'est que le pouvoir d'achat ?
Comme pour une famille normale,
c'est un petit peu ce que vous gagnez,
et puis vous pouvez avoir un pouvoir d'achat qui est accru
pendant quelque temps parce que vous avez emprunté.
Donc, c'est ce que vous gagnez plus que ce que vous empruntez.
Mais l'embêtant, quand vous empruntez,
c'est qu'il faut rembourser.
Dans un monde normal.
Et dans le monde de l'État, où vous pensez que vous ne rembourserez jamais,
c'est simplement qu'il y a quelque chose qui s'appelle le service de la dette.
C'est-à-dire qu'à force d'emprunter,
le service de la dette finit par coûter de plus en plus cher.
Le service de la dette, c'est simplement
les intérêts que vous payez sur la vieille dette
qui est le résultat des déficits passés.
À partir du moment où les intérêts sur la dette
commencent à être plus forts que
l'accroissement de la richesse que vous créez,
vous vous appauvrissez.
Il y a aussi quelque chose que les gens ont beaucoup de mal à comprendre
et sur lequel j'aimerais revenir.
On le dit très souvent, la seule partie de l'économie
qui crée de la richesse, c'est le privé.
La richesse marchande.
Ça ne veut pas dire qu'un instituteur,
une infirmière n'ont pas de valeur.
C'est simplement que ces métiers-là, à partir du moment
où ils sont payés sur la levée d'impôts,
vous voyez bien que ça n'est qu'une redistribution.
Il n'y a pas eu de création à proprement parler.
Et comme il n'y a pas eu de création, en réalité, votre gâteau,
imaginons que c'était un 33 centimètres, ne s'est pas accru
vers un 45. La partie qui vous permet d'aller,
quand vous faites une pizza, de pousser votre pâte à pain,
c'est simplement le privé qui peut le faire.
Et donc accroître artificiellement, comme l'ont fait
notre personnel politique depuis des années,
en recrutant des administratifs et en faisant semblant
de tenir un PIB, c'est une mauvaise donne.
Parce qu'à terme, vous n'accroissez pas
la partie 33-45, mais en plus vous faites
peser une charge de main avec
les retraites qu'il va falloir payer.
Ou des impôts. Aujourd'hui, ce que dit Emmanuel est très important.
C'est-à-dire la façon dont on calcule le PIB,
c'est la richesse créée par le secteur privé,
la valeur ajoutée, la somme des valeurs ajoutées du secteur privé.
Et comme on ne sait pas calculer la valeur ajoutée d'une infirmière ou d'un professeur
ou de n'importe qui d'ailleurs, puisqu'il n'y a pas de prix,
donc il n'y a pas de rentabilité,
donc il n'y a pas de valeur ajoutée par définition.
Ce qui se passe à ce moment-là, c'est que tous ces gens-là,
vous dites que leur valeur ajoutée, c'est les salaires que je leur paye.
Mais les salaires que vous leur payez, vous les avez piqués à quelqu'un d'autre.
Donc il n'y a pas de valeur ajoutée.
Encore une fois, ça n'est qu'une grande redistribution à l'intérieur de l'État.
Ils ne sont payés. Et là où c'est encore pire,
c'est que dans un monde normal,
la fonction administrative ne devrait être payée que par les impôts levés.
Or, depuis 1974, ce qui se passe,
c'est qu'en plus de en plus, on recrute des fonctionnaires
que l'on paye avec de la dette.
Ce qui veut dire que les points de PIB qu'on a créés artificiellement
en recrutant des personnels administratifs en plus,
sont payés par une dette qui elle-même va en rendre un service.
Qui sera des impôts sur nos enfants et nos petits-enfants.
Parce que la dette, il faut que vous en souveniez bien,
ça n'est que de l'impôt différé.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, à partir du moment où la dette devient immense
et les intérêts de plus en plus importants,
qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que nous ne sommes plus en démocratie.
Parce que la définition même de la démocratie,
c'est le vote de l'impôt par les citoyens ou leurs représentants.
Là, vous mettez des impôts sur des gars qui vont devoir les rembourser
dans 20 ans, mais qui ne les ont pas votés.
Et ceux qui ont dépensé l'argent, c'est leurs parents.
C'était le principe américain à l'origine de la Tea Party.
No taxation without representation.
Je ne peux pas me taxer si je ne suis pas représentée.
Et par définition, la personne qui n'est pas encore née ne peut pas être représentée.
En tout cas, elle n'a pas voté.
Donc pour arriver à une vraie démocratie,
si jamais on essayait d'y retenir, parce qu'on n'est plus du tout dans une démocratie,
il faudrait rendre le déficit anticonstitutionnel.
C'est-à-dire que personne n'a le droit de proposer un budget en déficit.
Surtout pas les hommes politiques.
Je reviens maintenant à la fonction du pouvoir d'achat.
Le pouvoir d'achat déjà en France, ça a été ce qui gagnait.
Ce qui gagnait le secteur privé plus que le secteur public emprunté pour payer des gens.
Maintenant, on arrive à un moment,
ce qu'on a essayé d'expliquer à plusieurs reprises,
où le service de la dette devient tellement important.
Je crois qu'il est deux ou trois fois le budget de la justice, par exemple, tu l'avais dit.
La justice tourne à 11 milliards,
et le service de la dette est à entre 50 et 60 milliards à ce jour.
On est plus des 60 milliards.
Et la moitié de cette dette...
Dans un pays comme le Japon ou la Chine,
la dette est détenue par les locaux.
En interne. On avait vu ça avec l'Italie.
C'est une énorme différence.
Donc ça veut dire que si on paye des intérêts à quelqu'un,
ça va dans le fond de celui qui est à gauche,
pour celui qui est à droite qui a de la dette.
Et par ailleurs, ce sont des pays qui aussi ont leur propre monnaie.
Pas l'Italie.
Si à un moment, elle décide de racheter sa dette
ou d'écraser sa dette,
de dire on vous donne deux pour trois, on vous donne un pour trois,
ce sera une affaire interne.
Tandis que là, il y a la moitié de notre dette, au moins,
qui est détenue par des étrangers.
Et d'ailleurs, ce qui est très étonnant, encore une fois,
une absence de démocratie, c'est qu'on ne réussit pas à savoir qui.
Quand je regarde les bilans d'un certain nombre de grands fonds de pension en Europe,
comme les fonds de pension hollandais,
je me dis que là, il y a évidemment une partie de la dette.
On la voit. Mais je ne sais absolument pas.
On sait que la Chine doit en avoir à peu près 20%.
La Chine en a à peu près 20%. Mais vous vous rendez compte à quel point
ça donne un élément de pression sur le gouvernement français
en disant que si vous n'acceptez pas, par exemple, Mercosur,
on ne va plus racheter votre dette.
Oui, si ça se trouve.
Donc ça donne un élément de chantage.
Encore une fois, je reviens toujours à la même chose,
je suis gâteux, mais c'est une perte de souveraineté.
Et une fragilité. De sorte que c'est une fragilité inhérente à notre pays.
Et donc, maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?
Eh bien, il y a toute une série de gens.
Vous pouvez faire une espèce de distinction entre, en France,
entre ceux qui sont payés par leur travail.
Le ouvrier, le cadre de l'Oréal, ou j'en sais rien.
Le cordonnier, le crémier, le boulanger.
Ils sont payés par leur travail.
Et ceux qui sont payés par des transferts.
Dans ceux qui sont payés par des transferts,
il y aura ceux qui sont payés par des transferts,
comme justement les professeurs, les instituteurs,
les infirmières, etc., qui font un travail.
Et puis, il y a une partie importante de ces transferts
qui vont faire des gens qui ne sont pas,
qui ne travaillent pas.
Alors, là-dedans, il y en a deux.
Il y a les retraités.
Et puis, il y a ceux qui ne travaillent pas du tout, alors qu'ils pourraient.
Bon, je ne porte pas de jugement de valeur,
mais il y a beaucoup d'argent qui part vers cela.
