l’Euphraise officinale (Euphrasia officinalis), qu’on appelle aussi « casse-lunettes », est beaucoup plus qu’une plante pour les soins des yeux. Voici sa fiche complète.
00:00 Introduction 01:15 Un peu de botanique 03:59 État de la ressource sauvage 06:11 L'euphraise au jardin 07:11 Constituants de la plante 08:04 Notions d'énergétique 09:22 Propriétés et indications 16:20 Biodisponibilité de l'aucubine 18:32 Préparations 23:02 Précautions
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Bonjour, aujourd'hui j'aimerais vous parler d'une petite plante médicinale toute discrète
que vous allez trouver dans la région montagneuse, les Alpes, le Massif Central, les Pyrénées
principalement.
On l'appelle casse-lunettes et elle est très connue pour tous les soins des yeux, mais
on verra qu'elle peut aussi dépanner pour d'autres indications.
Je vais vous présenter le fraise en en parlant dans quelques instants.
Avant de commencer, je vous rappelle qu'à l'école Altéa-Provence, nous vous proposons
de nombreuses formations en ligne sur les plantes médicinales.
Nous avons formé plus de 3500 étudiants depuis 2015.
C'est de l'enseignement exclusif, structuré, approfondi, basé sur l'expérience et surtout
sur la pratique.
Et nous sommes vraiment heureux de vous accueillir.
C'est en grande partie grâce à l'école qu'on peut produire régulièrement du contenu
de grande qualité, toujours accessible gratuitement.
On vous mettra le lien vers tous les programmes sous cet épisode.
Autre point, je vous rappelle que je ne suis ni médecin, ni pharmacien, ni professionnel
de la santé.
Je suis là pour partager des informations avec vous, mais ceci ne remplace absolument
pas un suivi médical, n'a pas vocation d'être diagnostique ou prescription ou tout autre
acte médical.
Allez, on commence par un peu de botanique.
Le fraise, c'est une petite plante annuelle de la famille des Orobanchaceae.
Avant, elle était classée dans les Scrophulariaceae, mais on a décidé de la déménager avec la
classification phylogénétique.
Les Orobanchaceae, c'est une famille qui comprend notamment les Orobanches.
Je ne sais pas si vous connaissez ces plantes.
Ça va nous donner une petite indication sur la manière dont le fraise va se nourrir.
Parce qu'en fait, c'est une plante hémiparasite, principalement des Poaceae.
Pas uniquement, mais bon, on va simplifier.
C'est à dire que c'est une hémiparasite de tout un tas d'herbes que vous allez trouver dans les
prairies, comme les paturins, les fétucs, les avoines sauvages, etc.
Alors, hémiparasite, ça veut dire que la plante sait faire de la photosynthèse par elle-même,
mais elle va aussi aller pomper certaines choses dans d'autres plantes, de l'eau et des minéraux.
Et pour comprendre comment le fraise fonctionne, il faut regarder dans son système racinaire.
Et donc, on voit une racine principale.
D'où naissent des racines secondaires qui vont développer de très nombreux petits suçoirs.
Et ces suçoirs vont venir perforer les racines des hôtes, donc des graminées aux alentours,
pour venir pomper des liquides et se servir.
C'est pour cela que vous allez trouver le fraise, principalement dans les prairies de montagne.
Donc, ne la cherchez pas dans la forêt, mais cherchez-la dans l'herbe,
sous vos pieds, parfois au bord du chemin de randonnée.
Et puis, regardez un petit peu les cartes de répartition,
pour voir si elles poussent dans votre coin aussi.
Peut-on utiliser les autres fraises ?
Parce que le fraise principale, c'est le fraise officinale, Euphrasia officinalis.
Il y en a d'autres, donc est-ce qu'on peut les utiliser ?
Je vais vous citer Paul-Victor Fournier, botaniste génial en son temps,
qui nous a produit ce fameux Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France.
Très bon livre.
