00:00 les souvenirs de Charles en Syrie 4:15 un peu d’histoire récente 7:20 le gazoduc interdit 10:30 le passé du leader d’HTC 19:30 la Turquie en embuscade 23:30 l’Iran fragilisé 30:30 le triomphe sunnite 39:00 le Moyen Orient fut riche avant d’être islamique
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Bonjour à tous et bienvenue à l'Institut des Libertés pour un nouveau Daily d'Opinion comme d'habitude en la présence de Charles Gave. Bonjour Charles.
Et bonjour.
Alors aujourd'hui nous allons traiter d'un sujet un peu particulier mais qui m'a semblé vraiment nécessaire, je crois que c'est le sujet le plus important cette semaine, c'est la Syrie.
Et alors en plus de ça il faut préciser avant de commencer vraiment dans le dur que vous êtes né en Syrie.
Je suis né en Syrie, mon grand-père était gouverneur des Alaouites qui à l'époque étaient à peu près tout le nord de la Syrie.
Et les Alaouites sont une race, une religion un peu curieuse qui est, on dit qu'ils sont musulmans, chiites, mais enfin c'est pas vraiment bien net parce que par exemple ils ont pas de mosquée.
Et ils occupaient un territoire qui allait de l'Attakié sur la côte méditerranéenne, ils remontaient vers la Syrie et ils rentraient beaucoup à l'intérieur des terres comme ça.
Et c'était donc une population à part et la thèse de mon grand-père c'est qu'il aurait fallu qu'il y ait un état Alaouite au Moyen-Orient, un état chrétien, un état kurde, un état druze, un état sunnite et un état peut-être juif.
Et comme ça tout le monde aurait son état et on serait pas mis sur la gueule, beaucoup moins quoi.
Non c'est sûr c'est...
Et puis comme ensuite le Front Populaire est arrivé en France et ils ont décidé qu'il fallait faire de la Syrie une grande république laïque.
Et on en voit le succès tous les jours.
Donc c'est en ramoître, une fois encore, les décisions qui étaient prises comme par exemple la séparation Saïs-Picot vous savez entre l'Irak et la Syrie etc.
Tout à fait.
Ça a des influences mais un siècle après ça continue à faire des dégâts.
Donc une décision à la con comme celle des frères Sarrault dans les années 30 qui était ministre des colonies.
On continue à en payer les effets imbéciles aujourd'hui mais plus personne ne se souvient qu'ils ont été très cons quoi.
C'est cadavreux.
Donc c'est ce que j'essaye de dire aux gens, quand vous réfléchissez aux problèmes politiques, essayez de vous mettre un peu dans l'histoire, dans le long terme.
Parce que si vous avez l'impression que le résultat c'est bon, la semaine prochaine vous dites que ce type est un génie et puis non pas du tout quoi.
Oui c'est sûr. La manière dont les médias en parlent n'est pas très satisfaisante parce qu'ils ont l'impression déjà de faire de l'histoire lorsqu'ils remontent jusqu'à 2011.
Ils nous parlent des débuts, des printemps arabes etc, de la répression de Al-Assad et ils ont l'impression de faire de l'histoire.
La vérité c'est que le pays n'a jamais été véritablement stable, qu'il y a une majorité de la population qui est sunnite et que...
Il y avait beaucoup de minorités, il y avait énormément de chrétiens, il y avait beaucoup de juifs, il y avait beaucoup de kurdes, il y avait des turcs, il y avait toute une série de races qui étaient là.
Des populations d'origine d'un... et des chiites, des suisses, des chiites assez peu d'ailleurs.
Et ce qui s'est passé c'est que cette espèce de grand état, chacune des minorités voulait en prendre de contrôle la tour de rôle pour pouvoir martyriser les autres quoi.
Et donc ça a toujours été le grand problème de la Syrie, c'est toujours la protection des minorités. Qu'est-ce qu'il reste comme minorité aujourd'hui en Syrie ?
Il reste les halawites, il reste assez peu de chrétiens, il reste plus du tout de juifs et il reste les kurdes.
Et quelques druzes.
Et quelques druzes qui sont là-bas dans leurs montagnes, qui sont difficilement attaquables.
Et quelque part la grande question que pose ce coup d'état qui vient d'avoir lieu là, enfin cette prise de pouvoir, c'est la protection de ces deux minorités, les halawites et les kurdes.
Ils vont sans doute en prendre plein la tête pour pas un rond là.
Ouais c'est clair. Et alors vous avez des souvenirs de la Syrie ?
Non j'ai pas de souvenirs, j'avais 3-4 ans, j'ai des souvenirs, des impressions d'enfance comme ça.
Mes parents se sont mariés là-bas, je suis né là-bas et j'ai toujours entendu parler de la Syrie dans mon enfance, j'ai toujours entendu parler de ce qui se déplace un peu pendant la guerre, de l'entrée des anglais en Syrie.
Bref, j'ai vécu avec l'histoire syrienne neuve et ancienne depuis que j'étais petit.
Et donc la Syrie, après 1946, elle n'était plus sous mandat français.
Et déjà, il n'y avait pas vraiment des guerres civiles, mais enfin il y a eu des séries de coups d'état à chaque fois systématiquement, c'était vraiment une grosse instabilité.
Jusqu'au coup d'état d'Afez al-Assad en 1970.
Qui était un alaouite.
Tout à fait.
Les alaouites avaient été admis, c'était un peu comme une population considérée comme inférieure en Syrie, ils avaient été admis dans les grades inférieurs de l'armée comme capitaine ou j'en sais rien.
Et puis quand Afez al-Assad, qui était un officier d'aviation lui, a pris le pouvoir, c'est eux qui ont pris le pouvoir dans la Syrie, c'est les alaouites.
Pour un syrien sunnite, si vous voulez avoir un alaouite qui a pris le pouvoir, c'est vraiment comme si c'était les sous-hommes qui étaient au pouvoir.
Et donc il y a eu des révoltes monstrueuses, il y a eu Homs que le père d'Alaa a écrasé, je crois qu'il y a eu 30 000 morts.
Dans le Moyen-Orient, quand un tyran local cherche à se maintenir, il ne fait pas dans l'économie de moyens en général.
Non, c'est sûr, on n'entend pas trop parler de la convention européenne des droits de l'homme, tout ça.
Non, non, non, tout ça c'est très abstrait, effectivement.
Mais ça vient des turcs qui, pour maintenir la paix sur cette région, quand il y avait des types qui bougeaient un peu trop, ils arrivaient et ils tuaient tout le monde.
Ils le faisaient aussi en Serbie, ils le faisaient partout.
Donc il y avait ensuite, après une révolte, il y avait à la sortie des villages, des pyramides de crânes, qui étaient nées par les turcs pour rappeler aux gens qu'on rigolait pas.
De toute façon, l'histoire de ce pays, c'est un peu ça, c'est soit des occupations, avec justement l'Empire Ottoman, jusqu'au mandat français.
Et de toute manière, c'est soit l'ordre avec une certaine violence, soit le désordre.
Mais à ce moment-là, c'est une succession de coups d'État tout le temps.
Ce qu'on ne sait pas, c'est qu'ils ont été, par exemple, ils ont eu une grande période au moment des croisades avec Philippe Auguste et Cœur de Lion, qui étaient là-bas pendant les croisades et tout.
Et leur grand ennemi, c'était Saladin. Et Saladin, c'était un kurde.
Oui, tout à fait.
Les vrais chefs de la Syrie et les chefs du Moyen-Orient, pendant un grand moment, ça a été des Kurdes.
Absolument. Et donc, ce qui se passe, pour revenir sur une période beaucoup plus récente, un petit rappel des faits, en 2011, on a les printemps arabes.
Et alors, il faut savoir que vous sachez quelque chose sur les printemps arabes, c'était une révolte soi-disant qui venait de la population.
C'est que, vous le trouverez sur le net, mais Roland Dumas a été interviewé, l'ancien ministre d'affaires étrangères français, vers 2014-2015.