Dans les transferts sociaux, il est certain qu'à partir du moment
où on a eu, depuis 1974 à nouveau, une politique
d'ouverture des frontières sans véritablement de choix,
on se retrouve forcément avec un certain nombre
de passagers canlandestins qui ne devraient pas être les nôtres.
Voilà. Et par exemple, en Allemagne, où il commence à se poser des questions
sur ces transferts à des gens qui ne travaillent pas,
il y a un mouvement populaire, il va y avoir des élections en Allemagne d'ailleurs,
il y a un mouvement populaire assez fort pour qu'on renvoie les Syriens dans leur pays.
Parce qu'il y a sur les deux millions de Syriens,
je crois qu'ils sont arrivés, ou un million, je ne sais plus, un million je crois,
qui sont arrivés en Allemagne, il n'y en a qu'un sur cinq qui travaille.
Quatre sur cinq reçoivent des subventions et ne travaillent pas.
Et certains depuis dix ans. La guerre civile en Grèce, c'était il y a dix ans.
En Syrie, c'était il y a dix ans.
Donc, à un moment dans les années qui viennent,
on ne va plus pouvoir emprunter.
Et donc, il va falloir faire des coupes
dans ces transferts.
Alors, les retraités, les infirmiers,
tout ça, je ne vois pas pourquoi on devrait couper.
Mais il va se poser de façon très nette, et ça n'est pas
s'être raciste. Il va se poser de façon très nette.
Est-ce qu'on continue à payer des gens ?
Et ça, je n'ai pas la réponse.
Nous n'avons plus les moyens de payer
ce système social qui est imposé
depuis un moment par une certaine gauche
au détriment des Français qui travaillent.
Encore une fois, on a tous en tête cette image de la révolution française
avec le tiers état qui portait sur son dos
la bourgeoisie, le clergé et la noblesse.
Et c'est un petit peu le sentiment que ça donne
pour les gens qui payent l'impôt sur le revenu.
On ne peut pas continuer avec, par ailleurs,
des écoles qui fonctionnent de plus en plus mal,
des hôpitaux où on est capable d'attendre 48 heures
sur des brancards avant d'être soigné. On l'a tous vécu.
Pour finir, se dire, finalement, je vais aller dans le privé
parce que je peux me le payer, mais est-ce que c'est bien normal ?
Et tout est à l'avenant.
Donc le vrai problème, c'est que
ce qui va se passer, c'est que dans les
2-3 ans qui viennent, je ne sais pas très bien parce que je ne suis pas Madame Irma
mais ce qui va se passer, et c'est tout à fait
inévitable, c'est qu'il va falloir que la population
française décide de qui
va prendre l'énorme baisse de pouvoir d'achat
qui se profile. Imaginons qu'on continue dans les transferts
à l'heure actuelle, à ce moment-là, mettons qu'on ait
80% de la richesse qui soit
créée et 20% qui sont empruntés, du pouvoir d'achat.
80% du pouvoir d'achat et 20% qui sont empruntés.
Eh bien, si on ne fait rien, on ne pourra plus...
Donc notre niveau de vie va baisser de 20% pour l'ensemble
de la population. Et il faudra se poser la question à ce moment-là,
est-ce qu'on aménage cette baisse dans la population
au détriment de ceux qui ne travaillent pas
ou pas ? Si on ne le fait pas, il y aura une baisse
de 20% de toute la classe administrative,
de toute la classe des soignants,
de toute la classe de tout ça.
Mais déjà, on est, si tu veux, et on l'a vu,
les chiffres que tu m'avais donnés la semaine dernière sur la retraite n'étaient pas vrais,
mais il se trouve que
avec les transferts sociaux, on peut être parfois
à des jonctions où des gens vont toucher
ou alors des allocations de parents isolés ou ce genre de choses.
900 à 1 000 euros par mois, et c'est exactement
ce que va toucher quelqu'un avec une petite retraite.
Donc il arrive où des personnes qui vont être
à un SMIC qui débute, tu vois, ou en temps partiel, 4-5ème.
Donc tu te dis quelquefois, on ne rémunère pas
assez le travail par rapport aux transferts sociaux.
Donc on arrive véritablement...
Et surtout, on interdit une distinction.
Donc ce que je veux dire par là,
c'est que le fameux pouvoir d'achat des hommes politiques,
s'ils ne prennent pas des décisions
extrêmement fortes, courageuses, etc.,
eh bien, le niveau de vie des Français
qui ne sont pas dans le secteur privé,
et encore, dans le secteur privé,
tous ceux qui vendent à la consommation française
vont avoir une baisse de leur niveau de vie.
Le secteur privé qui sera protégé, c'est celui qui exporte.
Parce que là, on continuera à vendre à l'étranger.
Les gens qui travaillent chez Airbus,
ils ne vont pas déguster, tu vois, c'est pas...
Oui, enfin, ils ne vont pas déguster jusqu'à temps
qu'on ne décide pas de leur mettre une prime exceptionnelle
de contribution au budget de l'État,
qu'on ne décide pas d'augmenter encore une fois
les tranches d'impôts sur le revenu,
parce qu'encore une fois, je regardais hier
des militants qu'attaquent qui disaient
les dépenses publiques, ils me sortaient un graphique,
les dépenses publiques n'ont pas augmenté,
elles sont constantes depuis 1980,
le type, il me sortait un graphique,
c'est simplement les dépenses publiques
du système régalien.
Donc, il a viré le territorial,
il a viré les transferts sociaux.
Donc, il te dit, dans le fond, l'État, il ne coûte pas cher.
Mais c'est vrai, aujourd'hui, l'État, le système régalien,
je crois qu'il coûte 5% du PIB.
Encore une fois, la justice, 11 millions.
À côté de ça, les transferts aux associations, 23 milliards.
C'est ce que je disais la semaine dernière,
on a deux, dans ces associations qui ensuite
prennent la gaieté lyrique et ce genre de trucs
pour y coller des migrants, ces associations-là
ont deux budgets de la justice. La justice, évidemment, est à l'os.
On a tous mis 5 ans, en général,
pour sortir une décision de n'importe quel moment.
Un petit procès en diffamation,
il est traité, vous avez une chance,
3 ans, 5 ans, je viens d'en connaître un, c'était 6 ans.
Quelqu'un que j'aime bien,
qui avait été diffamé, il a fallu 6 ans.
Si j'ose dire, dans la région où il était, il a perdu son honneur.
Tout le monde l'engueule en lui disant
que c'était de la diffamation, les gens étaient punis 6 ans après.
Une justice qui est trop lente, cesse d'être une justice.
Mais bien évidemment, surtout sur des histoires comme ça.
En 6 mois, tu devrais l'avoir, ta décision.
Ce que je veux dire aux empathies qui nous écoutent,
il y en a peut-être certains, c'est
qu'il faut que vous vous concentriez sur la création
de valeur par le secteur privé
et l'arrêt des
transferts sociaux injustifiés.
Alors là, je vous montre
ce qui va se passer, c'est un graphique
qui va apparaître à l'écran, c'est le pouvoir d'achat des lits jaunes
et le pouvoir d'achat du salaire moyen. Alors ce que j'essaye
d'expliquer dans le papier, c'était de lundi, c'est ça ?
C'était, vous avez
j'ai cassé la population française en deux, là.
Ceux qui sont vraiment à l'os,
qui sont vraiment pauvres, enfin tout proche de la pauvreté.
Je dis que c'est les gens qui sont au SMIC.
Papa, c'est pratiquement tout le monde paysan.
Tout le monde paysan, voilà. Et ces gens-là,
je le sais d'expérience, comme vous êtes vraiment
frochés, quand j'étais aux Etats-Unis, j'avais un tiers de mon budget qui allait
à la bouffe, un tiers au logement et un tiers à l'énergie.
Et puis, une fois que j'avais payé ces trois-là, j'avais plus rien.
J'étais à sec.
On se bouffait les doigts. On se bouffait les doigts. On bouffait, on bouffait.