Il nous dit « Seul un botaniste très expérimenté peut utilement s'aventurer dans le dédale des espèces de fraises.
Aussi, nous nous contenterons d'en parler d'une façon générale.
C'est-à-dire, ce qu'on pourrait dire d'un type de fraise s'applique également à tous les autres types.
Donc, il a l'air de dire que toutes les œufs fraises sont interchangeables.
Je ne pourrais pas vous le confirmer avec certitude.
Après avoir grignoté de petits morceaux de plusieurs espèces de fraises,
il me semble que d'un point de vue organoleptique, elles sont très similaires.
Cela dit, je vous laisse faire vos propres recherches.
D'ailleurs, on va évoquer l'état de la ressource sauvage.
C'est un sujet qui devient de plus en plus d'actualité.
Pour ce faire, j'ai contacté mes amis de l'AFC, l'association française des professionnels de la cueillette des plantes sauvages,
qui font un travail vraiment remarquable pour recenser les espèces,
nous aider à mieux gérer les espèces de cueillettes en France.
Voici ce qu'ils m'ont dit.
On a repéré le fraise officinale dans les plantes à surveiller.
Niveau 2 sur 4 de tension.
Sachant que le niveau 1, c'est le niveau le plus tendu.
Ce n'est pas comme du pissenlit ou du romarin ou du plantain.
La petite fraise commence à ressentir les tensions.
On ne l'a pas encore sérieusement travaillé sous forme de livret technique à l'AFC,
mais voici les informations qui me sont remontées du terrain.
Il y a de la demande, et ça on le sait parce que c'est une plante médicinale qui est assez appréciée.
Il y a de la demande.
Ce n'est pas facile de trouver des sites de cueillettes.
Les sites sont une espèce de prairie naturelle qui contient des milieux en régression.
La plante est sensible à la sécheresse.
On a connu quelques années bien sèches avant 2024.
La détermination peut être difficile et donc il y a risque de confusion avec des espèces rares.
Je pense que l'AFC parle des autres fraises qui sont plus menacées que l'officinale.
Un peu de spéculation de ma part.
Elle n'est pas réglementée mais indiquée par l'UICN,
l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature.
Un état de vulnérabilité dans le nord de la France
est quasi menacé en Bourgogne et Champagne-Ardennes.
Voilà, ça c'est à noter.
Et pour finir, je vous mettrai aussi le lien vers les informations de l'INPN,
qui est l'Inventaire National du Patrimoine Naturel sur le statut de la plante.
Toutes les informations sont sur mon site.
Donc le message ici, c'est qu'aujourd'hui on s'intéresse à ce genre d'informations.
C'est important.
Et que le fraise est en état de tension en fonction du lieu dans lequel vous le trouvez.
Donc renseignez-vous avant de ramasser.
Vous m'avez parfois demandé comment introduire le fraise au jardin.
J'ai testé pour vous à partir de graines et je n'y suis jamais arrivé.
On m'avait dit de semer sur un morceau de prairie, chose que j'ai faite.
J'avais prélevé un carré d'herbe d'un champ en friche avec pas mal de peau assez.
J'ai amené ce carré dans ma serre.
J'ai semé les graines d'un fournisseur de confiance.
Je savais que les graines étaient très bonnes, j'ai maintenu humide.
Rien n'est sorti.
Je pense que le plus simple serait de prélever un carré dans lequel le fraise pousse déjà.
Une chose que je n'avais pas vers chez moi.
Histoire de sélectionner les bonnes plantes hautes.
Et puis de transplanter ce carré au jardin et voir si le fraise persiste année après année.
Je n'en sais pas plus.
J'ai vite abandonné parce que cette culture me semblait relativement compliquée.
Peut-être que vous avez envie de tester chez vous.
Je vous propose un petit coup d'oeil sur les constituants de la plante.
Parce que c'est toujours important, ça peut nous aider à comprendre comment elle agit.
Elle contient de nombreux iridoïdes qui sont analgésiques, anti-inflammatoires, anti-spasmodiques.