Il avait déjà 90 ans, mais il a été interviewé par une chaîne de télévision.
Et il dit, j'étais à Londres, ça devait être en 2010, et j'ai reçu la visite des agents du gouvernement britannique et du gouvernement américain, donc de la CIA.
Et qu'ils me demandaient quelle serait la réaction de la France s'il y avait des coups d'État qui étaient organisés contre les Al-Assad.
Parce que la grande idée, c'est qu'il fallait... Vous savez, Qatar a énormément de gaz. Ils voulaient faire passer ce gaz au travers de la Syrie pour arriver dans la Turquie et faire concurrence au gaz russe.
Mais malheureusement, les Qataris, qui sont sunnites, n'aiment pas du tout les Alaouites.
Donc il fallait faire tomber Al-Assad pour que ce pipeline puisse...
Et inversement, pour la Russie, il fallait absolument maintenir Al-Assad.
Évidemment, parce que sans ça, le pipeline passait.
Donc si vous voulez, on vous explique qu'il y a des grandes...
Rien du tout. C'est que les Américains étaient en train d'essayer d'établir un pipeline qu'ils auraient plus ou moins contrôlé pour alimenter l'Europe.
Et puis il y a le brave Poutine qui leur a fait échec et mat sur ce coup-là.
Et donc ils en avaient gros.
Tout ça pour dire que les droits de l'homme et tout ça, c'était pas un truc qui les intéressait beaucoup.
Il y avait certainement des gens, peut-être avec des idées de démocratie, qui sont allés dans la rue pour manifester.
Mais enfin, c'est pas vraiment le mouvement de fond, quoi.
Oui et non, parce que si vous voulez, il y avait tous les sunnites qui gueulaient contre les Alaouites.
Donc ils gueulaient pas pour avoir ceci. Ils gueulaient pour pouvoir taper sur les Alaouites.
Ils n'aimaient pas que les Alaouites leur tapent dessus, ce qui est bien compréhensible.
Bien sûr. Et nous, que ce soit la presse ou les services politiques, ont tous vu ça comme des magnifiques manifestations contre un dictateur sans binaire.
Absolument. C'est exactement la même manœuvre qui s'était passée au moment où le chat d'Iran est tombé,
où on a proclamé que Khomeini était un remarquable démocrate, qu'on allait voir ce qu'on allait voir.
Et on l'a vu. Et donc ça va être pareil.
Pareil avec Kadhafi.
Kadhafi, encore, il n'était pas si mal que ça. Enfin, il était un peu moins mal que les autres.
Mais certainement avec celui-là qui s'appelle Al-Jouhani ou je ne sais pas quoi,
qui avait établi un État musulman hybride, c'est-à-dire dans l'Est de la Syrie.
Donc lui, là, il y avait la charia, les femmes n'avaient pas le droit de sortir et tout et tout.
Et ce type arrive et nous dit je vais respecter la démocratie.
Tous les Arabes savent qu'on est très sensibles à ce qu'ils appellent la taqiyya.
C'est-à-dire que Mohammed, dans le Coran, a précisé qu'on avait tout à fait le droit d'en mentir à ses ennemis
pour ensuite nous les rouler dans la farine.
Donc là, on a un superbe coup de taqiyya.
On va nous expliquer que c'est un vrai démocrate.
D'ailleurs, il a été élève de Jésus.
Et puis ensuite, dès qu'ils auront bien compris le tout,
ils commencent à massacrer tout le monde comme ils l'ont toujours fait.
Donc il faut être tout à fait objectif sur ce truc-là.
Ça n'est régé qu'à la continuation d'un désastre qu'a fait le Moyen-Orient à partir de 732.
Oui, c'est clair.
C'est-à-dire qu'effectivement, à la base, c'est un type d'al-Qaïda.
Il avait fondé Aïd Taïr al-Sham il y a plus de dix ans.
C'était al-Nosra, qui était une branche d'al-Qaïda.
Ils ont divorcé un peu avec al-Qaïda et se sont rapprochés plutôt de l'État islamique.
Et puis, ces dernières années, ils sont concentrés vraiment sur la Syrie
dans une perspective un peu nationaliste, religieuse.
Donc, ils veulent instaurer la charia.
Et alors, ce qu'il faut reconnaître...
Ils veulent refaire le califat.
Le but de tous ces gars-là, c'est de recréer le califat qui va unir tout le monde musulman.
Et s'ils réussissent à unir tout le monde musulman, devinez qui sera l'ennemi ?
Il y a peut-être Israël dans le coin.
Il y a Israël et puis à nous, surtout.
Oui, c'est sûr. C'est clair.
Beaucoup de gens se réjouissent de la fin...
C'est un peu ambivalent, cette ambiance, parce que beaucoup de gens se réjouissent...
La famille Assad, c'était quand même des grosses ordures.
Ah oui, absolument, bien sûr.
Ça, il n'y a pas à chier.
Bien sûr.
Mais en même temps, je peux vous raconter une petite histoire qui est toujours intéressante.
C'est celle de Denis, le tyran de Syracuse,
qui entend dire qu'il y a une vieille dame qui prie pour lui.
Alors, il l'a fait venir parce que tout le monde le détestait.
C'était comme...
Alors, j'apprends que vous priez pour moi. Pourquoi ?
Votre grand-père était un type abominable.
J'ai prié pour qu'il meure. Il est mort.
Puis ensuite, il a été remplacé par votre père, qui était bien pire.
J'ai prié pour que celui-ci aussi meure. Il est mort.
Et maintenant, vous, vous êtes le pire des trois.
Donc, je prie pour que vous viviez, parce que je ne sais pas ce qui va venir derrière.
Donc, c'est exactement ça.
Je suis content pour les Syriens,
mais je n'ai pas beaucoup d'illusions sur ce qui va arriver derrière.
Oui, c'est clair.
Et donc, beaucoup de gens...
J'ai vu, par exemple,
François Hollande avait fait un communiqué pour dire que c'était génial,
que Al-Assad était...
Oui, celui-là ne perd jamais une occasion de dire une connerie.
C'est tout à fait remarquable.
Voilà. Les premières images qu'on voit, c'est quand même des gens...
Fabius doit être foutu aussi.
Oui, voilà.
Tous les fans de...
De toute façon, ils étaient déjà pro-Al-Nosra il y a des années.
Ce qu'il y a de marrant, c'est que les troupes d'élite de cette nouvelle force, etc.,
je crois que c'est 250 ou 300 Français.
Oui, il y a beaucoup de Français, oui, effectivement.
Ils sont arrivés de nombreux lieux.
C'est comme les gars de Pol Pot.
Ils avaient tous été à la Sorbonne.
Dès qu'il y a des Français qui vont se battre pour des cons, c'est que...
Et ce qui m'intéresse aussi dans cette histoire,
c'est le rôle de la Turquie.
Parce que la Turquie a aidé un certain nombre de factions.
Alors, ils ont une relation qui est un petit peu ambivalente avec Haïtar et Al-Sham.
C'est-à-dire que, tantôt, c'est reconnu comme une organisation de terrorisme.
Enfin, d'un autre côté, ils ont aussi des buts communs.
Donc, leur premier but commun, c'était renverser Bachar Al-Assad.
Maintenant, c'est fait.
Mais quel est l'intérêt de la Turquie dans cette affaire ?
L'intérêt de la Turquie dans cette affaire, c'est tout simple.
C'est qu'il est très probable, même à peu près certain,
qu'il y ait d'immenses jugements de gaz naturels qui sont en face de l'attaqué,
c'est-à-dire l'endroit des Alaouites, autour de Chypre, etc.
Et que là, comme je l'ai souvent expliqué,
ici, c'est que l'économie, c'est l'énergie transformée.
Donc, si la Turquie pouvait mettre la main sur ce qui, encore 100 ans,
était sous leur contrôle, il ne faut pas se tromper.
