Pour apprendre l'herboristerie, sortir le savoir de la tête et le transposer dans la matière, il faut pratiquer. Sinon, on accumule un savoir stérile. Ceci est un appel à l'action.
00:00 Introduction 03:37 Les gestes au travers des métiers 07:10 Les compétences pour apprendre l'herboristerie 11:45 Barrières 17:03 Surmonter les barrières 22:07 Cas les plus simples pour apprendre l'herboristerie 25:49 Apprendre l'herboristerie : s'entourer de bons produits
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Bonjour, je reviens d'un week-end que j'ai animé avec mon ami Guillaume Besson
dans un coin magnifique de Haute-Savoie.
On a passé deux jours et demi avec un petit groupe de passionnés.
On a fait des sorties en nature, des ateliers, fabrication de produits,
des mini-conférences.
Et là, on avait un groupe de personnes qui pratiquaient déjà.
Et donc, il y avait acquis un certain niveau de compétence
au travers de l'expérience.
Et ça, c'est vraiment intéressant parce qu'on peut aller beaucoup plus loin
avec ce genre de groupe.
Et du coup, je me suis posé la question suivante.
Qu'est-ce qui fait que certains passionnés osent se lancer
dans la pratique de l'herboristerie alors que d'autres sont
beaucoup plus réticents, beaucoup plus hésitants
et ne vont pas mettre leur savoir en pratique
et donc vont progresser beaucoup moins vite.
Voilà, c'est le sujet de la discussion d'aujourd'hui.
Je vais vous dire comment on va structurer cette discussion.
D'abord, on va parler des différentes pratiques,
des différents gestes qui nous permettent de développer
une vraie autonomie.
De la reconnaissance de la plante en nature
jusqu'à la tasse, jusqu'à l'infusion, la teinture
ou d'autres préparations.
Et pour ce faire, je vais vous parler des différents métiers
de la filière parce qu'en fait, ça va nous donner
une bonne idée des différents gestes importants.
Ensuite, je vais vous dire comment vous pouvez
acquérir ces gestes dès aujourd'hui d'une manière
relativement simple.
Et puis, j'aimerais qu'on parle des barrières psychologiques
qui, basées sur mes observations, nous empêchent
de passer à l'action et de comment les surmonter,
ces barrières.
Et puis, je vais finir par une liste de situations
qu'on trouve dans toutes les familles et qui nous donnent
de belles opportunités de mettre notre savoir
au service des autres dans la plus grande prudence
comme toujours.
Alors, dans cette discussion, en fait,
je vais vous lancer un appel à l'action
parce que la pratique, c'est absolument primordial
pour la survie de ce savoir-faire qu'on appelle
l'herboristerie.
Et dans le savoir-faire, il y a savoir et il y a faire.
Et je peux vous dire qu'aujourd'hui, en 2024,
je n'ai aucun problème à vous motiver
à accumuler du savoir.
On devient des spécialistes de l'accumulation
comme des écureuils.
Même moi, j'ai un peu trop tendance à accumuler
des livres, des PDF, des vidéos, à ne plus savoir
où les mettre.
Mais passer au faire, alors ça, c'est une autre histoire.
Donc, restez avec moi.
Je vous propose une discussion à la fois pragmatique,
terre à terre, mais qui contient aussi une remise
en question de nos postures et de nos peurs.
Avant de commencer, je vous rappelle qu'à l'école
Althéa-Provence, nous vous proposons de nombreuses formations
en ligne sur les plantes médicinales.
On a formé plus de 3500 étudiants depuis 2015.
C'est de l'enseignement exclusif, structuré,
approfondi, basé sur l'expérience
et surtout sur la pratique.
Et nous sommes vraiment heureux de vous accueillir.
C'est en grande partie grâce à l'école qu'on peut produire
régulièrement du contenu de grande qualité
et toujours accessible gratuitement.
On vous mettra le lien vers tous les programmes
sous cet épisode.
Et autre point, je vous rappelle que je ne suis ni médecin,
ni pharmacien, ni professionnel de la santé.