A l'époque, imagine-toi que c'était à la fin des années 60,
notre budget nourriture était de l'ordre de
10 dollars par semaine.
C'était pas...
Et je dis donc, les gens pauvres,
ils s'en foutent du prix des téléphones, tu vois,
ou du prix du train, parce qu'ils le prennent pas, ils n'ont pas d'argent.
C'est l'essence, c'est la bouffe
et c'est le chauffage,
le logement, voilà.
Et donc, j'ai bâti un indice en prenant les composantes
de l'INSEE, ce que j'appelle l'indice des prix
pour le gilet jaune, où je ne prends que ces trois facteurs-là.
Ces trois facteurs-là, depuis le début
de l'euro, ils montent à peu près de 3% par an.
Mais le salaire, le SMIC, il est monté
en fonction de l'indice des prix,
qui est lui monté de 1,7.
Donc ça veut dire qu'ils ont une baisse
de leur niveau de vie. Si tes revenus
augmentent de 1,7
et que tes coûts augmentent de 3%, et que t'es déjà à l'os,
ben tu finis par être vraiment à l'os.
Donc les pauvres en France,
ceux qui sont pauvres, ont eu une baisse
de leur niveau de vie depuis l'arrivée de l'euro d'à peu près 12%.
C'est gigantesque, parce qu'ils étaient à l'os dès le départ.
Ensuite, je prends la classe moyenne,
je prends le salaire médian, c'est-à-dire le salaire
moyen français, et cette fois-ci,
je divise par l'indice des prix.
Et à ce moment-là, je me rends compte que la population moyenne
a eu un niveau de vie qui est passé de 100 à peu près à 117
de 2000 à l'arrivée de Macron.
Et depuis l'arrivée de Macron, on est à plat.
Ça monte plus, ça fait donc 7 ans
que le français moyen a une stagnation de son niveau de vie.
Mais si on a une récession,
il y en a tout un tas qui vont passer dans la catégorie pauvre.
Parce que le chômage va monter, on est déjà dans une récession.
Donc ça veut dire que maintenant,
il y a les deux tiers de la population française
qui ont une baisse de leur niveau de vie
certainement depuis 7 ans,
et pour beaucoup d'entre eux, depuis 24 ans.
Et il y avait un philosophe que j'aimais bien,
John Rawls,
R-A-W-L-S, Rawls,
à Harvard, qui disait que dans une société,
il a beaucoup travaillé sur les questions de justice.
Qu'est-ce que la justice ?
C'est un problème extrêmement difficile.
Et lui, sa thèse, c'était que dans le fond,
une de ses thèses, parce qu'il en avait plusieurs,
c'était qu'une société est injuste
si les plus riches deviennent plus riches
et que les plus pauvres deviennent plus pauvres.
Or, c'est exactement ce qui s'est passé en France
depuis 20 ans et 7 ans.
Donc ça veut dire que notre société est injuste,
aujourd'hui, et de plus en plus.
Et ça rejoint un autre truc,
c'est que non seulement elle est injuste,
mais les gens qui sont au pouvoir sont légaux mais non légitimes.
Et c'est de cette société injuste
plus d'un pouvoir légal mais non légitime
que naissent toutes les grandes révolutions.
Parce que les gens disent, y'en a plein le cul, ça marche pas du tout.
Et à ce moment-là, ce qui se passe,
c'est que comme en France on n'a pas du tout des systèmes
aussi bien huilés que dans le monde anglo-saxon,
on peut pas virer nos élites,
enfin c'est très difficile parce qu'ils ont tout bloqué.
La France est contrôlée par son État, et à partir du moment où l'État
est lui-même contrôlé par des gens que tu peux pas déboulonner,
t'es dans une situation révolutionnaire par définition.
Donc ce que disait un grand penseur aussi,
que je recommande d'ailleurs, qui s'appelle Toynbee,
dans un livre qui s'appelait L'Histoire,
ou qui avait été Study of History en anglais,
il disait que quand des problèmes se posent à un pays
et que les élites sont incapables de le traiter,
y'a que trois possibilités.
La première c'est qu'on change les élites,
c'est ce qu'on vient de voir aux États-Unis,
ils sont en train de changer les élites.
Un grand coup de pied dans le derrière, mais légalement.
Parce que nous, en 1830, en 1848, en 1870,
ça s'est toujours passé à grands coups de pied dans les fesses.
Il y avait une chronique de Mathieu Bock-Côté,
il y a deux semaines je crois, qui disait qu'en France,
on avait un rapport, quelque part, à la politique,
et c'est assez vrai, passionnel.
On ne pouvait absolument pas passer par la rationalité,
et les autres pays nous regardent toujours en se disant
qu'est-ce qui va encore se passer de complètement fou
et complètement hors cadre. En France, c'est-à-dire que
Edmund Burke, quand il regardait les prémices de la Révolution Française...
Il avait pas vraiment analysé, il avait dit tout ce qui allait se passer,
et ça s'est passé comme il disait.
Et ça s'est passé, et il n'y a qu'en France qu'on a fait ça.
Un petit peu en Angleterre, où ils en ont raccourci 2-3.
Oui, mais c'était bien avant, à l'époque c'était pas encore une démocratie.
L'Allemagne aussi a des problèmes un petit peu avec
les transitions de ses élites, c'est pas toujours parfait,
pour dire le vrai. Donc ce que j'essaie de dire là,
c'est que, bon, alors, changement
du personnel politique, le deuxième c'est un changement
de régime, on fait sauter la quatrième et on crée la cinquième avec De Gaulle.
C'est un peu une présomption fatale aussi.
Absolument, tout à fait. Les Français, oui.
Ceux qui sont en haut, pas certains à expliquer qu'ils font
très très bien le travail et qu'il n'y a aucun problème.
Et ils sont très contents puisqu'ils pètent dans la soie. Mais les gars en dessous, ils disent...
Et ils se reprennent les uns avec les autres. On nous parle de...
comme disait je ne sais qui, parce que j'ai trouvé ça très bon.
Mais Bayrou, quand il a été au plan,
le plan existe toujours en France.
Le gars, il est là d'aussi loin que je me souvienne.
Je voyais Bayrou, quoi.
Toujours en train d'essayer de devenir quelque chose.
Ce qui m'est étonnant, c'est que le plan, si vous voulez,
je crois qu'il a multiplié par sept le budget du plan.
Pour ne rien faire.
Je crois que c'était quelques centaines de milliers d'euros, le budget du plan.
C'était devenu un truc complètement mort. Et maintenant, c'est plusieurs millions d'euros.
Et il n'a rien sorti.
C'est ce gars-là qui doit couper les frais. Enfin, on se dit, c'est n'importe quoi.
Je crois que la ville de Pau est en déficit.
On lui a remonté les dettes de 60 millions d'euros.
Il nous a fait une hidalgo. Et puis c'est très laid, en plus.
Pau était une ville charmante. Maintenant, ça ressemble à une zone.
Et la troisième solution, c'est que c'est ce qu'on a vu
quand, je ne sais pas,
les Espagnols sont arrivés en Amérique du Sud.
C'est la fin de la civilisation telle qu'on est.
Ou bien quand les Arabes sont arrivés en Égypte, dans tout le Moyen-Orient.
Ça a été la fin de la civilisation chrétienne là-bas.
Et les plurations ethniques,
parce qu'il n'y a plus de chrétiens maintenant.
Ce que je veux dire par là, c'est que la France va maintenant à l'évidence
où il faut changer les élites,
où on va avoir un changement de régime,
où il n'y aura plus de France d'ici 20 ans.
C'est à peu près ça, la civilisation française aura disparu.
Alors, ce dont on a très peur et dont on a beaucoup parlé,
c'est effectivement, avec ce genre de personnalité,
une sorte d'accélération vers un fédéralisme européen
qui nous pend au nez.
Mais tu as vu, en Allemagne, ils sont comme des fous.
Il va y avoir des élections.