Donc, s'ils pouvaient mettre la main là-dessus,
ils n'auraient plus la contrainte énergétique
qui les force à prendre des ordres des États-Unis ou de l'Arabie Saoudite.
Donc, ils deviendraient l'hégémone de la région,
ce qu'ils ont toujours été, d'ailleurs.
Et donc, il n'y a pas fauteux.
Donc, si vous voulez, s'il y a le bonheur des populations
ou devenir indépendants énergétiquement,
les Turcs, on peut dire ce qu'on veut,
mais pour raconter des histoires, moi, c'est le droit, je suis vieux,
c'est qu'il y a eu la guerre de Corée.
Et pendant la guerre de Corée,
il y a eu des prisonniers turcs qui ont été faits, vous savez.
Et puis ensuite, quand l'armistice a été donné,
on a rendu les prisonniers turcs aux Turcs,
ils les ont mis sur un bateau et ils les ont tous tués, vous voyez.
Parce qu'un Turc, ça ne se rend pas.
Ah oui, d'accord.
Donc, si vous voulez, un soldat turc qui est fait prisonnier,
ça va pas du tout, quoi.
Donc, les Turcs, vous mettez un Turc
et vous terrorisez 10 millions d'Arabes, quoi.
Ils sont morts de trouille.
Vous n'imaginez pas ce que c'était la violence dans l'Empire turc ?
Pas toujours, mais dès qu'il y avait quelque chose qui ne leur plaisait pas, paf.
Ils tuaient tout le monde, donc.
C'est ce qu'ils ont fait d'ailleurs en Serbie, en Croatie, en Grèce,
avec beaucoup d'abandons, quoi.
Et donc, la Turquie,
si elle réussit à mettre la main sur des gisements énergétiques,
elle va vraiment devenir la puissance.
Et à ce moment-là, on va retrouver automatiquement
la chose qui existe depuis toujours au Moyen-Orient,
c'est-à-dire l'opposition entre la Turquie et l'Iran.
C'est clair.
Ça ne fait jamais que 3000 ans que les empires se mettent sur la gueule.
Et donc, bon, on va recommencer ça.
Et pendant le XIXe, c'était arbitré par la Russie qui était là.
Donc on va retrouver la bagarre entre les Russes,
les Perses et les Turcs.
L'Iran soutenait Al-Assad.
En plus de ça, l'Iran fournit en armes et en argent le Hezbollah.
Le Hezbollah aussi œuvrait pour maintenir Al-Assad.
Donc effectivement, il y a ce jeu-là aussi.
La Syrie est au milieu de ce projet.
La Turquie reprend la main sur la Syrie,
qui est un peu le truc que tout le monde veut toujours avoir,
parce que c'est un endroit extraordinairement fertile
et c'est là où tout se passe.
C'est le point de passage obligé.
Si vous voulez d'Asie vers l'Afrique, d'Asie vers l'Europe,
d'Europe vers l'Afrique, vous devez passer par la Syrie.
Donc la Syrie, c'était le point de passage obligé, c'est le carrefour.
Et donc, contrôler le carrefour, c'est très important.
Mais ce qu'on voit bien, c'est que cette défaite d'Al-Assad,
tout le monde me dit que c'est une défaite de la Russie.
Oui, à titre subsidiaire,
mais c'est surtout une énorme défaite de l'Iran,
parce que du coup, eux, l'arc chiite qui partait de l'Attaqué,
c'est-à-dire sur la côte syrienne,
et qui descendait jusqu'à Bassoura en Irak,
cet immense arc dans lequel il y avait des populations chiites,
ça empêchait les Arabes sunnites de contrôler la région
comme ils l'avaient toujours fait.
Mais à partir de là, il a été cassé.
Il a été cassé d'ailleurs parce que l'Hezbollah a été détruit par l'Israël.
Et puis maintenant, Al-Assad est détruit par la Turquie.
Et donc, c'est le grand retour des sunnites.
Sa prologue a été financée par le Qatar.
Ah oui, après, il y a différents groupes.
Il n'y a pas que HTC ou HTS, selon comment on prononce.
Il n'y a pas que la Turquie non plus.
La Turquie a aussi des forces de mercenaires,
l'équivalent un peu de Wagner d'une Turque.
Et puis après, il y a encore d'autres forces
qui, elles, sont financées par l'Arabie Saoudite, par le Qatar.
Vous savez, ce que les gens ne comprennent pas aussi,
c'est que vous allez...
Solzhenitsyn disait que la prochaine guerre
aurait lieu entre la Turquie et la Chine.
Il disait ça pas vraiment rigolant,
parce que si vous prenez toutes les populations
qui sont au nord de l'Himalaya
et qui vont donc de la Turquie à la Chine,
elles sont toutes turques.
Elles sont toutes turcophanes.
Elles sont toutes turques.
C'est Genghis Khan, quoi.
Oui, c'est tout ce qui est Tadjikistan, Turkmenistan...
Tout ça.
Donc vous avez plein d'Ouzbéks aussi
qui se battent pour les Turcs et tout.
Donc la notion de frontière,
avec la race qui sont les Turcs
et la civilisation qui est musulmane,
la religion qui est musulmane,
la notion de frontière est un peu fluide, quoi.
Et ils pratiquent avec beaucoup de talent
la purification ethnique.
Regardez ce qui est arrivé aux Arméniens,
ce qui est arrivé aux Chrétiens qui ont disparu...
Ce qui risque d'arriver aux Kurdes, là aussi,
ça risque d'être pas très bon.
Les Kurdes et pour le vieux, moi,
je me ferais du souci si j'étais Kurde.
C'est clair.
Les Kurdes et les Alaouites,
à mon avis, il va falloir qu'ils se tiennent à carreau.
D'autant que, sur la dizaine d'années
qui a précédé ce moment,
les Kurdes étaient un peu protégés
par les Etats-Unis.
Trump a été très clair sur le fait
qu'il ne comptait absolument pas du tout intervenir en Syrie.
Donc là, ils sont vraiment laissés pour compte.
D'abord, ils sont laissés pour compte.
Ils abandonnent donc les Kurdes,
qui étaient les alliés,
qui étaient, eux, dans le...
Attendez, je regarde la carte,
qui était plus dans l'Est.
C'est-à-dire, ils sont complètement à l'Est de la Turquie.
Et donc, c'est ce qui permet...
Les Alaouites, ils étaient un peu avant.
La Turquie était un peu gênée pour contrôler la Syrie
par les Alaouites et par les Kurdes.
Là, à mon avis, c'est de là...
L'espérance de vie va beaucoup baisser.
Oui, c'est clair.
Est-ce qu'il y a une possibilité, selon vous,
c'est vraiment que de la spéculation,
mais est-ce qu'il y a une différence
entre contrôler une zone et annexer une zone ?
Est-ce que la Turquie pourrait annexer
une partie, du moins, de la Syrie ?
Toute une partie de la Syrie, c'est le...
Oui, il y a toute une partie de la Syrie
qui pourrait être annexée.
C'est-à-dire, ils pourraient faire avancer vers...
Ils pourraient avancer de 150 km à l'intérieur de la Syrie.
Il n'y aurait pas de problème.
Mais ils n'ont pas besoin de le faire
s'ils ont mis...
La façon dont les sultans mahomettans
gouvernaient la Turquie,
c'était qu'ils avaient des amis,
une espèce de poste, des garnisons,
ici ou là.
Ces régions fournissaient les esclaves
nécessaires à Istanbul.
Et puis, si par hasard, ils se révoltaient,
à ce moment-là, on envoyait deux ou trois armées
et on liquidait tout le monde.
Je ne vois pas pourquoi ils auraient besoin
d'une présence légale, effective.
Par contre, sur la mer, je peux vous annoncer
qu'ils ne sont pas prêts à abandonner
la moitié de Chypre.
Parce qu'ils vont dire
tout ce qui est autour de Chypre, c'est à nous.