Je suis là pour partager des informations avec vous,
mais ceci ne remplace absolument pas un suivi médical,
n'a pas vocation d'être diagnostique ou prescription
ou tout autre acte médical.
Alors pourquoi est-ce que je vous parle si souvent
de la pratique de l'herboristerie ?
Parce que c'est du vécu, c'est la pratique
qui a été ma meilleure enseignante.
Et il en sera de même pour vous,
parce que c'est une règle qui s'applique à tout.
Pour l'herboristerie, j'ai fait des écoles,
j'ai fait des formations, j'ai lu énormément de livres.
Mais c'est la pratique qui est venue consolider ce savoir.
Vous allez me dire, d'accord, mais quelle pratique,
exactement de quoi tu parles, de quels gestes ?
Alors pour vous expliquer les différents gestes,
je vais vous présenter les différents métiers
de l'herboristerie.
Et vous allez vite comprendre quels sont ces gestes.
Et si on parle d'une pratique maison de l'herboristerie,
il faudra pratiquer les gestes d'un peu tous les métiers.
Pas d'une manière professionnelle, bien sûr,
mais d'une manière simple, juste assez pour nous donner
l'autonomie de prendre soin de nous et de nos proches
pour les petits maux de la vie quotidienne.
Ici en France, la filière métier a commencé
à bien s'organiser.
Moi, je trouve que ça fait plaisir à voir
parce qu'il y a quelques années, on était beaucoup
plus éparpillés et fragmentés.
Et là, on voit apparaître en gros trois catégories
de métiers qui se concentrent sur différentes compétences
et différentes pratiques.
Alors, les amis des différents corps de métier,
si vous me regardez en désolé, je vais beaucoup simplifier
ce qu'on fait dans un but de ne pas y passer des heures.
Alors, nous avons ceux qui cueillent ou qui cultivent
la plante médicinale.
Parfois, ils font les deux.
On les appelle cueilleurs, on les appelle producteurs
de plantes aromatiques et médicinales.
On les appelle paysans herboristes.
Il y a d'ailleurs un chaleureux message
à la Fédération des paysans herboristes
qui a été tellement moteur et qui continue de l'être
vraiment pour toute la filière.
Les producteurs se sont organisés.
Ils ont communiqué relativement tôt par rapport
aux autres métiers avec le syndicat Simple
dès le début des années 80.
Nous avons les cueilleurs, d'ailleurs représentés
par l'AFC, l'Association française des professionnels
de la cueillade des plantes sauvages.
Là encore, un petit coucou à l'AFC.
Des gens qui mettent en œuvre des ressources
pour organiser le métier et pour traiter aussi
des sujets qui touchent tous les cueilleurs,
même les amateurs.
Ensuite, nous avons celles et ceux qui gèrent
des boutiques de plantes avec en général
une riche sélection de plantes en vrac
ou de plantes formes transformées,
qui savent comment combiner les différentes plantes,
combiner les différentes formes,
gérer les fournisseurs,
vous fournir un conseil adapté au comptoir
pour une situation donnée.
Et au passage, un chaleureux message
à l'Association des herboristeries de France
qui a vu le jour en 2023.
Et pour finir, nous avons les praticiennes,
les praticiens en herboristerie,
une activité que je pratique depuis maintenant
à peu près 17 ans.
Alors ici, nous avons des professionnels
qui ne vendent pas forcément de plantes,
mais qui fournissent un conseil,
un accompagnement sur le long terme
et qui passent énormément de temps
à écouter un individu et à l'aider
à améliorer sa qualité de vie au fil des mois.
Et je suis d'ailleurs cofondateur
de la Guilde française des praticiennes
et praticiens en herboristerie
qui œuvre pour rassembler et soutenir
ceux qui ont choisi cette pratique et ce métier.
Alors il faut savoir que chaque métier
globalement représente différentes pratiques
et différentes compétences.
Et je vous propose d'en faire une petite liste ici.