J'aurais aimé transiter vers l'Allemagne
pour ouvrir un petit peu le débat
sur ce que va nous donner 2025.
On a vu que là, des élections vont être anticipées
puisque Lavcholz a perdu la confiance de son gouvernement.
Par ailleurs, pour ceux qui nous suivent,
on vous avait fait un dossier
sur lequel je vous renvoie sur l'Allemagne
en expliquant qu'effectivement,
leur marge brute d'autofinancement était aussi à l'os,
que l'euro les amenait aussi dans cette situation.
Et les imbécilités qu'ils ont fait avec l'énergie.
Avec l'énergie et les miroirs magiques.
Maintenant, ils refont du charbon en Allemagne.
C'est pour vous dire si c'était malin.
Mais en attendant, comme disent les Anglais,
ils sont « stuck between a rock and a hard place »
pour le temps qui est.
Donc, ils sont littéralement à un endroit très difficile.
Ce qui est intéressant, c'est qu'ils s'arrivent dans une situation
qui n'est pas bonne,
mais qui est moins mauvaise que la nôtre.
Et que les Allemands,
les autorités allemandes,
les chrétiens démocrates,
qui représentent un peu la droite,
ont comme objectif de resserrer les boulons
comme des fous en Allemagne.
Et d'épargner comme des fous.
Et que la grande incertitude,
ce que va faire la FD,
qui est plus à droite que le Rassemblement National,
ce qui n'est pas très dur d'ailleurs.
Et donc, la grande question,
c'est qu'est-ce qui va se passer aux élections.
Mais si la France continue à ne pas prendre de décision
de contrôle de ses dépenses étatiques,
et que l'Allemagne se met à les contrôler comme une folle,
ça ne peut pas marcher.
Puisqu'on est dans la même monnaie.
Tu vois ce que je veux dire ?
C'est que dans le cas de la France,
la monnaie devrait s'écrouler.
Dans le cas de l'Allemagne, la monnaie devrait monter.
Mais...
Je ne sais pas, je ne vois pas comment ça peut se passer.
Il ne peut pas y avoir...
Mettons que la France dépensait,
et l'Allemagne dépensait un peu moins.
Ça n'allait pas terrible, mais ça allait.
Mais à partir du moment où l'Allemagne cesse de dépenser,
et nous on continue à dépenser,
on ne peut plus être dans le même taux de change.
Je ne vois pas comment c'est possible.
En tous les cas,
ça va être difficile avec les mêmes taux.
Mais oui, il ne peut pas y avoir des taux d'intérêt.
Si nos taux montent...
Et si nos taux montent,
je ne vois pas comment on va financer l'intérêt de la dette,
sachant qu'encore une fois, on est à 60 milliards.
Alors, je vous avais exposé dans une émission,
il y a deux, trois émissions,
comment trouver 50 milliards rapidement.
Encore une fois, c'était une émission sur
comment trouver 50 milliards pour payer les intérêts de la dette.
Ce n'était pas une émission sur couper les réformes structurelles.
Ce qu'on pourrait faire aussi dans un deuxième temps.
Là, c'était juste pour trouver des liquidités relativement rapidement.
Mais en tout cas, sans augmenter les impôts,
parce que comme on est du mauvais côté de la courbe de l'affaire,
ce que j'ai essayé d'expliquer aussi,
si on augmente les impôts, les rentrées fiscales vont baisser.
Oui, mais ça, ils sont beaucoup trop...
Et là, sans compter qu'on va avoir une baisse aussi des rentrées fiscales,
puisqu'il y a des défaillances d'entreprises, en fait, tu en vois là.
La baisse des rentrées fiscales, elle a commencé,
ça veut dire la récession.
La Caisse des dépôts et consignations nous a expliqué
qu'il n'y aurait pas de récession,
ce qui nous fait hurler de rire,
parce qu'on est déjà dedans.
Donc, les mecs qui sont au milieu de la mer rouge,
ils disent non, non, pas du tout.
Non, non, on est toujours sur la terre ferme.
Il n'y a pas de problème.
Mais donc, vous avez ça, vous avez cette contradiction.
Vous avez l'impossibilité de monter les taux en France.
Sans ça, le système explose.
On arrive à la fin des capacités d'endettement de notre pays.
Et les gens vous parlent du maintien du pouvoir d'achat.
Mais est-ce qu'ils avaient un petit peu de courage ?
Ils tiendraient le discours de Churchill en 1940,
du sang et des larmes.
Il leur a dit, écoutez, ça va être dur, mais on va gagner.
Et il leur a dit, il y aura du sang et des larmes.
Et aujourd'hui, nous sommes dans une période
où pour sauver notre pays,
il faut qu'il y ait du sang et des larmes.
En tout cas, des larmes.
Je veux dire, tous ces gens.
Moi, c'est ce qui m'affole absolument structurellement
quand je regarde les débats à l'Assemblée.
Là, si tu veux, on a eu des 49-3
sur des histoires d'indexation de retraite.
Alors, je comprends qu'ils essaient
de faire attention à leur électorat
et sachant qu'il y a des...
Mais non, ils ne peuvent pas.
Il faut leur dire la vérité.
Mais il faut leur dire la vérité aux Français.
Au bout d'un moment,
on n'en est plus à se poser la question.
Bien sûr qu'on ne peut plus indexer les retraites,
on ne peut plus faire ci,
on ne peut plus dépenser pour faire ceci ou cela.
Là, il faut juste dire,
écoutez, il faut quelqu'un qui fasse des coupes.
Et ce n'est pas des petits trucs à la marge.
Là, c'est vraiment mettre tout à plat.
Et il faut couper dans absolument tout.
Il n'y a pas un endroit où on ne coupera pas.
D'abord, il faut couper dans les endroits
où il y a du fraude, du gaspillage ou de la criminologie.
Donc tout ce qui est transfert sociaux, ça...
Tout ce qui est transfert sociaux, c'est...
Évidemment qu'on ne peut pas couper dans les infirmières.
Déjà, elles sont deux.
Oui, parce qu'on est pauvres.
Non, mais c'est pour ça.
Ça devrait être l'objet d'un transfert,
d'une discussion nationale.
Et pour qu'on puisse avoir une discussion nationale,
il faudrait aussi qu'on mette les chiffres.
C'est-à-dire qu'il y ait un audit des dépenses de l'État,
que les Français sachent où va leur pognon.
Mais ça, tous les gens réclament
mais on ne réussit pas à l'avoir.
Donc, première condition.
Et deuxième condition,
s'il faut faire des coupes sociales graves,
ça devrait se passer par l'avoir d'un référendum.
Il n'y a personne qui a la légitimité en France
pour aujourd'hui faire couper ces trucs.
Donc, c'est-à-dire qu'il faut littéralement
redonner de la légitimité
à ceux qui prennent ces décisions.
Mais on ne peut pas demander à M. Macron,
maintenant, qui emmène trois avions à Marrakech,
pour...
Ou à M. Bayrou qui a pris hier un faucon...
Pour aller...
Comme s'il n'avait pas pu faire un truc Zoom.
En plus.
En plus, je veux dire,
qu'est-ce qu'il avait besoin de prendre un avion ?
Qu'est-ce qu'il était allé foutre à peau ?
Prendre un avion,
alors qu'il suffit d'organiser une conférence Zoom
et puis ça...
Il me semble aussi.
Et puis s'il y avait des documents...
On serait économisés 45 000 euros à la France.
On te les envoie en chronoposte et puis voilà.
Et...
Comme ça, il te laisse en avis de passage.
Oui.
Non, mais en plus,
avec Zoom,
tu peux mettre des documents
qui apparaissent sur Instagram.
Je sais, je sais.
Donc, ce que je veux dire par là,
c'est qu'aujourd'hui,
cette histoire de maintien du pouvoir d'achat,
c'est devenu une espèce de leitmotiv.
Et je peux vous dire tranquillement,
aux gens qui nous écoutent,
il n'est pas possible
de maintenir le pouvoir d'achat
de la population française
dans les années qui viennent.