Oui, tout à fait.
C'est-à-dire que ça va dépendre...
L'interventionnisme turc en Syrie
va dépendre beaucoup de la position
de Al-Joulani.
Est-ce qu'il travaille directement
ou indirectement pour la Turquie ?
Ou alors, est-ce qu'il essaye vraiment
de faire son propre truc ?
Pour quel cas son espérance de vie
risque de grandement diminuer ?
Voilà, c'est comme toujours.
C'est comme les gars, si vous voulez,
qui voulaient faire payer leur pétrole
en autre chose que le dollar,
comme Saddam Hussein ou al-Qadhafi.
Là aussi, ils avaient des espérances de vie assez...
Ce n'est pas une région dans laquelle
les gens sont particulièrement sensibles
à la dignité de la vie humaine.
Ce n'est pas...
Non, c'est sûr.
Ce n'est pas un gros problème.
Alors, ce qui est intéressant,
c'est que, par exemple, vous prenez
la marine turque.
La Turquie, il faut bien s'en rendre compte,
d'abord, ce n'est pas un pays arabe,
et ensuite, c'est vraiment
une grande puissance industrielle.
Ils ont vraiment une industrie
d'armement, etc.
Tout à fait remarquable.
Et ce qui est intéressant,
c'est qu'il y a à peu près
2-3 ans,
on avait 2 ou 3 frégates
en Méditerranée
qui étaient en train de se balader
du côté des îles grecques,
qui sont auprès de la frontière turque.
Et les bateaux turcs sont arrivés
et ont, à ce qu'on appelle,
identifié les bateaux français,
c'est-à-dire qu'ils ont fait comprendre
aux bateaux français
qu'ils étaient dans leur ligne de mire
et qu'ils pouvaient tirer
à n'importe quel moment.
Parce que le bateau le sait
quand vous êtes mis en ligne de mire.
Vous savez, il y a des moyens.
Donc, ça va être de plus en plus difficile
de se promener aux alentours
de ce coin-là
si vous avez des frégates françaises.
Donc, il faudrait qu'en France,
l'Italie et l'Espagne
refassent ce qu'on avait fait
au 16ème siècle
et qu'on mette ensemble
nos forces navales
pour, à nouveau,
reprendre le contrôle de la Méditerranée.
Parce que sinon,
en particulier,
la Méditerranée orientale
va certainement passer aux Turcs.
Oui, c'est clair.
Et quelles implications ça a
pour Israël, ensuite,
ce qui se passe ?
La vraie question, c'est l'Iran.
Parce que si l'Iran tombe,
ce qui n'est pas du tout impossible,
parce qu'au moment,
ils ont perdu...
Enfin, bref.
Si l'Iran tombe,
à ce moment-là,
il y a une alliance naturelle
entre les Perses et Israël
qui avait lieu
avec l'empereur en Iran.
Et donc, dans les circonstances actuelles,
Israël est mal parti.
Mais en même temps,
le vrai but de toutes ces guerres
qui ont commencé au Moyen-Orient
le 7 octobre,
c'est peut-être
de se débarrasser de l'Iran.
Enfin, des mots-là.
Si ils réussissent à faire tomber
les mots-là,
à ce moment-là,
Israël plus la Perse,
ça a certainement de quoi...
Ça peut se payer la Russie.
La Turquie, quoi.
Pas vraiment la Russie,
mais ça peut se payer la Turquie.
Donc, la Turquie ira pas voir.
Donc, on va le savoir
dans, littéralement,
les mois qui viennent
si l'Iran tombe.
Parce que le mécontentement
doit être considérable.
Ça dépendra aussi
de la position de Donald Trump
là-dessus.
La position de Donald Trump,
là-dedans, c'est assez simple.
C'est que l'Iran ne survit
que parce qu'ils exportent
du pétrole
par le Pakistan
vers la Chine.
C'est ces rentrées de pognon
qui leur permettent
de rester à la surface.
Si, pour une raison ou une autre,
ils ne peuvent plus
exporter leur pétrole,
ce que la Chine
ne va peut-être pas aimer, d'ailleurs,
à ce moment-là,
on ne voit pas très bien
comment les mots-là
pourront survivre.
Oui, c'est clair.
Et puis, s'il y a bien
un pays dans lequel
Donald Trump ne craint pas
d'intervenir militairement,
c'est l'Iran.
Oui, mais surtout,
à ce moment-là,
il n'aura pas besoin
d'intervenir militairement.
Il va demander aux Israéliens
peut-être de le faire pour lui.
Oui.
Par proxy.
Il a mis son...
Le beau-père de sa fille
comme ambassadeur en Israël.
Le beau-père de sa fille.
D'accord.
Celle qui a épousé un Juif israélien.
D'accord, d'accord.
Et derrière, je me dis,
est-ce que...
Comment dire ?
La Turquie, Erdogan,
essaye d'avoir des bonnes relations,
et historiquement,
il en a plutôt,
avec Vladimir Poutine.
Ça, c'est fini, ça.
Ça, c'est un peu compliqué.
En plus de ça,
la Russie avait un petit port militaire
sur...
Tartuffe.
Voilà, exactement.
Tout à fait.
Et donc, là, maintenant,
c'est vraiment tout à fait...
La question,
s'ils veulent garder
ce que va dire,
sans doute, Poutine,
c'est que si vous nous enlevez Tartuffe,
à ce moment-là,
vous êtes notre ennemi.
Oui.
Parce qu'il faut se rendre compte,
vous avez Sébastopol,
la Turquie,
vous passez en avion
au-dessus des Turcs,
comme ça,
et puis vous avez Tartuffe.
C'est-à-dire qu'avec Sébastopol
et Tartuffe,
la Russie contrôle
la Mer Noire
et la Méditerranée,
quelque part.
Et la Méditerranée orientale,
en tout cas.
Donc, si on lui enlève Tartuffe,
ça ne va pas aller du tout.
Oui, c'est clair.
Ça ne va pas aller du tout.
Donc, il semble que Poutine
veut peut-être mettre une...
Il s'en fout
de perdre la Syrie.
Ce qu'il veut,
c'est garder Tartuffe.
Voilà ce que je veux dire.
Semble-t-il.
Oui.
Là, ça reste
de ne pas être forcément gagné.
Et c'est intéressant,
ce qui se passe,
parce que c'est un peu
une redistribution des cartes.
Et il faut analyser ça aussi
dans le conflit chiites-sunnites.
Et qu'on le veuille ou non,
avec l'aide d'Israël,
les sunnites viennent de remporter
d'immenses victoires
contre les chiites,
qui sont quand même
leurs ennemis
qui datent d'il y a
13 ou 14 siècles.
Ils ne peuvent pas se voir.
Et après, tout ça,
ça a aussi des conséquences
en termes d'immigration,
pour nous.
Je crois que les Syriens
vont rentrer chez eux.
Justement.
Alors...
Il y en a 4 millions,
ce brave Erdogan.
Oui.
Il y en a un paquet.
Nous aussi,
on en a, je crois,
un peu plus d'un million
en Europe,
quelque chose comme ça.
Et qui ont, donc,
le statut de réfugiés.
Alors, certains pays
avaient déjà commencé
à dire que
le statut de réfugié,
ça commençait à faire.
Notamment le Danemark,
je crois que c'était en 2021,
quelque chose comme ça.
Si vous ne parlez pas danois,
vous partez.
Oui.
Et...
Enfin, voilà,
c'était pas spécifique aux Syriens
de toute manière.
Mais là, donc,
la France...
L'Allemagne,
il y en a un paquet.
Et l'Allemagne...
Alors,
il y a une différence,
mais l'Allemagne
a commencé à dire
maintenant,
on n'accepte plus
le statut de réfugié
pour les Syriens.
Maintenant,
dans un second temps,
il faut aussi être capable
de dire à ceux qui sont là
qu'ils n'ont plus à être là
puisqu'ils ne sont plus réfugiés.