D'abord, identifier la plante en nature.
C'est important.
Cueillir la plante, cultiver la plante
et tout ça dans le respect du végétal.
Trier, faire sécher, conserver,
transformer en différents produits,
macérat huleux, macérat alcoolique,
des poudres, etc.
Mélanger, formuler, associer
différentes plantes, différentes galéniques
pour une situation donnée.
Et puis, conseiller et accompagner
une personne dans le besoin.
Ce qui nous fait à peu près six catégories.
Je vous ai mis la liste sur le site,
dans l'article associé à cet épisode.
Et la question ici, c'est comment
est-ce qu'on peut développer les différents gestes
et les différentes pratiques
associées à ces catégories.
Pour l'identification des plantes en nature,
vous allez trouver dans votre région
des associations
qui font des sorties dans la nature environnante
et qui vont vous montrer
quelles plantes sont comestibles,
lesquelles sont médicinales,
les plus courantes du moins,
et ce qu'on peut en faire.
Un animateur bien formé
vous permettra de comprendre
comment cueillir dans le respect
des plantes, de leur disponibilité,
de leur statut
en tant qu'espèce protégée ou pas,
menacée ou pas.
Et ça, ce n'est pas juste une histoire de réglementation,
c'est aussi une histoire de connaître
les pressions locales dans la région,
sur la ressource.
Donc, inscrivez-vous
à ces associations, prenez le sac à dos,
le calepin, et allez découvrir
la flore de votre région.
Pour cultiver la plante médicinale,
si vous avez un petit jardin
ou un balcon,
il faut avoir des bases de jardinage,
mais des bases relativement simples.
Si vous les avez,
vous pouvez vous faire la main sans attendre
en cultivant quelques médicinales.
Oubliez les graines au départ.
C'est vrai que tout démarrer de graines
c'est un peu compliqué.
Vous pouvez aller chez un horticulteur
qui connaît bien les médicinales classiques
et vous pouvez les acheter directement en godet.
Vous allez gagner énormément de temps.
Et puis avec les années, vous pouvez bien sûr
apprendre à faire germer les graines.
C'est vrai qu'essayer de tout faire en même temps
au début, ça peut devenir un petit peu décourageant.
Et cette activité,
vous pouvez la démarrer dès le printemps prochain.
Vous pouvez aller acheter un petit godet
d'équinacé, introduire au jardin.
Vous allez voir comme c'est beau
et ça vous fournira un petit stock de plantes
fraîches pour vos expérimentations.
Parce que c'est important de connaître
la plante lorsqu'elle est vivante, lorsqu'elle est fraîche.
Pour trier, faire sécher,
conserver, transformer en différents
produits, vous avez des livres
qui vous accompagneront.
Vous avez des ateliers
dans votre région, si vous voulez accélérer
un petit peu votre apprentissage avec des gens
du métier.
Vous avez aussi des formations complètes sur le sujet.
Mais franchement, ici,
vous pouvez aussi démarrer une pratique maison
sans attendre.
Au pire des cas, vous allez gâcher quelques
préparations, mais ça vous permettra
aussi de progresser rapidement en faisant
quelques erreurs.
Pour combiner, mélanger, formuler
pour une situation donnée,
conseiller quelqu'un, l'accompagner.
Là, je vous conseille
de vous former.
Vous pouvez démarrer tout doucement avec des livres
et des situations
que je vais vous donner un petit peu plus tard.
Cela dit, vous verrez que
les livres se concentrent en général sur une liste
de plantes pour une liste de symptômes.
Voilà, c'est ce qu'on appelle cette association
assez basique plantes à symptômes.
Et pour faire un bon travail
d'accompagnement, il faut
surtout connaître et agir
sur les grands piliers de la santé.
Alimentation, digestion, élimination,
vitalité,
sommeil, immunité, circulation,
etc.