Ça n'est simplement pas possible.
Donc, il faut dire aux gens,
on a fait beaucoup de bêtises.
Vous virez tous les gars qui ont fait ces bêtises.
Et maintenant,
on va se retrousser les manches
et on va s'y mettre tous ensemble.
Mais on ne peut pas continuer à prétendre
qu'on va à la fois ne pas dire la vérité aux Français
et avoir un maintien du pouvoir d'achat.
Ce qui est une façon de leur mentir.
Donc, je le dis aux gens,
c'est cesser les mensonges.
C'est finir les mensonges.
Oui, tu as tout à fait raison.
Et moi, j'ai fait un appel vibrant
pour qu'on dise la vérité aux Français.
Ça ne va pas être agréable.
Mais c'est très difficile pour ceux
qui ont menti, qui ont triché,
qui ont volé dans les caisses, etc.
de dire la vérité.
Parce que pour moi,
tous mes amis politiques me disent,
mais Charles, s'il dit ça,
je ne serai jamais élu.
Mais le problème,
ce n'est plus que tu sois élu, mon grand.
Le problème, c'est de sauver notre pays.
On s'en fout qu'il ne soit pas élu.
Tu as fait que des conneries.
Tu as dit que des conneries depuis 30 ans.
Alors, j'ai entendu hier
une idée comme ça
qui a été posée de dire,
tu sais que Donald Trump
a parlé de faire
une réserve fédérale
de Bitcoin.
Ce qui, en soi,
avait paru une idée un peu saugrenue
puisqu'à la base,
on ne fait des réserves
que par exemple pour l'essence,
ou des choses qui vont manquer.
Donc déjà, c'était un peu abscond.
Pourquoi il voulait faire ça ?
Et puis, ils ont un déficit.
Tu comprends que la Norvège
qui vend son pétrole,
qui a du pognon de savoir qu'en foutre,
fasse des réserves avec ce pognon
pour le jour où il n'y aura plus de pétrole.
Bon, ils prennent du pognon qui existe
et ils l'investissent
dans des activités qui sont rentables.
Bon, je trouve ça très bien.
Mais à partir du moment
où tu as un déficit monstrueux,
tu vas quoi,
emprunter des dollars littéralement
ou en créer à partir de rien
pour acheter du bitcoin ?
Ça veut dire que tu crois
que le bitcoin va monter
beaucoup plus que le dollar,
ce qui est bizarre.
Alors, Sarah Gnafo a dit
qu'elle voulait
que la Commission Européenne,
enfin que l'Europe,
fasse une réserve stratégique.
Mais on est tous en déficit.
Oui, de bitcoin.
Elle ne comprend rien,
c'est de chez l'enfant.
Et l'autre chose
que je ne comprends pas aussi,
c'est que si on fait ça
encore une fois,
ça nous pousse vers un fédéralisme
européen.
Comment on répartira le bitcoin ?
Comment on répartira le bitcoin
dans notre pays ?
Déjà, on a une monnaie
qui nous a servi
et quelle est l'idée
de mettre une seconde monnaie
avec des taux de change
qui seront aussi bloqués
entre pays ?
Donc, ça veut dire simplement
que Mme Sarah Gnafo
est favorable à donner
plus de pouvoir de décision
sur notre pognon
à Mme Van Halen.
Ce que je ne trouve pas
très cohérent.
Mais je n'ai pas l'impression
que ce soit particulièrement
cohérent,
ce qu'elle dit d'ailleurs.
Alors, évidemment,
toute la communauté bitcoin
trouve ça formidable.
Mais ils sont cons.
Si je peux me permettre,
parce que l'intérêt du bitcoin,
c'est que l'État ne rentre pas dedans.
Moi, je veux que l'État
devrait être interdit de bitcoin
parce que c'est une protection
contre l'État.
Donc, à quoi ça vous sert
d'avoir...
Comme les gars,
c'est à peu près aussi bête
que de dire aux gens
l'État français est ruiné
donc je ne vais pas toucher
ma retraite.
Je vais beaucoup épargner
et je vais confier
la gestion de ma retraite
à l'État français.
Tu te dis, mais
vous n'allez pas bien les mecs.
Et c'est exactement ça
ce que Mme Gnafo fait.
C'est de dire,
donc, on va épargner,
on va finir notre épargne à l'État
qui va acheter des bitcoins.
Et pourquoi vous n'achetez pas
des bitcoins,
si elle veut avoir des bitcoins
qu'elle en achète ?
Mais surtout,
qu'elle ne demande pas à l'État.
C'est ce que je trouve aussi.
Achetez-en, achetez-en.
Allez-y.
C'est drôle,
c'est un peu comme...
Mais ne demandez rien à l'État.
Surtout plus rien.
Il faudrait que Mme Gnafo comprenne
que l'État,
ça n'est pas
une poire pour la soif.
L'État, c'est un coûte
et c'est tout.
Alors,
puisqu'on était partis un peu
sur les États-Unis,
on a vu récemment
combien les États-Unis,
avec 5 pour moins 4%
de la population mondiale,
ont environ un quart du PIB
et un tiers des bénéfices mondiaux.
Et ça représente désormais
plus de deux tiers
de la capitalisation
de l'indice MSCI World.
C'est-à-dire qu'on a quand même,
là, pour moi,
un problème de répartition.
C'est tout à fait exact.
Alors là, c'est aussi...
C'est une question plus financière.
Plus financière,
mais comme on est en troisième partie...
Aujourd'hui, si vous voulez,
les États-Unis, donc,
ont à peu près 33% des bénéfices
qui sont faits aux États-Unis
et la valorisation de ces bénéfices
est de 72% de l'indice mondial.
C'est-à-dire que
ce que les marchés des actions
sont en train de vous dire,
c'est que
25% du PIB mondial
va faire
trois fois plus de bénéfices
dans les 30 ans qui viennent
que les 75%
du reste de la population mondiale.
Ce qui est idiot.
Ce qui n'est simplement pas possible mathématiquement.
J'avais connu ça une fois dans ma carrière,
pendant la grande bulle japonaise en 1990.
C'est ça, c'est le marché japonais
qui avait fait ça à l'époque.
Qui faisait 52% du marché mondial
alors que le japonais
devait représenter 1% de la population.
J'avais écrit toute une série de papiers en disant
c'est idiot, c'est une bulle.
Donc là, on est quand même
sur le marché américain,
sur une énorme bulle.
On est sur une énorme bulle,
mais en plus,
on est sur une énorme bulle,
mais qui n'est que sur 7 ou 8 valeurs.
Oui, en plus de en plus.
C'est-à-dire que ça n'est même pas
dans les valeurs structurelles.
C'est pas tout le marché qui a monté.
C'est pas tout le marché qui a monté,
c'est 7 valeurs.
C'est Nidia, Microsoft.
C'est 7 valeurs.
Donc, si tu prends par exemple
l'indice 100 d'arène pour 500
dans lequel il y a 500 valeurs
et qui est capitalisé
en fonction de la capitalisation,
il est monté, je crois, 30% l'année dernière.
Quelque chose comme ça,
les 12 derniers mois.
Mais si tu prends l'indice
standard arène pour 500,
les mêmes valeurs,
mais 1 500ème dans chaque valeur,
c'est-à-dire equally weighted,
c'est-à-dire pareil,
il est monté que 13 ou 14.
Donc, ça veut dire que
t'as pas gagné tellement d'argent
à Wall Street l'an dernier,
sauf si c'était...
Et n'importe quel gérant de qualité
ne mettra jamais les pourcentages,
ne mettra jamais 35% de son portefeuille
en 7 valeurs, tu vois,
parce qu'il va diversifier.
Donc, ça veut dire,
c'est encore une fois
le résultat de l'indexation.
Il n'y a que l'indexation
qui est assez bête
pour continuer à acheter.
Nvidia, je crois,
est à 30 fois ses ventes,
ou je sais pas,
c'est un truc complètement dégueulasse.