On sait où il faut les ramener.
Et ça enlève aussi
le chantage que faisait
Erdogan sur l'Europe
en disant
si vous ne donnez pas
X milliards de dollars,
moi, je vous envoie
tous les Syriens
que j'ai à la maison.
Ça, c'est un gros point de pression.
C'est un gros point de pression.
Donc...
Non, il est possible
qu'ils rentrent.
Tant pis que la Syrie
a vocation à être
un pays très prospère.
Donc, si elle était...
C'est pareil.
Si elle était vaguement
bien gérée.
Par contre,
c'est une nouvelle
extraordinairement bonne
pour le Liban.
C'est pour le Liban
parce que la Syrie a été...
La Syrie a martyrisé
le Liban
depuis 40 ans.
Et le fait que les Palestiniens,
l'Hezbollah et la Syrie
soient défaits,
veut dire que,
d'un seul coup,
l'armée libanaise
peut reprendre le contrôle
du pays.
Donc, il y avait
un État dans l'État
qui était
l'Hezbollah en Liban
qui a foutu en l'air
le Liban depuis 40 ans.
Depuis 1973, en fait.
Et vous allez vous retrouver
d'un seul coup
avec le Liban
qui peut redevenir souverain.
Et donc,
comme je l'ai dit déjà
une ou deux reprises,
il faudra acheter
de l'immobilier à Beyrouth.
D'accord.
Intéressant.
Il n'est pas cher encore.
Il est monté,
mais il n'est pas cher.
Je le sais parce que
vous avez des obligations
qui ont été émises
par l'État libanais
qui valaient 12 cents du dollar.
C'est-à-dire que vous touchez 12 cents
mais le papier avait été mis à 100.
Et là, ça vient de passer à 25.
D'accord.
Donc, génial,
il y a des gros malins
qui commencent à acheter
la dette libanaise
en se disant
tiens, ils vont peut-être
être capables de la repayer.
D'accord.
C'est un bon signal pour les marchés.
D'accord.
C'est tous des salauds.
Vous savez,
ils pensent qu'ils gagnent.
C'est affreux.
C'est-à-dire qu'on tire
parfois beaucoup plus
d'informations du marché
que des journalistes,
même très souvent.
Les journalistes,
on ne va pas leur demander
de comprendre quelque chose
à quoi que ce soit.
Il ne faut pas exagérer.
C'est clair.
C'est comme
le marché de la dette française
après le rejet,
après la motion de censure.
Voilà,
beaucoup de gens,
surtout les politiques
et certains journalistes
s'attendaient
à une attaque immédiate
sur la dette française.
Au final,
il s'est passé
plutôt l'inverse.
Parce qu'ils ont donné
les ordres
à la Banque de France
et à la BCE
d'acheter
des obligations françaises
et de vendre
des obligations allemandes.
De toute façon,
comme personne ne bougeait,
on pouvait faire bouger
les marchés
avec très peu d'argent.
Mais il n'y a que ceux
qui ne sont pas dans les marchés
qui se laissent avoir
à ce genre de manœuvres.
On fait ça
pour les journalistes.
On ne fait pas ça
pour les gens sérieux.
Ce qui signifierait
forcément
un arrêt total
du conflit
entre le Liban
et Israël
si le Hizbollah
dégageait du pays.
Surtout si Israël
pique une partie
du Liban sud.
Ils viennent déjà
de piquer le Golan.
Ils y sont
depuis toujours.
Mais là,
ils ont dit
non seulement
on y est depuis toujours
mais maintenant
c'est à nous.
Donc les gens disent
mais non,
c'est pas à vous.
C'était aux Syriens.
Oui, mais ça fait rien.
Ils disent les Israéliens.
Ça fait 50 ans
qu'on est là.
C'est une espèce
de montagne au milieu.
Vous contrôlez
toutes les plaines autour.
Donc vous voyez
arriver les chars de loin.
Oui, effectivement.
Je ne sais pas trop
quoi dire d'autre
sur le moment
sur la Syrie.
Mais c'est
d'un bouleversement
dont on ne peut pas
surestimer l'importance.
C'est extraordinairement
important
ce qui vient de se passer.
de bien comprendre
ce qui se passe.
C'est le grand retour
des sunnites.
Oui, c'est un énorme triomphe.
L'Empire turc
continue de s'amplifier.
C'était déjà le cas
depuis une dizaine d'années.
Mais enfin, là,
c'est encore plus le cas.
C'est une très mauvaise nouvelle
pour toutes les populations Kurdes.
Pour les Alaouites aussi.
Pour les chrétiens,
on ne sait pas encore.
Il y en a plus que deux ou trois.
Vous savez, il y a les 100% de chrétiens
attendez, 25-30%
en Syrie
dans les années 20.
Aujourd'hui, il en reste 3%.
Le nettoyage ethnique musulman
est de qualité.
C'est-à-dire que
quand ils veulent faire partir
une population,
soit ils la tuent,
soit les types se barquent.
Parce que vous n'allez pas avoir
beaucoup de temps.
Le nettoyage ethnique,
c'est une notion
qu'ils portent en eux
depuis toujours.
Remplacer les populations,
ils savent faire.
C'est à chaque fois
dans ces zones-là,
quand on donne
les compositions ethniques,
il faut toujours donner
l'année qui va avec
parce que ça bouge
très, très vite.
Oui, ça bouge très, très vite.
Par exemple,
Bagdad,
si mes souvenirs sont exacts,
c'était d'abord
une très grande ville juive.
Et ensuite,
c'est là où la première...
C'est la première Torah,
la première Talmud est sortie.
Il y avait une école
juidaïque
qui était très, très connue
à Babylone.
Il y avait un roi des Juifs
à Babylone
qui s'occupait
des populations
pour discuter
avec le dignitaire local.
Donc,
il faut se rendre compte
que la prégnance
des Juifs
et des Chrétiens,
de toutes sortes
de confessions,
d'ailleurs chrétiennes,
était extraordinairement
importante au Moyen-Orient
jusqu'à l'arrivée
de Nasser.
Et à partir de Nasser,
on a donné le signal
à la chasse aux Chrétiens
et aux Juifs.
Et là,
ils ont tous été chassés.
Donc,
sous le prétexte
qu'Israël s'était installé
là-bas,
le pauvre Juif
qui était de Babylone,
qu'Israël soit...
Ce n'était pas son problème.
Il avait toujours vécu,
il avait toujours été là.
Donc, on nous parle
encore du fait
que le roi d'Espagne
avait chassé les Juifs
après la fin
de la rencontre
avec Ishtar.
Vous savez,
on nous fait sangloter
là-dessus.
si j'ose dire,
c'est la première fois
dans l'histoire
qu'il n'y a plus un seul...
il n'y a pour l'instant
plus de Juifs
dans tout le Moyen-Orient
sauf en Israël.
C'est-à-dire,
c'est la première fois
partout avant,
le Moyen-Orient,
c'était la seule partie
de la terre des Juifs.
Ils y étaient depuis toujours.
Bien longtemps avant les musulmans,
bien longtemps avant les Chrétiens.
Et donc, pas du tout.
Paf !
Maintenant, il n'y en a plus.
Donc, la question essentielle
qu'on doit se poser,
c'est pourquoi
il y a-t-il des Juifs
qu'en Israël
et puis chez nous.
Ils sont arrivés chez nous.
Tous les Juifs d'Afrique du Nord
sont arrivés chez nous.
Et pourquoi on nous fait
des gros reproches
d'avoir viré
les Juifs d'Espagne
et on ne dit jamais
où sont les pays musulmans,
où sont vos Juifs ?
Où sont-ils partis ?
Que leur est-il arrivé ?
C'est quand même rigolo,
quand même.
C'est une question
qu'on ne pose jamais.
Bien sûr.