Mais vous pouvez démarrer avec une approche un petit peu
plus simpliste. On démarre
souvent comme ça. Il n'y a pas de problème
à faire ça. Il n'y a pas de problème
à dire au départ
rhumatisme, reine des prés,
déprime passagère, millepertuis,
acné, bardin des
pensées sauvages. C'est un point
de départ. Globalement,
vous verrez qu'une fois que vous
commencez la pratique, ce n'est pas aussi simple
que ça. Ce n'est jamais aussi simple que ça.
Sinon, ça se saurait. Mais
commencez par ça si vous n'avez pas
la motivation ou le budget pour vous former
avec des outils un petit peu plus
englobants, je dirais.
Ok, donc, on peut
apprendre ces différents gestes de chez
soi en y allant
graduellement. Ce n'est pas très
compliqué. Mais du coup, retour
à ma question initiale, si on peut tous
s'y mettre, pourquoi certains
se mettent à la pratique sans
attendre et d'autres hésitent
pendant longtemps ?
Eh bien, parce qu'il y a des barrières
psychologiques.
Et la première barrière,
basée sur mes observations,
c'est le manque de connaissances.
Ça, c'est tout à fait logique. On ne se lance
pas à l'aveugle. Il faut avoir
une bonne base de savoir. Mais
attention, deux pièges ici.
Premier piège,
ne pas confondre le manque de
connaissances et le manque d'expérience.
Parce que l'expérience, ça
s'acquiert uniquement avec la pratique.
Et donc, si vous ne vous lancez
pas parce que vous manquez de pratique,
c'est le serpent qui se mord la queue.
Alors, dans le passé,
on était apprenti de quelqu'un.
Ah oui, on a eu une bonne
époque, belle époque de l'arbre historique.
On essaie de recréer tout ça aujourd'hui, mais
on était apprenti. Un modèle
qui a fait ses preuves dans tous les métiers,
bien sûr. Dans les familles,
on avait un modèle similaire. En général, c'était
une mère ou une grand-mère qui faisaient
l'apprentissage des générations
de femmes plus jeunes. En général, ça restait du côté des femmes.
Et lorsque
vous venez faire des stages avec nous,
vous êtes un petit peu nos apprentis
pour la durée du stage.
Mais globalement, lorsqu'on
touche à des métiers qui sont en pleine réinvention,
lorsqu'on est dans le creux
de la vague, lorsqu'on essaie de
relancer des habitudes qui ont
disparu dans les familles,
il faut accepter de se mettre
à la pratique sans avoir
l'expérience optimale de l'apprenti
qui a passé des années
et des années avec son mentor.
Une fois qu'on aura relancé
ses métiers plus largement,
le mien en particulier, celui
de praticien et de conseiller en arbre historique,
on aura le choix pour aller
faire des stages. On pourra
à nouveau être apprenti.
Et dans les familles,
on aura de nouveau des anciens
qui portent la connaissance et l'expérience.
Mais pour l'instant,
je pense qu'il faut accepter de démarrer une pratique
prudente sans pour autant
avoir une personne d'expérience
qui nous tient la main.
On peut le faire, je vous rassure,
et je dirais même que c'est nécessaire.
Le deuxième piège,
c'est de vouloir accumuler toujours
plus de connaissances avant de se mettre
à la pratique. Et ça, on l'entend
très fréquemment.
On voit des personnes qui ont déjà une belle base
de connaissances, qui savent déjà pas mal de choses,
mais qui se disent, non,
avant de m'y mettre, il faut que j'aille faire
une autre formation,
et puis une autre, et encore une autre.
Ce que j'appellerais les étudiants
perpétuels.
Alors vous faites comme vous voulez, bien évidemment,
mais le meilleur apprentissage se fera
si vous faites une formation
et puis si vous l'appliquez.
Donnez-vous plusieurs mois,
pratiquez, testez
ce que vous avez appris,
et à un moment,
vous serez de nouveau
prêt à faire une nouvelle formation.
Donc il faut alterner
entre théorie et pratique,
formation, expérimentation.
Puis formation à nouveau,
puis expérimentation. C'est très itératif
comme modèle.