Elle contient des flavonoïdes qui sont très anti-oxydants, anti-inflammatoires et protecteurs vasculaires aussi.
Carcétine, apigénine et compagnie.
Elle contient des acides phénols qui sont eux aussi anti-oxydants, anti-inflammatoires.
On parle d'acides chlorogéniques, acides caféiques, acides féruliques, etc.
Et puis des tannins.
La plante en contient une bonne quantité.
Et ça nous laisse ce petit goût astringent en bouche.
Donc ça va nous donner une bonne idée, une bonne base de réflexion.
Qui va venir confirmer les propriétés et les indications de la plante qu'on va voir très prochainement.
D'abord j'aimerais vous donner quelques notions d'énergétique de la plante.
Et je vous renvoie au modèle simplifié d'énergétique que j'utilise.
Et que j'ai moi-même appris lorsque j'étais sur le continent nord-américain.
On vous mettra le lien dans l'article associé à cet épisode.
Alors le fraise elle est d'énergétique rafraîchissante et asséchante.
Rafraîchissante parce qu'elle agit sur les tissus enflammés, rouges, irrités à cause des allergies ou d'infections virales ou bactériennes.
Elle calme l'inflammation des muqueuses du système, de tout le système respiratoire supérieur comme on va le voir.
Elle est asséchante de par sa richesse en tannin.
Qui vont venir freiner les exudations, les hypersécrétions des muqueuses.
Toutes les décharges allergiques ou purulentes.
Et donc elle est tonique des muqueuses aussi.
Tonique au travers de son action vasculaire.
Qui va venir renforcer l'intégrité des tissus, leurs barrières face aux agressions extérieures.
Donc pour simplifier l'état des tissus associés.
C'est un état rouge, chaud, engorgé, boursouflé avec des sécrétions abondantes.
Et vous allez voir qu'on va retrouver tous ces points dans les indications traditionnelles.
Donc on passe aux propriétés et indications de le fraise.
Et la première propriété à retenir c'est sa capacité à calmer toute inflammation oculaire.
Qu'elle soit de nature allergique ou infectieuse.
Pour la partie infectieuse on est vraiment dans les conjonctivites, les orgelets, les blépharites.
Et là c'est appliqué plusieurs fois par jour.
Il faut vraiment ne pas hésiter lorsque la condition est aiguë.
Si on veut que les choses bougent, il faut vraiment faire des applications régulièrement.
Toute la journée, toutes les deux heures ou même toutes les heures si nécessaire pour soulager.
Pour toute la partie allergique, je pense que vous voyez de quoi je parle.
C'est ces périodes où on a les yeux qui grattent et parfois ça devient insupportable.
La muqueuse de l'œil est rouge mais ce n'est pas infectieux.
Ça peut durer des jours et des jours.
On est donc dans une situation un petit peu moins aiguë mais qui reste bien inflammatoire.
Qui va durer un petit peu plus longtemps qu'une infection.
Donc là on va plutôt partir sur une application 2 à 3 fois par jour idéalement.
Mais on peut faire plus si nécessaire pendant la journée pour soulager.
Et on est ici dans une application locale d'une plante pour laquelle nous n'avons pas de précautions d'emploi connues.
Donc on ne va pas trop hésiter si on en ressent le besoin.
Et on va parler des formes et des préparations dans quelques minutes.
Une propriété largement moins connue c'est le fait qu'elle décongestionne toute la sphère nasale.
La congestion c'est cette sensation de pression dans les fosses nasales qu'on peut avoir lorsqu'on a une rhinite par exemple.
C'est enflammé, ça coule et on a l'impression que la tête a doublé de volume, qu'elle est prise dans un étau.
Ça c'est la sensation de congestion.
Et le fresque peut aider à décongestionner ces fosses nasales, à dégonfler un petit peu les tissus.
C'est pour ça que Valné l'indique dans le Corrhiza ou rhume de cerveau.