Et puis après,
il y en a qui disent
avec des airs candides
que peut-être
on pourrait faire
d'Israël
un Etat laïque
ou d'Israël
On l'a déjà dit,
le coup de l'Etat laïque
dans un monde arabe,
c'est un truc
qui marche à tous les coups.
Voilà.
Effectivement,
depuis 70 ans,
80-70 ans,
il n'y a aucun
pays arabe
dans lequel
les Juifs
peuvent vivre
tout à fait normalement.
D'ailleurs,
non seulement
ils peuvent vivre
normalement,
mais ils peuvent vivre
tout court
parce qu'ils sont
tous barrés.
Et s'ils sont barrés,
c'est sans doute que...
Regardez,
par exemple,
tous les Juifs de Bagdad,
beaucoup d'entre eux,
sont maintenant au Brésil,
par exemple.
Ah oui ?
Il y en a beaucoup
qui sont partis au Brésil,
il y en a beaucoup
qui sont partis aux Etats-Unis,
bien sûr.
Mais...
Donc,
c'est tout à fait étonnant,
cette...
La question
qu'il faut poser
aux musulmans toujours,
c'est...
Mais...
Vous avez vécu,
soi-disant,
pendant 10 siècles
avec...
Soi-disant en paix
avec les Juifs,
où sont vos Juifs
aujourd'hui ?
Oui,
quand on voit,
par exemple,
quand on estime
que l'Europe
historiquement chrétienne
a été antisémite,
aujourd'hui,
il y a plus de Juifs
en Europe
que jamais.
oui,
c'est tout.
Je crois que la France
est peut-être
le seul pays d'Europe
qui avait plus de Juifs
après la Seconde Guerre mondiale
qu'avant.
Oui,
bien sûr.
Nous,
on a récupéré
tous les Juifs.
Moi,
j'ai vécu 4 ans
en Algérie,
pendant...
à la fin de la guerre
d'Algérie,
avec mon père.
Dans ma classe,
au lycée,
il y avait
au moins 10 étudiants
qui étaient...
on disait 30,
qui étaient Juifs.
Il y avait une communauté
juive considérable
des villes entières
qui étaient Juives.
Si vous voulez,
Beaune,
Meknes,
c'était des villes
où il y avait Juifs.
Et ça a été un...
Je vais vous en parler
à ce pauvre Enrico Macias.
Lui,
il veut aller se faire enterrer
en Algérie,
puisque c'était son pays,
le pauvre vieux.
Il a été chassé
à Côte d'Azko.
Sinon,
il serait fait tuer.
Et aujourd'hui,
alors,
on dit que
Israël est un État
ségrégationniste.
je veux bien entendre
que peut-être...
Il y a beaucoup plus d'Arabes
en Israël que...
Oui, voilà.
Je veux bien entendre
que ce soit pas aussi facile
de vivre en tant qu'Arabe
qu'en tant que Juif
en Israël.
Enfin...
Vous votez en Israël.
Déjà,
vous votez,
vous pouvez travailler,
vous pouvez vivre,
voilà.
Il y a plus de...
Il y a tout.
La plupart des Juifs,
des Arabes israéliens,
ils demandent pas du tout
à aller à Gaza
ou à retourner en Syrie.
Ah non, pas du tout.
J'ai pas l'impression
qu'il y a des gros mouvements
de population dans ce sens-là.
Non, absolument pas.
Donc,
ils votent pas avec leurs pieds,
si j'ose dire.
Les Juifs sont barrés,
les musulmans...
Et alors,
le plus rigolo,
c'est toutes ces histoires
d'il faut faire deux États.
Mais ce qu'il y a de plus marrant,
c'est qu'il y avait
le premier État,
c'était la Jordanie
qui devait aller aux Arabes
et puis le reste,
ça devait aller aux Juifs.
Là,
Jordanie,
c'est devenu
la terre des Bédouins.
ils ont massacré
les populations arabes
avec aussi
beaucoup d'amendements,
avec le septembre noir,
par exemple.
Et puis ensuite,
on nous a dit
il faut faire...
Donc,
la Jordanie,
c'était dans les accords
de l'ONU,
c'était l'endroit
qui devait appartenir aux Arabes
et puis de l'autre côté,
ça devait appartenir aux Juifs.
Puis on a essayé
de faire la même chose
avec la Cisjordanie
puis avec Gaza.
Donc,
ça fait deux,
trois,
quatre fois
que les Israéliens
donnent une partie
du territoire
en disant
ça,
ça sera à vous
et puis,
dès que les autres l'ont,
ils disent
mais non,
ça,
maintenant,
on va essayer
que vous coupiez
ce qui reste en deux à nouveau
et ainsi de suite.
Donc,
à la fin,
il n'y aura plus rien.
Donc,
si vous voulez,
cette histoire de maintenir
et de vouloir deux,
ça existe déjà.
Ça devrait s'appeler
la Jordanie
devrait s'appeler
la Palestine.
Comme ça,
on n'aura pas de problème.
Il y a déjà une Palestine.
C'est un peu ça
qui se passe à chaque fois.
Il y a des accords internationaux
et puis,
il y a une des parties
qui ne reconnaît pas
cet accord
et puis,
ils cherchent à avoir plus.
À chaque fois,
ils se font latter.
Donc,
au final,
ils ont moins
et puis,
à la fois d'après,
ils revendiquent
l'applicabilité
du traité
de la fois d'avant.
Ils avaient plus.
Oui,
il faut aussi respecter
ce qu'on a.
Si vous voulez,
les accords de Arafat
avec Clinton,
ils n'ont pas été respectés
avec Carter.
Enfin,
ils ont refusé.
On leur donnait 95%
de ce qu'ils voulaient
et ils n'ont pas accepté.
Donc,
si vous voulez,
il y a aussi...
Ce qui est étonnant,
c'est à quel point
le monde occidental
se laisse avoir
à chaque fois
par la taquilla.
C'est-à-dire,
ces gens nous racontent
des histoires
et on les prend au sérieux.
Dès qu'ils disent
un moment ou un autre,
ce qui se passe
en ce moment,
c'est-à-dire que,
comme souvent
au Moyen-Orient,
c'est que la force
prime le droit.
Oui.
De toute façon,
quand il n'y a pas
de droit installé,
il y a forcément
l'usage de la force.
C'est ce qu'ont fait
les Turcs toujours.
C'est ce qu'ont fait.
Donc,
c'est une partie du monde
qui est très malheureuse
depuis très longtemps
et c'était
la partie
la plus prospère
de l'histoire
pendant des siècles
de l'Empire Romain,
en particulier.
La Syrie,
l'Égypte,
et puis,
vous alliez à pied
sous les arbres
de l'Égypte
jusqu'à la Tunisie.
C'était le grenier
à blé
de tout le monde
ancien
et puis maintenant,
c'est devenu...
Et pour une raison
un peu stupide,
c'est que
ils ont interdit
le cochon.
Oui.
C'est la cause
de tous les problèmes.
C'est la cause
de tous les problèmes
parce que les chèvres
et les moutons,
ça détruit la végétation
alors que les cochons,
ça l'entretient
en faisant des saletés partout.
Oui.
Donc le fait
que le cochon soit interdit
dans le Coran
a mené à la désertification
de l'Amérique de l'Afrique du Nord.
C'est curieux quand même
parfois les conséquences.
Pas mal.
Et au pire,
ils auraient pu
juste l'exporter.
Ils n'étaient pas obligés
de le manger pour eux-mêmes.
Enfin...
Ils ont tout,
on ne peut pas le bouffer
parce que c'est très bon.
Oui, c'est ça.
Les oreilles de cochons
grillés,
c'est très très bon.
Mais effectivement,
c'est très symbolique.
Je crois que c'était en 2015
où les types de l'État islamique
avaient détruit
une grande partie
des ruines de Palmyre.
C'est vraiment
toute la symbolique du truc.
On a des intégristes religieux
qui...
En Afghanistan,
ils avaient sauté
les grands Bouddhas
qui étaient ravalés
de je ne sais plus quoi.