Une autre barrière, c'est la peur
de mal faire, la peur de nuire.
Alors, c'est bien,
ça part d'un bon réflexe,
on n'oubliera pas le primum non nocere,
d'abord ne pas nuire,
mais la peur peut mener
à la paralysie,
et ça, on veut éviter.
Donc, on va débuter
notre pratique avec des situations qui
minimisent les risques, des situations
que je vais vous proposer dans quelques minutes,
des situations relativement
simples, mais pour lesquelles on peut
apporter beaucoup de valeur.
Et on va aussi utiliser les plantes relativement
douces lorsqu'on démarre.
Dites-vous que
si la plante est autorisée
à la vente libre, ici en France,
sous la forme de vrac,
c'est-à-dire en sachet de feuilles,
de fleurs, de racines, chez votre
producteur local, en principe
elle a très peu, voire pas
du tout de risque de toxicité,
du moins aux doses suggérées
sur le sachet.
Une autre barrière, c'est la peur
de ne pas être à sa place
et le syndrome de l'imposteur.
Alors si vous l'avez ressenti
dans le passé,
si vous le ressentez toujours aujourd'hui,
ce syndrome, j'ai envie de vous dire
bienvenue au club. En ce qui me
concerne, je crois qu'à peine
aujourd'hui, il commence à me lâcher
un petit peu, et encore parfois
je sens toujours des petits relents.
Je crois que
dans toute pratique qui essaie de trouver
sa place dans un système
qui ne lui donne pas sa place,
le syndrome de l'imposteur
est un sentiment normal.
Il faut juste l'accepter,
il faut lui dire avec
beaucoup de compassion, mon
ami, tu m'as accompagné pendant
toutes ces années et je vois que t'es toujours
là, à mes côtés, alors
tu sais quoi, on va continuer notre
voyage ensemble, parce que t'es pas prêt
de partir apparemment.
Donc voilà, il y a des barrières,
on les a tous rencontrés, mais
du coup, comment les surmonter,
ces barrières. Alors,
premièrement, bien évidemment, il faut se
former, c'est une évidence, ça donne
de l'assurance et surtout ça donne la base
de connaissance pour ne pas faire n'importe quoi.
Et idéalement, on va se former
avec quelqu'un d'expérience et qui nous inspire.
Je vais vous dire, pour toutes
les formations que moi
j'ai faites, j'ai toujours
choisi la personne plus
que le sujet, parce que je sais
que même si le sujet
n'est pas exactement celui qui m'intéresse,
la formatrice ou le
formateur va m'en mener beaucoup
plus loin. Pour vous donner
un exemple, j'ai assisté à
une conférence en 2019
sur l'inflammation
et la conférencière était juste
géniale, beaucoup d'énergie,
beaucoup d'humour, une présentation
claire et structurée de la
problématique, tout ce que j'aime.
Et j'ai fait une formation
avec elle un petit peu plus tard,
alors c'était sur un sujet qui
m'intéressait moyennement,
mais j'ai énormément
appris avec elle et je ne
regrette absolument pas, bien au contraire,
parce que
moi je progresse avec des personnes
plus qu'avec des sujets.
Deuxièmement, je pense qu'il faut faire
preuve de
beaucoup de curiosité.
On dit que la curiosité est un vilain défaut,
mais c'est aussi une belle qualité.
Par exemple, imaginons
que, je ne sais pas, ma mère
souffre de reflux gastrique,
elle est suivie par son médecin,
on ne lui propose rien qui fonctionne,
elle a aussi des petites douleurs
articulaires et puis elle dort mal.
Imaginons.
Si je prends la situation
sous l'angle de la curiosité,
je me demande ce qui
pourrait bien se passer si elle commençait
à mieux dormir par exemple.
Est-ce que ça va diminuer
ses douleurs articulaires ?
Et si j'allais ramasser un petit peu de lotier corniculé
et que j'en faisais une teinture,
est-ce que ça va l'aider ?