Et là il faut vraiment s'imaginer la tête comme un ballon.
Le rhume de cerveau, le sentiment de pression dans la tête avec des yeux à demi fermés.
Le médecin éclectique américain Harvey Felter, très connu au début des années 1900,
nous dit la chose suivante.
J'ai traduit et simplifié les termes qui sont parfois un petit peu techniques et complexes.
Il nous dit que c'est un remède admirable pour les inflammations catarales aiguës des muqueuses nasales et oculaires
avec sécrétion abondante, chaleur, douleur, sensation de brûlure éternuement.
C'est un outil fiable pour les Corrhiza aiguës et les ophthalmies avec larmoiement abondant.
Chez Felter, qui avait une expérience remarquable des plantes,
le fraise serait peut-être un petit peu plus indiqué lorsque c'est chaud, enflammé, avec sécrétion abondante.
Il faut s'imaginer que ça coule et que ça pleure de tous les côtés.
Que l'on parle des fosses nasales et des yeux.
Là on est plutôt dans l'infectieux.
Cela dit, à son époque, il y avait largement moins de conditions allergiques qu'aujourd'hui.
Un autre médecin, le docteur Ferney, qui est cité dans le célèbre ouvrage de Maude Greve
que j'aime beaucoup, Modern Herbal, qui date de 1931.
Il y a deux tomes, c'est le premier très bon livre.
Le médecin dit que les rhumes de cerveau et autres attaques de froid à la tête
peuvent être stabilisées grâce à une infusion de fraise prise toutes les deux heures.
Vous notez là encore la fréquence de prise pour une problématique aiguë.
Est-ce que ça serait efficace dans les cas de sinusites qui font tellement mal ?
Felter nous dit que oui, à la fois pour prévenir les sinusites chez la personne à risque,
mais aussi pour soulager dans le stade débutant de la sinusite aiguë et frontale.
Vous avez vu, c'est précis tout ça.
Ce sont ce qu'on appelle des indications spécifiques.
Felter partage sa longue expérience dans laquelle il a probablement observé
que dans les stades débutants, on peut soulager la sinusite,
mais il faut vraiment agir dès le début sans attendre
parce que plus on attend, plus ça devient compliqué.
Pour les conditions allergiques, qu'est-ce que nous dit Felter ?
Il explique que le fraise peut aussi rendre service dans le rhume des foins.
Tant qu'il remplit les conditions décrites précédemment,
c'est-à-dire écoulement abondant, douleur, sensation de brûlure, de congestion, etc.
Au passage, on note ce terme qui était utilisé dans le passé
que vous avez retrouvé dans ces vieux ouvrages, le cathare.
Ça désigne une inflammation des muqueuses qui provoque des sécrétions excessives.
On va agrandir encore un peu la zone d'action de le fraise et parler de l'oreille
parce que c'est un décongestionnant de l'oreille moyenne et des trompes de stache.
Et est-ce que vous connaissez des situations
dans lesquelles ces zones sont congestionnées et enflammées,
à quel moment ça fait pression et ça fait mal ?
Dans les cas d'otite moyenne aiguë,
c'est une plante qu'on peut utiliser en prise interne
pour tenter de soulager cette pression et ces douleurs dans les otites moyennes
en prise rapprochée parce que, comme je vous l'ai expliqué,
lorsqu'on est dans des conditions aiguës, infectieuses,
on va faire des prises rapprochées, parfois toutes les deux heures
et aussi bien évidemment consulter un médecin, ne jamais hésiter.
Je vous cite à nouveau le docteur Felter qui nous dit
« Le fraise est également efficace lorsque les cathares aigus s'étendent aux oreilles
au travers des trompes de stache
et sont accompagnées de douleurs d'oreille, mal de tête, éternuement et tout. »
Le muqueuse est reconnu pour son côté apaisant,
dans la fatigue oculaire aussi, ça peut être une petite application le soir,
après une journée de travail, une journée où on a été exposé au polluant des villes,
l'échappement de voitures, etc., tout ce qui enflamme les muqueuses.