Non, c'est...
Le respect
pour les civilisations antérieures,
c'était...
Vous savez,
ils ont...
La légende dit
que la bibliothèque d'Alexandrie
a été brûlée
par je ne sais plus
quel calife
qui arrivait là
et il y avait
on lui a dit
qu'est-ce qu'il y a
dans ce bâtiment ?
C'est une blague,
je ne sais pas si c'est vrai.
Mais comme les Italiens,
si c'est pas vrai,
c'est bien trouvé.
Il avait dit
qu'est-ce qu'il y a
dans ce bâtiment ?
On lui a dit
il y a des écrits,
il y a tout ce qui est
plus important, etc.
Il avait dit
si c'est dans le Coran,
on l'a déjà
et si c'est pas dans le Coran,
il faut le brûler.
Donc la bibliothèque
d'Alexandrie a brûlé.
D'accord.
Mais je porte
un jugement sévère
contre la religion musulmane
bien entendu,
mais pas contre chacun
des musulmans individuels
qui est beaucoup d'entre eux
sont des très bons gens.
Mais il faut se rendre compte
que c'est quand même
une religion
qui à Bagdad
au IXe siècle
a interdit
qu'on fasse
la moindre exégèse
sur les textes sacrés.
C'est-à-dire
qu'on ne peut pas
changer quoi que ce soit.
Si vous laissez
un créer,
on ne peut pas
changer quoi que ce soit.
Donc il y a un texte
et vous n'avez pas
le droit
de faire
la moindre interprétation
dessus.
C'est exactement
le contraire
de ce que font les Juifs
qui passent leur temps
ratiociner sur la Bible
en faisant des commentaires,
des commentaires,
vous savez.
Et donc c'est pour ça
qu'à partir du moment
où ils ont appelé ça
à l'époque,
au IXe siècle,
qu'il fallait fermer
les portes de l'effort.
C'est-à-dire
qu'il n'y avait pas
besoin de faire d'effort,
c'était là,
il n'y avait rien à faire.
Et c'est là
que le déclin a commencé.
Surtout que oui,
quand on applique
ce qu'il y a dans le Coran,
dans le texte,
ça mène pas forcément
à des civilisations
extrêmement riches.
Le rôle des femmes
est un petit peu,
vous me direz
qu'on peut en discuter.
Donc vous aviez deux...
Et ce qui est curieux,
c'est que les Chiites
étaient beaucoup plus ouverts
et sous l'influence
des Molas là-bas,
ils sont devenus
encore plus rigoristes.
Mais ils ont laissé
encore tout un fait...
Parce que c'était difficile,
ils avaient
des vraies universités
en Iran,
ils avaient plein de trucs.
Donc l'Iran reste
aussi curieux
que ça paraisse.
Une terre
qui se ressent
plus facile
à laïciser
que les Sunnites.
Oui probablement, oui.
Oui,
et ce que je veux dire,
là il y a une espèce
de tension entre les deux
et ils ont joué
un contre rôle
depuis un grand moment
les Sunnites
essayant d'être
un peu plus ouverts
et les Chiites
en étant plus fermés.
Mais on va peut-être
retourner vers un moment
où ça va retourner
à la nature profonde.
Oui,
effectivement,
c'est-à-dire que
si le régime
des Molas
s'effondrait,
effectivement,
l'Iran pourrait redevenir
un pays tel qu'il est
si il a été
finalement avant
assez vite.
Et ça ouvre
cette immense couloir
qui passe,
si vous voulez,
encore une fois,
dont je vais parler souvent,
qui passe de l'Inde
au Pakistan,
à l'Iran,
à la Turquie
et qui remonte
vers la Russie
et qui permet
à toutes les matières premières
de descendre comme ça
de la Russie
vers l'Iran.
Donc ce couloir
de développement
serait incroyable.
Oui, absolument.
Et alors que,
si le régime,
par exemple,
de l'Arabie Saoudite
s'effondrait,
je pense qu'il serait
remplacé immédiatement
par un autre régime
aussi intégré.
L'Arabie Saoudite
a fait pas mal de progrès.
Oui, absolument.
Le plus crétin
dans la zone,
si je peux me permettre,
c'est certainement
le Qatar.
Les émirs du Qatar
sont complètement
obsédés
par tout ça.
Et c'est d'ailleurs
eux qui financent
beaucoup de ces guerres.
Je ne comprends pas
pourquoi on continue
à avoir des relations
avec le Qatar
à part le fait
qu'ils aient énormément
de gaz
et qu'ils payent très cher
un certain nombre
de nos anciens politiciens
pour vanter les mérites
de leur politique.
Mais c'est très intéressant
ce qui se passe
parce que c'est
une espèce
de dégel
dans des lignes
de fractures
qu'on connaît déjà.
Tandis que le coup
du chat qui tombait
qui était remplacé
par des molas,
c'était pas du tout
dans le caractère iranien
parce que dans le caractère
iranien,
ils avaient toujours
eu des empereurs
et des dons.
Et donc,
un état tyrannique
s'effondre.
C'est extraordinaire
parce qu'en 12 jours,
il y a 15 jours,
on m'aurait dit
la Syrie,
j'aurais dit
mais qu'est-ce qui se passe ?
Il ne se passe rien.
Il y a 10 000 gars
qui arrivent
à la fleur au fusil
et puis il n'y a pas eu
un coup de feu
tiré à Alep.
Alep est tombé
sans que personne
ne se batte.
C'est-à-dire,
où étaient les troupes ?
Et c'est juste à côté
de l'attaqué.
Où étaient
les troupes
Je ne sais pas.
Donc,
il s'est passé quelque chose.
C'est un peu comme
l'union soumétrique,
ça s'effondre.
D'un seul coup,
tout le monde se dit
bah tiens.
Effectivement,
ça montre que le régime
était quand même
très très fragilisé.
Quelque part,
peut-être que...
Mais on ne me l'avait pas dit
moi qu'il était fragilisé.
Ah non,
moi non plus,
je n'étais pas au courant.
Je n'étais pas sur place.
Je n'ai pas beaucoup
de copains.
Même les spécialistes
ne m'avaient pas dit.
Ils m'avaient dit
non, non, non,
avec l'aide de l'Iran
et de l'Hezbollah,
ils vont tenir jusqu'à
la fin des temps.
En tout cas,
Israël a fait le ménage.
Entre l'Hezbollah,
le Hamas,
et ils ont détruit aussi,
paraît-il,
les Israéliens
beaucoup des capacités
de tir
et d'usines d'armement
de l'Iran.
Vous savez qu'ils avaient
fait quelques raids après.
Et il paraît
qu'ils avaient été
beaucoup plus efficaces
quand on a bien voulu
nous le dire.
je ne sais pas
quoi en dire
parce que
c'est vraiment
quelque chose
qui semble rentrer
dans l'ide
de l'histoire habituelle.
Après,
forcément,
on verra aussi
avec le temps
ce que ça donne
puisqu'il reste encore
à voir ce que
Al Joulani
compte faire
avec la Syrie.
Est-ce que c'est
un type
qui est vraiment piloté
par la Turquie
ou est-ce qu'il va essayer
de prendre son indépendance
vis-à-vis d'Erdogan ?
Est-ce qu'il compte
appliquer une charia
forte,
dure,
style Etat islamique
ou est-ce qu'il veut
se faire
un peu plus
intelligent,
peut-être un peu plus habile ?
Quand l'Afghanistan
est tombé
et quand les Américains
sont partis,
on nous avait dit aussi
que c'était
des modérés
qui avaient pris le pouvoir.
On nous l'a dit.
Faites pas de soucis,
ceux-là,
ils ont bien compris.
Et puis maintenant,
les femmes n'ont même plus
le droit de se parler
les unes aux autres.
C'est pour vous dire
à quel point
ils sont modérés.