Et si on calmait un petit peu le feu
et l'irritation provoquée par le reflux
avec une infusion de fleurs de mauve
le soir, est-ce qu'elle arriverait
à mieux dormir ?
Et d'ailleurs ça me permettrait d'aller en ramasser
et de voir si c'est facile à faire sécher
la fleur de mauve.
En fait, c'est fascinant
ces histoires si on se place sous l'angle
du détective et de l'expérimentateur.
Alors toujours dans la prudence
et sans jouer au médecin, ça c'est important.
Mais je crois
sincèrement que lorsqu'on voit une situation
qui nous fait un petit peu peur parce qu'on se dit
est-ce que je peux ? Est-ce que j'y vais ?
La curiosité
peut chasser justement cette peur
paralysie et nous mettre en mouvement.
Ensuite je pense qu'il faut
avoir cette soif de sortir de sa tête,
de sortir du mental.
Vous avez peut-être remarqué comment on devient
une génération de penseurs un petit peu
névrotiques. On vit
dans notre mental, on ne fait
plus grand chose dans la matière
et au bout d'un moment ça nous épuise
parce qu'on empile du
savoir stérile.
Ça sert à quoi
de savoir que l'angélique,
une de nos grandes plantes
médicinales, peut nous aider
à sortir d'une période de fatigue avec
digestion lente et manque d'appétit
si on ne l'a pas testé dans ce
contexte, si on n'a pas observé
le ressenti et les résultats,
si on n'a pas expérimenté avec
différentes formes et différentes dosages.
Je vais vous dire à quoi ça sert.
Rien. C'est déconnecté
de nos besoins et
on ne peut rien en faire pour aider notre
entourage avec cette information.
Donc ça frustre tout le monde.
Sortir de la tête
et passer dans la matière.
Et puis je crois qu'il faut fuir
la position de l'expert
parce que
l'expert a peur de perdre son statut.
Il tolère très mal
les critiques. L'expert
a du mal à vivre avec les échecs.
Et pourtant, ça fait partie
de la pratique. Et moi je
préfère le point de vue de l'explorateur.
Alors l'explorateur,
ce n'est pas un expert. Il a juste
deux ou trois longueurs d'avance sur vous.
Donc il est capable de mener
le groupe mais il reste aussi avec le groupe
avec humilité.
Il n'est pas sur son piédestal.
Et il n'a pas peur de dire quand il ne
sait pas et quand il a fait une erreur.
Et si on ne fait jamais d'erreur,
c'est peut-être aussi qu'on
ne se pousse pas assez hors de notre zone
de confort. Et c'est
hors de la zone de confort que va se faire
l'apprentissage. Alors bien sûr,
lorsque je parle d'erreur,
bien évidemment, j'entends des petites
erreurs qui ne vont pas mettre la personne en danger.
Donc, si vous
vous sentez de plus en plus expert
dans ce que vous faites, attention,
je pense que c'est un piège. Peut-être
que vous pouvez légèrement
vous décaler du côté de l'explorateur
et pratiquer plus
sans cette peur de
l'échec et de l'erreur.
Ce qui nous amène au point suivant.
Quelles sont les
situations de la vie quotidienne
qui nous fournissent les plus belles opportunités
de pratiquer sans trop
de risques ?
En général, l'endroit où l'on va
avoir le plus de possibilités
de pratiquer, c'est lorsqu'il y a
chronicité pour des
petits maux de la vie quotidienne.
Mais, petits, mais qui
nous pourrissent la vie et qui nous
drainent de notre énergie mois après
mois. Et idéalement,
sans médicamentation,
au moins on n'a pas les questionnements sur les interactions
possibles entre plantes et médicaments,
et toujours
après diagnostic et avis
médical pour écarter les situations
qui sont hors de notre champ
d'action et de compétences, bien sûr.
Alors du coup, qu'est-ce qu'on a ?