Et donc ça va amener un peu de fraîcheur et puis un côté tonique aussi
pour cette muqueuse de l'œil qui a été un petit peu agressée.
On en parle aussi pour la vue qui baisse, d'où le nom casse-lunettes
et on m'a rapporté des cas de personnes qui l'ont utilisé pour améliorer leur vue.
Je n'ai pas assez d'informations ni d'expérience avec cette indication
pour vous la donner vraiment avec assurance, je ne sais pas,
en tout cas je suis très intrigué.
Si le fraise a amélioré votre vue qui baisse,
n'hésitez pas à nous dire en commentaire dans l'article associé à cet épisode
sur le site Althéa Provence.
Au passage, j'aimerais partager une information en lien avec ce qu'on appelle
la pharmacocinétique, ça a l'air bien compliqué comme terme
mais je vais essayer de vous expliquer d'une manière simple.
La pharmacocinétique consiste à comprendre comment la plante va se comporter
à l'intérieur de nous depuis son entrée jusqu'à la sortie.
C'est l'évolution en fonction de ce qui se passe au fil du temps
d'un point de vue absorption, biodisponibilité,
la distribution dans le corps et puis le métabolisme
et l'excrétion des constituants actifs de la plante
parce que bien sûr la plante contient des centaines de constituants
et on ne sait pas l'étudier à l'intérieur du corps, c'est trop compliqué.
On regarde souvent l'un des composants actifs, celui qui semble le plus intéressant
et là pour le fraise on a beaucoup à regarder l'occubine
qui est un des iridoïdes de la plante et on pense qu'il est responsable
en partie de cet effet décongestionnant des muqueuses respiratoires
et d'ailleurs cette occubine on la retrouve aussi dans le plantain
et donc le plantain a aussi des propriétés décongestionnantes similaires.
L'occubine est absorbée sous forme d'hétéroside
c'est-à-dire qu'il y a un sucre attaché à la molécule active
et c'est la flore intestinale qui va détacher le sucre
et qui va libérer ce qu'on appelle la génine ou la glycone
c'est-à-dire la partie active de la molécule
et vu que c'est la flore intestinale qui va faire cette séparation
il faut une bonne quantité de bactéries pour faire cette transformation.
Pourquoi certaines plantes fonctionnent chez certaines personnes
et pas chez d'autres ? Aujourd'hui ça reste un petit peu le mystère
mais vous voyez que là on pourrait avoir l'une des explications
lorsque les constituants actifs sont sous forme d'hétéroside avec cette molécule active
attachée à un sucre, il faut une bonne flore intestinale
riche et active pour casser et libérer la molécule active
et on n'a pas tous la même flore intestinale. Certaines personnes ont des fleurs
très abîmées et donc prenez soin de votre flore intestinale
pour profiter des bienfaits des plantes. En ce qui concerne
les formes et les dosages de l'oeuf fraise, du côté anglophone
on conseille de l'utiliser fraîche
et moi j'ai toujours appris ça dans mes premières études
parce qu'on m'a dit à plusieurs reprises
qu'elle perd très vite au séchage donc en ce qui me concerne
j'ai souvent utilisé la teinture de plantes fraîches. Vous allez trouver
la plante sous forme sèche dans certaines herboristeries
idéalement il faudrait qu'elle ait été récemment séchée
mais c'est souvent compliqué d'avoir l'information
et de s'assurer de sa fraîcheur et moi j'ai souvent eu des mauvaises surprises
en commandant l'oeuf fraise dans certaines herboristeries parce qu'on m'a envoyé
des sachets avec une herbe grise coupée dans de minuscules
morceaux et qui ne ressemblaient à rien à l'oeuf fraise
donc c'était vraiment moche. Donc mon conseil ça serait d'utiliser
une teinture de plantes fraîches préparée par des petits producteurs ou cueilleurs
plutôt que de commander un sac de paille si je puis dire.