Parfois,
tous les six mois,
vous entendez parler
d'un signal
de modération
où parfois
ils infléchissent
les lignes
sur un tout petit truc
et on en fait
quelque chose.
Bon,
ça ne modifie pas
vraiment le fond
du régime.
Les femmes avaient eu
le droit de vote
en Afghanistan
avant la France.
Ah oui ?
En 1945,
ils l'avaient eu
dans les années 30.
Je n'étais pas au courant
de ça.
Non,
c'était un pays
qui était
à peu près normal
dans les années 30.
Il y avait le roi
qui était un type sympa
qui a dû mourir
en Italie.
C'est toujours
très compliqué.
Malheureusement,
beaucoup de pays arabes
ont besoin
d'un pouvoir
extrêmement centralisé
et très fort.
Je ne dirais pas
qu'il y avait
un Arabe musulman.
Ce n'est pas tout à fait pareil
parce que les Pakistanais,
les...
Non,
ce n'est pas des Arabes.
Ce n'est pas des Arabes.
Oui,
musulmans,
oui,
plus musulmans.
Les Turcs,
ce n'est pas des Arabes.
Et puis,
c'est applicable
à des pays du Moyen-Orient.
Quand ils sont sortis
de l'Asie centrale,
quand ils ont tourné
à droite,
c'était des Mongols.
Et puis,
quand ils ont tourné à gauche,
c'était des Turcs.
C'est les mêmes.
Oui,
c'est ce qu'on appelle
une population turco-mongole.
C'est tout ce qu'il y a.
À gauche,
c'était les Turcs.
À droite,
ils ont conquis
une partie de l'Europe.
Et à droite,
ils ont conquis la Chine.
C'est tout ce qu'il y a
de la Mongolie
à la Turquie,
tout simplement.
Enfin,
voilà,
pour ce sujet.
Donc,
c'est extrêmement intéressant.
C'est complètement inattendu.
Et,
au fond du fond,
je crois que ça a beaucoup à voir
avec une tentative
de la Turquie
de devenir indépendante
et négatif.
Ah oui,
c'est clair.
Voilà,
pour moi,
c'est ça.
Elle est très active.
La Turquie ne s'en cache
même pas,
clairement.
Tout autour de Chypre,
tout autour de Malte,
il y a beaucoup,
beaucoup,
beaucoup de gaz.
D'ailleurs,
depuis qu'Al-Assad est tombé,
on parle beaucoup
d'Ayatollah Al-Sham,
en disant,
voilà,
c'est la nouvelle organisation
qui est à la tête du pays.
Mais,
enfin,
jusqu'à la prise
enfin,
au moins,
jusqu'à la prise d'Alep,
on parlait beaucoup
plus des forces turques
qui étaient en présence
sur le territoire
et qui étaient très actives.
C'est revendiqué par la Turquie.
Donc,
voilà,
il y a
les forces de libération,
soi-disant,
du peuple syrien.
C'est vrai,
le mélange est très compliqué
parce que,
par exemple,
Alep,
Damas,
bon,
c'est des villes.
Mais,
la plupart des grandes familles
syriennes
avaient
l'air
des femmes
qui étaient mariées
avec des Saoudiens
ou avec des Irakiens.
Donc,
vous aviez une espèce
de tissu
de grande famille
qui était
à l'aise
dans la plupart des...
Vous voyez,
ils n'étaient pas plus syriens
que saoudis
que irakiens
si vaguement.
enfin,
donc,
le monde musulman
n'est pas un monde
qui a été
terriblement délimité
par des frontières.
C'était un petit peu,
si j'ose dire,
comme l'Allemagne
avant Bismarck.
Il y avait
un prince ici,
un roi là,
etc.
Ils se mariaient
les uns avec les autres.
Ils étaient tous allemands
mais il n'y avait pas
de nation allemande.
Évidemment,
le grand rêve
de tous ces gars-là
quand ils prennent
le pouvoir quelque part,
c'est de créer
une nation arabe
qui serait arabe
et musulmane.
C'est ce qu'ils appellent
recréer le califat.
Tout à fait.
Mais,
donc,
les frontières
telles qu'elles sont
définies aujourd'hui
par l'ONU
avec un siège
aux Nations Unies,
etc.
Ce n'est pas une notion
qui a beaucoup d'intérêt
dans le monde arabe,
dans le monde musulman.
Oui, clairement.
D'autant plus que,
pour beaucoup d'entre eux,
ces lignes de frontières,
elles ont été délimitées
par les anciens colonisateurs.
Donc,
finalement,
ça n'a aucun intérêt.
Et puis,
pour eux,
la notion
arrêtée de frontières
n'existe pas.
Pour eux,
il y a le monde musulman
et le monde de la guerre
à l'arbre.
Et puis ensuite,
si vous voulez,
ce qu'il faut faire
si on est un musulman,
c'est travailler
à la Ummah,
c'est-à-dire à l'unité
de toute la zone islamique.
Donc,
pour un musulman,
il doit travailler à la Ummah
et il doit être en guerre
contre le reste du monde.
Oui,
ils le font
avec assez de talent.
Oui,
absolument.
Enfin,
voilà,
pour ce sujet.
C'est un sujet très intéressant
parce que là,
c'est au cœur du...
Et puis,
c'est pas très loin de l'Europe.
Non,
c'est sûr,
c'est pas loin.
Et puis,
on espère ne pas avoir...
Déjà,
si c'est possible,
renvoyer un maximum
de migrants
en Syrie.
Mais surtout,
ça veut dire
que l'armée française,
l'armée italienne,
l'armée espagnole
et tout
doivent complètement
repenser
leur stratégie militaire.
C'est-à-dire qu'il faut maintenant
qu'ils réorientent
toute leur stratégie militaire
non pas vers l'est
comme tous ces couillons le font
mais vers le sud.
C'est-à-dire que le danger
va venir du sud maintenant
avec la Turquie.
On a beaucoup ignoré
les tentatives d'Erdogan.
Alors,
il a pris
la moitié de Chypre.
Ça,
l'Europe
l'a totalement ignorée.
C'est pas lui qui l'a fait
Oui,
c'était pas Erdogan.
La Turquie
avait pris
la moitié nord-est
de Chypre.
Et puis,
il y a aussi
forcément
des tentatives
aussi
pour prendre
certaines îles grecques
qui sont à 10 km
des côtes.
C'est clair.
Et puis,
il y en a
un paquet
de ces îles.
Enfin,
voilà.
Donc,
j'espère que vous avez
apprécié
cette émission.
On a fait preuve,
si j'ose dire,
d'une remarquable compétence
et d'une complète incapacité
à tirer le moindre plan
sur l'avenir.
Voilà, absolument.
Mais,
ça,
c'est...
je vous ai raconté
l'histoire du scorpion
au Moyen-Orient.
Oh,
ça me dit quelque chose.
Vous savez,
c'est l'histoire
du scorpion
qui veut traverser
une rivière
au Moyen-Orient
et il demande
à une grenouille
qui est là
« Est-ce que tu peux
me porter sur ton dos ? »
Et puis de l'autre côté,
tu me déposes.
La grenouille dit
« ça va pas.
donc quand je serai au milieu de l'eau tu vas me piquer et le scorpion dit mais si
je te fais ça on va mourir tous les deux ouais donc ouais c'est pas trop tard
allez hop je t'embarque il l'emmène et puis au milieu le scorpion pique la
grenouille et la grenouille qui dit mais pourquoi t'as fait ça parce qu'on est au
Moyen-Orient donc le Moyen-Orient c'est compliqué
c'est très compliqué effectivement c'est l'Orient compliqué muni de quelques
idées simples dit de Gaulle dans ses mémoires
l'Orient compliqué c'est pas de la tarte effectivement donc voilà et ben je vous
remercie bien sûr pour votre attention lors de cette vidéo et puis bah je vous
dis à très bientôt pour d'autres aventures sur l'institut des libertés
voilà et on s'ennuie jamais merci beaucoup