Eh bien, nous avons
les problématiques hivernales,
les rhumes, les petites infections
à répétition avec une
immunité basse chez l'adulte
comme chez l'enfant. Et là,
on peut tester différentes
plantes en prévention pour voir si
on arrive à passer un hiver un petit peu plus
sereinement. Voilà, on a des plantes
toutes simples comme le sureau,
les plantes aromatiques comme le thym et l'origan,
l'équinacée, etc.
Nous avons les problématiques
allergiques que l'on
peut bien soulager en jouant
sur l'alimentation, les plantes,
l'hygiène de vie.
Vous le savez, ces problèmes sont de plus
en plus fréquents, les périodes d'allergie
sont de plus en plus longues.
Et ici, on a des plantes toutes simples comme
le plantain, le cassissier,
la camomille matricaire, l'ortie,
des plantes qui peuvent
vraiment bien aider si on s'y prend
assez tôt dans la saison.
Les problèmes de sommeil,
on a du mal à s'endormir,
ou on est embêté par des réveils nocturnes.
Alors ici, on a toute une liste
de plantes qui sont relaxantes,
voire sédatives, voire hypnotiques
depuis le simple tilleul
en passant par l'asperule
odorante, la fleur d'oranger,
la passifleur, le pavot
de Californie, le houblon,
etc.
Les troubles
du cycle menstruel qui pourrissent
la vie de tant de femmes.
Nous avons la kilimillefeuille,
l'alchimie, la camomille
matricaire, l'angélique.
Pour des règles trop abondantes
qui peuvent créer des situations d'anémie,
on a la feuille de ronce,
le framboisier, la bourse à pasteur.
Donc là encore, il y a plein de choses
à tester. Les troubles digestifs
avec stagnation,
ballonnement et petites crampes.
On a de nombreuses plantes qui peuvent
aider depuis l'âge ancien
en passant par les graines d'anis,
les graines de fenouil, la camomille romaine,
la mélisse, toutes les menthes.
Et puis,
pour finir, les petits problèmes de peau chroniques
de type acné ou eczéma
avec plein de préparations
à tester en application externe.
Des macéras huileux,
des ongans, des hydrolats.
Et sachez que, au départ,
lorsqu'on débute notre pratique,
les applications externes
sont toujours plus simples à manipuler
que les formes en prise interne.
Mais ce sont des formes vraiment valables
pour les problèmes de peau,
pour les problèmes musculaires, articulaires
ou même pulmonaires
avec des ongans balsamiques
à appliquer sur le torse.
Et puis, au passage, on peut aussi apprendre
à fabriquer ses propres produits pour la peau.
Ça fait des chantiers vraiment très ludiques.
Et puis, on est fier d'avoir préparé
cette magnifique émulsion
avec un hydrolat de lavande
et un macéra huileux de 1000 percuits.
Et insistons sur le fait que
la pratique doit s'appuyer
sur des produits de grande qualité.
Parce que sinon,
si ça ne fonctionne pas,
au départ, vous ne saurez pas
si c'est à cause de la qualité du produit
ou à cause d'un mauvais choix de plante.
C'est pour ça que, dans la pratique
de l'herboristerie, il faut être autonome.
Il faut savoir cueillir ou cultiver
dans le respect de la plante
ou connaître les bons fournisseurs
près de chez vous qui peuvent
à la fois vous fournir le bon produit
mais aussi parfois le bon conseil
si vous démarrez juste.
En tout cas, j'espère
que vous avez intercepté
mon appel à l'action.
Octobre 2024.
On ignore
où on va exactement dans ce monde.
Mais ce qu'on peut dire
aujourd'hui, c'est que reprendre
notre santé en main va devenir
absolument critique dans les années
et les décennies qui arrivent.
La pratique,
l'expérience, ça se construit
dès maintenant.
Nous sommes nombreux à pratiquer déjà
et nous espérons que vous
viendrez nous rejoindre très
prochainement dans cette pratique
pour vous mais aussi pour
vos proches. Merci pour votre
écoute et je vous dis à très bientôt
pour un nouvel épisode
au sujet des bienfaits de nos
bonnes herbes.