Donc, on est aujourd'hui
devant une situation
qui est classique
où, pour des raisons X, Y, Z,
il y a eu plus d'argent que de crétins
et ce plus d'argent est allé massivement
dans les trucs indexés.
Et donc, pour ceux
qui veulent rester aux Etats-Unis,
je comprends votre doute,
dans les valeurs,
il vaut beaucoup mieux acheter
le standard 1 pour 500
diversifié,
ou chaque équally weighted
que l'autre,
parce que l'autre,
vous avez une espèce
de prime de valorisation
qui est grotesque.
Donc, si vous voulez acheter
les Etats-Unis
parce que vous trouvez
que vous aimez bien Trump
et ça va mieux marcher,
très bien.
Ou alors, dans ces cas-là,
tu peux tenter, je ne sais pas,
une belle valeur
comme Schlumberger.
Tu peux te faire un portefeuille
de 400 valeurs que tu aimes bien
ou 10 valeurs que tu aimes bien.
Qui ne sont pas étrangement
surcotées aujourd'hui.
Tu achètes certainement pas
en fonction de la capitalisation
parce que c'est idiot.
Elles sont grotesques en ce moment.
Et tu penses,
évidemment on ne peut pas prévoir
quand est-ce que cette bulle va se...
Je vais faire une remarque ici
qui est très intéressante
parce que je lis certains
comment je lis,
j'ai lu les commentaires
qui apparaissent sur nos sites.
Ce qu'on essaie de faire avec Didier,
c'est de...
de la gestion du risque.
Bon, la gestion du risque
c'est une notion très importante.
Et donc ce qu'on dit,
ce qu'on fait,
c'est que nous on dit
le risque apparaît dans les marchés
quand il y a ce que j'appelle
un ursus magnus
qui se déclenche.
Là, c'est là où on perd
50, 60, 70%
et ça fait très mal.
Que d'autres peuvent appeler
une sorte de black swan aussi.
Black swan.
Un truc qui arrive
et qui, pof, c'est l'énorme...
C'est l'énorme gamelle.
Voilà.
Et alors,
ce qui est intéressant,
c'est que
les gens nous disent immédiatement
mais quand est-ce qu'il va se passer ?
Je leur dis,
j'ai pas la moindre idée.
Ils me disent
mais on pourra vous en parler.
Parce que je peux repérer
en regardant un certain nombre de choses
les conditions
qui doivent être réunies
pour qu'on ait un ursus magnus.
Et alors ce que je dis aux gens,
je les repère
et je mesure,
j'essaye de mesurer
la distance où nous sommes
par rapport à l'ensemble des conditions.
Mettons que l'ensemble des conditions soit là
et que nous soyons là,
plus je me rapprocherai des conditions,
plus le risque augmente.
C'est-à-dire, je vais dire,
il va y avoir une avalanche.
Mais je n'ai aucun moyen de savoir
si ça va être une avalanche...
L'aventure, tu sais pas d'où elle va partir.
Et surtout si ça va être une avalanche
qui va faire 1 km,
qui va faire 12 km.
Donc si ça va être un petit truc qui pète...
Et donc ce que j'essaye de dire aux gens,
c'est plus vous vous rapprochez
de la probabilité d'un ursus magnus,
moins vous devez avoir d'actions
ou d'obligations si c'est un ursus magnus.
Et donc tu essayes de gérer ton risque,
non pas en fonction de la volatilité du portefeuille,
mais de la probabilité d'arriver
à quelque chose de très gros.
Et c'est ce qu'on fait.
Et aujourd'hui,
c'est pour ce qui intéresse,
je dis la probabilité
d'un ursus magnus dans les actions
n'est pas forte.
Donc on peut garder les actions.
La probabilité, d'après les calculs qu'on fait,
d'un ursus magnus dans les obligations,
il a commencé d'ailleurs ces ursus magnus,
est très forte.
Donc vous m'avez entendu dire
depuis un an, un an et demi,
si vous voulez des actions, vous en avez.
Mais vous n'avez pas d'obligations.
Sauf les obligations chinoises, bien sûr.
Mais donc ce que j'essaye de dire,
c'est que les gens me disent,
mais vous parliez déjà de la probabilité
d'un ursus magnus il y a cinq ans.
Je leur dis oui.
Puis ça ne s'est pas passé.
Parce qu'ils sont repartis dans l'autre sens.
Donc le fait que je devienne prudent
quand on s'en rapproche,
et que ça ne soit pas passé,
ben oui, alors.
Du coup, vous n'avez pas été pris dans l'avalanche.
Oui, elle n'a pas eu lieu,
mais tant mieux.
Mais à partir du moment où ça s'est écarté,
on est revenu dans les actions.
Tu vois, c'est ce qu'on a fait.
Donc il y a une espèce de demande
pour que je vous dise
que le prochain krach va commencer
le 21 juillet à 3h30 de l'après-midi.
Mais ce n'est pas ça l'analyse des risques.
Ça, c'est n'importe quoi.
L'analyse des risques,
c'est est-ce que les conditions
pour qu'il y ait une avalanche,
ou pour qu'il y ait un raz-de-marée,
ou pour qu'il y ait un tremblant de terre,
ou pour qu'il y ait un grand bear market,
sont toujours les mêmes.
Il y a un certain nombre de choses qui se passent.
Eh ben, ça ne fait rien.
Les gens veulent que je leur dise
un, quand ça va se produire,
et deux, de combien ça va baisser.
Mais j'en sais foutre rien.
Ce que je dis, c'est que...
D'abord, il y a des phénomènes de chaînes.
Tu dis qu'il y a des conditions d'avalanche.
Après, tu ne sais pas, encore une fois,
si elle va être énorme.
Tu ne sais pas s'il va y avoir
des gens pris dans l'avalanche.
Tu ne sais pas si, en l'occurrence,
une société va être prise.
C'est comme quand tu es à Val d'Isère
ou à Meribel.
De temps en temps, on disait
vous ne traversez pas là
parce qu'il y a un risque d'avalanche.
C'est tout ce que j'essaye de faire.
Ils ne disaient pas qu'il y allait avoir une avalanche.
Ils disaient il y a un risque d'avalanche.
Donc moi, s'il y a un risque d'avalanche,
je ne traverse pas.
C'est ce que j'essaye de dire.
S'il y a un risque d'avalanche,
je n'y vais pas.
Est-ce que les gens oublient souvent
en analysant la crise de 1929,
c'est qu'encore une fois,
la crise de 1929 n'était pas une crise
qui est sortie de nulle part.
Ces années-là ont été émaillées de crises.
En plus, toutes les décisions
qui ont été prises par les États
pendant ces années 1929, 1930, 1931, 1930,
étaient toutes plus bêtes
les unes que les autres.
C'est-à-dire qu'il y a eu
à la fois le décrochement d'une avalanche
et l'aggravation de l'avalanche
par les gars qui étaient chargés de la gérer.
Comment tu prévois ce qu'allait faire
cet animal de Roosevelt
qui a augmenté les impôts
et qui a dévalué le dollar ?
Il fallait être con comme un âne.
– Après Churchill aussi nous a fait
des trucs pas mal avant la guerre.
– C'était avant.
– C'était avant, c'était dans les années 20.
C'était aussi très bien illustré.
– C'était très bien illustré.
Il avait simplement remis la Livesterling
en bois d'or au niveau où elle était en 1914.
Ça a foutu toute l'économie en l'air.
– Encore une fois,
c'est ces hommes politiques
qui ont tendance à penser que la monnaie
c'est leur virilité.
– C'est leur symbole de virilité.
Ce que disait Madame Saint-Cher,
un problème c'est que les banquiers centraux
sont des vieux messieurs
et qu'ils prennent le droit de change
pour un symbole de virilité.
Ça a été marrant de Madame Saint-Cher.
– Et donc, pour l'année qui arrive,
là, tout ce qu'on peut dire,
c'est que, si on résume,
un, il faudrait des politiques courageuses.