Pour la teinture de plantes fraîches lorsqu'on la prend en interne
quels sont les dosages ? Chez Mears et Bowne
typique de l'école britannique et australienne on voit
de 7,5 à 15 ml par jour c'est à dire
1,5 à 3 cuillères à café par jour de la teinture
et je vous rappelle que les dosages anglo-saxons sont souvent largement
plus élevés que les nôtres. Chez Valney du côté français
on voit 50 gouttes de 3 à 5 fois par jour
toujours dans un petit peu d'eau. Pour l'infusion de la plante sèche
parce qu'on n'a pas les dosages de la plante fraîche
on a juste les dosages traditionnels de la plante sèche. Chez Mears et Bowne
on voit de 6 à 12 g de plante sèche par jour en infusion
chez Valney 1 cuillère à dessert par tasse infusée
10 minutes, 3 tasses par jour entre les repas, toutes les informations
sont sur mon site vous n'avez pas besoin de tout noter.
En application externe on peut préparer une infusion
comme le suggère Valney avec une poignée de plantes par litre
d'eau, c'est pas très précis je sais, idéalement de la plante fraîche
sinon plante sèche, bouillir 10 minutes et après
on le fait en lavage oculaire dans les conjonctivites et blépharites
et en lavage du nez dans le choriza qui est toujours utilisé
des instruments stériles dans ces situations. Du côté anglo-saxon
on trouve une cuillère à café bien remplie de plantes sèches pour une demi-tasse
d'eau bouillante, on laisse infuser 10 minutes, on passe au filtre à café
pour qu'il ne reste aucun résidu de la plante, on laisse refroidir
et on place 2 ou 3 gouttes dans chaque œil et je vous rappelle
aussi que dans ma formation sur les allergies respiratoires je vous explique
comment fabriquer un colire très rapidement à partir de liquide
physiologique et de quelques gouttes de teinture, c'est prêt en 10 secondes
c'est super pratique. Le Dr Ferny précédemment mentionné
dans l'ouvrage de Maude Grieve nous donne la lotion
suivante, 30 gouttes de teinture de plante fraîche de fraise
dans un verre d'hydrolat de rose et après on va appliquer
localement plusieurs fois par jour, c'est intéressant
comme préparation, l'association de la rose avec le fraise
et je termine par une petite formulation du Dr Valné, d'abord
on mélange les 3 plantes suivantes, 50 g de fraise
25 g de bleuets, on en avait parlé dans un épisode précédent
25 g de plantain, on en a parlé pour l'eau cubine
on mélange bien, on prend une cuillère à soupe de ce mélange
pour 100 g d'eau bouillante, on laisse infuser une demi-heure
et on applique en bain d'œil
et je vais d'ailleurs vous mettre le lien vers une vieille vidéo
que je vous avais faite sur le bain d'œil, c'est l'une de mes premières vidéos
alors ayez pitié, c'est un petit peu pathétique
parce que j'ai dû faire 50 coupes, la lumière n'allait pas du tout
il faisait super chaud ce jour-là, je transpirais comme un cochon
et d'ailleurs j'avais mis des carrés de texte à chaque fois que je soulève mes bras
pour cacher la transpiration, bref
à ce stade je vous mets le lien, il faut bien en rire
en ce qui concerne les précautions d'emploi, je n'ai rien dans mes ouvrages de référence
pour une application locale, a priori pas de problème
pour une prise interne, on retiendra qu'elle est riche en tannin
et donc à éviter si constipation, à prendre loin des médicaments
et autres compléments alimentaires parce que les tannins peuvent influencer
nos capacités d'absorption
et bien c'est terminé pour le fraise, j'espère que vous aurez l'occasion
de la croiser en nature et j'espère que vous aurez
votre loupe botanique dans le sac à dos
parce qu'elle est peut-être toute petite mais elle est tellement jolie
et faites attention de ne pas marcher dessus au passage
merci, à très bientôt