Donc c'est vous dire si avec Berroux
on se sent vraiment en sécurité.
Deux, il faut arrêter
avec ces histoires de mesurettes,
du ticket restaurant,
où on parle d'indexation, et ainsi de suite.
En réalité, on n'en est vraiment plus là.
Il faut véritablement réformer,
pardon, mais oui, à la tronçonneuse.
Il faut vraiment y aller fort.
Le problème, c'est qu'on dit toujours le FMI,
mais même le FMI serait trop petit pour nous.
– Ils n'ont pas les sous.
Donc en réalité, ça nous précipiterait
vers une Europe encore plus fédérale.
– Oui, mais il faudrait que les autres acceptent.
– Il faudrait que les autres acceptent.
– Les autres accepteront à condition
de prendre le contrôle de notre budget.
C'est-à-dire que ce serait
une perte totale de souveraineté maintenant.
– Ça ne serait pas que l'Alsace et la Lorraine,
ça serait jusqu'au Pays d'Oc.
– Jusqu'au Pays d'Oc, oui, c'est ça.
Ils pourraient reprendre la partie
qu'ils avaient pendant quelques années.
Il y avait d'un côté la France occupée,
et de l'autre côté la France…
Tu sais, ils avaient coupé la France.
– La France libre ?
– Non, ça ne s'appelait pas la France libre,
ça s'appelait…
Ils avaient coupé la France en deux.
– Quand il y avait Vichy ?
– Quand il y avait Vichy, c'est ça, oui.
– Je ne sais plus comment s'appelait la partie du bas.
Oui, enfin, le découpage.
– Le découpage, voilà.
Et alors, dans vos portefeuilles,
ça veut dire, encore une fois,
que le moins vous avez de contrats en Europe,
parce que là où les pertes vont avoir lieu,
c'est sur les contrats.
Si j'ose dire, les pauvres retraités,
qui vont sans doute en prendre plein la tête,
ils avaient un contrat avec l'État français.
Ce contrat ne sera pas respecté.
Ce n'est pas parce qu'ils le veulent,
c'est parce qu'il n'est pas possible de le respecter.
Les avantages qu'on a donnés,
les trucs qu'on a promis,
on ne peut pas les assurer.
C'est tout.
Ce n'est pas moi qui ai pris ces décisions,
mais ce serait de la lâcheté de ma part
de dire on va maintenir vos avantages
parce qu'on a signé un contrat avec vous.
Ben oui, c'est comme nous,
on avait signé un contrat que la ligne Maginot
empêcherait les Allemands de passer.
Manque de pot, ils sont passés ailleurs.
Mais là, les Allemands vont passer ailleurs encore.
– Ah oui, j'avais oublié,
mais je voudrais faire un petit point.
On a eu une remarquable saillie
de Thomas Porcher cette semaine,
je te l'avais montré,
sur le fait que la dette n'était pas un problème
parce que point numéro un,
il suffisait de vendre tous les joyaux de la couronne.
En gros, je te la fais courte,
c'est-à-dire tous les biens publics et ainsi de suite.
– A qui ?
– Alors déjà, un, à qui ?
Et deux, ensuite, les gens, on les met où ?
Parce qu'une fois que tu as vendu la mairie,
imaginons, tu as vendu la mairie,
tu as vendu le truc de la région.
– On peut les foutre à la défense, il y en a place.
– Voilà, mais si tu veux,
il y a un moment où tu te dis d'accord,
tu vends les hôpitaux publics.
– Mais en plus, ce n'est pas eux.
– Mais ce n'est pas eux, encore une fois,
la notion de propriété, encore une fois.
– Le droit de propriété, ce n'est pas eux.
De quel droit veulent-ils prendre ?
Je ne sais pas quoi, ma maison à Avignon,
c'est peut-être ce que j'habite.
– Ah non, non, ils veulent prendre les biens publics
et vendre les biens publics.
Du style, pourquoi pas vendre le château de Versailles, tu vois.
– On a calculé la valeur de tous ces trucs-là, quelque part.
Je crois que les actifs publics
devraient faire, je dis une bêtise,
mais même pas le quart de la dette.
– Et le stock d'or ?
– Ben le stock d'or, oui,
mais il fait aussi un tout petit quelque chose.
Mais le jour où on n'a plus le stock d'or,
la monnaie française devient incotable.
C'est un peu la bouée de sauvetage.
– Oui, c'est un peu tout ce qu'il nous reste
pour avoir l'air un peu crédible dans le monde.
– Ben voilà.
Mais tout ça, si tu veux, c'est l'idée,
les actifs français représentent 55 000 milliards d'euros,
je ne sais pas quelle bêtise.
Oui, mais ce n'est pas vous.
Et si vous les vendez, vous les vendez à qui ?
Et si vous cherchez à vendre de stocks de maisons français,
dans lesquelles il y a des français qui habitent,
et c'est à eux, normalement, le pognon doit aller à eux,
pas à l'État.
– Oui, si tu fais une expropriation,
comme ils ont fait à l'époque des grands barrages,
il fallait effectivement racheter,
pas très cher, mais en tout cas un prix,
la maison des gens que tu chasses de chez eux.
– Oui, c'est acheté, tu leur as fait un village à côté.
Mais là, ce n'est pas du tout la même chose.
Tu vas prendre les maisons de tout le monde.
– Et puis, encore une fois, en disant ça,
ils n'envisagent aucune réforme.
C'est-à-dire, ils disent…
– On va continuer à dépenser.
– On va continuer à dépenser, bien évidemment.
Donc, tu te dis, une fois que vous avez vendu,
vous faites quoi en année N plus 1, N plus 2, N plus 3,
parce que vous n'aurez pas des buildings
à vendre toute votre vie ?
– Tout le temps.
Mais en plus, ce qui m'embête,
c'est que les marchés, c'est fait à la marge.
Tu dis, par exemple, une maison à Toulouse,
qui se vend, ça vaut…
– 200 000 €.
– 200 000 €, j'en sais rien.
Et comme il y a 10 000 maisons à Toulouse,
tu multiplies 10 000 par 200 000 €
et ça te donne la valeur des maisons à Toulouse,
j'en sais rien.
Mais ça, c'est parce qu'il y a une maison qui s'est vendue.
Mais si toutes les maisons de Toulouse…
– Tout à coup, elles vont passer à 80 000 €, 60 000 €.
– Qui va les acheter ?
Mais il n'y a personne qui a cette pognon.
– Trading sardines.
– Donc, alors, ils vont…
– Et le frais, la demande.
Si personne, enfin, je veux dire…
– Le seul coup, c'est comme…
– Je ne sais pas si les Chinois ont envie
d'aller s'acheter une maison à Toulouse, tu vois.
– Ben non.
– À Muray.
Du coup, il n'y a pas une grosse demande.
– Mais les marchés sont faits à la marge.
Donc, s'il veut le cours de LVMH,
la capitalisation boursière est calculée
par le dernier cours de LVMH,
je ne sais pas ce qu'il a été hier,
multiplié par le nombre d'actions.
Mais parce que, peut-être hier,
il y a eu une action vendue pour se lancer.
Donc, la valeur de LVMH dans son ensemble
est valorisée par la valeur de cette action.
Mais si d'un seul coup, tu as la moitié
ou les trois quarts du capital de LVMH
qui arrivent sur le marché,
ben, ça ne va pas être le même prix.
Donc, c'est des enfantillages.
C'est des gars qui ne savent pas faire une règle de trois.
– Non, mais c'est des gens, encore une fois,
qui ont étudié une économie, déjà,
en ne lisant rien de contradictoire.
Donc, en lisant Keynes et Piketty.
Et ensuite, qui n'ont jamais eu
de ressources appliquées dans leur économie.
C'est-à-dire, ils n'ont…
– Ils n'ont jamais géré une baraque afrique.
– Je crois qu'ils n'ont jamais regardé
un bilan comptable non plus.
Donc, il n'y a pas de résultat.
– Ils ne comprennent pas la notion
de prix marginal.
Et donc, moi, c'est pour ça que, maintenant,
j'hésite beaucoup à aller dans des endroits
où j'ai des débats contradictoires.
C'est parce qu'il faut partir
de tellement bas…
– Je suis d'accord.
– … que j'ai la flemme.
Et alors, il n'y a que deux possibilités.
Ou bien, M. Thomas Borchers, que je ne connais pas,
est juste nul. Il dit des bêtises.
Ou bien, il fait comme les autres politiciens.
Parce que les économistes officiels,
c'est tous des hommes politiques ratés.
Ou bien, alors…
– Il sait très bien. – Il sait très bien.
– Et donc, il a une mauvaise foi. – Et donc, il ment.
Et alors, c'est très difficile de débattre
contre quelqu'un qui ment et qui sait qu'il ment.
Parce que tu ne sais pas par où l'attraper.
– C'est irritant. – C'est très irritant.
Alors, ce qui va te plaître, c'est que je m'irrite.
Et à ce moment-là, je ne suis pas bon.
– Oui, mais pas parce que tu as envie
de leur taper dessus, un petit peu.
– J'ai envie de leur dire, « Bon, écoutez, les gars… »
– En fait, je pense qu'il faudrait rester
extrêmement froid. Mais si tu restes
extrêmement froid et didactique…
Que ma concierge me dise quelque chose
de complètement idiot, je ne l'en veux pas.
Mais qu'un type qui a une agrégation
d'économie, ou je ne sais pas quoi,
et qui te dit quelque chose de complètement idiot,
je te dis que ce n'est pas possible.
– Oui, mais c'est très irritant.
C'est un peu le problème des réseaux sociaux,
parfois, aussi. C'est que, d'abord,
on a tous nos bonnes et nos mauvaises journées.
Et quelques fois, les gens te disent des trucs
parfaitement stupides, que tu as
de mauvaise façon, et que tu as déjà
expliqué 15 fois. Et oui, c'est irritant.
– Oui, c'est irritant.
C'est pour ça que
l'éducation,
à l'école et tout,
quand j'étais enfant, c'était quand même le gars
qui savait et qui en dessinait à des gens qui ne savaient pas.
Et aujourd'hui, on est dans un monde
où les gens qui ne savent rien
débattent d'égal à égal
avec des gens qui ont passé leur vie à essayer de comprendre quelque chose.
– Mais c'est quand même hallucinant que des…
Oui, et même dans les domaines de la finance.
Tu vois arriver des gamins qui ne sont pas loin d'être des influenceurs,
parce qu'ils ont une petite gueule,
ou ainsi de suite,
qui ont genre un blog personnel.
Ils se prétendent qu'ils ont un blog personnel et qu'ils ont lu des livres.
Ils viendraient t'expliquer qu'ils peuvent discourir avec toi.
Je dis, ben non, tu vas te calmer Jean-Pierre.
– Non, c'est pas ça. C'est pas que je ne veux pas,
c'est que
ça me fatigue.
Donc j'ai remarqué, je pense,
que je suis un bon professeur,
mais que je ne suis pas un bon débatteur.
– Non, mais attends, d'abord, c'est des métiers différents,
et puis tu as tout à fait le droit
de ne pas avoir envie
de débattre avec des gens qui sont de mauvaise foi,
ce qui est souvent le cas.
– Ou un compétent, et qui prétendent qu'ils ne le sont pas.
– Oui, oui, oui.
– Moi, quand j'étais jeune, j'allais pas débattre
avec Raymond Aron et tout.
J'écoutais avec beaucoup d'autorité.
– De modestie, si c'est un mot
qu'on peut encore employer de nos jours, la modestie.
– Oui, voilà.
Alors, qu'est-ce qu'il y avait d'autre encore ?
– Je crois qu'on a fait un peu le tour
avant notre trêve des confiseurs,
parce que le reste des sujets,
je vais les traiter pour l'université de l'Épargne.
– Voilà, voilà.
Encore une fois,
merci pour tout.
Pour résumer l'Institut des libertés,
on a commencé
par écrire des papiers,
qui étaient souvent, d'ailleurs,
des commentaires sur des livres
qui avaient été précédemment publiés.
Et puis, on a compris, il y a quelque temps,
déjà un grand moment,
que la formation passait par le visuel.
Donc, on est passé au côté visuel.
Vous voyez, ça s'améliore tout le temps.
Et puis,
on s'est rendu compte aussi
que les gens avaient
besoin qu'on les aide à gérer leur épargne.
Donc, on a créé l'Université de l'Épargne.
Mais à chaque fois,
c'est parce qu'on a eu des contacts
avec vous et qu'on s'est dit,
de quoi ont-ils besoin ?
Et donc, maintenant, on pense qu'il y a
quelque chose vers la sécurité.
Mais si vous avez des idées
de l'endroit où on doit aller,
vous nous le dites. Nous, on est là pour ça.
À condition qu'on soit capables de le faire.
Je ne vais pas vous mettre à vous parler de médecine.
Je ne suis pas compétent.
C'est un peu ça l'idée. Encore une fois, merci pour tout.
Ou de la collection Tony Vert.
De la collection Tony Vert.
Je ne suis pas très balèze non plus.
On pourrait faire des cours sur les bandes dessinées.
Jusqu'aux années 80.
Après les années 80, c'est devenu nul.
Jusqu'aux années 80, c'était bien les bandes dessinées.
Oui, c'est vrai que tout ce qui est rubrique à braque,
je pense que c'est incollable.
Tout ce qui est concombre masqué,
rubrique à braque,
le petit Nicolas,
tout ça, je trouve absolument incollable.
Mais pour ceux qui s'intéressent,
il y a deux livres
que vous devez lire.
Ce sera au lit de l'heure de Noël.
C'est Le Nid et Marsupilami.
Ça vous apprend ce que c'est qu'être un père de famille.
C'est vachement important.
Et dans le domaine de la science politique,
le Stromphissim,
c'est quand même ce qu'on a fait de mieux
sur la constitution de la 5e.
C'était par Pelliot.
C'est à mourir de rire.
Vous avez tellement l'impression que vous voyez...
Alors moi, il y en a un que j'aime beaucoup.
C'est dans Valérian et Laureline.
C'est Le Grognon de Ploux.
C'est celui qui faisait de l'argent quand on lui appuyait dessus.
Mais est-ce que ce n'est pas un multiplicateur keynésien ?
Oui.
Le Grognon de Ploux.
C'est comme ça que j'appelle ma fille
quand on ne la nourrit pas à l'heure fixe.
C'est mon petit Grognon de Ploux.
En fait, on lui donnait un diamant
et il refaisait des diamants.
Mais après, il était tout grognon.
Il n'aimait pas le faire.
Sinon, il était tout rose.
Et quand il faisait un Grognon de Ploux,
c'était une sorte de petit...
Une espèce de rat.
Comme un ragondin.
Comment ils s'appelaient ceux qui ont donné le Covid ?
Ah oui, ceux qui avaient des écailles sur le dos.
Oui, c'était un peu ça.
Un Grognon de Ploux.
Un pagolin.
Un petit pagolin.
Surtout pour la science politique,
lisez le Stromphissim.
Le Stromphissim.
Très important.
Je suis ravie d'avoir encore une fois
passé une année avec vous.
On va vous laisser un petit peu,
pour cette trêve des confiseurs,
reprendre deux fois de la dinde
et des marrons glacés.
Et des marrons glacés et force bûche
et tout ce qui va avec.
Et on se retrouvera à la rentrée
pour d'autres sujets
qui vont nous faire 2025.
Mais je peux vous assurer qu'en 2025,
vous n'aurez pas de mal à maigrir.
Déjà que tout augmente
et qu'on n'est pas payé plus.
Écoute.
Je vous dis à très bientôt
et merci encore de nous suivre.
Mettez des pouces.
À très bientôt. Merci.
